Bien le bonsoir à vous tous ! J'espère que vous allez bien. Pour ma part, j'ai commencé aujourd'hui mes examens de rhéto par maths et ça s'est bien déroulé, pour une fois :D Bientôt le diplôme, qui sait ?
Et si je travaille un peu plus que d'habitude, ça ne m'empêche pas de vous présenter le troisième chapitre de His charms ce soir ! En souhaitant, bien sûr, comme d'habitude, que vous l'appréciez !
Bonne lecture !
A sept heures tapantes, l'alarme envoyant l'opening de Black Bullet retentit dans la chambre silencieuse. Son occupant grogna et tenta d'attraper au plus vite l'appareil coupable de tout ce carnage auditif, sans succès. Le téléphone portable tombé par terre, il dut faire l'effort d'ouvrir les yeux, d'allumer sa lampe de chevet et de chercher, à l'oreille principalement, la source de ce désagrément. Ce ne fut qu'au bout de trente longues secondes que le calme revint.
Kiku Honda soupira. Le voilà bien réveillé, mais toujours épuisé. Il ne pouvait pas dire que sa nuit fut reposante, oh non. Déjà, pour rentrer, ce fut difficile il tourna en rond pendant dix minutes dans un quartier qu'il ne connaissait pas, se perdit deux fois, et fut envoyé dans une mauvaise direction par un touriste qui pensait mieux s'y connaître. Et pour parfaire ses embêtements, Google Map avait eu quelques petits problèmes de localisation. Bref, comment perdre trente minutes de son temps. Trente minutes de sommeil, en d'autres termes.
Enfin dans l'appartement qu'il louait, il avait dû faire face à un autre problème : une fois sa douche prise – impossible pour lui de se coucher sans être propre, quelle que soit l'heure – la rencontre opérée plus tôt dans la soirée lui était revenue en mémoire. Et la honte s'était abattue sur lui. Il avait beau se torturer en se disant que ce n'était pas grave, qu'il n'avait pas mal agi, qu'il n'avait pas été ridicule, indiscret ou il ne savait quoi, il était presque sûr qu'au moment où il s'était retourné pour capter une dernière image du bel acteur, celui-ci l'avait vu.
Sans doute ne le reverrait-il jamais. Mais il se sentait bien bête.
Si jamais ce fut le cas, sans doute que l'homme aurait parlé aux autres de sa troupe de lui, et la simple idée qu'on puisse se moquer de lui, même à distance, même sans méchanceté, lui filait des frissons. Il en venait presque à regretter son geste.
Il s'habilla plus lentement que les autres jours, mangea un croissant acheté la veille avec une tasse de thé noir. Une nouvelle journée de travail commençait pour lui, dix heures longues et difficiles mais avec, à la clef, un salaire qui était loin de lui déplaire. Il pouvait bien faire un effort malgré le sentiment de malaise qu'il ressentait.
Dans l'ascenseur, il espéra de toutes ses forces qu'il ne croiserait pas l'objet de ses pensées ce soir, en faisant quelques courses ou dans le bus. C'était sot de penser de la sorte. Un tel homme n'irait certainement pas se balader dans des lieux comme cela, mais savait-on jamais...
Aucun regard doré ne croisa le sien au grand magasin, pas plus que dans le bus censé le ramener non loin de l'appartement qu'il louait. Par contre, dans le petit magasin où une pièce de vêtement attira son attention – un magnifique sweat-shirt – puis plusieurs autres car il avait trouvé une boutique exceptionnelle, les choses se gâtèrent.
Après avoir flâné pendant quelques minutes, craquant d'abord sur ledit sweat-shirt puis malheureusement pour son porte-feuille, sur deux tee-shirts, un pantalon slim beige et une paire de chaussettes garnie de pandas, il se dirigea fort logiquement vers une cabine d'essayage pour vérifier si tout était à sa taille. Cependant, aucune n'était libre et il s'assit sur un pouf pour attendre la première personne qui daignerait sortir pour prendre sa place.
Un rideau fut tiré, un homme sortit. Kiku releva la tête. Et eut un énorme bug.
Simple hasard ou le sort s'acharnait-il sur lui ? Devant lui, le jeune acteur ayant accaparé son esprit toute la journée, le fixant, semblant aussi étonné que lui.
Bon sang. Il n'avait pas dû être assez précis le matin-même en priant les dieux de ne pas le croiser.
Un silence s'éternisa entre les deux. Leurs yeux ne voulaient pas se lâcher. Le Japonais souhaita juste qu'il ne dise rien et qu'il s'en aille régler ses choix à la caisse pour que ce moment gênant ait une fin. Sa prière ne fut pas exaucée.
« Oh, vous ici... fit le comédien en anglais, posant finalement ses orbes d'or sur les choix vestimentaires de Kiku. Très bons choix, j'approuve totalement – il hocha la tête avant de lui sourire. Figurez-vous que je suis ravi de vous croiser parce que j'aimerais vous parler... »
Aïe aïe aïe... qu'allait-il lui arriver ? Allait-il lui reprocher son comportement de la veille ? Le Nippon était devenu plus livide que la moitié blanche de ses chaussettes. Son interlocuteur sembla le remarquer car il lui offrit à nouveau un sourire et reprit la parole, visiblement dans le but de le rassurer.
« Ne vous inquiétez pas. Vous n'avez rien fait qui puisse vous être reproché. Pas au sein de l'établissement dans lequel nous étions hier en tout cas. Bref, j'aimerais vous inviter à boire un verre, si vous avez le temps bien sûr ! »
Il avisa la mallette posée à côté du pouf. Il devait avoir compris qu'il rentrait du travail. Et n'obtint pas de réponse. Une lueur déçue brilla au fond de ses yeux avant qu'il ne reprenne la parole :
« Je paie, si c'est cela qui vous inquiète.
- Pardon ?! Ah non ! s'exclama finalement Kiku, dont le cerveau venait de se remettre en marche. Ce n'est pas la peine, j'ai de l'argent...
- Alors pourquoi ce long silence ?
- Je ne m'y attendais pas, c'est tout... répondit-il, les yeux baissés sur ses chaussures cirées. Je suis déjà bien étonné de vous croiser ici... quelqu'un de célèbre dans une boutique comme celle-ci...
- Oh, ne me flattez pas... Je ne suis pas si célèbre que cela. Regardez, est-ce qu'on me reconnaît ? Non. Je n'ai pas le panache et l'influence des stars américaines. Je ne suis qu'un simple comédien dans une simple troupe. Enfin soit. Vous acceptez ? »
Kiku voulut répliquer que la simple troupe en question avait attiré des centaines de personnes la veille, que la place était à un prix promettant une prestation de la plus grande qualité, et qu'en effet, la qualité y avait été, inexorablement.
« Très bien... j'accepte.
- Impeccable. Essayez vos affaires, je vais payer les miennes, je vous attends dehors ! » lança le Chinois avec un grand sourire avant de s'éloigner.
Durant l'essayage d'un des tee-shirts qu'il jugea un peu grand mais procurant un style décontracté plutôt pas mal, Kiku n'avait pas perdu ses couleurs pâles et se demandait, désespéré, pourquoi diable il avait accepté. Mais après plus mûre réflexion, aurait-il su seulement refuser à un tel homme ? Et en avait-il vraiment envie ? Il dut se rendre à l'évidence : non. Il était de plus d'un naturel placide, voire un peu soumis et était bien souvent incapable de répondre par la négative, par peur de vexer, de blesser ou d'entrer en conflit.
Et ce type était la dernière personne avec qui il avait envie de se disputer.
Estimant qu'il n'avait plus rien à faire dans la cabine et qu'il était fort impoli de faire inutilement attendre les gens, il remit ses habits initiaux, rattacha nonchalamment sa cravate et posa le tee-shirt trop grand – finalement, inutile de dépenser ses pièces pour quelque chose qui n'avait pas été un pur coup de cœur – à l'endroit prévu à cet effet avant de régler ce qui lui avait réellement plu.
Un sachet plastique blanc et bleu désormais en main, il rejoignit l'étrange personnage dehors. Celui-ci se tourna vers lui en entendant les portes automatiques s'ouvrir puis se refermer à son passage. Il fumait.
« Vous voilà, parfait. Qu'avez-vous finalement choisi ? »
Gêné, il répondit à moitié et ça parut satisfaire l'autre parce qu'il n'insista pas. Il continua par contre :
« Je connais un chouette salon de thé, vous aimez le thé ? Enfin vous êtes Japonais, bien sûr que vous aimez. Ils font même d'adorables petites friandises et autres pâtisseries de toutes les couleurs ! Je vous propose d'y aller !
- Attendez, vous aimez ce qui est kawaii ?
- Vous voulez dire mignon ? Bien sûr ! J'adore cela ! Vous devriez voir ma chambre ! Pleine de peluches ! »
Kiku resta interdit un moment, mais décida finalement que cet amour partagé pour les choses charmantes était une passion sur laquelle ils pourraient éventuellement échanger dans le futur. Et qu'il n'avait aucune objection à proférer.
Il le suivit donc.
Sur le chemin, il ne parla pas beaucoup, pour ne pas dire pas du tout, mais le comédien le fit pour deux, et diable qu'il avait une belle voix !
Oui, Yao aime ce qui est mignon, quel fanboy ! Ce charmant garçon nous réserve bien des surprises.
Alors, qu'en avez-vous pensé ? Donnez votre avis et vous recevrez une peluche mignonne valeur 10 euros offerte par Yao lui-même !
A dans deux semaines ! :D
