Les semaines qui suivirent se ressemblèrent.
Clarke faisait encore de la kiné, même si elle avait déjà, presque tout récupéré.
La vérité, c'était qu'elle aimait passer du temps avec Lincoln. Dans son autre réalité, elle n'avait pas eu vraiment l'occasion de le connaître, alors elle profitait de l'occasion qui lui était donné, pour en apprendre plus sur le gaillard. Il était fondamentalement gentil et clairement, il serait un ami pour Clarke, et elle regrettait de ne pas avoir eu le temps de s'en apercevoir dans son monde apocalyptique.
Aussi agréable que cela soit, il lui fallait à présent rentrer, quitter l'hôpital, cet endroit si redouté et pourtant si sécurisant.
Après un au revoir de rigueur au personnel qui avait prit soin d'elle pendant cette année, Clarke se dirigea vers la sortie de l'établissement.
Lorsque les portes automatiques s'ouvrirent, la jeune femme resta un moment immobile à admirer ce que ses yeux lui transmettaient.
L'hôpital se trouvait en pleine ville mais juste en face d'un parc immense. Au delà de la grille, on pouvait admirer la quantité et la diversité d'arbres dont disposait le lieu. Les cerisiers japonais croulaient sous leurs fleurs roses ou blanches. Dans le prolongement de la grille une allée en petits cailloux et un pont en pierres beiges. Dessous, tranquillement en train de nager, deux cygnes blancs magnifiques. Il y avait également de grands chênes, probablement centenaires, aux pieds des quels, des enfants jouaient. Deux joggeurs croisèrent un homme qui promenait son chien. Clarke les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils passent devant un banc, sur lequel deux personnes étaient assises en train de discuter. Une fois les joggeurs passés, elle s'aperçue, que l'une d'elle n'était autre que Gustus et l'autre Alexandra ! Leurs regards se croisèrent. Clarke lui fit un petit signe de la main. Alexandra lui répondit par un sourire et un signe de tête puis reprit sa discussion avec son interlocuteur. Clarke fut un peu vexée par le peu de réaction à son égard mais nota tout de même la présence de la brune surveillant l'établissement où elle se trouvait. Elle se persuada qu'elle était là, plus, parce qu'elle se souciait de sa santé, que par devoir.
Abby arriva par derrière.
- C'est bon ? On peut y aller ?
- Oui, je suppose, dit Clarke les yeux rivés sur Alexandra.
- Elle est encore là, elle ? Dit Abby en apercevant l'inspecteur.
- Maman ! Tu ne peux pas lui reprocher de faire son travail, tout de même !
- Cesse de la défendre tout le temps, c'est agaçant !
- Mais je ne la défend pas !
- Bon, je vais chercher la voiture, je reviens, Dit Abby en laissant sa fille devant l'hôpital.
En attendant sa mère, Clarke marcha jusqu'à un banc, qui se trouvait devant l'entrée et s'assit.
Elle n'arrivait pas à lâcher Lexa du regard, celle-ci devait se sentir observé, mais refusait pourtant de tourner la tête dans la direction de Clarke.
Soudain une main se posa sur son épaule et serra l'articulation, jusqu'à en devenir douloureux. Clarke voulu tourner la tête, pour voir qui lui broyait le haut du bras, mais elle sentir un objet métallique venir toucher sa tête, elle su de suite que c'était le canon d'un revolver.
- Si tu bouges, je t'explose la cervelle..., dit une voix qu'elle ne reconnu pas toute suite mais qui lui était pourtant familière.
- Ici devant l'hôpital ? Je n'y crois pas un seul instant ! Dit Clarke d'un air méprisant.
- Vas y, essaye !
Clarke voulait agir et affronter son adversaire, mais elle se ravisa, quelque chose dans la voix de cette fille lui conseilla de ne pas le faire, elle ne plaisantait pas.
- Que voulez vous ?
- Voilà une bonne question ! Roan a quelques questions à te poser...
- Alors là vous pouvez rêver ! Dit Clarke en se retournant, oubliant l'impression de danger, qu'elle avait ressenti juste avant.
Elle se retrouva face à Echo.
- Toi ?
- Qui d'autre, merdasse !
Une camionnette s'arrêta devant elles. La porte latérale s'ouvrit.
- Monte ! Dit Echo les dans serrées.
Clarke aurait voulu que Lexa regarde dans sa direction juste une fois mais elle discutait toujours avec le colosse. C'est à ce moment que Abby choisit d'arriver, elle klaxonna pour faire bouger la camionnette qui gênait le passage. N'obtenant aucun résultat, le docteur descendit de sa voiture dans la ferme intention de secouer le conducteur, mais une fois hors du véhicule, elle eut juste le temps d'apercevoir Clarke se faire pousser dans la camionnette.
- Clarke ! Hurla t-elle.
La camionnette démarra en trombes en faisant crisser les pneus.
De l'autre coté de la rue, Alexandra tourna la tête et croisa le regard d'Abby, à l'air affolé du docteur, elle comprit ce qui c'était passé. Elle et son compagnon s'engouffrèrent dans leur voiture pour prendre la camionnette en chasse.
L'inspecteur avait prit le volant et elle suivait comme une ombre, le véhicule où se trouvait Clarke. Elle connaissait bien la ville, il ne serait pas facile au conducteur de la camionnette de la semer, le gars s'en aperçu assez vite. Il prenait des risques insensés mais quoi qu'il fasse, cette garce, ne le lâchait pas d'un pouce. En désespoir de cause, il appuya sur la pédale d'accélérateur, pour augmenter sa vitesse, qui était pourtant, déjà bien au dessus du raisonnable. Il évita de justesse, un sans abris qui traversait. Le caddie remplit d'objets diverses qu'il poussait, vola en éclat lorsque la camionnette le percuta. Alexandra qui suivait donna un coup de volant, pour ne pas le percuter à son tour.
La course poursuite se poursuivit sur la voie rapide. Le gars fit du slalom entre les voitures sans se soucier des risques. A chaque fois qu'il tapait une voiture, ou qu'un véhicule partait en vrille, Alexandra devait ajuster sa conduite, mais elle était suffisamment concentrée et excellent pilote pour éviter à chaque fois l'accident.
Elle suivait la camionnette et se disait régulièrement qu'il fallait arrivé à la stopper car bientôt, ils atteindraient une zone particulièrement encombrée, surtout à cette heure ci de la matinée, et qu'alors les risques de dommages collatéraux seraient multipliés. Elle avait beau, être pied au plancher, elle n'arrivait pas à les rattraper et dans cette circulation pas question, non plus de tirer sur les pneus. Puis le moment tant redouté arriva. Légèrement en hauteur, elle surplomba pendant quelques mètres et pu constater avec effroi, que la zone n'était pas encombrée comme prévue, mais complètement bouché. Au loin, elle pu apercevoir des gyrophares, synonyme d'accidents, ce qui compliquerait encore les choses.
Les occupants de la camionnettes avait du se faire les mêmes réflexions et arriver aux mêmes conclusions car le véhicule ralentit.
- Merde ! Merde ! Merde ! Pourquoi tu es passé par là ! C'est pas possible, tu es vraiment con !
- Si tu es si maligne, prend le volant !
- Maintenant que tu nous a bien mis dans la merde ! Non merci ! D'emmerde toi pour nous sortir de là !
- Il doit y avoir un accident, ça va grouiller de flics !
- Oui, mais visiblement c'est le chaos ! Il va falloir continuer à pieds, mais comme, il y a beaucoup de monde, ça sera plus facile pour se faufiler, vas y fonce !
La camionnette repartit à toute vitesse en direction du bouchon.
- Putain, il fonce droit sur l'accident ! Vas y suis les !
- Mais il va falloir continuer à pied et il y a un max de civils !
- Je sais mais on a pas vraiment le choix.
L'inspecteur enfonça son pied sur la pédale et partit elle aussi en direction du chaos.
Il y avait des voitures partout et pourtant, il en arrivait encore ! Des gens étaient sortis de leur voiture pour essayer de voir et de comprendre ce qui se passait plus loin.
Lorsque Alexandra et son compagnon arrivèrent sur les lieux, la camionnette était quelques mètres plus loin, mais les portes étaient ouvertes, ses occupants avaient fuit à pied.
L'inspecteur descendit de la voiture et monta sur le capot pour être en hauteur. Droit devant, se faufilant entre les voitures, elle repéra, le conducteur de la camionnette, Echo, le bras droit de Roan, poussant Clarke devant elle.
- Appelle des renforts, je pars à leur poursuite !
- Alexandra attends moi ! Tu ne peux...
L'inspecteur, n'entendit pas la suite, elle était déjà partit en courant.
La dernière fois que Roan avait eu un témoin, elle avait fini, tué une balle dans la tête et décapité, elle ne pouvait pas laisser cela se reproduire. Bien entendu, cette fille n'avait rien à voir avec Costia, mais malgré tout, elle l'aimait bien et puis de toutes les façons, personne ne méritait de mourir comme ça ! Tout en courant, elle se surprit à penser à la jeune femme. S'il fallait qu'elle soit honnête, bizarrement, elle la trouvait plutôt à son goût... Bizarrement, car elle était loin de son type de femme, et loin de toute celle avec qui elle avait eu une liaison. Elle était plutôt jolie, intelligente, dur à cuire mais en même temps tendre, douce, attentionnée...
- STOP ! Se dit Alexandra. Elle était célibataire depuis trop longtemps ! Clarke avait un petit ami, qui est mort dans un tragique accident ! Elle est en deuil et hétéro ! Donc, on oublie et on se consacre sur la poursuite !
Elle se concentra à nouveau sur sa course, juste au moment où elle remarqua Echo et Clarke s'engouffrer dans une ruelle. Elle accéléra sa foulée, et prit une rue parallèle pour essayer de leur couper la route. Lorsqu'elle parvint au bout de la route, elle se plaqua contre le mur et passa rapidement sa tête pour voir si le trio arrivait. Elle avait réussi, ils était là, elle les avait devancé. Elle sortit son arme et se plaça au milieu de la route, face à Echo, son acolyte et Clarke. Le trio fut un peu surprit mais les voyous ne furent pas effrayé. Clarke afficha un grand sourire.
- On est deux, tu ne seras pas assez rapide ! Dit Echo en se cachant derrière Clarke pour s'en servir comme bouclier.
C'est vrai que Gus ne l'avait pas rejoint... Où était il ?
- Tu parierais ta vie la dessus ? Parce que, c'est toi que je vais viser en premier ! Dit Alexandra sans sourciller.
- Tu oublies que j'ai un bouclier humain ! Dit Echo en riant mais en se cachant derrière Clarke.
- Libère la et je vous laisse partir ! Tenta l'inspecteur.
- Tu me prends pour une gourde, ou quoi ?
- Alors on est dans une impasse...
- Non, c'est toi qui vas partir...
- Ni compte pas trop !
- Alors tu vas mourir ! Dit l'acolyte de Echo en tirant sur Alexandra.
Lexa par réflexe appuya sur sa gâchette. Heureusement pour l'inspecteur, le gars était une quiche et elle entendit la balle lui frôler l'oreille, son tir à elle en revanche, était parfait, le gars s'écroula en hurlant. De suite, elle pointa à nouveau son arme sur Echo.
- Tirez dès que vous aurez la possibilité de le faire ! Dit courageusement Clarke.
- Je risque de vous blesser...
- Écoute ce que dit le flic, blondasse ! Roan veux t'interroger pour savoir ce dont tu te souviens, mais si tu meures, on se fout de ce que tu peux te souvenir, si tu vois ce que je veux dire ! Alors, je mourais peut être, mais sois sur que toi aussi tu mourras !
- Ce n'est pas grave ! Vous trouverez un autre moyen ! Il faut la mettre hors d'état de nuire ! Et si je dois mourir de toutes façons, faisons en sorte que ce soit pour quelque chose !
Clarke se débattit et donna un grand coup de coude dans le foie de Echo, qui arracha un cri de douleur à la jeune femme. Clarke se jeta à terre, elle entendit deux détonations. Elle vit Echo tomber à coté d'elle, les yeux grands ouverts, un trou dans la tête. Elle dirigea son regard de suite vers Alexandra, elle aussi était à terre.
- Merde ! Lexa !
Elle se releva rapidement et se dirigea vers l'inspecteur. Elle s'agenouilla à coté d'elle. Instinctivement, elle prit son poignet pour y chercher un pouls. Paniquée, elle ne le trouva pas ! Il y avait une trace noire sur sa chemise blanche mais pas de sang... Elle attrapa les deux pans de sa chemise et arracha les boutons. Un gilet par balle ! Dieu merci ! Elle portait un gilet par balle ! A ce moment, Alexandra reprit une grand respiration et ouvrit les yeux. Elle voulu se redresser mais Clarke l'en empêcha.
- Vous avez un gilet mais vous avez pris une balle tout de même !
- J'en ai vu d'autre Clarke, ça va ! Aidez moi à me relever, s'il vous plaît.
Une fois debout, Clarke attrapa le bras gauche de la jeune femme et le passa autour de son coup pour la soutenir. L'inspecteur gardait sa main libre sur le gilet à l'endroit de l'impact.
- Ça va ? S'enquérit Clarke.
- Oui, oui, c'est douloureux mais pas mortelle !
- Vous avez perdu connaissance tout de même...
- Je serais quitte pour un bon bleu ! En tout cas, vous m'avez impressionné ! Vous avez été très... courageuse ! J'avais même l'impression que vous n'aviez pas peur !
Clarke sentit ses joues rougir.
- Et bien, si, j'étais morte de peur, mais j'ai appris à dompter ma peur et puis je ne voulais pas qu'il vous arrive... enfin que vous soyez blessée... On dirait que j'ai raté !
- Non, non, vous nous avez probablement sauvé la vie à toutes les deux ! Vous avez agit intelligemment, au bon moment et de façon efficace ! Dit sincèrement Lexa.
- Whaou ! ! Arrêtez de me faire des compliments comme ça, ou je vais rougir..., dit Clarke qui rougissait davantage.
- Je crois que c'est déjà fait ! Dit Alexandra en regardant Clarke en riant.
- Bien, je crois, qu'il faudrait retrouver votre collègue et vous amener à l'hôpital ! Dit Clarke en changeant volontairement de sujet.
En débouchant sur sur la rue principale, elles tombèrent sur Gus.
- Tu étais où ?
- Désolé..., un gamin était coincé..., les pompiers avaient besoin d'aide...
- Et moi, tu crois que je n'avais pas besoin de toi !
- Et bien..., je savais que tu débrouillerais toute seule... et j'avais raison !
- Gus ! Un jour, avec ton cœur Shamallow, tu vas me faire tuer !
- Tu es blessée ? Dit Gus en remarquant que Lexa tenait ses cotes.
- Une égratignure...
- Elle a pris une balle !
- T'avais ton gilet ? Demanda Gus inquiet.
- Évidemment !
- Bon alors, tu as raison..., une égratignure ! Dit l'homme en frappant le dos de sa collègue.
- Il faut tout de même l'emmener à l'hôpital ! Insista Clarke.
- C'est pas nécessaire..., hésita Alexandra.
- J'insiste ! Dit fermement Clarke.
- Bon, on attend les collègues et je vous dépose, je m'occuperai de la paperasse après.
A peine arrivées à l'hôpital, Alexandra et Clarke virent accourir Abby.
- Tu es blessée ? Demanda le docteur à sa fille.
- Ce n'est pas moi, c'est Lex..., Alexandra ! Elle a pris une balle, mais elle avait un gilet...
- Il ne doit pas y avoir grand chose, mais on va regarder tout de même, dit Abby en invitant les filles a la suivre jusqu'à une salle d'examen.
- Enlevez votre gilet, s'il vous plaît, ordonna Abby.
L'inspecteur exécuta en grimaçant légèrement. Elle se retrouva en maillot de corps.
- Pouvez enlever votre maillot aussi...
Là encore, elle grimaça en enlevant le vêtement, elle était à présent en soutient gorge. Le regard de Clarke fut irrésistiblement attiré par le corps dévêtu de la jeune femme. Elle céda à cette attraction et laissa ses yeux se promener sur l'anatomie de l'inspecteur. Bien qu'elle fut en train de parler avec le docteur, Alexandra sentit le regard insistant de Clarke. Cela l'amusa beaucoup. Elle n'avait jamais adhéré au culte du corps parfait, mais elle s'entretenait néanmoins. Elle surveillait son alimentation et s'adonnait régulièrement au sport, elle avait un corps presque d'athlète et était tout à fait consciente d'attirer les regards aussi bien masculins que féminins.
- Cet hématome est énorme ! Dit Clarke.
- En effet, et j'ai peur que vous ayez une cote fêlée, peut être même cassée ! Il faudrait que vous alliez faire une radio.
- De toutes les façons, que ce soit cassé ou fêlé, il n'y a rien à faire n'est ce pas ?
- Pas d'intervention chirurgicale, non, si c'est ce que vous voulez dire, mais une bande de maintient et un arrêt de quelques jours.
- Écoutez, je vais me passer de la radio, hein, je ne peux pas me permettre d'être sur la touche, même pendant quelques jours !
- Inspecteur, il y a des risques... si c'est cassé, un bout d'os peut venir perforer votre poumon et là...
- Je ferais attention, donnez moi une bande, ça ira...
- Inspecteur, ce n'est pas raisonnable, je ne peux pas vous laisser retourner sur le terrain...
- Docteur,..., Roan a essayé d'enlever votre fille, si je ne suis pas en service, je ne pourrai pas la protéger...
- Je sais bien, mais si votre état de santé se complique, non plus !
- S'il vous plaît...
- Entendu, je vais vous mettre une bande autour de vos cotes, il faudra la garder bien serré, jour et nuit, pendant au moins dix jours, d'accord ?
- C'est promis Docteur !
- Je peux vous donner des antalgiques...
- Non, ça va aller, la douleur est supportable...
- Pas la peine de jouer, les guerrières avec moi, ce genre de fracture est extrêmement douloureuse, à chaque respiration vous...
- Je vous dis que c'est supportable...
- Comme vous voudrez, mais par pitié soyez prudente, pas d'autre coup dans l'abdomen et si jamais vous avez du mal à respirer ou si douleur devient insupportable, vous revenez ici illico, c'est compris ?
- Fort et clair !
- A la bonne heure !
Abby attrapa une bande dans un tiroir et commença à l'enrouler autour du buste d'Alexandra, elle soufflait et grimaçait, mais sembla soulagé lorsque Abby eut fini.
- Je vous laisse partir mais contre avis médical...
- J'ai bien compris, dit la jeune femme en se rhabillant.
- Clarke, tu ne veux pas la prendre chez toi ? Dit soudainement Abby.
- Quoi ? Dirent ensemble Clarke et Alexandra.
- Oui, l'idée vient de me venir. Tu pourras surveiller l'état de santé de l'inspecteur et vous pourrez protéger ma fille... C'est parfait !
- Euh, je suis tout à fait capable de contrôler mon état de santé... et je ne suis pas certaine que votre fille apprécie que j'envahisse son espace, dit Alexandra surprise par l'idée du docteur.
- Clarke ?
Clarke essayait d'assimiler les informations. Elle avait donc un chez elle, c'était plutôt une bonne nouvelle, puisqu'elle se voyait encore habitant chez sa mère. En ce qui concernait le fait d'héberger Alexandra chez elle, c'était plus compliqué. Son cœur lui hurlait de suivre les conseils de sa mère et d'accueillir l'inspecteur, mais sa raison lui dictait tout le contraire. Il fallait qu'elle arrête de voir Alexandra comme Lexa. Depuis qu'elle l'avait vu, elle n'avait cessé de la comparer à la guerrière. Ce n'était pas la même personne. L'inspecteur, n'était pas amoureuse de Clarke. Par contre, Alexandra était suffisamment proche de Lexa pour que Clarke développe des sentiments à son égard et l'avoir vingt quatre heures sur vingt quatre, chez elle serait forcement très compliqué et peut être même douloureux.
- Maman..., je ne sais pas si..., commença Clarke.
- Chérie, penses y...
Abby se rapprocha de sa fille pour évité que Alexandra entende ce qu'elle voulait dire à sa fille.
- Clarke, s'il te plaît..., chuchota Abby.
- Maman, je ne te comprend pas, je croyais que tu ne l'aimais pas, alors te soucies tu de sa santé ?
- C'est vrai que je ne l'aime pas vraiment, mais ce n'est pas une raison pour vouloir sa mort, de plus c'est mon devoir de médecin et enfin, comme elle l'a dit, elle est là pour te protéger, si je l'éloigne..., qui le fera ?
- Ce n'est pas la seule flic !
- Clarke, je t'en pris..., je serai plus rassurée si elle est avec toi...
- Maman, c'est compliqué...
- Clarke ! Insista Abby.
Abby avait eut vraiment peur lorsque Clarke avait été enlevé, et en conséquence, elle sut que sa mère n'abandonnerait pas.
- Ok, se résigna Clarke. Alexandra pourra dormir dans ma chambre et moi je prendrai le canapé...
- Ce n'est pas nécessaire, ta maison est petite mais elle a deux chambres...
Clarke se décala et regarda l'inspecteur.
- Si vous êtes d'accord, c'est bon pour moi !
Alexandra resta sans rien dire un moment. Elle évalua la proposition. Être avec Clarke lui donnait la possibilité de la protéger en permanence et c'était l'opportunité d'attraper plus facilement Roan. Il est vrai, qu'au plan moral, il y aurait eu comme à redire, se servir de Clarke comme appât, n'était pas très glorieux mais le gars tenterait certainement à nouveau de la kidnapper, alors, si elle était dans les parages pour mettre la main dessus, c'était tout bénéfice ! Bon, restait la promiscuité avec elle qu'il faudrait gérer, car plus elle regardait Clarke et plus elle sentait une attraction. Elle serait donc prudente et garderait ses distances.
- Ok, c'est bon pour moi !
- Merci, inspecteur, je serai beaucoup plus rassurée de vous savoir avec elle !
Abby accompagna les filles jusqu'à l'appartement du policier, pour qu'elle puisse prendre quelques affaires puis elle les emmena chez Clarke. Si l'inspecteur habitait au cœur de la ville, la fille du docteur, elle, vivait dans la proche banlieue, un petit quartier résidentiel.
La maison était petite en effet, mais disposait d'un grand salon et d'une grande cuisine au rez de chassée, les chambres et la salle de bain se trouvant à l'étage. Clarke y rentra comme si elle le faisait pour la première fois, ce qui n'était pas tout à fait faux. Le salon était spacieux, séparé en deux parties, une salle à manger avec table et chaises et un coin détente avec canapé, télévision et cheminée. Sur les murs de couleur beige, étaient exposées de nombreuses peintures, aquarelles, croquis.
- C'est très jolis ces dessins, dit Alexandra.
- La plupart sont de Clarke ! Dit Abby avec une certaine fierté.
- Vraiment ? Dirent ensemble Clarke et Alexandra.
- Oui chérie... Ah oui, j'oubliais ta mémoire... D'ailleurs, tu es prof de dessin !
- Moi, prof de dessin ?
- Oui !
- Vous avez du talent, c'est certain ! Rajouta l'inspecteur admirative.
- Bon, je dois vous laisser, il faut que je retourne à l'hôpital. J'ai fait un peu de course, tu regarderas dans le frigo... Si tu as le moindre soucis, n'hésite pas à m'appeler. Si il y a quelque chose que tu ne trouves pas, ou si tu ne sais pas faire fonctionner un appareil... Sinon, fais comme chez toi ! Dit Abby en claquant la porte.
- Très drôle, maman, très drôle !
Les deux jeunes femmes se regardèrent.
- Si nous allions voir les chambres ?
- Très bonne idée ! Dit Clarke en empruntant les escaliers.
Effectivement, à l'étage, il y avait deux chambres. La première devait être celle de Clarke. Un grand lit occupait la pièce, une commode avec des photos dessus. La jeune femme attrapa un cadre avec une photo d'elle et de Finn. Elle observa l'image, et trouva très étrange de se voir dessus et de n'avoir aucun souvenir de l'endroit, ni du jour, où elle avait été prise. Elle semblait être heureuse avec le jeune garçon. Les autres photos, avec sa mère, son père, Raven, Bellamy étaient également, des fenêtres sur des souvenirs qu'elle n'avait plus. A travers ses photos, sa vie ici semblait bien plus agréable que celle qu'elle avait eu sur l'Arche. Elle n'était pas triste, mais regrettait simplement de n'avoir que les souvenirs d'une vie.
Elle ouvrit les portes du placard encastré et découvrit sa garde robe. Elle constata qu'il n'y avait que des vêtements à elle et en conclu que soit Finn ne vivait pas avec elle, soit, sa mère avait eu la délicatesse de les enlever.
- On dirait que c'est votre chambre... Je vais voir l'autre ! Dit Alexandra en laissant Clarke.
L'autre chambre se composait également d'un grand lit, mais aussi d'un secrétaire et d'une petite armoire. Lexa posa son sac sur le lit et retourna voir Clarke.
- Vous avez faim ?
- Euh... oui, je vais voir ce que maman a pris et je nous fais à manger...
- Non, laissez moi faire...
- Ah non ! Vous êtes mon invitée et en plus vous êtes blessé !
- S'il vous plaît, cela me fera plaisir...
- Entendu, mais attention !
- Je ferai attention si jamais une casserole se jette sur moi, je protégerai mes cotes !
- Très drôle ! Décidément ! Aussi drôle que ma mère, je me demande pourquoi, elle ne vous apprécie pas plus que ça !
La jeune femme disparue et Clarke continua de prospecter dans sa chambre.
Au bout d'une demie heure, une bonne odeur de cuisine vint stimuler son odorat.
Clarke descendit les escaliers et se dirigea vers la cuisine. Lorsqu'elle arriva devant la pièce, elle se retint de rire. Elle trouva Alexandra en train de remuer le contenu d'une casserole mais ce n'était pas cela qui était drôle, non ! La jeune femme avait du fouiller dans les placards et trouver un tablier à carreaux rouge et blanc. Et franchement, si la tenue vestimentaire de Alexandra, par rapport à celle de Lexa faisait sourire, imaginer Lexa avec un petit tablier à carreaux était carrément comique.
Clarke apprêta a se moquer d'elle, mais elle renonça lorsque la minute suivante, elle vit Alexandra s'agripper à la cuisinière en faisant une grimace. Alors Clarke rentra en faisant un peu plus de bruit qu'elle n'aurait du en faire, histoire de prévenir de son arrivée. L'inspecteur se releva d'un coup et arbora un sourire forcé. Elle cachait bien sont jeu, mais elle devait souffrir atrocement.
- Cela sent rudement bon...
- Une recette de ma grand-mère...
- Vraiment ? C'est quoi ?
- Des pâtes à la Carbonara ! Elle était italienne ! Je ne savais ce que vous aimiez, peut être ne le savez vous pas vous même ! Mais d'ordinaire, tout le monde aime les pâtes !
- Je crois en avoir mangé à l'hôpital !
- Des pâtes Carbonara ?
- Non ! Des pâtes tout simplement, et j'ai aimé ça, alors...
- Alors à table !
Elle dînèrent avec appétit. A la fin du repas, chacune alla se coucher dans sa chambre.
Clarke fut réveillée, au milieu de la nuit. Pendant quelques minutes, elle se demanda ce qui en avait bien pu être la cause. C'était Alexandra. Elle l'entendait remuer dans son lit, mais aussi respirer, et sa respiration était rapide, saccadée. Elle se leva et alla jusqu'à sa chambre.
Elle frappa à la porte.
- Alexandra tout va bien ?
- Oui... Tout... Tout va bien...
Non, tout n'allait pas bien, de l'autre coté de la porte, elle l'entendait souffrir.
- Alexandra, je rentre..., dit Clarke en ouvrant la porte.
- Non ! Dit l'inspecteur.
Mais c'était trop tard Clarke était déjà dans la pièce.
Elle trouva Lexa en maillot de corps et shorty, assise sur le bord du lit, transpirante et avec des difficultés à respirer.
- Merde ! Alexandra ! Pourquoi vous ne m'avez pas appelé !
- Ça va ! Je vous assure !
- Arrêtez de dire ça ! Non, ça ne va pas ! Vous avez mal, pas besoin de me le dire, votre corps le dit pour vous ! Vous allez prendre des antalgiques ! Dit fermement Clarke.
- Je vous dis que ça va ! Insista la jeune policière.
- Alexandra ! Tout le monde a pu voir combien vous étiez courageuse... J'ai... J'ai été impressionné par... par votre courage et votre endurance mais là, ça suffit, c'est de la bêtise !
Clarke alla jusqu'à la salle de bain et revint avec des comprimés et un verre d'eau.
- Prenez ça ! Dit elle en tendant le verre et deux comprimés blancs.
- Clarke...
- Alexandra, je ne vous laisse pas le choix ! Prenez les ! Je ne partirai pas tant que vous ne les aurez pas prit !
Lexa se résigna et avala les pilules.
- Ouvrez la bouche !
- Quoi ?
- Ouvrez la bouche ! Je veux être sûre que vous les avez avalé !
- Mais...
- Ouvrez !
- Ahhhhh ! Fit Alexandra en ouvrant la bouche.
- Tirez la langue !
La jeune femme s'exécuta.
- Parfait ! Dit Clarke satisfaite.
Après une demie heure, l'inspecteur semblait plus détendue, sa respiration était plus calme.
- Vous allez mieux ?
- Oui merci... merci d'avoir insisté... Mais qu'est ce que vous m'avez donné, je me sens, un peu dans les vapes...
- Je vous ai donné la prescription de ma mère...
- Votre mère, mais je...
- Oui, je sais, mais je lui ai demandé qu'elle m'en donne... Antalgique et relaxant musculaire, vous allez pouvoir dormir maintenant.
- Je pense oui..., dit Alexandra dont les yeux avaient du mal à rester ouvert.
- Allez allongez vous, je vais vous aider.
Clarke retint le dos, tout en soulevant les jambes de la jeune femme, pendant qu'elle basculait en arrière pour s'allonger. Elle attrapa ensuite les couvertures et les étendit sur le corps à présent détendu. L'inspecteur était déjà quasiment en train de dormir.
- Bonne nuit Alexandra, dit Clarke en s'éloignant.
La jeune femme lui attrapa le bras et l'attira vers elle en l'obligeant à se pencher sur elle. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Vous êtes quelqu'un de bien Clarke Griffin... Je vous aime bien..., lui dit elle à l'oreille.
- Moi aussi, je vous aime... bien, lui répondit elle en quittant la pièce doucement.
