Deuxième chapitre de l'aventure. J'espère que vous avez aimé le premier chapitre qui était surtout un gros résumé pour expliquer mes choix vis à vis du jeu; et où cea m'avait entraînée pour la bataille finale. N'hésitez pas à poster un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez! Là ce chapitre traite de Fergus, le frère de Leandra mon personnage, et sa vie après que l'Enclin soit terminé.
P.S. je suis désolée si certains noms de ville ne vous évoquent rien, mais j'ai joué à DAO en anglais, donc j'ai encore un peu de mal à traduire x) si vous voyez des erreurs, merci de me les signaler! Bonne lecture :)
« Monseigneur, la question ne peut pas être laissée en suspens.
- Eh bien, Raleigh occupez-vous en. Vous êtes mon plus fidèle ami et conseiller. Je vous fais confiance pour régler ces problèmes pendant mon absence.
- Monseigneur, si je peux me permettre… Vous devez penser à vous remarier.
- J'y travaille, mon brave, j'y travaille… »
Fergus sortit de la salle du trône après avoir signé un papier. Amaranthine, fief de feu Rendon Howe, avait fait une demande il y a quelques jours. La veuve Howe demandait à Fergus de se marier à sa fille Eleanor, dans le but de créer une nouvelle alliance entre Highever et Amaranthine. Ayant perdu sa femme et son fils dans la trahison de Howe, Fergus avait un peu de mal à accepter ces termes. Pressé par ses conseillers pour trouver une nouvelle femme et faire du mariage un bénéfice, il avait accepté de répondre en termes courtois, non sans ressentir l'amertume qui pouvait le rendre malade. Cette famille trahissait les Cousland, et maintenant demandait à faire alliance ? Que se cachait-il sous cette fausse amabilité ? Vengeance ? Cruauté ? Argent ? Probablement les trois. Fergus n'était pas idiot. L'accession au trône de Ferelden de sa sœur Leandra avait de quoi faire des envieux. Mais il n'était pas prêt à laisser s'évaporer une certaine liberté et autorité qu'il avait accueillie à bras ouvert depuis que Highever lui était revenue. Depuis tout petit, il s'attendait à en être le chef, mais conjointement avec sa petite sœur, non pas seul. En parlant de Leandra, elle lui manquait affreusement. Ils avaient déjà été séparés pendant quelques mois à cause du nouvel Enclin, sans nouvelles, pensant qu'elle était morte. Il s'était avéré que non, mais Fergus avait craint pour sa vie. En tant que grand frère, il avait failli à sa protection.
Fergus arriva aux écuries, et monta son alezan sombre Temero, avant de prendre la route de la campagne. Il voulait voir un peu de peuple, changer de son atmosphère éreintante de leader. A n'en pas douter néanmoins : il aimait gouverner. Il avait passé sa vie à se former à son prochain rôle de souverain, mais parfois, prendre l'air ne faisait pas du mal. Chevauchant d'un pas rapide jusqu'au cimetière, il mit pied à terre devant les tombes de ses parents. S'agenouillant, il balaya d'un revers de main la terre qui recouvrait les inscriptions. Fergus se demanda ce que pouvait bien penser son père. Etait-il fier ? Déçu ? Soudain, il s'aperçut que le collier en perles pourpres de sa mère avait disparu. Fergus l'avait posé sur la tombe, il y avait des semaines de ça. Fouillant précipitamment dans la terre, il n'en retrouva pas la trace. Il lui parut soudain être observé, et il releva la tête. Une ombre l'observait de loin, appuyée contre un arbre.
« HE ! »
L'ombre se redressa, puis partit en courant. Fergus démarra en trombe, manquant de déraper sur les cailloux, et s'élança à sa poursuite. La course l'entraîna jusque dans la forêt, et il courut pendant des minutes, de longues minutes. La personne semblait avoir une bien meilleure endurance que lui. Mais Fergus avait grandi ici, il connaissait le terrain. Pivotant sur sa droite, il emprunta un chemin en montée, fatiguant mais qui lui permit de surplomber l'ombre qui courait toujours. Prenant son élan, il sauta et atterrit sur la personne, la plaquant contre le sol. La retournant sans ménagement, il tira sa dague de son pourpoint vert foncé, et la plaça sur la gorge de l'inconnu.
« Montrez-vous ! Doucement… »
La silhouette vêtue de noir enleva sa capuche avec des gestes lents. Fergus découvrit une jeune femme, les cheveux d'un blond éclatant avec le soleil, les yeux verts, d'un clair à vous couper le souffle. Le souffle saccadé, il resta un moment par-dessus elle, l'observant. Elle lui rendait son regard avec toute l'énergie du désespoir et cela le déstabilisa. Il se reprit rapidement, l'attrapant par le col, n'oubliant pas pourquoi il était là.
« Vous avez volé quelque chose, sur la tombe des Cousland. Rendez-le-moi. »
Une ombre de malice passa sur son visage.
« Ne jouez pas à la maline avec moi. Je vous ai vue, vous étiez là dans le cimetière. Qui êtes-vous ? Pourquoi l'avoir pris ?
- Ca fait beaucoup de questions, ne trouvez-vous pas ? » répondit-elle avec un accent très prononcé.
Fergus, surpris d'abord, fronça les sourcils. Pour qui se prenait-elle ? Et puis d'abord, quelle sorte d'accent était-ce ? On aurait dit qu'elle venait d'Orlais.
« Vous n'êtes pas stupide, vous devez savoir qui je suis. Alors vous savez que j'obtiendrai cette réponse d'une façon ou d'une autre.
- Pourquoi cette babiole vous importe-t-elle autant ?
- Babiole ? C'est un collier, collier qui appartient aux Cousland. Vous n'avez pas le droit de le voler.
- Babiole ou non, je mangerai ce soir grâce à ça » lui dit-elle en haussant les sourcils avec indifférence.
Fergus sentait la colère monter en lui. Comment cette païenne, cette inconnue pouvait-elle traiter ce qui lui restait de sa défunte famille avec autant de dédain ? Il la secoua brusquement, perdant patience. Mais avant qu'il n'ait pu dire quelque chose, la jeune fille blonde s'exclama, levant les bras :
« Je ne l'ai pas sur moi ! Elle est dans mon village, Annoleth, quelques miles plus loin.
- Pourquoi devrais-je vous faire confiance ?
- Vous n'avez pas d'autre choix si vous voulez récupérer votre babiole » lui répondit la jeune fille effrontée.
Ce n'est pas une babiole, pensa Fergus alors qu'il se redressait, non sans garder son coutelas dégainé. Il allait lui faire confiance, et la suivre jusqu'à son village. Là, il récupérerait le collier de sa mère, coûte que coûte. Peu importait ce que la jeune femme avait en tête en l'emmenant, il s'en fichait pas mal. Ce qui importait était qu'il retrouve son collier, voilà tout. Il acquiesça, puis la poussa en avant, méfiant.
« N'essayez pas de me tromper, je vous ai à l'œil. »
La remarque sembla amuser la jeune femme, qui sourit, puis elle partit. Fergus la suivait, gardant une distance de sécurité de quelques pas derrière elle. Ses longs cheveux blonds l'éblouissaient à cause de leur reflet éclatant au soleil. Elle était grande, mince, et se déplaçait avec fluidité. Elle ne venait pas de la noblesse, pour sûr, Fergus aurait plutôt parié sur un gang de hors la loi, ou de voleur.
« Et donc vous êtes qui ?, lui demanda la jeune femme, interrompant ses pensées.
- Pardon ?
- Vous avez dit que je devais savoir qui vous étiez.
- Et vous ne savez pas ? lui demanda Fergus, un peu abasourdi. Je suis Fergus Cousland, seigneur de Highever et de vos terres.
- Cousland… » répondit-elle simplement, visiblement perdue dans ses pensées.
Fergus resta silencieux. Elle n'obtiendrait rien de plus tant qu'il n'aurait pas récupérer son collier. Le chemin se fit plus étroit et tortueux. Fergus ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Il lui aurait bien demandé son nom, mais à y repenser, il ne voulait pas le connaitre. Leur histoire s'arrêterait simplement au moment où elle lui rendrait son collier. Le trajet dura encore quelques minutes, puis soudainement, elle s'arrêta. Fergus manqua de la heurter, et renforça sa poigne sur son coutelas. Elle lui intima le silence alors qu'il allait lui demander pourquoi elle s'arrêtait. Puis soudain, elle s'élança dans les bois. Maudite sois-tu ! jura intérieurement Fergus. Un cri strident lui parvint, suivi d'un autre, puis une sensation de confusion lui parvint. Une bataille faisait rage, non loin d'ici. N'écoutant que les battements de son cœur, Fergus suivit la trace de la jeune femme jusqu'à arriver à un petit village. Une maison était en feu, des barrières des enclos étaient détruites, et surtout, des engeances archers tiraient sur les passants, qui s'effondraient, un à un. Il s'élança vers l'ennemi le plus proche, et d'un coup habile du poignet, lui trancha la gorge. Il roula ensuite et sectionna les ligaments du genou d'un deuxième qui s'effondra à terre. Une flèche l'atteignit dans l'épaule, lui causant un cri. Il s'élança vers le troisième, mais un tourbillon doré lui barra le passage. Virevoltant avec aisance, le tourbillon tournoya un moment autour de l'ennemi puis s'en alla. Chaque lambeau de peau coupée glissa et tomba au sol. L'ennemi se décomposa devant ses yeux. La douleur sourde lui monta à la tête, l'aveuglant, mais Fergus resta debout, et se força à venir à bout des dernières engeances. Une fois le combat terminé, le tourbillon doré s'approcha de lui, rejetant sa capuche sombre. Il s'agissait de la jeune femme. Il leva son coutelas, menaçant. Sorcière. Agacée, elle poussa sa main et s'approcha de son épaule. Il remarqua alors un détail curieux. Ses oreilles étaient pointues, ses traits étaient fins, ses yeux brillants. Elle n'était pas humaine. C'était une elfe.
« Quoi ? Vous n'avez jamais vu d'elfe ? lui demanda la jeune femme en le fixant avec intensité, visiblement irritée.
- Non, c'est juste que je ne m'attendais pas à en voir une parmi les humains.
- Venez. Il faut soigner cela, dit-elle à Fergus, tentant de cacher son sourire.
- Je vais très bien, merci, répondit Fergus du tac au tac.
- Je n'ai pas dit le contraire, mais toute blessure doit être soignée, sinon elle s'infectera. »
Sans plus de sommations, elle l'attrapa et l'amena jusqu'à une petite maisonnette au toit de chaume. Elle le fit s'asseoir sur un lit de paille, puis elle se détourna pour préparer les soins.
« Vous avez souvent des attaques d'engeances ici ? s'enquit Fergus
- Oui. Mais ils sont désordonnés à cause de la mort de l'archidémon. Ils ne sont pas vraiment une menace.
- Ils ont quand même abattu plusieurs personnes, ce n'est pas ce que j'appellerai inoffensif. »
Elle resta silencieuse, et Fergus regarda autour de lui. La lumière filtrait par quelques meurtrières fines sur le mur.
« Pourquoi ne demandez-vous pas d'aide ? Vous ne pouvez décidément pas repousser éternellement les engeances.
Nous avons demandé de l'aide, mais rien n'a été fait, répondit-elle, arrivant près de lui et déposant un pot d'une pâte verdâtre. Le précédent souverain est mort avant d'avoir pu agir, certains disent. Moi je pense qu'il s'en fichait simplement. »
Fergus se sentit insulté et sali rien qu'à l'entendre parler de son père. Il gardait le silence néanmoins. Elle savait qui il était. Elle lui disait donc ce qu'elle voulait qu'il entende. La jeune femme s'assit à ses côtés et elle enleva son pourpoint, puis déchira la chemise blanche qui se trouvait en dessous. Elle examina la plaie, et Fergus l'observa.
« Les choses ont été compliquées vous savez, avec l'Enclin, l'archidémon. Beaucoup d'innocents sont morts, et a n'est pas une excuse, simplement un état de faits, tenta-t-il de se justifier.
- Votre sœur peut utiliser cette excuse. Vous non. Vous avez hérité du fief de votre père, c'était votre responsabilité. »
Elle retira brusquement la flèche d'une main vive, et Fergus retint un gémissement.
« Comment savez-vous tout cela ? Qui êtes-vous ? lui demanda le jeune Cousland, curieux.
- Je m'appelle Elissa. J'étais la gouvernante de Lady Ysolde. »
Et Lady Ysolde est morte cette nuit-là, comme mon père, ma mère. Maintenant Fergus se souvenait. La jeune femme appliqua la pâte sur son épaule, recouvrit de quelques feuilles et d'un bandage. Elle allait parler, mais Fergus la devança en attrapant son bras.
« Vous aidez ces gens maintenant, n'est-ce pas ? Ils ne vous connaissent pas, mais ils vous doivent tout.
- Je fais votre travail, oui, dit-elle en se détachant brusquement. Voilà votre babiole. Prenez la et partez, si cla vous fait plaisir. »
Fergus prit le bijou dans ses mains. Loué soit le Créateur, il était intact. Le rubis rougeoyait au centre du collier, la pierre taillée en triangle absorbait chaque rayon de lumière qui lui était possible de trouver. Ce bijou aurait du arpenter le cou de sa sœur Leandra. Mais elle ne l'avait jamais voulu Fergus pensait qu'elle s'en voulait toujours d'avoir du abandonner Père et Mère à leur sort, cette nuit-là, où tout avait commencé. Alors le médaillon lui était revenu, pour aller à l'épouse qu'il choisirait. Il se leva, puis enfila sa chemise et son pourpoint, et il s'entendit dire :
« Gardez-le. »
La jeune femme se tourna vers lui, ses grands yeux clairs témoignant de son incrédulité. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, Fergus lui avait replacé le collier dans sa main, puis l'avait fermée de ses doigts.
« Je vais arranger les choses, vous avez ma parole. »
Et voilà, fin du deuxième chapitre. Tout va se lier, ne vous en faites pas xD J'espère que ça vous a plu!
