NdA : Merci pour toutes les review…Vu que tous le monde a l'air de se perdre, j'ai mis les noms des POV cette fois, bien que se ne soit pas ce que je voulais au début…Mais si ça vous plait plus comme ça…

Comme ça fait plus de 4 ans que j'avais écrit ce début, je ne sais pas si la suite va rencontrer vos attentes, mais je serais ravie d'avoir vos impressions. Ce chapitre est un peu plus court que les précédents mais la suite est en chemin, devrait pouvoir la poster avant ce soir (j'espère)

Pour ce qui est du caractère Death fic, je ne dirai rien, même sous la torture, vous verrez bien…Mais n'arrêtez pas de lier pour autant car voici deux indices 1) Quatre est mon personnage favori 2) Je ne suis pas fan des histoires qui finissent mal quand on en vient à Gundam Wing.

Voldo

L'aire qu'ils veulent utiliser comme héliport n'est pas très étendue. La partie automatisée de mon cerveau me fournit les dimensions exactes sans que je les réclame. Il m'est impossible de dériver sur des réflexions sans raison ni sens sans que cette machine qui me compose à près de 70,33 ne s'en mêle. Je repense à ce que m'a dit 02…Duo…Pourrais-je vraiment être humain ? Je sais de manière confuse l'avoir été. Après tout, même un savant de l'envergure du docteur Malphas ne peut pas créer de toute pièce la vie. Ce n'est pas faute de sa part d'avoir essayé… Je ne sais pas si je pourrais redevenir une créature humaine. On dit des Humains qu'ils sont des créatures de chair et de sang. Personne n'a parlé de métal, de tuyaux, de circuits et de dérivations…Alors je suppose que la réponse est non. « Ca connaît l'amour un androïde ? ». Non. Surtout que je sais que les humains ont tendance, je ne sais pas pourquoi, à faire du cœur le siège des émotions. C'est idiot. Il est évident pour moi qu'un sentiment, comme toute autre impulsion nerveuse ou chimique se situe dans le cerveau. Mais c'est ironique. Parce que mon cœur n'est pas organique. C'est l'un des premiers organes que Malphas a modifié. Alors non, pardon 02. Mais c'est plus simple comme ça. Pour moi et probablement aussi pour toi, même si tu ne le crois pas.

Heero

L'androïde semble pensif. Ses sourcils se sont froncés deux fois, avant de laisser place à son habituelle expression neutre. Maintenant, il regarde droit devant lui, parfaite illustration de la machine qu'il est. Je sais ce que Duo voit en lui. Du moins je le devine. Mais je sais aussi ce que moi, je vois en lui. Je l'ai vu se battre. Je l'ai vu tuer sans même un fléchissement de ce regard mort. Je l'ai vu survivre à des blessures meurtrières. Je l'ai vu retirer un couteau de sa poitrine sans hésitation, sans éprouver aucune souffrance. J'ai été témoin de l'agilité de son esprit, de sa capacité à analyser des données à la vitesse du plus puissant des processeurs informatiques.

Voldo

01 ne dit rien. Il reste 2 mn avant l'heure dite. Il est appuyé contre une colonne dans une attitude qui parait nonchalante. Parait seulement. Sa main est ferme autour de son automatique et chaque muscle de son corps est près à obéir à la moindre simulation, à répondre instinctivement au moindre danger. Je baisse les yeux pour regarder mes mains. Elles peuvent tuer sans mon accord. Tout comme le reste de moi. Il suffit que je mette mes fonctions manuelles en stase…je me demande qui de 01 ou de moi gagnerait ? Ca serait si facile, ici et maintenant, de mettre fin à tout ça. Mais je n'ai pas fuit le laboratoire pour devenir une machine à tuer sans but ni raison. Ni pour mourir sur le toit d'un immeuble anonyme. Je ne sais pas encore ce que l'avenir me réserve mais je compte bien être conscient de mes actes pour le découvrir.

Heero

Cet androïde est une machine à tuer. Certes, il n'est pas complètement sans émotions ou scrupules. Mais il est certain que les nouveaux spécimens créés par ce docteur Malphas seront soignés de ce défaut. Contre de tels adversaires, nous n'avons aucune chance. Le temps presse. Un bruit sourd de moteur ramène mon attention vers le ciel. Un petit engin de transport se pose en silence sur l'aire convenue. Je fais signe à l'androïde. Il acquiesce. Nous nous dirigeons tous les deux vers la rampe qui vient de s'ouvrir sur le coté de l'appareil. Pardon Duo. Nous n'avons pas le choix.

Wufei

Je regarde autour de moi, lentement. Je suis assis ici depuis plus de cinq heures, d'après mon horloge interne. Je connais maintenant chaque détail de cette cellule. Chaque reflet du néon touchant le métal, chaque microfissures et trace d'ongles, prouvant que d'autres avant moi ont lutté en vain contre ses murs. Je pense que je suis dans une cellule psychiatrique, sans le revêtement molletonné. Il n'y a même pas de fenêtre. Elle est à température ambiante. Pourtant je n'ai jamais eu aussi froid de toute ma vie. Mes mains sont si pâles que je vois les veines se détacher, ruisseaux bleus qui me narguent, me disant sans mot que je suis vivant, mais que je ne devrais pas l'être. Pourquoi suis-je glacé comme la mort ? Je force mes yeux à se fermer et mon corps à se relaxer. Je suis plus fort qu'eux. Plus fort que ce qu'ils croient s'ils pensent que cette torture psychologique m'affecte. Le silence est mon allié. Je survivrai. Je survivrai pour le leur faire payer.

Nineteen

Tiens, une lettre formelle de réclamation. Quelle surprise ! Depuis que le docteur Malphas a commencé le projet Mésanges on en reçoit au moins une par jour. Il faut croire que l'ensemble de l'alliance n'approuve pas son travail. Ca me ferait presque sourire. Tout ces bureaucrates frileux retourneront leurs vestes et prétendront l'avoir soutenu dès que les terroristes seront morts…ou devenus des androïdes. Pff…

Z02raina passe à coté de mon bureau pour se rendre au laboratoire 213, son crâne rasé luisant à la lueur des néons. Je me souviens d'elle avant sa transformation. Elle avait les plus jolis cheveux roux…Mais le docteur a raison. Les cheveux, c'est encombrant pour se battre. Je passe distraitement une main dans ma propre chevelure blonde. Je ne suis pas une combattante, alors le fait de les avoir jusqu'au genou est sans importance. Z02roen passe à son tour. Je suis toujours impressionnée et un peu intimidée par sa musculature. A coté de lui, n'importe quel culturiste passe pour une jeune fille en détresse…

Son passage me fait penser…Aujourd'hui, le docteur Phile a été renvoyé. Je suis donc le dernier membre du personnel d'Angomoa à être 100 humain. Avec le docteur Malphas. C'est dommage en un sens. Je vais regretter le docteur Phile et ses tours de passe-passe de la pause déjeuner. Les Androïdes manquent toujours singulièrement de conversation.

Un bip me tire de ma contemplation. C'est mon communicateur.

-Je vous écoute docteur.

-Nineteen, amenez-moi le dossier 666-34-543 je vous pris. Et bipper Z02mille et Z02raina. Je commence l'opération de Chang Wufei dans une heure. Bloquer les portes et ne laisser entrer personne. Et quand je dis personne, c'est personne.

-Bien docteur.

Alors le premier Z03 va voir le jour cet après-midi ? C'est excitant. Je ne peux pas m'empêcher de me sentir un peu triste pour ce Wufei. Mais après tout, c'est un soldat. Il devait bien savoir que ça lui pendait au nez, comme la mort ou la torture.

Wufei

La porte de la cellule s'est ouverte, mais je n'ai pas la force de me lever. Plus les heures ont passées, plus j'ai senti mes forces me quitter. Que m'ont-ils fait ? Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Ils m'ont torturé sans me poser de question et maintenant…

Malphas

Je contemple ma matière première avec satisfaction. Il est beau ainsi, serrant les dents contre la douleur, déterminé mais impuissant. Le sérum a fait son effet. Son corps est presque prêt pour la transformation. Bientôt, Chang Wufei, bientôt…Bientôt tu recevras ton nouveau nom. Et tu m'appartiendras, corps et âme. Toi et moi nous allons faire de grandes choses. Je vais faire de toi la créature la plus puissante qui ait jamais foulée cette terre. Et je materai cette rébellion stupide. Oh oui, Oz n'a encore rien vu. Je bâtirai l'avenir ! Moi ! Et personne d'autre ! En parlant d'Oz. Je sais que Kushrenada ne met pas tout son cœur dans la tâche que je lui ais confié mais enfin, retrouver Z01voldo, dans l'état dans lequel il est n'aurait pas du être aussi long. Ca ne me plait guère. C'est annonciateur de complication. Plus que quelques minutes et Chang va perdre connaissance…Je sens mes lèvres s'étirer davantage…

Wufei

La façon dont cet homme me regarde fait naître un profond dégout en moi. Il y a un désir pervers dans ces yeux. Le regard de Treize se superpose au sien. Je regrette de ne pas avoir soldé mes comptes avec le général. Un homme honorable et un que je suis fier d'avoir appelé mon ennemi. Mes yeux se ferment malgré moi. Mon corps a pris une vilaine teinte bleue et me brûle à présent…que m'arrive-t-il ?

Malphas

Ah, voici ma gracieuse Nineteen et mes deux assistantes. Je fais signe à Z02raina de se saisir de Chang. Elle s'exécute et le balance sur son épaule comme s'il ne pesait rien. Une de mes plus belles réussites. Elle est capable de soulever jusqu'à une demi tonne à bout de bras. Nineteen me tend le dossier que je lui ai réclamé. Hum, elle a des mains magnifiques, fines et brunes. Si j'en faisais un androïde, je pourrais avoir d'elle tout ce que je désire. Mais non, ça ne serait pas amusant.

-Merci, Nineteen, ce sera tout.

Je ne manque pas d'observer le déhanchement élégant de sa démarche, et le mouvement attirant de ses cheveux, alors qu'elle s'éloigne. Mais allons, le travail avant le plaisir. Je fais signe à mes assistantes de se diriger vers la salle d'opération. Et c'est encore mieux quand le travail lui-même est un plaisir.

Heero

Je regarde le paysage défiler par la fenêtre du train. J'ai confié l'androïde au mads. En retour, on m'a assuré que j'aurais des informations rapidement. J est venu en personne. C'est dire l'importance de la découverte. Je n'ai pas manqué de me faire tancer vertement pour avoir échoué une mission. Mais Voldo…L'androïde…Son regard lorsque qu'il est monté dans le transport me gène. Il avait presque l'air…vulnérable. Ce n'est pas quelque chose que je lui avais associé auparavant. Je secoue légèrement la tête pour chasser cette pensée. Il sait ce qui l'attend, il n'a rien fait pour se défiler. C'est un soldat, tout comme moi. Il sait ce qu'il a à faire.

Je regarde ma montre. Trowa et Duo doivent être à quelques kilomètres de la propriété maintenant. Je n'arriverais pas très longtemps après eux.

Trowa. Que t'arrive-t-il ? Je sens que tu es instable et c'est perturbant. Je m'attends à être déstabilisé avec Duo ou Quatre, spécialement dans son état, mais pas avec toi, tout comme je savais à quoi m'en tenir avec Wufei. Nous sommes des soldats, solitaires et avant tout solides. Pourtant… Je repense à ce que Duo a sous-entendu dans le Van. Il se trompe, je te connais. Du moins, c'est à espérer. Avec ce qu'il se passe en ce moment, Trowa, je ne tolèrerai pas la moindre faiblesse de ta part. Nous allons probablement perdre Quatre d'ici peu. Je refuse de devoir te compter également comme l'équivalent d'une perte de ce fait.

Duo

Je ne me souviens même pas être entré dans la maison ou avoir monté les escaliers. Tout ce que je sais, c'est que je suis devant la porte de Quat-chan et que le temps semble être suspendu. Je n'ose pas entrer et en même temps je brûle de savoir. Quatre…Je prends une inspiration et toque doucement. La voix qui me répond, je la connais et elle me soulage autant qu'elle m'effraye, car j'y entends l'inquiétude de Sally.

Rashid

Maître Quatre…Que vais-je dire à vos sœurs…Allah, je comprends que tu tiennes à l'un de tes plus précieux enfants au point de vouloir l'emmener loin des misères de ce monde, mais je t'en pris, laisse le parmi nous encore un peu… Sa lumière nous guide tous…

Quatre

Je ne ressens aucune douleur…Je ne sens rien…Suis-je mort ?...Non…Je flotte dans un océan de ténèbres, à mi-chemin de l'inconscience…Mon uchuu…Je sens de la peine…de la colère…le lourd poids des regrets…Où suis-je ? Je me sens partir…Que suis-je en train de devenir…Est-ce la mort ?...Non…Ce silence…Et ces émotions….Les miennes ou… ? Où es-tu ? Pourquoi me laisser dans ces ténèbres seul… ? …Je sens tes bras autours de moi…Ou est-ce une illusion…Qui suis-je… ? … Où suis-je… ?

Duo

J'ouvre la porte pour voir la doctoresse ranger ses instruments. A coté d'elle, un Rashid mort d'angoisse sert les dents et sur le lit, Quatre est toujours aussi livide mais semble étrangement apaisé. Sally a dû lui administrer de la morphine. Je m'apprête à parler mais Sally pose un doigt sur ses lèvres et je dois contenir mon impatience le temps qu'elle finisse de ranger son matériel et se lève. Elle murmure quelque chose à Rashid qui acquiesce, l'air douloureux. Puis elle me rejoint et nous sortons tous les deux en refermant la porte derrière nous. J'ai juste le temps de voir Rashid écarter avec une immense révérence une mèche de cheveux d'or du front de son maître. L'image me glace le sang tant elle ressemble à un adieu silencieux. Je retourne mon attention vers le visage grave de Sally. Nous nous rendons dans la chambre voisine en silence, car étrangement, j'hésite à parler à présent. J'ai un tel mauvais pressentiment…Et où est Trowa ?

Trowa

La porte est grande ouverte. Duo n'a pas pris le temps de la refermer. Quatre… Je m'avance à pas mesurés vers l'escalier. Il règne ici une atmosphère lourde, presqu'étouffante. Je regarde l'escalier, presque sans le voir, pendant un moment indéfini. Mon ange est là-haut. Je dois le voir. Les marches se succèdent sous mes pieds et je les fixe pour ne pas regarder vers le haut. J'ai peur de ce que je vais découvrir. Peur ? Moi ? Je ferme les yeux et soupire. Il faut que je sache. Tu dois vivre Quatre, pour nous tous. Pour nous deux. Plus que trois marches…deux…Un cri ? Duo !

Sally

Les yeux améthystes de Duo se sont remplit de larmes. Je ne sais pas si ce sont des larmes de tristesse ou de colère. Probablement les deux. Ca a été presque aussi difficile pour moi de le dire que pour lui de l'entendre. Je ne peux pas sauver Quatre. Il n'y a rien que je puisse faire. Oh, mon Dieu !

Je baisse la tête, sentant les larmes que je refuse de laisser couler. Je dois être forte pour eux. Un bruit violent et sourd me fait relever les yeux. Duo a donné un violent coup de poing dans le mur, et recommence, et encore. Il va se blesser. Mais je n'ai pas le cœur à l'arrêter. C'est une façon de détourner sa douleur. Je sais combien il était…est…proche de Quatre. Ca y est. Il a un cri sourd et le mur blanc est maintenant agrémenté d'une tâche carmine.

La porte s'ouvre doucement et deux émeraudes me fixent sereinement. Trowa rentre calmement dans la pièce et jette un regard à Duo, qui s'est assit contre le mur, se tenant la main et se balançant d'avant en arrière, doucement, comme un petit enfant.

Trowa

Duo ? Que t'arrive-t-il ? J'ai peur de comprendre…Non…

Duo

Pourquoi Quatre ? Je sais que c'est un soldat, comme nous, mais pourquoi lui ? Ce n'est pas lui qui a commis le plus de péchés. Je suis le tueur implacable qui mérite mille fois la mort, la mort, ma maîtresse qui m'accompagne où que j'aille. Je suis celui qui devrait être étendu là, mourant, sur ce lit. Pas mon petit Quat-chan. Pas le doux ange blond qui m'a sauvé tant de fois de moi-même. Heero…J'ai besoin de toi…Je ne pourrais pas affronter ça tout seul. Ca ressemble trop a…a ce qui s'est passé là-bas…Tu es celui qui a vu au travers des mensonges. Tu es celui qui veut savoir. Je t'en pris. Heero…

Sally

Trowa pose à nouveau les yeux sur moi. Son regard est interrogateur. Rien ne trahit chez lui une quelconque angoisse. N'en a-t-il donc rien à faire ? Ca me rend furieuse. Après tout ce que Quatre a fait pour eux tous ! Je me lève et le foudroie du regard. Il ne semble pas s'en formaliser.

-Comment va Quatre ? S'enquit-il d'un ton calme que je trouve habituellement reposant mais qui maintenant m'énerve plus avant.

Trowa

Sally a une lueur meurtrière dans les yeux et sa posture indique qu'elle ne demande rien d'autre que de me frapper. Ca ne m'intéresse pas. Seul Quatre compte. Seul l'ange que je n'ai pas su protéger.

-Très mal ! Crie-t-elle presque. Il va mourir ! Et je ne peux rien y faire !

Pendant quelque seconde, je ne ressens plus rien. Comme si le temps s'était arrêté. Puis une violente douleur s'empare de moi. Je ne sais pas comment décrire ce que je ressens. Je n'arrive pas à respirer. Mes muscles s'enflamment, ma gorge s'assèche. Puis un étrange silence m'envahit, une absence de sensation aussi pénible que ne l'était la souffrance.

Sally

Je suis presque satisfaite de voir le visage de Trowa se figer. Mais rien ne m'avait préparé au supplice qui s'affiche dans toute sa posture, sur son visage, dans ses yeux. Sa bouche s'entrouvre dans un cri silencieux. J'ai l'impression de voir une forteresse vaciller sur ses fondations. Bien qu'il n'ait pas bougé, Trowa semble s'être effondré devant mes yeux. Puis plus rien. Son visage devient neutre, ses yeux sont vides, comme si le garçon qui se tient devant moi n'était plus qu'un cadavre.

Jamais je ne me suis senti aussi coupable.

Trowa

Je me détourne de Sally et sors de la pièce, lentement. J'ai l'impression de marcher sur du coton, le monde autour de moi a perdu sa substance. Je suis seul. Quelques pas de plus. Une porte qui s'ouvre et je contemple la mort comme jamais je ne l'avais vu auparavant. Je perçois à peine, en périphérie de mes sens, Rashid quitter la pièce après avoir poser une main sur mon épaule.

J'ai toujours vécu en compagnie de la mort. Que se soit comme mercenaire ou comme pilote. J'ai donné la mort si souvent ... Mais je l'ai toujours infligé à des hommes et des femmes armés, préparé à mourir de par le métier même qu'ils exerçaient. Quand aux quelques victimes innocentes, mortes pendant des opérations que j'ai accompli, je ne les ai jamais vu mourir, je n'ai jamais eu à affronter leur disparition. Mais voir Quatre, si pâle et pourtant… si…apaisé…Je me demande ce que je dois éprouver.

Je ne ressens aucune colère, à part celle que je dirige à moi-même. Pour ne pas avoir pu te protéger, pour ne pas avoir su plus tôt ce que tu représentes pour moi. Quatre…Est-ce que je dois te laisser partir ?

Sally

Quand j'entre dans la chambre, Trowa et assit sur le lit, regardant Quatre, les mains posées à plat sur ses genoux. Bien qu'il ne touche pas Quatre, qu'il ne soit pas vraiment près de lui. J'ai l'impression d'interrompre un moment d'une rare intimité. Comment ai-je pu être aussi aveugle ?

Duo

J'ai suivi Sally après son « altercation » avec Trowa. En d'autres circonstances, la surprise de Sally à la réaction du grand pilote aurait pu être comique. Son visage valait le détour. Mais voir Trowa, si proche et si loin de Quatre à la fois me rappelle ce que je suis sur le point de perdre. Et aussi que je ne suis pas le seul qui va le perdre.

Sally

Je dois m'expliquer. Réparer un peu de mon erreur.

-La blessure que Quatre a reçu n'est pas mortelle en elle-même, loin s'en faut. Et tu l'as très bien soigné Trowa.

Trowa

Je détourne avec difficulté mon regard de Quatre quand je me rends compte que Sally s'adresse à moi. Dis-moi qu'il va vivre ou tais-toi ! Si je dois lui dire « adieu », je ne veux pas perdre une seule seconde en sa présence.

Sally

-…Mais elle est empoisonnée. Je ne sais pas par quel moyen s'est arrivé. La seule chose que je peux dire c'est que ce poison a une identité chimique qui m'est inconnue. Les tests que j'ai fait pendant votre absence ne m'ont rien révélé de concluant. Avec le peu d'information que je possède, il me faudrait des mois pour trouver un hypothétique antidote. C'est un temps que Quatre n'a pas. Le poison a déjà envahi une partie de ses organes et je vais devoir l'emmener parce qu'il va lui falloir des soins intensifs. A ce stade, il n'y a rien d'autre que je puisse faire.

Duo

Le silence est pesant. Trowa a détourné les yeux pour les poser de nouveau sur Qat-chan, comme s'il était la seule chose existante au monde. Moi, je ne me suis jamais senti si en colère et si impuissant. Si. Une fois. Mais c'était il y a si longtemps.

Et ce silence, je hais ce silence, c'est comme le cœur d'un cyclone, ou la zone de calme qui entoure une bombe au moment de son explosion. J'ai toujours haï ce silence…Je ne le supporte pas ! Il faut que je sorte…Mais je ne peux pas détacher mes yeux de Quatre. Qu'est-ce que tu essaye de faire, Duo Maxwell ? Echapper à la mort de ton meilleur ami en faisant comme si…comme si Quatre n'était pas étendu dans ce lit ?

Mais…Trowa ? Qu'est-ce qu'il fait ?

Général

Trowa se leva, silencieusement, passa à coté de Sally, puis de Duo, sans leur accorder un regard et quitta la pièce. Bientôt le bruit de ses pas dans l'escalier leur indiqua qu'il avait descendu doucement la volée de marche. Puis le bruit de ses pas s'évanouit progressivement. Sally plissa les lèvres puis se tourna vers Duo, avec tristesse.

-Je vais voir où en ai le transport que j'ai demandé. Je vais me rendre dans une clinique privée que je connais. Quatre y sera à l'abri.

Duo

J'écoute à peine ce que marmonne Sally à propos d'une clinique. Seul le visage de Quatre compte. Je hoche la tête, juste pour qu'elle ne se taise pas. Je ne veux pas de ce silence. Plus jamais.

Voldo

La terre rapetisse au fer et à mesure que nous nous en éloignons. C'est la première fois que je suis dans l'espace. Du moins, je crois. Le vieil homme en face de moi n'a cessé de m'observer depuis que nous sommes partis. Ses yeux sont remarquablement intelligent, mais presqu'aussi froids que ceux du docteur Malphas. J'ai l'impression d'être revenu en arrière, confiné dans le centre de recherche d'Angomoa, disséqué et observé à longueur de journée afin d'être amélioré. Au moins, après la conception des Z02, ai-je eu un peu la paix. Ai-je fait le bon choix ? Le docteur Malphas ne me traitait pas si mal que ça. Et eux… ? Vont-ils me détruire pour pouvoir m'étudier. Le regard de cet homme m'incite à penser qu'il n'aurait aucun scrupule à agir de la sorte…Un autre homme arrive avec une aiguille dans une main. C'est la troisième en 02 : 45 mn. Apparemment je lui sers de Cobaye.

Mais cette fois-ci quand l'aiguille s'enfonce dans mes circuits internes, je sens que les ténèbres m'entourent, et je perds connaissance.

Nineteen

J'adore faire les inventaires. Ca peut paraître idiot, avec tous les androïdes parfaitement obéissants qu'il y a à Angomoa, n'importe quelle autre secrétaire leur laisserait cette tâche considérée comme particulièrement ennuyeuse. Pas moi. J'aime savoir exactement ce qu'il y a dans le centre, en quelle quantité et pour quelle utilisation. C'est probablement pour ce contrôle que je garde sur tout que le docteur Malphas n'a pas jugé intéressant de me renvoyer comme les autres. Je souris en repensant à la soirée que nous avons passée avant-hier. Il m'a amené dans un restaurant d'une très grande classe. Il était lui-même très élégant et s'est conduit comme toujours en parfait gentleman. Il m'a même complimenté sur ma robe, que je n'aime pas particulièrement, mais je n'avais rien d'autre. Quand je le lui ai dit, ça l'a fait rire et il m'a promis de m'en acheter une qui « complimentera davantage vos superbes yeux verts, ma chère amie ». Nous avons très bien mangé, en discutant de notre travail, notre passion à tous deux, et à l'avancement du projet Mésanges. Il s'anime toujours quand il en parle et je discerne à son expression, qu'il est capable de voir le futur. Je suis ravie de l'aider à réaliser de telles visions. Puis il m'a raccompagné. Une excellente soirée.

Tiens ? Le nombre de flacon de notre Sérum Velelia ne correspond pas à ce qui est inscrit sur mes comptes. Hummm….Voyons…Deux utilisés au moment de la récupération de Chang pour commencer à préparer son métabolisme, trois utilisés pour régénérer les circuits de Z02den après un entrainement, cinq pour renouveler les systèmes d'armement du Z02vixen…Non, pourtant mes comptes sont exactes et il devrait rester 305 flacons dans cette armoire. Et il n'y en a que 301…Voyons, le docteur Malphas aurait-il pu s'en servir pour l'opération de Chang ? Non. Il a marqué l'exact nombre qu'il a retiré. Et en plus, s'il avait eu besoin de davantage, il ne se serait pas servi dans cette armoire, mais dans celle d'appoint de la salle d'opération. Elle est pleine, celle-ci, j'ai vérifié.

Je me mordille la lèvre. Aïe. Et si l'un de ses incompétents de soldats avait … ? Il faut que je vérifie. Mon communicateur…

-Z02roen, rejoins-moi au hangar n°4.

Après avoir reçu sa réponse affirmative, je me dirige vers le hangar. En jet, je serai à la caserne en moins d'une demi-heure. Et avec Z02 avec moi, ils ne feront aucune difficulté pour répondre à mes questions.

Wufei

La douleur est intolérable…Je suis conscient, et plus conscient de mon corps que je ne l'ai jamais été…J'ai mal en des endroits où je ne savais pas que c'était possible…Le scalpel de ce dingue…il se déplace avec une vicieuse précision. Le regard de l'adolescente au crâne rasée me retient dans la réalité…Elle ne m'a pas quitté des yeux depuis le début de cette folie…Le temps passe sans que je m'en rende compte…Suis-je ici depuis quelques minutes…Des heures ? Des jours ? Aucun moyen de le savoir…Les blessures infligées à mon corps deviennent bleues… et purulentes… Je le vois retirer des morceaux de moi…Inimaginable…Comment puis-je être conscient…Pourquoi mes yeux ne se ferment-ils pas sous la violence de la souffrance que je ressens, pourquoi ma bouche et mes cordes vocales n'expriment-elles pas ma douleur à haute voix ?

...Et l'impossible…Je regarde médusé alors que mon cœur est littéralement arraché de ma poitrine, il bat dans la main ganté de ce psychopathe…C'est impossible…Je devrais être mort…Pourtant je vois tout, vis tout…Il jette mon cœur dans une assiette à coté de lui, négligemment en me souriant…Puis se saisit d'un appareil d'une taille similaire…Et le force dans ma poitrine…Jamais n'ai-je éprouver une telle souffrance…Pourtant, aucune partie de moi ne réagit comme elle devrait…Je suis immobile et subit les abus et ce dernier choc comme un mannequin…

-Voilà, Wufei…Ne t'inquiète pas…C'est presque terminé…

Sa voix est une parodie de la gentillesse de Sally quand elle nous soigne…Je vois son visage et son sourire…Puis son visage se transforme et c'est celui malicieux de Maxwell qui le remplace…Duo…S'en est-il sorti….Heero…Trowa…Quatre…Ils ne doivent pas subir ce que je subis…Je ne dois pas leur faillir…Mais….un étrange vide s'empare de mon esprit… Ce que je ressens est si étrange…C'est comme si mon esprit se déconnectait de la réalité…Je perds conscience de la douleur, elle disparaît…De même que ma colère ou ma…panique…Je suis vivant…je suis invincible…Et…

Malphas

Ca y est…Il a perdu connaissance…Le processus de transformation au niveau cérébral est achevé. Encore quelques ajustements au niveau physique et mon premier Z03 va naitre. Ma plus belle Mésange.