BONNE ANNEE 2018 ! Bonne santé, joie et prospérité ! Sea, sexe and sun ! (là on va devoir attendre hein, parce que pour le moment c'est plus Tempête, grosses chaussettes et nuages gris ^^)
Mais quel beau cadeau que vous me faites :D Merci pour cet accueil et votre enthousiasme communicatif qui me fait un bien fou ! Une suite pleine de révélations rien que pour vous, surtout très importante.
Alice un cygne c'est jolie sur un plan d'eau mais franchement c'est surtout décoratif, les panthères tiennent chaud l'hiver :p Quel jeu de mots ^^ Tu n'as pas perdu de ton humour, j'adore ça et j'ai bien ri en te lisant ! ElsyCiel mes excuses de t'avoir fait attendre mais tu m'as fait rire, je t'imagine t'énerver et appuyer sur toutes les touches du clavier en mode frénétique ^^ PinGuouine une suite assez longue pour te permettre de te détendre après le taff ^^ la banquise n'est plus si loin en ce moment x) Ladypop j'aime bien l'idée que Belle soit aussi la Bête ^^ et pour le jeu c'est Alice Madness returns (retour au pays de la folie)... je suis une vraie geek :o Merci pour tes encouragements !
Merci aussi aux autres Guest :) ainsi qu'à tous ceux et celles qui lisent !
Bonne lecture :D
Jour 9
La Tour Sombre, Palier du Premier Lieutenant
- … c'est comme ça qu'on a engagé nos compagnons, Anna et Arthur, finit Emma.
La sorcière de l'ouest était bien plus curieuse que les autres. Alors la magicienne avait pris plaisir à raconter son histoire et expliqué leur première journée dans le monde enchanté.
- Hum je vois, vous vous êtes bien débrouillés, mais par la suite vous êtes morts encore plusieurs fois, remarqua Zelena.
- Elsa nous a donné du fil à retordre, Fiona aussi même si elle s'amusait à en tuer un ou deux, cela dépendait. Puis votre quatuor je n'en parle même pas…
- Maléfique t'a rapidement laissée passer tout comme moi.
- Justement, pourquoi est-ce que vous m'avez permis de passer ?
- Dans un premier temps, nous voulions te voir à l'œuvre. Tu as beau être forte nous savions que Regina ne courrait aucun danger. Tu es une sorte de distraction… et nous savons maintenant que tu l'apprécies.
- Vous êtes vraiment particulier comme protecteur, dit-elle avec un sourire amusé. Mais au début je ne la connaissais pas… et je ne la connais pas plus aujourd'hui, baragouina-t-elle.
- Pourtant te voilà encore ici. Tu as réussi à venir jusqu'à elle après un acharnement comme nous n'en avions jamais vu.
- Pour être tuée six fois… soupira la blonde.
- Tu ne vas pas renoncer tout de même ?
- Non !
- Tant mieux, car cela égaye nos journées ! gloussa la rousse avant de la laisser passer une nouvelle fois. Mais attention ton dernier petit tour lui est resté en travers de la gorge.
- Si elle y pense toujours, cela prouve que j'ai une certaine importance, lui dit-elle avec un clin d'œil.
Zelena dodelina de la tête, un sourire amusé aux lèvres, et sifflota en revenant à ses préoccupations. Elle balaya de la main le singe qui se trouvait devant elle pour l'obliger à danser la polka.
- Oh et s'il-vous-plait n'embêtez pas trop mon amie…
- Très bien, soupira le Premier Lieutenant. On ne peut même plus s'amuser, finit-elle dans un murmure avant de faire disparaitre le singe.
Lorsqu'Emma arriva avec entrain dans la salle du trône, elle marcha d'un pas décidé vers la Reine qui se tenait debout au milieu de la pièce.
- Bonjour Regina, je suis de retour ! lança-telle déterminée avant de se prendre un mur invisible en pleine tête.
Elle tomba lourdement au sol dans un grognement étouffé et ouvrit les yeux sur le visage qu'elle aimait véritablement voir chaque jour.
- Tu sais que je pourrais te torturer pour ce que tu as osé faire hier, siffla la brune penchée au-dessus d'elle.
- Je suis sûre que ça vous fait plaisir que je vienne vous rendre visite, tenta la blonde avec un sourire charmeur. Je sais ce dont vous êtes capable j'ai même discuté avec un certain Robin… un vrai… gentleman, ironisa-t-elle. Il ne vous méritait pas.
Emma se releva tandis que la Reine l'observait d'un air intrigué et passablement irrité.
- Toujours est-il qu'il est encore terrifié par ce que vous lui avez fait subir. Vous n'avez jamais été aussi loin avec moi. Donc, avouez que vous m'appréciez.
D'un claquement de doigts, son sourire disparut lorsqu'elle sentit le large anneau autour de son cou et surtout la chaîne qui pendait depuis ce dernier. Regina l'agrippa et força Emma à se rapprocher d'elle. Certes la blonde ne faisait plus la fière, mais elle n'avait d'yeux que pour les lèvres obsédantes qui s'étiraient sournoisement à quelques centimètres de son visage.
- Je déteste les surprises, menaça-t-elle d'une voix rauque. Et puisque je sais que tu reviendras, je peux te faire tout ce que je souhaite avant de te tuer.
La Magicienne frémit et déglutit difficilement avant de sourire avec malice.
- Vous ne voulez pas que je vous aide plutôt ?
La brune se mit à réfléchir, les yeux au ciel puis se plongea à nouveau dans les émeraudes qui encore une fois ne montraient aucune peur.
- Tu n'as pas peur de moi, tu reviens sans cesse et j'apprends que tu veux me sauver de mon destin parce que… tu m'aimes bien ? Parce que c'est une solution intermédiaire pour rentrer chez toi ? Donc même si tu décidais au final de me tuer tu reviendrais malgré tout. Tu m'as dit hier ne pas avoir encore de solution concrète, dans ce cas je peux bien faire ce que je veux de toi.
Merde…
Emma se disait que son affaire allait prendre une tournure assez malsaine au vu du regard de la Reine. Elle n'avait guère envie de souffrir entre ses doigts manipulateurs et finir attachée elle ne sait où, même si dans un sens elle n'arrivait pas à savoir ce qu'avait réellement cette brune sulfureuse en tête.
- Bon, alors dites-moi, que voulez-vous me faire ? En une semaine j'ai déjà bien encaissé.
La brune la relâcha et grogna d'insatisfaction croisant les bras pour réfléchir à nouveau.
- Je commence à être à court d'idées originales.
- Hum… pendant que vous réfléchissez à « Comment me tuer ou me torturer » je voulais vous dire que j'ai continué mes recherches, mais je ne suis pas encore au point sur le sort qui pourrait peut-être vous libérer.
Regina releva vivement le regard, surprise par ses mots.
- Il n'y a aucun sort qui puisse me libérer.
- Je dois vous contredire, mais rien n'est sûr, c'est pour cela que je dois encore m'entrainer.
- Puis-je savoir pourquoi tu es venue dans ce cas ?
- Mais pour vous voir !
La Reine leva les yeux au ciel et soupira.
- Je ne comprends pas pourquoi tu apprécies ma compagnie à ce point…
- Je suis certaine que vous êtes victime d'une malédiction, rétorqua la blonde plus sérieusement. Le but du jeu est de vous tuer pour libérer le monde enchanté, mais en réalité vous êtes tous prisonniers de cette tour et…
Elle ravala ses mots dans un hoquet de surprise lorsqu'elle fut trainée par la chaîne qu'elle avait toujours autour du cou. Elle sentit avec force le mur dans son dos, mais la douleur s'envola lorsque la chaleur du corps de la Reine se trouva alors plus proche du sien.
- Ne parle pas de chose que tu ne sais pas, souffla froidement Regina. Tu ne sais pas qui nous sommes, qui JE suis, ce dont je suis capable et ce que j'ai fait par le passé pour être enfermée dans cette tour.
- Alors racontez-moi.
- Je n'ai guère envie de palabrer pendant des heures, je préfèrerais une activité autrement plus attrayante.
Elle sentit ses joues s'échauffer ne sachant de quelle activité la Reine pouvait bien parler. Elle devait être bien naïve encore à son âge.
- Depuis combien de temps êtes-vous enfermée dans cette Tour ? demanda Emma, pleine d'assurance pour cacher les battements de son cœur.
- Près de 300 ans ! Et si je retrouve la personne qui m'a fait ça je lui écraserais le cœur de mes propres mains. Alors souhaites-tu réellement m'aider en sachant que je tuerais sûrement quelques innocents de plus ?
- Vous n'êtes pas obligée de vous en prendre à des innocents ou même de la tuer... peut-être est-elle déjà morte… 300 ans de solitude c'est extrêmement long… je comprends votre colère mais cela a dû vous permettre de réfléchir à vos actes et à ce que vous désirez vraiment.
La Reine la regarda fixement, interloquée.
- Je comprends que certains de vos Lieutenants se lassent des combats après autant d'années.
Puisque la brune ne parlait toujours pas, gardant un regard sombre rivé dans le sien, elle continua dans sa lancée.
- Qu'est-ce qui vous a poussée à tuer ? À devenir la Méchante Reine... parce qu'on ne nait pas meurtrier… mais on le devient, affirma la magicienne. Il me semble que j'ai dû voir ça en cours, marmonna-t-elle.
- Je crois qu'avec le temps j'ai oublié, murmura la brune pensivement attirant de ce fait le regard d'Emma. Au début, durant les premières années, il y avait une soif de vengeance envers elle, envers Blanche-Neige. Je me suis demandé si par un coup du sort elle ne m'avait pas maudite. En vérité, je ne saurais même pas dire comment j'ai pu me retrouver dans cette situation.
Si la Magicienne était surprise par ces confidences impromptues elle ne l'était pas autant que Regina qui, perdue dans ses pensées, sembla se rappeler soudainement de sa présence et croisa son regard captivé.
- Même si tu ne peux réellement mourir entre mes doigts, sais-tu que tu joues, là, à un jeu dangereux.
La voix plus suave la fit frémir de la tête au pied, elle était si proche qu'elle pouvait sentir les fragrances d'un parfum qu'elle voulait garder gravé au fond d'elle à jamais et qu'importe son sort. Mais comment avait-elle pu tomber à ce point sous son charme ? Elle qui ne croyait plus en l'amour, connaissait son premier coup de foudre et elle-même n'arrivait pas réellement à en cerner tous les travers. Parce qu'il y en avait forcément. Parce qu'elle était en train de se brûler. La Reine maintenait toujours sa chaîne fermement, mais elle put tout de même bouger pour rapprocher un peu plus son corps et son visage du sien. Elle esquissa un sourire mutin lorsque les yeux bruns, brillants de quelque chose d'encore plus sombre se posèrent sur ses lèvres même une fraction de seconde. Pouvait-elle se vanter d'arriver à déstabiliser une telle Reine ?
Se voilait-elle la face en pensant être celle qui avait un certain contrôle, être l'unique à provoquer une femme de son acabit et en ressentir autant de besoin que d'excitation ?
- Je jouerais aussi longtemps qu'il le faut pour vous sauver.
- Hum... alors à demain, Emma, murmura Regina, un léger sourire sur les lèvres empli d'un sadisme non feint.
Elle sentit à peine l'effleurement des lèvres pulpeuses et tentatrices contre les siennes avant de sombrer dans une inconscience qu'elle ne connaissait que trop bien.
Elle se voilait la face, car elle n'était pas celle qui avait le contrôle. La Reine l'avait une nouvelle fois tuée, mais d'une façon bien plus délicieuse. Elle n'avait même pas senti la lame s'enfoncer dans sa chair, dans son cœur, pour une mort rapide. C'était toujours bien étrange, cependant pour une fois dans sa vie elle avait une réelle raison d'avancer, de s'acharner pour quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Elle ne pourrait jamais vraiment déstabiliser une telle femme, mais elle était l'unique à faire à la fois sourire et rager la Reine.
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Jour 10
Storybrooke, observatoire de Merlin.
- Merlin ?
Son sac en bandoulière, Emma entra en trombe dans l'observatoire de l'enchanteur, suivi par August et Scarlett. August bataillait avec l'un des balais ménagers lorsque la blonde tomba nez à nez avec un jeune garçon brun d'une dizaine d'années, habillé d'une robe de mage bien trop grande pour lui.
- Oh tu dois être l'apprenti de Merlin, Anna m'a parlé de toi, mais je ne te savais pas si jeune.
- J'suis pas l'apprenti du vioc, m'dame, j'suis le conteur.
Elle eut un hoquet de surprise en entendant la voix fluette du jeune garçon. Un ton qui dénotait avec sa façon de s'exprimer.
- Vous êtes venus pour des cours ?
- Non pas aujourd'hui, j'ai trouvé un livre ancien dans la bibliothèque et je voulais en parler avec l'enchanteur.
Le gamin ouvrit de grands yeux en posant un regard intrigué sur son sac, qu'elle resserra contre elle instinctivement. Il l'observa à nouveau avec un petit sourire en coin avant de se tourner vers l'escalier, qui menait à la tour de l'observatoire.
- Hey l'ermite ! Y a trois pèlerins qui veulent causer d'un bouquin de la section interdite.
Emma ouvrit la bouche, imitée par les deux autres, et n'en revenait pas du ton désinvolte du garçon. Elle se demandait comment il avait su d'où venait le livre, puisqu'elle s'était bien gardée d'en parler à l'enchanteur et même à Anna. Elle allait répliquer lorsqu'elle entendit des pas feutrés dans les escaliers de la tour.
- On peut même plus dormir tranquille dans cette ville de fous, grogna le vieil homme.
Dans une robe de mage blanche un peu sale, elle était toujours autant surprise par la barbe blanche de l'enchanteur, soyeuse et surtout si longue qu'elle semblait trainer par terre.
- Qu'est-ce que vous me voulez encore ?
Il fulminait dans sa barbe avant de poser un regard surpris sur chacun d'eux. Derrière de petites lunettes en demi-lune semblable à Granny, le regard clair pétillait de jeunesse.
- Oh, mais je vous connais vous !
- Nous sommes venus il y a trois jours pour des conseils magiques et des cours.
- Ah oui les trois derniers de l'autre monde. Emma, Scarfett et Aubust.
- Scarlett, monsieur… répéta la dénommée dans un soupir indigné.
- Et c'est August pas Aubust, corrigea le Croisé. Cela fait trois fois que je vous le dis, grogna-t-il.
- C'est pareil, rétorqua le vieil homme en se lissant la barbe, ses petits yeux bleus perçants les détaillaient avec précision. Je me souviens que vous m'avez posé une question bien étrange au sujet de la Reine, mais je n'avais pas pris le temps de vous observer.
- Nous sommes restés avec vous toute l'après-midi, s'indigna Emma.
- Ce n'est pas parce que vous avez un joli minois que je passe mon temps à vous reluquer !
La Magicienne eut un hoquet de surprise, mais resta muette comme une souche, ne sachant quoi répondre.
- Je vois que Fiona a arrêté de nous ramener tout un tas de héros boutonneux, la plupart ne font que boire et manger et j'en ai trouvé un ivre au pied de ma porte l'autre jour… quand ils ne se retrouvent pas la tête dans mes géraniums… les jeunes ne savent même plus faire la fête…soupira-t-il.
- Les Lieutenants sont plutôt difficiles à vaincre donc ils épanchent leur désespoir comme ils peuvent, défendit August.
- Oui oui, vous y arrivez bien vous. Franchement, ces marmots de l'autre monde ont tout simplement la frousse et n'essayent même pas pour la plupart. Je ne vais pas entrer dans un débat cela risquerait de m'agacer au point de friser ma belle barbe, finit-il en lissant ladite barbe fièrement. Alors pourquoi vous me dérangez pendant ma sieste ?
- J'ai trouvé ce livre dans la bibliothèque il y a quelques jours et il parle d'un sort qui pourrait libérer la Reine…
- Vous voulez vraiment libérer la Méchante Reine ?
- Eh bien… elle est bien trop puissante… et je suis la seule à arriver en haut pour le moment. Puisque vous nous avez dit que c'était une possibilité que nous pouvions envisager, je souhaiterais la libérer en effet.
- Par ma barbe ! Vous savez que les ivrognes de la taverne ne vont pas vous aimer ?
- Oui… par contre, cela ne semble pas vous gêner…
- Hum… eh bien si vous arrivez à amadouer la Reine pour éviter qu'elle foute la ville à feu et à sang je ne vois pas pourquoi ça me gênerait. Si vous n'y arrivez pas et bien cela fera de l'activité, répondit-il d'une voix nonchalante.
- Elle est maudite, comme ses Lieutenants. Je suis sûre que j'arriverais à la raisonner…
- Je ne sais pas si le don de soi en nature fonctionne avec elle, mais vous pouvez toujours lui offrir votre petite fleure.
Emma ouvrit de gros yeux et se mit à rougir furieusement.
- Oh ne rougissez pas c'est compréhensible et naturel, je suis sur que cela ne vous a pas seulement effleuré l'esprit, murmura-t-il avec un clin d'œil. Après tout si vous n'aviez pas de désir pour cette femme vous ne prendriez pas autant de risque.
- Je… non c'est juste que… enfin… rentrer chez nous…
- J'espère pour vous, que vous arrivez à aligner une phrase complète face à elle. Vous me direz pas besoin lorsqu'on à la tête entre ses…
- Mais arrêtez d'insinuer ce genre de chose alors qu'il y a un gamin, réprimanda Scarlett en jetant un coup d'œil vers le jeune garçon en train d'écrire à un petit bureau.
- Qui ? Lui là ? Ne vous fiez pas à son apparence il est presque aussi vieux que moi.
- Quoi ? Mais…
- Bon alors, ce livre-là vous l'avez avec vous ?
- Oui… oui…, reprit Emma, ahurie.
Elle prit le livre épais du sac et le donna à l'enchanteur qui le feuilleta un instant.
- Ah bah tiens je ne savais même pas qu'il existait celui-là. Le mioche vient par là.
Le petit brun soupira et se leva pour s'approcher d'eux, plongeant ses yeux chocolat dans ceux d'Emma avant de se tourner vers l'enchanteur.
- Je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler comme ça... vieux schnock, marmonna-t-il.
Sans répondre, Merlin lui montra le livre avant de reprendre.
- Ce ne serait pas ton écriture ?
- Ça se pourrait.
- Tu as écrit une autre partie du règlement ainsi que le sort, dont tu m'as rabâché les oreilles pendant des années, dans un livre à part ? Je peux savoir pourquoi ?
- Bah pour que la bonne personne tombe dessus pardi.
- Attendez j'aimerais vous suivre, c'est vraiment toi qui a écrit ça ? Demanda Emma les yeux ronds. C'est un sort hyper complexe et…
- Yep je sais c'est moi qui l'ai créée avec l'aide de Merlin et certains Lieutenants de la Reine.
Elle en resta bouche bée.
- Ferme la bouche tu vas avaler une mouche, taquina-t-il tandis qu'Emma obéissait sans s'en rendre compte. Cela fait longtemps que j'vous attendais.
- Mais… enfin je ne comprends pas…
- Elle n'est pas un peu lente à la détente ta Sauveuse, baragouina Merlin en haussant un sourcil.
- En même temps y a de quoi se poser des questions tout de même ! défendit Scarlett. J'y connais rien en magie, mais au vu de tous ces dessins et ces espèces de signes là, ça m'a tout l'air bien compliqué… puis comment cela se fait-il que tu nous attendais ? Demanda-t-elle au conteur.
- Tout ne se résout pas à coup de baguette magique, c'est démodé ça m'dame même si Fiona ne serait pas d'accord avec ça, songea-t-il. J'vais vous expliquer parce que vot' quête sera encore plus compliquée que d'essayer en vain de la tuer…
- Comment ça ? reprit Emma, captivée.
- Ah par contre vous me coupez pas m'dame sinon j'vais m'fâcher !
L'intonation était si vive et autoritaire qu'elle voyait presque l'air suffisant de Regina imprimer dans le regard tout aussi brun du gamin et pinça ses lèvres docilement. Elle ne saurait dire pourquoi, mais elle avait envie de rire et elle appréciait le garçon sans véritablement le connaître.
- Ne restez pas planter là et posez une fesse, je sens que ça va être long, siffla l'enchanteur en claquant des doigts.
Trois pouffes apparurent au milieu de son salon circulaire où ils tombèrent presque par inertie.
-Bon les balais, allez me récurer l'étage ! Ordonna-t-il.
Lesdits balais sautillèrent avec leur seau d'eau et disparurent dans les escaliers rapidement, tandis que Merlin s'installait lui aussi sur un siège.
- Et ne foutez pas de l'eau partout où je vous mets au feu !
Elle crut voir l'un des balais frémir, mais elle avait bien du mal à se dire que ses bouts de bois avaient conscience de leur funeste destin s'ils ne suivaient pas les ordres. Le gamin partit chercher un ouvrage différent du règlement, plus épais et à la couverture marrons ainsi qu'une plume à l'embout lumineux. Il s'assit à même de sol, appuya l'embout de la plume sur le loqué qui maintenait le livre fermé et l'ouvrit devant eux.
- Il était une fois…
- Oh merde…, lâcha August sans retenir ses mots tandis que le brun le sermonna d'un regard courroucé. P-pardon, continu.
- Donc…, reprit-il en se raclant la gorge.
« Il était une fois une jeune femme à la beauté et à la grâce cachée, immuable, désireuse d'aventure et de liberté. Elle n'était ni vraiment riche ni pauvre, mais si son père venait d'un milieu princier, sa mère n'avait été que fille de Meunier. Un jour d'automne, alors que la forêt verdoyante prenait les couleurs de l'été indien, elle croisa le chemin d'une jeune fille à la peau blanche comme la neige et à la chevelure aussi sombre que les ailes d'un corbeau. De par sa bonté et sa témérité, elle s'était élancée pour la sauver d'un terrible et funeste destin. De cette rencontre, sa beauté et son impulsivité l'avaient conduite à devenir une Reine contre son gré. Perdant à jamais la seule personne qui lui donnait un souffle de liberté, le palefrenier qui selon sa mère ne la méritait pas, elle se laissa mettre la bague au doigt. Et devint Reine de tout un Royaume.
Elle n'était là qu'une beauté invisible, une rose magnifique qui se fane par manque d'attention d'un Roi bien trop vieux et bien trop épris de sa défunte épouse.
De sa perte, de ce fardeau qu'elle avait dû accepter par dépit, mais aussi de sa solitude dans un château vide et dans un monde où elle ne trouvait pas sa place, naquit une rancœur et une haine irascible pour ceux qui l'avaient trahie. L'obstination de sa mère, son contrôle et sa froideur, mais aussi le silence de son père n'en était que les prémisses. La joie de celle qui grandissait dans l'innocence, celle qui, pour elle, ne méritait pas tous ces sourires, tout cet amour avait causé sa chute.
Elle qui n'avait jamais voulu suivre les traces de sa mère, toucha du bout des doigts une magie qu'elle détestait et craignait. Une magie qui lui avait volé une partie de son enfance. Alors envahie par un pouvoir incontrôlable, elle patienta, elle attendit la mort du Roi.
Arriva le jour funeste où la mort vint cueillir son époux. Une perte provoquée grâce au cœur manipulé d'un soupirant amoureux. L'homme devenu prisonnier du miroir. Son éternel serviteur.
Cependant, rien n'aurait pu mieux la satisfaire que d'avoir le cœur de Blanche-Neige et la traque commença. Longue et éreintante, plus la Reine nourrissait sa vengeance, plus la magie noire l'assombrissait. Plus elle tuait, plus elle se perdait, tandis que la jeune femme intrépide et insouciante laissait place à une Reine que tout le Royaume se mit à craindre. »
Le jeune garçon se stoppa quelques instants pour tourner quelques pages et reprit sa lecture.
« Assise sur son trône dans l'attente qu'on lui offre son ennemie sur un plateau d'argent, elle dirigeait le Royaume d'une main de fer. Avant de devenir celle qu'elle était, on lui avait dit qu'elle devait ouvrir à nouveau son cœur, qu'elle devait croire en cette force qu'était l'amour, mais en ces jours sombres elle souriait et s'extasiait dans l'avarice d'un pouvoir où ce sentiment n'avait plus sa place. Seule la haine guidait ses pas et sa main pour voler le cœur de tous ceux qui l'affrontaient. Il avait suffi d'une pomme empoisonnée pour une vengeance calculée, pourtant elle s'était fait prendre à son propre jeu.
Condamnée à mort face à ses juges, la Reine n'avait plus peur de mourir. Elle souriait même lorsque les flèches furent tirées pour l'exécuter devant des centaines de paires d'yeux, qui ne pouvaient soutenir ne serait ce qu'une seconde son regard. Si elle n'avait pas peur de la mort, elle avait peur d'aimer, d'être prise en pitié alors quand sa pire ennemie demanda à stopper l'attaque avant qu'elle ne l'achève, elle perdit son sourire. Elle fut graciée par celle qui fût sa belle-fille, pour être bannie d'un Royaume qu'elle voulait voir à feu et à sang.
Blanche-Neige avait trouvé son prince, son royaume et ses fidèles.
La Méchante Reine avait tout un Royaume à ses pieds, toute une armée et un château dans les profondeurs de ses terres sombres comme la nuit. Pourtant cela ne suffisait pas. Cela ne suffirait jamais. Après une dernière menace, un dernier éclat, elle prépara un sort dangereux qui scellerait le destin de tous, mais aussi le sien. Un sort qui aurait causé un vide dans son cœur, qu'elle n'aurait jamais pu combler. Dans les profondeurs de son château, elle confectionna de ses mains son ultime vengeance.
Cependant, cette jeune femme, cette Reine, était différente de sa mère. Elle n'avait pas fait la même erreur. Même devenue sombre, elle n'avait jamais enfermé son cœur dans une boite. Ce membre si précieux avait toujours été à sa juste place pour ressentir même la plus vive ou la plus douloureuse des émotions. Si tous au Royaume Blanc pensaient qu'elle les maudirait dans une boucle sans fin, le jour venu, le jour où tant de vies devaient basculer elle retourna le sort contre elle pour les protéger… »
Emma écoutait attentivement et fronça les sourcils à ses derniers mots. Elle profita de la pause du conteur pour l'interrompre malgré ses directives.
- Les protéger ? Mais les protéger de quoi… ou de qui ?
Le jeune garçon leva les yeux du livre et scruta ses traits pendant de longues minutes avant de reprendre.
- De celui qui désirait détruire les rêves, les contes et toutes fins heureuses, quelles qu'elles soient. Celui qui voulait réécrire l'histoire et se faisait appeler l'auteur.
- Mais elle m'a dit haïr Blanche-Neige, elle a voulu la détruire… comment aurait-elle pu retourner le sort contre elle ?
- En scellant sa destinée. Mais tu sais l'amour et la haine ne forme parfois qu'un seul et même tout. Laissez-moi finir l'histoire d'un point de vue que personne n'a pu connaitre depuis ce jour. Le point de vue de celle qui avait alors compris la nature profonde de cette Reine au destin brisé…
Près de trois cents ans plus tôt
Cela devait être un jour comme les autres. Un jour empli de bonheur de sourire et de joie. Mais leur monde était en guerre, un combat contre une force qui les dépassait. Née dans l'ombre, s'épanouissant dans la convoitise du pouvoir, dans la jalousie et la cupidité. Un monde où ils n'avaient été que des pions sur un échiquier et cela pendant des années.
La forêt aux mille couleurs de l'automne semblait calme et silencieuse. Sa beauté millénaire se reposait à leur pied et s'étendait dans tout le Royaume Blanc. Au loin l'on pouvait apercevoir les montagnes sombres du Royaume Noir. Au-delà de ces deux royaumes s'étendait encore une terre aride, un vaste océan, des plaines luxuriantes, des monts enneigés, des îles oubliées. Le soleil caressait son âme déchirée face à ce Royaume qu'elle ne verrait peut-être plus. Combien de temps lui restait-il ? Combien d'heures ? Combien de sourires échangera-t-elle encore ? Étaient de ces questions qui inondaient ses pensées. Le vent s'engouffra dans sa longue chevelure ébène, des mèches noires vinrent scinder son regard clair devenu fatigué et perçant avec le temps. Elle avait été une princesse, une voleuse en fuite, une Reine miséricordieuse pleine de bonté, pour devenir une femme plus dure, blessée par les affrontements et enfin une mère.
Ses yeux bleus se posèrent sur le petit être encore dans ses bras, cet enfant qui dormait profondément. Les yeux clos sur le monde qui allait bientôt se transformer à son insu. Cet enfant au destin sombre et peut-être funeste. Qu'avait-il dit ? Qu'elle les sauverait… ou qu'elle les détruirait. Comment décharger autant de responsabilités sur un si petit être, comment y voir une possible cruauté ? Pourtant, elle savait que quand le moment sera venu, sa fille prendrait la bonne décision. Elle en était persuadée.
- Mon amour, nous devons y aller. C'est l'heure.
La voix de son époux, chaude et tendre, la séduisait toujours autant. Elle n'avait qu'à écouter son timbre de voix, ses mots pour se sentir plus confiante, rassurée et apaisée. Mais en ce jour, rien ne pourrait calmer les battements lourds de son cœur.
Seuls leurs pas faisaient écho entre les murs en pierre de leur somptueux château encore baigné de lumière. Mais ce silence constant l'étouffait depuis le départ du personnel. Il ne restait que leur armée et celle du Royaume Noir. Il ne restait que ceux qui allaient combattre au péril de leur vie.
Elle entra dans la salle du trône où tous les regards encore présents, tous les soldats blancs ou noirs, l'observaient avec un aplomb qu'elle avait du mal à avoir en ces temps si sombres.
Celle que l'on surnommait parfois la Louve vint à leur rencontre et les salua dans un sourire calme et confiant. Athlétique, rayonnante d'autorité dans sa tenue, elle n'était pas devenue le Commandant de la garde blanche pour rien. Il y avait mère-grand, il y avait ses sept petits amis, il y avait Gepetto et son fils, Blue, Jiminy et encore tant d'autres. D'un coup d'œil, elle remarqua Maléfique dans un coin de la salle, un regard serein rivé sur eux.
Et il y avait la Reine Regina, la Méchante Reine, assise sur le trône qu'elle avait longtemps occupé avant d'être exilée. En la voyant dans sa robe somptueuse d'un rouge incendiaire et d'un noir profond, en croisant son regard brun perçant, elle eut un frisson. Cette peur, cette tristesse qui ne l'avaient pas quittée depuis la vendetta de celle qu'elle avait vue comme une grande sœur, comme une amie, une confidente plus que comme une mère. Plus elle s'approchait d'elle, plus son cœur battait douloureusement et pourtant elle avait envie de sourire. Leur ennemi commun leur avait permis de s'allier et de se retrouver même pour un laps de temps trop court. Elle avait besoin d'elle comme par le passé. Et elle ne saurait sans doute jamais pourquoi Regina avait pris la décision de ne pas lancer sa propre malédiction, pourquoi elle était venue avec son armée non pour les envahir ou les narguer, mais pour s'allier à eux.
Elle gravit les marches et arriva auprès de la Reine. Sa place était dans un trône, au sommet, alors la voir assise ici même sur le siège qu'elle occupait habituellement auprès de Charmant était une forme de provocation digne de son ancienne belle-mère, mais ne la choquait pas. Perdre certaines habitudes l'aurait déstabilisée encore bien plus.
- Tu as fait tes adieux ?
- Oui. Regina… es-tu sûre de ton plan ?
- Il me semble que tu as décidé de me faire confiance.
- Oui, mais…
Sa voix se perdit dans le silence de la salle.
Avec toute la grâce de son rang, la Reine se leva et descendit les quelques marches pour la rejoindre. Elle écarta d'un doigt la couverture qui recouvrait une partie du visage de l'enfant et effleura sa joue. Les yeux bruns croisèrent ceux de sa fille dans un échange seulement entrecoupé par quelques gazouillis. Blanche remarqua la lueur brillante passée dans le regard de Regina. Elle remarqua l'intérêt de son enfant pour une femme censée n'avoir aucun cœur, n'être possédée que par la noirceur. Elle vit la petite main attraper tant bien que mal le doigt de Regina et elle aperçut surtout le léger sourire, l'infime petite fissure dans le masque si bien travaillé de la Méchante Reine. Oui, elle lui faisait confiance, car en cet instant elle avait l'impression de retrouver cette jeune femme qui lui avait sauvé la vie.
- Il a été clair et Blue l'a confirmé, commença-t-elle, en relevant le regard, si elle reste, elle sera potentiellement en danger, elle sera une épée de Damoclès au-dessus de notre tête. Je ne sais pourquoi, je ne sais comment, mais c'est son destin.
- Pourquoi ne pas utiliser l'armoire de Gepetto ?
- Parce qu'on ne peut savoir où l'armoire l'enverra et vous ne la retrouverez sans doute jamais.
- Alors peut-être… peut-être que tu devrais lancer ta malédiction tout compte fait, murmura-t-elle, pensive.
Regina la toisa d'un regard ambivalent qu'elle ne sût interpréter.
- Le prix serait trop grand. Vous oublierez vos vies jusqu'à votre propre nom, votre propre fille. Elle ne grandira jamais et ne pourra rompre la malédiction. De plus, il nous suivra…
-Mais tu te souviendras de tout… on pourrait utiliser l'armoire pour lui épargner la malédiction et tu irais la chercher. Je n'ai confiance qu'en toi, Regina...
Sa voix cassée se tut dans un murmure alors que la Reine du Royaume noir la força à la regarder dans les yeux.
- Je ne peux pas le faire par moi-même. Sans magie, je ne pourrais sans doute pas la retrouver à temps et surtout je n'aurai aucune chance contre lui. Et je sais qu'il aurait été assez malin pour nous retrouver, me retrouver. Je vais l'envoyer là où je serais sûre qu'elle sera en sécurité jusqu'au jour où elle nous retrouvera.
- Comment le pourrait-elle alors qu'elle ne saura même pas d'où elle vient ?
- Elle ne sera pas seule.
- Que va-t-il advenir de nous en attendant ?
- Le temps se fermera dans une sorte de boucle intemporelle, je ne sais réellement comment elle se présentera, mais cela nous permettra de gagner du temps.
- Toi aussi tu seras perdue dans cette boucle ?
- Tout comme vous.
- Je ne peux accepter un tel sacrifice, je ne comprends pas… après tout ce que nous avons enduré, après nos combats, ton désir de… vengeance, pourquoi fais-tu cela pour nous ?
- J'ai mes raisons.
Blanche acquiesça comprenant que Regina ne lui en dirait pas plus, ses doigts crispés sur la couverture.
- J'ai mis des jours et de l'énergie à préparer ce sort, mais il nous permettra de rester nous-mêmes.
- Combien de temps allons-nous attendre ?
- Le temps s'écoule différemment d'un monde à l'autre. Des jours, des mois… peut-être des années…
- Et le prix ? Quel sera le prix pour ce sort ?
- Tu n'as pas à le savoir.
Regina regarda l'enfant une dernière fois et se détourna vivement pour fixer la lourde porte. Blanche vit dans son regard la preuve de la magie qui coulait dans ses veines, cette lueur mauve si particulière.
- Il arrive, souffla la Reine comme un avertissement.
Tous se tournèrent vers la porte tandis qu'un garde blanc entra et arriva à pas rapide vers elles. Il se pencha et mit un genou à terre avant de parler.
- Comme on nous l'a prédit, il y a des nuages noirs ! Des éclairs et des tambours. Les éclaireurs ont vu des géants, des archers elfes noirs et des troupes entières de soldats de l'ombre. Ils sont nombreux et monstrueux, ils marchent sur nos terres, droit vers le château ! Quels sont vos ordres ma Reine ?
Blanche croisa le regard de Regina. En cet instant elle avait l'impression de revenir en arrière, de n'être que cette jeune fille incompétente qui devait apprendre à diriger un Royaume. Et qui détestait cela.
Pourtant le regard hautain qui la scrutait durement lui redonna du courage, lui donna ce souffle qui l'avait conduit jusqu'ici. Sans Regina, sans sa vengeance elle n'en serait pas là aujourd'hui, mais peut-on dire merci et marcher sur les cendres du passé sans en ressentir de la culpabilité ? Elle avait simplement décidé d'avancer.
Charmant laissa sa femme parler face aux quelques membres des deux armées et prit leur enfant pour une dernière étreinte.
- Mes amis, mes fidèles soldats et vous autres alliés du Royaume Noir, aujourd'hui pour cette trêve il n'y a plus de rancœur et il n'y a plus de conflit entre nous. L'heure est venue de nous battre pour notre survie. Nous devons combattre cet ennemi commun, ce monstre qui s'étant sur nos terres et qui désire nous asservir, pire nous détruire. Aujourd'hui nous nous battons pour notre liberté et qu'importe si nous mourrons sur le champ de bataille, nous sommes ensemble envers et contre tout. Nous devons croire au destin et nous devons garder espoir. Parce qu'aujourd'hui même si nous perdons cette bataille alors demain nous gagnerons la guerre !
Elle avait levé son épée, comme tous les autres. Les exclamations venaient des deux Royaumes, des cris enthousiastes d'une volonté sans faille. Elle en était fière, d'autant plus par le regard de Regina.
Les deux Reines donnèrent leurs ordres et les Commandants de leur garde respective, partirent chacun de leur côté afin de guider leurs armées. Quant aux troupes adverses, elles étaient arrivées à leur porte.
Blanche remarqua que Maléfique avait elle aussi disparu. Elle savait qu'un dragon et une sorcière aussi puissante seraient forcément d'une grande aide, mais elle se doutait que cette dernière le faisait pour Regina et pour des intentions propres à elle.
Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour qu'une bataille d'une extrême violence fasse rage à l'extérieur. Que des flammes lèchent les carreaux, que les cris parfois inhumains passent au-delà des murs et que d'innombrables flèches filent dans le ciel pour s'abattre sur leurs armées.
Le reste de la garde rapprochée se préparait à une possible confrontation tout comme leurs amis.
- Merci, Regina. Merci pour ce que tu fais.
Elle n'avait pas retenu ses mots auprès de son ancienne belle-mère. Cette dernière l'observa d'un air intrigué et presque prise aux dépourvues.
- Je savais qu'il y avait encore du bon en toi.
La brune leva les yeux au ciel et souffla d'un air désabusé.
- Je ne fais pas cela pour toi alors efface cet air niais de ton visage, cela m'exaspère !
Elle ne put s'empêcher d'étouffer un rire face à la menace. Regina avait peut-être un peu changé, mais elle n'en restait pas moins celle qui l'avait pourchassée autant que celle qui l'avait un jour aimée.
Des bruits de tambours assourdissants frappaient en rythme, des pas lourds et monstrueux faisaient trembler les murs quand tous les carreaux explosèrent dans un même éclat. La guerre des ogres était terminée depuis des années, mais pourtant cela y ressemblait… en pire.
Elle se tourna vers son époux pour lui sourire tristement et observa Regina. Cette dernière avait fermé les yeux, laissant déjà la magie tournoyer autour d'elle en un halo flamboyant. Ses mains ouvertes de chaque côté d'un parchemin en suspension dans l'air. Elle parla dans une autre langue, elle susurra ses mots et le parchemin se consuma en quelques secondes ne laissant que les cendres s'éparpiller dans l'air devant les yeux ébahis de toute l'assemblée.
Les dés étaient jetés.
- Viens à moi miroir des mondes oubliés.
Un imposant miroir au cadre en bois sculpté se matérialisa derrière eux, surprenant encore une fois tout le monde. La magie ne cessait de l'impressionner.
- Vous savez que vous ne pouvez l'accompagner, il faut une personne neutre auquel il ne pensera pas. Alors qui partira avec elle ? demanda la Reine d'une voix ferme.
Charmant et Blanche échangèrent un regard entendu.
- Pinocchio.
Le jeune garçon de dix ans s'avança timidement vers eux, entraîné par son père.
- Je sais que tu seras assez brave et fort pour prendre soin d'elle, rassura Gepetto.
L'ancien petit garçon de bois, dévisageait d'un air triste et contrit le nourrisson de nouveau endormi dans un sommeil que rien ne semblait troubler et le prit dans ses bras.
Plusieurs coups violents s'abattirent une nouvelle fois sur la lourde porte, dont les gonds étaient en train de céder. Blanche remarqua du coin de l'œil qu'une fumée mauve s'étalait depuis le fond de la salle jusqu'aux trônes.
- Dépêchez-vous. Passez à travers le miroir ! ordonna Regina d'une voix forte, puisant dans toute son énergie pour maintenir la voie ouverte.
Pinocchio resserra son bras autour de celle qu'il verrait désormais comme sa petite protégée et passa à travers le miroir après un dernier regard pour son père. La surface se fit trouble comme au contact de l'eau et redevint calme. Au même instant la porte céda pour laisser entrer cet ennemi encapuchonné que tout le monde connaissait, que tous détestaient. Celui qui se faisait appeler l'auteur.
Tandis que des assaillants entrèrent à leur tour comme une vague sombre déferlante, il posa un regard empli de haine sur la Reine du Royaume noir. Un regard qui aurait pu faire frémir n'importe qui. Mais pas elle.
Regina bougea les mains et le miroir se brisa en une infinité de morceaux, avant de disparaître dans la brume mauve qui avançait toujours vers eux.
- Pauvre folle ! Je la retrouverais, elle marchera sur vos cadavres à mes côtés !
La voix sifflante et caverneuse, déformée par la haine, gronda dans la salle en un écho remontant des enfers.
- Alors tu devras attendre plusieurs longues années et qu'importe ce que tu entreprends, tu ne la retrouveras jamais.
- Je te ferais parler, traîtresse ! Ton cœur parlera et agira pour moi !
- Tu n'auras jamais mon cœur, tu n'en auras aucun. Elle est hors de ta portée et bientôt nous serons tous bloqués dans une spirale dont même toi tu ne pourras sortir.
- Qu'as-tu fait sorcière ?
- Je nous ai offert du temps.
Alors que la bataille faisait rage, arrivant jusqu'à eux par des éclats de voix et des grognements. Alors que la Reine défendit son honneur face au démon dans un ultime affrontement. Blanche ferma les yeux sentant la main de son véritable amour dans la sienne, sentant son cœur se briser, ses larmes perlées sur ses joues et le pouvoir, le sort de Regina les engloba pour les faire disparaître dans une brume oppressante.
Présent
Le conteur termina de raconter son histoire et laissa les trois héros la bouche ouverte.
- Cela vous en bouche un coin hein ! Elle est grave cool la Reine, s'extasia le petit brun.
- C'est vrai que ton histoire fait souvent son petit effet, rajouta Merlin. Notre Reine n'est pas celle qu'on croit, seulement beaucoup l'ont oublié.
- Mais c'est… je n'en reviens pas d'apprendre tout ça… mais pourquoi a-t-elle agi ainsi ? Comment les Lieutenants et la Reine se sont retrouvés dans cette tour ? C'est vraiment le sort qui a créé tout ça ? Et où se trouve l'auteur ?
- C'est pas à moi de vous répondre, pour ça va falloir demander à la concernée, du moins lorsqu'elle aura retrouvé ses souvenirs.
- Mais… bon ok après tout elle s'est un peu confiée. Entre deux vols planés, je devrais pouvoir en apprendre plus. Mais je ne comprends pas pourquoi les gens s'acharnent à vouloir la tuer !
- Humpf la plupart des habitants du monde enchanté sont une bande de moutons ignares, si la règle avait été de sauter dans un lac de lave en fusion ils l'auraient fait. Puis ceux qui étaient présents lorsqu'elle a lancé le sort, ont tout oublié, précisa Merlin.
- Regina aussi semble avoir oublié.
- Tout comme ses Lieutenants. Certains ne savent pas pourquoi ils ont ce rôle, d'autres ont été capables de mettre leur rancœur de côté pour la protéger. Nous sommes les seuls à connaitre l'histoire, ainsi que Fiona. La plupart des gens ont du mal à y croire alors nous avons arrêté de prêcher notre parole face à des ignorants.
- Fiona ? Si vous semblez vouloir les aider, en ce qui la concerne, elle nous a nargués en nous disant que le seul moyen de sortir de ce pétrin était de tuer la Reine !
- Parce que c'est la quête que tout le monde s'est mis dans le crâne depuis 300 ans. Vous ne l'auriez jamais cru si elle vous avait dit de la sauver. Puis c'est bien plus vendeur d'avoir un super méchant à battre plutôt qu'à libérer, soupira le conteur. Les gens aiment bien les méchants tout compte fait.
- Bien plus vendeur ? S'interloqua Scarlett, s'adressant au conteur. On dirait que tu parles comme si tu avais créé le jeu vidéo dans lequel nous avons atterri, songea-t-elle avec un petit rire.
- Tu marques un point Wolfy, rétorqua le gamin avec un clin d'œil.
- Quoi ? éructèrent-ils en cœur, complètement abasourdis.
- Ce… jeu dont vous parlez, vous saviez qui l'avait développé ? demanda Merlin.
- Non, enfin ils étaient indépendants et peu connut…, répondit Emma.
- Bah c'était moi. C'était un pari risqué, car il fallait que Pinocchio ou la fille de Blanche apprécient ce genre de… jeu. Mais dans votre monde je me disais qu'un bouquin se serait plus compliqué et Fiona aurait eu du mal à rameuter du monde même en étant aspiré par le livre. J'ai mis pas mal de temps à le créer et elle s'est chargée de le distribuer, d'en faire la pub et tout le tralala.
- J'y crois pas, voilà que les personnages d'un monde moyenâgeux s'y connaissent mieux que nous en marketing ! souffla Scarlett.
- Comment as-tu fait pour créer un tel jeu ? Demanda Emma, surprise. Vous ne connaissez aucune de nos technologies !
- Le destin s'est écrit de lui-même, mais en tant que conteur j'ai retranscrit l'histoire ainsi que la malédiction. Avec un peu de patience et de magie j'ai réussi à sortir un support de votre temps.
- Mais pourquoi l'avoir crée ?
- Fiona a longtemps cherché la fille de Blanche, mais n'ayant aucune piste hormis son prénom et le monde où elle avait été envoyée, il était bien difficile pour elle de la retrouver. Même si elle avait quelques pistes elle n'avait aucun moyen de la ramener physiquement. Il fallait aussi la jouer fine, qu'elle y croit… donc elle s'est tournée vers moi.
- Et après le lancement du jeu et ses recherches, on s'est retrouvé avec un bon nombre de gamin avant qu'elle cherche dans vos âges, soupira l'enchanteur. Avec le décalage de temps c'était assez compliqué de pouvoir cibler un créneau d'âge…
- Des gamins qui sont toujours coincés ! Qui sont recherchés dans notre monde et pour certains qui ont réellement été tués, disputa Emma. Il faut arrêter cela, et renvoyer ceux qui ne peuvent faire avancer les choses !
- Ils repartiront quand la malédiction sera levée et l'auteur hors d'état de nuire. Mais pas de bile, Fiona a arrêté les recherches, il était temps d'ailleurs. Nous, on ne vieillit pas, mais la pauvre avec le temps et les voyages entre nos mondes elle a pris un petit coup de vieux, gloussa le conteur.
- Elle ne serait pas ravie qu'on parle d'elle comme ça gamin, mais c'est vrai qu'elle a pris dix ans dans les dents, ajouta Merlin, goguenard.
- Vous avez tous plus de 300 ans je vous rappelle, marmonna la Chasseuse. Et elle reste très belle pour son âge...
- Si elle a arrêté ses recherches, c'est qu'elle les a trouvés non ? reprit Emma sans relever la réplique plus basse de Scarlett. Alors où sont la fille de Blanche-Neige et Pinocchio ?
Le gamin leur sourit mystérieusement en croisant les bras et bien qu'elle l'appréciait, en cet instant elle le maudissait.
- Disons que grâce à Wolfy et une bonne dose d'instinct, ils sont bel et bien de retour à Storybrooke.
- Moi ? demanda Scarlett, interloquée.
- Elle a tout oublié comme la mère-grand, mais quand même… ils ont un cerveau de bulot, soupira le vieil homme en roulant des yeux.
- En fait avant cette histoire de jeu on s'est dit qu'on allait tracer la princesse avec des chiens renifleurs qui de plus la connaissait. Il se trouve que même si elles avaient oublié une bonne partie de leur vie à cause de la malédiction, le Commandant de la garde blanche ainsi que sa grand-mère étaient des métamorphes. De par leur dévouement, elles feraient tout leur possible pour retrouver une enfant perdue. Surtout la fille de Blanche. Seulement on a mis des années à pouvoir les envoyer chez vous et on a pas calculé qu'en les renvoyant dans l'autre monde ces deux-là allaient se retrouver amnésiques une fois arrivées… tout comme Pinocchio.
- On a eu de la chance que Fiona ait une mémoire phénoménale. Même si comme les autres elle ne se souvient pas de sa vie juste avant la Malédiction, elle n'avait aucun problème dans votre monde. Elle m'épatera toujours, pensa le vieil homme à voix haute.
- Ouais, mais mine de rien le hasard a joué en notre faveur. Cette fameuse Louve dont je vous parlais dans l'histoire, bah elle s'appelait Scarlett.
À force de finir avec la bouche ouverte, ils allaient forcément en perdre la mâchoire.
- Mais alors je suis… non c'est pas possible je peux pas être cette femme et ma grand-mère non plus, c'est n'importe quoi, éructa la brune. Je vis à Boston, je suis serveuse et non une haut-gradée dans l'armée !
- Et tu faisais quoi avant ça ? Tu vivais où ? demanda le gamin d'un air assuré.
- Je… heu… j'étais… eh bien à Boston…, commença-t-elle une main sur le front en proie à une intense réflexion.
- Merde… j'en sais rien. Mais j'ai un cousin, Peter ! Ma grand-mère et moi on n'a pas pu l'inventer celui-là !
- C'est qui ça Peter ? demanda le petit brun à Merlin, fronçant les sourcils. C'est pas l'autre barge avec ses explosifs quand même ?
- Non Peter Pan est coincé dans la tour. C'est l'une des identités de Fiona afin de rester physiquement près d'elles.
- L'une des identités ? Mais j'ai passé mon dernier été avec lui en Californie ! Et il n'y a pas de magie dans notre monde ! J'y comprends rien, s'essouffla la Chasseuse.
- Fiona n'avait pas sa magie en effet, mais ici on peut fabriquer toutes sortes d'objets qui marchent dans votre monde, comme le jeu. Va savoir pourquoi, j'suis pas savant, expliqua le gamin en haussant des épaules nonchalamment. Elle a fouillé dans vos souvenirs d'après ce qu'elle m'a dit afin de trouver une personne assez proche de vous deux et qui lui permettrait de vous approcher ta grand-mère et toi sans crainte.
- Non j'y crois pas !
- Demandez-lui dans ce cas ! Elle a dû passer du bon temps à la plage en tout cas. Veinarde, fulmina Merlin.
- Si vous dites la vérité, alors pourquoi je n'ai pas retrouvé mes souvenirs ?
- Tu les retrouveras en même temps que les autres.
- Non, mais non… merde c'est impossible ! Emma aide moi !
- Bah j'en sais rien moi non plus… tu ne m'as jamais parlé de ta famille, hormis pour ton cousin et ta grand-mère tu disais que tu ne les avais jamais connus, qu'on était tes seuls amis avec August et surtout que tu avais toujours vécu à Boston…
- Mais… non, souffla la brune, désespérée, le visage dans ses mains. Je… je n'ais aucun autre souvenir…
Elle resta silencieuse avant de relever la tête d'un coup.
- C'est pas vrai… je me suis quasiment foutu à poil devant Peter, avoua-t-elle, les joues rouges.
- C'est le pompon ! Pourquoi en 300 ans y a qu'elle qui se soit autant amusée, parfois elle m'agace cette Fée de malheur. Je l'imagine avec son rire sadique à me narguer, ragea l'enchanteur dans sa barbe, boudant presque comme un enfant.
- J'ai besoin de boire un verre, soupira la Chasseuse de Démon.
- Cherche pas t'es Scarlett, la Louve et la grande Commandante de la garde royale, appuya le conteur, ne relevant pas les remarques du sorcier à ses côtés qui marmonnait toujours.
- Oh bordel ça pète comme titre, scanda August, soufflé par les révélations.
- C'est sûr que c'est mieux que Pinocchio, baragouina Merlin posant un regard ennuyé sur le croisé.
- Qu'est-ce que…
Le Croisé les observa tour à tour, intrigué.
- Pourquoi vous me regardez avec des yeux de merlan frit, ce n'est pas parce que j'ai pris ce pseudo que je suis Pinocchio. Je ne suis pas une sorte de pantin de bois et…
Les yeux ronds Emma et Scarlett virent le nez d'August s'allonger.
- Bon bah là tu as une preuve au moins, ricana le conteur.
- Non, c'est des conneries ! Je ne suis pas une marionnette !
Le nez s'allongea encore et August tenta de l'arrêter d'une main.
- C'est vous, vous jouez avec nous !
- Nope.
- Que l'un de vous deux me redonne un nez normal ! Ragea le brun tandis qu'Emma et Scarlett étouffaient un rire. Et vous que je ne vous prends pas à vous moquer !
- Dis la vérité et tu retrouveras ton nez, conseilla le garçon.
- Mais je ne suis pas Pinocchio !
Le nez était si long qu'il n'arrivait plus à le porter et bascula soudainement en avant.
- Ok, ok ! Je suis Pinocchio, je suis PINOCCHIO !
Son nez reprit sa forme originale si brusquement qu'il en tomba à la renverse. Il se releva en grognant et se toucha le visage plusieurs fois comme pour s'assurer des proportions.
- Mais… si Scarlett est la Louve et August est Pinocchio… commença Emma, le regard dans le vague. Alors je suis…
- Je crois que les neurones ont fait la connexion, sourit Merlin en se lissant la barbe, amusée par l'air choqué de ses invités.
- Non ! Non voyons je ne peux pas être cette… je ne suis pas une princesse moi, merde ! s'exclama-t-elle en se levant de son pouf, les poings serrés.
- Non t'es une Sauveuse, perverse et butée qui mange pour quatre d'après ce que j'ai entendu, je trouve que ça fait moins cucul, taquina le conteur.
- Qu'importe ! On ne peut pas venir de ce monde, on l'aurait senti ! Et on a une famille avec August…
- Ce n'est pas votre véritable famille.
- Vous ne vous êtes jamais dit que vous n'étiez pas à votre place ? Reprit Merlin d'une voix plus douce. Vous n'avez jamais voulu vous évader, être quelqu'un d'autre ?
- Si, mais comme n'importe qui ! s'écria-t-elle en croisant le regard incertain d'August.
- Bon, comment croyez-vous que vous avez survécu face aux Lieutenants ? C'est grâce à vos compétences, mais aussi parce que vous venez de ce monde. Dans un sens heureusement que ceux qui sont coincés ici ne tentent rien, ou sont assez forts, car eux aussi pourraient possiblement être tués, avoua-t-il d'une petite voix. Tu es Emma, la fille de Blanche-Neige et du Prince charmant. Seule toi pouvais trouver et lire le sort du second règlement que j'ai écrit pour libérer la Reine.
Elle retomba sur le siège comme une masse. Elle ne savait plus qui ou quoi croire.
- Vous savez tout. Je ne connais pas les détails de cette malédiction, je ne sais pas ce qu'il passera après, mais on ne peut plus rester ainsi.
- Oui...
- Regina ne doit pas savoir qui tu es réellement, Emma, prévint le petit brun.
- Pourquoi ?
- Parce qu'elle est encore en boucle sur sa vengeance, elle pense parfois que c'est Blanche-Neige qui l'a mise dans cette situation. Pour le coup elle risque de te tuer.
Emma le regarda d'un air désabusé.
- Elle m'a tuée sept fois… une de plus ou une de moins.
- Oui, mais elle te parle alors estime-toi heureuse parce que Robin lui, il a passé un sale quart d'heure. Il a été trop présomptueux comme les autres… si elle apprend qui tu es, si tu lui parles de tout cela elle ne te croira même pas, elle ne t'adressa même plus la parole ou…
- Ou elle t'enfermera à double tour et te torturera de mille façons. Tu me diras tout dépend de la torture, songea le vieil homme les yeux en l'air.
- Arrête de penser à des trucs salaces, espèce de vieil ermite pervers, défendit le gamin, un regard courroucé vers Merlin.
- Ah oui pardon, j'avais oublié qui elle était pour toi, soupira l'autre.
- Comment ça ? demanda Emma, intéressée.
- Eh bien… il y a une autre raison pour que je souhaite qu'elle soit sauvée, dit-il en haussant les épaules, plus pensif. Je ne sais pas si le sort dans ce règlement fonctionnera, mais je suis content que tu aies choisi une magicienne qui te permet de faire ressortir ta nature profonde et que ce soit toi qui tentes de vouloir la sauver… enfin de toi-même, sans qu'on t'ait rien demandé.
Elle sentit ses joues s'échauffer, et tenta de cacher sa gêne derrière un raclement de gorge. Savait-il qu'elle avait aussi flashé indubitablement sur la Reine ?
- Oh… oui. Mais c'est qui pour toi, hormis la Méchante Reine ?
- Elle n'a jamais été la Méchante pour moi, enfin si au début bien sûr, car elle était rongée par sa vengeance et elle reste assez sadique, voire même très sanguinaire, quand elle s'y met. Mais… c'est ma mère. Ma mère adoptive. Je ne sais pourquoi, mais l'auteur s'en ait pris à mon village et à ma famille alors que je n'avais que dix ans… il voulait ma véritable mère, peut-être me voulait-il aussi pour servir ses desseins, je ne le saurais sans doute jamais. Beaucoup appelait ma mère la sorcière blanche parce qu'en plus de sa magie, elle avait des cheveux si blonds qu'ils semblaient être argenté.
- Je me demande encore d'où te viens cette tignasse et tes yeux foncés, ajouta Merlin d'une voix emplie de tendresse.
- Mon père sûrement, sourit-il timidement. Ce qui est drôle dans un sens, c'est qu'en y réfléchissant, tu lui ressembles beaucoup Emma.
Elle répondit par un sourire tout aussi timide, à la fois troublée et attendrie par son histoire.
- Le plus étrange c'est qu'elle était la seule que Regina respectait malgré leur magie contraire. Après son exil dans le Royaume noir, ma mère était la seule qui n'avait pas peur d'elle et pouvait se confronter à la Méchante Reine sans crainte de représailles. Elle ne m'a jamais dit pourquoi, ni comment elle l'avait rencontrée. Elles étaient étrangement proches, pourtant tout portait à croire qu'elles ne s'entendraient jamais. Le jour où ma mère ma protégée pour que je puisse fuir le village, plusieurs mois avant le début de la guerre, je me suis retrouvé devant les portes du château de Méchante Reine. Tout le monde l'évitait ou la craignait, tout le monde sauf la sorcière blanche. Alors qu'elle aurait pu me laisser dans le froid, elle m'a accueilli. Elle savait que j'étais particulier de par mes origines et elle m'a aidé à comprendre à quel point.
- C'est toi… peut-être même ta mère. Tu es la raison pour laquelle elle a abandonné sa vengeance pour les aider, réalisa la magicienne.
- Il y avait aussi l'auteur qui nous menaçait, tu sais… puis la guerre.
- Oui, mais tu as été un facteur important.
Le jeune garçon esquissa un petit sourire et elle n'en fut que plus touchée par sa confiance. Elle comprenait désormais pourquoi il faisait tout cela et savait qu'il n'avait que peu voire jamais raconté cette histoire.
- Je … non on l'a sauvera, dit-elle en croisant le regard de ses comparses qui acquiescèrent, bien qu'encore troublés par les révélations. Je dois encore travailler le sort, mais on y arrivera et on s'occupera de l'auteur. Seulement, dis-moi… mes vrais parents…
- Ils sont à Storybrooke, tout comme ton père Aubust, répondit l'enchanteur à son tour.
Elle remarqua le regard fixe de son ami et se disait qu'après tout lui aussi avait toujours voulu connaître ses parents biologiques. Au final, il n'avait même pas relevé la mauvaise prononciation de son prénom par Merlin qui continua dans sa lancée.
- Seulement ils ne se souviendront pas de vous, continua-t-il. Blanche est souvent à la taverne avec les nains, elle a repris ses vieilles habitudes de baroudeuse, mais je préfère ça à ses airs niais, sans t'offusquer Emma.
- Non, non…
- Charmant s'occupe de l'entrainement des guerriers, et Gepetto gère la confection des armes comme les arcs, bâtons et baguettes.
Dans un silence timide et troublant, ils les remercièrent pour rejoindre la Taverne. Le temps était orageux, maussade et n'arrangeait en rien leur humeur. En définitif, ils furent bien plus accablés qu'ils ne le pensaient par les révélations et ce fut le premier jour où ils ne tentèrent pas l'ascension.
Le premier jour où la Reine ne vit pas arriver la magicienne.
Emma va-t-elle lui manquer tout compte fait ? :p La suite au prochain épisode ^^
