My way home is through you
Voici un nouveau chapitre…et je me suis surprise moi-même pas la rapidité avec laquelle je vous le livre, surtout vu sa longueur.
Par contre, il se peut qu'il y ait de petites coquilles à l'intérieur car même si je l'ai relu, j'ai été moins vigilante sur les fautes, trop pressée de vous le livrer.
Un très gros merci à Ely Malfoy, Kate121, loudee, léa, samara83 et lilepotter pour vos reviews. C'est le meilleur motivant qu'il ne peut pas y avoir! C'est un peu grâce à vous qu'il y a ce chapitre…!
Alors bonne lecture!!
Right next to the right one
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2 Février 1978
J'étais assise sur le bord de la grande fenêtre donnant sur le parc, le menton appuyé dans mes mains, une chaude couverture enroulée autour de moi. La neige avait recommencée à tomber depuis quelques heures, effaçant toutes traces de pas sur le sol. La salle commune était déserte et il n'y avait aucun son, excepté le feu qui crépitait…et mes reniflements incessants. Non…ne vous en faites pas, je n'étais pas ENCORE en train de pleurer. Plus bête que ça, j'avais attrapé un vilain rhume la veille de la sortie à Pré-au-lard et me voilà donc enfermée seule, ici. Qui aurait été assez bête pour rester au château lorsqu'on avait l'occasion de sortir? Bon d'accord, il y avait bien quelques septièmes années un peu fêlés qui révisaient en vue de leurs A.S.P.I.C.s, mais ils s'étaient tous rués à la bibliothèque. J'avais bien insisté pour qu'Émily daigne me tenir compagnie, mais l'ingrate avait préféré aller s'éclater là-bas. Faut dire qu'elle avait une bonne excuse : son frère était de passage dans la région et il lui avait donné rendez-vous au Trois Balais. C'était légitime puisqu'il ne passait en Grande-Bretagne que quelques fois par année et qu'elle l'adorait tout simplement. Je ne pourrais jamais comprendre ce genre de relation entre frères et sœurs, étant moi-même enfant unique. Quoi que je n'avais pas à m'en plaindre, ayant toujours été gâtée jusqu'à la moelle. Il fallait dire que mes parents s'étaient bien placés dans la « haute société » et m'avaient toujours considérée comme la prunelle de leurs yeux, faisant tout ce qui était en leur possible pour éviter que je ne sois indisposée de quelques manières que ce soit. J'avoue que c'est parfois plutôt gênant, mais ça demeure agréable d'avoir des parents attentionnés et disponibles.
Je pris une gorgée du chocolat chaud, maintenant devenu froid, qui trainait à côté de moi depuis une bonne vingtaine de minutes. Je redirigeai mon regard vers l'extérieur, me disant que ça avait quand même du bon d'être seule. Ça me permettait de repenser à tout ce qui s'était passé depuis quelque temps. Oui, parce qu'il en était arrivé des choses….En fait, pas tant que ça…c'était surtout dans ma tête que tout s'était déroulé. Un vrai branlebas de combat à l'intérieur de moi qui me grugeait toute mon énergie. Je me demande même si ce n'était pas à cause de cela que j'avais attrapé cette vilaine grippe. Après tout, même mon système immunitaire devait s'en être retrouvé chamboulé. Bien fait pour moi, comme dirait ma copine. Ça m'apprendra…
Si je ne me trompais pas, tout ça avait commencé quand j'avais su que Matthiew entretenait une relation avec Stéphania. Arg…juste d'y penser, j'en grinçais encore des dents. J'avais donc appris la nouvelle lors de la fête donnée pour l'anniversaire de William, le lendemain de ma rupture. Pas la peine de vous dire que quand je l'avais appris la Terre s'était arrêtée de tourner pour moi. La tête que j'ai dû afficher…ça devait valoir un million de dollars. Heureusement pour moi, William et son copain ne se sont rendus compte de rien, l'alcool brouillant les sens. Je n'ai aucune idée comment j'ai fait pour retourner chez moi, avançant comme une automate, sans être consciente de ce qui m'entourait. C'est seulement une fois la porte de ma maison fermée que j'avais repris conscience. Vous savez cette émotion qui vous prend le cœur et semble vouloir vous l'arracher? Et bien c'était ça que je vivais, combiné avec de la colère…non pas de la colère, mais bien une rage indescriptible. Heureusement qu'Émily était là car je ne crois pas que ma maison aurait tenu le coup. Et là, j'ai explosé : je hurlais, je pleurais, je frappais. C'est difficile de me remettre en contexte car c'était totalement indescriptible la manière dont je me sentais.
Évidemment, c'était mon orgueil qui avait été le plus touché. Je n'arrivais pas à croire que je m'étais fait berner par ce salaud. Parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'Émily n'avait pas tort de dire que Matthiew s'entendait bien avec les jolies femmes…il s'entendait même un peu trop bien avec elles. C'est donc ce qui me pousse à croire que ce n'était pas la première fois que ça arrivait. En fait, en y repensant, j'avais réalisé que dans les derniers jours de notre relation, j'avais souvent entendu le nom de Stéphania dans les conversations qu'il avait eu avec ses copains, mais je n'avais pas tellement fait attention, obnubilée par mon chéri. J'aurais dû! Il se trouve en fait que ça faisait déjà plusieurs jours qu'il la fréquentait également et même que, j'en ai eu la confirmation quelques semaines plus tard, un jour je m'étais présentée chez lui pour lui faire une surprise et l'avais trouvé plutôt tendu de me voir débarquer. En fait, il avait trouvé une excuse bidon pour me virer car mademoiselle était en haut, probablement écartelée dans son lit! Quant à elle, ne croyez pas qu'elle est aussi désespérée que j'aie pu l'être. Elle était totalement consciente qu'il me fréquentait, elle-même ayant à cette époque un petit copain. Mais quel beau couple ils formaient!!!
J'aurais voulu débarquer chez lui, le traiter de tous les noms, le frapper du plus fort que je le pouvais, dire à ses parents comment il était ignoble, lui faire mal quoi! Mais je ne l'avais pas fait…peut-être parce que j'étais trop lâche…surtout parce que je n'en étais pas capable. Malgré toute la colère que je pouvais éprouver, j'avais quand même de la peine. Je m'en voulais de l'avoir cru quand il me disait qu'il m'aimait. Je ne supportais pas l'idée d'être seule, imaginant les deux tourtereaux alors que ça aurait dû être moi dans ses bras. Quelque part au fond de moi, je me sentais ridicule d'avoir pu penser que j'avais représenté quelque chose pour lui, regrettant quand même de ne pas avoir été celle qui l'aurait fait changer. Je voulais des explications même si je savais qu'il n'y en avait pas. Alors je m'étais réfugiée dans les bras de ma meilleure copine, souhaitant qu'il parte en Bulgarie le plus rapidement possible, croyant que ça me le ferait oublier. Mais vous devez savoir que ça ne se passe pas comme ça; on ne se couche pas un soir et on se réveille le lendemain en ayant oublié tout ce qui était arrivé la veille.
Puis, il était parti, mais la douleur avait persisté. Ça avait été d'autant plus difficile étant donné que la très chère Stéphania fréquentait tout comme moi Poudlard. Donc au retour des vacances je n'avais eu d'autres choix que de la croiser. Je ne la regardais pas, ne lui parlais pas, mais je ne pouvais m'empêcher de penser à eux. Elle n'aidait en rien, criant à qui voulait l'entendre qu'elle était totalement en amour avec mon ex petit-copain, chacun s'empressant de venir m'en faire part, pour un peu mieux retourner le fer dans la plaie. Chacun semblait vouloir, à sa façon, participer à ma détresse. Mais avec le temps, j'avais pris du recul et la colère première était disparue. C'était plus profond que cela. Je le détestais, mais en même temps, je ne savais pas si je ressentais toujours quelque chose pour lui. C'était vraiment étrange. Jamais je ne serais retournée dans ses bras, ça j'en étais sûre, mais ça n'empêchait pas que je me sentais bizarre quand j'entendais parler de lui.
Et c'est là qu'est arrivée cette idée folle : je voulais lui faire mal, autant que lui avait pu m'en faire! Je vous l'accorde, dit comme ça, ça semble un peu psychotique. Je ne suis pas quelqu'un de nature foncièrement méchante, au contraire, je suis totalement inoffensive. Mais là, c'était autre chose…L'amour c'est tellement irrationnel. J'avais vraiment été blessée et je croyais qu'une petite vengeance me ferait du bien. Je me suis donc mise à imaginer des tas de plans plus diaboliques les uns que les autres. J'ai donc commencé par ce qui était le plus atteignable pour moi : Stéphania. Je me suis fait un plaisir à relater l'histoire, amplifiant un peu plus son rôle de méchante et mon rôle de victime. Poudlard étant un lieu assez clos, les gens salive à l'idée d'avoir une histoire aussi croustillante sous la dent. Ainsi donc, ça s'est répandu assez rapidement, chaque personne déformant un peu plus l'histoire chaque jour. Mais je n'étais pas satisfaite : la réputation de poufiasse de Stéphania était déjà assez bien ancrée avant cette petite controverse pour que ça ne change quoi que ce soit et surtout, ça ne blessait en rien Matthiew!
Je me mis alors à imaginer des scénarios où je m'envolais pour la Bulgarie, le séduisais à nouveau et regagnais son cœur pour pouvoir le larguer par la suite. J'ai même pensé à fréquenter son frère, Gabriel, ce qui le ferait enrager à coup sûr. Pour Matthiew, ses conquêtes c'était comme des trophées qu'il ne pouvait partager et ça aurait été plutôt simple pour moi, puisque je savais que son frère avait un œil sur moi bien avant que je ne m'embarque avec Matt. Mais, j'étais encore pourvue d'une raison et j'avais beaucoup trop de respect pour Gabriel pour faire quelque chose d'aussi ignoble.
C'était à ce moment qu'est intervenue Émily pour me ramener à la raison. Elle me fit prendre conscience que j'étais en train de me faire plus de mal que de bien à orienter toutes mes pensées vers lui. C'était insensé et ça commençait à affecter toutes les sphères de ma vie. Elle me fit comprendre que chacune de mes phrases sous-entendaient son nom et que j'en étais épuisante. Elle n'avait pas été tendre avec moi, mais ça avait eu l'effet de me raisonner. Et elle avait raison. Ce n'était pas sain ce que je faisais. J'avais donc passé quelques jours plutôt éprouvants à remettre ce qui m'arrivait en perspective. Je me rendis alors compte que j'avais tout simplement voulu lui faire comprendre comment j'avais pu me sentir, mais que je m'y prenais plutôt mal. J'essayais de me faire croire qu'il n'avait pas compté pour moi alors que c'était totalement faux. C'était avec moi-même que je devais régler cela, et non pas avec lui.
C'est donc où j'en étais aujourd'hui. J'avais laissé tomber les armes, même face à Stéphania. D'accord, ça me faisait quelque chose de l'entendre jubiler à l'idée qu'elle allait le rejoindre pour les vacances de printemps, mais je ne prenais que ce qui passais : je n'en voulais pas plus. Pour ma part, j'avais réglé avec ma conscience ce qui s'était passé entre lui et moi avant qu'il ne parte, délaissant ce qui se passait entre lui et elle dans le moment présent. En conclusion, non je ne l'avais pas totalement oublié, mais oui, j'étais prête à passer à autre chose.
Un frisson me parcourut le corps et je resserrai la couverture autour de moi. Le ciel était toujours aussi gris et la neige continuait de tomber. Les autres ne tarderaient pas à rentrer car la lueur du soleil se faisait de plus en plus faible, me laissant deviner que l'heure du repas approchait. Ce qui était bien dans tout ça, c'était que je n'aurais pas à traverser le parc enneigé, avec de la neige jusqu'aux genoux, pour revenir au château. C'était une bien maigre consolation quand je pensais à toutes les boutiques ainsi que les habituelles fins de journée au Trois Balais. Satanée grippe!
-…sourire et moi j'ai complètement craquée…AUDE!!!!!!!!!!!!!!!
Je n'avais même pas eu le temps d'entendre la porte s'ouvrir qu'Heather s'était littéralement jetée sur moi. Je ne crois pas qu'elle ait fait ça parce qu'elle s'était réellement ennuyée, mais plus par pitié et compassion de savoir que j'avais passé la journée ici, seule. C'était une fille vraiment bien, mais on n'était pas si proche que ça quand même. En fait, elle partageait le même dortoir que moi depuis six ans. On ne pouvait faire autrement qu'adorer cette petite boule d'énergie, quoi que à la longue, elle pouvait finir par devenir étourdissante.
-Regarde ce que j'ai acheté! Me dit-elle, tout énervée, en me tendant un paquet. Il est siiiiiiiiiii beau…je n'ai pas pu résister ! Tu ne trouves pas qu'il va bien avec mes yeux?
Je sortis une petite chaînette en argent du sac qu'elle m'avait plaqué dans les bras. Tout au bout se trouvait un petit pendentif en forme d'étoile avec une jolie pierre bleue. Évidemment que ça irait bien avec ses yeux…ils étaient de la même couleur!
-Et Laury en a acheté un identique!
Tiens donc! Surprenant? Pas du tout! Heather et Laury étaient tout bonnement inséparables. C'était plutôt déroutant d'ailleurs. Elles avaient deux personnalités tellement différentes, sans parler de leur tempérament. Le simple fait que l'une soit à Serdaigle et l'autre à Serpentard rendait la chose encore plus qu'improbable. Mais bon, ne dit-on pas que « les contraires s'attirent »? Elles en étaient la preuve vivante. C'était d'autant plus étrange que je m'entende assez bien avec Heather, alors qu'avec Laury…Bien que depuis ma « rupture » avec Matthiew, elle était beaucoup plus sympathique avec moi. Probablement parce qu'elle ne se sentait plus menacée…
-Tu aurais dû voir toutes les boutiques. Y'en a même des nouvelles qui viennent d'ouvrir…Et toutes les soldes…un paradis….sans parler des nouvelles saveurs de sucreries chez HoneyDukes…et la neige qui recouvrait les maisons…
Elle le faisait exprès ou bien…?
-Heather…tu pourrais te taire? Entendis-je Kelly lui demander sèchement.
Ma sauveuse! Kelly, c'était ma deuxième colocataire de dortoir. Dans le style franche et assez froide, vous ne pouviez pas trouver mieux. Je me demande même qu'est-ce qu'elle fait à Serdaigle plutôt qu'à Serpentard. Probablement est-ce à cause de son intelligence démesurée. Mais malgré ces airs de dure à cuire, elle avait un cœur en or. Ça m'avait pris des mois, voir des années pour percer sa carapace, mais j'étais une des rare à y être parvenue et je n'en étais pas peu fière. Je crois que c'est ma nature fonceuse qui avait fait la différence. En fait, non! Heather était tout aussi fonceuse et déterminée que moi, et Kelly ne pouvait la sentir. La vraie différence c'était que j'étais plus calme et posée alors qu'Heather était agitée et explosive.
Je ne manquai pas le regard courroucé que cette dernière envoya à Kelly. Visiblement, elle n'acceptait pas qu'on lui parle sur ce ton. Ça ne présageait rien de bon tout cela.
-Je te demande pardon? Fit la blondinette.
-Laisse-la tranquille. On dirait que tu fais exprès pour lui décrire tout ce qu'elle a manqué, histoire qu'elle se sente encore plus mal, répondit Kelly d'un ton neutre.
-Je crois qu'elle est très bien capable de me dire de me taire elle-même! S'énerva-t-elle.
-Même si elle le voudrait, elle n'aurait jamais été capable de placer un mot vu toutes les informations que tu débitais.
-Ça ne me dérangeait pas tant que ça Heath', c'est juste que…, essayai-je.
-Et bien toi par contre ça ne t'a pas empêchée, hein! Continua-t-elle, sans même avoir entendu mon essaie d'intervention. Tu ne te fais jamais prier pour me dire de la fermer!
-Faut bien que quelqu'un le fasse, s'insurgea Kelly. Vu le nombre de bêtises que tu peux dire dans une journée…
-Ah parce que tu crois que ce que TOI tu dis vaut PLUS la peine d'être entendu?
Oulah, elle l'avait vraiment mise en colère.
-Ce que moi je dis ne se limite pas à « ohhhhhhhh ce mec est siiiiiiiiiiiii mignon » ou « ahhhhh comme c'est joli ce que tu portes », ou encore « quelle pouffiasse cette fille, elle a le même vernis que moi » , fit Kelly dans une imitation qui, je l'avoue, collait plutôt bien à la réalité.
-Parce que tu crois que tu es bien placée pour parler, mademoiselle je-me-fous-du-monde-entier-parce-que-je-suis-trop-bien-pour-vous…-
Alors que j'étais totalement absorbée par leur engueulade, je sentis quelqu'un me donner un coup de coude. C'était Magali : ma troisième et dernière compagne de chambre. Je crois que c'était celle qui me ressemblait le plus, bien qu'elle soit un peu plus timide que moi. Toutes les deux, on s'entendait vraiment très bien et on faisait équipe ensemble dans la plupart de nos travaux. Je lui avais même raconté certaines choses de ma relation avec Matthiew que les autres ne savaient pas. Mais pas tout, évidemment. L'exclusivité allait à Émily!
-Tiens, j'ai pensé que ça pourrait peut-être te remonter le moral.
Elle me tendit un petit sac en papier blanc, alors qu'elle secouait la tête pour faire tomber les derniers flocons de neige restés dans sa crinière. Le paquet était rempli de sucreries, toutes meilleures les unes que les autres.
-T'aurais pas dû, dis-je en écarquillant les yeux. Combien est-ce que je te dois?
-Allons Aude, elle repoussa les quelques mornilles que je lui tendais, c'est un cadeau. Et puis, on dit que les sucreries ça aide à faire passer la grippe…
-Tu racontes n'importe quoi! M'exclamais-je septique.
-Bon d'accord, concéda-t-elle en affichant un petit sourire en coin, mais ce qui est sûr, c'est que ça aide à réparer les cœurs brisés…
Oups….peut-être que je lui en avais un peu trop dit finalement.
-Je n'ai pas le cœur brisé, dis-je en baissant le ton de ma voix, même si le vacarme que faisaient Heather et Kelly suffisait amplement à nous couvrir.
Elle me lança un regard plus que suggestif.
-Je t'assure, me sentis-je obligée de justifier. D'accord, ça me fait encore quelque chose de penser à lui, mais c'est fini maintenant.
Elle me lança son même regard, toujours aussi septique. J'abandonnai. Je n'allais quand même pas lui faire part de tout mon cheminement mental, non?
-…ESPÈCE DE PETITE INGRATE! Hurla Heather qui avait le visage déformée par la colère.
-Allons, tu croyais vraiment qu'il pouvait s'intéresser à toi? Demanda sarcastiquement Kelly.
-JE…JE…TU…ARG……
Je la vis empoigner ses paquets est se diriger rageusement vers la sortie. Une fois l'écho de ses pas disparu, nous nous tournâmes vers Kelly.
-Tu y es allée un peu fort, fis-je avec un sourire crispé. Je ne voulais quand même pas qu'elle se rabatte sur mon cas.
-Ce n'est pas ma faute à moi si son Michael ne s'intéresse pas à elle! Dit-elle, en levant les yeux au ciel.
-Et tu crois que de lui lancer en pleine figure qu'il t'a demandé de sortir avec lui était la meilleure solution? Demanda ironiquement Magali.
-Bah…elle change de béguin à tous les deux jours alors un de plus ou de moins…ça aura permis de sauver ce pauvre Michael de ses griffes de mangeuse d'homme!
Et alors que Magali partie dans un délire sur Heather la prédatrice d'homme avec Kelly, je choisis d'aller me changer, histoire de pouvoir retrouver Émily avant que ce ne soit le temps d'aller manger. Pas que je n'aimais pas mes consœurs Serdaigles, mais j'avais plus ou moins envi de participer à leur petit jeu. Je montai jusqu'au dortoir pour trouver quelque chose d'adéquat à me mettre, trouvant plutôt déplacé de me présenter en pyjama dans la Grande Salle. En ouvrant la porte, une brise glacée vint m'envelopper.
-QUI A LAISSÉ LA FENÊTRE DE LA CHAMBRE OUVERTE? Hurlais-je en débarquant dans la salle commune, ne faisant ni un ni deux de tous les gens qui me regardaient étrangement. Étant chez les Serdaigle, il était plutôt rare qu'il y ait autant de grabuge, surtout en l'espace d'une soirée.
-Heather! Dirent Kelly et Magali conjointement.
-Mais elle est dingue? M'exclamais-je, hors de moi. Elle voulait ma mort ou quoi?
-Ça fait longtemps que je le dis qu'elle est folle à lier, commença Kelly.
-Elle dit que ça empêche la formation de cernes et que ça permet de garder un « corps en santé ». Continua Magali.
-Un corps en santé? Vous voulez rire de moi ou quoi? Et ma grippe est-ce que ça fait parti de son soi-disant corps en santé? Je vais lui en faire un corps en santé, moi…
Tout en continuant de grommeler, je retournai dans ce congélateur qu'était rendu mon dortoir. Non mais, elle en avait de ces idées elle! Et dire que moi je m'abattais sur mon sort en me disant que j'avais bien mérité ma grippe…Et par-dessus tout, je venais de manquer une journée à Pré-au-Lard à cause de ça!! Pas la peine de mentionner que je ne perdis pas une seconde pour enfiler quelques vêtements chauds, fermai la fenêtre d'un coup de baguette et ressortis immédiatement. Peu importe l'affection que j'avais envers elle, à cet instant je trouvais Heather bien idiote!
Avec tout cela, j'arrivai dans la Grande Salle alors que les plats apparaissaient sur les tables. Zut! Je n'aurais pas le temps de voir Emily avant d'avoir mangé. Je lui avais demandé de me rapporter un livre que j'avais commandé à la librairie et j'aurais bien aimé me plonger dedans dès maintenant, histoire de ne pas être obligée de me coltiner les anecdotes de tout un et chacun sur leur magnifique journée à Pré-au-lard. Et oui, j'étais jalouse…surtout depuis que je savais que mon état était dû à un caprice d'Heather…
…-…-…-…-…-…-…-…-…-…
Le repas se passa aussi normalement qu'il pouvait se passer. Je n'avais pratiquement rien avalé. Pas que ce qui nous était offert ne soit pas ragoûtant, au contraire, mais avec le nez bouché, je ne goûtais absolument rien et n'avais donc que très peu d'appétit. Je n'avais même pas goûté aux choux à la crème, moi qui raffolais des desserts. Je n'avais qu'une seule envie : aller me coucher au plus vite. J'avais distraitement écouté les discussions sur la journée qui venait de passer, rien n'attirant réellement mon attention. Heather était venue s'excuser pour l'histoire de la fenêtre, suite au fait que l'une des personnes présentes dans la salle commune lui ait rapporté ma petite crise. Après avoir réussi à mettre fin à ses interminables lamentations et excuses, je lui fis comprendre que c'était déjà oublié. Avais-je dit qu'elle était extrêmement volubile?
Les plats maintenant disparus, je me levai pour retourner devant le feu de foyer que les elfes devaient avoir ravivé. Mais alors que je franchissais les portes de la Grande Salle, je me sentis agrippée par le bras. Je me retournai et me retrouvai face à face avec Émily qui me tendait mon bouquin.
-Tiens, fit-elle, j'ai dû passer un quart d'heure à attendre parce que la libraire n'avait pas défait les boîtes.
-Merci, répondis-je simplement. Alors, ton frère va bien?
Je connaissais la famille d'Émily depuis que j'étais toute petite. Son frère était devenu un joueur de Quidditch professionnel et faisait parti d'une équipe américaine. Non seulement il était vachement sympa, mais en plus, il avait un corps de Dieu! Si j'avais eu quelques années de plus et que ça n'avait pas été le frère de ma meilleure amie, j'aurais certainement tenté ma chance.
-Super! Tu sais quoi? Me dit-elle, visiblement très énervée.
Je lui lançai tout simplement un regard pour qu'elle crache le morceau.
-Il va se marier en décembre prochain!
-Quoi? M'exclamai-je. Il n'avait même pas de copine quand il est venu cet été!
-Je sais, mais il a rencontré cette fille…Mady je crois, et il dit que c'est le grand amour depuis…il est sûr que c'est la bonne…Je ne vois pas tellement comment il fait pour affirmer cela…
Émily et moi avions eu de nombreuses discussions à savoir si les coups de foudre existaient, ainsi que sur « l'amour d'une vie », parvenant à la conclusion que ni un ni l'autre n'existaient réellement. Rabat-joie vous direz? Non, réalistes! Et vu ce qui m'était arrivé dans les derniers mois, je n'étais pas prête de changer d'avis…
-…mais bon! S'il le dit…tu te rends compte, mon frère qui se marie!!
Elle semblait plus qu'heureuse et je ne pus m'empêcher de partager son euphorie.
-C'est vraiment génial! Fis-je en souriant alors qu'une mélancolie venu de nulle part s'emparait de moi.
-Il m'a demandé d'être la demoiselle d'honneur, dit-elle en m'empoignant par le bras pour qu'on se mette à marcher. Ça va être vraiment une grosse cérémonie. Je n'ose pas imaginer la tête que ma mère fera quand il va lui annoncer…
-Tes parents ne sont pas encore au courant?
-Non, il voulait m'en faire part en premier. Évidemment, j'aurais préféré qu'il me fasse rencontrer cette Mady d'abord, mais bon, je n'avais pas tellement le choix de lui donner mon approbation.
-Ils vont faire ça à Londres? M'enquis-je.
Elle acquiesça.
-Il faudra que tu m'aides à choisir ma robe…
Comme si j'allais vraiment lui être d'une grande aide. C'était elle la pro dans ces choses-là…
-…et moi je t'aiderai à choisir la tienne!
Ce fut le moment que je choisis pour arrêter de marcher. Ma robe?
-Quoi? Tu veux dire que…que…? Bégayais-je.
-Bien sûr que tu es invitée idiote! Fit-elle en me souriant.
J'étais vraiment touchée. D'accord, nos deux familles avaient toujours été très proches, mais de là à ce que son frère veuille que j'assiste à son mariage…
-Tu sais très bien que Jérôme t'as toujours considérée comme sa deuxième sœur, me dit-elle doucement. Il était d'ailleurs déçu que tu ne sois pas là aujourd'hui.
-Je sais bien, mais on parle quand même de son mariage…, dis-je interloquée.
-Raison de plus! Plus on est de fous et plus on rit!
Elle me fit un clin d'œil et on se remit à avancer en parlant de tout et de rien. Elle me raconta les dernières péripéties de Jérôme en Amérique, la gifle magistrale que Morgan avait administrée à Pettigrow cet après-midi alors qu'il lui avait effleuré la fesse, et je lui relatai l'histoire de la fenêtre ouverte.
-Tu fais quoi? Me demanda-t-elle alors que je me séparais d'elle pour retourner à mon dortoir.
-Je vais m'installer bien confortablement dans un sofa, devant le feu, avec un café et je m'embarque dans ça, fis-je en pointant le livre qu'elle m'avait rapporté.
-Oh…, elle semblait déçue, …j'avais pensé qu'on aurait pu passer la soirée ensemble…
-Tu veux qu'on fasse quoi? Demandais-je surprise. On ne va quand même pas passer la soirée à la bibliothèque? Et puis avec cette satanée grippe, je n'ai pas tellement le goût de sortir marcher à l'extérieur…
C'était bien Poudlard, mais ce n'était pas le Twisted non plus. On était plutôt limité dans le genre d'activité à faire, surtout en plein hiver.
-Bah je sais que Potter a parlé de faire une petite soirée dans la salle commune de la tour, alors je me disais que tu aurais peut-être eu envi de venir…ils ont ramené de la bierreaubeurre…et même du whisky pur feu!
Elle me lança un regard appuyé. Elle croyait m'acheter ou quoi? D'accord, l'invitation était tentante, mais mon lit était quand même beaucoup plus attirant.
-Je ne suis même pas à Griffondor…, fut tout ce que je trouvai pour argumenter.
-Et alors?, répondit-elle en fronçant les sourcils. Comme si ça allait t'empêcher de venir!
Elle avait parfaitement raison. Ce ne serait pas la première fois que je passerais une soirée dans la tour des lions…
-Émily, je suis brûlée et grippée…Je n'ai pas tellement envi de passer ma soirée dans un endroit bruyant, déjà que j'ai eu mon lot avec Kelly et Heather en début de soirée…
-Justement, tu n'as rien fait de ta journée, et tu crois vraiment que ces deux là vont arrêter de se prendre la tête juste parce que tu leur demandes?
Elle avait raison : 1-Je n'avais pas pu sortir de la journée et la voilà qui m'offrait une occasion en or pour m'amuser, avec de la boisson et de beaux hommes en plus. 2-Kelly et Heather se chamaillaient continuellement, et il n'y avait aucune raison pour qu'elles y fassent exception ce soir.
-Alors va pour la soirée de Potter, dis-je en levant les yeux au ciel. Mais je t'avertis, je ne reste pas longtemps!
Elle me fit un petit sourire qui ne présageait rien de bon, avant de reprendre mon bras et de m'emmener vers la tour de Griffondor.
…-…-…-…-…-…-…-…-…
Une fois le tableau passé, je constatai que l'ambiance était déjà réchauffée. Ce n'était rien de bien extravagant : des personnes papotant dans tous les coins, un verre ou pas dans la main. Il ne faut quand même pas oublier qu'il y avait des tous jeunes dans la salle, donc pas de folies! Émily m'entraîna dans un sofa et adressa quelques mots à un garçon que je ne connaissais pas et qui nous ramena deux verres de bierreaubeure, que je soupçonnais alcoolisés. C'était dingue comment elle pouvait avoir du pouvoir sur tout ceux qui produisaient de la testostérone ma copine; elle n'avait qu'à s'installer dans un endroit et ils faisaient la queue pour pouvoir la servir. Quoi que je ne devais pas tellement m'en plaindre car j'en profitais aussi largement. La preuve? Je n'avais pas eu à me lever pour aller me chercher quelque chose à boire. Je jetai un rapide coup d'œil autour de moi pour constater qu'il n'y avait en majorité que des Griffondors. En fait, j'étais la seule intruse! Personne ne semblait s'en être formalisé puisqu'il n'était pas rare de me voir débarquer ici. Ça avait fait quelques remous au début, mais puisque j'accompagnais la petite princesse, comme je m'amusais à la surnommer, tous avaient passé outre. Ça aurait bien été le comble si après six ans, quelqu'un avait encore eu quelque chose à dire là-dessus. Je soupçonnais même les professeurs d'être au courant et de ne pas faire de problème. Je n'avais jamais été une élève turbulente alors ils avaient bien d'autres chats à fouetter avant de m'interdire l'accès à la tour des Griffondors.
-Hé, Émily! Appela un 7e année qui était un peu plus loin, entouré d'une bande de filles.
-Tu m'attends quelques instants? Me demanda-t-elle.
J'approuvai d'un signe de tête. Comme si j'allais la retenir et l'empêcher d'y aller!?! J'aurais bien évidemment pu la suivre et me mêler au petit groupe, mais je ne connaissais pas intimement ses copines de Griffondors, en ayant déjà bien assez avec mes compagnes de dortoir, et encore moins ceux de 7e année. Après tout, à l'âge que j'étais rendue, je n'avais plus besoin de nouveaux amis, les miens me suffisant entièrement. D'accord, j'avoue que ça peut paraître plutôt antipathique comme attitude, mais fallait dire que ce soir, je n'avais pas particulièrement le goût de me mêler à la foule avec le mal de tête qui venait de s'emparer de moi. Et puis je ne restai pas bien longtemps seule, car un jeune homme vint prendre la place libre devant moi.
-Salut.
Je ne le connaissais pas. Enfin, si, je le connaissais puisqu'à Poudlard, on se connait tous, mais pas particulièrement. Il s'appelait Dayle Patterson et était de la même année que moi. Plutôt mignon comme garçon avec ses petites boucles châtaines et ses deux yeux verts, constatais-je.
-Salut, répondis-je en souriant. Je n'étais si antipathique, hein?
-Aude, c'est ça?
J'acquiesçai d'un mouvement de tête.
-Je crois qu'on a métamorphose ensemble, me dit-il.
-Probablement puisque les Griffondors et Serdaigles sont jumelés, dis-je dans un petit rire. C'était une évidence même que ce qu'il venait de me dire. Visiblement, il voulait me faire la conversation et ne savait pas par où commencer.
-Ah…oui…effectivement, ajouta-t-il en rougissant. Je n'ai pas tellement pensé avant de parler.
Il me lança un petit regard gêné et à la fois confus qui le rendait encore plus mignon.
-Je ne le dirai pas à personne, fis-je en lui lançant un clin d'œil, ce qui eu pour effet de le faire sourire.
-Alors, tu t'en sors bien avec la métamorphose moléculaire?
Et voilà qu'il entreprit de me faire un long monologue sur ce qu'il en pensait, la manière dont on devrait nous l'enseigner et tout ce que vous voudrai, avant même que je ne lui donne ma réponse. C'était d'un ennui mortel. Pourquoi fallait-il que le seul sujet de conversation qu'il ait trouvé se rapporte aux cours, qui plus est un jour de vacance? Non seulement il ne me laissait pas en placer une, mais en plus c'était visible qu'il ne connaissait pas ce dont il parlait. Probablement en était-il venu à la conclusion que puisque j'étais à Serdaigle, c'était le meilleur moyen de m'intéresser. Comme si nous, les Serdaigles, ne pensions qu'à nos études et aimions cela plus que les autres…Foutaises! D'autre part, la métamorphose était la discipline dans laquelle j'excellais le mieux, donc son petit monologue ne m'impressionna guère. Il voulait paraître plus cultivé qu'il ne l'était en réalité, croyant peut-être que ça m'amènerait dans son lit…pauvre lui…J'étais en train de me chercher une excuse pour me défiler quand quelqu'un le fit à ma place.
-Hé Patterson…Y'a Rémus qui voudrait te demander quelque chose là-bas!
Je me retournai pour voir Sirius qui me fit un sourire complice.
-C'est parce que je suis occupé là! Fit Dayle d'un ton courroucé.
-C'est vraiment très important, insista Sirius.
-Tu sais, tu ferais peut-être mieux d'y aller, ajoutais-je, et on continuera cette discussion plus tard…
-Très bien, accepta-t-il enfin. C'était vraiment plaisant de discuter avec toi Aude…ne bouges pas, je reviens…
Et sur ce, il s'éloigna enfin, ce que je n'aurais jamais cru voir arriver. Je lâchai un soupir de soulagement et m'installai plus confortablement dans le sofa alors que le noiraud prenait celui que l'autre venait de laisser.
-Tu avais vraiment l'air de t'ennuyer, me lança-t-il en riant.
-Ça paraissait tant que ça? Demandais-je, mal à l'aise. Je ne voulais quand même pas avoir blessé Dayle…
-T'inquiètes, il n'a rien remarqué cet idiot, il était beaucoup trop obnubilé par ce qu'il te racontait. C'était quoi d'ailleurs?
-Je crois que tu préfères ne pas savoir! Dis-je avec un sourire mystérieux.
-Pourquoi, tu devras me tuer si tu me le dis? Demanda-t-il.
Je me rapprochai, comme si j'allais lui dire un secret de la plus haute importance.
-Non, tu le ferais toi-même si je te racontais.
Il me regarda, surpris par ma réponse et se mit à rire. Un rire franc qui vint me chatouiller les oreilles et me fit sourire à mon tour.
-Ce qui est sûr par contre, me dit-il au bout d'un moment, c'est que Patterson doit maintenant être raide dingue de toi!
-Pourquoi tu dis ça? Questionnais-je surprise. Ne venait-il pas de me dire que j'avais l'air de m'ennuyer pendant qu'il me parlait? Qui aurait été assez dingue pour s'intéresser à quelqu'un qui ne l'écoute même pas?
-Allons Aude! Tu aurais dû te voir agir.
-Ah, bien sûr! Je devais être extrêmement séduisante lorsque je l'écoutais distraitement en regardant autour, ne le regardant même pas dans les yeux, et le coup de grâce, un petit bâillement bien placé!
Il me regarda drôlement. Je n'aimai pas tellement ce regard. C'est comme si l'espace d'un instant, il venait de me prendre pour une idiote.
-T'es comique tu sais? Fit-il avec un air malicieux. J'avoue que ta tactique est presque meilleure que la mienne.
-Mais de quoi parles-tu? Demandais-je éberluée. Il avait vraiment l'air sérieux.
-Tous ces petits coup de tête bien placés, les sourires lancés de temps à autre et ta main replaçant sagement tes cheveux derrières tes oreilles…
Mais comment diable avait-il pu remarquer tout cela en quelques minutes?
-Ce n'était que par pure politesse, me justifiais-je. Je ne voulais quand même pas qu'il pense que j'avais essayé de draguer ce type.
-Peut-être bien, mais c'était vachement sexy! Me dit-il du tact au tact.
Je n'avais pas besoin qu'on ne tende un miroir pour savoir que je venais de rougir. J'avais une très mauvaise tendance à rosir dès que quelqu'un me complimentait, mais quand en plus il s'agissait de Sirius Black…ce devait être mille fois pire! Je fis donc, justement, mine de replacer mes cheveux pour pouvoir mieux camoufler mon trouble. Ça me permit par ailleurs de réaliser qu'il ne s'en était même pas rendu compte. Il affichait bien un petit sourire satisfait, mais qui ne semblait pas du tout relié. Je me trouvai encore plus ridicule d'avoir rougi à cette remarque qui, visiblement, n'était nullement significative.
-Et bien ce n'était pas intentionnel! Rajoutais-je en reprenant toute ma constance. Et puis je ne pense pas qu'il ait vraiment une vue sur moi.
-C'est ce que tu crois…
-Salut Aude! Entendis-je un garçon de 7 e année me lancer alors qu'il passait derrière moi. J'eu tout juste le temps de me retourner pour le voir me lancer un magnifique sourire avant qu'il ne reparte dans la conversation qu'il devait déjà avoir.
-C'était qui? Me demanda Sirius.
-J'en sais rien! M'exclamais-je, moi-même surprise de cette intervention.
-Qu'est-ce que je disais? Ils en ont tous pour toi ce soir!
Je ne pus m'empêcher de rire. Tout cela était certainement dû au hasard. Si ça se trouvait, ces gars avaient seulement eu envi de faire la conversation et Sirius avait tout interprété selon ses propres désirs. Pourquoi en une soirée me serais-je mise à être le fantasme de tous ces hommes? Moi qui, normalement, ne me démarquais pas du lot ne m'étais certainement pas transformée en une tombeuse d'homme en l'espace d'une soirée.
-Je crois que je viens enfin de trouver mon homologue féminin! S'exclama-t-il assez fort pour que plusieurs têtes se retournent vers nous.
Et voilà que je ressentais à nouveau la chaleur envahirent mes joues. Cette fois par contre, ça ne passa pas inaperçu. Sirius sembla même s'en réjouir. Pour ma part, non seulement je n'aimais pas avoir eu cette toute cette attention soudaine dirigée vers moi, mais qui plus est, je me sentais drôlement mal à l'aise qu'il ne me compare à lui. Bien sûr, j'en savais peu de ses nombreuses relations, mais tout de même assez pour savoir que c'était nullement comparable. Je n'avais d'ailleurs pas tellement envie de me retrouver avec le même genre de réputation…
-Ne rêve pas trop…, finis-je par dire plus discrètement, …ce n'était qu'un concours de circonstances…
-Ne te sous-estimes pas trop Aude…Me dit-il, le plus sérieusement du monde, ce qui eut pour effet d'augmenter mon trouble, bien que je devais être tellement rouge que ça ne ferait pas tellement de différence.
-Je crois plus que je deviens attirante parce que si le « oh-comment-grand-dirais-je » Sirius Black s'intéresse à moi, c'est que j'en vaux la peine…, lançais-je finalement, retrouvant un peu de mon aplomb.
-Ah…effectivement, je n'avais pas pensé à cela!
Et tout les deux on se regarda avant de se mettre à rire. Je n'avais jamais remarqué à quel point deux yeux bruns pouvaient être aussi séduisants…
-Au fait, qu'est-ce que tu tiens? Me demanda-t-il au bout d'un moment.
Surprise par sa question, je regardai mes bras et réalisai que je n'avais pas lâché le livre qu'Émily m'avait tendu en sortant de la Grande Salle.
-Oh…c'est simplement un bouquin que j'avais commandé à la librairie de Pré-au-Lard, répondis-je en le déposant sur la table entre nous.
-Oui, j'avais remarqué que tu n'étais pas là…
Il avait vraiment remarqué cela? Venu de nulle part, un sourire apparu sur mes lèvres.
-…tu n'avais pas envie de venir?
-Si, mais Heather a laissé une fenêtre ouverte dans le dortoir et j'ai attrapé une vilaine grippe!
J'affichai une petite mine piteuse, histoire de rendre mon histoire encore plus touchante.
-Ah, d'accord.
Je levai les yeux vers lui et il en fit de même, ce qui résulta en un regard franc. Un peu trop franc à mon goût même, car quand il détacha ses yeux, je réalisai que j'étais plus ou moins chamboulée. Qu'est-ce qui se passait avec moi? Est-ce que c'était lui qui me faisait cet effet? Et Matthiew là-dedans? Non, j'avais seulement besoin d'attention et il me fournissait ce que je voulais, c'est tout ce qui se passait…N'est-ce pas?
-Ça parle de quoi?
-Hein? Demandais-je, revenant soudainement à la réalité, ne voyant pas où il voulait en venir.
-Ton bouquin? De quoi il parle? Me redemanda-t-il à nouveau.
- Ah…je n'en sais rien, je ne l'ai pas encore lu!
-T'es en train de me dire que tu lis des bouquins sans même savoir de quoi ils parlent? Me demanda-t-il, estomaqué.
-Bah, en général je sais un peu ce qui se passe, mais où est l'intérêt de lire un livre si on sait quelle est la fin? Lui fis-je remarquer.
-Je te retourne la question : Quel-est l'intérêt de lire un livre tout simplement?
-Idiot!
Et il me fit un sourire qui cette fois-ci me fit bel et bien craquer. Peut-être que j'avais juste besoin d'attention, mais si je me sentais aussi bizarre, c'était bien parce que c'était lui qui était avec moi.
On continua de parler comme ça pendant quelques minutes encore. C'était vraiment plaisant. Il y avait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi légère. J'avais envie de sourire et de rire sans nécessairement avoir de raison. Je ne me posais même pas la question à savoir si c'était parce que j'avais fait le ménage dans ma tête ou si c'était parce que j'étais en bonne compagnie. Ce soir, j'étais heureuse!
-Je ne comprends pas pourquoi nous on ne fait jamais des petites soirées comme ça? M'entendis-je dire alors que je prenais la dernière gorgée de mon verre.
-C'est parce que vous n'avez pas les célèbres maraudeurs avec vous! Me dit-il en bombant le torse fièrement.
-Hum…je crois plus que c'est parce qu'on a Judy comme préfète et qu'elle ferait une syncope si elle voyait une seule goutte d'alcool pénétrer dans la salle commune, lançais-je en riant, histoire de faire dégonfler sa tête.
-Ah…aussi, concéda-t-il. Mais ça aide quand même de nous avoir, se reprit-il, en me faisant un clin d'œil.
Je souris.
-Ça m'étonne quand même qu'Evans n'ait pas rechigné…surtout si c'était une initiative de James! Dis-je doucement.
Je connaissais un peu Lily Evans que j'aimais bien, mais je la trouvais un peu coincée. Avoir eu un gars comme James Potter qui m'aurait fait la cours pendant des années, ça ferait longtemps que je l'aurais soit embrassé, soit rembarré. J'avais de la misère à comprendre pourquoi elle ne se branchait pas…quoi qu'elle avait bien essayé de le virer à sa manière. Mais c'était clair qu'elle ne lui était pas si indifférente que ça…
-Elle a bien essayé de faire changer James d'avis pendant le repas, mais il lui tendait un verre qu'elle avait déjà changé son fusil d'épaule. Regarde-la…
Je me tournai vers l'endroit qu'il me désignait et la vit somnoler sur l'épaule de Potter. Comme quoi Émily avait raison quand elle disait qu'il y avait des rapprochements…
-Bon, je vais me chercher un autre verre, dis-je en me levant, et je reviens.
Je me dirigeai rapidement vers la table contenant les bouteilles capsulées de bierreaubeure et en fit couler une dans le verre que je tenais. J'hésitai à rajoutai du whisky pur feu pour finalement ne pas en mettre, jugeant que ma grippe ne me le permettait pas tellement. Avant de repartir, je lançai un regard en direction d'Émily qui était bien évidemment entourée du trois quart de la gente masculine de l'endroit, avant de réorienter mon regard vers le sofa où j'étais assise. Il n'était plus vide. Une grande brune s'y était installée et me faisait dos. Je pouvais tout de même voir ses longues et fines jambes d'où j'étais, tout autant que je pouvais deviner sa poitrine imposante et ses lèvres pulpeuses. Ce qui attira encore plus mon attention, c'est la manière dont elle était penchée vers l'avant pour être plus près de Sirius, ainsi que ses mains sur ses cuisses. Au sourire que ce dernier affichait, ça ne semblait pas lui déplaire.
C'est alors le moment que je choisis pour partir. Tout à coup, ma migraine avait repris et je n'avais qu'une envie : aller m'emmitoufler dans mes couvertures. Je partis rapidement saluant seulement Potter d'un petit signe de la main. Émily comprendrait bien, encore plus puisqu'elle savait que je n'avais pas l'intention de rester tard.
Une fois dans le couloir, je réalisai que je ne me sentais plus aussi joyeuse que j'avais pu l'être une dizaine de minutes au par avant. Pas la peine de me faire un scénario pour comprendre que la vue de Sirius avec cette minette m'avait plutôt refroidie. Pas que j'éprouvais quelque chose pour lui, mais les voir ensemble m'avait déstabilisée. Je savais très bien que je ne représentais rien de plus que Aude, la copine d'un copain d'un autre copain et ainsi de suite, mais ça me faisait quand même un petit coussin de savoir qu'il avait voulu passer la soirée avec moi, coussin qui était disparu quand j'ai vu qu'il avait tout de même préféré la compagnie de la belle brune plutôt que la mienne. C'était quand même justifiable puisque celle-là, il pourrait certainement la ramener dans son lit ce soir…Peut-être aussi que ce n'était que le fait de m'être fait remplacer aussi rapidement, comme c'était arrivé avec Matthiew qui me mettait dans cet état…
-Aude…
Perdue dans mes pensées, je ne l'avais même pas entendu m'appeler.
-AUDE!
Là cette fois, je n'aurais pas pu le manquer. Je me retournais et vit Sirius qui courrait pour arriver à ma hauteur.
-Sirus? Demandais-je, plus surprise qu'autre chose.
-Je crois que tu allais oublier cela, et il me tendit mon livre. Il était resté sur la table, et je me suis dit que tu aurais peut-être eu envi de le commencer si tu voulais finir par savoir ce qui se passait…
Il me fit un sourire en coin et tout à coup, je me sentis à nouveau tout aussi légère.
-Merci…, je ne pus m'empêcher de baisser les yeux au sol.
-Et puis…tu n'allais quand même pas partir avant de m'avoir souhaité bonne nuit, j'espère?
J'en connaissais une qui s'en serait chargée à ma place…mais je me retins de lui en faire part.
-Tu semblais occupé quand je suis partie alors je ne voulais pas te déranger. Répondis-je, cette fois-ci le regardant directement dans les yeux pour guetter sa réaction.
Il n'en eu aucune particulière, du moins que je n'aurais pu décrire.
-Voyons, tu sais bien que tu ne me déranges jamais…
Il me regardait étrangement. Je me sentais aussi étrangement troublée. Il venait de s'installer un silence entre nous et je n'osais pas le rompre.
-Bon…alors bonne nuit…Finis-je par dire un petit sourire gêné sur les lèvres.
Sans faire ni un ni deux, il s'approcha vers moi et posa ses mains sur ma taille.
-Bonne nuit…Me glissa-t-il à l'oreille.
Il recula son visage, sans pour autant se décoller. Tout à coup, il y eu cette même envie qui m'avait saisie au Twisted de vouloir l'embrasser. D'autant plus que cette fois-ci, Laury n'était pas là pour me faire changer d'avis. Je le regardai directement dans les yeux et je cru y voir la même envie. C'était toujours aussi instinctif et invitant. Quelque part, je savais que c'était mal de faire ça, mais c'était tellement tentant…Comme si nous n'avions pas le choix. Nos deux visages se rapprochèrent et je sentis son souffle effleurer mes lèvres et….
-ATCHOU….!
Je venais d'éternuer. Surpris, il se recula et me fixa, avant d'éclater de rire. Pour ma part, j'avais plutôt envi de pleurer…quelle honte!
-Fait de beaux rêves alors…!
Il me lança un denier sourire et retourna en direction de sa tour.
ARGGGGGGGG! Satané grippe!!!
… … … … … … … … … …
Et voilà! Des commentaires?
Bizoux
