Hermione allait écrire son histoire depuis Poudlard, l'histoire d'Harry, de Ron et puis d'elle-même.
Je ne me comprends plus moi-même, pourtant le passé m'apparait tellement plus clair après ces quelques lignes. Ma vie n'a plus aucun sens et pourtant je suis encore Hermione.
Pourquoi Ron… Pourquoi moi.
Son cœur était déchiré, une plaie béante qui la torturait un peu plus chaque jour. Elle n'en pouvait plus, elle devait faire quelque chose et cette idée, ce petit projet qui germait en elle résonnait comme une étoile. C'était le fil d'Ariane qui la mènerait vers la sérénité. La lionne pourrait enfin respirer.
Il lui faudrait rencontrer les autres.
Pour une fois depuis six mois, cette idée ne lui paraissait plus si saugrenue.
OoOoO
-Tu trouves ça bon?
-C'est très bon Ginny, répondit sincèrement Harry, la bouche pleine de pain doré
Il fallait bien qu'ils mangent un peu, il y avait autres plaisirs que la copulation.
Soudain, ils distinguèrent un bruit dans la pièce d'à coté.
Est-ce quelqu'un qui vient de transplaner? Songèrent-ils
Une fois rendus dans leur bibliothèque, ils n'aperçurent rien au premier regard. En observant mieux, ils perçurent une créature en position fœtale dans un de leurs fauteuils. C'est quand elle leva la tête qu'ils l'identifièrent. Le couple ne s'arrêta pas aux longs cheveux sales emmêlés, aux vêtements crasseux, à l'odeur flagrante d'alcool et à la maigreur aberrante d'Hermione, ce qui les frappèrent d'effroi fut la tristesse incommensurable dans ses yeux.
Ternes,
Malades,
Fous.
-Hermione! Hurla la rouquine en se précipitant vers elle
Pendant que Ginny rayonnait de joie de la revoir, Harry ne savait que penser. Il hésitait entre le soulagement des retrouvailles et la tristesse de voir sa condition. Mais ce qui ressortait le plus, c'était la culpabilité. Il se haïssait de ne pas l'avoir cherché pendant qu'il vivait les flammes de l'amour. Il avait été aveuglé pendant bien trop longtemps, il devait aider son amie pendant qu'il en était encore temps.
Il s'avança vers elle en ne prononçant aucune parole.
Ils se dévisagèrent.
Ils étaient des inconnus.
Pour la première fois depuis longtemps, il vécu la douleur de la perte de Ronald. Il sentit le besoin de vengeance. Ils allaient payer. Pour ce qu'ils avaient fait à Ron. Et à Hermione.
Comme si une nouvelle complicité venait d'éclore, ils se firent un petit sourire timide.
OoOoO
Devant deux tasses de café fumantes, Harry décida de briser le silence.
-Je veux des explications.
Devant le mutisme de l'autre, il continua :
-Tu nous as laissés seuls, sans aucune nouvelle, tu n'imagines pas à quel point j'ai souffert de ton absence, comment Ginny et moi avons été inquiets! Est-ce que tu t'es vue? Tu n'as pas honte de te laisser dépérir ainsi? Ressaisis-toi, par la barbe de Merlin, tu es Hermione Granger!
On aurait entendu une mouche voler.
Il secoua un peu la tête et se leva. Avant d'avoir pu quitter la pièce, il entendit enfin son amie parler :
-Attends.
Elle avait prononcé ces paroles d'une voix chétive, à peine audible mais Harry y vit là un cri gigantesque, un appel à l'aide.
Il consentit à se rassoir et attendit qu'elle parle.
-J'ai décidé d'écrire.
Il l'encouragea à continuer d'un signe de tête.
-Notre histoire. Poudlard, la guerre mais surtout, toi. Ça va s'appeler Harry Potter et il va y avoir sept tomes. Pour réussir, j'ai besoin de tes souvenirs, de ce que je ne sais pas.
Sans hésiter, Harry accepta.
-À une seule condition, tu dois m'aider à trouver ceux qui ont tués Ron.
Décidément, leur complicité était loin d'être abolie.
Je n'ai rien à ajouter sauf peut-être :
Marginale
