je remercie toutes les personnes qui m'ont laissé une review, cela m'aide à me remettre sur la suite et à me remotiver. C'est énorme pour moi :)
merci à toutes celles qui me lisent :)
voici donc la suite...
Chapitre 2 : Retrouvailles… du passé au présent…
SGC, 13 juin 2011 :
Que pouvons-nous bien faire ici mes compagnons et moi ?
Voilà plusieurs heures que je suis réveillé et je n'arrive toujours pas à croire que je suis ici… au SGC.
Depuis que j'ai ouvert les yeux, je m'efforce de mettre en place mes idées et mes souvenirs… Et je n'y arrive pas.
Rhaaaaah ! Quelle maudite migraine !
Absolument une des pires que j'ai jamais eue !
Sans compter toutes ces impressions et ces sentiments qui me submergent, et dont je ne sais que faire.
Comme la familiarité de ce lieu… si étrange, avec cette sensation si sécurisante mais en même temps tellement désagréable.
C'est ce qui m'avait enfin permis de savoir où nous nous trouvions, moi et mes compagnons, et que cette fois-ci ce n'était pas un rêve ni une illusion.
C'était même le dernier endroit dans lequel j'aurai pensé me retrouver un jour.
L'infirmerie n'a pas trop changée pour autant que je puisse m'en rappeler et j'en ai toujours une sainte horreur !
Qu'a-t-il bien pu se produire pour que nous nous réveillions seulement ici ?
Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés en sommeil cryogénique, mais vu notre état, je suis certain que ça a duré bien plus que ce qui était prévu !
Et, tout comme les miens, je sais que cela ne présage rien de bon.
Les choses ont-elles si mal tournées ?
Jack soupira…
En plus, Tanan n'avait pas survécu…
C'était encore une vie qui disparaissait dans cette saleté de guerre, sauf que cette fois-ci, il s'agissait de son frère !
Et cela le laissait plus qu'amer… et en colère même.
Comment était-il censé réagir à cela ?
Ils n'étaient plus que quatre.
Et il priait de tout cœur pour qu'ils ne soient pas les derniers survivants de sa planète.
Bien qu'il doutait que ces sales serpents aient fait des prisonniers, puisque c'est eux qu'ils recherchaient…
Et tout revenait petit à petit…
Avec toujours cette grande impression d'étrangeté, comme si toute cette vie ici avait appartenue à quelqu'un d'autre et passait tel un film dans ma tête.
Pourtant je savais que quelque part je l'avais vécue, mais dans un passé si lointain, et si proche en même temps, que je ne saurai expliquer ce que je ressens…
Un homme pouvait-il faire totalement abstraction de son passé, de ce qu'il a été avant ?
Je n'arrivai pas à trouver de réponses et j'avoue que je ne m'étais plus posé la question depuis le jour où j'étais devenu un autre.
Je savais qui j'avais été et qui j'étais désormais.
Mais être ici me montrait à quel point ce n'était pas aussi simple et la situation n'enchantait pas du tout mes compagnons.
Je ne pouvais pas les blâmer, car contrairement à eux, je n'ai pas toujours été un Ancien.
Ils n'arrivent pas à comprendre l'importance que mon passé a toujours eu pour moi, pas plus maintenant qu'hier…
Et, bien que j'aie fini par me faire « une raison », je ne peux me résoudre à refuser toute sorte de communication comme ils me le demandent. C'est tout de même « mon monde » !
…Enfin, c'était celui d'avant !
Et revenir ici réactive beaucoup plus de souvenirs que je ne l'aurai pensé ou surtout souhaité…
Certains détails retrouvés sont heureux... d'autres beaucoup moins.
Les émotions reviennent aussi en masse, comme une avalanche qui se déverse sans cesse sur moi, avec leurs lots de paradoxes que seuls les humains peuvent ressentir si intensément.
Serais-je en train de redevenir Jack O'Neill ?
J'ai tant de questions qui me hantent… depuis des années, mais finalement, une seule compte maintenant : Elle ? Qu'est-elle devenue ?
Est-elle toujours vivante ?
A-t-elle continué notre lutte au SGC ?
Je sais qu'elle est là… Vivante… quelque part sur cette Terre et peut-être même encore dans cette base.
Je le sens au fond de moi, par cette étincelle qui ne m'a jamais quitté depuis notre premier regard.
…Sam…
Te savoir peut-être si proche est si douloureux que je vais devenir fou si tu ne te montres pas bientôt !
As-tu refait ta vie ?
Te souviens-tu de ce « nous » qui a fini par exister ?
Est-il possible que tu puisses redouter autant que moi cette ultime et inespérée rencontre ?
Dire que je suis mort dans tes bras… il y a si longtemps !
Te sens-tu aussi vide que moi depuis ce jour fatidique ?
Comment a-t-on pu en arriver là ?!
Je ne devais plus revenir, jamais… et pourtant je suis là.
Je réalise décidément à peine tout ce que cela implique.
Je doute que le Général puisse nous laisser sortir facilement. D'ailleurs, est-ce toujours Hammond qui dirige cette base ?
Je n'ai encore reconnu personne, mais je doute de pouvoir mettre facilement un prénom sur un visage.
Certaines choses sont encore si floues dans ma mémoire…
Une femme s'approche de moi en me souriant et me parlant chaleureusement, et cela me laisse pantois.
Elle a l'air si heureuse de me revoir, qu'elle me serre même dans ses bras…
Et moi, je suis bien incapable de faire quoi que ce soit !
Mon corps est encore si engourdi et de toute façon je suis trop stupéfait par cette démonstration d'affection.
Mon cœur s'emballe pourtant à la pensée que cela pourrait être Sam…
… Sam…
Quelque chose en moi me certifie cependant que ce n'est pas elle !
… Non, quelqu'un de proche, mais pas elle.
Son visage m'est pourtant familier.
Cette personne a dû tenir une place importante dans mon passé.
Allez… je dois trouver.
…concentration, concentration…
C'est quelque part dans ma petite tête !
Et cette migraine qui ne m'aide toujours pas !
La jeune femme semble plus que perplexe que je ne lui réponde pas, que je la regarde ainsi.
Mais que puis-je faire d'autre ?
A quoi peut bien me servir une super mémoire d'Ancien, si je ne peux pas retrouver un simple petit détail ?
C'est vrai que nombre de souvenirs conscients de ma vie d'ici me reviennent, mais il me manque tant de petits détails, surtout les plus insignifiants, qui me paraissent maintenant si importants à retrouver !
…Ah yé, j'ai un flash, je me vois offrir un chien à une petite fille…
Oh mon dieu !
…Cassy…
Je lui souris alors. Elle est devenue une jeune femme magnifique, médecin de surcroît, comme l'était sa mère.
…Janet… En repensant à elle, c'est très étrange de ne pas la voir dans ce lieu … « Dans son antre » !
La dernière fois que je l'ai vue a été juste avant l'attaque de ma planète.
C'est ainsi que j'ai appris…
FLASH BACK :
Planète Ancienne, décembre 2009, 10ème laboratoire scientifique, 8H heure du matin :
Jack mettait expressément une touche finale aux dernières recherches qu'il avait commencées avec Tanan il y a deux ans déjà.
Ils avaient passé la nuit à essayer de sauver le maximum de ce travail acharné et son frère était maintenant parti mettre toutes leurs données les plus importantes en sécurité.
Leur temps était compté et ils ne pouvaient croire que cela leur arrivait encore une fois… L'agitation atteignait son maximum dans la Cité.
Hier soir, ils avaient reçu un avertissement d'un des leurs, disant que les goa'ulds arrivaient.
Ce n'était plus qu'une question de jours pour qu'ils soient à nouveau envahis. …peut-être même d'heures…
L'évacuation s'était dès lors enclenchée, mais comment arriveraient-ils à vider toute une ville, qui avait plus que doublée et prospérée depuis leur première fuite de leur précédente planète il y a trois ans ? En si peu de temps de surcroit ?
Sans parler de mettre à l'abri tous les programmes et recherches scientifiques de leur avant-poste !
D'ailleurs, comment les goa'ulds avaient-ils su où ils étaient ?
Et eux, comment avaient-ils pu croire qu'ils n'étaient plus en danger ?
Jack fut sortit de ses réflexions et s'immobilisa quand une voix l'interpella.
-Bonjour Jack…
Kiran se retourna, mais ne vit personne. Pourtant la voix continua…
Méfiant, il saisit son arme, puis balaya l'espace devant lui, avant de prendre la parole.
-Qui est là ?
Une femme apparut soudainement près de la porte, mais l'Ancien su, avant même de la viser, qu'elle ne lui voulait aucun mal.
Quelque chose de très familier se dégageait d'elle. Il la dévisagea, avant de déposer son arme et d'engager une conversation télépathique.
-Qui êtes-vous ?
La jeune femme se mit à rire et même à faire de l'ironie, accroissant ainsi son trouble.
-Alors vous ne reconnaissez pas votre dictateur en blouse blanche préféré ? Ça, ça serait à mettre dans les annales !
Kiran la regarda plus qu'intrigué.
Pourquoi l'appelait-elle Jack ? Et de quoi parlait-elle ?
-Ce n'est pas parce que vous êtes devenu une figure importante chez les Anciens que vous devez oublier qui vous avez été et tout votre passé… Vous avez beau vous faire appeler Kiran, vous resterez toujours Jack O'Neill !
-Comment connaissez-vous le nom que j'avais avant ? Qui êtes-vous à la fin ?
-Inutile d'essayer de m'intimider Jack, je vous connais. Et pour vous aider, je peux vous dire que j'ai fait partie de votre passé.
Mais si vous voulez savoir comment je m'appelle, il va falloir me le dire ! Cherchez dans vos souvenirs Jack. Vous les avez presque tous consciemment oubliés, laissant ainsi plus de place à Kiran en vous, mais sachez que tout peut revenir, seulement si vous le voulez…
-Comment…
-Concentrez-vous sur le seul souvenir que vous n'avez pu oublier et qui continue à hanter vos rêves. Le coupa-t-elle.
Kiran baissa alors sa garde et fut submergé par la seule image qu'il n'avait jamais pu effacer, que ce soit avant ou après être devenu un Ancien. Il revit alors une tête blonde, ses yeux bleus et son sourire si particulier. « S.. »
La jeune femme s'exclama, le sortant de sa pensée, tandis qu'il redressa soudainement la tête.
-C'est exactement ça ! Je me doutais bien qu'elle demeurait votre souvenir le plus fort et le plus vivace. Elle est la clé de votre mémoire passée.
-J…Janet ? dit-il en se frottant les tempes.
La jeune femme sourit.
-Bravo !
-Mais si vous êtes là, cela veut dire que…
-Je les ai quittés deux ans après vous. Compléta-t-elle sa phrase, en perdant son sourire.
-Vous avez donc réalisé l'ascension ?
Janet soupira.
-Juste après ma mort accidentelle en mission, Oma est venue me chercher. Je suis rapidement devenue une de ses plus proches fidèles. J'ai également continué à veiller sur vous et sur les autres.
-Comment vont… ?
La jeune femme le coupa à nouveau.
-Je ne peux rien dire Jack. Déjà que je n'ai pas le droit d'être ici ! Mais si je suis venue malgré tout, c'est pour vous prévenir, je ne peux laisser faire ce qui doit arriver.
-Je vous écoute. S'enquit-il, inquiet. Mais je suis heureux de vous revoir, malgré les circonstances.
-Moi aussi Jack, je suis heureuse de pouvoir enfin communiquer avec vous. J'ai cependant de sombres nouvelles à vous donner… Anubis arrive !
Jack l'interrompit.
-Nous le savons déjà. Sa flotte sera là dans deux jours au plus tôt, ce qui nous laisse déjà très peu de temps pour évacuer.
-Ce n'est qu'en partie vrai. Détrompa l'ascensionnée, d'un air grave. Mais ce qu'on ne vous a pas dit, c'est qu'un autre de ses détachements est en route depuis deux jours déjà. Je suis venue dès que j'ai eu l'information. On ne sait pas encore comment Anubis a eu l'adresse de cette planète, mais vous devez partir immédiatement… D'autant plus qu'il vous recherche vous et le reste du Grand Conseil.
Ils ne purent rajouter quoi que ce soit que l'alerte retentit soudainement dans la base. Ils commentèrent en chœur, tandis que Tanan et Sita firent irruption dans la pièce.
-Et m…
L'homme l'informa mentalement de la situation, tout en rassemblant le strict nécessaire de leur matériel.
-Kiran, nous devons partir sur le champ, les goa'ulds sont déjà là, et ils ne vont pas tarder à pénétrer ici.
-Nous ne pouvons déjà plus rien pour les habitants de la Cité. Continua Sita, les larmes aux yeux.
Kiran réagit alors et aida ses amis.
-Ce n'est pas possible ! Où sont les autres Conseillers ?
-Nohr et Laya ont réussi entrer dans la base avant qu'elle ne soit scellée par le système de sécurité, mais pour les autres…Se lamenta l'Ancienne.
Janet prit ensuite les directives en main, faisant remarquer sa présence aux nouveaux arrivés.
- Suivez-moi, je vous en prie…et vite. Il vous reste encore une chance.
Kiran ne laissa pas le temps à ses amis de poser de questions, et les incita à le suivre quand il se mit à courir derrière Janet.
-Venez !
[Fin du Flash-back]
Retour à l'infirmerie :
…Janet nous avait menés auprès de nos autres compagnons, puis dans une salle secrète contenant entre autre des sarcophages de cryogénisation, dont aucun de nous ne soupçonnait l'existence. Après notre précédente fuite, pour accueillir tous les scientifiques, il avait fallut agrandir l'espace de l'avant poste et ce labo, mal placé, avait été fini par être abandonné, remisé, puis complètement oublié.
Nous aurions aimé avoir le temps de découvrir tout ce matériel non utilisé depuis des années, mais le chaos s'était rapidement installé. On entendait déjà la progression rapide des explosions et des jaffas.
Il était même étonnant qu'ils aient si vite percé l'important système de sécurité que nous avions mis en place.
Nous n'avions cependant pas le choix. Il nous fallait survivre… Pour notre peuple, pour notre liberté… Alors nous avions accepté cette ultime alternative, pour ne pas abandonner notre combat. Ensemble, il avait aussi été facile de tout réassembler et remettre en état de marche les appareils…
(Fermant les yeux)…C'est le souvenir le plus récent que j'ai…
…Janet…. Tu nous as sauvés la vie ce jour-là !
Je n'ose imaginer ce qui ce serait passé si nous étions tombés entre les mains d'Anubis...
J'ai envie de vomir quand je pense à tous ceux qui ont dû périr dans l'attaque.
J'espère que les conséquences n'ont pas été trop lourdes pour toi.
En tout cas, notre Cassy a bien grandi et je suis désolé de ne pouvoir communiquer avec elle.
Le seul mot terrien que je peux encore prononcer est « Sam ».
Allez savoir pourquoi ?!
(Soupir…) Pas la peine de trop vous creuser la cervelle, je connais la réponse et je ne l'explique pas ! (Resoupir…)
Je n'ai jamais réussi à effacer son visage, son sourire et son regard de ma mémoire. Jamais… Même quand je ne savais pas qui j'étais moi-même !
Elle était là, dans ma tête…
C'était tout ce qui me restait… « Elle »…
Comment aurais-je pu l'oublier ?
Bref, est-ce si étonnant que ça que je n'arrive qu'à articuler avec une très grande peine son prénom ?
Peut-être que oui, vu que je n'arrive pas à parler, pas même en Ancien…
Je ne l'ai plus fait depuis des années, depuis que j'en suis devenu vraiment un, puisque nous n'utilisons que la télépathie.
Et l'homme assis depuis peu auprès de moi (qui me semble familier également) a beau essayer l'une des dernières formes de ce qui fut notre langage, le seul mot qui sort de ma bouche reste « Saam »
C'est désespérant !
Et c'est même pathétique et tellement frustrant de ne pouvoir rien faire !
Ce n'est pas que je ne le comprends pas, mais je n'arrive plus à communiquer de manière « primitive », enfin « orale ».
Aller Jack … Fais un effort… Tu as parlé le langage humain pendant plus 45 ans, tu n'as pas pu l'oublier comme ça !
(Je souris…) je viens de m'appeler « Jack ».
Mon dieu, ce « retour » va en avoir des conséquences !
Est ce que je peux encore me considérer comme un « Terrien » ?
(Baillant) je cogiterai à tout ça plus tard, je suis si fatigué…
Jonas entra dans l'infirmerie et s'étonna de la trouver aussi silencieuse.
Il rejoignit Daniel posté près du lit de Jack.
_ Ils ne sont pas censés être réveillés ?
_ Si, mais Cassy leur a donné un léger sédatif pour qu'ils puissent récupérer. Ils se sont tous rendormis depuis dix minutes environ.
_ As-tu réussi à communiquer avec le colonel O'Neill ?
_ Non, j'ai essayé tout ce que je connaissais… C'est à se demander si ce sont bien des Anciens que nous avons ramenés ! Il a seulement articulé le prénom de notre chère Sam.
_ Ah ! Je vois… A-t-elle réussi à passer finalement ?
_ Pas encore… Elle ne devrait plus tarder à rentrer de l'école avec les deux terreurs. Ensuite elle n'aura plus d'excuses pour éviter de venir.
Le kelownien soupira à son tour.
_ Comment crois-tu que cela va se passer ? J'ai toujours du mal à réaliser qu'il soit finalement en vie…
_ C'est le cas pour tout le monde ici et certainement encore plus pour Sam. Cependant, je ne sais pas comment tout ça va se terminer.
Cassy s'approcha également.
_ Vous n'êtes pas obligés de rester là. Ils vont tous dormir pendant quelques heures encore.
Les deux hommes se levèrent alors.
_ Bien, des traductions nous attendent, nous repasserons donc plus tard… Sinon ça va toi ? Questionna Daniel.
_ Oui… Puis en regardant Jack. Mais c'est étrange de le voir allongé ici, surtout qu'il a mis du temps à me reconnaître !
Pendant un instant j'ai cru retrouver celui que j'avais toujours connu, mais vu son incapacité à communiquer, je dois me faire à l'idée qu'il a changé.
Puis je m'inquiète aussi pour Sam…. Et pour notre avenir à tous.
Malgré le bonheur de le revoir, j'ai un mauvais pressentiment depuis votre retour. J'espère que nous en saurons rapidement plus sur ce qu'ils ont vécu.
Ses deux compagnons acquiescèrent gravement de la tête.
Jack se réveilla de nouveau, se rendant compte, peu content, qu'il avait eu le droit à un sédatif !
Cependant, malgré les derniers effets encore présents, il se sentait bien mieux et surtout il avait l'esprit moins embrumé, bien que sa migraine ne l'avait toujours pas quitté.
Mais ce qui l'interpella le plus fut LA présence qu'il sentit auprès de lui...
Sans oser ouvrir les yeux, il se remémora le bien-être intense qu'il l'avait enveloppé il y a quelques heures, pendant la seconde partie de son sommeil, lui permettant ainsi un repos profond et réparateur qu'il n'avait plus connu depuis des années.
Il se rappela également le rêve qu'il venait de faire…
Un rêve ? Non, c'était bien plus que ça en fait !
Une partie de sa mémoire lui était revenue : « Leur Premier Rendez-vous » qui avait été en même temps si merveilleux et si frustrant !
Le SGC les avait rappelés avant même qu'ils ne puissent goûter le bonheur de s'aimer enfin…
Il se souvenait ne pas l'avoir vraiment embrassée, avant de repartir à la base.
S'il l'avait fait, il n'aurait jamais pu la laisser sortir de la voiture ou alors il l'aurait suivie chez elle.
Et cela leur aurait coûté de gros ennuis !
Et pourtant, cette soirée n'aurait jamais dû se terminer ainsi !
FLASH BACK :
Colorado Springs, 24 mai 2004, 2H00 du matin
Jack avait raccompagné Sam chez elle et était toujours garé devant la maison.
Il se pencha sur le coté pour voir la jeune femme disparaître derrière la porte, puis il soupira en calant sa tête contre le siège.
Il devait gérer sa frustration avant de remettre le contact. Le nœud qui lui compressait la poitrine n'était pas pour lui plaire, ils n'auraient jamais dû être dérangés ce soir.
Pourquoi ce soir-là en particulier d'ailleurs ?
Sentant monter sa mauvaise humeur face à ce coup du sort, il démarra sa voiture et fonça tout droit à la base.
Une fois arrivé, il ne prit pas la peine de se changer et descendit directement au 28ème sous sol. Cependant, en entrant dans la salle de débriefing, il vit que la situation était grave, vu la tête que faisaient ses amis, ce qui calma immédiatement sa colère de voir sa soirée ainsi gâchée.
Il s'asseya à sa place.
-Alors, que se passe-t-il ?
Hammond soupira d'exaspération et lui répondit sur un ton ferme.
-Je vois que le Major a réussit à vous joindre. Nous vous attendons ici depuis plus de deux heures, alors que le temps presse ! Puis voyant que Jack allait répliquer, Inutile de nous préciser ce que vous faisiez, mais tachez d'arriver plus vite la prochaine fois !
Jack fut étonné par le ton sec de son supérieur et ne put s'empêcher de se défendre.
-Je vous assure que j'ai fait le plus vite possible mon Général. Je n'étais pas à Colorado Springs.
-Je vois…Se radoucit finalement celui-ci. Et pour une fois que vous n'êtes pas le dernier ! Savez-vous quand le Major va arriver ?
Sam l'interrompit, en se présentant au garde à vous, complètement essoufflée.
-Je suis là mon Général. Puis elle s'installa à son tour. Excusez-moi de mon retard, mais je n'étais pas non plus chez moi.
Daniel les regarda alors soupçonneux. Tous deux arrivaient presque en même temps et avaient gardé leur tenue civile.
Ils n'avaient peut être pas eu le temps de se changer, mais le regard que les deux militaires échangèrent ne lui échappa pas.
Sam et Jack ne partagèrent ensuite qu'un bref sourire avant de se reconcentrer sur le Général, qui arborait un air plus grave encore.
-Bien, maintenant que vous êtes tous réunis, vous partez dans 15 minutes en mission de sauvetage.
-Pas de Tok'ra s'il vous plaît. Le coupa Jack. Puis voyant le regard noir et inquiet de Sam. Je suis sûr que « papa » va bien, Carter. N'est-ce pas mon Général ?
Hammond ne put cacher son expression irritée.
-En effet colonel !
Il s'agit des nôtres cette fois-ci. SG6 a besoin d'aide pour évacuer les Téraniens de leur planète vers P5H202.
Après avoir vaincu le goa'uld en place, ils se sont fait surprendre par ses renforts.
La porte est solidement gardée et ils ont été obligés de se cacher dans la forêt en attendant l'arrivée des équipes de secours. Leur position est des plus précaires et ils seront bientôt sous le feu ennemi, alors vous partirez dès que vous serez changés. SG3, 5, 10 sont déjà prêtes et briefées pour partir. Dépêchez-vous de les rejoindre… Rompez !
[Fin du Flash-back]
La mission s'était déroulée avec succès et presque tous les Téraniens avaient pu être sauvés.
Le combat avait été rude, mais il n'y avait eu que quelques blessures à déplorer de notre coté, dont Sam…encore…
Un tir de lance lui avait frôlé la main et laissé une importante brûlure. Je n'ose imaginer les dégâts que cela aurait occasionné à quelques millimètres près !
Sam…
Notre rapprochement de la veille avait exacerbé mon besoin de la protéger.
Je me sentais si coupable, car je ne voulais pas la perdre… Pas maintenant, pas avant qu'on ait eu notre chance…
Jamais d'ailleurs !
Et la semaine qui passa ensuite fut terriblement longue et frustrante !
La base ayant été mise en quarantaine à cause d'un virus ramené par SG4.
J'ai bien cru un moment que nous étions maudits ! Nous n'avions pas le moyen de nous retrouver tranquilles tous les deux, sans le petit scarabée plus soupçonneux que jamais, sans caméras, etc.…
Les premiers jours, nous avions passé beaucoup de temps ensemble, continuant à profiter de la présence de l'autre.
Elle travaillant et moi la regardant ! Jusqu'à ce que cela finisse totalement par l'empêcher de se concentrer et que cette « proximité » devienne plus difficile à gérer.
Non pas que nous avions changé d'avis, bien au contraire, mais cela devenait de plus en plus dur de se contrôler pour éviter de se frôler, de se toucher ou simplement de se regarder sans y mettre cette petite lueur tendre ou envoûtante que nous avions pour l'autre seulement.
Notre situation devenait un enfer, mais nous ne pouvions pour autant nous passer de l'autre.
Nous avons donc juste réduit le nombre de mes visites et à heures fixes pour que Carter puisse travailler.
Il fallait vraiment que tout cela cesse… et rapidement pour la santé de nos nerfs à tous les deux !
Et le jour béni de notre libération arriva enfin…
FLASH BACK :
SGC, 1er juin 2004, labo de Sam (8 jours avant la mort de Jack)
Jack était de nouveau accoudé contre l'embrasure de la porte d'un certain labo. Et il admirait son occupante avec un regard qu'il pouvait enfin laisser s'exprimer.
Il ne se lasserait d'ailleurs jamais d'apprécier la silhouette de la jeune femme, de voir ses gestes si précis et gracieux, ses yeux briller d'une lueur si particulière quand elle avançait dans ses recherches, ses traits si concentrés, sa bouche… dont elle mordillait inconsciemment la lèvre inférieure… Comme si plus rien autour d'elle n'existait.
Cette femme était une telle incarnation de la beauté sous toutes ses facettes, qu'il hésitait à l'interrompre.
Il devait pourtant lui annoncer la bonne nouvelle.
… La nouvelle qu'ils attendaient tous deux depuis une semaine,
… Depuis l'instant où il l'avait raccompagnée et qu'elle était sortie de la voiture.
Jack la regarda encore un instant avant d'entrer, juste pour le plaisir, puis finit par s'avancer et s'accouder sur le bureau devant elle.
-Nous sommes enfin libres Carter !
La jeune femme sursauta et mis une main sur son cœur, les yeux hagards.
-Colonel ! Je croyais vous avoir dit d'arrêter de me surprendre ainsi !
Puis reprenant contenance et se replaçant face au bureau, elle sentit un frisson remonter le long de son échine.
Il s'était forcément passé quelque chose, car le regard qu'il posait sur elle et le sourire enjôleur qu'il affichait dénotaient avec le professionnalisme qu'ils maintenaient coûte que coûte.
Le souvenir de leur sortie au restaurant s'imposa dans son esprit. C'était exactement ça… ces regards et ces sourires qu'elle n'avait pas revus depuis… Et qu'il arborait à nouveau.
Un frisson plus violent encore la parcourut et son cœur s'emballa. Elle déglutit même péniblement, tâchant de concentrer ses pensées sur autre chose que les sensations qu'il faisait si bien naître en elle.
N'avait-elle pas été complètement immergée dans ses théorèmes il y a encore une minute à peine ?
Sam eut du mal à retrouver une réflexion cohérente et se souvint alors qu'il avait parlé.
Les mots qu'il avait prononcés lui revinrent à l'esprit, mais elle eut besoin d'une confirmation. Elle ne voulait pas se faire une fausse joie.
-Quoi ? Qu'avez-vous dit ?
Jack sourit du temps qu'il lui avait fallu pour poser cette question. Il avait suivi l'impact que sa petite surprise avait eu sur elle. Et quoi qu'elle en dise, elle avait parfaitement compris.
La lueur dans ses yeux avait indubitablement changé… Et son sourire...
Il lui sourit à son tour de plus belle, et se prêta volontiers au jeu qu'ils instauraient maintenant entre eux quand ils étaient seuls.
Il ne savait plus quand leur relation avait pris un nouveau tournant, mais il ne s'en formalisa pas davantage et poursuivit.
Et puis, c'était tellement bon qu'il ne ferait pour rien au monde machine arrière.
-Désolé de vous avoir fait peur ! Je reviens tout juste du bureau du Général et nous sommes en vacances à partir de (il regarda sa montre) …maintenant !
Sam sentit son cœur s'emballer plus vite encore, mais il fallait qu'elle en soit sûre encore une fois, tant elle était à la fois ravie et perplexe.
-En vacances ?
-Oui… et pour deux semaines en plus ! Et sans la quitter du regard. Puis-je vous demander un conseil ?
Sam fut chamboulée par le ton qu'il prit et surtout par ce regard brûlant qu'il continuait à poser sur elle. Elle répondit avec toute la contenance qu'il lui restait.
-Bien- sûr !
-Il y a une semaine, j'ai fait une proposition à une personne à laquelle je tiens vraiment. Je souhaiterai l'inviter à partir avec moi dans mon chalet pour que je puisse tenir ma promesse, mais j'ai très peur qu'elle refuse ou qu'il ne soit trop tard.
Vous, qui avez toujours refusé mes propositions, pensez-vous que je pourrai être suffisamment convaincant cette fois-ci pour que cette personne accepte ?
Sam ne put lui répondre qu'elle fut coupée par Daniel, qui entra dans le labo sans frapper.
-De qui parlez-vous ?
Jack grimaça en se tournant vers lui.
-Daniel ! Quel bon vent vous amène ?
-Je vous dérange peut-être ? Demanda ce dernier en voyant leurs mines.
Jack soupira d'agacement, mais Sam le devança en essayant de le convaincre, pour mieux cacher sa frustration.
-Non… Daniel…Qu'est ce qu'on peut faire pour vous ?
-En fait, je cherchais Jack. Puisque nous sommes en vacances, je voulais vous proposer de partir quelques jours tous ensemble, histoire de se voir un peu en dehors du travail.
J'avais pensé à votre chalet. Janet et Cassy sont partantes, Teal'c a fini par accepter et puis ce serait une bonne occasion pour enfin y amener Sam.
Qu'en pensez-vous ?
Le militaire le regarda perplexe avant de répondre.
-Je vois que vous avez tout prévu, sauf que je pouvais avoir d'autres projets.
-Ah ! Et c'est le cas ? Demanda son ami, abasourdi.
-Je ne le sais pas encore Danny boy. Puis se reconcentrant sur Sam. Je n'ai pas encore eu ma réponse.
Sam essaya de paraître la plus naturelle possible, alors qu'elle se sentait rougir.
-Vous devriez lui poser la question mon colonel, vous serez peut-être surpris !
-Mais j'y compte bien ! N'oubliez pas Carter, je tiens toujours mes promesses.
-Je l'espère, mon colonel.
Daniel ne rata pas le sourire de la jeune femme se transformant en « spécial Jack » et ne comprit rien à l'échange de ses amis.
Il reprit tout de même part à la conversation.
-Eh ! Je suis toujours là !
Jack se tourna à nouveau vers lui.
-Ah oui, et vous disiez ?
-Alors ?
-Alors quoi ?
-Vous le faites exprès ou quoi ! S'indigna l'archéologue. Vous cachez quelque chose tous les deux !
Sam intervint.
-Je ne vois pas de quoi vous parlez Daniel.
-Vous êtes vraiment énervants, mais je saurai…un jour ou l'autre ! Sinon qu'est ce qu'on fait pour le Minnesota ?
-Le Minnesota ? Réagit le colonel.
Daniel s'insurgea, exaspéré par la mauvaise foi évidente de celui-ci.
-Ouiiii ! Vous êtes d'accord pour qu'on passe tous ensemble quelques jours à votre chalet ou non ?
-Je vous ai dit que je ne savais pas, petit scarabée !
L'homme leva les yeux au ciel, puis chercha de l'aide auprès de Sam.
-Aidez-moi à le convaincre, vous êtes bien de la partie, n'est-ce pas ?
-Mais personne ne m'a invitée moi et puis j'avais prévu moi aussi autre chose.
-Bien-sûr que vous êtes invitée, cela va de soit ! Et ne me dites pas que vous voulez rester travailler. Puis se tournant vers lui. Jack, aidez-moi à la décider !
Le colonel se résolut à être plus coopératif, souriant du mal que se donnait son ami.
-Alors Carter ?
Sam soupira, puis répondit sans le quitter du regard.
-Je vais voir ce que je peux faire, mais mon projet initial va être très déçu.
-Ce n'est que pour quelques jours Sam. Après vous pourrez faire tout ce qu'il vous plaira.
-Très bien… j'accepte et je compte bien sur le « Tout » après !
Daniel n'aima décidément pas être largué et chercha un peu à taquiner son ami.
- C'est super ! Vous devez être ravi Jack, surtout que vous l'avez appelée Sam !
Ce dernier répliqua sans se laisser démonter.
-Mais c'est comme ça qu'elle s'appelle Daniel !
L'archéologue vit qu'il ne tirerait plus rien d'eux pour le moment, et conclut alors sur un ton excité avant de quitter rapidement le labo.
-Bon, je vais prévenir les autres et le Général. Nous pourrons partir dès demain matin.
Une fois leur ami sortit, Jack reprit la conversation en soupirant.
-Il n'est pas croyable ! Mes plans, ainsi que les vôtres, tombent encore une fois à l'eau… J'en suis désolé Carter.
-Vous n'y êtes pour rien. Sourit-elle malgré tout. Et puis comme vous l'avez dit, c'est juste l'histoire de quelques jours. Ça a l'air de tellement faire plaisir à Daniel… S'il savait… je suis sûre qu'il annulerait sur le champ !
Jack lui rendit son sourire.
-En effet, mais je préfère le voir se creuser sa petite cervelle, surtout qu'il ne nous a pas lâchés cette semaine ! Et puis c'est vrai qu'on ne se voit pas beaucoup tous ensemble en dehors de la base.
-N'oubliez pas que vous avez une demande à faire et surtout une promesse à tenir !
Le colonel la sonda du regard quelques secondes, avant de se lever pour faire le tour du bureau et de se rapprocher d'elle. Parler était bien beau, mais ça faisait une semaine qu'ils ne se contentaient que de ça et à cet instant, il n'avait plus que l'envie impérieuse de la toucher.
…De s'approcher d'abord si près d'elle qu'il pourrait à nouveau sentir son odeur, sa chaleur, le trouble qu'il déclenchait en elle…
…Puis ensuite d'effleurer la douceur de ses cheveux, le satin de sa peau…
Au cours de leur dernière et unique soirée, il ne les avait que trop peu explorés, s'étant laissé porter par le merveilleux moment qu'ils avaient vécu. Mais l'interruption qui avait suivi avait laissé son désir intact, insatisfait, acharné et presque insoumis maintenant qu'une ouverture se présentait à eux.
Il ne perdait pourtant pas de vue l'endroit où ils se trouvaient, ni le règlement ou les cameras qui pesaient toujours au-dessus de leurs têtes.
Et cela n'empêcha pas son cœur de s'emballer un peu plus, quand il fut plus près d'elle, elle dont la respiration se raccourcit instantanément. Il aurait aimé être plus proche encore pour lui murmurer à l'oreille, mais il se contenta de la frôler furtivement, en faisant mine de déposer un dossier devant elle.
-Je n'oublie rien Carter, jamais…En particulier quand cela me tient à cœur, mais j'aurai aimé vous faire venir dans mon chalet pour d'autres raisons que celles exposées par Daniel !
La scientifique balbutia, plus qu'elle ne répondit, face à cette proximité et au désir qui la tenaillait de combler l'espace qui les séparait et de l'embrasser à en perdre haleine. Sa bouche était si proche et si tentante.
Elle réussit tout de même à retrouver une certaine contenance.
-Voilà qui finit de me rassurer. Et j'aurai également aimé que ce soit le cas.
Le militaire sourit face à l'ambiguïté qui disparaissait de plus en plus dans leurs échanges. Il chercha à en savoir un peu plus, sans pouvoir s'empêcher d'effleurer en même temps ses doigts des siens. Le mouvement était suffisamment discret grâce au bureau, mais une chose était sûre, cette femme le rendait fou.
- Je vous le reproposerai alors une autre fois, et je pourrai alors vous faire découvrir une facette importante de ma vie, enfin de « Jack » je veux dire.
Sam ferma les yeux, sous l'intensité du frémissement qui la parcourue de part en part. Ses doigts ne faisaient que la frôler avec douceur, mais elle avait la sensation que son sang allait se mettre à bouillir dans ses veines.
Elle voulait tellement plus…ou même juste entrecroiser ses doigts avec les siens, mais elle se contenta de lui répondre aussi franchement qu'elle pouvait se le permettre. Engager un contact physique au sein même de son labo n'était pas une chose à faire.
-J'y compte bien mon colonel ! …Et j'ai hâte d'y être Jack !
Puis, les sens toujours en alerte, ils entendirent des bruits de pas s'intensifier dans leur direction. Jack eut à peine le temps de retrouver sa place, que Janet entra à son tour.
Sam pensa fortement pour elle-même « Décidément, pas moyen d'être tranquille cinq minutes avec son colonel ! Et puis, plus personne ne frappe avant d'entrer ou quoi ! »
-Ah, Sam, je viens de voir Daniel… Colonel … Puis un peu surprise par l'accueil et la rougeur des joues de Sam qu'elle détecta. Je vous dérange peut-être ?
-Pourquoi diable toutes les personnes qui passent cette porte posent cette question ? Objecta Jack, franchement agacé et frustré.
Bon je préfère vous laisser entre filles. Prévenez-moi des arrangements pour demain puisque personne ne s'intéresse à mon avis !
Sur ce, il sortit pour rejoindre les gars.
Janet s'inquiéta de son comportement.
-Qu'est ce qu'il lui prend ?
-Le colonel avait d'autres projets, mais a accepté de venir pour nous faire plaisir, ce qui est également mon cas. Je crois qu'il n'apprécie pas qu'on décide de tout pour lui.
-Tu avais d'autres projets ? D'ordre sentimental j'espère ! La taquina son amie, curieuse.
Sam soupira en souriant.
-Oui, mais rien n'était encore vraiment arrêté. Ce sera pour une autre fois j'espère.
-Alors tu avais bien un rendez-vous ! Serait-ce avec le colonel ? J'ai remarqué que vous vous étiez plutôt rapprochés depuis la mission de sauvetage du tok'ra !
La scientifique sourit de la perspicacité de son amie et tenta d'esquiver la réponse. Elle n'avait aucune envie de se trahir pour le moment, surtout que rien n'était encore fait. Certes ils avançaient à grands pas ces dernières semaines, comparées à toutes ces années. Mais comme l'expression le disait, il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
-Janet ! Tu sais bien qu'on ne peut pas et puis je t'ai déjà répondu.
-Oui, mais j'aimerai bien avoir plus de détails ! Rétorqua la doctoresse en faisant alors la moue.
-Inutile d'imiter le colonel en train de m'amadouer !
-C'est vrai que je n'ai pas son charme et son coté sexy !
Sam fut abasourdie par la franchise de cette réplique.
-JANET !
-Ben quoi, c'est la vérité non ? Et ce n'est pas toi qui pourrais me contredire !
T'inquiètes, je sais qu'il est chasse gardée, même si une certaine loi se dresse entre vous pour l'instant. Et puis tu sais bien que je préfère tu sais qui !
-JANET ! On pourrait nous entendre !
Elle se dirigea ensuite vers la sortie, pour couper court à la discussion qui commençait à devenir un peu trop embarrassante pour elle.
-Allons rejoindre les autres pour préparer nos quelques jours de vacances.
Janet soupira avant de la suivre.
[Fin du Flash-back]
Retour à l'infirmerie
C'était un sacré moment qu'ils avaient vécu là, seuls dans ce labo, mais du peu qu'il s'en rappelait encore, ce n'était assurément pas le meilleur…
Jack se concentra de nouveau sur La présence à coté de lui.
Il n'avait toujours pas ouvert les yeux et gardait tous ses sens en alerte.
Il était maintenant sûr que c'était « elle ».
Ce bien-être, qu'il ne ressentait qu'auprès d' « elle », ne pouvait que finir de le convaincre.
Son sentiment de vide diminuait au fond de son cœur…
Il reconnaissait aussi son parfum, sa manière de respirer quand elle était perdue dans ses pensées.
Il resta un moment à s'enivrer de toutes ces sensations familières qui lui revenaient…
Pouvait-il aller jusqu'à entendre les battements dans sa poitrine ?
Certainement pas avec le boucan que faisait le sien, qu'il essayait d'ailleurs de contrôler de toutes ses forces pour ne pas se trahir avec les appareils encore branchés à lui.
Il était aussi très tenté de lire dans ses pensées, faculté qu'il avait également héritée en devenant un Ancien, mais il ne le ferait pas.
Il n'avait de toute façon pas encore toute l'énergie nécessaire, car cela en demandait beaucoup face à une personne qui ne communiquait pas usuellement par la télépathie.
Et c'était aussi plus qu'une simple question de fatigue…
En réalisant où il s'était réveillé il y a quelques heures, il s'était promis de ne pas le faire volontairement…
Pour les respecter tous ici, et aussi pour répondre à la Loi qui régissait toutes les communications Anciennes.
Il n'avait pas le droit de le faire… De profiter de sa capacité.
Il n'avait pas non plus le droit tout court de communiquer avec des peuples sous développés…télépathie ou non !
Alors, non, il continua simplement à faire semblant de dormir.
S'était-elle déjà aperçue de sa supercherie ? Elle qui avait toujours su si bien le deviner malgré lui.
Aucun changement ne s'était produit dans sa respiration, mais il pouvait jurer qu'elle posait régulièrement les yeux sur lui.
Combien de temps arriverait-il à tenir ainsi ?
Et pourquoi n'ouvrait-il pas simplement les yeux pour la regarder enfin ?
Pour graver en lui l'image de celle qu'elle était devenue aujourd'hui.
Simplement ? Non, ce n'était pas simple !
Tant de choses allaient dépendre de ce moment, de cette ultime rencontre…
Il avait peur, très peur malgré le désir qui le dévorait de la contempler.
Il avait tant de questions, tant d'incertitudes face aux conséquences que cela induirait.
Survivraient-ils à ces « retrouvailles » ?
Supporteraient-ils toutes les émotions que cela allait faire resurgir ?
Il était déjà si troublé par Sa seule présence auprès de lui !
Cependant, il n'y avait pas que ça qui le perturbait. Sa mémoire se jouait de lui et il ne pouvait empêcher ses souvenirs de s'imposer.
« Lui » et « Elle »….
Enfin plutôt « Jack » et « elle » !
FLASH BACK :
SGC, 2 juin 2004 (7 jours avant la mort de Jack)
Ils étaient partis dans le Minnesota, comme convenu au petit matin, heureux de se retrouver enfin ensemble, en « famille » comme ils aimaient si bien le dire.
La bonne humeur ne les avait pas quittés les deux premiers jours, renforçant leurs liens dans des moments de rires, de joie ou de confidences partagés.
Et au grand dam de Daniel, Jack, à l'aise dans son univers, l'avait asticoté sans relâche, sous les regards complices des autres.
Rien n'y avait fait pour que l'archéologue puisse lui-même lui rendre la pareille ou avoir le dernier mot.
Pas même en le cuisinant au sujet de ses sentiments pour Sam !
A chaque fois qu'il avait essayé, Jack s'était contenté de sourire ou d'échanger avec la concernée un regard plus que particulier.
Son ami n'avait rien réussi à savoir de leur rapprochement significatif.
C'est à peine s'il réussissait à les embarrasser. Et leur comportement, différent de celui qu'ils avaient à la base, n'avait cessé d'intriguer le linguiste bien que les militaires n'avaient rien eu à se reprocher.
Une personne, qui ne les connaissait pas aussi bien que lui, n'y aurait vu que du feu…
Deux simples amis…
Mais il y avait bien plus que cela.
Il s'était passé quelque chose pour que leur complicité atteigne ce niveau, que seuls leurs regards avaient trahi malgré eux.
Daniel ne les avait vus à aucun moment se toucher ou se frôler, alors que cela s'était produit plusieurs fois au SGC ces deux dernières semaines…
Ils avaient semblé garder une distance respective, tout en étant proches et attentifs à l'autre. Puis une tension s'était installée peu à peu entre eux.
L'archéologue n'avait semblé ne rien comprendre à leur relation, mais il avait vu avec certitude leurs regards et leurs comportements se modifier.
Plus les jours avaient passé, plus l'un ou l'autre avait cherché à s'isoler un moment dans la journée…
Au cinquième jour Sam et Jack avaient trouvé une surprise…
Minnesota, 6 juin 2004 (3 jours avant la mort de Jack)
La nuit commençait à tomber, et Jack se décida de regagner le chalet, après s'être promené une bonne partie de l'après-midi. Il avait marché pour se défouler. Il aurait aimé pêcher pour se vider un peu l'esprit, mais la présence de ses amis et surtout de Sam ne lui aurait pas permis de se ressourcer.
Ses vieilles habitudes commençaient à avoir la vie dure !
Ce qu'il ressentait était très paradoxal : il trouvait tant de réconfort auprès d'eux, mais il avait besoin en même temps d'être seul… dans son « antre ».
C'est vrai qu'il n'y avait jamais vu autant de monde depuis longtemps, jamais en fait…
Et pourtant il ne souhaitait pas que ses amis s'en aillent. Ils avaient ramené tant de vie dans ce lieu qui avait été jadis son « repère » avec son fils.
Sara n'y était jamais venue, et personne à part ses amis ne l'avait fait depuis la perte tragique qui avait assombrie sa vie.
En arrivant près du lac, il fut surpris de ne voir aucune lumière, ni d'entendre aucun bruit…
Pris d'une soudaine angoisse, il parcourut les derniers mètres en courant et fut soulagé de constater qu'il n'y avait aucune trace de lutte ou d'effraction.
C'était seulement calme… Trop calme.
Au loin, il vit qu'il manquait une voiture, ses amis n'étaient pas encore rentrés.
Cela finit de le tranquilliser, il ne leur était rien arrivé mais lui était plutôt mal barré.
Cherchant désespérément la clé qu'il n'avait pas emportée, il réfléchit à un moyen d'entrer. Ce serait le comble s'il était vraiment coincé à l'extérieur!
De son propre chalet en plus !
Il tenta tout de même d'actionner la poignée et vit avec surprise la porte s'ouvrir devant lui…
L'inquiétude le submergea de nouveau, ils ne seraient jamais partis en laissant ouvert. Puis à vouloir s'isoler rapidement, il n'avait pas écouté Daniel exposer leur programme de la journée.
Il entra prudemment sans faire grincer le plancher, regrettant de ne pas avoir son arme sous la main. Il trouva la pièce principale apparemment vide et rangée.
Pas encore entièrement rassuré, il préféra laisser ses yeux s'accommoder à l'obscurité, adoucie par les braises encore rouges de la cheminée.
Il s'avança encore un peu et remarqua une présence sur le canapé. Il demanda alors d'une voix ferme.
-Qui est-là ?
La personne sursauta et se retourna vers lui.
-…Mon colonel ? C'est vous ?
- Carter ! Vous avez failli me faire peur ! S'approcha Jack, plus apaisé.
La jeune femme retrouva un rythme cardiaque presque normal.
-Je suis désolée Jack, je ne vous avais pas entendu arriver.
Jack s'assit auprès d'elle et alluma la lampe disposée entre le canapé et l'un des fauteuils.
-Ce n'est rien. Pourquoi êtes vous restée dans le noir ? Vous savez, j'ai failli défoncer la porte pour entrer !
-J'ai trouvé le chalet ainsi il y a une heure. Sourit-elle en imaginant la scène de Jack. Et je me suis pas rendue compte du temps !
-Vous étiez à ce point dans la lune pour ne pas voir la nuit tomber ?
-En quelque sorte oui…Je réfléchissais.
A son ton plus gêné, Jack sentit la tension qui couvait toujours entre eux revenir au galop. Il décida de changer de sujet.
-Savez-vous où sont les autres, ils devraient être rentrés de leur sortie, non ?
-Ils nous ont laissé une lettre.
-Une lettre ? Pour quoi faire ?
- Lisez-la plutôt ! Alors qu'elle lui tendait la feuille de papier.
[Fin du Flash-back]
Retour à l'infirmerie (dans les pensées de Jack)
Ils n'étaient donc pas sortis comme je l'avais pensé… mais partis !
Pour nous laisser seuls…. Pour que nous puissions régler tranquillement nos différents et pourquoi pas nous retrouver, nous rapprocher davantage !
Daniel avait même eu le culot de rajouter « de ne pas faire trop de bêtises » !
Il ne perdait rien pour attendre celui-là !
Mais tout ce que je savais, c'était qu'un lourd silence avait accompagné ma petite lecture, qu'aucun de nous deux ne semblait vouloir rompre.
Dans un long soupir, je m'étais alors levé raviver le feu…
Manquerait plus qu'on attrape froid !
Puis en me réinstallant auprès d'elle, je l'avais vue frissonner.
Était-ce le froid ? Moi ? Notre situation présente ?
Aujourd'hui encore je ne saurai le dire, vu qu'elle ne m'avait pas regardé, fixant plutôt le feu reprendre son éclat et diffuser un doux éclairage.
Mais voilà qu'on y était… A notre confrontation !
Et ça s'annonçait bien plus difficile que la dernière fois, où j'étais parvenu je ne sais comment à l'inviter à dîner.
J'en avais même touché du bois pour que cette fois-ci la base, ou quoi que ce soit d'autre, ne gâche pas tout à nouveau !
FLASH BACK :
Tous deux étaient dans les mêmes positions dans le canapé. Jack finit par briser le silence, devenu trop pesant pour lui.
-C'est gentil d'être resté.
La jeune femme répondit sans le regarder.
-Ils ne m'ont pas attendue ! Puis sentant son compagnon se tendre. Vous savez bien que je ne serais pas partie sans vous le dire de vive voix.
-Souhaitez-vous le faire maintenant ? Demanda-t-il plus détendu. Je ne serai pas fâché si vous préfériez ne pas rester sans les autres.
-J'avoue que j'y ai pensé… beaucoup même ! Puis le regardant enfin. Mais maintenant que nous sommes là tous les deux, j'envisageai plutôt la manière avec laquelle je pourrai accepter la proposition qu'un ami doit me faire.
Jack se mit à sourire franchement.
-Vous êtes incroyable ! Je pensais, qu'après la tension de ces deux derniers jours, je ne pourrai pas suivre votre fameux conseil… qu'il était en quelque sorte trop tard.
-Il n'est jamais trop tard Jack ! Pas avec moi en tout cas.
Elle lui rendit ensuite son sourire, le cœur battant la chamade. C'était maintenant que les choses sérieuses allaient se jouer entre eux, alors autant ne plus leur faire perdre de temps.
-Comptez-vous tenir votre promesse ici ? Ou voulez-vous attendre d'être de retour à Colorado Springs ?
-Ici... Où voulez-vous que l'on reprenne les choses ?
Sam le dévora du regard.
-Je suis impatiente de mieux connaître l'homme qui se cache sous mon colonel. Pourquoi ne pas commencer par dîner… J'ai faim, pas vous ?
Jack sentit sa bouche s'assécher tout à coup, alors que son regard devenait plus caressant.
-Vos désirs sont des ordres, madame !
-Tous ? Interrogea-t-elle le cœur battant à exploser.
Le militaire souffla, cherchant lui aussi à retrouver une respiration plus fluide, puis lui répondit avec un regard qui ne laissait aucune équivoque possible.
-Tous…
[Fin du Flash-back]
Retour à l'infirmerie (dans les pensées de Jack)
Nous étions restés un moment à nous regarder, sans pouvoir faire autre chose que nous sonder du regard pour savoir si on était vraiment sincères…
Et vraiment prêts surtout !
On passait d'une situation de tension à une autre, mais je dois dire que celle-ci avait vraiment été excitante, d'autant plus que nous étions « enfin » seuls !
Et la myriade de possibilités que cela nous avait ouvert, nous avait presque effrayés ! Les sensations et les émotions avaient été si fortes.
Avions-nous le courage d'aller jusqu'au bout cette fois-ci ou alors la retenue nécessaire de ne pas se sauter dessus trop vite ?
Car sans en avoir l'air, nous venions de faire tomber les dernières barrières que nous avions érigées ici !
Un bruit soudain, à coté de lui, le sortit de ses pensées.
Quelqu'un venait de s'approcher et de se joindre à eux, suivi de…
Depuis quand y avait-il des enfants au SGC ?
Les choses devaient avoir vraiment changé !
Les entendant tous s'éloigner et se diriger vers la sortie de la pièce, Jack eut soudain peur que Sam ne s'en aille et ne revienne pas, ce qui faillit lui faire ouvrir les yeux.
_ Maman !
Sam s'accroupit, près de la porte de l'infirmerie, pour serrer ses enfants qui accoururent dans ses bras.
_ Mes chéris.
_ Tu viens manger avec nous et oncle Dany ? Demanda la jeune fille.
_ Pas ce soir mes trésors, je dois encore rester là, et j'ai du travail aussi. Puis voyant leur moue. Mais je vous promets un gros câlin et une histoire avant de dormir.
_ D'accord maman. Accepta le garçon.
Daniel regarda à nouveau vers le lit de Jack et s'étonna de le trouver encore endormi.
_ Il ne s'est pas encore réveillé ? Sam secoua négativement la tête. Pourtant Cassy nous a assuré ne leur avoir donné qu'une faible dose. Les autres ont-ils déjà repris conscience ?
_ Je sais. J'ai trouvé cela étrange aussi. Les deux femmes sont réveillées et refusent toujours de communiquer. L'homme dort encore, semblant avoir besoin de récupérer, vu que son état était le plus critique des quatre.
_ Tu penses qu'il peut faire semblant de dormir ?
_ Je ne sais pas Daniel, mais j'avoue me poser la question depuis un petit moment déjà. Et pourtant, rien ne semble indiquer qu'il soit déjà revenu à lui !
Les enfants, revenez ici ! Si Cassy vous trouve là, je ne donne pas cher de vos petites fesses !
Les jumeaux revinrent auprès d'eux.
_ Ah non, pas de piqûres ! C'est qui le monsieur dans le lit ?
_ C'est un ami de vos oncles et de moi-même.
_ Il était avec ceux qui dormaient dans les boîtes ? Demanda la fille.
_ Oui ma chérie.
_ Alors, les autres étrangers sont aussi nos amis ?
_ Non, juste lui… Nous ne connaissons pas les autres personnes.
_ Est-ce que c'est le colonel O'Neill, l'homme des photos, celui qui est mort avant notre naissance ?
_ Oui c'est bien lui.
_ Est-ce que c'est un ange alors ? Interrogea de nouveau l'enfant.
_ Non, mon cœur, mais on en saura bientôt plus.
Elle lui caressa les cheveux, puis se tourna vers Daniel et s'adressa à lui.
_ Je vais rester jusqu'à son réveil… Tu veux bien les accompagner au Mess, leur donner le bain et les occuper jusqu'au coucher ?
_ Bien-sûr, avec plaisir… N'est-ce pas les terreurs ?!
_ Ouais oncle Dany, tu nous raconteras la fin de l'histoire de Troie ?
_ Bien entendu et j'espère que vous aurez autant d'enthousiasme pour aller vous laver !
Le garçon fit immédiatement la moue.
_ Euh… mais on est déjà propre, on se lave tous les jours !
_ Ceci n'est pas discutable jeune homme ! Répondit sa mère. Puis à ses deux enfants. Écoutez bien Daniel et n'allez pas inonder tout l'étage comme la dernière fois !
Les enfants partirent ensuite vers le couloir.
_ Oui maman, on a faim, à plus tard. Puis à Daniel, tandis qu'ils passaient la porte en riant. Oncle Dany, le dernier arrivé aura un gage !
Celui-ci leva les yeux au ciel.
_ Ils vont finir par me rendre chèvre… aussi bien que le faisait leur père d'ailleurs !
_ Daniel !
_ Ben quoi ! C'est la vérité et tu le sais bien ! Et quand ça arrive tu souris de la même façon. Sam ne put que lui sourire et confirmer ainsi ses dires.
Tu n'as pas trouvé ça étrange de les voir auprès de lui ? Après tout, cela n'aurait jamais dû arriver… C'est plutôt inespéré, non ?
_ Daniel, ne dit jamais ça devant eux, ni à personne d'autre d'ailleurs !
_ Pourtant il faudra bien que tu le fasses un jour ou l'autre ! D'autant plus qu'il est là aujourd'hui et qu'il voudra savoir qui est leur père… quand il saura que tu es leur mère.
Sam baissa la tête en soupirant… Elle était suffisamment désemparée pour le savoir.
_ Je le sais ! Mais n'oublie pas ta promesse Daniel !
_ Ne t'en fais pas, je ne dirai rien, bien que je le regrette aujourd'hui. Tu sais bien qu'ils en souffrent de ne pas savoir.
_ Daniel ! Puis en mettant fin à leur conversation. N'hésite pas à demander de l'aide s'ils t'en font voir de toutes les couleurs.
Daniel soupira à son tour avant de lui répondre et de lui sourire.
Quelque part, il comprenait son entêtement, la situation était plus compliquée qu'il paraissait au premier abord. Pourtant Dieu sait qu'il regrettait de lui avoir promis de ne jamais parler de l'identité du père de ses enfants.
Il tiendrait sa parole, mais peut-être qu'avec l'aide du destin, les choses allaient enfin changer…
_ Ça ira… Au moins y'a un peu d'animation dans la base quand ils sont là ! Ils assurent dignement la relève !
Mais ça ira pour toi ? Tu n'y es pas obligée, tu sais…
_ Oui, mais je dois être là à son réveil, même s'il risque de ne pas me reconnaître !
_ Ça j'en doute ! Mais si tu veux un peu de compagnie, je serai ravi de confier les deux terreurs à Jonas !
_ DANIEL !
_ Bien, comme tu veux ! Tiens-nous au courant. Rajouta-t-il en sortant.
Sam le regarda partir en secouant la tête, puis retourna s'asseoir, bien plus tendue que tout à l'heure.
Daniel venait de semer le trouble dans son esprit… ou plutôt de confirmer ses propres doutes.
Et si Jack était réveillé depuis un moment déjà et qu'il faisait semblant de dormir pour ne pas la voir ?
A cette seule pensée, elle sentit son corps et surtout son cœur se serrer, comme cela lui était rarement arrivé.
Sous l'émotion, elle ne put empêcher son souffle de se raccourcir et son cœur de battre à un rythme d'enfer.
Ses sensations continuaient décidément à s'exprimer avec une incroyable intensité ces derniers jours.
… Depuis les heures qui avaient précédé le retour de la dernière mission de SG1 en fait.
Et l'angoisse que Jack pourrait la repousser aujourd'hui n'arrangeait pas son état… Ce serait même insupportable !
Pire que cette douleur qui ne cessait de lui oppresser la poitrine.
Elle en tremblait presque de la tête aux pieds rien qu'à l'idée qu'il ne puisse pas la reconnaître, comme au début avec Cassy, ou avec tous les autres…
Sam tenta par tous les moyens de se calmer.
Ça ne pouvait pas être ça ! Pas après ce qu'ils avaient partagé il y a de cela si longtemps !
Mais que représentaient sept années de séparation dans une vie ?
… Pouvait-elle dire que ce n'était que quelques petites années passées sans lui ? Pas vraiment !
Pour elle, c'était presque toute une vie… Une éternité.
Non, si Jack faisait semblant de dormir, c'était forcément pour une autre raison !
Dans un soupir, elle reporta son regard sur lui, sur cette silhouette qui lui avait été si familière.
Il n'avait pas beaucoup changé… Un corps en apparence toujours aussi svelte, quelques rides en plus, des traits peut-être plus durs, une cicatrice qu'elle ne lui connaissait pas sur la tempe…
Il avait toujours cette force tranquille et rassurante qui émanait de lui.
Comment était-il arrivé à devenir un Ancien, si c'était bien ce qu'il était ?
Se rappellerait-il sa vie ici, en tant que Terrien ? Et surtout de leur amour ?
Comment en étaient-ils tous les deux arrivés là ?
Elle avait tant de questions qui attendaient des réponses !
Elle savait paradoxalement qu'il pouvait sentir sa présence auprès de lui.
…Que le vide en eux, causé par leur séparation, diminuait petit à petit pour laisser place à un sentiment qui ne cessait de croître et de revenir à la charge.
Elle dut également reconnaître qu'elle ne l'avait pas oublié et qu'il gardait à jamais une partie de son cœur.
En soupirant Sam s'appuya contre le dossier de la chaise et ferma les yeux. Jamais, jusqu'à présent, elle n'avait soupçonné à quel point elle lui appartenait !
Même avec sa vie différente aujourd'hui… et son mariage bientôt imminent.
Comment allait-elle faire ?
Jack, de son coté, avait suivi toute la scène, ainsi que le combat intérieur de Sam.
Il n'avait pas compris ce que les personnes et elle s'étaient dit, mais à son retour auprès de lui, quand il avait senti sa tension, son regard le parcourir et entendu sa respiration s'emballer, il avait dû faire de gros efforts pour ne pas se trahir à son tour.
Pas encore…
Sa mémoire devait lui montrer le soir où ils avaient pu être finalement ensemble. Il devait s'en souvenir avant de la regarder enfin…
FLASH BACK : (suite)
Le repas, qu'ils avaient préparé ensemble, s'était déroulé à merveille et avait vu le retour de la complicité qu'ils avaient connue à leur précédent dîner.
Certes, ils ne flirtaient pas aussi ouvertement, ne voulant pas aller trop vite, sachant qu'ici rien ne les empêcherait d'aller plus loin mais ils appréciaient d'être près de l'autre et de plus en plus eux-mêmes, sans masques ni grades.
Jack finit de débarrasser et se tourna vers la jeune femme.
- vous avez assez mangé ?
-Oui, un peu plus et j'allais exploser ! Mima-t-elle à la limite d'étouffer.
-Ah non, interdiction de salir mon tapis ! Objecta le colonel en souriant. Déjà que Daniel est passé par là ! Inutile de laisser d'autres traces !
Sam ne put s'empêcher d'éclater de rire en se rappelant de la maladresse de leur ami.
-J'avais oublié ! Je ferai un effort alors, mais vous savez à qui appartiennent les autres taches ?
-C'est classé secret défense Carter ! Et si je vous le dis, 1, ma réputation va en prendre un coup… et 2, vous connaissez la chanson… Je ne tiens pas à vous éliminer ensuite !
La scientifique sourit, n'arrivant pas à déterminer l'origine des quelques couleurs dispersées.
-Je vois ! Je ne tenterai donc pas le diable… Pas encore, bien que l'éventualité d'un corps à corps avec vous soit plus que tentante et que je saurai parfaitement me défendre !
Jack la regarda franchement, le cœur battant à tout rompre.
-Serait-ce une proposition ?
-C'en est bien une Jack, mais seulement après le bras de fer que vous me devez depuis si longtemps déjà ! Rappela-t-elle en rougissant.
-Vous vous souvenez de ça ? S'enquit-il, interloqué.
-Bien sûr, et je n'ai jamais osé vous le rappeler jusqu'à maintenant !
Jack sourit également, en réussissant à reprendre le contrôle de lui-même.
-Vous auriez dû! Je m'en serai acquitté avec plaisir. Que diriez-vous de s'en charger après la vaisselle ?
La jeune femme le regarda intensément avant d'accepter.
-Avec joie ! Je vois que vous savez parler aux femmes ! Vous voulez de l'aide ?
-Avec plaisir ! Dit-il, déstabilisé malgré lui par son regard. Mais avant promettez-moi que vous ne tricherez pas ! Votre regard ne me dit rien qui vaille.
Sam se leva pour se diriger vers la cuisine et l'embrassa sur la joue en le frôlant avant de lui répondre.
-Je vais y réfléchir !
Il la suivit du regard, décontenancé comme toutes les fois, aussi rares soient-elles, où elle le touchait volontairement.
-Ça aussi il faudra que je vous le rende !
-Mais j'y compte bien! Déclara la jeune femme en se retournant.
Jack dut respirer lentement pour reprendre son assurance et pouvoir aller la rejoindre !
Cette femme allait certainement avoir raison de son cœur, avant même qu'il ne puisse lui montrer à quel point il l'aimait !
Et la voir de plus en plus à l'aise avec lui ne pouvait que le conforter dans le changement presque inévitable de leur relation.
Malgré l'interdit, ils devaient aussi penser à Eux…
Malgré leurs doutes et leurs peurs, ils savaient tous les deux qu'ils ne pouvaient pas reprendre leurs rapports strictement professionnels d'avant leur premier rendez-vous…
L'avoir fait pendant sept ans n'était-il pas déjà suffisant ?
Et le pourraient-ils vraiment maintenant ? Alors que leur rapprochement leur paraissait si naturel depuis qu'ils l'avaient accepté…
Même en dépit de la tension qui se maintenait encore entre eux, ce n'était plus qu'une question de temps…
Jack sortit de ses pensées en entendant l'eau couler et la rejoignit dans la cuisine en souriant.
Leur avenir ne serait peut-être pas facile, mais il était confiant. Quelle que soit leur situation, ils avanceraient.
Et quoi qu'il arrive, ils étaient bien partis !
Ils firent alors la vaisselle côte à côte, surtout collés l'un contre l'autre.
Leurs mains jouaient sans cesse à se frôler et se toucher dans l'eau chaude.
Ils partageaient un moment simple et fort, qu'ils auraient sans hésiter qualifié d'intime tant ils se sentaient proches et ouverts à l'autre, tels un couple fiévreux et complice.
Jamais cette activité n'avait eu un tel attrait pour eux et Jack finit même par se mettre derrière elle… tout contre elle… pour l'aider à récurer un plat, mais surtout pour s'imprimer davantage de sa chaleur et de l'odeur de son cou si tendrement offert.
Sans l'embrasser comme il en mourrait d'envie et se laissant porter par le moment, il se contenta, les mains pleines de mousse, de rejoindre les siennes et d'accompagner ses mouvements.
Il entrelaça un instant ses doigts aux siens, puis choisit de les remonter lascivement le long de ses avant-bras, y laissant des traces humides parsemées de mousse.
Sam frissonna intensément et ferma les yeux. Elle ne lâcha pas la vaisselle dans ses mains, mais s'appuya plus fortement contre son corps, le faisant étouffer un gémissement.
S'il continuait ainsi, elle allait exploser et ils ne finiraient jamais leur nettoyage, pourtant délicieux…
Reconnaissant tous deux être un peu trop proches d'un dérapage, chacun reprit leur activité plus sérieusement, sans pour autant se séparer.
Et c'est avec une grande déception qu'ils virent passer le dernier plat entre leurs mains ! Jack ne voulait pas s'arrêter là, ni s'écarter d'elle.
S'il le faisait, il n'était pas sûr de se contrôler davantage. Il avait beau avoir une incroyable maîtrise de lui-même, l'avoir contre lui mettait son désir à rude épreuve et il voulait faire en sorte que tout se passe bien.
Il fallait qu'il trouve une autre alternative à son appétit.
Il fut sur le point de lui proposer de recommencer, pour être sûr que tout était « bien lavé », quand il eut une autre idée.
C'est ainsi qu'il l'aspergea avec un peu d'eau, pour voir sa réaction qui ne se fit pas attendre, vu qu'il fut mouillé à son tour.
Ils réagirent en même temps et Jack la poursuivit autour de la table, se saisissant du premier récipient à portée de main pour l'arroser à son tour, les faisant rire comme des enfants. Gardant une distance respectueuse entre eux, ils continuèrent de s'arroser sans relâche et sans inonder aucune autre pièce.
Le jeu avait au moins le mérite d'apaiser un peu de leur tension et de leur frustration.
Jack finit par tenter une feinte et réussit à l'attraper, les faisant chuter dans son élan…
Toujours allongé sur elle, il essaya de calmer son rire et de reprendre son souffle.
-Ça va, rien de cassé ?
-Ça va !
Sam reprit également sa respiration, dégageant les mèches collées à son visage. Puis voyant qu'il ne bougeait pas, leur nouvelle proximité ranima son désir.
-Je suis confortable ? Tenta-t-elle pour détourner le cours de ses pensées, alors que Jack la regardait plus intensément.
-Très ! Répondit-il pour se focaliser sur autre chose que leurs contacts. Pour une fois que ce n'est pas moi qui ait joué le rôle du canapé !
Il se décala ensuite, sans lui laisser la possibilité de s'échapper (ce dont elle n'avait, à première vue, pas envie), n'ayant pas le souhait de la libérer. Il lui parla sur un ton plus sérieux, préparant visiblement quelque chose.
-Alors major, vous vous rendez ?
-Sûrement pas ! Dit-elle en souriant et haussant un sourcil.
Sam s'attendit à une attaque en règle, qui ne manqua pas d'arriver quand il se mit à la chatouiller avec une grande attention, la faisant rire aux éclats et se tortiller comme un diable.
-Jack… arrêtez…non pas…ça… c'est encore …plus de la triche !
-Peu importe, alors ? Lui laissa-t-il un instant reprendre son souffle. Et maintenant ?
-Et puis quoi encore !
Il recommença sa petite torture, riant avec elle… Jusqu'à s'arrêter de nouveau, le cœur au bord de l'explosion.
-Carter ?
-D'accord ! Concéda-t-elle, n'en pouvant plus. Mais vous ne perdez rien pour attendre ! J'aurai ma revanche, je vous le promets.
-Mais j'y compte bien ! L'encouragea-t-il en la dévorant des yeux.
Puis leurs souffles se firent encore plus courts qu'ils ne l'étaient déjà !
Après leur jeu enfantin, ils prirent réellement conscience de leur position et surtout du peu d'espace qui séparait leurs lèvres.
« Ses lèvres », Jack les fixait justement comme hypnotisé.
Il y avait si longtemps qu'il ne les avait plus goûtées… Depuis la boucle temporelle en fait !
Auraient-elles la même saveur sucrée qu'il leur avait trouvée à l'époque ?
Sam se sentit rougir et se consumer de l'intérieur sous l'insistance de ce regard brûlant. Sa bouche se fit si sèche qu'elle s'humecta inconsciemment les lèvres.
Elle voulait tellement ce baiser, maintenant... celui qu'elle attendait depuis si longtemps, celui qu'ils n'avaient pas eu à leur premier rendez-vous… que son cœur manqua d'exploser quand elle le vit rapprocher doucement son visage du sien.
Elle allait enfin le goûter… Mais l'anticipation et la lenteur de son approche la firent tellement chavirer qu'elle finit de combler l'espace entre eux sans plus de cérémonie.
Comme Jack, elle savoura ce « premier » contact tendre et presque timide, qui l'électrisa.
Enfin leurs bouches se touchaient, se frôlaient, déclenchant en eux une infinité d'émotions indescriptibles.
Ils devaient apprendre à mieux se connaître et à se découvrir et laissèrent à leurs lèvres le soin de le faire. Le baiser devint plus appuyé et de plus en plus passionné, alors qu'ils passèrent une main derrière la nuque de l'autre pour l'approfondir davantage.
Les minutes leur semblèrent durer des heures, pendant lesquelles leurs langues se livrèrent des duels interminables. C'est à bout de souffle, et le corps en feu, qu'ils se séparèrent, pour reprendre une respiration rendue saccadée par tant de sensations et d'émotions partagées.
Ils avaient enfin dépassé la toute dernière limite qu'ils s'étaient imposés.
Sur le point de l'embrasser à nouveau, Jack dépassa la perspective du pur plaisir qui inondait ses veines, et reconnut que leurs vêtements mouillés, ainsi que le carrelage froid de la cuisine, devenaient de plus en plus inconfortables.
Quoique pour les vêtements, il avait bien une solution à proposer, mais pour le sol… Il y avait quand même plus romantique et confortable, surtout pour une première fois avec elle…
Leur première fois.
Cette constatation le ravit, d'autant plus qu'il ne voulait pas que les choses se fassent précipitamment. Il souhaitait d'abord la connaître en tant que femme, pour donner une toute autre dimension à la communion de leurs êtres.
En tant qu'homme, et par le passé s'il voulait être honnête, il avait souvent eu besoin du sexe pour pouvoir aimer vraiment, mais avec elle, tout était différent depuis le début. L'interdit ayant toujours existé, il n'avait pu que l'aimer, sans pouvoir espérer un rapprochement de nature intime ou personnelle.
Et pourtant, ils y étaient : ils allaient enfin pouvoir réaliser leurs espoirs.
Jack se redressa alors, et lui proposa d'aller se changer. Tel un parfait gentleman, il l'accompagna et se détacha silencieusement d'elle sur le pas de la porte de sa chambre, qu'elle occupait depuis le début de leur séjour.
Sous son regard interrogateur et pour mieux juguler la faim qu'il avait d'elle, il s'écarta suffisamment pour lui faire part de sa réflexion, de son envie qu'ils se connaissent mieux en tant que « couple » avant d'aller plus loin…
Sam lui sourit, touchée par cette sollicitude, malgré le cri de son corps et de sa folle envie de sentir sa peau contre la sienne.
Elle partageait tout de même son point de vue. L'idée de flirter avec lui un temps, comme des adolescents, lui parut très attrayante.
Même s'il y avait des années qu'ils attendaient un tout autre rapprochement, ils ne devaient pas se précipiter. Pour l'heure, ils se contrôlaient encore.
Elle disparut alors un instant, puis vint reprendre sa place, lui tendant les vêtements secs qu'il avait mis de côté.
Si tous deux rentraient dans cette chambre, et faisaient face à ce grand lit, ne serait-ce que quelques secondes, ils seraient perdus.
Jack était conscient de cela. Il prit ses affaires, lui donna un dernier chaste baiser et regagna sagement le canapé du salon.
C'est ainsi que tous deux se couchèrent et s'endormirent séparément en pensant bien à l'autre, rêvant d'échanges bien moins sages que ceux qu'ils avaient connus dans la soirée.
C'était très certainement la dernière nuit où ils dormiraient « seuls » dans ce chalet.
Le lendemain se déroula dans la même simplicité qui les liait quand ils se laissaient aller…
Ils avaient pensé qu'ils auraient mis plus de temps pour commencer le début de leur relation, mais n'était-ce pas finalement dans la logique des choses ?
Après sept ans à se côtoyer chaque jour ?
Ils avaient passé une bonne partie de la journée à pêcher, à continuer à se découvrir, à discuter et à rire des anecdotes sur leur vie avant le SGC, sur leurs amis…
Ils avaient échangé quelques baisers et caresses savamment contrôlés, s'arrêtant à chaque fois avant de perdre pieds, mais cette capacité diminuait davantage à chaque contact.
Et, ce n'était pas pour autant frustrant… enfin pas trop !
Car ils étaient un « couple » à présent, malgré tous les interdits qui se dressaient sur leur passage.
Ils en avaient d'ailleurs parlé… Du règlement… De ce qu'ils attendaient de leur relation…
Et ils étaient tombés d'accord : ils avanceraient, et en cela, ils avaient fait un autre grand pas.
A la tombée de la nuit, après leur repas, ils s'étaient installés, enlacés face au feu, sur l'épais tapis disposé devant la cheminée.
D'une tendresse qu'elle ne lui avait jamais connue jusqu'à aujourd'hui, Jack lui caressait lascivement le bras, partant de temps en temps à l'assaut d'une de ses cuisses et surtout de son cou, où il ne semblait pas non plus se lasser de déposer des baisers de plus en plus brûlants.
Plus d'une fois elle avait failli succomber à son étreinte, tant elle était bien dans ses bras et qu'il faisait naître en elle des sensations si fortes et envoûtantes.
Où était-ce la frustration de sept années à n'avoir pas pu se toucher ou se dévoiler qui exacerbaient ainsi leurs sens et qui les amenait à ne plus se quitter ?
Il fallait bien reconnaître qu'ils ne s'étaient pas beaucoup séparés de toute cette journée !
Certes, ils avaient convenu de ne pas se presser et de prendre le temps de se connaître, mais combien de temps pourraient-ils encore tenir ?
Sam rougit en repensant ce qui avait vraiment failli se passer cet après-midi !
Ils évitaient maintenant de trop s'embrasser, ou d'y mettre trop de passion…
Car un baiser en appelait un autre et mettait le contrôle de leur soif de l'autre à très rude épreuve !
Ils s'étaient ainsi retrouvés sur le ponton, complètement enfiévrés, commençant à se déshabiller et à se caresser d'une manière non équivoque… jusqu'à ce que le téléphone de Sam sonne, encore et encore.
L'impression et la peur d'un « déjà vu » les avaient certes refroidis, mais surtout presque tétanisés.
Ils n'auraient pas supporté d'être une nouvelle fois rappelés si tôt par la base, au moment même où ils se laissaient vraiment aller !
Et ça avait été un énorme soulagement que ce ne soit que Daniel qui prenait, au nom de tous, de leurs nouvelles !
Ils avaient passé le reste de l'après-midi leurs bouches à une distance moins dangereuse l'une de l'autre.
Sam finit par détourner ses pensées du feu, pour poser la question qui la taraudait depuis plusieurs semaines.
-Jack, tu crois que si la base ne nous avait pas rappelé la dernière fois, ça aurait fini comme hier soir ?
Jack resta silencieux un moment, sans arrêter ses douces caresses, puis il l'embrassa dans le cou tout en lui répondant.
-Seulement si tu l'avais souhaité. Mais j'avoue que j'aurai eu beaucoup de mal à te laisser dormir toute seule ce soir-là…
Les douze jours, que nous avons eus depuis, m'ont obligé à prendre sur moi, sur le désir que j'ai de toi. Maintenant on peut prendre notre temps.
-Et moi j'avoue que je n'avais aucune envie de dormir seule!
Sam suivit son impulsion et se retourna alors pour l'embrasser, tandis que son compagnon lui rendait plus passionnément son baiser.
-Tu me rends complètement fou !
La jeune femme s'écarta doucement de lui et se recala dans ses bras, tandis qu'ils reprenaient leur souffle.
-Mais comme tu l'as dit, nous avons le temps !
-Ok ! Mais pas trop quand même !
-Bien sûr gros nigaud ! Lui répondit-elle en souriant et lui tapant sur la cuisse.
-Gros nigaud ? Est-ce une façon de parler à son colonel ça ?! La chatouilla-t-il.
Sam rit de plus belle.
-Mais qui te dit que c'est à lui que je m'adressais ? A moins que tu préfères « mon colonel chéri » ?
-Mon colonel chéri ? Ça ferait du joli ça en débriefing, j'imagine parfaitement la tête d'Hammond !
-Moi aussi, et pourtant ce n'est pas l'envie qui manque parfois… Et puis maintenant ça va être dur de me retenir !
Jack se retrouva ébahi face à la personnalité de Sam qu'il continuait à découvrir.
Il adorait plaisanter avec elle, même si la jeune femme le poussait plutôt loin dans ses limites, il avait cependant encore de la marge.
-Mais où est passé mon major réservé et rougissant pour un rien ?!
-Tu préfères vraiment cette facette de ma personnalité ? Testa-t-elle en lui caressant sournoisement le bras.
-Oh que non, j'adore la femme qui est en toi !
-Seulement la femme en moi ?
-Bien sûr que non, même si je ne suis pas aussi affirmatif pour ton coté scientifique !
-Mais avoue que la merveilleuse militaire que je suis t'a mis la pâtée tout à l'heure à notre fameux bras de fer ?
-Dois-je te rappeler qui a triché ?
-Je ne vois pas de quoi tu parles ! J'ai gagné dans les règles de l'art ! Esquiva-t-elle en faisant mine de ne pas comprendre.
-Je ne me souvenais pas qu'on pouvait se servir de ses pieds pour déconcentrer son adversaire, surtout de la manière dont tu l'as fait…
-Tu n'as pourtant pas semblé détester ma petite ruse !
-En effet, tu as vraiment le don de me surprendre et j'ai encore du mal à m'y habituer…
-Et tu n'es pas au bout de tes surprises… mon colonel chéri !
Sam l'embrassa à nouveau soudainement et passionnément, puis s'écarta de lui, tandis qu'il cherchait à reprendre le souffle qu'elle lui avait coupé, et qu'il répondait :
-Waouh ! Et bien on ne va pas s'ennuyer tous les deux !
Il reprit ses lèvres sans attendre, avec la même ardeur, faisant frémir son second sous la fièvre de ses caresses de plus en plus prononcées.
-Jack… tu es …en train de perdre… tous tes… moyens ! Réussit-elle à bafouiller, alors qu'il la collait davantage à lui…
-Je crois que oui…pas toi ?!
-Jack ! Objecta-t-elle en gémissant.
Jack finit par se dégager légèrement et poser son front contre le sien. Il fallait qu'il se calme !
- ok ok, laisse-moi juste deux minutes pour me reprendre…
La situation commençait réellement à leur échapper, sans qu'ils ne puissent rien y faire.
Chaque geste, chaque parole, chaque baiser finissait par les faire déraper, malgré toute la bonne volonté qu'ils mettaient à se contrôler. Et ils savaient, l'un comme l'autre, que la fin de toute cette attente était proche.
La jeune femme finit par se recaler contre lui, le feu courant toujours dans ses veines, tandis qu'elle essayait de retrouver un rythme cardiaque normal.
Cette promiscuité devenait difficile à gérer, mais elle appréciait sa prévenance. N'importe qui d'autre lui aurait déjà sauté dessus, mais pas Lui.
-Je te remercie et tu sais, je n'imaginais pas que tu puisses être si doux et attentionné !
-Le colonel froid et distant n'est qu'une façade ! Seul l'humour est un trait que je ne peux effacer…
-N'essaye surtout pas, ça fait partie de ce qui m'a séduit en toi !
Le colonel se contenta de lui embrasser les cheveux et de la serrer contre lui.
Ils restèrent ainsi silencieux un long moment, savourant la seule présence de l'autre et un calme relativement apaisant face au déferlement de leurs sens.
Puis voyant l'heure plus que tardive, Sam finit par s'étirer doucement et se redresser, faisant se relâcher l'étreinte de son compagnon, qui se leva également.
-Il se fait tard Jack, je vais monter me coucher.
-Très bien, veux-tu que je te raccompagne jusqu'à ta porte ?
-Je vais réussir à retrouver le chemin toute seule, mais est ce que j'aurai encore le droit à un petit déjeuner au lit demain matin ?
Jack lui sourit pour toute réponse. La chaleur de la jeune femme lui manquait déjà depuis qu'ils s'étaient levés et écartés, mais la proposition qu'elle venait de lui faire le réchauffa intérieurement.
Il allait à nouveau voir Carter… Sa Sam… au réveil et partager avec elle un petit déjeuner au lit !
Rien d'extraordinaire pour eux, qui avaient déjà partagé tant de réveils en mission, mais ceux qu'ils expérimentaient depuis hier avaient une toute autre valeur.
Maintenant qu'ils étaient un couple, il n'avait plus à retenir la tendresse et l'amour qu'il avait pour elle.
Combien de fois, ces sept dernières années, avait-il eu envie de la réveiller avec toute l'affection dont il s'était empressé de faire preuve ce matin même ?
Il ne pouvait les compter.
Et l'émoi qui s'empara de lui, en imaginant tous les prochains et innombrables matins à venir, lui fit chaud au cœur.
Cette femme faisant naturellement surgir en lui un tout autre homme que celui qu'il préférait laisser paraître.
Il finit par lui répondre, face au sourire charmeur qu'elle affichait.
-C'est une habitude que je prendrais avec plaisir !
-Moi aussi!
-Et moi, je peux avoir un bisou pour faire de beaux rêves ?
Sam l'embrassa alors sur la joue et commença à s'éloigner, en ignorant volontairement la déception non feinte de son compagnon.
-C'est tout ?
-Ce n'est pas ce que tu voulais ? Demanda-t-elle innocemment.
-J'avoue avoir envisagé les choses un peu différemment ! Lui répondit le militaire, faussement désappointé.
Sam se rapprocha et l'embrassa alors tendrement.
-Comme ça peut être ?
-C'est un bon début…
Il prolongea ensuite sensuellement leur baiser, faisant gémir la jeune femme en passant une main sur sa nuque et enroulant sa langue avec la sienne dans un ballet sensuel.
Il murmura ensuite contre sa bouche, pas loin de défaillir sous la tendresse et la fièvre partagées.
-Mais c'est tout à fait comme ça que je le voyais !
-Je vois !
Sam retrouva difficilement son souffle, le corps à nouveau en feu et complètement retournée par leur échange.
Elle avait voulu le tester et elle était servie… se faisant elle même prendre à son propre jeu et perdant davantage de contrôle que son compagnon !
Elle ne put que reprendre ardemment sa bouche et le faire gémir à son tour, quand celui-ci effleura à nouveau doucement ses lèvres en lui demandant si elle était sûre…
Oh que oui elle était sûre ! Elle ne voyait même plus que ça !
… Sa bouche, ses lèvres et sa langue insatiables…
… Ses mains caressantes et conquérantes…
… Son corps brûlant avidement pressé contre elle…
… La sensation de son désir palpitant contre son ventre…
… Ses gémissements aussi peu étouffés que les siens.
Elle ne voyait plus rien d'autre que Jack O'Neill et le lui rendait avec le même besoin…presque vital !
C'est donc sans surprise qu'ils n'arrivèrent ni à se séparer ni à se satisfaire de ces contacts…
Leurs bras et leurs lèvres se rejoignirent encore et encore.
Et ce qui devait arriver arriva enfin…
Tous deux retrouvèrent à nouveau le confort du tapis, laissant cette fois-ci le désir les emporter avec bonheur, passion et frénésie, pour mettre enfin un terme à toutes ces années de frustration.
[début SCÈNE NC17…. Jeunes lecteurs, attention…]
Ils étaient complètement enfiévrés et emmêlés et dans un concert de gémissements, ils surent qu'ils avaient fini de jouer.
Jack s'était instinctivement allongé de tout son long sur Sam et celle-ci l'avait naturellement accueilli, les cuisses ouvertes, le serrant fortement et se frottant contre lui.
Elle le désirait autant que lui et elle était sur le point de lui faire complètement perdre la raison.
Pourtant, dans un dernier éclair de lucidité, Jack décolla leurs lèvres et s'appuya sur ses avant-bras pour la regarder gravement, profondément.
Il voulait être sûr que c'était bien ce qu'elle voulait maintenant. Il était très proche de son point de non retour, mais il ne l'avait pas encore dépassé.
Juste par son regard, il lui fit passer tout ce qu'il ne saurait dire avec des mots… ses craintes, son besoin de prévenance, l'étendue de son amour et le puits sans fond de son désir.
Sam fut bouleversée par l'intensité de cet échange et lui renvoya tout. Cependant, au lieu de ressentir une quelconque forme d'appréhension, elle avait le sentiment d'être à sa place dans ses bras.
Alors, sachant parfaitement qu'il n'attendait qu'un signe de sa part, elle enveloppa sa nuque d'une de ses mains et l'attira rapidement à elle pour l'embrasser avec toute la passion et la fièvre qu'il faisait naître en elle.
Elle ne voulait rien d'autre que lui maintenant et se voua à le lui faire comprendre une bonne fois pour toute.
Jack saisit parfaitement le message et lâcha les vannes de son contrôle… enfin.
Le baiser prit brusquement une tournure plus enflammée, laissant à nouveau leurs bouches et leurs langues affamées prendre les rênes. Leurs mains se firent plus conquérantes, froissant et tirant sur les vêtements pour atteindre davantage de peau. Leurs souffles se transformèrent vite en des soupirs fièrement révélés et le frottement de leurs bassins finirent de les électriser.
Leurs peaux devinrent si brûlantes, qu'elles leur donnèrent l'impression de suffoquer dans leurs habits.
Quand la sensation fut insupportable, Jack se redressa à nouveau et entraîna Sam dans son mouvement. La jeune femme suivit son déplacement, se mettant à genoux et telle une assoiffée, elle s'attaqua immédiatement aux boutons de sa chemise, embrassant, léchant, mordillant chaque parcelle de peau dévoilée.
Et plus que son goût ou son odeur, Sam se délectait des gémissements qu'elle parvenait à déclencher en lui et qui passaient ouvertement la barrière de ses lèvres.
Jack restait complètement offert, les yeux clos et la tête légèrement penchée en arrière.
Sam grava le temps d'une seconde cette image en elle et dut réprimer l'empressement qui la submergea. Si elle s'écoutait, elle aurait déjà déchiré la chemise et collé sa peau ainsi que sa bouche contre les siennes. Cependant, ils avaient si longtemps attendu ce moment, qu'elle ne put l'écourter, aussi plaisant que cela aurait été.
Elle vint alors à bout des boutons et dégagea rapidement l'habit de ses épaules, sans prendre vraiment le loisir de l'admirer. Sam l'avait déjà vu torse nu à maintes reprises et ne s'était d'ailleurs pas gênée de l'admirer ce matin-même, quand il avait mis du temps à mettre sa chemise puis à la boutonner.
Sam échangea ensuite un sourire complice, quand il l'invita à mieux s'installer sur ses cuisses, toujours face à lui.
Elle eut à peine le temps de poser ses mains sur les bords de son propre tee-shirt, que Jack les lui dégagea doucement, le regard empli de désir.
Sam leva alors simplement les bras au-dessus de sa tête, tandis qu'il crochetait ses doigts sous le tissu et commençait à le faire monter.
Sam se mordit la lèvre inférieure face à la lenteur et à la sensualité dont il fit preuve. Ses doigts exploraient toute la peau possible le long de leur remontée, et elle ne put s'empêcher d'exhaler de plaisir, les yeux clos à son tour, quand il effleura ses seins lourds et douloureux.
Jack ne put se contenir davantage et appuya ses caresses. Il empauma ses superbes globes par-dessus le soutien-gorge et les pressa avec douceur, tout en jouant de ses pouces sur ses tétons.
Sam haleta fébrilement.
Pendant combien d'années avait-il seulement rêvé de faire ce simple geste ? Pendant combien de temps avait-il espéré être celui qui ferait naitre de tels sons en elle ?
Jack remonta un peu plus le tee-shirt et avant de le passer complètement par-dessus la tête de Sam, il embrassa et lécha sa gorge et le haut de sa poitrine ainsi offerts.
Puis, le vêtement vola au loin, alors que les bras de Sam se refermèrent autour de lui et que tous deux s'embrassèrent à nouveau à en perdre haleine.
Leurs gémissements s'amplifièrent au contact divin de leurs peaux, mais un détail gâcha cependant cette impression. Jack glissa alors ses mains des reins à l'attache du soutien-gorge de la jeune femme et retira l'importun avant de soupirer d'un plaisir pur.
Là c'était bien mieux… Il sentait enfin les tétons durcis de Sam frotter contre lui, au rythme de leurs respirations pantelantes et de leurs peaux qui glissaient et se fondaient enfin l'une contre l'autre.
Dans un baiser impatient, Jack la serra davantage contre lui, alors que Sam se mit à imprimer un mouvement lascif de son bassin.
Si auparavant, elle ne l'avait pas vraiment senti, maintenant ainsi collée à lui, elle ne pouvait que percevoir à quel point Jack la désirait. Son érection conséquente, semblait marteler sa féminité et envoyait des frissons, des décharges de plaisir dans tout son corps.
Dire qu'il n'était même pas encore en elle…
Plus excité encore, Jack libéra sa bouche, et se mit à descendre le long de son cou, traçant des lignes brûlantes de sa langue, alors qu'il reprit ses seins généreux en coupe. Sam s'arqua sous la déferlante de sensations qui l'enveloppa. Sa respiration se raréfia, mais pour rien au monde elle ne voulait freiner ce brasier qui grandissait en elle.
Jack remplaça rapidement ses mains par ses lèvres, et sourit au cri que lâcha Sam malgré elle. Il se consacra ensuite à sa poitrine avec un infini plaisir, mémorisant cette fois-ci chaque zone particulièrement sensible.
Puis n'en pouvant plus, Sam se redressa et se dégagea doucement de ses bras. Toujours à genoux, elle commença à détacher les boutons de son propre jeans. Maintenant, elle en voulait plus… comme un besoin vital, elle le voulait en elle.
Jack la regarda faire, fasciné, hypnotisé de la voir s'effeuiller, suivant avec avidité la précision de chaque geste. Et ce n'est qu'en voyant le pantalon disparaitre le long de ses jambes interminables qu'il réagit enfin.
Il se redressa et voulut lui retirer lui-même sa petite culotte, mais la jeune femme le repoussa gentiment.
Fair-play, sachant parfaitement qu'il aurait bien d'autres occasions de le faire, il continua simplement à l'observer et fut profondément chaviré de la contempler maintenant dans sa parfaite nudité.
De nouveau, il voulut esquisser un geste, mais Sam l'en empêcha. Elle apprécierait plus tard qu'il reparte à l'assaut de son corps. Pour l'heure, elle le trouvait bien trop habillé et un feu insupportable brûlait au creux de son être.
Elle se rapprocha de lui et se mit à lui enlever ses chaussettes. Puis, toujours sous le regard ardent de Jack, elle remonta lentement ses mains le long de ses puissantes jambes.
Elle avait tant de fois rêvé de faire ce geste, de sentir ses muscles tressaillir et les frissons courir sous ses doigts.
Ce n'est qu'en la voyant et la sentant s'arrêter sur son entrejambe que Jack laissa s'échapper un hoquet de désir. La bosse suggestive de son pantalon ne laissait plus aucune place à l'imagination.
Sa respiration s'emballa également et il se mordit la lèvre inférieure, en fermant à demi les yeux pour mieux se contenir quand Sam caressa son sexe comprimé à travers le jeans. Ce simple toucher fut à la limite de le faire venir. Son souffle était devenu si erratique et il ne sut pas s'il supporterait encore longtemps ses câlineries ou son sourire érotique.
Sam se délecta de le sentir si dur et à ce point à sa mercie, mais elle n'en profita pas. Elle sentait leur besoin devenir plus tyrannique, et pourtant, elle était touchée par l'abandon de Jack, qui la laissait procéder à sa guise et à son rythme.
Elle défit alors les boutons de son pantalon et repoussa le vêtement avec le caleçon au-delà de ses jambes.
Sam les lâcha et s'immobilisa un instant pour le regarder malgré elle. La lumière du feu dansait et jouait sur ses muscles fins et vigoureux, créant des jeux d'ombres qui l'hypnotisaient et attisaient toujours plus son désir.
Cet homme était l'image même de la beauté. Pas celle d'un adonis, mais juste celle de sa propre perfection et Sam sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Jack O'Neill était réellement là, nu devant elle et il leur avait fallut sept ans de frustration et d'aventures pour en arriver là !
Jack profita aussi de ce temps d'arrêt pour la contempler. L'éclairage du feu soulignait si sensuellement ses formes avantageuses et sa peau claire, qu'il sentit une lame de désir le transpercer de part en part, quand son regard finit par se perdre dans la toison au creux de ses jambes.
Dire qu'ils avaient mis sept ans pour être enfin ensemble.
Puis, ne supportant plus cette tension et cet appétit qui grondaient en lui, Jack se replaça en tailleur et attira subitement Sam à cheval sur lui.
Et comme si cela fut un nouveau signal, Jack reprit la main et l'embrassa follement, à en perdre haleine. Il avait tellement besoin de la sentir davantage sous ses doigts.
Sam lui rendit toute la passion de son baiser, le dévorant à son tour et se sentant se liquéfier sous son toucher. Elle participa même à son mouvement, quand il lui saisit les hanches pour créer un frottement exaltant entre leurs intimités.
Tous deux gémirent à l'unisson, accélérant et devenant de nouveau haletants et impatients.
Jack observa Sam commencer à s'arquer sous les prémisses de la jouissance, et tout en maintenant leur rythme, il s'occupa une nouvelle fois de ses seins magnifiques, les suçant, léchant, et mordillant.
Sam, particulièrement réceptive, cria davantage et se sentit partir, tant dans son ventre les vagues de l'orgasme étaient sur le point de se déchaîner et de l'emporter.
Jack le sentit aussi, et l'aida volontiers à se laisser aller en glissant une main jusqu'à son clitoris. Il faillit presque défaillir à son tour, quand il l'effleura et la trouva si humide et prête à l'accueillir.
Il n'avait plus que l'envie de se fondre dans sa chaleur étroite et moite, qu'il explorait maintenant de ses doigts. Et ce n'est que lorsqu'il repassa son pouce sur son bouton de rose, que Sam vint subitement, s'arquant davantage, le corps balayé de spasmes et exprimant sa jouissance en un profond râle.
Jack sentit aussi les muscles intimes de la jeune femme se refermer autour de ses doigts et se retrouva lui-même au bord de l'implosion.
La voir abandonnée au plaisir était une délectation parfaite, mais cela ne lui suffit plus. Il devait maintenant être en elle, sous peine de devenir fou.
Alors, aussi doucement que cela lui fut possible, il délaissa son intimité et sa poitrine, et l'aida à se redresser de ses mains. Il embrassa de nouveau de sa bouche son cou et son visage, puis pressa ses mains sur ses hanches pour lui faire passer le message.
Jack sourit quand il plongea dans ses yeux passionnés et renversés, où se mêlaient amour, plénitude et étonnement. Sam se remettait à peine de son orgasme et lui rendit pourtant son sourire.
Toujours le regard fondus dans leur échange, Jack lui saisit les reins, l'aida à se soulever et la guida pour positionner sa verge à son entrée.
Tous deux gémirent quand Sam descendit sur lui dans une lenteur mesurée. La tentation de fermer les yeux pour mieux s'imprégner de leurs sensations fut immense, mais ils ne purent se détourner de cet éblouissement partagé et lu dans les yeux de l'autre.
Jack resta immobile, se perdant dans le saisissement de la remplir enfin et laissant le temps à Sam de s'habituer à lui.
Sam crut d'abord défaillir de le sentir si présent, si large et si dur en elle, qu'elle était sur le point d'être emportée par une nouvelle extase.
Puis la sentant se détendre et l'accueillir totalement, Jack fondit sur sa bouche et commença à imprimer un mouvement lent et lascif aux hanches de Sam.
Tous deux étouffèrent leurs murmures de leurs bouches, de plus en plus électrisés et excités par leurs contacts.
Le rythme s'accéléra progressivement de lui-même, les perdants dans une exaltation et un maelstrom de sensations toujours plus grands, alors que leurs bouches se faisaient voraces et que leurs langues s'entrechoquaient avec plus de frénésie.
Les râles et les cris s'élevèrent, tandis que leurs mains imprimaient leurs marques dans les chairs et encourageaient l'ondulation de leurs reins.
Sam sentit enfler en elle une nouvelle vague de plaisir, se préparant à l'engloutir. Toutes ses terminaisons nerveuses semblaient même être prêtes à imploser. Elle se cambra alors en arrière, prenant appui sur le tapis d'une de ses mains et posant l'autre sur l'épaule gauche de Jack, donnant ainsi un angle bien plus profond à la pénétration.
Jack grogna et crut venir sous ce nouvel afflux de sensations. De la lave semblait maintenant couler dans ses veines, et l'oppressait à un point tel qu'il avait peu connu.
Il accompagnait chaque mouvement de Sam, se penchant en avant quand elle se cambrait plus en arrière, gémissant et criant avec elle, poussant et se retirant d'elle, l'intimant à monter et descendre plus vite sur lui.
Il voulait à présent se libérer et l'emporter avec lui dans ce plaisir qu'il pressentait fabuleux.
Puis Sam se redressa brusquement, sentant aussi les premiers tremblements de la jouissance s'emparer de tout son être. Cette fois, elle ne voulait y pas partir seule et ancra alors son regard dans celui de Jack, qui commençait lui-même à frémir dans de longs râles. Tous deux se regardèrent venir dans cette extase aussi longtemps qu'ils le purent, gravant ainsi leurs images, puis le souffle coupé, ils se laissèrent happer par leur propre jouissance.
Quand les spasmes de son corps finirent pas s'apaiser, Sam s'effondra le dos au sol, se sentant comme éthérée, comme enveloppée dans du coton. Elle tentait aussi de retrouver une respiration moins anarchique, mais un sourire rasséréné s'imprima sur ses lèvres.
Jack et elle venaient enfin de faire l'amour, dans une étreinte brûlante et passionnée, comme elle l'avait maintes fois imaginée.
Un soupir de contentement s'empara d'elle quand elle sentit Jack commencer à bouger et à faire remonter lascivement ses mains le long de ses jambes.
Leurs peaux étaient collantes, mais cela ne sembla aucunement les déranger.
Plus apaisé, Jack eut besoin de changer de position pour soulager son dos. Tout en finissant d'effleurer les jambes de la jeune femme, il attrapa à nouveau ses fesses, la porta pour accompagner son mouvement et se retrouva allongé, toujours en elle.
Sam gémit à nouveau. Elle aimait sentir son poids d'homme sur elle et n'avait pas envie qu'il se détache ou ne s'éloigne. Elle l'entoura alors de ses jambes, créant une nouvelle friction qui les fit haleter doucement.
Elle aimait aussi ce regard qu'il portait maintenant sur elle, cet émerveillement et cette félicité qui brillaient dans ses yeux… Et plus que tout, sans qu'aucun d'eux n'ait besoin de l'exprimer verbalement, elle lisait en lui tout l'amour qu'il avait pour elle… tout cet amour qui faisait écho au sien.
Tous deux se sourirent tendrement puis s'embrassèrent longuement et amoureusement.
Il leur fallait encore un peu de temps pour que leur second round ne commence, mais ils s'étaient enfin trouvés. Ils étaient fin prêts à s'aimer et se l'étaient même prouvé tout le restant de la nuit.
[Fin du Flash-back et de la scène NC]
Retour à l'infirmerie (dans les pensées de Jack)
Un bruit régulier, presque assourdissant, le sortit à nouveau de ses pensées.
Il mit même plusieurs minutes à en déterminer l'origine…
C'était les bips rapides de son monitoring qui l'avaient ramené à la réalité !
Il venait de se trahir… tout seul !
Jack n'avait pu empêcher son cœur de s'emballer.
…. Maintenant, il ne pouvait plus faire semblant de dormir.
Ce qui aurait été de toute manière impossible avec ce qui avait suivi ce soir-là, sans conteste le plus beau moment de sa vie !
Et en y pensant, son rythme cardiaque s'accéléra encore !
Conscient que Sam ne respirait plus à côté de lui, il fit de son mieux pour paraître se réveiller et tenta enfin d'ouvrir les yeux.
D'abord aveuglé par la lumière qui lui parut intense, ses paupières papillonnèrent jusqu'à réussir à stabiliser les images devant lui, au fur et à mesure que sa vision redevint claire.
Il laissa également apparaître le véritable tracé de ses ondes cérébrales, qu'il avait estompé à son réveil, ne voulant pas indiquer son état de conscience.
Il ne fallait pas qu'ils découvrent trop vite ses capacités.
Rassuré que ses compagnons soient tous bien réveillés, il tourna alors lentement son regard vers la présence à sa droite.
Et toujours sur le rythme de plus en plus fou de son cœur, il posa enfin les yeux sur « Elle ».
Il la reconnut instantanément, mais resta perplexe un moment.
Etait-il dans la bonne dimension ?
C'était bien « Sam », mais elle avait changé par rapport à l'image qu'il avait gardée dans sa mémoire.
Elle avait aujourd'hui les cheveux longs, des traits plus tirés…
Elle portait un uniforme et une grande impression de tristesse se dégageait d'Elle.
Aussi inquiet que bouleversé, il avait besoin de savoir.
Il fallait qu'elle le regarde aussi pour qu'il sache enfin. Ses yeux lui diraient si c'était bien « Sa Sam ».
Les minutes passèrent ainsi, sans qu'elle ne lève le regard vers lui.
Avait-elle recommencé à respirer ?
Son propre cœur tiendrait-il encore longtemps à ce rythme ?
La détaillant encore, il remarqua alors qu'elle avait fermé ses yeux, ainsi que ses poings sur ses cuisses.
Pourquoi ?
Aurait-elle également peur de ne pas retrouver celui qu'elle attendait ?
Sam, de son coté, chercha au plus profond d'elle-même la force de replonger dans ce regard brun posé sur elle.
Aucun échange n'avait jamais été anodin entre eux…
Certains plus que d'autres… mais son regard l'avait toujours attirée, fascinée, amusée, touchée, blessée ou consolée selon les circonstances.
Elle s'y était sentie aimée aussi. Et aujourd'hui encore, elle savait qu'elle ne serait pas indifférente.
Peut-être encore moins après tout ce temps… Et ce « retour » inespéré.
Il avait toujours eu une manière particulière de la regarder.
Aurait-il encore aujourd'hui cette lueur spéciale, qui lui avait permis de tenir pendant toutes ces années partagées avec lui ?
Elle avait peur que ce ne soit pas le cas… ou plus le cas.
Quelle sorte de regard posait-il sur elle en ce moment même ?
Elle donnerait cher pour le savoir et devait bien reconnaître que quoi qu'il en soit, cela lui avait vraiment manqué…
…Trop ?
Elle ne savait pas.
Elle était juste bouleversée. Dans tout son être, car le souvenir de son dernier regard, celui qu'elle avait échangé avec lui au seuil de sa mort, continuerait de la hanter et de l'ébranler à jamais !
Elle ne supporterait pas un autre échange tel que celui-ci… Et pourtant, elle allait bien devoir ouvrir les yeux un jour ou l'autre et lui faire face.
Son cœur battait étrangement à l'unisson avec le sien… à lui faire mal.
Et sa peau la brûlait presque, là où son regard se posait.
Allait-elle en supporter davantage, alors qu'elle sentait un malaise prendre possession de son corps ?
Elle devait tenir. Rien ne pourrait être pire que de l'avoir vu mourir dans ses bras.
Alors, après quelques minutes encore, Sam finit par ouvrir les yeux, puis dirigea lentement son regard vers lui, et resta hypnotisée en rencontrant le sien.
…Enfin…
Elle ne put retenir ses larmes plus longtemps…
Et aucun n'aurait su dire combien de temps ils restèrent ainsi à se dévisager.
Le temps s'était-il arrêté ? Ou étaient-ils seulement tétanisés ?
Seule la force des émotions qui les parcourait leur prouva que c'était bien réel.
…A nouveau…
…Après sept ans de séparation !
Ils étaient bien là, face à face, et ils ne purent se quitter du regard sous peine de défaillir.
La gorge trop sèche, Jack ne put articuler quoi que ce soit, quand il essaya d'ajouter un semblant de parole à ses yeux déjà si expressifs.
Fixant ensuite le verre sur la table près de lui, il essaya de se faire comprendre.
Sam, ayant suivi son mouvement de tête, réussit à se lever comme une automate, à prendre le gobelet et à porter la paille vers sa bouche.
…Sa bouche…
En plus de ses yeux, ses lèvres la fascinaient tant qu'une émotion, plus forte encore, se déversa en elle et Sam ne sut comment réagir.
Était-elle encore aux commandes de son corps ?
Elle ne pouvait plus bouger, trop submergée par les sensations qu'elle avait si bien étouffées depuis sept ans.
Une fois désaltéré, Jack remarqua qu'elle n'avait pas repris sa place…
Et la voyant se tenir si proche du lit, sans réactions, lui fit se demander à nouveau si elle respirait correctement…
…Oui !
Et lui ? Aussi…
Il retrouva ses magnifiques yeux bleus qu'il avait à peine quittés.
…Ils étaient comme dans ses souvenirs…
C'était bien « Elle », « Sa Sam » avec un voile de tristesse en plus.
Et ce qu'il lut en Elle le secoua au plus haut point, en plus du choc de la revoir enfin.
Comment avait-il pu avoir peur de la regarder à nouveau ?
Il avait craint de ne plus revoir dans son regard tout ce qui les avait unis durant tant d'années… Cependant, tout ce qu'il avait imaginé depuis son premier réveil, ou pendant tout ce temps passé sans elle, était à mille lieux en deçà de la réalité… de ce qu'ils vivaient maintenant.
Les émotions continuaient de le submerger et de lui couper le souffle qu'il avait déjà court !
Kiran, en lui, était bien loin face à cette déferlante.
Et plus qu'affecté et désolé de tout ce qu'elle avait dû vivre, Jack essaya de tendre la main vers elle.
Il fallait qu'il la touche, pour se rassurer, pour être sûr de ne pas rêver… qu'elle était bien là à quelques dizaines de centimètres de lui.
Puis, en y arrivant si difficilement, il ne put prononcer qu'un « ss...sa..ammm » avant de s'écrouler inconscient, englouti finalement par l'effort intense que lui avait demandé ce geste et ce trop plein d'émotions.
Sam, elle, resta interdite quelques instants encore, avant de porter la main à sa joue, celle qu'il venait d'effleurer du bout des doigts.
…« Lui »…
Il l'avait reconnue ! Et même appelée « Sam » !
Cette constatation finit de l'ébranler complètement.
Elle n'arriva pas à reprendre une respiration normale, ni davantage le contrôle d'elle-même.
Elle s'effondra alors à son tour, au sol, contre le mur, sous le poids du choc qu'elle venait de vivre.
Elle se revit sept ans en arrière, quand elle avait pris conscience de sa mort, après leur mission fatidique.
Et aujourd'hui, en plus des autres souvenirs, les mêmes émotions déferlaient en elle…mais il était vivant !
…VIVANT !
Ses nerfs lâchèrent de nouveau… Et après ?
Comment pouvait-elle réagir seulement en soldat ou en Général ?
Elle était aussi une femme… surtout maintenant…
Une femme blessée par la vie et par le temps, qui réalisait à peine ce qui venait vraiment de se passer.
Le seul mot que l'on put entendre, dans le lourd silence qui s'en suivit, fut« Jack !», accompagné de sanglots à peine voilés mais tellement libérateurs…
A SUIVRE !
Dans « Quand rien ne va plus ! »
