Eh bien, me voici avec 12 jours de retard pour poster la suite de cette traduction… Que dire ? Je n'ai même pas eu le temps de répondre à vos reviews, et pourtant, je les adoré. Comme beaucoup, j'ai préféré privilégié la publication du chapitre plutôt que les réponses. Pour ceux qui ne suivraient pas L'Accueil des Soldats : j'ai perdu ma clé USB sur laquelle le chapitre était presque entièrement traduit, alors je m'y suis recollée… Je me dois aussi d'ajouter que je suis très, très, très occupée en ce moment, tellement que je pourrai en hurler de frustration, et que ma vie sentimentale ressemble une fois de plus à une mauvaise série télé alors voilà, je me suis pressée au maximum malgré l'ouragan. Je ferai tout mon possible pour poster la suite le 20 ! Quand à ceux qui attendent la suite de L'Accueil des Soldats, la suite sera là le 30, elle est déjà traduite.
Pour les fans de psycho, comme moi (ben oui, sinon pourquoi traduire une fic pareil ?), j'attire votre attention sur la deuxième partie du chapitre qui est, pour moi, le moment décisif de l'histoire. On m'a aussi demandé où se trouvait la version originale : vous pouvez la lire sur le site The Hex Files sous son titre original, Follow You.
Avertissement : Je préfère prévenir à l'avance, cette fiction est très dure, et comporte pas mal de scènes de sexe non consentant (bien que cela reste assez soft, il me semble) et d'avilissement. Elle est très sombre et assez dérangeante, mais ce n'est pas une deathfic. Je la trouve vraiment intéressante d'un point de vue psychologique, et particulièrement bien écrite dans sa version originale, ce qui ne gâche rien, mais il est certain qu'elle ne plaira pas à tout le monde (les avis divergeaient déjà en anglais), alors si vous ne le sentez pas, à votre guise.
Disclaimer : Les personnages et le monde magique sont à J.K.R, l'histoire est à LiteraryBeauty, et seule la traduction est de moi.
Deuxième Partie (1/2)
Potter mit trois jours à se lasser de ses visites dans la chambre de Draco. Il l'en avait informé, et Draco était sûr de ne pas avoir pu dissimuler la joie qu'il ressentait. Il était éreinté – et pas seulement parce que Potter s'obstinait à le faire jouir parfois jusqu'à trois fois par jour. Non, ses émotions avaient pris l'aspect d'une jungle insondable qu'il ne voulait pas se risquer à examiner, et il n'espérait rien de plus qu'un peu de véritable intimité.
Malheureusement, il s'était mépris sur les intentions de Potter. Plus tard ce jour-là, Granger était venue et l'avait conduit jusqu'à une chambre beaucoup plus grande et adaptée à ses goûts et ses exigences, en dépit de la prédominance de rouge. Il s'était dirigé vers le lit, mais Granger s'était éclairci la voix de cette insupportable manière qui lui était propre, et quand il s'était tourné vers elle, elle lui avait désigné une paillasse au sol. Elle n'était composée que d'un oreiller fin et d'un drap. Ce n'était pas convenable pour un Croup, et encore moins pour un Malfoy.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda-t-il d'une voix lente, se sentant dangereux pour la première fois depuis sa capture.
« Ton lit. » Il n'y avait aucun plaisir dans sa voix, aucun triomphe. Elle avait l'air vraiment fatigué, et loin de vouloir se trouver là.
« Je préfère l'ancien, merci bien. » A ça, il aurait préféré dormir dans la rue, rien que pour le sous-entendu contenu dans la paillasse. Animal. Jouet. Et pour accroitre cette impression, un anneau d'argent était fixé dans le sol, juste à côté du lit de fortune, et Draco savait que son collier – ce putain de collier – y serait attaché.
Granger haussa les épaules. « Ce n'est pas à toi d'en décider. »
Désespéré, Draco tenta une nouvelle tactique. « Tu dois te rendre compte que Potter a complètement perdu la tête. Toi et moi… on peut faire quelque chose. Lui faire suivre une foutue thérapie ou un truc du genre. C'est un danger pour la société Granger ! »
« Il a fait plus de bien à la société que tout ce que tu pourrais faire, toi ou n'importe qui d'autre. » En dépit de ses mots, elle semblait incertaine, comme si elle tentait de se convaincre autant que lui.
Draco en profita pour insister. « Peut-être, mais tout le bien qu'il fait n'est rien face à ça. »
Aussitôt, ses traits se durcirent et Draco reconnut son erreur. Ce n'était pas sa situation qui la dérangeait, mais plutôt ce que Potter pourrait devenir et les problèmes que cela entraîneraient à plus grande échelle. Changeant de plan une nouvelle fois, Draco reprit, « Aujourd'hui, c'est moi, mais qu'est-ce qui passera dans quelques temps, quand quelqu'un fera quelque chose qui lui déplaît ? Qu'est-ce qui se passera quand le monde magique, ou même le Ministère, se dressera contre lui ? Tu sais que c'est une simple question de temps avant que les gens ne réalisent que son autorité n'est guère différente de celle dont il les a prétendument sauvés ! »
En un instant, Granger était face à lui, la pointe de sa baguette touchant son nez qui commençait à le chatouiller, bien qu'il ne s'autorise pas à reculer.
« Si tu penses avoir trouvé un allié en moi, Draco Malfoy, tu te trompes lourdement. Je n'oublie pas si facilement. Tu m'aurais tuée si tu avais eu l'occasion de le faire, ne pense pas que je ne te retournerai pas la faveur si tu m'y obliges. Peu importe ce que tu penses savoir, Harry est encore la meilleure arme que notre monde possède. » Les traits de Granger se plissèrent comme si elle tentait de se retenir, mais elle était trop en colère pour ça. « Simplement parce que tu as toujours… Je ne sais pas, ensorcelé son esprit d'une manière ou d'une autre, ne veut pas dire que tout le monde est concerné. Tu ne comprends donc pas ? C'est toi le problème ! »
Draco eu un rire sans joie. Il désigna la paillasse – elle ne pouvait pas le blâmer pour ça. « Tu te souviens de ce qu'ils disent sur le triomphe du mal ? » Lui-même s'en souvenait parfaitement.
Quand les justes ne font rien.
A l'expression de son visage, Granger avait compris la référence. Malgré tout, elle resta implacable. « Assieds-toi sur la paillasse. Je dois t'y attacher. »
Vaincu mais refusant de le montrer, Draco s'assit. Une chaîne se matérialisa au bout de sa baguette et le relia à l'anneau. Le sort, il le savait, ne pouvait être brisé sans magie. Il l'avait déjà vu cloué des Moldus aux murs des cachots du Manoir. Jamais il ne se serait imaginé dans leur position.
Quand Potter revint, plus tard dans la nuit, ses yeux se posèrent sur Draco et son sourire devint si large que les joues de Draco lui firent mal rien que d'y penser.
« Regarde-toi, » roucoula-t-il, croisant les bras sur son torse. « Très seyant. »
Ne rêvant que de lui hurler des insultes, Draco se contenta de lui rendre son regard.
« Oh, mon chaton ne veut pas ronronner ce soir ? » Comme s'il s'approchait d'un animal blessé et non pas d'un homme à la fierté brisée, Potter s'accroupit à côté de la paillasse et caressa la cuisse de Draco. Potter ne lui avait donné pour s'habiller qu'un mince vêtement moulant – Draco n'était jamais réchauffé ni confortable et il savait que Potter en avait pleinement conscience. La tiédeur de sa main le brûlait presque, et Draco ne pouvait pourtant pas s'empêcher de l'apprécier. La chaleur était rare mais savourée. Qu'elle doive venir de Potter était malheureux, mais il n'avait pas le choix.
Avec Granger, son erreur avait été d'en dire trop. Il allait bien voir si l'opposé fonctionnait avec Potter. Peut-être pourrait-il le mettre dans une rage telle qu'il le frapperait. Draco redoutait la douleur, mais tout – et il en était réellement persuadé – ne pouvait qu'être mieux que le plaisir que Potter le forçait à prendre à la place d'une véritable punition. Etait-ce un quelconque plan génial ? Savait-il qu'il brisait Draco petit à petit en le réduisant uniquement à répondre à ses attouchements ? Potter pouvait-il être aussi malin ?
Les doigts de Potter atteignirent sa queue. Sa réponse à la stimulation fut immédiate – il avait été habitué, en un si court laps de temps, à réagir à son toucher. Il se dit que ce n'était pas vraiment de sa faute, et il réussit presque à se croire. Il y serait arrivé plus facilement si le sourire entendu de Potter n'était pas imprimé derrière ses paupières closes.
« Enlève tes vêtements, » lui dit Potter d'une voix basse et exigeante. Il parlait comme si personne ne s'était opposé à lui depuis des années, et pour ce que Draco en savait, c'était la vérité.
Draco se battit contre lui-même, comme à chaque fois. Il suspectait Potter d'être ravi du tourment inscrit sur son visage. Que se passerait-il s'il refusait ? Son père serait en danger. Est-ce que Lucius aurait préféré être torturé plutôt que de voir son unique fils devenir le jouet de l'homme qui avait vaincu son Lord ? Et s'il acceptait, qu'est-ce que cela ferait de lui, hormis une putain ? Combien de temps pourrait-il garder l'intérêt de Potter, et qu'adviendrait-il de lui quand il finirait inévitablement par le perdre ?
Qu'est-ce que Potter voulait de lui ? La soumission ? Un challenge ? Son incomparable et totale destruction ?
Peut-être qu'un instant seulement s'était écoulé, mais il sembla à Draco qu'une décennie avait passé quand il obéit finalement aux instructions. Il ôta la fine chemise en lin de son torse, n'ayant pas plus froid sans qu'avec. Le regard de Potter était lourd et avide sur son corps fin. Draco frissonna. S'extirpant de son pantalon, il se dénuda.
Il ne pouvait pas donner quelque chose sans rien espérer en retour. C'était contre sa nature, contre son essence même, ce qui faisait de lui un Malfoy. Il laisserait Potter prendre son plaisir en volant celui de Draco, mais cette fois, il demanderait quelque chose en échange. S'il restait quelque chose de l'ancien Potter Gryffondor et fair-play, il s'y sentirait forcé.
« Je veux que tu te touches. » Les yeux de Potter étincelaient. Ses lunettes, loin de dissimuler son regard, l'intensifiait – tellement qu'il devait rester caché derrière les verres.
« Comment ? » murmura-t-il, soucieux de ce qu'il demanderait à Potter en retour. S'il le contentait, s'il faisait exactement ce qu'il lui disait…
Il se perdrait. Draco le savait. Des risques devaient cependant être pris, et personne n'était là pour les prendre à sa place.
« Comme tu le ferais si tu étais chez toi. Ou peut-être dans le dortoir de Serpentard, caché derrière les rideaux, un faible sort de Silence protégeant la misérable pudeur à laquelle tu pourrais prétendre. »
Draco pinça les lèvres en entendant l'exacte réminiscence de ses années à Poudlard. Il avait même parfois totalement dédaigné le sort Silence – il aimait la façon dont Blaise le regardait après, pleine de délicieuses promesses, la façon dont Théo rougissait et évitait son regard. Il y avait eu, il le réalisait maintenant, une touche d'exhibitionnisme dans ses actions. Elle était entièrement détruite maintenant : y être forcé l'avait transformée en quelque chose de laid et sale.
Sa main s'activa sur sa queue durcissant doucement. Il tenta de fermer les yeux pour se représenter les innombrables images mentales qui amèneraient une jouissance rapide. Mais il ne pouvait voir que lui-même, ses chaînes, et sa bite dans la main de Potter.
« Lève les jambes, » lui ordonna Potter, sa voix presque assez douce pour ne pas interrompre la rêverie de Draco. Ses mains guidèrent les genoux de Draco et glissèrent sur l'étendue de peau, chatouillant les poils blond clair qui disparaissaient à la jointure de sa hanche.
Se concentrant sur lui-même, Draco caressa du pouce la tête de sa queue, étalant le liquide sur toute sa longueur, passant sur la veine qui pulsait, ses doigts accélérant selon ses besoins.
Potter l'explora pendant quelques instants, et Draco se focalisa sur ses propres caresses, ignorant cette main étrangère et impertinente. Il ne put cependant pas l'oublier quand le doigt de Potter se pressa rudement contre la fente de sa bite en y enfonçant son ongle. Les yeux de Draco se fermèrent avec encore plus de force quand Potter ricana à la vue du liquide qui s'écoulait après son geste. Profitant de l'offre involontaire de Draco, ses doigts cherchèrent son entrée.
« Ecarte davantage. » Potter appuya sur sa cuisse, l'encourageant à se déplacer.
Draco obéit, étouffant un gémissement quand le doigt de Potter le trouva. Il commença seulement par taquiner les bords, pressant la chair fripée comme pour l'adoucir, alors que la main de Draco s'activait désormais franchement sur son sexe.
« Doucement, » chuchota Potter, et son doigt glissa en lui.
Draco n'était pas inexpérimenté, mais ça faisait longtemps, et il n'était certainement pas habitué à se trouver de ce côté-là de l'action. Il essaya de stopper les horribles bruits qu'il émettait et les sons encourageants de Potter. Il se demandait si Potter croyait réellement que ce qu'il faisait n'était pas un viol, mais il n'était certainement pas en position – physique ou autre – d'y réfléchir.
Après un massage ferme et implacable de la prostate de Draco, Potter rendit toute retenue plus difficile. Draco voulait simplement que tout soit terminé, mais sa situation était précaire et il voulait s'assurer d'obtenir ce qu'il voulait en retour, alors il essaya d'attendre jusqu'à ce que Potter lui donne l'autorisation de jouir. Il n'avait cependant jamais prôné la maîtrise de soi, et hurla quand son orgasme le traversa, son corps se contractant autour des doigts avides de Potter, la semence s'étalant sur son propre torse.
La main de Potter se retira et il lança un sort de Nettoyage sur Draco et lui-même. Potter aida Draco à se rhabiller avec des mouvements tendres, caressant chaque centimètre de peau à sa portée.
« Mon père sait-il que je suis là ? » demanda Draco. Il tenta de ne pas paraître trop intéressé, mais Potter avait toujours eu l'étrange habileté de voir à travers lui.
« Pourquoi veux-tu le savoir ? »
Draco soupira. « Je veux juste savoir s'il est au courant de ce que je suis devenu. »
Potter resta silencieux pendant un long moment, étudiant le visage de Draco. D'où cette confiance lui venait, Draco se le demanda une fois de plus. Il avait toujours vu Potter comme étant insensé et maladroit, mais il n'y avait quasiment plus rien de ça dans le nouveau Potter. Ne restait-il donc rien de l'élève qu'il avait été ?
« Il ne sait rien. Il n'y a aucune raison qu'il le sache. Tu voudrais qu'il l'apprenne ? »
Secouant la tête, Draco répondit d'une toute petite voix, « Non. »
« Alors assure-toi que je suis heureux et il restera dans l'ignorance. » Potter fit courir sa paume le long de la poitrine de Draco et sur sa nuque, ayant l'air d'apprécier le collier.
Potter se redressa après s'être assuré que les liens retenant Draco étaient intacts. Il s'installa dans l'énorme lit que Draco aurait souhaité pour lui-même. Au bout d'un moment, la lumière diminua, et peu de temps après ça, Potter ronflait, la respiration tranquille et exempte de toute culpabilité.
Le plan de Draco avait échoué. Oui, il avait découvert que son père ignorait tout de ce qu'il advenait de lui, mais en contrepartie, il avait donné à Potter encore plus d'armes contre lui. Comment allait-il pouvoir traverser ça ? Restait-il même le moindre espoir à essayer ?
OoOoOoO
Après tout, Draco songeait en se retournant sans relâche, incapable de dormir sur le dos à cause des coups, et sur le ventre à causes des bleus, énerver Potter n'était pas une si bonne idée que ça.
Il s'était réveillé ce matin-là avec… pas un plan, mais une idée, un concept, l'esquisse d'une rébellion qui lui rendrait sa liberté. Entre le moment où il avait été détaché pour utiliser les toilettes et les vingt minutes qui avaient suivi, Draco avait essayé de s'enfuir.
La première fois, il était allé jusqu'au hall d'entrée. Potter avait été trop abasourdi pour l'arrêter quand il était passé devant lui, à travers la porte entrouverte de la chambre jusqu'au vestibule. Il connaissait assez bien la maison, à la fois de son enfance et des dernières semaines, aussi trouva-t-il le chemin de la porte d'entrée en ne se trompant qu'une seule fois. Ses mains liées devant lui, il avait couru trop vite et s'était effondré durement au sol. Il s'était malgré tout relevé et avait rattrapé le temps perdu en accélérant encore davantage.
En y repensant, il n'avait pas vraiment espéré que la porte se serait ouverte, même si Potter lui avait plus tard appris qu'elle l'aurait fait. Elle n'avait pas été ensorcelée, avait-il dit. Draco n'était pas sûr de le croire, mais il le croyait certainement capable de ce genre de torture mentale. Maintenant, Potter l'en avait assuré, la porte serait à la fois ensorcelée et verrouillée à la main.
Ca n'arrêta pas Draco. Il y avait d'autres moyens de sortir de la maison. Il avait brisé une vitre dans la salle de bain quand Potter l'y avait laissé seul quelques minutes – mais il n'avait pas réussi à se hisser suffisamment haut, et les éclats de verre avaient lacéré ses mains.
Il s'était aussi faufilé jusque dans les cachots. Pas nécessairement pour voir son père, mais pour essayer de trouver une autre sortie. Le Manoir Malfoy regorgeait de passages secrets, voies souterraines et trappes dissimulées – le Square Grimmaurd devait être pareil. Ou du moins l'espérait-il.
Non content de ses tentatives d'évasion, il avait également transgressé trop de règles pour pouvoir les compter, même si Potter prétendait que lui les avait comptées, et qu'elles correspondaient au nombre d'entailles que Draco arborait désormais dans le dos. Si la douleur pouvait être une quelconque indication, il avait du en transgresser au moins une centaine. Potter les lui avait cependant fait compter à haute voix, et il savait qu'il y en avait vingt-trois. Et demie – puisque Draco avait presque craché au visage de Potter, mais qu'il s'était retenu à la dernière seconde à la vue de l'étincelle de furie qui brillait dans ses yeux.
Draco grogna. Il n'avait pas dormi depuis des jours. Les contusions étaient de sa faute : il s'était tant débattu contre le fouet que les liens avaient marqué sa peau. A chaque fois que le fouet s'abattait sur sa chaire délicate et intacte, il n'avait pas pu s'empêcher de se débattre pour échapper au supplice. Ca n'avait pas marché une seule fois. Potter était sans merci, et il aurait du le savoir.
Le regard de Granger sur lui ne contenait que du dégoût quand elle avait réprimandé Potter pour avoir fait couler du sang. Potter ne l'avait pas écoutée, mais Draco était certain que les coups s'étaient atténués après son intervention. Weasley l'avait inondé de sarcasmes et de moqueries, mais avait finalement quitté la pièce, ennuyé de voir que Potter n'allait pas prendre de mesures plus extrêmes.
Pire encore, si cela était possible, que la punition en elle-même, était ce qu'il s'était passé après. Granger avait marqué quelque chose sur son bloc-notes et annoncé à Potter qu'il aurait besoin d'une potion pour empêcher les blessures de s'infecter. Après qu'elle soit partie, Draco eut l'impression que son dernier vestige d'espoir lui avait été arraché. Si on lui avait dit un jour qu'il pourrait compter sur Granger pour quoi que ce soit, il aurait hurlé au scandale.
Potter l'avait déplacé, appuyant son dos lacéré contre la pierre. Il avait pris le sexe mou de Draco dans sa bouche et l'avait sucé pendant presque une demi-heure, jusqu'à ce que Draco soit trop faible et trop assommé par les endorphines pour protester. Son orgasme avait été presque aussi douloureux qu'un nouveau coup de fouet, et Potter avait sourit, se moquant qu'il ait jouit entre ses lèvres.
Potter l'avait léché et Draco l'avait regardé, l'estomac noué. Son sperme était à l'intérieur de lui. Potter s'était contenté d'un rictus.
Pas une fois Draco n'avait vu Potter jouir. C'était toujours, toujours Draco.
Maintenant que c'était terminé et que Draco était mort de fatigue et de douleur, il savait que la leçon avait été assimilée. C'était embarrassant. Il aurait du accueillir la douleur, s'y fondre et la transformer en rage, en pouvoir – une chose à laquelle se raccrocher pour se battre en retour. Mais au lieu de ça, Draco était en miettes. Il n'essaierait plus de s'échapper. Le prix à payer était trop élevé. Ses chances de pouvoir sortir avant de se faire prendre étaient trop minces.
Draco changea de nouveau de place avec un gémissement. Il en aurait pleuré de frustration. Le jour allait sans doute bientôt se lever – il était resté éveillé toute la nuit, la douleur trop cuisante l'empêchant de dormir.
« Malfoy, ça suffit, » marmonna une voix ensommeillée.
Draco ouvrit la bouche pour cracher son venin, mais la referma aussitôt. Il n'avait aucun pouvoir. Il ne pourrait pas forcer Potter à faire ce qu'il voulait. Il ne devait compter que sur son unique avantage : pour une obscure raison, Potter le voulait.
« Désolé, » dit-il, empêchant le mépris qu'il ressentait de transparaître dans ses mots.
Il y eut un silence, assez dense pour le faire suffoquer. Draco se prit à espérer qu'il le fasse. Peut-être pourrait-il dormir à ce moment-là.
« Qu'est-ce qui se passe ? » La voix de Potter était suspicieuse. Draco essaya de ne pas s'en formaliser.
« Qu'est-ce que tu crois ? » répondit-il sans agressivité, laissant plutôt apparaître sa fatigue. « J'ai trop mal pour dormir. »
« Rien de plus que ce que tu ne mérites, » fut la réponse sardonique de Potter. Il semblait complètement indifférent.
Draco se tut. L'approuver aurait été de trop : Potter n'aurait pas cru à un retournement aussi rapide. Et protester aurait bien trop ressemblé à son ancienne personnalité. Il voulait persuader Potter qu'il avait compris la leçon. Il voulait que Potter ait confiance en lui.
« Je vais essayer de dormir, » dit-il plutôt, suffisamment bas pour que Potter doive tendre l'oreille.
La chambre resta silencieuse assez longtemps pour que Draco soit certain que Potter s'était rendormi, le salop. Lui-même se sentait empli d'une douleur lancinante, avec l'impression que son corps faisait deux fois sa taille normale, et Potter rêvait tranquillement – probablement de lui et de sa prochaine humiliation.
Quand il entendit un mouvement, il se replia instinctivement – l'obscurité et l'incapacité de localiser Potter étaient troublantes. Il lui vint à l'esprit, sans doute pour la millième fois, qu'il était absolument sans défense. Attaché au sol, presque nu, vulnérable… à la merci de n'importe qui.
La salle de bain s'éclaira et Draco se tendit pour voir se qui se passait, mais le mouvement raviva la douleur, et il se raidit, respirant profondément pour combattre la sensation presque écrasante.
Potter s'accroupit à côté de la paillasse, une fiole de potion à la main. « Sur le ventre, » lâcha-t-il brusquement, son visage dépourvu de lunettes étrangement révélateur.
Avec inquiétude, même si un part de lui savait que Potter ne pouvait rien lui faire de pire et que, même si c'était le cas, Draco ne pouvait rien y faire, il obtempéra, assez lentement pour être sûr que Potter l'exhorterait à accélérer.
Il ne dit rien, cependant. Quand Draco se fut installé, il entendit Potter ouvrir la fiole. Sans avertissement, un liquide glacé coula sur la plus large entaille. Draco cria et se crispa, mais la main de Potter appuya contre son dos jusqu'à ce que le besoin de s'écarter se dissipe. Ce n'était pas douloureux, mais il avait été surpris. La fraîcheur devient une chaleur qui le brûla presque avant de s'éteindre. La douleur qui émanait de cette blessure se dissipa.
Potter répéta l'action sur les pires écorchures, jusqu'à ce que la douleur ne soit plus que dans ses muscles et à la surface de sa peau.
Sincèrement reconnaissant, même s'il savait que Potter était à l'origine responsable de sa douleur, Draco dit, « Merci. » Le soulagement était parfaitement perceptible.
Potter soupira et marmonna un brusque, « De rien. »
Draco pensait qu'il retournerait dans son lit et qu'ils pourraient tous les deux dormir, mais il resta à genoux, éclairer par la maigre lumière de la salle de bain. Ses cheveux noirs brillaient doucement, et l'un de ses yeux étincelait dans les ténèbres.
A chaque fois que Potter le regardait comme ça – bon sang, presque à chaque fois qu'ils étaient tous les deux dans la même pièce – Potter voulait du sexe. Ou plutôt, Potter demandait à ce que Draco soit prêt pour du sexe. Raide, Draco se redressa et se retourna pour se retrouver assis. Précautionneusement, il baissa le pantalon de lin et se rassit, les bras croisés derrière son dos. Sa bite savait à quoi s'attendre et durcissait déjà d'anticipation, l'immonde chose.
Au bout d'un moment, la main de Potter descendit sur son flanc, si légèrement que Draco frissonna et dut se retenir de s'écarter. Potter croisa son regard, l'air amusé. C'était la première fois que Draco n'avait pas l'impression que ce sourire voulait lui faire du mal. C'était presque comme… s'ils partageaient quelque chose. Draco laissa ses jambes s'écarter d'elles-mêmes.
Les caresses devinrent plus fermes en passant sur son ventre, évitant son aine pour atteindre sa jambe, jusqu'à son orteil, puis jusqu'à son autre jambe. Draco laissa échapper un grognement qui sembla les surprendre tous les deux.
Arrivée à sa hanche, la main de Potter se crispa avant de se relâcher et de se retirer. A la surprise excessive et la stupide déception de Draco, Potter se releva, éteint la lumière de la salle de bain et retourna dans son propre lit.
Malgré le répit que lui laissait la douleur, Draco resta longtemps éveillé. Presqu'une heure s'écoula avant que les ronflements de Potter ne reprennent.
