Note de l'auteur : Merci pour toutes vos reviews ! Et merci à Adenoide, Marion, Firewings, Obscura, Olympe, RikkuJedusor, vu que je ne peux pas leur répondre individuellement T-T
Ensuite, désolééée, j'ai une semaine et demie de retard dans cette update, et je n'ai aucune excuse – à part le fait que je suis malade, mais bon, ça ne fait que quelques jours, alors je pense pas que ça compte, lol. J'essaierai de faire mieux pour le prochain chapitre ^^ ;
Il y a beaucoup de personnes qui ont mis cette histoire dans leurs alertes ou dans leurs favoris, ce serait sympa si vous aviez le temps de me laisser un petit mot pour me dire ce que vous pensez de Aurum !
Note ultra IMPORTANTE : Bliblou et moi avons commencé une histoire ensemble. Ca s'appelle Tempus Bella Prensareque, sous le nom Bekind Remind. C'est un HP/LM, avec une histoire de retour dans le passé. N'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil si ça vous intéresse ^^ (le lien est dans mon profil)
Aurum
Partie 2: Mangemort
Chapitre 3 :
Harry, même avant de s'être complètement réveillé, ressentit que quelque chose était différent, il se sentait différent, vidé émotionnellement comme jamais il ne l'avait été avant.
Il garda presque par réflexe les paupières closes alors qu'il réfléchissait à ce qui avait pu le mettre dans un tel état. La réponse ne fut pas longue à venir et il dut se faire violence pour ne pas se mettre à pleurer sur le champ – comme il l'avait fait la veille.
Il fallait qu'il contrôle ses émotions.
Il prit une inspiration tremblante – et croisa aussitôt les doigts pour qu'elle ne soit pas aussi bruyante qu'elle avait semblé l'être à ses oreilles. Mais non, son parrain ne semblait pas réagir. Il s'en voulut aussitôt à cette pensée, car il savait que Sirius avait hâte qu'il se réveille – une personne de plus à ajouter sur la liste de ceux qu'il avait déçus/ trahis.
Il se concentra un instant pour s'assurer qu'il n'y avait personne d'autres tout près, mais seuls l'infirmière, ainsi qu'un élève probablement malade ou blessé, se trouvaient dans la pièce d'à côté.
Pas de Severus – de professeur Snape, se corrigea-t-il aussitôt.
C'était une bonne chose – et s'il le répétait suffisamment de fois, il finirait certainement par s'en convaincre. Les larmes menacèrent une fois encore de couler et il dut se mordre la lèvre presque jusqu'au sang pour les contenir.
Il ne pouvait pas agir de nouveau comme il l'avait fait envers Sever... le professeur Snape. Ce n'était plus son amant, purement et simplement, il n'était plus l'adolescent un peu brisé mais plein d'affection, de loyauté et de curiosité qu'il aimait – et il fallait qu'il arrive à se le rentrer dans la tête.
Enfin, pour le moment, la seule solution qui lui permettrait de ne pas craquer était d'éviter de se trouver face à lui... Il réfléchirait à tout cela une autre fois, il était fatigué...
Il se roula en position fœtale et se laissa porter par l'obscurité.
oOo
Lorsqu'il se réveilla la fois suivante, il fit de nouveau attention à garder une respiration calme et lente, feignant le sommeil. Il avait besoin de quelques minutes et il révélerait sa présence – il le ferait vraiment.
Il aimait Sirius, comme un mentor, un ami, un parrain, quelqu'un de sa famille – une vraie famille, pas comme les Dursley – et il refusait de le faire souffrir plus que nécessaire. Il s'en voulait suffisamment de l'avoir fait endurer le calvaire qu'il avait sans aucun doute traversé lorsqu'il avait été dans le passé, il refusait d'y ajouter plus de tourments.
Seulement... seulement, il supposait que, maintenant, il n'était plus à quelques heures près.
Se haïssant pour ce qu'il faisait, et tout en même temps incapable de faire face à la réalité, Harry se roula en boule et laissa son esprit vagabonder, pas tout à fait réveillé, pas tout à fait endormi.
oOo
Cette fois-ci, lorsqu'il reprit conscience, il entendit les murmures de son parrain, le priant de se réveiller, d'aller mieux, de lui parler, l'assurant qu'il serait là pour lui, qu'il l'aiderait autant qu'il le pourrait.
Il sentit – de nouveau – les larmes lui monter aux yeux. A quel point était-il égoïste pour laisser Sirius souffrir ainsi? Seve...
Il n'avait même pas fini de penser ce nom que, déjà, sa gorge se serrait douloureusement et il sentait oppressé, comme le matin d'un match de Quidditch, mais mille fois pire parce qu'il ne savait pas quand cette sensation finirait par le quitter.
Il fallait qu'il se reprenne. Il était tombé amoureux, et avait perdu son amant. Cela arrivait à des millions de personnes. C'était tout. C'était... tout...
Et, soudainement, son propre esprit le terrifia, parce qu'il n'arrivait pas à arrêter de penser, il fallait, il fallait...
Il ouvrit les yeux.
- Sir... ius?
Sa gorge le faisait toujours souffrir, sa voix était rauque et ses muscles un peu endoloris mais, outre cette horrible sensation de peur/ angoisse/ perte/ désespoir qui n'était que mentale, il allait bien physiquement.
- Harry? Bonhomme, je...
Son parrain arrêta de parler, la voix tremblante, et il se retourna pour lui faire face.
L'énorme sourire mangeant le visage de l'animagus était à peine entaché par les yeux brillants qu'il arborait.
Comment avait-il pu ainsi l'inquiéter?
- Je suis... désolé...
Mais son aîné ne semblait pas vouloir le laisser parler, parce qu'il le prit aussitôt dans ses bras, le serrant contre lui.
- Je pense que je ne vais jamais te lâcher, murmura avec ferveur Sirius, le visage enfoui dans ses cheveux, il est hors de questions que je te laisse hors de ma vue.
Et, si ses yeux le piquèrent un peu cette fois-ci, peut-être était-ce dû à de la joie.
oOo
- Remus! s'exclama Harry en voyant le loup-garou entrer dans sa chambre.
Peu après son embrassade avec Sirius – qui s'était éternisée, mais il n'allait pas s'en plaindre – l'infirmière avait débarqué pour lui faire subir toute une batterie de tests. Il ne pensait pas qu'il était possible qu'il soit encore fatigué – mais il s'était trompé. Il s'était rendormi peu après, sa main enfermée dans celles de son parrain. Il s'était réveillé quelques heures plus tard pour réaliser qu'il était fin d'après-midi, début de soirée.
Un énorme sourire étira ses lèvres lorsqu'il vit son ancien professeur de Défenses contre les Forces du Mal – probablement le seul professeur normal qu'il ait eu – et, avant qu'il ne réagisse totalement, le loup-garou avait passé ses bras autour de sa taille pour l'attirer contre lui, l'étreignant de longues minutes.
Finalement, Remus se recula, toujours en souriant.
- Je suis content de te revoir, Harry. Ron et Hermione ont hâte de pouvoir venir te parler également...
Il ne fit pas très attention au reste des paroles et se concentra sur les émotions qu'il ressentait. Il était heureux. Il était entouré de gens qu'il aimait et qui l'aimaient. Tout allait bien se passer.
- Et, coupa soudainement Sirius, refocalisant son attention sur lui, point positif: nous n'aurons plus à supporter Snape!
Snape n'était pas son amant, Snape n'était pas Severus, Snape n'était pas...
Severus...
Il se mordit violemment l'intérieur de la joue pour contenir les sanglots qui menaçaient de le submerger.
oOo
Il se demanda vaguement pourquoi il s'était réveillé, plus qu'à moitié endormi. Il était encore fatigué. Il ne s'était pas couché très tôt la veille par peur de faire des cauchemars, et il avait incité Remus et Sirius à lui raconter tout ce qui s'était passé en son absence, de la proclamation de l'innocence de son parrain à la dernière marque de balai commercialisé, en passant par l'absence d'activités de la part des mangemorts.
Il ouvrit subitement les paupières, toute volute de sommeil éloignée, son esprit cherchant ce qui avait pu le tirer de son sommeil.
Ce fut à ce moment que la porte s'ouvrit et il essaya de repousser Tilhus, sous sa forme adulte, à moitié allongé sur lui – l'étouffant presque sous son poids. Inutile de dire que ses efforts étaient vains, à peine arrivait-il à faire trembler la fourrure de son familier. Enfin, cela le réveillerait certainement.
Il y eut un moment de flottement alors qu'il dévisageait Ron et Hermione – Ron et Hermione! – et que ces derniers le regardaient, lui, avant de fixer le félin, leurs yeux faisant des allers-retours entre eux.
- Ha... Harry... Il... Y'a un... un... lion, murmura Ron, son doigt pointé vers Tilhus et dont le visage reflétait l'effroi – et l'incrédulité – qu'il ressentait.
Tilhus se décida finalement à se réveiller, s'étirant autant que possible avec le poids de son maître contre lui, et grogna sourdement. Hermione et Ron sursautèrent d'un même mouvement et la jeune fille sortit sa baguette, prête à se battre. Harry secoua alors la tête, un sourire ourlant même ses lèvres alors qu'il attendait de voir ce qu'allait faire son familier, laissant paniquer un peu ses amis.
Tilhus quitta le lit d'un bond et jeta un coup d'œil aux deux sorciers, penchant sa tête sur le côté d'un geste typiquement humain.
- Je pense que je les effraie, remarqua le lion, accompagnant ses paroles de ce qui ressemblait étrangement à un sourire.
Celui de Harry ne fit que s'accentuer alors qu'il s'assit dans son lit, se penchant en avant pour gratouiller l'encolure de l'animal.
Le Survivant put alors voir son amie baisser lentement la main qu'elle avait posée devant sa bouche avant de regarder Tilhus avec circonspection.
- Ne vous inquiétez pas, il est inoffensif, lança une voix provenant de l'entrée de la chambre particulière.
Le brun leva la tête et croisa le regard amusé de son parrain.
- Ce n'est pas bien de laisser tes amis paniquer Harry.
- Tu es sûr qu'il est "inoffensif"?
Comme pour répondre à ses paroles, Tilhus montra ses crocs, prêt à rugir pour montrer qu'il n'était pas là pour servir de peluche.
Mais, apparemment, ce n'était pas suffisant pour effrayer ses amis parce que Hermione et Ron venaient de se jeter sur Harry.
oOo
- Voyons monsieur Potter, il semblerait que vous vous soyez suffisamment remis pour que je vous autorise à quitter mon infirmerie. Cependant, sachez qu'il y a certaines règles que vous devrez respecter.
Harry avait bien su qu'il n'aurait pas dû se réjouir aussi rapidement.
- L'équipe professorale a décidé que vous serez exceptionnellement dispensé de passer les examens de fin d'année, aussi ai-je décidé qu'il serait préférable que, pour le reste de votre séjour à Poudlard, vous soyez aux côtés de Sirius. Le Directeur a attribué à votre parrain des appartements le temps de son séjour entre ces murs, et il y a là-bas une chambre à votre intention, ce qui permettra à Sirius de vous surveiller, et donc de vous renvoyer ici si jamais vous veniez à vous sentir mal.
Malgré la situation, il ne put s'empêcher de se sentir diffusément soulagé de ne pas avoir à affronter tous les Gryffondors et leurs questions sur l'endroit où il avait été jusqu'à la fin de l'année scolaire.
- Je vous garde simplement pour la nuit et, demain, vous pourrez rejoindre les appartements de Sirius et, j'en suis sûre, la montagne de cadeaux qui vous y attend.
Cadeaux...
Ses yeux se baissèrent aussitôt sur ses mains mais la chevalière des Snape n'enserrait aucun de ses doigts, tout comme le bracelet de Lucius l'un de ses poignets.
Non, non, nonononon, il ne pouvait pas les avoir perdus, il ne pouvait pas! Il avait déjà dû les perdre, eux, il ne pouvait perdre leurs cadeaux également.
- Harry...?
Il savait qu'il était en train de paniquer totalement, il sentait vaguement que son corps était en train de trembler presque violemment et il se rendait compte, d'une manière presque abstraite, qu'on était en train de lui parler, et pourtant il était incapable d'y prêter attention, parce qu'il ne pouvait pas avoir perdu ces cadeaux. Et qu'en était-il des photos qu'il avait ramenées? De sa carte des Maraudeurs et de sa cape d'invisibilité? Mais, surtout, ses cadeaux...!
- Harry!
De nouveau il sut, abstraitement, que quelqu'un avait attrapé son épaule et le secouait, mais il ne pouvait se résoudre à faire quoique ce soit en réponse à ce geste.
Silver! Silver saurait sûrement le renseigner – c'était lui, après tout, qui avait créé ce sort!
Il fut en dehors de la pièce avant même de s'en rendre compte – sa magie, alors même qu'il ne lui en avait pas donné l'ordre, l'aidait à se déplacer plus rapidement, ainsi que plus discrètement. S'il s'était retourné, il aurait vu les regards ahuris de l'infirmière et de son parrain et il se serait également aperçu que Tilhus venait de bondir hors de son lit, reprenant aussitôt sa taille adulte, et lui emboîtait le pas, mais pas sans s'être auparavant retourné vers les deux sorciers pour leur rugir dessus.
Il arriva, après une course effrénée à travers tout Poudlard, au plan cachant l'entrée des appartements de Silver. Sans avoir la patience ni même la concentration suffisantes de révéler avec doigtée l'entrée cachée, il envoya une grande dose de magie à l'état brut contre le tableau, ne patientant même pas jusqu'à ce qu'il ait fini de pivoter pour s'engouffrer dans les escaliers.
Sans même qu'il n'ait besoin de prononcer une incantation, le salon s'illumina de lui-même. Essoufflé et – surtout – mort de peur, Harry s'arrêta finalement. Parce que si Silver ne savait pas le renseigner, il…
Il sentit Viadis s'enrouler autour de sa jambe avant de monter le long de son corps pour s'installer autour de son cou.
- Hey, murmura-t-il tout en caressant la tête du serpent.
- Tilhus et moi avons pensé qu'il serait préférable que je n'apparaisse pas à tes côtés alors que tu étais inconscient, siffla doucement le reptile.
Cette attention le touchait, le fait même que ses deux familiers aient réfléchi à ce qui serait le plus confortable pour lui lui semblait extraordinaire. Et pourtant, et il avait honte de l'avouer, il oublia tout cela dès que Silver prit la parole.
- Lorsque tu es parti dans le passé, tu as créé un corps à partir de ta magie uniquement. Lorsque tu es revenu à cette époque, ce corps que tu as créé a disparu, expliqua patiemment le tableau.
- Alors… les affaires que j'avais sur moi...?
- … Sont restées dans le dortoir des Serpentards. Je les ai récupérées et les ai ramenées ici.
Harry remarqua finalement une pile d'affaires posées sur le bord du canapé. Ce ne fut qu'une fois le bracelet que Lucius lui avait offert enserrant son poignet gauche et la chevalière des Snape pendant autour de son cou – grâce à une chaîne qu'il avait transfigurée – qu'il se tourna finalement vers Silver.
- Merci. Merci beaucoup. Merci, je...
Le sorcier lui adressa un sourire.
- Je sais.
oOo
Cela faisait à peine une journée que l'infirmière l'avait relâché – après le triple savon qu'il avait reçu de sa part, ainsi que de celle de Sirius et de Rémus – et, déjà, ses amis le traînaient vers la salle commune des Gryffondors. Bien que c'était censé être une surprise, il sentait qu'ils lui avaient préparé une fête.
Il venait tout juste de mettre les pieds dans la pièce commune que tous les regards se tournaient déjà vers lui. Il savait que cette fête partait d'une bonne intention mais, en cet instant, il ne souhaitait rien de plus que de faire demi tour et s'enfuir en courant.
La moitié des élèves se jeta sur lui pour savoir où il était allé – le Directeur avait catégoriquement refusé de leur dire où était passé leur camarade – alors que la seconde moitié l'écoutait, profondément concentré sur lui, buvant la moindre de ses paroles.
Et la soirée fusa alors de "je ne peux pas en parler, désolé", "non, non, je ne peux vraiment pas en parler", "tu peux essayer de deviner mais même si tu trouvais la réponse correcte, je ne te le dirai pas", et d'autres variations de la même idée.
Heureusement, la fête, la musique, les boissons ainsi que la nourriture finirent par détourner l'attention de sa personne.
- C'est quoi ce bracelet? interrogea soudainement Hermione, le sortant de ses pensées.
- Hu?
Elle pointa alors l'objet que Lucius lui avait offert et Harry se dépêcha de le couvrir de la manche de son t-shirt.
- Harry!!
- Hermione, s'il te plaît, ne... ne pose pas de questions... ok?
Elle le fixa longuement et, au moment où il croyait qu'elle allait totalement l'ignorer, elle finit par acquiescer.
- Je suis contente que tu sois revenu Harry, lui confia-t-elle avant de l'attirer contre elle pour l'étreindre.
- Je suis content d'être là également.
Et si sa voix se cassa légèrement, il n'eut aucun doute que les autres attribueraient cela à l'émotion d'être enfin rentré "chez lui"…
oOo
Il était tôt – peut-être même plus tôt que cela encore – et Poudlard était pour le moment magnifiquement endormi. Vu qu'il y avait peu de chance qu'il croise quelqu'un dans les couloirs à cette heure-là, il s'était décidé à sortir pour profiter un peu des jardins.
Cela faisait plusieurs jours qu'il habitait avec Sirius et c'était tout à la fois le paradis et l'enfer. Le fait d'avoir quelqu'un à tout moment à ses côtés, et surtout quelqu'un comme Sirius qui arrivait à rendre vivant et bruyant le moindre instant, l'empêchait de trop réfléchir, sans parler du fait qu'il adorait son parrain. Seulement, le dit parrain ne semblait pas vouloir se contenter des vagues réponses qu'il avait fournies à ses différentes interrogations. Il avait été sincère quant à sa nouvelle source de magie – Silver mis à part – mais il avait totalement évadé ou donné des réponses vagues sur son état émotionnel et sur Sever… le professeur Snape.
Il arriva finalement au bord du lac et se sortit de ses pensées un peu moroses pour se forcer à se concentrer sur les derniers sorts de magie qu'il avait appris grâce aux différents tomes que Silver avait laissés derrière lui à l'intention de son héritier.
- Monsieur Potter.
Cela allait faire un peu plus d'une demie heure qu'il n'avait pas bougé, et il s'était tellement concentré sur sa magie pour éviter de penser à autre chose – Severus… - qu'il n'avait pas entendu quelqu'un arriver derrière lui.
"Quelqu'un"… comme s'il avait le moindre doute sur le titulaire de cette voix grave et glaciale.
- Professeur, répondit-il poliment mais la voix atone.
Oui, c'était le Professeur Snape.
- Je voulais vous faire savoir, Potter, que même si le Directeur a cru bon de vous dispenser des examens terminaux...
Le maître de Potions s'interrompit quelques secondes pour montrer ce qu'il pensait de cette idée.
- … cela ne m'empêchera pas de vous les faire passer en septembre.
- Bien sûr Professeur.
Même ton de voix. Harry ne pensait pas qu'il pourrait faire mieux sans s'effondrer en larmes. Il était déjà surpris de réussir à parler, vu la douleur qu'il ressentait, sa gorge ne devrait même pas être en état de fonctionner.
- Bien, cracha presque le sorcier plus âgé, prêt à se retourner.
Non, non, non, encore quelques secondes, encore…
- Merci.
Harry lui avait simplement dit la première chose qui lui passait par l'esprit et ce ne fut qu'une fois ce petit mot prononcé qu'il se rendit compte à quel point il était vrai – et dans tant de domaines qu'il ne voulait pas penser plus au fait que, finalement, un "merci" était bien peu.
- Vous n'avez pas à me remercier pour quoique ce soit, Potter, mais je suis... heureux de constater que votre petit monde ne semble plus tourner uniquement autour de votre personne.
Il le savait – il n'aurait rien dû dire. Bien sûr que Sev… Snape ne pouvait pas aligner plusieurs phrases sans l'insulter, il en avait toujours été ainsi…
Il savait, de plus, qu'il était totalement impossible que son ancien amant se souvienne de lui comme étant Léïn Aurum. Après tout, avant de repartir dans son temps, il avait lancé un sort sur les personnes qu'il avait rencontrées pour que, sans oublier Léïn Aurum, elles soient incapables de penser à lui et à Harry Potter en même temps. Le sort fonctionnait un peu sur le même principe que celui posé sur Poudlard qui repoussait les moldus : les pensées sur Harry Potter et celles sur Léïn Aurum se repoussaient mutuellement. Et tout ceci, sans parler du fait qu'il était presque impossible que Sev' se débarrasse de ce sort, parce qu'il l'avait rendu beaucoup plus puissant pour lui en le liant au pendentif qu'il lui avait offert.
Il entendit un oiseau approcher et leva la tête pour voir un magnifique corbeau entièrement noir, à part une seule étrange tache blanche au niveau du cœur de l'animal. Celui-ci portait une lettre de fin parchemin et Harry n'avait, malheureusement, que peu de doutes sur l'identité du destinataire.
Il avait à peine attrapé la lettre que déjà le volatile s'était enfui. Il n'aurait pu recevoir cette missive devant pire personne. Alors qu'il allait faire rapidement disparaître la pièce incriminante, les longs doigts de Se… Snape se refermèrent autour de son poignet, l'empêchant de terminer son geste.
- Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée de garder cette lettre monsieur Potter. Avez-vous la moindre idée de l'identité de son destinateur ou êtes-vous trop inconscient pour vous vous en soucier?!
Il se dégagea de la prise de son professeur, plus brusquement qu'il ne l'avait pensé, et recula de deux pas avant de retrouver son équilibre. Le simple fait que Severus l'ait touché... Il ferma les paupières. Ce n'était pas le moment de penser à cela.
La colère l'envahit subitement. Il faisait tout pour éviter son ancien amant et lui se permettait de venir lui parler et l'insulter!
Merlin, non, il ne voulait pas... il ne pouvait pas...
- Et comment croyez-vous que j'ai réussi à persuader Voldemort à revenir à cette époque?! Répliqua-t-il hargneusement.
Et il se mordit presque immédiatement la langue, s'étonnant lui-même de la stupidité qui l'avait poussé à révéler cela.
- Je suis désolé Professeur, mais je vous interdis de parler de cela à quiconque.
- Si vous croyez que…!
- Je suis désolé, l'interrompit-il au moment même où la magie quittait son corps pour lier la volonté de Severus aux mots qu'il venait de prononcer.
Combien de fois encore devrait-il le blesser...?
oOo
La main gauche caressant d'un mouvement machinal la fourrure de Tilhus, il ouvrit de l'autre la lettre.
Concentré à l'extrême, il ne tremblait même pas.
Il entreprit alors la lecture du parchemin, chaque mot s'imprimant en lettres de feu dans sa mémoire. Le Seigneur des Ténèbres n'avait pas été long à se manifester.
Après une première lecture, il avait bloqué sur la date de la réunion, aujourd'hui, et plus précisément ce soir.
Il valait peut-être mieux que cela se passe rapidement après tout...
oOo
Harry quitta discrètement les appartements que le Directeur avait alloués à son parrain, une fois sûr que ce dernier était endormi. Il lui avait de plus lancé un sort – par précautions – l'empêchant de se réveiller dans les cinq prochaines heures, à part circonstances exceptionnelles.
Un vague remord l'envahit à la pensée de Sirius, mais il le repoussa bien vite. Ce n'était rien par rapport au reste.
Il devait maintenant rejoindre le dortoir des Serpentards. Matérialisant une cape, il cacha ses traits sous la grande capuche puis se mit en route. Une boule d'angoisse se forma au creux de son estomac au fur et à mesure qu'il marchait inexorablement vers… ce qui l'attendait. Il était trop tard maintenant, trop tard pour revenir en arrière, il s'était engagé et la vie de tant de personnes était entre ses mains… ainsi que celle de Severus…
Il sentit un corps froid s'enrouler autour de sa cheville, remontant jusqu'à atteindre son poignet où il s'y lova confortablement. Un peu de son malaise s'évanouit alors que le poids de Viadis le rassurait…
Il prit une profonde inspiration et donna le mot de passe au mur, passage secret gardant l'entrée de la Salle Commune des Serpentards. A l'intérieur, une petite dizaine d'élèves étaient réunis, cinquième année ou plus, alors que les autres se trouvaient déjà dans leur dortoir.
Draco s'avança vers lui, à peine l'entrée refermée derrière lui, et le toisa d'un air supérieur.
- Qui es-tu et de quelle maison viens-tu?
Harry se retint de lever les yeux au ciel, passablement irrité.
- Cela ne te regarde absolument pas.
Et, avant que Draco ne puisse sortir sa baguette, celle-ci se retrouvait entre les mains du nouveau venu.
- Si tu ne veux pas être en mauvaise position, je te conseillerai de te calmer. Je ne suis pas ici pour me battre!
Un regard noir accueillit ses paroles mais l'ambiance se calma d'elle-même, tous trop anxieux ou excités à l'idée de voir le Seigneur des Ténèbres.
- Il est temps d'y aller, lança Draco d'une voix qui amena le silence chez les personnes rassemblées.
Il posa alors les mains sur le manteau de la cheminée et murmura des paroles à mi-voix, que nul autre que lui n'entendit. Peu à peu illuminé, il finit par totalement disparaître, laissant place à un chemin menant chez le Seigneur des Ténèbres.
oOo
Harry retourna son oreiller, tentant de trouver un peu de fraîcheur. Le tissu l'irritait et il n'arrivait pas à trouver comment il se sentait bien.
Il tendait ses bras vers Morphée mais celui-ci refusait de l'accueillir.
Comment les choses avaient-elles pu dégénérer à ce point? Pourquoi sa vie, déjà bien compliquée, finissait toujours par l'être encore plus? Et qu'est-ce que ce serait la prochaine fois?!
Tant de nouvelles recrues prometteuses... L'une d'entre elles me ravit tout particulièrement.
Le sourire de Voldemort flottait dans son esprit, continuant à le narguer.
Bientôt, vous aurez votre marque, très bientôt... Et la cérémonie se déroulera dans un endroit auquel vous ne vous attendrez pas...
Il avait l'impression de trahir ses amis, ses parents, tout ce pour quoi il s'était battu jusqu'ici, et même lui-même...
Toutes les paroles du Seigneur des Ténèbres n'avaient été qu'un beau discours, tourné pour les influencer, pour les embobiner encore plus. Son esprit avait même réussi à l'occulter, seul le reste tournait en boucle dans son esprit.
Il aurait presque préféré le contraire.
Ton corps est ici, mais ton âme le rejoindra bientôt, ne t'inquiète pas mon petit Gryffondor.
Harry changea de nouveau de place, fixant son regard sur le rai de lumière traversant les rideaux entourant son lit.
Tu m'appartiens désormais, même si tu ne t'en rends pas encore compte.
Il pouvait encore sentir le souffle de Voldemort contre son oreille alors que celui-ci lui susurrait ces paroles.
Tu es plus sombre que tu ne le penses et, sans que tu ne le veuilles, nous nous ressemblons énormément.
Harry se boucha les oreilles, il ne voulait plus y penser, il ne voulait plus l'entendre.
Et ceci n'était que le commencement.
à suivre
Note de l'auteur: prochain chapitre: Acceptation de Harry. Le pauvre ^^
Note ultra IMPORTANTE : Bliblou et moi avons commencé une histoire ensemble. Ca s'appelle Tempus Bella Prensareque, sous le nom Bekind Remind. C'est un HP/LM, avec une histoire de retour dans le passé. N'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil si ça vous intéresse ^^ (le lien est dans mon profil)
Preview chapitre 4 :
Le bruit de son entrée se répercuta contre les murs immenses, chacun de ses pas provoquant un millier d'échos. L'attention des personnes présentes se fixa aussitôt sur lui. Quelques mangemorts et Voldemort lui-même.
Il sentait, confusément, que sa capuche ne lui permettrait pas de dissimuler très longtemps son identité.
- J'ai réuni tes anciens collègues, souffla Lord Voldemort d'une voix qui, pourtant, portait sur toute l'étendue de la salle.
