chapitre 3 – l'histoire de Drago

Il faisait déjà nuit noire et les mangemorts étaient tous regroupés autour du seigneur des ténèbres.

Drago se faisait le plus petit possible. Il n'avait pas du tout envie de se faire remarquer. Face à cette chose qui n'avait plus rien d'humain, de douloureux souvenirs lui revenaient en mémoire.

Flash-back

Ca y est, Rogue et lui avaient accompli leur mission. Bien sur Drago avait toujours su qu'il serait incapable de tuer Dumbledore. Il ne deviendrait jamais un assassin. Il refusait de tuer gratuitement. Si un jour il devait ôter la vie à quelqu'un, il ne le ferait que parce qu'il n'aurait vraiment pas le choix, par sur l'ordre d'un fou. A cette pensée il se sentit bien pour la première fois de sa courte existence. Il en avait la preuve aujourd'hui, il n'était pas comme son père, et cette idée fit remonter le peu d'estime qu'il avait pour sa petite personne.

Oui se promit-il, si un jour je dois tuer, je ne le ferai que pour protéger les gens que j'aime. Le problème mon pauvre garçon, c'est que tu n' aimes personne. De la même manière que personne ne t'aime.

Rogue avait été contraint de tuer le professeur Dumbledore car lui en avait été incapable. Bien sur il savait que de toute façon c'était ça le plan, mais en ce moment il redoutait la réaction du seigneur des ténèbres et il avait bien raison.

Voldemort semblait vraiment furieux.

- Rogue, Malefoy, j'attends une explication.

- Ce petit avorton n'a pas été capable de tuer. Il semblait comme pétrifié. Je n'ai pas eu d'autre choix que de faire le travail à sa place.

- Quelqu'un d'autre aurait pu s'en charger Séverus. Ne me prend pas pour un imbécile. Tu voulais protéger ce garçon c'est tout. A cause de sa lâcheté et de ta stupidité j'ai perdu un de mes meilleurs espions.

Rogue lança un petit regard désolé à Drago. Ce geste passa inaperçu, mais le jeune homme lui en fût reconnaissant. Maintenant il n'avait plus aucun doute sur ce qui allait suivre.

- Lucius !

- Oui maître

- Je te laisse t'occuper de ton fils. Je te fais confiance. Je sais qu'après ça il ne lui viendra plus jamais à l'esprit de me désobéir. Je vais m'occuper personnellement de Severus.

- Avec plaisir maître.

A ces mots le sang de Drago se figea dans ces veines. Il était le mieux placé sur cette terre pour connaître les penchants sadiques de son père. Il les avait bien souvent expérimentés et ce depuis son plus jeune age. Il avait dû subir son premier endoloris avant même de savoir marcher.

Si en public, Lucius Malefoy semblait attaché à son fils, Drago savait pertinemment que c'était juste pour sauver les apparences. En privé c'était une toute autre histoire. En matière de souffrance son père n'était jamais à court d'idée et Drago lui servait la plus part du temps à tester de nouvelles formes de tortures.

C'est ce qui l'avait rapproché de son maître des potions. En effet le professeur Rogue était le seul à connaître les cicatrices que peuvent laisser des tortures répétitives sur l'âme, le cœur et le corps d'un jeune enfant pour en avoir fait lui-même la triste expérience tout au long de sa vie.

Même s'il savait qu'il allait passer un mauvais quart d'heure, Drago n'enviait pas le sort de Rogue. Voldemort semblait vraiment furieux. Si son père se montrait cruel, ce n'était rien comparé à ce monstre. Drago regarda un moment celui qu'il concéderait plus comme un père que son propre géniteur avant d'être violemment attrapé par deux puissantes mains. Il fut jeté dans un cachot froid et humide.

Son père le dominait de toute sa taille, un sourire mauvais sur les lèvres.

- Je vais t'apprendre à ridiculiser le nom des Malefoy.

Drago se releva. Il s'enferma dans son esprit comme sa tante le lui avait appris. Il savait que cela ne ferait qu'augmenter la fureur de son père, mais il n'avait pas le choix, il avait trop de choses à cacher. Il se prépara à la douleur.

« Endoloris. »

Ca y est la partie avait commencé. Il se concentra au maximum. La douleur étant pour le moment encore très supportable, il comprit que son père avait l'intention de s'amuser avec lui. Il érigea les barrières mentales. Il devait s'affaiblir pour leurs permettre de rester en place, même s'il perdait connaissance. Il n'avait en effet aucun doute quant à manière dont se terminerait cette séance.

Combien de temps pourrait-il les maintenir? Il espéra qu'il ne resterait pas trop longtemps inconscient sinon ils étaient tous perdus.

La douleur se faisait de plus en plus forte au fur et à mesure que son père augmentait sa puissance alors que lui-même était obligé de volontairement s'affaiblir. Malgré tout, il refusa de céder et resta le plus droit possible.

- Tu me résistes hein ? Bien ce n'en sera que plus amusant.

Les endoloris durèrent encore une heure avant que Drago ne s'écroule.

Ses hurlements trouvaient un échos dans le lointain. Severus hurlait à l'unisson avec lui.

- Passons aux choses sérieuses.

Petit à petit de nombreuses entailles se formèrent sur sa peau. Il sentit du sang couler lentement le long de son corps, mais peu lui importait, même la douleur ne l'atteignait plus.

Il se demandait pourquoi il devait subir tout ça. Un visage s'imposa dans son esprit. Potter ! Oui, c'était pour lui laisser une petite chance de détruire le seigneur des ténèbres que Drago subissait sans broncher les tortures de son père. Harry Potter était leur seul espoir à tous et bien qu'il continua de détester son ennemi juré, il avait confiance en lui. Il savait qu' il n'abandonnerait jamais.

A ce moment là, il perdit le fil de toute pensée cohérente. Une seule chose lui importait : maintenir les barrières. Il se focalisait sur cette seule et unique pensée.

Il sombra dans une semi-inconscience. Pendant un long moment la seule chose qu'il entendit furent les hurlements de son maître des potions. Lui n'avait même plus la force de hurler. Sentant que les coups diminuaient en intensité, il réalisa que son père voulait faire durer son supplice le plus longtemps possible. Il ne voulait pas le laisser glisser dans cette douce torpeur qui l'empêcherait de sentir les coups pleuvoir sur son corps déjà bien meurtri. Combien de temps cela dura t'il ? Il aurait été bien en peine de le dire. Un long moment se passa sans qu'il reçoive de nouveaux coups. Il avait l'impression que son père le soignait juste ce qu'il fallait avant de reprendre la séance encore et encore...

Puis ce fut le noir complet...

Merlin protégez nous ! fut sa dernière pensée cohérente.

Il se réveilla deux jours plus tard. Les barrières avaient tenu. Il pouvait les sentir. Ils seraient peut être sauvés après tout...

Fin du Flash-back

- Drago!

En entendant son prénom le jeune homme sortit de sa torpeur et s'avança lentement vers Voldemort. Il s'agenouilla face à cette chose.

- Oui maître ?

- J'ai une mission pour toi et j'espère que cette fois tu ne me décevras pas. Sinon…La séance avec ton père ne te semblera plus qu'une série de caresses en comparaison de ce que je te réserve.

A ces mots, un frisson parcouru le dos du jeune homme.

- Je vous écoute mon maître.

- Je veux que tu deviennes mon nouvel espion, vu que c'est ta faute si Rogue ne peut plus tenir ce rôle.

- Comment me faire accepter dans le groupe de Potter mon maître ? Il me déteste.

- Nous ferons circuler une rumeur selon laquelle tu t'es enfui. Vu que tu n'es qu'un lâche, cela ne surprendra personne.

A ces paroles, une bouffée de haine l'envahit. Non il n'était pas un lâche ! Il le savait. Un jour il leurs montrerait à tous...

- Je veux que tu ailles chercher refuge auprès de mes ennemis. Fais en sorte qu'ils aient confiance en toi. Tu feras régulièrement ton rapport à ton père. Maintenant dégage de ma vue.

- Bien maître.

Enfin il allait pouvoir quitter ce lieu maudit. Il savait que cette mission était une idée de son professeur de potion. Rogue savait se montrer persuasif et le seigneur des ténèbres, même s'il était furieux contre lui, l'écoutait et reconnaissait qu'il était le plus fort de ses mangemorts. Mais il pensait aussi à tort qu'il était le plus fidèle. Cette idée fit sourire Drago.

- Montre-toi pour une fois dans ta vie digne du nom que tu portes.

- Oui père

Drago monta préparer ses affaires. En fait mis à part sa baguette et quelques vêtements propres, il ne possédait rien , ce ne fut donc pas très compliqué.

Il passa voir son ancien professeur de potion.

- Au revoir professeur.

- Mr Malefoy, je ne suis plus votre professeur, vous pouvez m'appeler Rogue. Faites bien attention à vous.

- Vous aussi monsieur….. Rogue.

Sur ce, il quitta le repère de Voldemort. Il n'était même pas passé voir ses parents. De toute façon, il ne les avait jamais considérés comme des parents. Même s'il aimait sincèrement sa mère, il lui reprochait sa lâcheté face à son père. Mais il devait bien reconnaître qu'il ne valait pas mieux qu'elle.

- Adieu maman, prends soin de toi.

Tristement il murmura ces quelques mots avant de se retrouver à l'extérieur.

dilemme se présenta à lui. Comment rejoindre la bande à Potter. ? Il ne pouvait pas aller directement voir le « Griffondor ». Il se doutait du genre d'accueil qu'il recevrait. Mais il fallait absolument qu'il rentre en contact avec les membres de l'ordre du phénix. Il en était là de ses réflexions, quand une phrase de Dumbledore lui revint en mémoire « Poudlard sera toujours le refuge de ceux qui se trouvent dans le besoin » C'était ça, il devait se rendre dans son ancienne école. Il transplana jusqu'aux abords du château et dut continuer à pied.

Arrivé devant la grille du domaine, quel ne fut pas sa surprise de voir le professeur Mc Gonagall.

- Je vous attendais monsieur Malefoy.

- Comment avez-vous su que j'allais venir professeur ? Je ne le savais pas moi-même.

- Le professeur Dumbledore m'a laissé une lettre pour me prévenir de votre arrivée. Suivez moi.

- Oui professeur.

Une fois arrivé dans le grand hall, le professeur se retourna face à son élève.

- Allez-vous coucher monsieur Malefoy. Demain nous devons nous rendre au quartier général de l'ordre du phénix. Le professeur Dumbledore m'a demandé de regrouper les membres de l'ordre le lendemain de votre arrivée afin de lire son testament. Il a insisté pour que vous soyez présent.

- Bonne nuit professeur.

- Bonne nuit à vous aussi.

C'est ainsi que le jeune homme se rendit dans son ancien dortoir pour passer la nuit. Pour la première fois depuis longtemps, il s'endormit avec un sentiment de sécurité.