Comme on dit en France : Jamais deux sans trois !

« J'ai dit dehors ! »

Gilbert avait été le premier, il était toujours le premier de toute façon, c'était awesome. C'était pas son truc d'être éclipsé par l'ombre d'un vainqueur. Il était le meilleur ! Evidemment, il était awesome au point de réussir l'exploit de se faire virer de partout. Et même de chez son meilleur ami ! Ils en riraient dans quelques jours, il en était sûr.

« J'ai dit dehors ! »

Romano avait fusillé du regard Francis avec la ferme intention de ne pas se faire mettre à la porte sans avoir l'assurance d'avoir des pâtes pour survivre. Il pouvait se passer d'un hôtel ou même d'un train pour l'Italie mais pas de pastas surtout s'il était accompagné de Feliciano. Il avait utilisé toutes leurs réserves pour faire plaisir à Francis. Et il avait jeté les pastas, en plus ! Après une dispute intense entre lui et son hôte, il se retrouva dehors avec des spaghettis bon marché, et un frère geignard sur les bras.

« J'ai dit dehors ! »

Feliciano avait utilisé toutes ses armes habituelles, son sourire idiot, ses larmes, ses drapeaux…. Et cette fois-ci, Francis n'avait pas craqué pour lui ! Pastas ? C'est pas des pastas, ça !

« J'ai dit dehors ! »

Roderich n'avait compris la phrase que lorsqu'il s'était retrouvé devant la porte extérieure lui claquant au nez. Il n'appréciait pas du tout l'attitude du français, il y avait des manières à respecter lorsqu'on accueillait les gens. Et ce même si certains méritaient bien de se faire renvoyer chez eux. Pas lui, en tout cas ! Il sonna, et il eut la même réponse.

« J'ai dit dehors ! »

Alfred avait regardé les autres invités, mais c'était bien de lui le héros dont il s'agissait. Non ! Un héros ne se faisait pas abandonner comme un chien malheureux sur le pas d'une porte ! Ils eurent beaucoup de mal à le faire partir, et Alfred en fut satisfait. Il n'avait rendu les armes que parce qu'Arthur l'avait supplié de s'en aller avec les larmes aux yeux. Victoire !

« J'ai dit dehors ! »

Antonio avait redemandé à Francis si c'était bien ce qu'il souhaitait. Etait-il bien sûr de vouloir rester seul avec Arthur et… Et, c'est qui ce type déjà ? Ce ne serait vraiment pas correct de les renvoyer à cette heure-ci. Lui, il pouvait toujours retourner dans son ambassade à deux pas d'ici mais pour les autres ?

« Allez, dehors maintenant, mon petit Matthew ! »

En s'apercevant que tous les invités devenaient indésirables, Matthew avait acheté un billet d'avion pour rentrer chez lui au Canada bien tranquillement. Il en avait informé son papa qui l'avait plutôt bien pris. Matthew avait la finesse de lui dire que des affaires urgentes l'attendaient là-bas et qu'il devait écourter ses vacances. Ils mirent du temps à se dire au revoir. Et Matthew put s'apercevoir qu'Arthur à côté d'eux n'était pas très à l'aise.

« Non, toi, tu restes ici ! »

Arthur avait voulu filer à l'anglaise. Seulement l'élève Canadien avait dépassé le maître Anglais. Ce cher Matthew, ce petit tellement gentil, était d'après Francis l'innocence même incarnée qui ne devrait pas travailler autant pendant ses vacances. Comme quoi, Francis faisait une nette préférence pour l'une de ses anciennes colonies. Et maintenant, Arthur était coincé seul avec un Francis excédé… Trois jours sans sortir de l'appartement pour évacuer toute la tension par des galipettes... Il était trop vieux pour ça… Enfin, si ça peut éviter une troisième guerre mondiale, ce n'est évidemment pas de refus, chéri !

Francis n'aurait pas cru possible que ses invités puissent être encore plus insupportables. Gilbert avait été exécrable. Quand il n'arrivait pas à régler un problème sentimental, il pouvait se révéler très collant et horriblement maladroit dès le saut du lit. Comme Alfred en fait. Francis s'était dit qu'en éliminant l'un des deux ça irait déjà beaucoup mieux. Donc, Gilbert avait été éjecté après avoir fait une allusion à la seconde guerre mondiale et comme quoi c'était possible de s'entendre après une telle hécatombe.

Et bon, une fois qu'on commence à virer les gens de chez soi, on ne s'arrête plus pour retrouver sa tranquillité adorée. Alors quand les Italiens avaient remis le sujet sur le tapis… Non, il n'avait plus de rancœur concernant cette guerre… Enfin, c'était ce qu'il croyait jusqu'à présent… Il eut le besoin soudain de se retrouver entre alliés et neutre. Et, non, même l'absence de pastas dans les bagages italiens ne le fera changer d'avis… Non, il n'était pas un monstre sans cœur ! Même l'expression à fendre l'âme de Feliciano ne le convainquit pas de revenir sur sa décision.

Quand Roderich lui demanda pour la énième fois où se trouvait les toilettes, il en profita pour l'éjecter. Sans remords. La musique classique commençait à lui taper sur les nerfs.

Enfin, entre alliés…Et avec Espagne…

Alfred n'aurait pas dû rappeler qu'il avait été le héros de l'histoire qui était venu le sauver des Allemands.

Francis soupira quand le bruyant américain avait fini par quitter les lieux grâce au cinéma de son chéri. Il tremblait presque tellement il était énervé. Et il savait exactement ce qu'il allait faire de sa soirée pour remercier son cher et tendre d'avoir renvoyé le « héros » dans son pays.

Il expliqua calmement la situation à Antonio qui comprit tout à fait qu'il avait besoin d'être seul avec Arthur. Matthew l'avait averti qu'il partait dans l'après-midi au Canada. C'était tellement mignon de sa part, Francis n'était pas dupe et il appréciait à sa juste valeur l'intelligence et le tact de son enfant préféré. Ça se faisait tellement rare chez les nations.

Et maintenant, Arthur, son défouloir adoré depuis des siècles, était à lui tout seul pour les trois jours à venir. Finalement, il les aurait ses vacances !