Chapitre 2 : La baguette du survivant
La banque principale de Gringotts était vraiment très impressionnante. En entrant dans le hall elle fut stupéfaite par le silence qui y régnait et par la multitude de plumes qui se couchaient sur le parchemin dans un bruit qui paraissait sourd. Le lieu était tenu par des goblins, ce qui n'était pas très surprenant puisque cette espèce très intelligente excellait dans la gestion de biens d'autrui. Elle ne les appréciait pas vraiment et préférait les voir le moins possible, mais elle savait que sans eux, le monde ne tournerait plus rond et qu'ils étaient parfaitement à leur place là où ils étaient.
Maria entra plus en avant dans le hall jusqu'au comptoir le plus impressionnant, fait d'or et de pierres précieuses. En fait, ce n'était pas la première fois qu'elle entrait dans une banque, elle était déjà entrée dans une succursale de Gringotts à Paris pour retirer sa clé qui lui permettait d'accéder aux multiples coffres de sa famille. Mais elle avait dû payer le prix fort : prouver qu'elle était bel et bien Maria Grey, cette pauvre enfant que tous croyaient maléfique parce que bon nombre de sorciers cherchaient à la tuer. Elle avait dû admettre publiquement qui elle était pour obtenir cette clé si importante.
Mais grâce à cela, son mode de vie fut bien meilleur qu'il ne l'avait jamais été.
Elle avait aussi appris que les comptoirs n'étaient pas les mêmes pour tous. La famille Grey existe depuis plus d'un millénaire et leurs coffres font partis des mieux gardés de la banque et des plus profondément enfouis. Plus la famille est riche et ancienne, plus le comptoir où le sorcier doit s'adresser est somptueux.
- Tu as déjà suffisamment d'argent il me semble… qu'es-tu venue chercher ici ? Rugit Anoir qui ne semblait pas à l'aise devant autant d'yeux inquisiteurs.
- J'en aurai pour pas longtemps, vous pouvez attendre ici si vous le souhaitez.
Il soupira mais s'assit sur un banc en marbre vers l'entrée. De là, il surveillerait les allées et venues des sorciers susceptibles de s'en prendre à la fillette.
Maria se dirigea donc vers le comptoir en or massif serties de pierres précieuses. Il était surélevé et elle peinait à voir le gobelin qui semblait très occupé à tenir des registres.
- Excusez-moi ! fit elle d'une voix ferme.
Le gobelin se pencha aussitôt au-dessus du comptoir et scruta de ses yeux ardents l'enfant qui semblait le déranger dans son travail.
- Que voulez-vous ? Fit il froidement.
Maria plissa les yeux devant l'impertinence de ce goblin. Il ne fallait jamais juger un livre à sa couverture. D'un air hautain, elle fit :
- Vous me faites perdre mon temps ! Je suis Maria Grey et j'exige immédiatement l'accès à mes coffres.
Le gobblin fit un sourire mauvais avant de demander :
- Et est-ce que Maria Grey aurait sa clée ?
Tout en le regardant froidement dans les yeux, elle sortit de l'une de ses poches une clée en or et la tendit au goblin. Ce dernier la fit tourner légèrement entre ses doigts avant de quitter les lieux pour revenir avec un autre goblin, bien plus âgé.
- Je suis Palicendre, le responsable et gestionnaire de votre coffre. C'est un honneur de rencontrer le chef de la maison des Grey.
- Le chef ? Que voulez-vous dire ?
- Suivez-moi, je vous prie.
Maria accepta et suivit le vieux gobblin jusqu'à un bureau simple mais luxueux où il y avait énormément de dossiers rangés çà et là dans des meubles en bois précieux. Il s'assit derrière un bureau et fit un geste pour que sa cliente en fasse autant. Après s'être installée, Maria reposa sa question, après quoi Palicendre lui tendit un anneau simple en argent incrusté d'onyx. L'enfant frémit lorsqu'elle ressentit le pouvoir magique qui en émanait.
- Voici l'anneau des chefs de la maison grey. Fit il simplement.
- Mais pourquoi en hériterai-je ?
- Vous êtes bien la fille d'Hadès Grey, il me semble ? Cela a été prouvé il y a des années lorsque vous êtes venue chercher votre clé. Hadès Grey était le chef de votre clan et vous êtes son unique héritière.
- Pourtant il existe de nombreux sorciers qui se prétendent digne de lui succéder.
- Ces sorciers sont de la famille parallèle, or, vous êtes l'héritière principale ce qui signifie que votre pouvoir juridique et magique au sein de ce clan est immense. Vous seule pouvez accéder aux coffres familiaux et vous occuper des éventuels placements pouvant accroitre votre fortune. M'avez-vous compris ?
- Oui. Je pense
- Bien, maintenant, je dois m'enquérir de sujets importants. Suite à la mort de certains de vos proches, vous avez hérité de leurs coffres, celui de votre père est scellé jusqu'à votre majorité et celui de votre mère jusqu'à vos quinze ans.
- Mais je sais tout ça ! On me l'a déjà expliqué. Fit elle rageusement.
- Par contre, l'argent qui était sur le compte de vos sœurs défuntes a été reversé sur le vôtre qui vous servira je l'espère pour longtemps.
Elle ne chercha même pas à relever cette pique. Il était évident que pour l'heure, en tant que « chef » de la maison des Grey, elle avait droit à tout son respect. Mais qui sait de quoi l'avenir est bâti ? Personne ne sait si demain elle sera encore là. Maria quitta sa chaise pour sortir, mais le goblin ajouta :
- Vous ne pouvez pas encore accéder à la totalité de la somme mise sur votre compte, comme il m'est actuellement impossible de gérer entièrement les fonds de vos coffres.
- Et pourquoi ?
- A cause de votre parrain magique, Albus Dumbledore.
Elle fronça les sourcils avant d'écarquiller les yeux. Dumbledore ? Décidément cet homme était partout ! Elle ne comprenait pas pourquoi un tel inconnu avait autant de pouvoir sur elle et ses biens. Ça lui laissait une sorte de gout amer dans la bouche, sans qu'elle ne puisse réellement se l'expliquer…
…
Elle quitta la banque avec une bourse plus lourde, accompagné de son protecteur. Ils ressortirent tout en se mêlant à une foule bigarrée et incertaine sans doute présente pour effectuer la même chose qu'eux : préparer la rentrée pour poudlard. Et à ce moment précis, ce fut pour Anoir, la folie… S'il y avait une chose qu'il détestait pardessus tout, c'était devoir attendre et poireauter pour des bêtises. Aussi, il décida de prendre les devants pour certaines choses, à savoir, les ingrédients et autre articles nécessaire à la préparation des potions , les parchemins, plumes et encres, les livres indispensables pour les cours, bien qu'il laissa l'enfant acheter en plus de cela les livres qui l'intéressait entre autre… ils s'arrêtèrent à l'animalerie où Maria eut le coup de foudre pour une magnifique chatte noire norvégienne qu'elle prénomma Nix, la bête était remarquablement intelligente et comprenait tout ce qu'elle lui disait.
Après ça, ils se frayèrent un chemin jusqu'à laddy middleton, la modiste du chemin de traverse pour lui tailler de nouvelles tenues en plus des uniformes demandés.
- Pourquoi vous arrêtez vous ? Demanda-t-elle
- Je t'attends à l'extérieur, ne prends pas tout ton temps…
Elle se décida donc à entrer dans la modeste boutique où une charmante dame l'attendait.
- C'est pour les uniformes n'est-ce pas ? Laissez-moi faire ! fit cette dernière enjouée en attrapant son mètre de couturier.
Pendant une dizaine de minutes, elle se fit mesurer sous tous les angles par une couturière chevronnée. Et puis à un moment, laddy middleton disparut dans l'arrière-boutique et ne revient qu'un peu plus tard… Mais il y avait quelque chose d'étrange, ses attitudes, sa gestuelle peut être ?
- Nous allons tenter les essayages, voulez-vous ?
Maria fronça les sourcils, le regard de cette femme avait changé, il était vicieux. Elle ignorait pourquoi, mais elle se sentait en danger, vraiment… D'ailleurs nix se mettait à feuler, dressée sur ses pattes et prête à bondir pour protéger sa maitresse.
- Je ne crois pas non… Je préfère revenir demain. Fit elle en marchant à reculons vers la sortie.
- Je ne pense pas … Vous ne reviendriez pas.
- Que dites-vous !
Elle essaya de s'enfuir mais elle n'avait pas de baguette magique. La peur se mit à l'étreindre… Elle n'allait quand même pas mourir des mains de cette grosse tourte ?
- Enfilez donc votre commande, Grey !
- Miaoou !
Le chat sauta sur la sorcière et la mordit au bras. Le temps qu'il fallut à la couturière pour se dégager fut suffisant pour que maria appelle au secours et voir Anoir jetter un stupéfix droit sur la couturière. Son regard alla de l'enfant qui tenait un chat ensanglanté à la personne étendue au sol qui tenait dans les mains un uniforme dont il sortait une poudre blanche. En regardant de plus près, la poudre fit sur les mains de la pauvre laddy middleton des cloques et soudain…
- Grey ! Recule ! Vite !
Le corps prit feu. Il n'en resta plus rien. Maria regarda la scène, effrayée. Ils avaient recommencés. Anoir jeta un sort de guérison au chat, prit la malle où ils avaient mis toutes ses affaires et tira Maria hors de ce magasin. Ils en trouveraient un autre.
Durant les trente minutes des essayages, il se mit à réfléchir à ce qu'il s'était passé… Il n'avait pas vérifié, mais il était fort possible que la couturière ait subi l'impéro où qu'on l'ait tuée et remplacé par un assassin ayant bu du polynectar… En tout cas, la poudre qui avait enflammé l'assassin était bien singulière… Il aurait songé au feu grégeois, mais c'était trop stable pour en être… En tout cas, ce n'était pas une chose courante…
Lorsque Maria quitta le magasin avec son chat, elle se fit trainer jusque chez Ollivander, le célèbre fabriquant de baguettes. C'était la dernière chose qu'il lui manquait, le bâton qui faisait d'un sorcier ce qu'il était, ce bâton qui lui donnerait la force de s'élever dans la société dans le but de se venger et surtout de se protéger.
Ils entrèrent dans la boutique à l'aspect délabrée et se firent tout de suite accueillir par son propriétaire.
- Mister Black, cela faisait longtemps…
- Ollivander. Répondit-il froidement
- 35 cm, bois d'if et plume de pan … une baguette que j'avais créé par caprice mais qui vous sert encore aujourd'hui…
- Certes, mais je ne suis pas venu pour moi. Cette enfant a besoin de vos conseils.
Il n'a suffi que d'un regard en sa direction pour qu'Ollivander ne dise :
- Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendue, mademoiselle Grey. La baguette de votre mère l'a tout de suite trouvée, 29.6, bois d'ébène et cœur d'oiseau tonnerre. Une baguette très puissante et difficile à manier, presque capricieuse. Mais la baguette a fait le bonheur de son sorcier. Votre père quant à lui avait préféré une fine baguette de sureau, 34, 5 cm pour un cœur de mercure. Un de mes chef d'œuvre je dois l'avouer… Dommage que leurs propriétaire ne soient plus de ce monde… Mais passons à l'essentiel.
Il disparut un moment et ramena une baguette. Bois de houx et plume d'oiseau tonnerre. A peine l'eut elle touchée que la baquette vint s'encastrer dans le mur d'en face. Ensuite vint le tour d'une baguette en sureau avec ventricule de dragon… qui fit exploser les vitres… Et ainsi de suite…Au bout d'une dizaines de baguettes qui ravagèrent la magasin, Ollivander se gratta la tête, pensif… Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de client aussi capricieux… Il se souvenait qu'Hadès Grey, le père de Maria avait mis presque une heure avant de trouver sa baguette…
Et puis soudain, une idée se mit à germer dans son esprit… Cette enfant était entourée par la mort dès sa naissance, comme s'il s'était agi d'une malédiction… Peut-être que cette baguette pourrait fonctionner… Il revint avec une autre baguette entre les mains, finement ouvragée avec de belles nervures d'un marron terne. Elle semblait presque discrète comparée aux autres baguettes qu'Olivander lui avait fait essayer et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle paraissait ancienne …
- 36 cm, bois d'acacia et crin de sombral. C'est une baguette qui a été réalisé par mon père, deux siècles plus tôt et qui est restée dans la boutique depuis lors… Une des rares à ne pas avoir trouvé de maitre…
Anoir fit alors, septique :
- Du sombral ? C'est un animal de mort
- En effet…fit doucement le fabriquant. Seuls ceux qui ont affrontés la mort en face et qui y ont survécus peuvent se montrer digne de cette baguette. Voulez-vous tenter votre chance ? Fit il en regardant Maria droit dans les yeux.
Sa main prit la baguette avec hésitation, comme si elle avait eu peur de se bruler ou de subir quoi que ce soit que les dix précédentes n'auraient tenté de pire. Mais c'était étrange… Le sentiment qui coulait en elle était indéchiffrable… C'était comme si elle pouvait sentir pulser le cœur de la baguette, comme si l'énergie de cette dernière coulait vers son cœur à elle, d'un souffle glacé.
Elle reposa la baguette à regret lorsqu'elle sentit deux paires d'yeux sur elle.
- La baguette choisit toujours son sorcier, miss grey. Parfois, les raisons n'en sont pas toujours évidentes, ce que je peux dire de celle-ci, c'est qu'elle attendait votre venue depuis longtemps. Seule vous et vous seule saurez vers quoi orienter votre chemin. Soyez néanmoins prudente, l'acacia est une essence d'arbre à multiple allégeance… si elle juge que vous n'êtes plus assez puissante pour elle, elle vous abandonnera, pire encore, elle vous tuera. C'est une arme à double tranchant.
A suivre…
