Elle est là, à 15h30, le 31 décembre 2015, assise sur son canapé. Aujourd'hui est le dernier jour de cette année qui fut pour elle une période neutre, avec des hauts et des bas, elle a hâte de passer à autre chose.
Comme à chaque nouvel an, elle se dit que cette année sera la bonne, qu'elle la vivra pleinement, avec passion.
Cela fait environ 8 ans qu'elle se répète cela chaque année et jusque là, le temps s'est écoulé, égal à lui-même, pratiquement sans évènements marquants. Qui sait, 2016, année de la baise, sera peut-être la bonne?
On croise les doigts, ferme les yeux très très fort et on prie pour ce nouveau départ.
En soit, cela n'a rien de particulier une nouvelle année, le 1 janvier est une journée comme une autre, entouré du 31 et du 2. Mais tout le monde en fait un pataquès, alors on finit par s'y attacher inconsciemment nous aussi.
Elle observe son salon et tous les objets qui le composent. Tous cela lui semble subitement vide, comme si ils n'avaient aucun intérêt, aucun sens. Même les gens qui participent à ce décor lui semble tout à coup comme des corps vides, épuisant et déprimant à regarder. Et puis merde, se dit-elle, c'est le dernier jour de 2015, je ne vais pas me morfondre!
Alors elle prend la petite liste de films d'horreurs que le garçon dont elle est amoureuse lui a rédigé et en regarde un, pour se changer les idées… non en fait, pour ne penser à rien, au contraire.
