Finalement, à ma droite, je remarque une sorte de construction dans les arbres. Je la vois seulement si je plisse les yeux tant elle est bien camouflée dans la canopée.

Voilà mon prochain objectif.

Emplie de détermination, je commence à redescendre, mémorisant bien la direction que je dois prendre...

...

La capture

Je redescend de mon perchoir, essayant de ne pas aggraver encore plus mes plaies. Je décide de retourner sur mes pas, pour retrouver le ruisseau que j'ai découvert hier. L'eau est mon plus gros problème, de plus, mon ventre commence à gargouiller, gronder furieusement... Pour l'instant, j'essais de ne pas y penser et de me concentrer sur mes deux objectifs de la journée: l'eau et cette tour que j'ai vu. S'il y a des humains, je dois les trouver et leur demander de l'aide. Après une vingtaine de minutes de marche, je débouche sur la clairière, le cours d'eau chantonnant gaiement, toutes traces des animaux effrayants effacées. Je bois longuement dans l'onde claire et me rafraîchit un peu. Le journée promet d'être chaude. Le soleil est désormais entièrement levé, brillant et rond au-dessus de ma tête. Je mouille mes cheveux, bois une dernière fois puis reprend ma marche vers, semble-t-il, une trace de présence humaine. Les bruits, cris et chants foisonnent dans la forêt mais, étrangement, je commence à m'y habituer. Je rencontre beaucoup d'obstacles qui me ralentissent dans mon cheminement et je fais beaucoup de bruits en me déplaçant... Mes chances de survie sont toujours aussi basses hélas... Je ne survivrais peut être pas à une nuit de plus dans cette jungle.

Emplie de détermination, l'adrénaline se diffuse dans mes veines et j'accélère le pas, me rapprochant de plus en plus de ma lueur d'espoir. Même si plus personne n'y vit, cette construction pourra sans doute m'être des plus utile. Les minutes s'écoulent. Puis des heures... Mes pieds me font souffrir et les souches, branches et feuilles me ralentissent de plus en plus, au fur et à mesure que je m'enfonce plus profondément au cœur de cette forêt vierge... La chaleur est devenue étouffante et la déshydratation me guette. Je dois trouver de l'eau et un abri pour la nuit. Et ce, le plus vite possible. L'humidité m'empêche de respirer correctement mais je tiens bon. Je pense avoir réussi à garder le cap et même si j'ai du mal pour évaluer les distances, je pense ne plus être très loin. Une sorte de chemin me guide, ce qui me conforte dans ma théorie. Des gens vivent ici. En espérant qu'ils ne soient pas hostiles...

Je déplace une immense feuille qui ressemble à une oreille d'éléphant et découvre la fameuse construction en bois que j'ai aperçu ce matin. Ma fatigue s'envole presque instantanément et une exclamation de soulagement m'échappe. Je me mets à courir vers l'immense arbre qui soutient la structure et lève la tête, étourdie par la grandeur de l'édifice, tant celle de végétal que celle de bois. L'échelle me tente. Je décide de grimper, peut être que je verrais un village ou des habitations, même rien qu'un lac ou ce qui ressemblerait à des arbres fruitiers. J'ai de plus en plus faim et je ne vais pas pouvoir voyager comme cela éternellement.

Échelon après échelon, je me hisse vers la canopée de cet arbre. Arrivée à une plateforme, je regarde autour de moi et ne remarque rien de ce que je recherche... Après l'espoir de trouver cette tour, me voilà de nouveau abattue, à la fois physiquement et mentalement. Ma vision se floute et des baisses de tension affectent mes yeux, les couvrant d'un voile noir par intermittence... Je remarque toutefois, en descendant le plus lentement possible, des formes colorées qui semblent se mouvoir dans les branches des arbres autour de moi. Des hallucinations carrément? Un nouveau soupir franchit la barrière de mes lèvres quand je retouche terre... Mais c'est une exclamation de surprise réelle que je pousse quand je me n'avais pas halluciné.

Plus de dix personnes m'encerclent, pointant des lances acérées vers mon pauvre corps épuisé. Je lève doucement mes mains blessées, en signe de rémission et ces étranges guerriers aux tenues colorées se précipitent pour me ligoter les mains dans le dos. Je n'ai pas la force de résister alors que l'inconscience me fauche brutalement...

A suivre.