Disclaimer: Rien ne m'appartient sauf l'histoire

Couple: SB-SS

Genre: UA

Blabla de l'auteur: Me revoici avec un nouveau chapitre :D

bon, que dire, que dire... Déjà je tenais à remercier tous ceux qui me laissent des reviews, inscrits et non inscrit (à qui je ne peux malheureusement pas répondre) et aussi ma chère Didi Gemini qui m'a fait part de sa sublimissime culture générale durant le petit passage au louvres ^^ Comme quoi ça sert la fac d'histoire, on y apprend de belles choses.

J'ai aussi remarqué toutes ces réactions positives au couple HPDM que je glisse entre les lignes, je tiens à préciser qu'il n'était PAS prévu. Bah oui, je voulais me contenter d'un simple Harry/ Ginny même si cette nana me tape sur les nerfs, mais une certaine personne qui se reconnaitra (encore et toujours elle :p) m'a fait un honteux chantage affectif et je me suis retrouvée avec un couple en plus à faire.

Sur ce, bonne lecture :)


Chapitre 3


- Tiens, un revenant. Ça fait plaisir de te voir parmi nous Severus, depuis le temps…

- Bonjour Lucius, Narcissa…

- Depuis tout le temps que tu es revenu en France, c'est la première fois que tu passes au manoir. Nous allions finir par nous vexer.

- Assez avec les reproches Cissy, Severus, viens t'assoir au salon, Draco sera heureux de te voir.

Snape suivit son ami et entra dans l'immense pièce servant de pièce à vivre. C'était un endroit élégant, un poil tape à l'œil mais il définissait sans problème la famille Malfoy. Classe, beau, délicat, tout en mettant en avant la richesse et le goût pour le luxe. Il s'assit sur le canapé de cuir noir et sourit avec distinction à ses deux amis.

- Alors, comment se passe ton nouveau… travail, demanda l'homme blond en lui servant un verre de porto.

- Très bien

- Tu es sûr que…

- Oui je suis sûr. Trancha Severus avec politesse.

- Très bien. Alors, tu te plais dans ton appartement, la vie à Paris ? Reprit son hôte avec un sourire sincère pour son invité.

- Tout est parfait.

Il avait toujours eu cette sorte de retenue entre les deux hommes. Si le serveur était très proche de Narcissa Malfoy, avec son mari c'était une autre paire de manche. Oh ils s'entendaient à merveille, pouvaient passer des heures à parler art, culture, bouquins, mais ils n'exprimaient pas ouvertement leur complicité, ou alors très rarement, pourtant elle était bien là. Draco entra dans la pièce, fit un immense sourire à son parrain, l'embrassa pour le saluer et s'assit sur un fauteuil en face de lui, aux cotés de ses parents.

La famille Malfoy réunie. Tous plus blonds les uns que les autres. En grandissant Draco ressemblait de plus en plus à son père, tout en gardant des traits plus doux lui venant de sa mère. Il ne l'avait pas vu grandir ce sale môme. Ne venant que de temps en temps, il gardait contact avec lui par Internet et devant lui se tenait un adolescent, plus un enfant. Il se rappela les paroles de Sirius à propos de lui et d'Harry, et ne put réprimer un petit rire que Narcissa intercepta. C'est vrai qu'en y repensant, Draco n'était pas un modèle de virilité. Sans être androgyne, il émanait de lui une classe rare, était habillé avec finesse et une soudaine image de lui à cinq ans, un sourire jusqu'aux oreilles après avoir trouvé une fleur rose s'imposa à son esprit.

- Qu'est ce qui te fait rire Severus ?

- Rien d'important, quelque chose qu'un ami m'a dite.

- Un ami ?

Snape se renfrogna en voyant la lueur malicieuse qui brillait dans les yeux gris de son amie.

- Pas ce genre d'ami.

- Oh allez Sev', dis nous qui est cet ami mystérieux.

- Draco, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, implora t-il son filleul

- Severus, tu sais très bien que ces deux là rêvent de te voir casé une bonne fois pour toute. Ne leur tend pas de perche de cette façon, s'amusa Lucius.

Le serveur se renfrogna, n'avait il pas pu se taire ? Il n'était pas un modèle de sociabilité et se liait rarement aux gens, alors le fait qu'il ait un « ami » semblait être une heureuse surprise pour cette famille d'aristocrates.

- Très bien, commença la femme blonde. Je peux concevoir que tu veuilles garder tes petits secrets mais par pitié, si c'est un homme bien, ne le laisse pas filer comme tous les autres.

- Si je les ais laissé filer c'est qu'il y avait une raison, répliqua t-il avait mauvaise foi.

- Mais oui Severus. Mais un jour il faudra que tu affronte cette peur de l'engagement. Tu as quand même trente-cinq ans.

- Je ne savais pas que j'étais venu pour parler de ma vie amoureuse, répondit-il d'un ton sec.

- Tu sais, je suis sûre que si tu vivais avec quelqu'un tu serais moins aigri. Le fait que tu choisisses un homme est déjà assez déroutant, bien que nous l'ayons accepté bien entendu, mais ne te mure pas dans ta solitude ou tu le regretteras.

Severus leva les yeux au ciel et marmonna quelque chose qui ressemblait à « foutez-moi la paix » et finit son verre de porto d'une gorgée. Il se tourna vers le chef de famille et tout deux commencèrent à parler de sujets qui n'intéressaient qu'eux, amenant ainsi Draco et sa mère à quitter la pièce pour vaquer à leurs occupations.

ooo

Sirius gara sa moto sur une place libre et rangea son casque dans le petit coffre placé à l'arrière. Il ouvrit légèrement sa veste de cuir qui lui tenait quand même pas mal chaud et s'avança vers le « Supersonique ». En entrant, un couple attira son attention et il eut un rire goguenard avant de s'avancer vers son meilleur ami plongé dans son livre de compte, le front plissé.

- Salut, c'est normal que Clément embrasse une jolie blonde comme si sa vie en dépendait ?

Remus leva les yeux de son cahier et jeta un œil à son employé avant de hausser les épaules.

- Je lui ai donné sa pause, il en fait ce qu'il veut.

- Vous n'êtes que tout les deux ?

- C'est le jour de congé de Severus.

Sirius fut étonné d'entendre son ami parler de Snape en utilisant son prénom et une pointe de jalousie s'insinua en lui. C'était normal, ils bossaient ensemble, peut-être même qu'une certaine amitié s'était tissée entre eux. C'était bête mais il enviait Remus de passer autant de temps avec lui, que Severus soit même peut-être plus familier avec son patron qu'avec lui-même.

- Tu n'es pas au boulot ?

- Epidémie de grippe, et j'ai pris ma journée de demain.

- Ah oui, pourquoi ?

L'homme d'affaire fronça les sourcils. Il n'avait quand même pas oublié ? Lupin réfléchit quelques secondes et écarquilla les yeux en mettant une main devant sa bouche.

- C'est déjà demain ?

- Oui, c'est déjà demain, répondit son ami avec hargne.

- Sirius, je suis désolé, ça m'était sortit de la tête, dit Remus d'un air sincèrement chagriné.

- Ce n'est pas grave, si tu ne peux pas venir nous irons tout les deux, moi et Harry.

- J'aimerais vraiment vous accompagner mais j'ai rendez-vous avec mon banquier demain, j'irais ce week-end, tu ne m'en veux pas ?

- Non, répondit Sirius d'un ton sec, après tout ce n'est qu'une « date ».

Il fit un bref signe de la main à son ami et sortit du café d'un pas nerveux tandis que Remus soupirait et plongeait son visage dans ses main.

ooo

Severus et Clément se lançaient des regards inquiets depuis qu'ils avaient trouvé leur patron d'une humeur plutôt maussade. Lui qui semblait toujours de bonne humeur s'était déjà énervé contre tout le mobilier, les chaises ne se trouvant jamais à la bonne place et le chiffon pour essuyer les tables n'étant pas assez humide à son goût. Les employés n'avaient rien osé demander, de peur de se faire rembarrer mais commençaient sérieusement à se demander si le rendez-vous de l'après-midi avec son banquier allait pouvoir se faire.

La salle n'était remplie que de deux-trois hommes d'affaires et une étudiante qui venaient prendre leur petit déjeuner, il était un peu plus de huit heures. Clément servait les cafés et Severus réchauffait les viennoiseries. Ce dernier fronça les sourcils en voyant son prétendant passer la porte, ne portant pas son costume habituel qu'il avait pour aller au boulot, son filleul sur les talons, et la même mine voilée que celle de Remus sur le visage des deux nouveaux arrivants.

Sirius le salua d'un signe de la main et chercha Lupin du regard, Harry resta en retrait et s'adossa au bar.

- Tu veux quelque chose à boire gamin ? Lui demanda doucement Snape

- Non merci, c'est gentil.

Le barman n'insista pas et tout les deux portèrent leur regard vers les deux amis qui se parlaient, Sirius une main sur l'épaule de Remus qui le gratifia d'un sourire avant de rentrer dans son bureau et s'en ressortir avec un bouquet de fleurs constitué de Lys blancs et de chrysanthèmes rouges qu'il tendit à son ami.

- C'est l'anniversaire de la mort de mes parents aujourd'hui, lâcha Harry sans détourner les yeux de son parrain.

Severus ne sut que répondre et l'adolescent se tourna vers lui avec un sourire sincère.

- Je suis content que vous lui ayez laissé une chance, ça va lui faire du bien de passer la journée avec vous dimanche. C'est une période qui est toujours assez difficile pour lui.

- Alors il te l'a dit ?

- J'ai surpris une conversation qu'il avait au téléphone avec Remus, il n'a pas été très discret sur ce coup là.

- Le digne fils de son père, marmonna Snape. Harry lui lança un regard interrogateur et le serveur sut qu'il en avait trop dit, alors il détourna la conversation.

- Et pour toi, ce n'est pas une période difficile ?

- Ça me rend triste, c'est sûr, mais je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mes parents, alors ça me touche moins que Sirius, je me souviens juste que mon père était toujours joyeux et très farceur, et que ma mère était douce et le réprimandait toujours en souriant… mais ça vous le savez déjà je me trompe ?

- Non. Dit-il simplement.

Remus attrapa Sirius et le serra dans ses bras, une accolade destinée à lui exprimer toute l'amitié qu'il ressentait pour cet homme encore ravagé par la douleur. Quand ils se séparèrent il passa une main sur sa joue râpeuse et mal rasée et repartit travailler pour oublier que cette journée serait définitivement mauvaise.

Son bouquet de fleurs dans les bras, l'homme d'affaire fit un signe de tête à son filleul et croisa le regard de Severus qui lui fit un sourire, tout petit, juste pour lui donner du courage, et Sirius repartit le cœur un peu plus léger de savoir que son aimé pensait à lui.

ooo

La voiture venait de s'engager sur l'autoroute, ils en avaient encore pour deux heures et demi de route pour arriver au but de leur voyage. Les deux garçons ne s'étaient pas adressé la parole depuis qu'ils s'étaient installés sur les sièges de cuir. Sirius restait concentré sur la route, Harry ne savait tout simplement pas quoi dire. Parfois ils se regardaient avec tendresse, conscients que l'un sans l'autre ils n'auraient pas pu supporter la tragédie d'il y a dix ans.

L'homme d'affaire appuya sur le bouton Play de la chaîne hifi de la voiture et le cd se mit en route, Depeche Mode. Pas vraiment adapté à l'occasion mais bon, John le révélateur était toujours un meilleur compagnon que le silence.

Il amorça un virage pour sortir de l'autoroute et ils roulèrent quelques kilomètres le long des petites routes de bourgogne avant d'entrer dans la petite ville où James et Lily étaient venus vivre quand ils s'étaient mariés. La femme de son meilleur ami avait hérité de la maison de sa grand-mère après sa mort et le jeune couple était venu s'y installer, pour profiter de la nature et d'un grand jardin qui serait bien mieux pour leur petit garçon que les rues sales de Paris. Quand il avait eu la garde d'Harry, Sirius avait refusé de vivre à son tour ici, craignant les souvenirs, et il s'était décidé à la louer à une famille le temps qu'Harry décide quoi faire de son héritage.

Le parking de l'église était vide et c'est avec un pincement au cœur que le brun se rappela le mariage de ses amis, qui s'était passé dans cette même église de type roman, un coup de cœur de Lily qu'elle avait eu quand elle était venue visiter la maison de sa grand-mère.

La tombe des parents d'Harry était située au fond du cimetière qui entourait le bâtiment. Ce dernier attrapa la main de son parrain et le guida à travers les plaques de marbre. Arrivé devant celle en question il s'occupa d'enlever les feuilles mortes qui la recouvraient, la balaya avec une petite balayette pour enlever la Terre, il remplit le bénitier et déposa les deux bouquets qu'ils avaient apporté, le leur composé de marguerites roses et rouges, et celui de Remus. Sirius n'avait pas bougé, il fixait la tombe sans un mot, sans une larme.

Une fois sa tâche finie, il se leva et fit le signe de croix avec une petite branche de sapin avant de faire une prière silencieuse. Il n'était pas vraiment pratiquant mais Harry croyait en Dieu, de même pour son parrain qui l'emmenait tout de même à la messe les jours de fête. Celui-ci attrapa à son tour la petite branche de sapin et Harry attrapa sa main avant de parler d'un ton hésitant.

- Salut Papa, Maman. J'espère que tout se passe bien là haut. Moi je vais plutôt bien, ne vous en faites pas, en plus je travaille bien à l'école, Sirius lève les yeux au ciel au moment où je vous parle mais c'est parce que je ne lui ai pas encore annoncé que j'avais eu 15 à mon devoir de math et que je vais peut-être pouvoir aller en S, c'est génial non ? Vous me manquez, je vous aime.

Harry refit le signe de croix et embrassa Sirius sur la joue avant de rejoindre la voiture, son parrain avait besoin d'être seul. L'homme d'affaire s'accroupit et observa la tombe où reposaient son meilleur ami et sa femme. Une larme coula sur sa joue et il ne put réprimer un sanglot.

- Je vous imagine bien en train de vous foutre de moi de là haut vous deux, dit-il avec tendresse. Sirius Black qui chiale comme une femmelette... enfin bon. Vous avez vu ? Ryry a bien grandi, il a eu sa première copine il y a deux semaines, ça a duré en tout et pour tout deux jours, et vous savez quoi ? Je crois bien que c'est dans les gênes, les Potter peuvent pas rester longtemps avec quelqu'un tant que ce n'est pas avec leur moitié, on l'a vu avec vous et j'imagine qu'avec Harry ça fera la même chose.

Sirius inspira profondément, les larmes dévalant toujours ses joues.

- Remus est désolé de pas pouvoir venir aujourd'hui, il a rendez-vous cet après midi avec son banquier, il voudrait obtenir un emprunt pour pouvoir aménager l'arrière du café, histoire qu'il soit plus grand, il a des grands projets, il lui manque plus que les sous, je pense qu'il viendra vous voir dimanche. Si vous pouvez, faites une petite prière pour lui, vous lui manquez autant qu'à nous. Au fait James, vieux brigand, fallait que je te dise quelque chose. C'est difficile mais il fallait que je t'en parle avant d'aller plus loin. Tu te rappelle l'été de nos dix-huit ans ? On s'était engueulé parce que je t'avais dit que j'étais gay et qu'en plus Snape m'attirait. Faut que je te dise… en fait Snape travaille au café avec Mumus depuis quelques temps, et le revoir a remué des choses en moi… James, je crois que je suis amoureux. Je t'ai menti quand il y a dix-huit ans je t'ai dit que je l'oublierais, je ne l'ais pas oublié du tout. Je suis sincèrement désolé vieux frère.

Sirius chercha un mouchoir dans sa poche et essuya ses yeux avant de se moucher fort peu élégamment et de rire doucement.

- Lily, je sais que tu serais devant moi, tu me dirais de ne pas me moucher comme un éléphant. Bon, pour en revenir à nos moutons, je sais que vous voulez mon bonheur alors je me permets d'espérer que vous accepterez mon choix si je vous assure qu'être avec lui me rend heureux. Il est sarcastique, moqueur, taciturne, mais je me sens bien avec lui. Peut-être que je m'avance un peu trop en m'imaginant déjà en couple, mais il m'a demandé de passer la journée avec lui dimanche alors peut-être que je lui plais finalement. Priez pour moi mes chéris.

Le brun avait un sourire tendre, il caressa du bout des doigts le marbre froid avant de conclure plus doucement.

- La vie est dure sans vous, dix ans que vous êtes partis et je crois que je vous en veux encore de m'avoir laissé. Je vous aime malgré tout, vous êtes mon frère et ma sœur. Allez, à la prochaine, amusez vous bien avec les anges.

Après un dernier regard, il rejoignit la voiture où Harry l'attendait et il prit son filleul dans ses bras, le serra fort et ils reprirent la route, le cœur léger.

ooo

Ils étaient rentrés depuis deux heures, Harry était allé directement se coucher. Le son du vibreur posé sur le micro-onde se fit entendre. Pas de problème pour savoir où il se trouvait, l'appareil faisait trembler le four, émettant un son peu harmonieux. Sirius soupira et sortit du canapé sur lequel il était affalé pour chercher son portable. Sur l'écran, le nom de Severus Snape s'affichait.

- Allo ? Dit-il un peu surpris

- Black, c'est moi.

- Je sais, tu as un problème ?

- Non pas vraiment, je voulais… juste savoir comment tu allais.

Le brun ne répondit pas tout de suite, étonné que Snape l'appelle juste pour savoir comment il allait. Est-ce qu'il s'inquiétait ? L'idée le fit doucement sourire.

- On fait aller on va dire.

- Déprime pas trop hein ?

- Tu t'inquiète pour moi ?

- Disons que tu vas avoir du mal à me séduire avec une tête de cent pieds de long.

- C'est vrai, admit Sirius avec un sourire amusé, Severus semblait gêné qu'il ait compris qu'il s'inquiétait pour lui alors il répondait avec dérision. Merci d'avoir appelé, ça me fait plaisir, ajouta t-il.

- C'était le but

- J'ai hâte d'être à Dimanche, bonne nuit.

-Bonne nuit Black.

ooo

Quinze minutes de retard. Quinze minutes à poireauter dans le froid. Snape tapotait du pied en regardant sa montre et jeta un regard éclair au brun qui courait vers lui en lui faisant des signes de la main. Même pas fichu d'être à l'heure et en plus il se faisait remarquer.

- Severus, je suis vraiment désolé pour le retard

- Où as-tu appris les règles de la ponctualité Black ?

Sirius lui fit un regard de chien battu et son ami leva les yeux au ciel.

- Bref, passons. J'ai déjà acheté les billets, tu viens ?

L'homme d'affaire le suivit à l'intérieur de la pyramide où ils firent scanner leurs sacs aux rayons X avant de se retrouver dans le hall, qu'il trouva immense. Et si le hall était immense… bah le musée le serait encore plus. C'était pas pour rien que c'était le plus grand du monde.

- T'es déjà venu ici ? demanda Severus.

- Tu veux dire… de mon plein gré ? Me regarde pas comme ça, oui je suis venu, vers quinze ou seize ans, avec le lycée.

Le serveur ne dit rien mais n'en pensait pas moins.

- Tu veux commencer par quoi ?

- Je te suis.

Et Severus prit le commandement des opérations. Première étape, les salles égyptiennes et grecques. Ils prirent donc l'escalator pour se rendre dans l'aile « Sully » du Louvre et Sirius se prépara psychologiquement à une journée… soyons optimiste, très ennuyeuse. Parce qu'il s'attendait à devoir rester jusqu'à la fermeture, Severus avait déjà voulu qu'ils arrivent dès neuf heures du matin, heure d'ouverture, alors il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin.

Et ça faisait déjà une petite heure qu'ils déambulaient à travers les couloirs et les salles de la galerie égyptienne, Snape prenant son temps devant tout ce qui avait de l'intérêt à ses yeux, essayant de faire partager ses connaissances à son ancien ennemi. Il avait disserté pendant plusieurs minutes sur la vie de Ramsès II quand ils étaient passés à coté de la statue du pharaon en question, et il expliquait à présent la technique de la momification à un Sirius blanc comme neige, insistant bien sur les technique de conservation des organes et sur la manière d'extraire le cerveau pour le remplacer par de la résine.

- Et puis les familles gardaient aussi les corps des pharaons et des très belles femmes deux ou trois jours avant de les remettre aux embaumeurs, ils avaient peur qu'ils abusent d'eux.

- Charmant, répondit Sirius avec une moue dégoûtée qui fit rire son ami.

L'aile égyptienne fit place à la Grèce antique. Les statues de marbres se succédaient, l'homme d'affaire ne semblait pas connaître un dixième des personnages qui lui étaient présentés. Alors que son aimé était en pleine admiration devant une statue de Dionysos (d'après lui), il s'approcha d'une sculpture d'un éphèbe et la détailla. Bon, d'accord, c'était bien fait, le mec représenté était vraiment beau, ça il devait bien l'avouer.

- Tu sais pourquoi les grecs représentaient toujours des tout petits phallus ? Souffla une voix grave à son oreille, le faisant sursauter.

- Hein? Il se tourna vers Severus qui le fixait avec une lueur malicieuse dans ses yeux noirs.

- Le phallus, tu sais pourquoi il est tout petit ?

- Euh… c'est pas comme si je m'étais posé la question…

- Les grecs étaient des hommes qui devaient contrôler leurs pulsions, le sexe servait à la procréation, il ne fallait pas céder à la bestialité et coucher à tout va. Or un gros phallus était le symbole de la bestialité, de la lubricité infâme, à l'inverse un homme à petit sexe représentait l'intelligence, la vertu et le raffinement.

- Ils ne pouvaient pas porter des pantalons tout simplement ?

- Tu es désespérant.

- Je rigolais. Bon, alors explique moi pourquoi il y en a qui en ont des gros ?

- Comme le dieu pan, là à coté ? Oui, il est représenté avec un sacré appareil, mais c'est parce qu'il est mi-homme mi-bouc. Sinon tu as les satyres. Les acteurs de théâtre portaient des faux membres en érection.

Sirius papillonnait des yeux sous le coup de l'information. Snape lui parlait de sexe comme on parlait de la météo. Mais ce qu'il ne savait pas, c'est que son ami s'amusait beaucoup. Ce dernier était parfaitement conscient que le brun s'ennuyait comme un rat mort alors autant profiter de cette visite pour l'instruire un minimum, et il avait trouvé l'étude des changement de couleurs de son visage très intéressante. Aussi il avait envie de savoir jusqu'où il irait avant de craquer. Pour l'instant il l'avait suivi sans rechigner, bon point pour lui. Il était déjà une heure et demie quand il lui annonça qu'ils allaient aller dans l'aile « Denon » à présent, là où il y avait essentiellement de la peinture. Il dut réprimer un rire au hochement de tête quelques peu forcé mais qui se voulait enthousiaste qu'il eut comme réponse.

- C'est là bas qu'il y a la galerie des glaces ? Demanda Sirius avec innocence.

Severus ouvrit la bouche, puis la referma et fixa l'homme qui l'accompagnait qui semblait à présent se liquéfier sur place sous ses yeux noirs. Il retint de justesse un sarcasme et répondit avec froideur.

- La galerie des glaces c'est à Versailles.

- Oh… Pardon.

- Pas grave, tu sais au moins ce qu'est la Joconde ?

- Oui, comme tout le monde, d'ailleurs le Da Vinci Code je l'ai dévoré.

Le Da Vinci Code… Quelle référence, vraiment…

Le temps passa, et Sirius se dit que vraiment, les peintures c'était pire que les sculptures. Severus semblait plongé dans ses pensées, avait sortit un calepin qu'il noircissait assidument, et il semblait complètement l'avoir oublié. Nouvelle technique en fait. Du coin de l'œil il le voyait regarder d'un œil de poisson mort un tableau d'Arcimboldo, cherchant sûrement la logique des choses. Finalement il se décida à demander à Severus.

- Dis-moi, pourquoi ce gars a-t-il eu le besoin de représenter des visages avec des fruits ?

- Il a juste cherché à exprimer sa créativité

- Avec des poires et des kiwis ?

- C'est de l'art Black, ne cherche pas, admire simplement.

Face au regard désespéré de Sirius devant ce tableau qu'il cherchait en vain à décoder - tout en y mettant un certaine bonne volonté, mais le dandinement qu'il faisait sur ses pieds signifiait clairement qu'il était fatigué de piétiner – Severus éclata de rire.

- Arrête de te foutre de moi, répliqua Sirius en essayant de lui écraser le pied pour se venger, sans succès, le serveur était déjà plus grand que lui mais aussi extrêmement agile.

- Ecoute Black, lui dit-il une main posée sur son épaule, je ne vais plus que dans la galerie Michel-Ange et après je t'emmène dîner, ça te va ?

Le visage du brun sembla s'éclairer à ses paroles.

- C'est vrai ?

- Si je te le dis.

- Alors je rajoute une condition.

- Dis toujours, dit le serveur avec méfiance.

- Je veux que tu m'appelle par mon prénom. J'en ai marre de Black par ci, Black par là.

- D'accord Sirius, répondit il avec douceur.

Ils suivirent le plan et arrivèrent dans la galerie en question. A l'inverse du reste de l'aile, l'endroit était lumineux, grâce à toutes les baies vitrées qui le longeaient. Severus commença un discours sur la beauté des sculptures italiennes, de la technique et de la délicatesse des sujets, pendant que Sirius, un peu en arrière se disait rêveusement que la seule œuvre d'art qui l'intéressait dans cette pièce était l'homme aux cheveux noirs.

Au bout de quelques minutes de silence pendant lequel Snape avait contemplé une sculpture de Michel-Ange, il se tourna pour voir où était son ami, et le trouva en train d'admirer une œuvre qu'il jugeait lui-même magnifique, ce qui le fit sourire avant de le rejoindre.

- Ça te plait ?

- C'est splendide, qu'est ce que c'est ?

- Psyché ranimée par le baiser de l'Amour. Une œuvre de Canova. Je ne connais pas beaucoup de gens qui, en passant par ici ne se soient pas arrêté devant elle.

Les deux hommes cotes à cotes continuèrent à contempler l'œuvre du sculpteur italien, sans vraiment y penser, appréciant juste le contact de leurs épaules l'une contre l'autre. Finalement ils se regardèrent avec un sourire timide et d'un accord tacite prirent la direction de la sortie.

- Severus…

- Quoi ?

- J'ai mal aux pieds.

- Pauvre chéri, railla le serveur. Tu ne veux tout de même pas que je te porte comme un enfant ?

- Pourquoi pas ?

Il leva les yeux au ciel et finalement lui tendit la main que le brun attrapa. Non, vraiment, il ne se reconnaissait pas, il n'avait pas l'habitude d'avoir des gestes aussi tendres, pourtant garder cette main chaude contre sa paume était agréable alors il décida de juste en profiter, sans se poser de questions.

Sirius avait le cœur qui battait la chamade alors qu'ils traversaient le jardin des tuileries. La main large de son aimé enveloppant la sienne semblait presque irréelle. Ils marchèrent jusqu'à une bouche de métro où ils s'engouffrèrent, menés par Severus. Leurs mains ne se lâchèrent que pour passer les cartes sur la borne d'entrée du métro et le trajet se fit dans le silence, jusqu'à ce que Snape lui signale d'un signe de tête qu'ils étaient arrivés à la bonne station.

Ragaillardi par l'idée d'un bon repas après une journée entière à vadrouiller à travers les œuvres d'art, bien qu'il ne soit que dix-sept heures, Sirius fit un sourire satisfait et Severus se dit qu'il ne lui fallait pas grand-chose pour être heureux.

- Alors, tu m'emmène où comme ça, demanda le brun une fois de retour dans les rues froides de la capitale.

- Restaurant russe, ça te va ?

- Jamais goûté

- Eh bien c'est ta journée des découvertes, aujourd'hui, tu auras découvert que les musées ne mangent pas et en plus tu auras élargi ton répertoire culinaire.

L'homme d'affaire lui tira la langue et Snape leva les yeux au ciel.

Le repas fut plutôt bon, Sirius fut très emballé par le Koulibiak qui lui fut servi en entrée, bien qu'il le mangeât avec prudence à la suite d'une anecdote de son ami qui lui raconta comment, après avoir sortit un koulibiak offert par sa proprio du micro-onde, le met composé de saumon et d'œuf entourés de pâte feuilleté explosa et recouvrit son plafond, juste au moment où il voulut le couper (NdA : véridique ^^). Il se jeta comme un affamé sur le bœuf Stroganov qui suivit, sous les yeux amusés de Severus, tout de même assez content que ça lui plaise à ce point, sans pour autant le montrer. Quand vint le moment de commander les desserts, le sujet sur la gastronomie russe semblait épuisé et ils ne surent plus de quoi parler en attendant qu'on les serve.

- Alors, le Louvre t'a plu ? Demanda le serveur finalement.

- Oh oui, c'était… passionnant. Vraiment, c'était… très beau, très agréable.

- Ça va te fatigue pas, lui répondit Severus en riant doucement. J'ai bien compris que ce n'était pas ton truc les musées.

- C'est pas vrai, d'ailleurs j'ai trouvé super intéressante l'histoire des statues grecques.

- Je savais que tu aimerais, dit malicieusement Snape en finissant son verre de vin.

- Mais sinon je ne mens pas quand je te dis que j'ai passé une journée agréable.

- C'est vrai ?

- Bien sûr, tu étais avec moi, dit Sirius comme si c'était une évidence, son aimé le fixa de ses yeux noirs, les joues légèrement teintées de rose.

- En fait, j'aurais voulu te demander… reprit-il plus doucement d'un ton hésitant, Severus l'encouragea d'un regard. Enfin voilà, comme je ne sais pas grand-chose sur ta vie passée, je voulais savoir comment ça s'était passé au niveau… affectif.

L'homme en noir sembla réfléchir quelques instants avant de reprendre une gorgée de vin.

- Je ne me suis jamais engagé si c'est ce que tu veux savoir.

- Jamais ?

- En général mes compagnons étaient plus des partenaires sexuels que de réels petits amis, je n'ai jamais senti le besoin de m'attacher à quelqu'un même si certains auraient bien voulu.

Devant le silence de Sirius, Severus fit la grimace, il l'avait blessé apparemment. Il soupira et reprit.

- Je ne suis pas un homme facile à vivre Sirius. Je suis extrêmement indépendant et je m'attache difficilement aux gens.

- Tu as déjà été amoureux ?

- J'estime que le sentiment amoureux est un sentiment capable de rendre faible le plus fort des hommes.

- Tu as tord, c'est un sentiment capable de rendre fort le plus faible des hommes. Dis moi, as-tu peur de l'engagement où bien est ce que tu n'as pas trouvé la personne ?

- Difficile à dire, je n'y avais jamais réfléchis.

- Quand tu m'as pris la main tout à l'heure, était-ce un geste que tu faisais fréquemment avec tes anciens amants ?

Severus ne sut que répondre. Non, il n'avait jamais fait cela spontanément avec qui que ce soit, ce n'est pas non plus comme s'il en avait un jour ressenti le besoin. Mais avec Sirius c'était venu tout naturellement, comme si c'était normal, comme si sa main se trouvait à sa place contre les doigts chauds de son prétendant.

- Je ne sais pas pourquoi tu te condamne à la solitude mais ce que je sais, c'est que de mon coté je ne recherche pas qu'une simple histoire de cul avec toi.

- Pourquoi t'embarrasserais-tu d'un mec comme moi ?

- Merde la question n'est pas là, je t'ai choisi, point barre. Et si ça ne te suffis pas, sache que ça fait dix-sept ans que je t'ai choisi. Pourquoi crois-tu que durant toutes ces années je n'aie pas été capable de rester avec quelqu'un plus de quelques mois ? Ils n'avaient pas ton regard, ils n'avaient pas ton visage, ils n'avaient pas ton caractère, et pourtant ce n'est pas faute d'avoir cherché. Et j'ai de bonnes raisons de penser que je te plais, ne serait-ce qu'un minimum, je me trompe ?

- Non, répondit Snape de façon presque inaudible, abasourdi par les paroles de son ami.

- Alors arrête de rejeter chaque personne qui tente de t'approcher au lieu de te refermer sur ta carapace. Et puis fais ce dont tu as envie, vis ta vie au lieu de penser toujours que personne ne peut t'aimer pour ce que tu es. C'est d'accord ?

Sirius hocha la tête et planta sa cuillère dans son dvarojnik que le serveur venait de lui apporter. Sirius avait retrouvé son air de gosse et savourait son dessert avec plaisir.

- C'est super bon, c'est fait à partir de quoi ?

- De dvorog, comme le dit son nom. C'est une espèce de fromage blanc russe, tout simplement dégueulasse quand il est tout seul, c'est tellement sec que tu ne peux pas l'avaler tant que tu n'as pas rajouté une tonne de crème.

Ils finirent leur dessert et s'attardèrent encore un peu pour parler de tout et de rien, juste pour passer encore un peu de temps ensemble. Vers vingt heures, Sirius déclara qu'il fallait qu'il s'en aille, il devait être au boulot à sept heures et demi le lendemain matin et son filleul voulait absolument qu'ils se regardent un DVD ensemble ce soir. Snape paya l'addition et le proposa de le raccompagner chez lui, il accepta.

Arrivés en bas de l'immeuble de Sirius et Harry, ils se regardèrent en souriant.

- Je vais te laisser Sirius, merci de m'avoir accompagné.

- C'était un plaisir, et merci pour le dîner.

Sirius se mordait légèrement la lèvre, visiblement il voulait lui demander quelque chose sans oser le faire. Severus leva un sourcil pour l'encourager et le brun s'approcha doucement, leva la tête pour être à sa hauteur et déposa délicatement un baiser sur ses lèvres, juste un petit effleurement. Snape ne se dégagea pas, ses muscles semblant ne plus vouloir lui répondre et quand son ami se fut détaché de lui, légèrement gêné par le regard indéchiffrable de son aimé et dansant d'un pied sur l'autre, il passa doucement sa main sur sa joue et s'en alla en lui soufflant un « au revoir Sirius ».

ooo

- Salut la compagnie !

- Salut Sirius.

- Bah Mumus ! T'es tout seul ?

- C'est pas le mardi matin que je fais mon plus gros chiffre d'affaire tu sais ?

- Mais je parle pas des clients, tes employés, ils sont où ?

- C'est le jour de congé de Clément et Severus est sortit, il avait un papier à chercher au commissariat ou un truc comme ça, j'ai pas très bien compris l'histoire.

Remus observa son meilleur ami s'assoir mollement sur une chaise contre le bar, la mine clairement déçue.

- Repasses ce soir, il sera là normalement.

- Oui mais ce soir je dois bosser sur ce putain de dossier

- T'as l'air effondré, se moqua Remus. Pourtant ça ne fait que deux jours que tu ne l'as pas vu

- Laisse tomber tu peux pas comprendre, lui répondit Sirius d'un air théâtrale.

- J'ai très bien compris, je suis sûr que ça fait deux jours que tu te languis de lui.

- Tu n'as pas idée.

- En plus tu ne nies pas ? Vous êtes en progrès monsieur Black.

- A quoi bon, tu as du le savoir avant moi que j'étais amoureux de lui.

- En même temps ça crève les yeux.

- Mon patron m'a fait la morale, soit disant que j'ai la tête dans les nuages depuis quelques jours. On voit bien qu'il n'a jamais vu Severus parler des phallus grecs durant une visite au Louvre, c'était tellement sexy, sa voix grave qui roulait près de mon oreille… hum, que du bonheur.

- Quoi ?

- Bah oui, tu savais que les petits zizis signifiaient la fertilité et les gros l'infamie, ou un truc comme ça, j'ai pas bien retenu mais…

- Sirius épargne moi les détails s'il te plait, gronda son ami en grimaçant. Et puis d'ailleurs j'ai pas compris, vous êtes ensemble ou pas ?

- Non, on est pas ensemble, marmonna l'homme d'affaire. Et d'ailleurs c'est pas gagné. Même s'il ne m'a pas rejeté quand je l'ai embrassé avant qu'il parte. J'ai l'impression qu'il y a un truc qui le bloque, il a peur de se mettre avec quelqu'un pour une raison qui m'échappe.

- Ne le presse pas, tu n'obtiendras rien de bon comme ça.

- Mais il me manque, et le seul moment où j'arrive à me libérer il est pas ici.

- Amoureux transi, va. T'as qu'à lui téléphoner ?

- Je ne suis pas sur qu'il apprécierait… grimaça Sirius, tu le vois babiller des « je t'aime » au téléphone toi ? Mouais, moi non plus.

- Et Harry, ça va ? Demanda Remus pour changer de sujet.

- Harry ? Il est bizarre ces derniers temps. Il reste des heures dans sa chambre, il est taciturne, Ron est venu plusieurs fois pour lui parler mais même lui ne sait pas ce qui ne va pas. Je commence à m'inquiéter, il a refusé d'aller à l'entraînement hier soir sous prétexte qu'il n'était pas dans son assiette. Tu crois que c'est la crise d'ado qui pointe le bout de son nez ?

- Tu ne crois pas qu'il pourrait être amoureux ?

- Mais il me le dirait, j'en suis sûr.

- Mais bien sûr. C'est pour ça qu'il a fallu que Ron te le dise pour que tu sache qu'il sortait avec Cho, railla le patron. Et puis la crise d'ado si ça se déclare c'est plus tôt.

- Mais ce serait quoi alors ?

- Il ne t'a pas parlé d'un truc qui le tracasse en ce moment ? Demanda Remus, tout de même soucieux.

- A part le sujet Malfoy qui ressort souvent je ne vois pas.

- Le sujet Malfoy ?

- Oui, cette cruche de Cho lui a dit qu'il devait revoir son orientation sexuelle parce qu'il passait son temps à se plaindre de Malfoy. Et depuis il me sort tous les arguments du monde pour me prouver qu'il n'est pas gay.

Remus leva les sourcils et rigola doucement. De son coté Sirius sembla comprendre quelque chose et ouvrit la bouche de stupéfaction.

- Non, ne me dis pas que…

- Je ne sais même pas comment tu as pu ne pas y penser plus tôt, pouffa son meilleur ami.

- Tu crois vraiment que c'est ça ?

- Je ne suis sûr de rien mais ça me paraît possible. S'il le prend de la sorte c'est sûrement parce que découvrir à quinze ans qu'on est attiré par les garçons c'est tout de même assez jeune.

- Bordel de merde…

- Relativise, son propre parrain est gay, si on a de la chance, une fois le choc passé il l'acceptera plus facilement.

- Oui mais tout de même, que ça lui tombe dessus si jeune, et s'il y avait autre chose en plus ?

- Tu n'as qu'à aller lui parler, moi je ne peux pas te dire ce qui se passe dans la caboche de ce môme.

Sirius hocha la tête et soupira quand son téléphone vibra, dévoilant un sms de son collègue qui lui disait de rentrer à l'agence immédiatement pour un cas d'extrême urgence. Sûrement la photocopieuse qui était tombée en panne…

ooo

Severus apporta un café à la table deux et alla chercher les trois Orangina que des étudiants venaient de lui commander. Pour un vendredi après-midi, il y avait relativement beaucoup de monde au café et il était seul pour satisfaire toutes les commandes, Remus étant parti en urgence il y a une heure, sa voisine lui ayant signalé un dégât des eaux dans son appartement et Clément étant malade… officiellement. En soit il arrivait à gérer tous les clients mais il n'avait pas une minute de répit. Son patron lui avait promis de revenir dès que possible pour l'aider à assurer le service du soir mais si le ballon d'eau chaude avait réellement lâché, il en aurait pour un bon bout de temps.

Alors qu'il s'occupait d'une bière pression, en évitant de ne pas mettre de mousse partout, il releva la tête et sursauta en voyant un visage familier tout près du sien. Sirius s'amusa de l'effet et Severus lui jeta un regard noir qui ne le déstabilisa en rien, au contraire, son immense sourire s'élargit.

- Tadaaam ! Super Sirius à la rescousse, toujours là pour sauver les Severus en détresses. Remus m'a appelé à l'aide, l'eau chez lui arrête pas de couler et il doit attendre le réparateur.

Pour toute réponse Snape lui fourra dans les mains un plateau avec deux bières en lui disant que c'était pour la table cinq, et il s'appuya contre la tablette en marbre, heureux de s'accorder cinq minutes de pause.

Sirius revint presque aussitôt avec les verres sales de clients qui venaient de partir posa le tout dans l'évier de la petite cuisine attenante.

- Il me faudrait une Margarita, un Mojito et un Black Jack pour les trois gars qui jouent au billard, récita de tête le brun.

- Margarita… ok, Mojito… euh… ça me revient,… putain de merde c'est quoi déjà un Black Jack… marmonna le serveur pour lui-même.

- Brandy, Café et Kirsch, lui lança Sirius avec un clin d'œil, et oublie pas, la clé c'est de bien shaker.

Severus se mit immédiatement au travail et remercia intérieurement son patron de lui avoir envoyé son ami, il aurait été bien embêté tout seul. Les clients de soirée commençaient à pointer le bout de leur nez et avec eux les commandes les plus compliquées. Remus lui expliquait de temps en temps les recettes des cocktails qui ressortaient le plus souvent mais une fois seul c'était une autre affaire.

Les deux hommes continuèrent tout les deux jusqu'à la fermeture, ne s'accordant aucune pause et vers vingt-trois heures quarante-cinq les derniers clients s'en allèrent, Sirius s'affala sur une chaise haute devant le bar.

- Tu sais qu'on doit encore passer la serpillère, nettoyer les tables, s'occuper de la caisse…

- Je sais Severus. Mais laisse-moi cinq minutes pour récupérer.

Le serveur hocha la tête et alla chercher deux Perriers dans le frigo situé sous le bar puis s'assit à coté de Sirius.

- Merci d'être venu

- Arrête, je sais bien que le vendredi soir c'est la folie, et tout seul tu n'y serais pas arrivé.

- Douterais-tu de mes capacités ? Demanda le barman faussement vexé.

- Jamais je ne me permettrais, rit son ami.

- J'aime mieux ça.

L'homme en noir fixait pensivement sa bouteille en faisant tourner le liquide à l'intérieur.

- Tu m'as l'air bien soucieux, fit remarquer le brun.

- Rien d'important…

Sirius fronça les sourcils, quelque chose qui rendait triste son Severus adoré n'était pas ce qu'on pourrait qualifier de « rien d'important ». Pourtant, il savait que l'homme ne lui dirait rien alors il n'insista pas et dit simplement en finissant sa boisson.

- Tu sais que si tu veux parler je serais toujours là pour toi.

Severus hocha la tête avec un timide sourire et déclara qu'il était temps de se remettre au boulot. Jusqu'à minuit et demi ils passèrent la serpillère, passèrent des coups d'éponge sur le bar et les tables, comptèrent les sous dans la caisse, firent la vaisselle et allèrent mettre les bouteilles vides dans les cagettes de la réserve, avant de fermer le bar.

- Tu veux que je te ramène chez toi ?

- Je ne suis pas en sucre Black, et puis on habite sur la même ligne de métro.

Devant l'air blessé de son vis-à-vis, Severus ricana et il lui ébouriffa les cheveux avant que tout les deux ne se mettent en route vers la bouche de métro la plus proche.


à suivre...


J'espère que ça vous a plu, à bientôt :)