Le troisième jour des défis de Maître Gaï.
La semaine va être looongue :-)
Le jour qui n'existe pas
Troisième jour
Yoshiko vient à peine de rentrer de mission, qu'elle écoute en ouvrant de grands yeux le récit amusé de Kakashi sur toutes les péripéties qu'avaient entraînées les défis de Gaï depuis deux jours. Et plus l'histoire se déroule sous la langue étrangement déliée de Kakashi et plus elle se demande entre deux éclats de rire incrédules si le plus étonnant dans toute cette histoire est l'incroyable succession de situations comiques déclenchées par les idées tordues de Vert ou la lueur d'intérêt et de curiosité qu'elles ont fait naître dans l'œil du ninja copieur.
- Et je ne pensais pas dire ça un jour, conclut Kakashi, mais j'ai hâte de les retrouver tout à l'heure à l'Ichiraku pour voir ce qu'il leur est arrivé aujourd'hui.
- Qu'est-ce qu'on attend !
D'un pas rapide, ils prennent la direction de leur restaurant de ramen préféré, partageant la même impatience et poussent enfin la porte d'un même geste, sourire aux lèvres.
Encore une fois, le spectacle est à la hauteur de leurs attentes les plus folles…
Sur leur droite, Lee et Sachiko couvent du regard un animal au comportement pour le moins inattendu. La bête aux crocs féroces et à la musculature impressionnante, croisement improbable d'un loup et d'un véritable grizzly, se terrent les oreilles baissées dans un coin du restaurant en jetant des regards apeurés et nerveux dans toutes les directions. La petite blonde approche sa main de la bête qui aurait tout donné pour se trouver loin, très loin d'ici avec un grand sourire bien peu rassurant…
- Alors Lee, qu'est-ce que tu en penses ? Elle sera une adorable mascotte pour l'équipe cette bestiole. On va lui trouver un nom !
Un peu plus loin, sur la droite, Gaï et Naruto tentent de maintenir une distance raisonnable avec un énorme chien aux qui les regarde plus comme son prochain repas que comme des maîtres possibles et dénude un rictus plein de dents en salivant.
Et sur leur gauche, Tenten, Neji et leurs enfants restent sagement à distance des molosses. Perle tient avec beaucoup de délicatesse dans ses mains un petit lapin blanc qui porte un ruban d'un rose bonbon insupportable aux yeux de son frère qui la dévisage avec un air désabusé.
- Perle, tu me rappelles pourquoi nous on a ramené un lapinou ridicule !
- Parce qu'il a un ruban, idiot !
- Bien sûr, reprend son frère d'un ton laconique, un ruban…
Puis, dans un fracas terrible la porte s'ouvre à nouveau et une jeune femme aux longs cheveux noirs s'avancent d'un pas mécanique :
- NOUNOURS !
Le molosse, qui une seconde auparavant tentait de faire ses dents sur la jambe de Gaï, se retourne vers l'apparition. Devenant dans la seconde aussi adorable qu'il est possible de l'être pour un charmant toutou, il fonce, renversant tables et chaises sur son passage, pour accourir vers sa maîtresse.
- Gaï, dit Yoshiko les yeux brillants… Tu peux compter sur moi pour le prochain défi !
Quelques heures plus tôt
Neji réprime difficilement le tremblement d'impuissance et d'écœurement qui le parcourt et tente de ramener toute son attention sur le présent et le prochain défi de son Maître.
Un instant, son esprit revêche lui renvoie l'image du costume atroce qu'il avait été obligé d'endosser pendant une heure et sa raison se rebelle devant l'horreur du tableau qui s'impose à son esprit. Le fait qu'il ait dû partager l'humiliation avec tous les malheureux participants de ce concours stupide ne l'avait pas vraiment soulagé de l'absolu ridicule de la situation.
Même si un instant, le flegme désabusé de Shikamaru et l'enthousiasme idiot de Lee et Naruto lui avait arraché un sourire, celui-ci s'était bien vite transformé en un rictus amer quand le patron du restaurant leur avait remis leur couvre-chef, encore plus criard et déluré que le costume. Ce qu'il n'aurait pas cru possible une seconde avant.
Et pourtant…
Une fois leur interminable calvaire achevé, une heure à arpenter les rues de Konoha perdus dans ce costume horrible pour distribuer tracts et affiches pour l'ouverture du nouveau restaurant d'Okonomyaki, il avait pris entre quatre yeux tous ceux qui avaient subis cette chose, en leur disant que tout cela n'avait jamais eu lieu… JAMAIS !
Il panserait seul son orgueil blessé tout en effaçant cette horreur de sa mémoire. Et en croisant le regard compatissant de Tenten, il commence à douter sérieusement de survivre à une semaine entière à ce régime. Qu'allait leur réserver leur Maître pour les achever aujourd'hui ?
Il leur avait donné rendez-vous à l'orée de la forêt des trois sœurs, un bois aux arbres immenses et torturés à l'est du Village sur lequel courent nombres d'histoires effroyables que les enfants se racontent les soirs de veillées, savourant le frisson délicieux de la peur sous les draps chauds et douillets de leur lit.
La légende raconte avec force de détails l'histoire de ces trois sœurs qui s'étaient un jour d'hiver enfoncées sous les bois sombres des arbres gigantesques de cette forêt pour ne plus jamais en sortir. Pendant des jours et des jours, les villageois lancèrent des recherches vaines en quêtes des trois jeunes filles et les villageois racontaient qu'ils avaient ressentis une pression inconnue, une présence, une aura terrifiante dans ce lieu hostile.
Bien vite naquit la légende du monstre de la forêt des trois sœurs, hantant les pas des imprudents s'aventurant sous les branches de cette nature sauvage.
Mon Dieu, après le trésor perdu d'un mineur stupide, la quête insensée d'un monstre qui n'existe pas, pense Neji.
- Il y a deux jours, dit Gaï, deux jeunes garçons ont reportés avoir vu la bête qui hante depuis toujours la forêt des trois sœurs. Bien que leurs descriptions soient confuses et quelque peu contradictoires…
Tu m'étonnes, pense Neji.
- Ils ont offerts une récompense substantielle à ceux qui ramèneraient la preuve de l'existence de la chose qui rode dans les ombres de ces bois !
Dans le cas où effectivement, il y aurait bien une chose effrayante à chasser, Gaï constitue trois groupes pour lancer son défi. Neji et Tenten gardent un œil sur les jumeaux tandis que Lee et Sachiko habitués à travailler ensemble ont déjà lancés tout leur enthousiasme dans leur recherche et que Gaï s'élance avec Naruto dans les bois.
Neji, prudent, vue tout ce qu'il leur était arrivé depuis le début de ces défis a bien du mal à retenir l'enthousiasme de Tenten et de son élève qui le pressent d'aller se perdre sous les bois.
A peine après avoir fait quelques pas sous les bois, Naruto se tourne vers Gaï :
- Comment on va s'y prendre pour mettre la main sur le monstre, Maître Gai ?
Gaï, bien que n'ayant qu'une vague idée sur la marche à tenir, se sent flatté de l'intérêt du blondinet enthousiaste et commence à chercher ses mots du ton le plus docte qu'il puisse adopter.
- C'est évident, Naruto…
- Dites-moi Maître, répond Naruto avec le plus grand respect.
- Nous allons penser comme la bête.
- Penser comme la bête, reprend Naruto des étoiles dans les yeux. Mais bien sûr !
- Et quoi de mieux pour penser comme une bête que de se glisser dans sa peau ! dit-il d'un ton satisfait en sortant deux costumes en grande partie recouverts d'une fourrure de poils hirsutes et désordonnés qu'il brandit avec fierté.
Gaï sourit devant l'enthousiasme du blondinet déjà prêt à essayer son déguisement. Oh, c'est sûr qu'ils allaient ramener quelque chose de cet endroit désolé !
Une odeur alléchante. Soudain un bruit. Retroussant ses babines dans une attitude féroce, la bête s'avance, l'estomac grondant. Son dernier repas est loin et le besoin se fait sentir. De la viande. Fraiche. Maintenant.
Se glissant dans les ombres des fourrés, il s'avance.
Ses proies. Un mâle et une femelle. En agissant vite, il pourrait frapper la plus faible et disparaître dans un souffle. S'avancer. Vite. Agir dans la seconde. Laisser parler son instinct.
La bête bondit…
Neji scrute les alentours avec attention. D'un œil discret, il regarde Perle et son frère et commence à se demander s'il est bien prudent de les amener dans cette folie avec eux. Avant de se rappeler que malgré leur jeune âge, ils sont tout à fait capables de se débrouiller seuls. En détaillant les acrobaties de Zéphyr sur le trajet qui tente de concurrencer Maître Gaï et Lee dans le ridicule, il se dit qu'il avait toutes ses chances d'y parvenir un jour. Et il pense que, même si au final toute cette histoire est en grande partie de leur faute, il n'arrive pas à leur en vouloir.
Et même s'il ne l'avouera jamais à haute voix, passer du temps avec son ancienne équipe, Lee, Maître Gaï, Tenten lui fait réellement plaisir. L'énergie débordante de ses anciens équipiers et toutes les situations ridicules dans lesquelles ils s'embarquent sans même le vouloir lui arrachent quelques sourires nostalgiques. Peut-être verrait-il d'un autre œil toutes ces idioties à la fin de la semaine, mais il doit bien avouer qu'à sa plus grande surprise, oui, ça lui manquait.
Neji ramène bien son attention à la route. Les arbres noirs bien que peu fournis en feuillages captent la lumière d'une étrange manière et c'est une ombre grise et argentée qui semble couler du ciel. Une sensation oppressante accélère les battements de son cœur et d'un coup d'œil, il sait qu'il n'est pas le seul à ressentir cette chape de plomb qui le cloue au sol.
Vue comment c'étaient déroulés les premiers défis de Maître Gaï, nul doute que celui si ne leur réserverait sûrement quelques surprises. Alors un monstre oublié dans un endroit reculé… Un de ses meilleurs amis avait bien un démon à l'aura dévorante scellé dans ses entrailles. Alors franchement, les chances de trouver cette chose rodant dans les bois ne sont pas si ridicules qu'il l'aurait cru.
Soudain la pression augmente d'un cran. Un mouvement dans les fourrés les fait tous se retourner dans la même seconde, prêts à bondir. Sans même se concerter, Tenten se rapproche de son élève tandis qu'il continue à veiller sur Perle. Quelle que soit la chose qui sortira des fourrés, ils ne se laisseraient pas prendre au dépourvue si facilement.
Sachiko jette un œil attentif dans toutes les directions puis fixe Lee avec ce sourire qu'il avait appris à redouter avec l'expérience. Elle allait faire quelque chose de déroutant et surtout de dangereux. Elle lui fait signe de s'approcher et ils se rapprochent comme deux enfant qui jouent aux conspirateurs.
- Tu penses qu'il existe vraiment ? demande-t-elle.
- Si Maître Gaï l'a dit, bien sûr qu'il existe, répond-il avec un sourire éclatant.
Un temps déconcertée par le sourire et la confiance aveugle de Lee envers son Maître, Sachiko met une seconde à rassembler ses idées.
- Bien, alors je te propose qu'on abrège rapidement le côté « promenade dans les bois » et qu'on s'y mette sérieusement, dit Sachiko d'un air résolu.
Lee acquiesce sans trop savoir où elle souhaite en venir puis il la voit effectuer des signes à toute vitesse. Ses yeux se parent d'une voile gris et dans un réflexe, il retient ses pas titubant. Ce jutsu lui permettait d'emprunter les yeux de tous les animaux dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Lee avait déjà vu à quel point cette technique pouvait être efficace pour repérer discrètement un ennemi et son chef ne se lançait jamais dans une mission sans avoir un maximum de précautions et d'informations.
Dissipant les effets du jutsu, elle le fixe de ses yeux pétillant avant de l'entraîner dans son sillage :
- Elle est pour nous, Lee ! Elle ne doit pas nous échapper !
- Elle ne nous échappera pas Chef !
Sachiko sourit, toujours aussi impressionnée par l'énergie et l'enthousiasme de son équipier en toute circonstance puis ajoute :
- Depuis le temps que je rêvais d'avoir une mascotte dans l'équipe !
Neji et Tenten s'apprêtent à bondir lorsque les herbes frissonnent et ils ont bien du mal à arrêter leur geste lorsqu'un petit lapin aux poils blancs et soyeux saute d'un bond insouciant au milieu du chemin. La pauvre bête manque de tomber raide en voyant une flopée impressionnante de kunaïs et autres armes blanches s'enfoncer profondément autour de lui, dessinant dans l'humus ses contours avec une redoutable précision. Tandis que Zéphyr crie sa frustration, Perle s'approche de l'animal apeuré en lui tendant une main secourable :
- Regarde, Zéphyr, il a un ruban.
Comble du ridicule dans la situation, le craintif animal porte bien un ruban d'un rose bonbon qui arrache un haut-le-cœur à Zéphyr qui regarde sans en croire ses yeux sa sœur le prendre délicatement dans ses bras :
- Tu fais quoi, là, Perle ?
- Ben, il a un ruban !
- Un ruban, mais bien sûr…
La conversation est en train de prendre un tour absurde qui lui échappe totalement.
- Un ruban, idiot. Ça veut dire qu'il est à quelqu'un et qu'il s'est égaré ! On peut pas le laisser là, la pauvre petite chose…
Zéphyr se demande bien pourquoi ils devraient s'encombrer lorsque sur la droite un hurlement vrombit entre les arbres faisant trembler jusqu'à la terre sous ses pieds et un cri lui parvient dans la direction opposée. Il n'a pas le temps de pousser plus loin la réflexion qu'il a le souffle coupé par son Maître qui le prend par la taille pour l'écarter du chemin. En relevant la tête, il voit que Perle a été elle-aussi prise en charge par Tenten.
Sous ses yeux incrédules, il voit débouler sur sa droite une bête impressionnante, aussi haute qu'un homme, armée de crocs effrayants et d'une musculature puissante qui détale comme un lapin devant Lee et Sachiko. Soudain Lee envoie un kunaï vers le monstre et son chef lui décoche un coup violent parce que « T'as pas intérêt à abimer notre future mascotte, LEE ! ».
Et sur la gauche, il voit ce qu'il croit être son parrain et Naruto, accoutrés d'un parfait et ridicule costume plein de poils bruns hérissés dans tous les sens, fonçant à travers les arbres, poursuivis par une espèce de chien au regard de dément qui fonce, babines retroussées vers ses deux futures proies !
Ce qui devait arriver arriva et les deux molosses, emportés par leur élan se télescopent, s'assommant mutuellement sous le regard désabusé de Neji qui dit :
- Classique, on part à la recherche d'un monstre et on en trouve deux.
Tenten acquiesce avec un :
- On rentre ?
Une fois sortis des bois, Neji détaille avec un petit sourire les deux monstres encore à moitié assommés. Celui de Naruto et son Maître a déjà repris une certaine vigueur et tente de faire comprendre qu'il n'aime en rien la situation à coup de dents tandis que Sachiko tente déjà les manœuvres d'approche pour apprivoiser sa bête avec toute la délicatesse et le tact de Lee et Maître Gaï réunis et un grand sourire qui aurait fait peur aux plus braves.
Lorsque soudain, dans leur dos, une pression formidable obscurcit un court instant jusqu'à la moindre de leur pensées. Sans voix, ils n'ont pas besoin de se retourner pour voir une paupière unique et gigantesque s'ouvrir lentement sur un œil d'un vert mat et froid qui trône au sommet des arbres noirs.
Sentant une goutte de sueur perler sur leur tempe et l'adrénaline couler à flot dans leurs veines, à leur tour ils s'enfuient sans demander leurs restes, obéissant à un instinct bien plus ancien encore que les bois qui s'étendent sous cette aura glacée.
Le rire cristallin de la jeune femme qui était venue récupérer son Nounours résonne dans le restaurant et toute la troupe se rend compte que le molosse, devenue pour le moment plus doux qu'un agneau, n'était autre que son chien guide, la jeune femme dissimulant sous des verres épais ses yeux aveugles.
- Vous n'exagèreriez pas un peu votre histoire, dit-elle. Mais je vous pardonne volontiers, cela fait longtemps que je n'avais pas autant ri et vous m'avez rendu mes yeux.
Nounours dévorant des yeux sa maîtresse pose amoureusement sa tête sur ces genoux.
- Je ne sais comment vous remercier.
Zéphyr qui observe sa sœur encore occupée par la pathétique bestiole qu'ils ont récupéré soupire tandis que Lee et Sachiko sont encore en train de chercher un nom à leur nouvelle mascotte :
- On devrait demander à Chance, dit Lee. Elle a un vrai don pour trouver des noms à tout ce qui bouge.
- Non ! s'écrit Sachiko.
Elle se tourne en plissant les yeux vers Chance et Lee observe avec une petite pointe de perplexité l'hostilité latente qui couve dans le regard de son chef. La jeune femme se lève brusquement, pointe du doigt Chance qui la dévisage sans comprendre.
Depuis le premier jour où elle avait mis un pied à Kuro, depuis le jour où elle avait pris la charge d'une équipe, à chacune de ses réussites, à chacun de ses coups d'éclats, c'était le souvenir de Chance que l'on plaquait sur son travail, sur elle.
Et cela la mettait hors d'elle ! Tremblante, elle se sent incapable de retenir les mots qui se bousculent dans sa tête et fixe Chance.
Un jour, on arrêtera de me comparer à vous.
Un jour, on me reconnaitra pour ce que je suis, pour moi, Sachiko.
- Un jour, je vous dépasserai !
Puis elle se tourne vers Lee rageusement :
- On y va Lee !
N'osant contredire son chef, il la suit docilement suivi de leur future mascotte et à peine après avoir passé les porte de l'Ichiraku, les éclats de rires de Sachiko font trembler jusqu'aux murs du bâtiment. En catastrophe, tous sortent pour voir ce qui déclenche ainsi l'hilarité de la jeune femme.
Neji, pâle comme un linge détaille avec affiche gigantesque qui s'étale sous ses yeux…
- Oh mon…
- … Dieu, termine Tenten d'une voix faible.
Perle quant à elle, se tourne vers son frère:
- Enlève tout de suite ce sourire idiot de ton visage, parce que si j'avais encore un doute, il s'est envolé bien vite. Je ne sais pas comment tu t'y es pris mais je vais être magnanime, petit frère et te donner un conseil : cours !
Tous, dans un même mouvement, se tourne vers le jeune garçon qui est déjà loin avant de s'élancer à sa poursuite dans un même élan :
- ZEPHYR !
Yoshiko détaille en rigolant la nouvelle publicité placardée dans tout Konoha qui vante les mérites des okonomyakis de « Chez Wataru ». Une photo immense où toute la fine équipe se retrouve affublée du costume aux couleurs criardes et d'un chapeau encore plus ridicule…
Et le seul qui n'était pas sur la photo n'est autre que son fils… L'évidence même puisque c'est lui qui avait pris la photo.
Yoshiko prend Kakashi par le bras et fait un signe à sa fille qui ne s'était pas donné la peine de poursuivre son frère :
- Je crois que ton frère ne rentrera pas pour le diner, dit-elle.
- Et je crois que ça vaudrait mieux pour lui, rétorque Perle d'un ton faussement calme.
La forêt des trois sœurs
Le petit lapin blanc au ruban rose fait quelques bonds vers les bois sombres, les oreilles baissées. Soudain, émergeant des ombres, un immense lapin à la pupille de jade brute s'avance et le regarde de haut :
- Fils, pourquoi m'as-tu empêché de m'amuser avec mes nouveaux jouets ? demande-t-il d'une voix caverneuse.
Le fils du monstre qui tient plus de la peluche vivante que de son père n'ose parler. A vrai dire, il avait trouvé la petite fille blonde si mignonne. Et elle avait si bien pris soin de lui… Il avait adoré se sentir protégé et choyé par ses mains si douces et blanches qu'il avait décidé de rester avec eux. Parce qu'il ne savait que trop bien ce que son père voulait dire par « s'amuser ».
- Bon, dit son père, rentrons. Ta mère nous attend et elle est en colère…
Soudain, même son père rentre les épaules et ils échangent le même regard à la fois complice et craintif… Le lapereau s'avance en pensant que s'il existe un semblant de hiérarchie sur les choses effrayantes qui s'abritent sous ces bois sombres, sa mère est définitivement hors catégorie.
