Hellooooooo! Je vous publie en ce dimanche froid et maussade le chapitre 2 de Beauty and the Beast :D Je m'excuse d'avance pour mes long looooooong paragraphes (n'est-ce pas Laureen? :p), mais que voulez-vous j'aime ça. J'ai lire et écrire de longs paragraphes détaillés :3 Sorry! Bref, je me tais et je vous laisse avec la suite!
Bonne lecture!
Chapitre 2: "Le redoutable dragon ne l'emporte pas sur le serpent lové dans l'herbe" Proverbe chinois.
Hermione s'allongea lourdement sur son lit, sentant tout le poids de son désespoir peser sur ses épaules. Sa première soirée dans le Manoir des Malefoy n'avait pas été des plus reposante, que ce soit physiquement ou émotionnellement. L'ambiance était extrêmement tendue, c'est le moins que l'on puisse dire, et la haine se lisait dans tous les regards, sauf peut-être celui de Narcissa Malefoy. Celle-ci, une fois remise de sa surprise, avait affiché un masque d'impassibilité qui ne l'avait plus quittée de la soirée, tandis que son fils avait retrouvé son rictus fielleux habituel. Hermione n'osait pas regarder son ennemi de Poudlard dans les yeux. Elle se trouvait en terrain inconnu, et sur son territoire qui plus est. Elle n'était plus à Poudlard, protégée par un règlement, encadrée par des professeurs et entourée de ses amis. Ici, elle était chez les Malefoy. Ici, Drago était roi, et ici, personne ne l'empêcherait de quoi que ce soit. Bien qu'elle ne le pensât pas capable de plus que des insultes et autres paroles venimeuses, elle ne se sentait pas à l'aise. Elle n'était pas à sa place ici, contrairement à ce que Lucius Malefoy semblait penser. Cet homme lui donnait froid dans le dos. Elle ne pouvait s'enlever de l'esprit cette fameuse nuit au Département des Mystères, il y a quelques mois de cela. Elle savait que, contrairement à son fils, il était capable des pires tortures, il l'avait prouvé. Sa méchanceté n'avait d'égal que son orgueil, rien d'étonnant pour un fervent partisan de Voldemort. Lucius semblait convaincu qu'une Née-Moldue telle qu'elle avait bien sa place dans les cuisines de son Manoir. C'était bien mal connaître les piètres talents de cuisinière d'Hermione.
La jeune sorcière s'était donc vite attelée à la tâche, tentant de trouver ses repères dans cette immense cuisine. Elle avait déniché dans un tiroir un cahier de recettes, appartenant probablement à la précédente employée, peut-être même à Dobby. Après avoir trouvé les ingrédients dont elle avait besoin, elle s'était mise aux fourneaux, et avait remercié Merlin de pouvoir utiliser librement sa baguette magique. Elle n'était déjà pas franchement douée pour la cuisine, mais elle était en plus incroyablement distraite. Elle ne pouvait s'arrêter de songer à sa situation. Elle pouvait presque sentir les rouages de son cerveau chercher une solution, un moyen de sortir d'ici, tandis qu'elle agitait négligemment sa baguette au-dessus d'une marmite de ratatouille. La préparation avait bien failli déborder, mais elle s'était reprise à temps pour éviter la catastrophe. Elle avait ensuite servi ses plats dans la salle à manger, où les trois Malefoy étaient déjà attablés. Ce qu'elle avait préparé n'était certainement pas aussi bon que ce qu'un elfe de maison aurait fait, mais elle était plutôt fière d'elle. Et elle préférait travailler à la place d'un pauvre elfe! Elle avait ensuite mangé, seule sur la table de la cuisine, avant de s'attaquer au nettoyage de la pièce. Puis elle était partie se coucher, à l'étage indiqué par Mr Malefoy, jugeant l'heure trop tardive pour nettoyer le reste de la maison.
Elle avait alors découvert sa chambre, au grenier, où ses affaires avaient déjà été apportées. Loin d'être aussi luxueuse que le reste du Manoir, la pièce n'était pas pour autant inconfortable. Le parquet sombre craquait sous ses pieds, et la grande fenêtre sur sa droite y dévoilait une fine couche de poussière. Et Hermione devait avouer qu'elle trouvait un certain charme aux poutres apparentes de la toiture. Elle se trouvait juste sous les toits et, d'ici, elle avait une vue merveilleuse sur tout le domaine. Un lit simple mais décent était placé juste en face de la fenêtre et une armoire avait été poussée au fond de la pièce. Une salle de bain adjacente était mise à sa disposition. Modeste, mais utilisable, lui évitant ainsi des allers-retours dans les innombrables escaliers. Ou peut-être les Malefoy étaient-ils simplement dérangés à l'idée de partager leur salle de bain avec leur employée, ou avec une Née-Moldue.
Allongée sur son lit, Hermione fixait le plafond, incapable de s'endormir. Elle peinait à croire ce qui lui arrivait. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était là, dans le Manoir des Malefoy, dans la maison de son ennemi et dans un repère de Mangemorts. Son cerveau tournait à toute allure, tentant de se rappeler de ce qu'elle avait pu lire des contrats magiques dans Obligations Magiques : législation des contrats et liens magiques. De ce qu'elle pouvait se souvenir, la rupture d'un contrat magique menait à une sanction plus ou moins importante, suivant le type de contrat effectué. La sanction la plus sérieuse étant la mort, notamment dans les Serments Inviolables. Mais la jeune sorcière doutait fortement que la rupture d'un contrat de travail soit punie d'un châtiment mortel. Cela aurait certainement beaucoup plu à Lucius Malefoy, mais, comme Hermione, il n'avait pas le choix de cette punition. Ce fut aux petites heures du matin qu'elle trouva enfin le sommeil, avec pour seule pensée positive le fait que Lucius ne contrôlait pas tout.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Hermione était complètement déboussolée, ne reconnaissant pas l'agencement de sa chambre. Une pâle lumière traversait la fenêtre pour venir éclairer partiellement la pièce, et ce fut après quelques minutes qu'elle se souvint enfin de l'endroit où elle se trouvait. Elle se leva lentement pour se diriger vers la fenêtre et déduit qu'il devait être entre cinq et six heures du matin. Dehors, la nature s'éveillait paisiblement, contrairement à elle. La sorcière n'avait qu'une envie, se rouler en boule et pleurer de désappointement et de fatigue. Mais ce comportement serait indigne d'une Gryffondor! Elle décida donc de s'habiller et de commencer son travail, se sachant incapable de se rendormir dans cet endroit.
Elle commença par préparer un copieux petit déjeuner qu'elle disposa ensuite sur la table de la salle à manger, bien qu'elle sache qu'aucun des Malefoy n'était encore levé. Après avoir fouillé un peu partout, elle finit par trouver dans un placard de la cuisine des produits d'entretien, et s'attaqua donc au grand salon qu'elle avait vu la veille. Elle ensorcela un balai pour qu'il nettoie le sol pendant qu'elle astiquait meubles et bibelots avec un chiffon imbibé. Lorsqu'elle passa au grand buffet, elle découvrit une unique photo, exposée dans un somptueux cadre plaqué d'or. Il s'agissait d'une photo de famille. Elle reconnaissait Lucius Malefoy et sa femme, Narcissa, bien des années en arrières. Mais celui qu'elle ne reconnaissait pas, c'était Drago. C'était un petit garçon, âgé d'à peine un an, au regard rieur et aux joues roses. Elle ne l'avait jamais vu l'air aussi joyeux. Elle ne reconnaissait pas non plus cette tendresse dans le regard des deux parents. Elle ne put réprimer un sourire. Finalement, les Malefoy étaient peut-être des êtres humains comme les autres, capable de rire. Peut-être même capables d'aimer. Ou du moins, ils l'avaient été.
Du bruit se fit entendre dans l'escalier, et Hermione reposa précipitamment le cadre. Quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit sur Narcissa, vêtue d'une robe de chambre émeraude et les cheveux relâchés sur ses épaules.
-Bonjour Miss Granger, la salua-t-elle. Quand vous aurez terminé, vous pourrez en priorité vous occuper de nos chambres. Premier étage, à droite au bout du couloir et deuxième étage, première porte à gauche.
Hermione hocha la tête, notant mentalement les indications de portes.
-Oh, et nous avons de la visite pour le déjeuner. Vous pouvez donc ajouter un couvert. Merci.
Sur ces paroles, la femme disparut, laissant Hermione à nouveau seule avec son balai et son chiffon. Narcissa n'était pas froide avec elle, mais elle n'était pas pour autant chaleureuse. La jeune sorcière était donc incapable de deviner ce qu'elle pensait d'elle. Son visage était indéchiffrable.
Lorsqu'elle jugea la pièce impeccable, Hermione leva l'enchantement du balai, et monta à l'étage comme Mme Malefoy le lui avait indiqué. Lorsqu'elle eut traversé le couloir, elle resta devant la porte close, hésitante. Elle savait qu'il n'y avait personne à l'intérieur, puisqu'elle qu'elle avait perçu quelques bribes de conversations venant de la salle à manger. Mais elle se sentait terriblement mal à l'aise à l'idée d'entrer dans la chambre d'un Malefoy, dans l'intimité d'un Mangemort. Mais elle n'avait pas le choix. Ce fut avec un soupir qu'elle ouvrit la porte et s'attaqua au ménage de la chambre parentale. Elle commença par ouvrir la fenêtre qui donnait sur un beau jardin emplit de fleurs. Elle dénicha des draps propres dans le placard et refit donc le lit. Après avoir jeté un nouveau sortilège sur le balai, elle dépoussiéra rapidement les meubles, puis passa à la chambre suivante, un étage au-dessus. La chambre de Drago. Si elle s'était sentie mal à l'aise devant la chambre des parents, celle de son ennemi ne faisait qu'augmenter son embarras. Elle n'avait aucune envie d'entrer dans cette pièce. Elle ne voulait pas voir à quoi ressemblait la chambre de ce garçon exécrable. Elle ne savait pas à quoi s'attendre, et elle détestait cela. Mais elle réprima le sanglot qui menaçait et ouvrit la porte.
La pièce était plutôt claire dans la lumière du matin. Les murs étaient d'un blanc immaculé, excepté une affiche d'une équipe de Quidditch qu'Hermione était incapable de reconnaître, et comme pour les autres pièces, le parquet était sombre et ciré. En face d'elle, un lit en désordre était poussé juste sous la fenêtre. A sa droite se trouvaient une grande armoire et un bureau. Rien de plus. Hermione trouvait cette chambre plutôt impersonnelle, malgré l'affiche. Elle tenta de ne penser à rien pendant qu'elle aérait la pièce, changeait les draps et dépoussiérait des meubles dénués de toute saleté. Elle se dirigea finalement vers la buanderie, en face de sa propre chambre, les bras chargés de couvertures en tout genre.
Hermione s'affairait dans la cuisine pour préparer le déjeuner. Elle essayait de ne pas trop penser à la personne invitée, de peur d'avoir une mauvaise surprise. De toute façon, une surprise chez les Malefoy ne pourrait être que mauvaise. A quoi s'attendait-t-elle? Voir ses amis débarquer pour la sortir de là? Ils ignoraient sa présence au Manoir, et elle ne jugeait pas prudent de les en informer. Harry était en deuil, il avait besoin d'être entouré et soutenu, pas de voler à son secours. Elle savait qu'il foncerait tête baissée pour l'aider, mais elle ne voulait pas lui attirer plus de problèmes qu'il n'en avait déjà. Et il était beaucoup trop dangereux pour lui de pénétrer dans cette maison pleine de Mangemorts. Quant à Ronald, bien qu'il soit courageux, Hermione doutait fort qu'il puisse venir seul à bout d'une bande d'adeptes de Magie Noir. A la pensée de son amis aux cheveux roux, elle ne put réprimer un sourire. Il aurait adoré les pommes de terres rôties qu'elle venait de sortir du four. Mais Arthur travaillait au Ministère, peut-être trouverait-il quelqu'un qui réussirait à annuler le contrat magique! Une boule d'espoir se forma au creux de son estomac, elle devait trouver un hibou pour envoyer une lettre à Mr Weasley! Les Malefoy avaient forcément un hibou, le problème était de savoir où. Prise d'un regain d'énergie, Hermione s'activa de plus belle.
Mais son excitation retomba bien vite, lorsqu'elle entendit du bruit dans le hall, et ce fut l'appréhension qui lui tenailla les entrailles.
-Cissy chérie! Entendu-t-elle à l'autre bout du couloir.
Elle attendit que les bruits de pas se dirigeaient vers la salle à manger pour servir le repas. Lorsqu'elle découvrit enfin qui était l'invitée, elle s'arrêta net, les yeux écarquillés. Bellatrix Lestrange. Elle la reconnaîtrait entre mille, avec son teint blafard, ses lourdes paupières et son épaisse crinière d'ébène. Cette horrible femme qui avait tué de sang-froid son propre cousin, la seule famille qu'il restait à Harry. Elle avait anéanti son ami d'un seul coup de baguette. Comment une femme pouvait-elle être si cruelle et indifférente pour la vie d'autrui? Hermione déglutit péniblement et continua son chemin vers la table, serrant les dents pour garder son sang-froid. Lorsqu'elle posa le premier plat sur la table, la femme la remarqua enfin, et sa réaction ne se fit pas attendre.
-C'est donc elle, votre nouvelle "elfe de maison"? Mais dites-moi, ne serait-ce pas la chère amie Sang-de-Bourbe de Harry Potter? Dit-elle en se levant pour s'approcher d'Hermione.
Celle-ci recula d'un pas, puis de deux, et se retrouva vite bloquée contre le mur. Bellatrix s'approchait toujours, son regard fou braqué sur elle.
-Alors, ma mignonne, dit-elle en jouant avec sa baguette magique, que fais-tu toute seule ici? Le petit Potter n'est pas avec toi? Bébé Potter n'accourra pas pour t'aider comme il l'a fait avec Sirius.
Elle partit d'un rire dément, visiblement amusée par sa plaisanterie. Hermione serra un peu plus les mâchoires lorsque sa baguette vint se placer sous son menton. Elle regrettait d'avoir laissé la sienne dans la cuisine. Elle retint sa respiration, de peur que la femme trop proche d'elle ne sente les halètements dans son souffle. Il fallait qu'elle reste calme. Elle devait rester calme!
-Bella, je te prierais de ne pas importuner mon personnel, intervint Lucius Malefoy. Il me semble que c'est à moi que revient cette charge.
Le sourire de Bellatrix s'effaça pour laisser place à une moue boudeuse digne d'une enfant de cinq ans. Elle adressa un dernier regard assassin à Hermione, puis se résigna à retourner à table. La jeune sorcière resta là un moment, comme pétrifiée. Mais personne ne lui prêtait la moindre attention, pas même Drago qui, le menton posé dans sa paume, regardait la porte d'un air rêveur. Sa respiration finit par repartir et elle se dirigea vers la cuisine pour apporter le reste des plats. Cela fait, elle s'installa dans la pièce pour manger à son tour.
Hermione nettoyait le bureau de Lucius Malefoy pendant qu'ils terminaient leur repas. Alors qu'elle se demandait comment elle allait bien pouvoir nettoyer le lustre de cristal, accroché plusieurs mètres au-dessus d'elle, la porte s'ouvrit brutalement.
-Miss Granger, si vous vouliez bien sortir et vous occuper ailleurs, demanda Lucius. Une réunion va avoir lieu. Une réunion qui ne vous regarde pas, je le précise.
Hermione hocha la tête et s'empara du chiffon qu'elle avait laissé trainer sur la table avant de disparaître, sous les regards insistants des trois Malefoy et de Bellatrix. Elle fila nettoyer la salle à manger sans vraiment avoir la tête à ce qu'elle faisait. De quoi pouvait bien agir cette réunion? Elle mourait d'envie de coller son oreille contre la porte du bureau mais Lucius l'avait bien mise en garde à ce sujet, ayant déjà deviné quel serait son premier réflexe. Mais peut-être pourrait-elle découvrir quelque chose d'important. Quelque chose au sujet des plans des Mangemorts, ou d'Harry.
Lorsqu'elle eut terminé la salle, elle décida de nettoyer les escaliers. Ainsi, elle se trouvait suffisamment près du bureau pour éventuellement entendre quelque chose et personne ne pourrait la blâmer, puisque les marches avaient besoin d'un bon nettoyage. Satisfaite de son idée, elle prépara un seau d'eau savonneuse et une brosse et commença à frotter les marches du rez-de-chaussée les unes après les autres, tendant précautionneusement l'oreille. Bien plus attentive aux conversations qui se déroulaient dans la pièce d'à côté qu'à sa tâche, elle faillit plusieurs fois renverser son seau d'eau. Malheureusement, elle ne saisit pas grand-chose de ce qui se disait, seulement quelques mots dénués de sens.
-...Manoir des Jedusor...Important...Loyauté...Entendait-elle la voix de Lucius dire.
-...Laisser seule? S'exclama Bellatrix.
-...Drago...Tâche importante... Ici.. Reprit son beau-frère.
-...Seigneur... Pour lui! Répliqua une Bellatrix furieuse.
-...Restera... Sang-de-Bourbe seule... ma maison! Insista Lucius en haussant le ton.
Hermione comprit alors qu'ils débattaient à son sujet. Les dernières bribes de phrase du chef de famille étaient plutôt claires : il ne désirait pas qu'elle reste seule dans sa maison. Mais pourquoi Merlin aurait-elle à rester seule? Avaient-ils prévu de s'en aller? Alors qu'elle réfléchissait intensément à ce sujet, la porte s'ouvrit une nouvelle fois violemment, à tel point qu'elle sursauta et lâcha sa brosse qui dévala les escaliers pour finir sa course sur le sol de marbre.
-Peut-on savoir ce que vous faites ici? S'enquérit Monsieur Malefoy.
La sorcière devint rouge jusqu'à la racine des cheveux et se releva maladroitement dans les escaliers. Tous les regards étaient posés sur elle, et ça ne lui plaisait vraiment pas.
-Je..euh.., balbutia-t-elle. Je nettoyais l'escalier.
Elle baissa le regard vers les marches encore humides, elle aurait déjà dû avoir terminées.
-Bien, répondit froidement l'homme. Dans ce cas, terminez et rejoignez-nous dans mon bureau.
-Oui, Monsieur.
Il afficha un petit sourire satisfait et entra à nouveau dans le bureau, suivi du reste de la famille. Son cœur mit un moment à redémarrer et, une fois sa frayeur passée, Hermione se remit à la tâche.
Hermione frappa à la porte du bureau de Lucius Malefoy et entendit un bref "Entrez". Celui-ci était installé derrière la grande table, dans un large fauteuil de cuir. Drago était assis dans un autre fauteuil dans un coin de la pièce, tandis que les deux femmes se tenaient debout près de la fenêtre.
-Miss Granger, commença le sorcier sans même l'inviter à s'asseoir. Moi, ma femme et Bellatrix devons nous rendre à un séminaire et sommes donc dans l'obligation de quitter le Manoir pendant quelques temps.
Comme à son habitude, Hermione resta silencieuse, se contentant d'hocher la tête. Ainsi elle avait vu juste, les Malefoy devaient s'en aller et ne souhaitaient pas la laisser seule. Si elle en croyait les fragments de conversations entendues plus tôt, ils se rendaient au Manoir des Jedusor, soit la demeure des ancêtres de Voldemort. C'était donc là que le Mage Noir se cachait.
-Mais comme je n'ai absolument aucune confiance en vous, je ne peux pas vous laisser seule ici. Drago restera donc au Manoir pour vous surveiller. Des questions?
Elle ouvrit la bouche, puis se ravisa. Mieux valait ne rien dire d'injurieux, au risque de passer un sale quart d'heure. Elle acquiesça donc.
-Bien! Nous allons donc préparer nos bagages. Vous pouvez disposer.
Lucius, Narcissa et Bellatrix venaient de passer le portail et s'éloignaient sur le chemin pour transplaner un peu plus loin. Hermione observait par la fenêtre du salon, le cerveau en ébullition. C'était le moment ou jamais. Elle ne savait pas quand ils reviendraient, mais une si belle occasion de s'échapper d'ici ne se représenterait pas. Elle avait rapidement échafaudé son plan, et une forte adrénaline semblait habiter tout son corps. Elle attendrait une demi-heure après le départ des trois adultes, pour être certaine qu'ils ne reviendraient pas sur leurs pas. Puis elle sortirait discrètement de la maison, laissant sa valise derrière elle, jugeant trop imprudent de monter les quatre étages pour aller la chercher. Elle n'avait besoin de rien d'autre que sa baquette magique. Le portail était certainement verrouillé, mais un sortilège simple devrait suffire à l'ouvrir. La seule faille du plan était Drago. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait, s'il la surveillait ou non. Peut-être était-il juste derrière la porte du salon et, dans ce cas, son plan tombait à l'eau. Hermione fixait l'horloge accrochée au mur, le cœur battant à tout rompre. La demi-heure était passée. Elle se dirigea donc vers la porte du salon et l'ouvrit le plus délicatement possible, personne ne se trouvait derrière. Elle la referma donc sans un bruit et se dirigea tout aussi discrètement vers la sortie. Toujours personne. Enfin elle y était, elle était dehors! Elle n'avait plus qu'à traverser le jardin pour atteindre le portail. La jeune sorcière se mit à courir le plus vite possible, pressée de sortir de cet enfer. Elle était impatiente de voir la tête de ses amis lorsqu'elle leur raconterait la journée qu'elle venait de passer. Plus que quelques mètres, et elle pourrait embrasser la liberté!
-Granger! Cria rageusement la voix de Drago, quelque part derrière elle.
Mais Hermione ne se retourna pas, au contraire, elle pria ses jambes de courir plus vite. Elle ne pouvait pas échouer si près du but, si près de la délivrance.
-Finite Incantatem! S'écria-t-elle en dirigeant sa baguette vers le portail devant elle. Alohomora !
Comme elle s'y était attendue, celui-ci s'ouvrit.
-Expelliarmus! Lança aussitôt Drago, qui avait l'air de s'être élancé à sa poursuite.
La baguette d'Hermione s'échappa de sa main avant qu'elle n'ait pu réagir. Mais elle ne s'arrêta pas pour autant, il fallait à tout prix qu'elle s'échappe.
-Stupéfix!
Hermione fut violemment projetée sur le sol. La chute fut rude et lui arracha un cri de douleur. Incapable de se remettre debout, elle se tourna vers son adversaire. Il avançait vers elle d'un pas lent et assuré, mais son visage était déformé par la fureur. Ses yeux d'orage auraient pu lancer de vrais éclairs. Il s'arrêta devant la jeune fille, sa baguette pointée sur elle, la baguette d'Hermione fermement maintenue dans son autre main.
-Lève-toi Granger, et rentre tout de suite dans cette maison, ordonna-t-il, les mâchoires serrées.
-Hors de question! Protesta-t-elle.
-Je ne suis pas d'humeur à jouer les baby-sitters, alors rentre immédiatement dans cette maison avant que je ne perde patience.
-Très impressionnant Malefoy, tu crois vraiment me faire peur? Cracha-t-elle.
Il ne répondit pas, son regard et sa baguette toujours braqués sur elle. Hermione était persuadée qu'il n'aurait pas le courage de lui faire mal, vraiment mal, avec un Sortilège Impardonnable.
-Ecoute, ni toi ni moi ne voulons que je reste, alors laisse-moi juste partir et on oubliera toute cette histoire, reprit-elle en espérant que sa voix paraisse plus posée qu'auparavant.
-Je n'y suis pour rien si tu as été assez stupide pour signer un Contrat Magique! Rétorqua le blond. Je te pensais plus intelligente que ça, Granger. Si tu es ici, c'est entièrement de ta faute. Alors déjà que tu m'imposes ta présence, je te prierais de ne pas m'emmerder.
Hermione le fusilla du regard. Le pire était qu'il avait raison, cette sale peste avait entièrement raison.
-Collaporta, lança Drago en direction du portail. Mobilicorpus, poursuivit-il en direction d'Hermione cette fois.
Elle se sentit s'élever dans les airs, toujours incapable de bouger. Drago la promenait derrière lui comme un vulgaire ballon de baudruche tandis qu'il marchait tranquillement vers le Manoir. Cette situation était particulièrement humiliante, et Hermione sentait la rage bouillir dans ses veines et réchauffer son visage. Une fois la porte franchie, le jeune sorcier y appliqua un nouveau Collaporta. Il dirigea ensuite sa baguette sur elle pour lancer un Enervatum. Hermione tomba lourdement sur le sol en marbre et en eu le souffle coupé tant la chute fut douloureuse. Elle roula sur elle-même pour essayer de se relever. Le blond lança sa baguette devant elle comme il lancerait un morceau de viande à un animal.
-Essaye encore de t'échapper et tu le regretteras vraiment, avertit-il avant de tourner les talons et de disparaître dans les escaliers.
Voili voilou! Dites-moi ce que vous en pensez? Comme je vous l'avais dis, je fais de longs paragraphes, mais je compense en mettant un peu d'action O:)
J'espère sincèrement que ça vous a plu, et j'attend vos avis avec impatience! :)
Des bisous!
