Quand Borsalino décide de modifier une loi

Le problème étant qu'il n'y connaissait pas grand-chose en terme de mariage. Pour lui c'était deux personnes qui vivaient ensemble et qui avaient des enfants. Il n'avait pas la moindre notion de l'amour. Certainement dû au fait qu'il n'avait jamais connu ces parents, et à part des coups d'un soir pour satisfaire sa libido, l'amiral n'avait jamais eu de relation amoureuse.

Sa tasse de thé dans les mains il marchait en rond dans son bureau. Dans le couloir il entendait les ouvriers réparer les dégâts de la veille. Peut être Sengoku en savait il plus sur le mariage ? Après tout il avait un fils, alors forcément une femme vu que les enfants ne se font pas seul. Il entreprit d'aller le questionner avant de se rappeler que son fils était mort.

Fausse bonne idée. Il ne devrait pas remuer les fantômes du passé.

Il bu une longue gorgée du liquide vert dans sa tasse. A qui pourrait il demander conseils ? De ce qu'il savait, aucun amiraux ou vices amiraux n'étaient mariés… En fait peut être qu'ils l'étaient mais il se rendit compte qu'entre eux les sujets personnels comme la famille ou leur passé étaient plus que tabou. Il pensa à aller demander à ces soldats puis se ravisa, ce serait bizarre de demander un truc du genre à un de ces subordonnés non ?

Si l'amiral n'était certes pas très futé il était quand même lucide et savait pertinemment qu'il devait garder sa réputation intact devant ces subordonnés afin qu'elle le reste devant les pirates.

Il s'assit sur son fauteuil et posa ces pieds sur le coin de son bureau. D'ailleurs à quoi ça sert d'être mariés ? Uniquement à faire des enfants ? Dans ce cas pourquoi les personnes âgés restent quand même ensemble alors qu'ils ne peuvent plus faire d'enfant ? Ça n'a pas de sens !

Plus il y réfléchissait et plus le mariage lui semblait être quelque chose de compliqué et de chiant. Si il fallait qu'il passe ces jours et ces nuits avec quelqu'un alors autant que ça se fasse avec une personne qu'il apprécie et qui est agréable. Un de ces amis quoi.

Les personnes qu'il pouvait appeler « amis » étaient très très peu nombreuses. Sur son île natale il y en avait davantage mais cette année il avait déjà consumé ces trois semaines de repos, impossible de se déplacer à North Blue avant plusieurs mois. Ainsi il devait se résoudre à ceux qui était à Marinford.

D'abord il y avait Strawberry. C'était son subordonné depuis toujours, les deux n'avaient pas une grande différence d'âge mais Borsalino était plus fort, bien plus fort. Ainsi il avait toujours gardé plusieurs grades de plus que lui. Et malgré cette distance ils avaient toujours entretenu de bon rapport.

De plus il était calme, propre et posé. Pas prise de tête. Pas trop fou. Bref, il serait un mari idéal. Seul problème : sa boîte crânienne de plusieurs mètres. Comment vivre avec une chose pareil sur la tête ? Kizaru ne pourrait pas le supporter longtemps.

Strawberry était un bon ami et il devait le rester. Le genre de personne qu'on ai content de voir une ou deux fois dans la journée mais qui devient vite chiante quand on la voit plus de trois fois. Il n'étais pas près à passer sa vie avec lui.

Qui d'autres à Marinford pouvait il appeler « ami » ? En y réfléchissant bien il aimait tout le monde et tout le monde l'aimait – en tout cas c'est ce qu'il pensait – mais il n'avait ni le temps ni l'envie de réfléchir en détail à chacun de ces collègues.

Il porta une nouvelle fois la tasse de thé à ces lèvres et se rendit compte qu'elle était vide. Bizarre elle était remplis quelques secondes auparavant non ? En observant son bureau plusieurs minutes il arriva à la conclusion que le liquide sur le rapport qu'il était censé rendre à Akainu dans cinq minutes était certainement son thé.

Il le prit en mains. L'écriture était quand même lisible. Pas de quoi en faire un drame, Sakazuki le prendra sans faire d'histoire. Puis d'abord c'est juste mouillé, avec son pouvoir il est capable de le sécher non ?

C'était un rapport sur une mission qu'il avait « échoué » selon les termes de Sengoku – alors qu'il avait juste un peu manqué de chance. L'amiral en chef avait décidé qu'Akainu allait retourné accomplir la mission à sa place.

Ce rapport devait l'aider à réussir là où il avait échoué.

C'était pas si important que ça si ? Kizaru balança sa tête de droite à gauche pour se répondre à lui-même. Il regarda l'heure et vit qu'il aurait dû rendre ce dossier depuis une dizaine de minute déjà. Après avoir espérer cinq minutes de plus que ce soit Akainu qui vienne à lui, il se leva lentement et se mit à marcher jusqu'au bureau de son collègue.

Il était à deux pas du sien mais qu'est ce qu'il avait la flemme. Les trois bureaux des amiraux était collés, côte à côte. Ils devraient mettre des fenêtres dans les murs pour se faire passer les documents, ce serait beaucoup plus pratique. Le jaune avait déjà proposé l'idée et si elle a été approuvé par Aokiji, son collègue magma avait opposé que ça poserait un problème d'intimité.

- Tu baises pas dans ton bureau si ? avait demandé Aokiji avec sarcasme

Si la blague avait fait sourire certains Akainu l'avait très mal prit. Kizaru repensa à ce souvenir et poussa la poignée pour entrer dans le bureau de son collègue. C'est vrai qu'il avait oublié l'aspect du sexe dans un mariage. Deux aimants doivent ils obligatoirement s'accoupler ou peut on être mariés sans faire ça ?

- Tu veux ?

La voix grave, autoritaire et visiblement un poil exaspéré de son collègue le réveilla :

- Ooh… Sakazuki. Que fait tu là ?

Avec quelqu'un d'autre une vague de magma aurait déjà envahi la pièce mais là il avait l'habitude et avait appris à ne plus s'énerver contre lui. Il perdait du temps et de l'énergie pour rien.

- C'est toi qui est venu dans mon bureau Borsalino. Ça fait dix minutes que tu es devant ma porte en te grattant la tête.

Le rouge connaissait déjà la réponse :

- Oh.

Bingo !

- Eh bien en fait… Je voulaiiiis…

Akainu ne leva même pas la tête de ces dossiers. Il avait déjà vécu cette situation un bon milliard de fois depuis que les deux hommes se connaissait. Là il allait continuer à réfléchir pendant au moins quinze minutes tout en bégayant avant de soudainement se rappeler de la raison de sa venu.

Le rouge rigolait intérieurement, son ami n'était vraiment pas une lumière. Paradoxal vu qu'il en est l'allégorie.

Il n'eut pas le temps de rigoler plus. Il n'entendait plus rien. Le silence. Il leva sa tête pour planter son regard dans celui de son collègue. Si son regard était d'habitude vide de tout émotion, il était là rempli de joie. Akainu grimaça, il connaissait cette expression.

Sa bouche était grande ouverte dans un immense sourire. Ces yeux pétillaient le bonheur. Il avait son index levé à côté de son visage. Et pour finir il poussait un « oh » long qui finissait par montée dans les aigus, son sourire ne cessant de grandir.

Borsalino venait d'avoir une « idée de génie ».

En d'autres termes, pour les gens normaux, il allait faire une connerie monumentale.

L'amiral rouge se leva pour immédiatement l'empêcher de bouger ou de parler, l'empêcher de faire ce qu'il avait l'intention de faire bien qu'obstiné comme il était il le ferait certainement – mais l'espoir fait vivre.

Cependant il fut coupé dans son élan. Coupé dans sa respiration.

- Sakazukii… Tu veux bien te marier avec moiii s'il te plaîîîît ?

Le singe le regarda avec un grand sourire, il lui tendit la main. Le chien resta stoïque. Puis finalement il tomba par terre la tête la première.

« Qu-Qu… QUOIIII ?! »