J'arrivais rapidement à la station de train ou je m'achetais un billet. Je montais dans un wagon, heureusement presque vide à cette heure-ci. Déjà que j'étais toujours vêtu de mon pyjama.
Mais l'espoir que j'avais de revoir Usagi, d'être enfin sorti de ce cauchemar, le fait de seulement pouvoir le voir en vie, de pouvoir m'excuser...
De nouvelles larmes se mirent à brouiller ma vue mais je les essuyaient rapidement. Le voyage sembla durer une éternité et dès que j'arrivai à mon arrêt, mes jambes se mirent à bouger d'elles-mêmes. Je courus à en perdre le souffle, je courus même si je n'en avais plus la force. Mes muscles me brûlaient et mes poumons semblaient être remplis de lave brûlante mais je continuais de courir. Je retournais à la maison, je rentrais chez moi...
Une fois devant la porte, je me figeais le poing devant la porte de l'appartement de Usagi-san. Et s'il était vraiment mort? Et si je découvrais son corps? Non, il ne fallait pas que je pense à cela. Mais s'il ne voulait plus de moi? Si je lui avais brisé le cœur et que cette douleur l'avait poussé à me détester? Je commençai à perdre courage, ma main descendit lentement et reprit sa place initiale près de ma hanche. C'était compréhensible... je lui avais causé tellement de peine, il ne me méritait pas, il méritait mieux... mais d'un autre côté, j'avais tellement souffert de sa perte dans mon rêve, ce semblait tellement réel... et cette douleur j'espérais ne plus jamais la ressentir.
Je pris alors mon courage à deux mains et cognais à sa porte. J'attendis un moment avant de me rappeler qu'il était une heure du matin et qu'il était très certainement entrain de dormir. Mais je tenais à le voir, et s'il m'aimait, il allait me comprendre. Même s'il me prenait violemment par la taille pour me punir de l'avoir réveillé j'en serais heureux.
Je cognai une nouvelle fois à sa porte, mais encore une fois je n'obtins aucune réponse. Heureusement, j'avais un autre plan. Je savais où Usagi-san cachait sa clef de secours. J'allai la prendre et débarrai la porte avant de rentrer dans le petit appartement silencieux. J'ouvris une lumière, plein d'espoir et courus vers sa chambre en criant que j'étais rentré. Cette endroit m'avait manqué, si bien que des larmes de joie m'envahir les yeux et un sourire fendis mon visage alors que j'ouvris la porte de la chambre d'Usagi.
-Je suis rentré! Usagi-san!
Mais sa chambre était vide. Nulle trace de celui que j'aimais dans l'appartement. Je redescendis, plus malheureux que jamais dans le salon. Je me mis à fixer Suzuki, l'ours en peluche préféré de Usagi-San qui se trouvait sur le sofa rouge et le prit dans mes bras en reniflant son odeur.
ah... l'odeur de Usagi-san...
-je suis arrivé trop tard...
Je tombai à genoux en serrant la peluche contre moi. J'avais tellement pleuré que les larmes qui coulèrent à nouveau me semblaient inutile.
-Misaki?
Et voilà que j'entends à nouveau sa voix, sa belle et douce voix qui ne voulait plus quitter mon esprit...
-Misaki? Que fais-tu par terre?
Étrangement, sa voix me semblait très proche, presque comme s'il se trouvait derrière moi.
-Je croyais que tu ne voulais plus de moi.
Hm. Étrange, il n'aurait jamais dit ça dans mes pensées. Je relevais la tête et regardais derrière moi pour voir Usagi-san, en chair et en os, refermant la porte derrière lui. Il était habillé en complet, assez chic, voulant certainement dire qu'il revenait d'une conférence.
Un déclic se fit dans ma tête. Usagi était là, bien vivant devant moi.
-Usagi-san...
De nouvelles larmes m'envahir les yeux mais cette fois-ci, de joie et de regrets. Je me levais difficilement et courus vers lui presque au ralenti. Je lui sautais dans les bras, et il sembla en être surpris.
-Usagi-san... je suis... désolé... pardonne-moi...désolé...
J'avais de la difficulté à parler entre deux sanglots et son odeur m'imprégnait les pensées tout entière. Il m'avait tellement manqué... les mots ne pouvaient décrire le soulagement que j'éprouvais à ce moment précis, blottis au creux des bras de l'homme que j'aimais.
-Misaki...? tu...
-non, ne dit rien! Laisse-moi parler d'abord... je m'excuse, c'était une erreur de partir pardonne-moi, je veux revenir à la maison...
Je sentie sa main se poser sur ma tête et me caresser les cheveux. Sa prise se fit plus forte dans notre étreinte.
-si tu savais comment j'espérais que tu reviennes et me dise ça...
De nouvelles larmes se formèrent dans mes yeux alors que je relevais la tête vers Usagi-san. Il avait également les larmes aux yeux, lui qui ne pleurait jamais. Je ne pus m'empêcher de lui sourire, je posai ma main sur sa joue et avançai mes lèvres près des siennes pour lui donner un baiser rapide. Je dus me reculer un peu après car des rougeurs avaient pris possession de mon visage. Lorsque nos regards se croisèrent, je vis qu'il était surpris, sûrement parce que c'était la première fois que je prenais l'initiative. Son regard s'illumina et il vint me prendre dans ses bras chaudement. Je sentis tout l'amour que Usagi-san ressentait pour moi en un seul câlin.
-je t'aime... Misaki... ne me quitte plus...
L'occasion se présentait, elle était là. Je pouvais enfin prendre le temps de lui dire, de lui dire combien je tenais à lui, de lui dire ce que je ressentais depuis tout ce temps, ces 3 mots qui n'étaient jamais sortis de ma bouche auparavant.
-Usagi-san...
Ma prise se resserra autour de lui, je ne voulais pas le laisser, j'avais peur qu'il disparaisse à jamais si je ne le tenais pas assez fort. Qu'il s'envole.
-je...
Un mot de dit, il n'en restait que deux. Le temps sembla s'arrêter le temps que je les prononce, le temps que mon souffle vienne et que mon cœur arrête de battre le temps d'un millième de seconde.
-je t...
J'avais l'impression que le temps me manquait, que je n'avais plus de souffle, que tout l'air autour de moi n'était plus respirable. Comment pouvait-ce être aussi dur de prononcer ces simples mots si beaux et si doux? Je fermai les yeux et pris mon courage à deux mains.
-Usagi-san je t...
Lorsque je les ouvris pour dire mon dernier mot, le mot que je n'avais jamais dit mais que j'aurais dû répéter chaque jour, la pièce sembla tangué. Ma vision commença à se brouiller et ma tête à tourner. Je ne savais pas ce qu'il m'arrivait mais je sentais Usagi-san en train de me quitter. Lentement, ma prise autour de lui se faisait plus faible et il commençait à s'éloigner de moi. Je devais lui dire! Lui dire avant qu'il ne s'en aille! Le temps était presque écoulé. Je tendis le bras vers lui, essayant de le retenir.
-Je t'aime!
Lorsque je prononçais ses mots, cette phrase finalement complète, je n'étais plus dans les bras d'Usagi-San. J'étais de retour dans un lit, que je reconnus comme n'étant pas le mien. J'ignorais ou je me trouvais, tous mes repères avaient disparu. Alors, ce n'était qu'un rêve? Mon cauchemar était vrai? Finalement, je n'aurais jamais pus lui dire. Lui dire mes sentiments. Il était trop tard, et cela suffit à faire apparaître de nouvelle larmes. Comme si je n'avais pas assez pleuré...
Je voulus me mettre en position fœtale dans le lit mais quelque chose était solidement ancré près de moi et m'empêchais de bouger. Quelque chose de chaud, de confortable et de nostalgique. Quelque chose qui me rappelait des souvenirs d'un passé pas si lointain. Une odeur familière, une situation déjà vécue. J'ouvris finalement les yeux pour rencontrer une chevelure d'argent, et lorsque je posais ma main dessus, la tête dessous la dense chevelure se leva et je croisai une paire d'yeux violets.
-Usagi-san...
Il posa sa main sur ma tête, sa grande main froide que je pensais ne plus jamais ressentir.
-Tu t'es évanoui alors que tu allais me dire quelque chose. Ce n'était pas une très bonne idée de partir de chez Takahiro à une heure si hâtive, tu aurais pu...
-Je t'aime
Je souris, je ne pus m'en empêcher. J'étais trop content, content que finalement mon cauchemar était fini et que j'étais près de celui que j'aimais. J'avais finalement pus lui dire, ces mots qui me brûlaient les lèvres et rendaient mon cœur lourd. Ils étaient finalement sortis, et j'en était fier.
-je t'aime! Je t'aime tellement Usagi-San!
Les yeux de mon amoureux s'écarquillèrent de surprise.
-okay, alors je résume. Tu t'en vas pendant une semaine puis tu reviens au beau milieu de la nuit, tu m'embrasses pour la première fois et pour finir tu me dis tout ça. Mais qu'est-ce que Takahiro t'a dit pour que tu...
Je le coupais en posant ma main sur sa joue et en lui souriant, des larmes de joie aux yeux.
-J'ai fait un horrible cauchemars. Je suis juste content de m'être réveillé.
Sur ces mots, je lui donnai un baiser. Un baiser remplit d'amour et de bonheur d'être enfin de retour près de celui qui prenait toute la place dans mon cœur.
