Cela fait maintenait quelques semaines que je suis est au Colorado. Quelques semaines que je travaille sur le site de Mesa Verde.
Il m'a fallu un petit temps d'adaptation pour m'acclimater à mon nouveau mode de vie. La civilisation est plus près qu'au coeur de la jungle tropicale où la première ville est minimum à quatre heures de pagaie quand ce n'est pas onze quand le fleuve rend la navigation difficile. Et je dois dire que même si je m'étais habitué à vivre coupé du monde cela est bien agréable de se rendre de tant en tant en ville pour le plaisir.
La vie au camp suit son chemin. Les gens sont sont accueillants et le partage des tâches se déroule sans anicroche. Chacun à son domaine d'expertise et pour le reste on se débrouille.
Les archéologues et autres corps de métiers dédiés aux fouilles magiques sont rares de part le monde, ce qui explique la présence de nationalité très différentes sur les chantiers.
Sur le site on compte deux équipes. Celle qui travaille au laboratoire et celle qui s'occupe des fouilles. Il y a cinq personnes dans la première équipe et huit dans la deuxième, plus Ella et moi qui naviguons sur les deux sites.
J'aime vraiment avoir l'opportunité de travailler sur les deux sites.
L'ambiance feutré du laboratoire me permet de me concentrer sur les objets, leurs utilisations et ce qu'on en déduit des pratiques culturelles pratiquées il y a des siècles par ceux qui vivaient sur cette terre.
Mais c'est surtout sur le site de fouille que j'aime me rendre. Au détour de la route qui sinue en contrebas du campement en longeant la falaise se dérobe au regard un endroit magique, Cliff Palace. Cette grande bâtisse construite sous un décrochement rocheux du plateau se cache aux regards curieux. Succession de pièces étant utilisées comme habitations, greniers, lieux de cérémonies la ville fantôme reste encore mystérieuse depuis sa redécouverte en mille huit cents quatre-vingt-huit.
Quand j'ai découverte le site pour la première fois je suis resté bouche bée, planté sur le chemin à regarder l'immense construction qui dévoilait devant moi ses quatre-vingt-huit mètre de long. J'avais l'impression de sentir les spectres des cent, cent-cinquante Zunis qui avaient occupé les lieux durant deux cents ans alors que je contemplais leur oeuvre. Emu je m'étais avancé pour toucher la pierre comme pour me convaincre que tout cela était bien réel.
Avec un sourire complice Astoria m'avait chuchoté tu as vu elle est belle notre belle endormie. Je n'avais pu qu'hocher la tête tant j'étais incapable de parler par peur de briser ce moment hors du temps.
L'équipe m'avait laissé le temps de me remettre de mes émotions. Tous avaient vécu ce moment magique et c'est avec une certaine nostalgie qui me regardait observer pour la première fois leur notre dame des pierres comme l'avait nommée Eléonore, la chef du chantier.
Amie d'enfance de mon père, ancienne mentor d'Astoria et ma marraine, à soixante-ans Eléonore McKinnon-Jones est toujours autant passionnée par les vieilles pierres. Ce sont ses histoires ainsi que celle de mon père qui m'ont donné envie de faire ce travail, de parcourir le monde à la découverte d'autre culture.
C'est encore elle qui m'a présenté à Astoria son ancienne protégée et qui a appuyé mon recrutement pour ce chantier de fouille.
C'est grâce à elle que mes parents commencent à comprendre mon choix de carrière. Eux qui ne comprenaient pas mon envie de devenir ethnologue se mettent petit à petit à s'intéresser à mon travail comme leurs dernières lettres en attestent. Et, je sais que les compliments d'Eléonore n'y sont pas pour rien. Ma mère a toujours voulu voir sa progéniture faire de grandes choses.
Finalement, avoir un fils qui protègent des sorciers dans la forêt amazonienne et étudie une ancienne civilisation magique ce n'est pas si mal.
Ancienne mondaine et généreuse donatrice du département de recherche des anciennes civilisations magiques du ministère de la magie Anglais, Astoria est le bras droit d'Eléonore sur ce chantier. C'est sa rencontre avec la Franco-Brittanique qui l'a poussé à réaliser son rêve. Ainsi à trente-cinq ans elle laissait enfant et mari derrière elle pour s'envoler vers les Etats-Unis afin de travailler sur le chantier de fouilles de Chaco Canyon.
C'est elle qui m'a tout appris, qui m'a guidé dans mes choix. Je dis souvent que dans ma vie trois personnes m'ont aidé à me construire, trois femmes qui m'ont toujours soutenus. Et lorsqu'on me demande si par hasard ces trois femmes sont ma mère et mes soeurs je ne peux que répondre dans un sourire triste, non il s'agit de ma cousine, ma marraine et mon mentor.
Si je devais rajouter une quatrième personne à cette liste de femmes qui gravite autour de moi j'y mettrais Ella Jones. Fille d'Eléonore, filleule de mon père et copine d'Albus, elle m'a toujours encouragé dans mon rêve d'enfant.
C'est elle qui a parlé de mon désir de paléoethnologue à sa mère. C'est elle qui se tenait informé de mon devenir dans la forêt Amazonienne quand ma marraine et mon mentor avaient tendance à m'oublier trop occupées qu'elles étaient par leurs fouilles.
Je pense que c'est aussi en partie grâce à elle et à la tendance généreuse d'Albus de toujours enjoliver les choses que je dois le soudain intérêt de ma mère.
Ancienne médicomage elle est là pour intervenir en cas de soucis. En effet, depuis la réglementation de Chaco Canyon chaque équipe doit avoir un médicomage spécialisée en épidémiologie.
Je ne connaissais pas les autres, avant d'arriver ici, mais j'ai très vite trouvé ma place dans mon bungalow peuplé de personnalité toutes plus atypiques les unes que les autres. A croire que faire ce métier vous rend étrange. Ou alors peut-être qu'on fait justement ce métier, car on sort du moule ?
Il y a Kurt l'Islandais qui aime s'improviser maître cuisinier quand il n'est pas occupé à dessiner, photographier, étiqueter le moindres fragments qui passent par le laboratoire.
Ronan adore jouer de la guitare folk en chantonnant de vieilles chansons de son Tennessee natal. Il n'est pas rare qu'il sifflote sur le chantier de fouilles pour donner du coeur à l'ouvrage.
Avec Jaimie on aime bien parler Français, même si ça me fait chaque fois un pincement au coeur d'utiliser cette langue. Je crois bien que penser à ma mère en travaillant au laboratoire ne me plait pas vraiment. Mais bon son accent Quebequois me fait bien rire.
Le dernier homme à partager mon bungalow est Gallois, ancien langue de plomb cela fait quelques années qu'il a été détaché au département d'histoire de la magie pour étudier les anciens sortilèges et la conservation de la magie dans le temps et les objets. Très secret il semble hanter le laboratoire où il lui arrive même de passer une partie de la nuit à consigner toutes ses observations sur des tonnes de parchemins qui s'empilent dans la bibliothèque.
Les cinq Ameridiens Zunis et Hopis quant à eux naviguent entre le site de Mesa Verde et leurs réserves. Ils sont là pour veiller sur leur héritage et nous permettent souvent d'apporter un nouvel éclairage sur les pièces que nous trouvons. Sur le chantier de fouilles ils extirpent les objets de leur gangue de terre en veillant à respecter leurs coutumes.
Emory le chaman est celui qui pratique les rites cultuels chaque matin pour implorer la terre de bien vouloir leur rendre les trésors qu'elle retient en son sein. De part son origine double il est là pour veiller à la bonne entente entre les deux peuples.
Kyle et Sashan, deux Zunis, sont les plus habiles à repérer les endroits les plus prometteurs et il n'est pas rare qu'ils trouvent les plus beaux objets de nos collections.
Ryan et Bill, partent souvent en expédition pour ramener un truc à manger bien meilleur que nos boites de conserves. Ce sont eux qui ont créé un mini potager où nos légumes poussent à grand renfort de sortilèges, après tout, les Hopis sont connus pour leur agriculture florissante.
Marion est notre technicienne, Française et née-moldu elle a fait des études dans une université moldu afin de perfectionner les techniques et appareils d'analyses scientifiques pour trouver des traces de résidus alimentaires, où de n'importe quelle molécules organiques.
Autumn vient compléter cette équipe. Petite nouvelle elle vient de quitter Poudlard et suit son mentor Kurt comme son ombre. Rêvant d'être archiviste elle s'occupe des fiches et de l'étiquetage de chaque objet en direction du musée de Durango.
On compte dans l'équipe seulement cinq femmes. Peut-être que le métier est trop dur ? Ou alors est-ce parce que la vie de couple, la vie de mère est trop compliquée lorsqu'on parcourt le monde ?
Il n'est pas rare que passé un certain âge dans ce métier on arrête, on fait une pause, ou on se trouve un chantier, un musée pas loin de sa famille.
C'est ce qu'on fait Albus et Ella. Afin de concilier vie de famille, voyage et carrière ils ont accepté un poste aux Etats-Unis, l'un comme médicomage l'autre comme guide au musée de Durango. A vingt-huit ans le ventre d'Ella s'arrondit tout doucement au rythme des fouilles de Mesa Verde.
