Guest : Ta théorie sur les vies antérieures étaient plausibles mais comme j'ai déjà utilisé l'idée dans une autre fanfic, je ne la reprendrai pas x) J'espère que cela continuera à t'intriguer un peu.
Voilà la suite. Bonne lecture !
Emma éprouvait un soulagement notable lorsqu'elle se réveillait dans la peau de ce palefrenier. Il avait une famille aimante et même si les conditions de vie ne valaient pas sa vie new-yorkaise, elle s'y sentait à l'aise.
Emma aidait son père à nettoyer le box. Elle rabattait la paille avec un râteau. Son père arriva, les rennes d'un cheval à la robe marron à la main.
- « Mon fils, il faudrait que tu lustres ce cheval.
- Ok, répondit Emma sans même relever la tête.
- Quoi ? », demanda son père sans comprendre.
Ce mot n'existait pas encore. Emma devait se reprendre.
« Oui », répondit la voix rauque de Daniel.
Puis, elle croisa le regard de ce cheval dont le front était blanc. Elle fronça les sourcils il lui rappelait un autre cheval.
- « Oui, tu as vu son père alors qu'il n'était qu'un jeune poulain, lui confirma son père. Voici son fils. Il est devenu grand, hein ?
- Ah c'est lui ? Il est vraiment devenu immense. Il lui ressemble beaucoup.
- Il est devenu le cheval de Regina. Il est très docile et très doux, c'est un bon cheval. »
Emma se rappela effectivement ce prénom, l'homme lui en avait parlé, il y a longtemps. Le père continua :
- « Je commence à me faire vieux alors j'aimerai bien que tu donnes les cours à ma place.
- Hein ?, s'étonna Emma. Des cours de quoi ?
- D'équitation, évidemment, rit son père.
- Mais je ne peux, je ne sais pas.
- Tu t'occupes des chevaux avec moi depuis des années.
- M-Mais...
- Tu verras, Regina n'est pas aussi effrayante que l'est sa mère. »
Le regard bleu s'assombrit, il prit un air grave qu'Emma ne lui avait encore jamais vu au cours de ses venues.
« N'oublie jamais, Daniel, quelle que soit la situation, peu importe, si Madame te dit quelque chose, fait-le. Elle n'hésitera pas à utiliser sa... sa magie. »
Il avait dit cela du bout des lèvres comme si le simple fait de le dire aurait pu lui attirer un mauvais coup du sort. Emma répété, hébétée :
- « Sa magie ?
- Oui. Elle n'a pas hésité à s'en servir contre moi lorsqu'elle estimait que je n'étais pas assez rapide à obéir. Elle s'en sert contre sa propre famille alors tu penses bien que des paysans comme nous... »
L'homme mit fin à la conversation puis donna les rennes à son fils. Emma mesurait à peine la tâche qui lui incombait.
Tala se rendait compte que les venues de ce mystérieux inconnu, se faisaient aléatoirement. Elle n'avait rien trouvé pour corréler les apparitions : ni la lune, ni les étoiles, ni le calendrier latin ne pouvait expliquer cela.
Elle avait entrepris d'aider Daniel au mieux dans son apprentissage du monde moderne. Elle avait dû se rendre à l'évidence : il ne savait ni lire, ni écrire et d'après ce qu'il en disait, cela était dû à son rang de classe inférieure. Il apprenait un peu plus à chaque fois qu'il venait.
L'autre entreprise de grande envergure avait été de remplacer Emma à son travail. C'était un véritable travail de détective que de comprendre ce que devait faire Mlle Swan. Ils avaient dû éplucher les dossiers, fouiller l'ordinateur avec minutie. Elle n'écrivait rien de manière pédagogique, tant et si bien que Tala pensait parfois qu'elle cryptait les tâches qu'elle avait à faire.
Tala et Daniel avaient ainsi traqué ceux qui fuyaient leur rendez-vous avec l'agent de probation, remonté les bretelles de certains.
Daniel avait trouvé un dossier dans la table de nuit. Il y avait trouvé un article de journal qui relatait de la trouvaille d'un nourrisson dans un forêt, des adresses et des noms de familles d'accueil. Tala lui avait expliqué tout ce que cela voulait dire.
- « Je pensais qu'elle était solitaire à cause de son travail..., lui confia Tala. Je ne savais pas qu'elle était orpheline.
- Je suis triste pour elle... »
Daniel reposa le dossier sur le comptoir de la cuisine. Il caressa d'une main soucieuse le visage de cette femme qui avait du traverser tant d'épreuves.
- « Tala, tu la connais bien ?
- Oh tu sais, je ne la croise pas souvent, elle n'a pas des horaires faciles... Et puis on ne s'échange que quelques mots quand on se croise.
- J'aimerai beaucoup lui écrire. », pensa Daniel tout haut.
Tala regarda la main fine de la jeune femme tracer un message sur une feuille de papier. Le trait était encore peu assuré voire tremblotant.
Emma se tenait bien droite dans ses bottes. Sa chemise était aussi claire que cela lui était permis, à savoir d'un blanc passé qui tirait sur le gris. Un vieux monsieur lui ouvrit, elle fit s'incliner le corps du jeune palefrenier et suivit le maître dont le crâne commençait à se dégarnir. Emma remarqua la finesse de l'étoffe de son costume et mesura l'écart entre sa classe et la sienne.
- « Cela me fait plaisir de savoir que vous acceptez de donner des cours à ma fille, déclara-t-il en guidant Daniel dans le petit salon.
- Oui. »
Elle préférait ne pas s'appesantir sur sa réponse mais elle aurait bien rétorqué qu'en tant que sous-fifre, elle n'avait pas son mot à dire. Et puis, son père le lui avait demandé.
Emma observa du coin de l'œil la décoration surchargée de boiseries et de dorures, habillée de tapisseries variées.
Dans le petit salon, se trouvait deux canapés face à face, avec une table basse qui proposait une théière fumante accompagnée de tasses et soucoupes assorties. Une jeune femme buvait son thé. Elle reposa le thé dans sa soucoupe et se leva pour saluer le palefrenier.
Emma s'inclina encore. C'était donc la fameuse Regina à qui elle devrait donner des cours. Elle avait de ces têtes des filles qui prennent place au premier rang dans la sale de classe, celui qui jouxte le bureau du professeur. C'était le genre de personnes à se confirmer aux attentes, ne jamais rien transgresser.
- « Vous voulez une tasse ?, lui proposa Regina.
- Volontiers. »
Emma tourna négligemment son thé. Elle trouva le goût digeste l'eau était ici une denrée dont la pureté était rare. Elle était généralement trouble avec un goût qui frisait l'écœurement pour quelqu'un qui n'avait connu que l'eau minérale. Emma but une gorgée de thé avec réserve, les plantes groupies dans l'eau, ce n'était pas sa tasse de thé. Elle se demanda avec langueur, quand le chocolat serait enfin découvert.
- « J'aimerais apprendre à monter, entonna Regina.
- N'est-ce pas ce que mon père vous a déjà appris ?
- Il m'a appris à monter en amazone et à faire quelques pas esthétiques à Rocinante mais je voudrais apprendre à monter comme un homme.
- Il vous faudra un pantalon d'homme dans ce cas.
- Cela ne me dérange pas, s'empressa d'ajouter Regina. Je voudrais apprendre à sauter des obstacles. »
La demande étonna Emma. Cette dernière abandonna sa tasse dans sa soucoupe, se résignant à l'abandonner sans l'avoir complètement vidée.
« On dirait que vous chercher un moyen de vous enfuir. » ironisa la palefrenier.
Regina rougit jusqu'aux oreilles. Se rendant compte du malaise et de l'éventuel transgression des classes, Emma s'excusa.
- « Quand voulez-vous commencer ?, demanda-t-elle.
- Le plus tôt possible. Il me tarde. Que pensez-vous de demain ? »
Emma hocha la tête. Elle n'avait pas tellement le choix, c'était Regina la princesse après tout, pas elle.
Emma constata non sans une once d'angoisse et de satisfaction qu'elle était toujours dans la peau du jeune homme. Elle s'apprêta. Elle se rendit au plus vite dans les écuries et brossa Rocinante qui prenait son petit-déjeuner en mastiquant lentement.
« C'est le premier jour des fameux cours, lui dit-elle. J'espère que tu sais y faire parce que moi, pas du tout. »
Les oreilles du cheval bougèrent afin de mieux l'entendre mais ces parole sne perturbèrent pas son repas matinal. Emma lui installa une couverture sur le dos puis lui mit la selle. Emma prit celle que son père lui avait conseillée : une qui avait assez de matelassage pour amortir le choc des sauts et qui permettait de sentir le smouvement du cheval.
Elle prit les rennes de Rocinante et ils prirent ensemble le chemin des champs. Il faisait beau. Il semblait avoir plu il y a peu, ce qui rendait encore le sol tendre quoique toujours un peu dur.
Regina faisait les cent pas. Elle arborait fièrement un pantalon et des bottes de cuir. Elle rajustait les pans de son haut et de sa veste avec nervosité. Elle avait toujours eu hâte de faire du saut d'obstacles.
- « Bonjour Daniel, claironna Regina.
- Bonjour R... Mademoiselle, se reprit Emma. Vous êtes prête ?
- Si je suis prête pour une chose dans ma vie, c'est bien cela. »
Un sourire illumina son visage. Puis, constatant que Daniel ne semblait pas s'y ateler, elle lui demanda :
- « Nous n'allons pas installer les obstacles ?
- Tout d'abord, je dois m'assurer que vous maitriser les bases. Je ne veux pas vous faire courir un danger inutil. »
Emma entreprit de lui expliquer la tâche qu'elle devrait réaliser ajourd'hui quand elles furent interrompues. Les pans d'une robe violacée serpentaient sur l'herbe. Regina se tut.
« Bonjour Madame. » la salua Emma en se courbant bien bas.
La bouche fine de son interlocutrice se pinça en un sourire satisfait. Elle avait les pomettes saillantes, des yeux froids et une coiffure stricte dont aucun cheveu rebel ne dépassait.
- « Bonjour, souffla Cora à contrecoeur. C'est vous qui allez donner des cours à ma fille ?
- Oui, répondit Emma, le regard bas.
- Votre père m'a dit du grand bien de vous mais je doute que votre aptitude à assurer ce cours.
- Vous m'en voyez flattée », répondit pompeusement Emma.
Cette femme qui répondait au nom de Cora examina la parure de Rocinante. Elle plissa les yeux sur la selle.
- « Mettez la selle de dressage, ordonna-t-elle.
- Madame, la selle de saut est plus adapté à l'activité que nous...
- La-selle-de-dre-ssage », articula Cora en en détachant chaque syllabe.
Regina assistait à la scène, impuissante. Elle savait que tout ceci n'était qu'un odieu stratagème ayant pour but d'assurer la suprématie de sa mère. Son estomac se serra, elle avait un mauvais pressentiment.
Emma n'avait pas pour habitude qu'on lui tienne tête, encore moins quand cela était injustifié. La bouche de Cora se tendit comme un arc.
« La selle de... »
Soudain Emma suffoqua. Sa langue venait de tourner improbablement et obstruait sa trachée. Elle tenait de prendre une grande inspiration mais suffoqua encore plus devant son incapacité à faire venir de l'air. Elle tomba à genoux, se tenant la gorge des deux mains.
Regina vint de placer devant sa mère. Elle était horrifiée.
- « Mère ! Arrêtez, je vous en supplie ! Il ne pensait pas à mal !
- Justement, répliqua Cora, je ne lui demande pas de penser mais d'éxcécuter.
- Mère, ne le tuez pas. Il voulait bien faire, il s'excuse.
- Il avait la langue trop pendue, il le mérite, Regina, sache-le. Tous les inférieurs qui te remettent en cause ne mérite ni ta sympathie, ni ta clémence. »
Cora se résigna tout de même à lui laisser la vie, par ennui de le tuer si vite ou par bonté envers sa fille, nul ne saurait le dire.
« La selle, Daniel. », lança-t-elle sèchement.
La sorcière tourna les salons sans ajouter un mot, ses actes étaient toujours plus parlant.
Emma sentit sa langue se dérouler normalement dans sa bouche. Elle inspira à grands bruits. Sa vision, parsemées de points noirs, commença à s'éclaircir. Sa respiration se calma. Emma avait la gorge sèche.
Regina se pencha vers lui et posa une main soucieuse sur son épaule.
- « Vous allez bien ?
- O-Oui, répondit Emma encore sous le coup de ce qui venait de se passer.
- Je suis vraiment désolée pour ma mère... Votre père ne vous a pas mis en garde ? »
La voyageuse intempestive se souvint alors des mots de son père qui insistait sur le fait de s'exécuter et ce, peu importe la tâche demandé.
- « C'était de la magie ?, demanda Emma en ne pouvant s'empêcher de se sentir ridicule.
- Oui, répondit la fille de la sorcière. Elle s'en sert pour se faire respecter. A l'avenir, faites si vous ne voulez pas qu'elle vous cause encore du tort. »
Daniel hocha la tête et se releva. Il avait les jambes flageolantes. Il alla changer la selle comme le lui avait expressément suggérer sa maîtresse. Il termina de serrer les sanglons Rocinante était enfin paré de la selle de dressage.
- « Le cours..., murmura le palefrenier.
- Oui, répondit Regina en feignant un entrain qui n'avait plus la saveur de son enthousiasme précédent.
- Il faut que je m'assure que vous maîtrisiez les précepts requis. Nous allons commencer par l'équilibre. »
Regina lui fit part de sa déception mais acquiesça. Elle enfourcha sa monture, mit ses pieds dans les étriers.
« Nous allons commencer au pas. », l'informa le jeune professeur.
Emma n'avait aucune idée d'où lui provenait les conseils qu'elle formaulait avec tant d'aplomb. Ce devait être l'enseignement vivace reçu en ce monde qui marquait profondément l'inconscient de ce corps.
Regina fit faire quelques pas à son cheval. Elle décolla de sa selle. Elle manqua de glisser et rajusta la position de son pied dans l'étrier. Daniel hochait la tête, satisfait. Il les laissa marcher encore quelques minutes et lorsqu'il fut certain que la marche était maîtrisée, il lui dit de prendre le trot.
Rocinante accéléra ses mouvements dont la gestuelle n'était pas naturelle pour lui. Son corps sautilla. Regina eut une légère grimace, elle rejoignait Daniel : il aurait été plus accomodant d'avoir la selle appropriée. Elle décolla de nouveau, s'accomoda des accoups de donnaient la démarche sautillante de sa monture et continua de se tenir bien droite.
Emma était quelque peu soulagée : ce n'était pas si compliqué. Le plus dur, il incombait à Rocinante et Regina de le réaliser.
Notes :
« Ok » signifie « zero killed ». C'est un code utilisé par les soldats de la Seconde Guerre Mondiale pour dire que tout allait bien.
Sur un site j'ai trouvé le tuto du premier cours de saut d'obstacles.
A cause d'un problème technique, je ne mettrais le prochaine chapitre que mercredi. À bientôt !
