Bon, un troisième chapitre, merci à celles et ceux qui suivent... n'hésitez pas à me donner des idées ou des conseils.




Séverus se dirigea à grands pas vers la chambre de Black, encore furieux qu'il lui ait sauté dessus la veille. Par contre, il ne s'attendait pas à le trouver en compagnie de Rémus de si bon matin.

Comme quoi, il y avait bien sous ses yeux la preuve qu'ils avaient forcément une liaison. Ca faisait certes, très mal de l'admettre, mais au moins les choses étaient clair. Il s'obligea à paraître naturel, en attendant la fin de la conversation des deux anciens Gryffondors. Le passé restait le passé.

-Curieuse façon de pratiquer la magie. Et ton plan dans tout ça Moony ?
-Procure toi juste la cape de James pour te planquer avec Séverus. Le reste est entre elle et moi, déclara Rémus.

«Oh non Siri, ne prends pas ce regard. Pas devant moi, ne fais pas de mal à cette fille. Ce regard ne nous a apporté que des malheurs. Souviens toi de James. De toi et Séverus, James et toi, James et Séverus. De toi et de moi. On ne possède pas les gens. »
Lorsque Rémus ouvrit la porte de la chambre de Sirius, Séverus passait justement dans le couloir. Il s'éclipsa discrètement pour les laisser discuter. Snape afficha un air méprisant comme pour dire « ah je le savais bien pour vous deux ! »

-Tiens Snivellus, tu passais par hasard je présume, attaqua Black par habitude.
-Le hasard n'existe pas, tu devrais le savoir depuis le temps. Je te rapportai tes quelques feuilles de lecture que tu as malencontreusement abandonné chez moi hier, répliqua-t-il en lui tendant un paquet.
-Garde les en souvenirs de moi, dit-il charmeur. Je les ai déjà lu celle-là.
-Je n'ai déjà que trop de souvenir te concernant Black, cracha Séverus avant de partir vers la grande salle. Sirius le regarda s'éloigner un pincement au cœur avant de se décider à le rattraper. Ils devaient avoir une discussion sérieuse sur le passé. Ce serait dur mais il fallait mettre à plat toutes les horreurs et les erreurs commises. Que n'as-tu fais comme mal James, toi et ta maudite possessivité ? Maintenant encore, nous continuons d'en souffrir.

« Trop tard. Bon tant pis. Prenons quand même notre petit-déjeuner en sa compagnie. Tous ces papillons me donnent une irrésistible envie de sourire. Evidemment, la responsable n'est pas là. Rien d'étonnant, un jour comme aujourd'hui ! »

-J'adore les jours fériés !
-Tant que tu n'as pas à travailler, le jour est merveilleux, répliqua Snape acerbe en se servant une tasse de café. Tu vas pouvoir vaquer à tes occupations favorites à savoir la préparation de mauvais coups, laissa-t-il sous entendre avant de souffler, en compagnie de Potter et Lupin.
-Qu'est ce que tu veux, tu es mon meilleur exemple ! répliqua un Black sans entendre la fin de la phrase de son voisin.

Séverus pinça les lèvres et quitta la table sous le regard navré de Sirius. Un matin comme les autres finalement.

« P.S. à moi-même : ne pas oublier la cape.

Et P.S. bis à moi-même toujours : ne pas oublier mon petit Snivellus, se dit mentalement Black »


Rémus, perdu dans ses pensées, n'avait même pas suivi l'échange Snape-Black matinal. Il avait oublié qu'aujourd'hui était férié. Il s'aventura dans ses douloureux souvenirs, ceux-là même où il était seul, sans ami, sans défense, sans espoir et sans amour. La période sombre que les maraudeurs avaient connue puis enterrée en quittant l'école. Le passé le hantait toujours, aujourd'hui, il se laisserait envahir puis l'exorciserait. Aujourd'hui, était un jour pour renaître et tourner la page. Il sauverait ceux qui restaient meurtris comme lui de cette époque sensée être la plus belle de la vie. Oooooooooooooooo Quand Séverus rentra rageur dans ses appartements, il s'exhorta vite au calme pour ne pas la faire fuir. Elle était là, comme la dernière fois, perdue sous une tonne de livres. Elle lui jeta un regard plutôt indifférent et il s'installa à côté d'elle prenant à son tour un livre de potions. Les minutes passèrent ponctuées par le bruit des pages que l'on tourne et le croquage de pomme verte.

Soudain, elle pointa du doigt une partie de la page qu'elle lisait. Séverus haussa un sourcil interrogateur, elle continuait de fixer obstinément le bout de son doigt en tapotant. Il se leva, passa le coin de la table et se pencha par-dessus son épaule.

-Des ergots de Niosar ? demanda-t-il.

Elle tapota la ligne du doigt en se faisant insistante. Snape se tourna vers une armoire et fouilla dedans avant de ressortir un bocal portant l'étiquette : ergots de Niosar.
Elle le tourna dans tous les sens pour l'observer avec des yeux ronds. Elle lutta pour l'ouvrir jusqu'à ce que l'expert lui prenne des mains pour le faire à sa place.

Une fois qu'elle l'eut à nouveau entre les mains, elle renifla le contenu, puis plongea une main dedans et s'amusa à en faire rouler entre ses doigts. Quand elle voulut goûter, Snape lui tapa sur la main et rangea le bocal.
Papillon se remit à la lecture et il reprit sa place. Elle l'amusait à regarder vers son livre comme s'il était plus intéressant que celui qu'elle avait ouvert devant elle. Elle finit par pointer un ingrédient dessus : palpitations de Napioss.

-Tiens, dit-il en tendant un drôle de bocal rouge, mais on ne goûte pas non plus, prévint-il.

Elle acquiesça et il lâcha le bocal. Quand elle eut fini de jouer, elle se leva et s'installa devant la cheminée. Suivant son instinct, Séverus vint s'asseoir derrière elle. Elle fixait les flammes qui se reflétaient étrangement sur son corps et dans ses yeux. Soupirant de bien être, elle s'allongea en se posant à moitié sur le jeune homme.

Le temps sembla s'arrêter tellement la quiétude l'envahissait. Suis-je au paradis, se demanda-t-il un instant. Mais un empêcheur de rêver vînt frapper à sa porte et se permit de l'ouvrir sans attendre qu'on lui demande sèchement de dégager : ça ne pouvait être que Black !

-Je ne savais pas que tu avais un chat, dit-il doucement en contemplant Séverus au coin du feu, un petit chat ronronnant endormi sur ses genoux. Vous êtes mignon tous les deux.

"Un chat ? ARKS, elle s'est changée en chat ! Mais…mais, il fait quoi l'autre là, il va pas s'installer à côté de moi. C'est ma cheminée ! Et mon chat ! Non mais je rêve, il se permet de la caresser ! "

Le chat ouvrit un œil à l'approche de la main de Sirius, il se laissa caresser puis tendit les pattes pour jouer avec cette main baladeuse. Qui aurait cru que le grand Snape cachait un chat si adorable chez lui.

Grisés par la chaleur diffuse du feu, les deux garçons discutèrent sans s'insulter, de la pluie et du beau temps. Tout en rigolant des facéties du chat et de ses mésaventures face aux lacets de chaussures. Particulièrement quand prenant entre ses dents le lacet défait de Sirius, il se mit à tirer de toutes ses forces avant de tomber en arrière.

-Il y a bien longtemps que tu n'avais pas souri ainsi en ma présence Séverus, fit remarquer avec douceur Sirius.

-Je n'avais plus souri depuis le jour… ce jour où tu m'as laissé.

-Je t'en prie, écoute moi, supplia Sirius saisissant une chance de s'expliquer.

- Non, pas aujourd'hui. Ne gâche pas cette belle journée, exigea Séverus en se laissant caresser tendrement la joue.

Le chat les regardait, perplexe. Puis, un papillon vint se poser sur le bout de sa truffe. Il commença alors à lui courir après pour l'attraper et sortit par le soupirail du bureau. Oooooooooooooooooooooooooo Allongé dans le parc malgré le froid, fixant les nuages, Rémus ne vit pas la boule de poils arriver, mais la sentit très bien lui tomber sur le ventre. Le chat se roula sur lui-même et se rendormit sous les caresses distraites du loup, le papillon posé entre ses deux oreilles.

-Mademoiselle Papillon, je présume, souffla Rémus.

Le chat fit mine de ne pas comprendre et entreprit de faire sa toilette d'un air indifférent, sous l'œil toujours triste de Rémus. Ce dernier plongé dans ses ténèbres préparait son esprit pour le plan de la soirée. Il revivait ses souvenirs. Les déchirures de son adolescence. Oooooooooooooooo -Mademoiselle ! Mademoiselle ! Collin, as-tu vu le professeur ? demanda Ginny complètement surexcitée.

-Non, tu sais elle a du prendre sa journée pour sortir à Pré au lard.

Ginny avait l'impression de le chercher depuis une éternité. Elle avait déjà eu du mal à attendre le début de la matiné pour entreprendre sa quête. Elle soupira. Collin était le seul à lui parler, bon mis à part ce serpentard de malheur, qui la défendait mais qui n'arrangeait en rien sa position. Etait-ce si difficile à comprendre que si lui la défendait ça ne faisait que la rendre plus coupable encore ? Elle s'en foutait un peu depuis que son professeur lui avait donné le goût de l'avenir, du risque et de l'aventure. Là, elle avait besoin d'aide et elle ne pouvait pas compromettre Collin. Le seul sort dont elle avait besoin était hors de sa portée. De loin, elle aperçut le professeur Lupin, comme c'était un des autres profs qu'elle aimait bien, elle se décida à lui demander.

-Vous n'auriez pas vu le professeur Papillon ?

Sortie de son cauchemar, Rémus ne savait que répondre quand une voix de l'autre côté du parc appela Ginny.

-Professeur ! s'exclama-t-elle en se dirigeant vers la jeune fille en courant.

-Alors tu n'es qu'un simple chat, constata Rémus en fixant le félin, déçu. Ooooooooooooooooooooooooooo Ginny rejoignit Papillon et lui expliqua son problème.

-Tu l'aimes ou tu le hais ? Peu importe, tu sais, je veux bien t'aider mais je ne connais rien à la magie et ton gars m'a tout l'air d'être une personne très douée et compliquée. Tu es sûre de toi ?

-Oui, ce n'est pas sa faute si j'ai failli mourir ce jour-là. Il me soignait, il n'aurait tué que Harry. Moi, je subissais le contrecoup d'un sort que Pansy m'avait lancé, expliqua Ginny.

-Il voulait quand même tuer le meilleur ami de ton frère.

-Faut pas exagérer la querelle, Ginny fit une petite moue adorable. Pis on s'en fout ! Il ne se souviendra de rien, vu que pour lui, ça ne sera jamais arrivé, insista Ginny.

Papillon promit d'y réfléchir et son élève repartit vers la bibliothèque, seul endroit où elle n'était pas persécutée. Après tout, on ne choisissait pas de qui tomber amoureux...Elle en savait quelque chose. Bon, d'accord, certaines personnes tombent mieux que d'autres. Papillon espèrait seulement que la petite Weasley serait heureuse, malgré son antisémiste psychopathe en puissance.

Ginny se foutait des risques maintenant, elle avait compris les bases pour accéder au bonheur. Mais à quel prix ? Papillon n'avait-elle pas forcé la dose pour la convaincre de vivre ? Et ce Rémus lui avait semblé bien mélancolique tout à l'heure. Je serais bien restée avec lui, or ayant fait la promesse d'être disponible pour soutenir la petite Weasley, je ne pouvais pas la laisser s'égosiller dans toute l'école. D'un autre côté, j'ai une dette envers Rémus. Et dire que j'ai quitté mon entourage pour pouvoir être un peu égoïste et penser à moi. Tu veux te dire : arrêter de penser à lui plutôt non ? Rah, concentrons nous. Il savait je ne sais comment que j'étais le petit chat. C'était plus fort qu'une intuition. Triste, il était si triste que ça me faisait mal. J'aurais pu le détester de m'infliger cette douleur si familière, je n'y arrive pas. Cette magie si présente dans leur monde ne les sauve pas des souffrances humaines, elle n'est d'aucun secours. Je le savais et pourtant, j'y ai cru tellement fort. Je l'observe encore un peu avant de faire un tour du côté des serres. Là bas, au milieu des plantes, près d'un bassin, je m'endors. Ooooooooooooooooooooooooooo -Draco !

« Pourquoi il m'appelle pas Malfoy ? »

-Quoi Potter ?

-Je …enfin comme on doit réviser ensemble pour le cours de métamorphose…. Je me disais qu'on pourrait …. le faire maintenant ?

« Le faire maintenant. Mais tout ce que tu veux beau brun. »

-Oui, excellente idée, répondit Draco trop sûr de lui.

-Où Où ... Où est-ce que l'on se met pour ... travailler? , bégaya Harry encore plus mal à l'aise depuis que Draco lui avait répondu positivement.

-T'as vraiment des problèmes d'élocution ces temps-ci, non? interrogea Malfoy l'air intéressé.

Sans attendre la réponse, il partit en direction des serres, là bas, il y avait des endroits où personne ne mettait jamais les pieds, ils seraient tranquilles. Du moins, on ne les verrait pas traîner ensemble. Surtout, il ne fallait pas que des rumeurs circulent sinon son père risquait de vouloir mettre son nez dans ses affaires. ET un nez de mangemorts dans les affaires potteriennes n'était pas le bienvenue. D'ailleurs, même dans les affaires de Draco, il n'était pas le bienvenue. Il pensa avec écoeurement à Parkinson, et dire que cette dégénérée s'en était prise à Ginny. IL l'aurait tué sur place. Ginny soupira-t-il, son premier béguin. Mais bon, elle en aimait un autre. Il avait bien fallu que Draco se trouve une autre proie. ce n'est pas pour autant qu'il permettrait qu'on fasse du mal à Ginny. Les serpentards l'avaient bien compris, les autres aussi... il n'y avait bien que des Gryffondors pour se croire au dessus de la vengeance d'un Malfoy. Tous, ils les détruiraient tous gniahaha... Oups ... Il se rendait compte de son emportement. Potter semblait perturbé par l'air vengeur qu'il affichait. Aller, t'en fait pas Potter, je suis sûr que je t'aime autant qu'elle, toi aussi personne ne pourra te faire de mal. Je suis là. Ooooooooooooooo La nuit, vers 01:30 dans les cachots où tout était encore calme.
-Moonyyyyyyyyyyyyy ! T'es où ? hurla Black en fracassant la porte.

Il fouilla du regard la pièce à la recherche de son ami et tomba sur un gamin d'environ treize ans, le regard lunaire.

-Tiens, t'es qui toi ? c'est dingue ce que tu ressembles à mon Moony, commença Black en s'approchant de lui.

-C'est lui, abruti ! lâcha Séverus l'air toujours aussi aimable arrivant derrière Black. Il a bu une potion de rajeunissement.

Les yeux de Sirius s'exorbitèrent tandis que Lupin le fixait avec beaucoup d'amusement. Séverus n'avait pas eu besoin de regarder l'heure pour savoir qu'il lui fallait rejoindre les deux autres : Black était aussi discret Troll au chemin de traverse.

-T'as la cape, demanda le petit Rémus.

-Ouais, mais j'ai rien compris. Qu'est ce qu'on va faire ?

-M'étonne pas. Sans cerveau, c'est hors de ta portée. C'est pourtant simple. Nous ne serons qu'observateurs pendant qu'il essaye de nous montrer quelque chose, expliqua lentement Snape.

Black ne voyait qu'un intérêt à tout cela, il serait collé à SON Snivellus sous une cape d'invisibilité. Ils suivirent donc le werewolf jusqu'à l'endroit que celui-ci leur désigna. Ils s'enveloppèrent et s'installèrent assis l'un contre l'autre.

-Moony parait plus triste que d'hab, murmura Sirius.

-Oui, je crois que ce soir, il a rassemblé toute sa souffrance pour l'exorciser. Et, je crois savoir qui est l'exorciste, lui répondit Sév après un moment de silence.

En contrebas des escaliers, ils pouvaient apercevoir Rémus assis, sanglotant, recroquevillé sur lui-même. Sirius aurait aimé pouvoir le réconforter mais il s'en savait incapable. C'était une scène du passé. De son côté, Séverus se souvenait d'une sensation d'apaisement entre Rémus et lui, juste un instant de communion. Les tableaux dormaient ou commençaient à se figer. Séverus s'assoupissait discrètement sur l'épaule de Sirius, en priant pour que celui-ci ne le repousse. Apparement, Dieu l'écoutait car Sirius se laissait faire. Ce dernier soupirait de bonheur, mais aussi d'inquiétude. Un frisson le parcourut quand une silhouette blanche et lumineuse s'approcha de Rémus. Ils durent rester simples spectateurs sous la cape, contemplant l'étrangeté de la scène.

L'être lumineux prit le jeune Rémus dans ses bras. Il se mit à trembler. Il se débattait comme s'il essayait d'échapper à un cauchemar.

-Ce n'est pas normal, murmura Séverus. Regarde son corps, il reprend sa forme adulte.

-C'est impossible ! Qu'est ce qu'elle lui fait ?

Le corps nu de Rémus baignait maintenant dans la même lumière que la demoiselle Papillon. Il semblait étrangement léger entre ses bras. Ses mains passèrent autour de son cou, et il se serra contre elle tel un enfant dans les bras de sa mère. Il cherchait du réconfort et de la chaleur. Elle insuffla en lui un filet de luminosité. C'était l'inverse d'un baiser de détraqueurs, au lieu de prendre, elle donnait.

Elle le porta jusqu'à sa chambre et le veilla. Voilà, la raison de sa détresse. Il est parfois dur de combattre ses propres démons. Surtout quand ceux-ci ne résident plus que dans votre passé. Elle avait dû rentrer en lui, c'était difficile de s'accorder à une personne mais avec lui, c'était différent comme s'il y avait déjà un lien.

Le lendemain, Rémus ne se souvenait de pratiquement rien et retrouva Sirius auprès de lui.

Il fallait aller trouver Dumbledore pour lui poser certaines questions ! Oooooooooooooooooooooooo Hagrid était paniqué, il ne savait plus quoi faire pour approcher ses dévoreurs, l'un d'eux était mal en point. Il ne pouvait malheureusement pas le soigner.

Il se décida à aller voir Dumbledore malgré l'heure matinale. Arrivant dans le bureau du directeur, il fut surpris de le trouver en pleine discussion avec les professeurs Lupin et Black. Dumbledore le pria d'exposer les raisons de sa venue. Hagrid leur raconta les malheurs de ses pauvres animaux et aussi le curieux phénomène de son dernier cours. Le directeur comprit immédiatement qu'en fait, il voulait savoir si la jeune demoiselle pouvait intervenir.

-Hélas, je ne sais où elle se trouve, sauf lorsqu'elle est en cours, s'excusa le directeur.

-Pour résumer, vous ne savez rien d'elle, ni où elle se trouve le reste du temps. Rassurez moi, avez-vous tout de même trouvé étrange qu'il n'y ait pas de nom sur sa candidature ? s'emporta légèrement Sirius qui trouvait que Dumbledore avait exagéré sur ce coup. Bon, cherchons la, elle ne doit pas être bien loin, les cours vont bientôt commencer.

Ils quittèrent le bureau et se répartirent les différents bâtiments. Elle devait forcément trouver refuge quelques parts.

Sirius tomba sur la prof de divination qui lui parla d'un danger mortel, le menaçant lui et ses proches, de pertes d'énergie pure et d'un grand désert blanc. Il s'éclipsa discrètement quand elle lui demanda où étaient ses camarades de classe.

Dans les serres, Rémus aperçut des papillons mais songea à une fausse piste en croisant des élèves de la classe de Neville. Pourtant, il s'était bien passé quelque chose entre eux la veille et il la sentait proche de lui à cet instant.

Hagrid fit passer le message parmi les élèves de Collin, accompagné de Ginny sautèrent sur leur prof dès la première minute de cours.

-Professeur ! Professeur ! cria Collin.

-Hagrid a besoin de vous, pour soigner un animal, expliqua Ginny.

Le professeur réfléchit quelques instants. C'était donc pour cela qu'il la cherchait ce matin. Un sourire sadique effleura ses lèvres, le même que pour les copies inutiles.

-Bien, rendez-vous dans la salle de classe du professeur Black, dîtes lui que je vous envois afin qu'il vous aide à réaliser la métamorphose de la page 21, à savoir : Comment changer les chaussures « de son prof » en flammioles (créatures de feu).

Les élèves s'exécutèrent et partirent mort de rire rejoindre leur professeur de D.C.F.M. ignorant le triste sort qui l'attendait. Oooooooooooooooo A son arrivée, elle sauta directement par-dessus l'enclos en se griffant ses bras nus sur les fils de fers.

-Elle est blessée, cria-t-elle à Hagrid. Je crois que c'est infecté, il a l'air fiévreux.

Le garde chasse lui fit passer des potions et des bandes pour les soins par lévitation, ne pouvant le faire lui-même.

Les dévoreurs entourèrent la jeune fille et la blessée lorsqu'un intrus approcha. On n'apercevait plus rien derrière la barrière des boules de poils hérissés en mode défense.

-Vous vous en sortez, demanda Hagrid inquiet du temps bizarrement long que ça prenait.

-Oui, répondit-elle quelques minutes après.

Une heure plus tard, elle se mit à jurer comme un charretier faisant rougir les deux hommes. Les animaux empêchaient toujours toute visibilité. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'elle ne connaissait pas grand chose aux produits que lui avait donné Hagrid. En revanche, comme à son habitude, elle y allait au "feelings" pour soigner.

-Quelle est leur espérance de vie en milieu naturel ? Et qu'est ce qui les rend vulnérables ou plutôt qu'est-ce qui peut les tuer autres qu'un prédateur ?

-A l'état sauvage entre 5 et 200 ans. Une grande perte de sang et une trop forte lumière, lui répondit Rémus concisément.

« Ok merci, si je fais rien de mieux, elle va mourir. Elle le sait, elle pousse de petits gémissements plaintifs en me fixant. C'est une femelle et elle est enceinte. C'est dangereux mais je vais le tenter. Il faut que je fasse un transfert, c'est sa dernière chance. T'inquiète ma belle, je vais te sortir de là. Son mâle se tourne vers nous pendant que je commence l'échange en me couchant près d'elle. Je croise brièvement le regard de Rémus, mais je ne suis déjà plus tout à fait moi. Je sens cette gorge qui n'est plus la mienne pousser un cri inhumain, je répare ce corps avec difficulté. Il est à bout de force. Surtout ne pas abandonner, refermer les tissus, laisser affluer un nouveau sang, chasser les toxines. Je gagne la purification, même la portée est sauve. Lentement, je reviens dans mon propre corps maintenant très affaibli et malade. Guérir un autre n'est possible que si on en paye le prix fort. Une langue râpeuse me ramène à la réalité. Ils savent qu'ils ne peuvent pas m'aider mais que peut-être derrière la barrière quelqu'un le peut.

Je dois aller me reposer. Un effort et je me relève. Oh la ! ça tourne. Des gens inquiets me fixent. Un grand sourire pour contrebalancer mon regard fiévreux et fatigué. Hagrid semble rassuré pour ce qui est de l'autre, il n'est pas dupe. Je m'approche de l'enclos, me hisse au dessus, puis me casse la gueule de l'autre côté. Je n'avais pas vu le sol si près. Des grognements inquiets me parviennent de l'enclos. Rémus me parle mais je ne l'entends pas. Il faut juste que je dorme. Je sombre doucement quand je me rappelle que j'ai oublié un détail important. Je saisis sa manche, même si je ne l'entends pas le contraire est toujours possible. »

-Loin de toute source de lumière, articulais-je. Oooooooooo « Ce cri, c'est elle. Qu'est-ce qu'elle fait ? Les dévoreurs nous empêchent d'approcher. J'ai peur pour elle. La sorcière sans baguette. Elle se relève enfin j'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne l'ai pas vu. Elle paraît si fatiguée, je vois bien qu'elle est à bout de force, comment fait-elle pour se lever ou même juste nous sourire ? Et voilà qu'elle tombe à nos pieds. Je la prie en vain de rester consciente. Elle sombre, elle articule quelque chose que je ne comprends pas. Je me repasse le mouvement de ses lèvres dans ma tête. « Loin » et « lumière ». Que faire ? Une trop forte lumière est nuisible pour ces animaux. Mais c'est pas vrai, elle a fait un transfert ! Je cris à Hagrid de m'aider à la déplacer à l'abri. Ça ne suffit pas, il faut la couper de toute source. Les cachots, or pour les atteindre, il faut traverser tout un chemin à découvert et en plein soleil. Réfléchis Rémus. Un sort de protection. Reste calme. Le voile noire. Il faut que je la prenne dans mes bras, que j'agite ma baguette en prononçant le sort. Il faut que je me dépêche. C'est un sort qui ne dure pas. Là, ne bouge pas, reste tout contre moi. Je te protègerai. »

Rémus défonça d'un coup de pied une porte en travers de son chemin et fit apparaître un lit au milieu de la pièce vide. Il déposa précieusement le corps inanimé de la demoiselle. Il ne la quitta que pour fermer la porte sur le nez d'Hagrid qui les avait suivi.

Il fit apparaître une tonne de couverture pour lui procurer un peu de chaleur puis il s'installa dans un fauteuil juste à côté du grand lit. Pas de lumière, il n'y avait plus qu'à attendre maintenant. Il s'endormit sans s'en rendre compte, épuisé psychiquement.

Hagrid avait été chercher le directeur ainsi que l'infirmière. Mais, ils se retrouvèrent devant une porte close, impossible à ouvrir de surcroît.

-Le papillon vient de s'enfermer dans un cocon. Elle se protège, elle a besoin de temps. Vous dîtes que son voile noire a tenu de façon inhabituellement longue Hagrid, interrogea Dumbledore.

-Cette force ne vient pas de Lupin, c'est évident qu'elle lui a donné son énergie pour qu'il la protège, intervint Séverus sortit de sa chambre.

Dumbledore avait peur qu'elle n'essaye de récupérer son énergie auprès du jeune professeur de charmes. Après tout, il ne connaissait pratiquement rien de cette jeune fille. Elle avait répondu à son annonce comme beaucoup d'autres gens. Quand elle était arrivée, il avait bien vu qu'elle ne faisait pas partie du monde de la magie. Etrangement, elle avait pratiquement réussi à lui faire croire le contraire, et puis, il y avait sa façon naturelle de la pratiquer. Elle n'était pas totalement moldue, mais ce n'était pas une sorcière. Aucun monde n'était le sien.

« -Bonjour, avez-vous déjà enseigné la métamorphose ? demanda le vieil homme.

-Non.

Légèrement déstabilisé, le directeur s'apprêtait à la remercier quand il se retrouva en face d'un sphinx.

-Je vois, vous avez les compétences, mademoiselle ?

-Je n'ai pas de nom et je vous prie de ne pas faire de recherche sur mon passé. Soit vous me gardez, soit vous me laissez continuer ma route.

Le directeur se tourna vers Minerva qui acquiesça. Elle acceptait cette jeune fille, et c'était peut-être sa dernière requête. Evidemment, il accorda le droit à la jeune fille de rester à condition qu'elle apprenne le plus possible sur le monde sorcier pendant les vacances d'été et les premiers mois suivant la rentrée.

Et cette fille avait été rapide pour intégrer tout ce qui passait sous sa main ou plutôt sous ses yeux. Elle était d'une rare intelligence. Tous ceux qu'elle avait croisé pour compléter ses informations étaient tombés sous son charme. Et si au final, il n'avait pas voulu la garder, elle avait suffisamment d'appuis pour que personne ne puisse l'empêcher de faire ce qu'elle voulait. Et Dumbledore devait se l'avouer, lui aussi, il aimait bien cette enfant si mystérieuse. Puis Minerva avait dû partir, et voilà tout ce qui restait d'elle. Biensûr, elle ne ferait pas intentionnellement de mal au professeur Lupin, mais elle avait un instinct de survie très développé, comme celui d'un animal.

-Mais où sont ses élèves ? demanda la terre à terre madame Pomfresh.

Un sourire furtif se dessina sur le visage du professeur Snape quand il expliqua qu'ils étaient avec le professeur Black. Ce dernier assurait l'intérim dans la joie et la bonne humeur.

-Nous ne pouvons rien faire d'autres que d'attendre, soupira Hagrid. Ooooooooooooooooooooooooooo Le feu brûlait dans la cheminée quand Rémus s'éveilla dans le lit. Son fauteuil se trouvait maintenant juste devant le brasier.

Dedans, la jeune fille se tenait comme une poupée désarticulée, le regard vide, morte et sans âme. Le loup vint se mettre à genoux près d'elle et posa sa tête sur ses genoux. Une main caressa ses cheveux et il sourit. C'est à ce moment là, exactement qu'il su qu'elle était hors de danger.

-Pourquoi tu pleures ? lui demanda-t-elle très étonnée.

-J'ai eu peur pour toi.

L'explication la fit sourire. Elle se décida alors à lui parler. Elle lui raconta son arrivée.

« Un jour, j'ai trouvé une annonce pour le moins bizarre, proposant un poste de professeur de métamorphose dans une école de magie. Je ne sais pas comment ce journal m'est arrivé entre les mains mais il y avait des images qui bougeaient. Je me suis dit pourquoi pas, et j'ai envoyé ma candidature. Ensuite, une sorte de hibou est venu m'apporter une lettre, d'après le journal, c'est ainsi que le courrier arrivait (il y avait un article sur le sujet). Cette lettre était en fait ma convocation à l'école même pour un entretien, accompagné d'un billet de train. Je n'avais pas réfléchi au fait que je ne parlais pas votre langue, vois-tu je suis française. Trouver le train s'avéra être difficile mais avec un peu de logique, je réussis à découvrir la voie. Et me voilà monter dans cet étrange train contenant des passagers tout aussi étranges. Je ne disais rien et je les écoutais en cachant mon étonnement. Certains postulaient eux aussi pour le poste. A l'arrivée, le gardien vint me chercher moi personnellement pour m'emmener, Rusard je crois. Il me parlait de méthodes à rétablir pour la bonne marche de l'éducation puis il m'introduisit dans le bureau du directeur après m'avoir fait un sourire. Je dois dire que là, j'ai eu dû mal à garder mon air impassible. Il y avait le directeur et une dame avec lui, je sus plus tard que c'est elle que je devais remplacer. Je crois que c'est grâce à elle si j'ai pu être promu à ce poste.

Evidemment, j'avais l'impression d'être une campagnarde débarquant à Paris. J'apprends vite et je m'acclimate partout. Le directeur promit de s'occuper de moi si j'apprenais ce qu'il y avait à savoir. Et comme je fuyais en quelque sorte mon passé et mon présent, j'ai tout fait pour rester. Quoi que j'ai failli ne pas rester parceque personne ne connaît mon nom, ajouta-t-elle ironiquement.

Pendant tout le temps de son récit, Rémus gravait son air émerveillé dans sa mémoire comme un de ses plus précieux souvenirs.

-Pourquoi tu ne veux pas me le dire ? Il est si affreux que ça ? demanda Rémus en plaisantant. Arrête, il ne peut pas être pire que les notres, déclara Rémus en souriant.

-C'est sûr même ! Mais le dire, signifie beaucoup de chose. Si je te le donne, tu m'identifieras. Auriez-vous chercher à me connaître si vous l'aviez su dès notre rencontre ?

Rémus sentait comme un mal aise l'envahir.

-Tu caches quelques choses .. tu peux avoir confiance en nous ..., souffla-t-il rassurant.

Le mot confiance rencontra une résistance immédiate dans l'esprit de la jeune fille.

"Je ne dois faire confiance à personne.

Souviens toi de la douleur de la trahison!

Tu ne comptes que sur toi pour survivre"

Rémus la sentait se braquer, elle lui avait paru si proche quelques instants plus tôt, que le contraste était flagrant. Elle se renfermait. Peut-être qu'un malheur était lié à son identité...il regrettait d'avoir essayé de savoir.

Il ressentait sans le vouloir, les sentiments violents s'agitant dans la tête de Papillon : colère, détermination, haine, passion, peur, douleur ; il en avait mal, ce trop plein ponctué de vide. Elle était tout à la fois. Sans s'en rendre compte, elle déversait ses sentiments sans contrôle comme si elle et lui n'était plus qu'un. Elle se laissait emporter quand elle se ressaisit d'elle même.

"Je suis plus forte que ça, je ne me laisserais pas dominer. Oh, mon DIeu! Je lui fais du mal. Non, pas encore une fois ! "

C'est en baissant la tête qu'elle s'aperçut de la souffrance du jeune homme. La main de Rémus était crispée sur son pantalon noir, la tête toujours posée à côté, son visage défigurée par la douleur intérieure qui l'avait traversée. Elle lui souffla son prénom pour les libérer de leur interconnexion.

-Roselyne.

Rémus leva des yeux incertains vers un visage empli d'apréhension.

"Je lui ai fait mal, alors que je me suis servie de lui comme protecteur. Je pense que je lui devais plus que mon prénom. Que ferais-je s'il me découvre vraiment?"

-C'est un bien joli prénom, pourquoi le caches-tu? Non peu importe... Roselyne. La demoiselle Papillon.