Titre :La force du cobra

Rating : T (peut-être M plus tard)

Disclaimer : J.K. Rowling

Personnages : Harry P et Severus R.

Note : Deuxième chapitre un peu plus court... je pars un peu moins d'un mois en vacances, alors je stoppe les publications :) et oui je n'aurai pas internet T_T l'intrigue se met un tout petit peu en place dans ce chapitre...

(Se passe un an après la disparition de Voldemort. Ginny et Harry n'ont plus aucun lien.)

Enjoy !


Rogue se dirigeait vers la salle sur demande. Il avait entendu les professeurs discuter dans la grande salle : le train était arrivé. Il était sûr qu'Harry n'était pas retourné dans son dortoir, s'il était en retard, il ne pourrait partir de Poudlard. Son instinct lui disait qu'il devait sûrement déjà l'attendre dans la salle, comme il l'avait dit dans son message. La porte en chêne s'ouvrit avant même qu'il ne demande quoique ce soit. Derrière, Harry était assis sur un divan rouge, les yeux dans le vague. Il n'avait pas vu Rogue entrer. Celui-ci s'approcha doucement de l'étudiant et plongea son regard d'ébène dans les deux émeraudes. Le gryffondor sursauta : il pensait à son professeur de potions, et le voilà devant lui !

« Harry, dépêche-toi, tu dois partir !

-pardon ?

-le train pour Londres est arrivé, le départ est prévu pour dans cinq minutes.

-je ne veux pas m'en aller ! »

Harry s'était agrippé encore une fois à la longue cape noire de son aîné. Ses yeux larmoyaient. Rogue ne comprenait pas.

« Je veux me battre ! Il a tué mes parents ! Cette ordure a tué Sirius, il vous… il t'a tué ! je veux qu'il disparaisse une bonne fois pour toute !

-Je m'en chargerai, il faut que tu te mettes à l'abri.

-je veux rester avec toi, tu auras plus de chance si je suis là. Prépare-moi au combat. »

Les deux yeux verts de l'étudiant brillaient d'une force nouvelle. Certes il avait encore peur de Voldemort, mais maintenant que Rogue était avec lui, il avait confiance en sa puissance. Severus le scruta longuement, cherchant une lueur désespérée dans les yeux de son cadet. Il ne vit que de la résolution. Il hocha la tête et se releva.

« Va prendre tes bagages, Harry, et fait mine de suivre les autres. Je viendrai te chercher. »

Le gryffondor eut un instant peur que son aîné ne le laisse seul. Mais il n'avait pas d'autre choix. Il se dirigea vers son dortoir et sortit sa valise, comme tous les autres. La main d'Hermione vint serrer son bras. Elle tremblait comme une feuille. La marée humaine descendit les marches jusqu'au quai du train. La marque des ténèbres s'effaçait peu à peu dans le ciel, mais on pouvait encore sentir son aura noire. Les élèves se précipitaient dans les wagons. Harry resta en arrière : aucune trace de Severus. Il se sentait trahi.

« Harry attention ! »

Hermione avait crié. Une forme noire fonçait vers le gryffondor comme une fusée. Rogue sur un sombral l'attrapa avant de repartir vers l'extérieur de Poudlard. Là-bas ils pourraient transplaner. Les sorts jaillirent de toutes les baguettes. Aucun n'atteignit les deux hommes qui sortirent en trombe de l'enceinte du château. Avant que le sort endoloris lancé par un des élèves ne touche le duo, Severus les fit transplaner. Ils avaient réussi à partir.


Quand Harry rouvrit les yeux, il ne vit que le visage de Rogue, les paupières closes. Ses deux bras puissants enserraient son torse.

« Ça va Harry? »

Severus avait eu peur que l'endoloris ne touche l'étudiant. Il desserra sa prise et regarda autour de lui: tout avait bien changé depuis la dernière fois. Le gryffondor suivit le professeur de potions qui s'en allait déjà vers une cabane délabrée.

"Severus, où sommes-nous?

-dans ton nouveau centre d'entraînement. Maintenant laisse-moi lancer les sorts de protection."

Harry s'assit sur un rocher devant la bâtisse et admira quelques instants son professeur entouré des rayons dorés de la magie. Rogue était effrayant mais en même temps magnifique. Ses cheveux de jais, un peu plus long qu'avant, volaient autour de son visage pâle. Harry n'eut plus peur : il avait quelqu'un à ses côtés pour le protéger. Quand Severus se retourna, leurs regards s'accrochèrent. Il ne savait pas ce que les deux orbes noires avaient pu voir au cours de leur vie, mais un vieil instinct du gryffondor se mit en marche : il voulait qu'elles ne voient plus que lui. Il baissa les yeux, une violente douleur comprimait son coeur. Il n'avait pas pu penser quelque chose d'aussi égoïste, ce n'était pas lui. Et puis, Rogue n'était qu'un compagnon d'arme, qu'un professeur. L'ancien mangemort s'était rapproché de lui et le fixait de toute sa stature : il était vraiment immense. Ses épaules étaient carrées et son torse puissant semblait indestructible.

« Rentre à l'intérieur Harry. »

Le susnommé regarda la vieille cabane derrière lui : elle avait l'air de pouvoir s'effondrer à tout instant. Il déglutit et poussa la porte sans aucun bruit. A l'intérieur tout paraissait différent : un lustre en cristal illuminait une vaste pièce dont les murs étaient recouverts de tapisserie bleue nuit. Des rideaux, il y en avait partout. Les lits superposés trônaient fièrement sur une estrade, cachant une porte qui devait mener à une salle de bain. Harry adorait cet endroit : il était sombre, peut-être un peu trop pour certaines personnes, mais il dégageait une chaleur hors du commun. En fait, cette maison ressemblait au maître des potions. Le sortilège d'agrandissement était bien plus fort que celui d'Arthur Weasley lors de la coupe du monde de Quidditch.

« Le voyage a dû être long, repose-toi. La salle de bain est à droite. »

Severus disparut derrière un rideau épais. Harry se retrouva seul. Il enleva sa cape et ses chaussures et se jeta sur le matelas douillet de la couche. Rien ne pouvait être si plaisant. Mais l'étudiant ne savait pas quel était son lit. Question futile, mais qui ne le quitta pas. Il voulut demander à Severus, pour ne pas se faire jeter du lit si ce n'était pas le sien. Il écarta le rideau derrière lequel le professeur avait disparu quelques minutes auparavant.

Rogue était assis dans un grand fauteuil ivoire à hauts accoudoirs. Sa tête penchait sur son épaule et sa bouche était entrouverte : il dormait. Harry s'approcha de lui et sans réfléchir passa sa main dans les cheveux longs de son aîné. Ils étaient horriblement doux. Il avait tort de penser qu'il avait la chevelure grasse. Il avait l'impression de toucher un nid de plumes. Un sourire se plaqua sur ses lèvres. Il ne voulait pas le réveiller, il attendrait ici. Il s'assit sur le tapis et garda son regard fixé sur le visage de son aîné.

Quand Harry avait passé sa main dans ses cheveux, Severus avait arrêté de respirer. Ce geste l'avait réveillé mais pourtant il n'avait pas bougé. Il sentait le souffle du plus jeune contre sa peau et ses doigts sur son crâne. Cette situation devait être stoppée, mais si loin de l'école, loin de la société, les barrières n'existaient plus. Ils n'étaient que deux hommes seuls avec le même ennemi. Une dispute pourrait tout briser. Et même s'il ne se l'avouait pas, perdre Harry aurait fait souffrir le professeur. Alors il ne bougea pas jusqu'à ce que la main fine se retire de ses cheveux. Les battements de son coeur ralentirent et il s'endormit pour de bon, bercé par des pensées qu'il n'aurait jamais cru avoir.


« REVEILLEZ-VOUS POTTER ! »

Harry sortit de son sommeil brutalement. Rogue le secouait violemment.

« La journée est déjà bien entamée, ce n'est pas en faisant la grasse matinée que vous allez réussir à battre Vous-savez-qui ! Je serai votre professeur, et nous commençons maintenant ! Trois tours de terrain.

-Terrain ? »

Quand Harry sortit de la cabane, une haie avait poussé, formant un rectangle de plus de cents mètres de longueur. Poussé par son nouveau tyran particulier, il partit en petite foulée. Une heure, des ampoules et deux pointes de cotés plus tard, c'est harassé qu'il s'écroula au pied de son mentor. Le vent avait glacé ses lèvres et l'extrémité de ses doigts, et de ses yeux verts coulaient de fines larmes. Dues seulement au froid, le Survivant ne devait pas être épuisé.

« Je vois que Monsieur Potter s'est maintenu en forme pendant que j'étais absent... »

Le soudain passage au vouvoiement dérangea Harry. Depuis la veille ils avaient plus l'air de compagnons de guerre que de professeur et élève. Il ne savait plus quoi en penser. Alors il se releva et arbora une attitude plus digne face à celui qu'il recommençait à voir comme un persécuteur. Severus vit les yeux verts si gai depuis la veille se ternir, sûrement à cause de sa froideur. Il ne savait comment se comporter lui-même: après tout ils n'étaient plus que deux hommes, sans distinction spéciale, à part qu'il était plus âgé. Doux euphémisme: il pouvait être son père. Il ne comprenait pas, mais pour lui, cette différence d'âge était importante. Rogue soupira et releva les yeux en un regard qu'il voulait chaleureux et rassurant. Mais pourquoi se démenait-il tant pour ce garçon?

Harry rencontra les yeux noirs de son professeur qui lui firent l'effet d'une décharge électrique en pleine poitrine. Il crut y lire de la déception, une pointe de remords, mais aussi quelque chose qui n'avait pas l'habitude d'y être...

De... L'amitié?

Non, Harry devait sûrement avoir rêvé. Pourtant, c'est le baume au coeur qu'il entama son dernier tour de terrain. Le vent froid le revigorait, faisant danser ses cheveux un peu longs derrière lui. Le professeur de potions regardait son élève refaire un tour sans rechigner alors que la douleur se lisait sur son visage. Il se surprit à regarder les cheveux d'ébènes dans le vent et les muscles ciselés par le Quidditch se tendre sous l'effort. Il dut se gifler pour arrêter sa contemplation quand enfin, le gryffondor arriva à la fin de l'échauffement.

« Terminé! sourit Harry, fier de lui.

-très bien Potter, nous pouvons passer aux exercices. »

Le survivant, aussi digne qu'il soit, en tomba des nues. volant dans le ciel, une liste de travaux apparut au fil des mouvements de baguette de son professeur. Ou plutôt de son tortionnaire. En une seule journée ils devraient s'entraîner à l'Occlumancie, réapprendre les bases de défense contre les forces du mal, revoir les potions élémentaires, faire du sport et surtout entretenir le tout en faisant beaucoup, beaucoup de pratique. Autant tout de suite aller se livrer à Voldemort. Rogue eut la décence de lui demander par quoi il préférait commencer.

« Encore une preuve de sa gentillesse démesurée » railla Harry.


A Poudlard, tous étaient sur le pied de guerre. Le survivant avait été enlevé par une ombre noire ressemblant à s'y méprendre à un mangemort sur son balais. Pourtant tous avaient été exécutés. Hermione courait comme une hystérique au milieu des élèves qui ne pensaient même plus à rentrer chez eux. Ron essayait tant bien que mal de la calmer, mais c'était peine perdue. Les professeurs tentaient de faire rentrer la foule dans le train, mais tous fixaient le point où s'étaient tenus Harry et Rogue avant de transplaner.


Harry était harassé. Les stupéfix fusaient autour de lui et il n'était même plus capable de les éviter. Mais pourquoi avait-il choisi la défense contre les forces du mal ? Quand il tomba pour la énième fois, touché par un énième sort, Rogue décida qu'il était temps d'arrêter un peu. Il annula sa magie et laissa Harry souffler, se retenant de lui lancer une de ses remarques acides. Il attira à lui deux boîtes à repas, Dieu seul sait quand est-ce qu'il avait trouvé le temps de les préparer. Un petit rire secoua sa poitrine quand le survivant se jeta littéralement sur sa part. Rire qui n'échappa pas à Harry, mais qui préféra ne pas le souligner, tout était étrange depuis la réapparition de Severus. D'ailleurs le jeune homme se posait encore des questions dont les réponses ne se trouvaient dans aucun livre. Il hésita un instant, ne voulant pas troubler le repas de son aîné. Mais ses yeux de chiens battus fixés sur lui irritaient le professeur de potions.

« Que se passe-t-il Potter pour que vous me fixiez comme une bête de foire ? »

Le vouvoiement suivi de la remarque du maître stoppèrent le jeune homme dans son élan. Il murmura plus pour lui-même quelque chose d'incompréhensible et retourna à son assiette qu'il ne quitta pas des yeux jusqu'à la fin du repas. Severus se permit de prendre une expression surprise quand les deux orbes vertes l'eurent quitté. Il n'aimait pas se montrer faible devant quiconque. Quand il était revenu, son accueil avait été chaleureux, comme s'il était un ami dont la perte avait rendu Harry malheureux. Mais l'excitation des retrouvailles passée, ou peut-être le fait d'être seuls, avaient fait que la joie du gryffondor était retombée, ce qui arrachait malgré lui un pincement au coeur du professeur de potion. Il se surprit à imaginer avoir une relation amicale avec le héros, chose qu'il enferma aussitôt au fond de son esprit. Il était fatigué.

« Fait ce que tu veux pendant la prochaine heure Harry, je retourne dormir un moment. C'est harassant de revivre. »

Sur ces mots Rogue entra dans la cabane, laissant derrière lui un Harry pantois : d'abord le tutoiement était de retour, et le craint monstre des cachots s'était permis une pointe d'humour. Non vraiment, le gryffondor ne comprenait plus rien...


Severus se coucha bien au chaud dans son lit. Emmitouflé dans les couettes, il n'arrivait pourtant pas à trouver le sommeil. Il avait parfaitement bien dormi la nuit dernière. Cette sieste n'était qu'un prétexte pour s'éloigner des deux yeux verts émeraudes de son compagnon d'arme, mais il ne l'aurait jamais avoué. Il se tournait et se retournait entre ses draps, tentant de vider son esprit.

Dehors Harry observait le ciel. Il pensait à ses deux amis à qui il n'avait pas eu le temps de dire au revoir, et à son école qui allait lui manquer. Il pensa aussi un instant à l'attitude de son aîné, mais une douleur vint poindre au niveau de son coeur. Mieux valait oublier tout ceci. Ils avaient un mage noir à éradiquer. Il chercha dans sa mémoire une idée totalement folle pour pouvoir à nouveau le battre. Il n'en trouvait pas. Aucune magie ancienne de plusieurs siècles, pas même de magie noire. Peut-être que Rogue en aurait une. Le susnommé sortait de la cabane, la joue marquée par l'oreiller. Harry sourit.

« Puis-je savoir ce qui te fais rire ?

-Tiens, tu ne me vouvoie plus ? »

Cette remarque était sortie sans que le gryffondor s'en rende compte. Severus arborait une mine troublée, à mi-chemin entre l'amusement et la honte. Il n'était pas en colère, il se posait la question lui-même avant de sortir de la bâtisse. Harry baissa le regard et bredouilla des excuses.

« Nous nous en tiendrons au tutoiement, nous sommes loin de l'école et de ses obligations.

-Bien...professeur ?

-Oui ?

-je me demandais... commença Harry en bégayant. Existe-t-il un sort, ou autre chose qui nous permettrait d'être plus forts rapidement ? »

Rogue réfléchit un instant et s'assit aux côtés du plus jeune, scrutant lui aussi le ciel.

« Il y a bien un moyen, mais qui a beaucoup trop de contraintes pour un jeune homme tel que v...toi.

-quel est-il ?

-je me doutais bien que tu voudrais le connaître. Il est appelé la Force du cobra. Il permet de lier deux sorciers ou sorcières pour unir leur force. Mais le lien reste à jamais et il n'est pas réversible.

-Vous...Tu serais prêt à le faire pour vaincre Voldemort ?

-je ferais tout pour tuer le seigneur des ténèbres. »

Harry nota que Severus n'avait pas répondu complètement à sa question. Il le ferait pour éradiquer l'ennemi, mais accepterait-il d'être lié jusqu'à la fin à lui ?

« Dis-moi comment il marche.

-Es-tu sûr ? Il ne sera jamais annulé. Les deux individus ne doivent plus jamais se quitter. Si nous ne périssons pas pendant la défaite, nous devrons à jamais se côtoyer. Es-tu prêt à prendre ce risque ?

-Comme v-toi, je ferais tout pour qu'il meurt définitivement. »

Rogue admirait le courage du plus jeune. Sa foi en lui aussi. S'il faisait passer un avada kedavra pour un sort de soin, il était sur qu'Harry l'accepterait. Pourtant leurs relations avaient été plus que tendues : il le haïssait pour ce qu'il représentait, le fils de James Potter, puis il avait appris à connaître Harry, pas comme le Survivant ou l'enfant de Lily, mais comme l'étudiant de Poudlard, dont la confiance en Albus l'aveuglait et qui serait prêt à tout pour que personne ne souffre. Cet enfant avait vécu bien des choses : la mort de son parrain, de ses camarades de classe, et tous ses efforts s'étaient avérés vain lorsque la marque des ténèbres était apparue dans le ciel. Maintenant Rogue admirait le gryffondor et éprouvait pour lui, bien qu'il le nie, une certaine affection.

Il se pinça l'arête du nez pour refouler des pensées qu'il avait enfermées au fond de sa mémoire. Puis il prit une grande bouffée d'air frais et commença à expliquer à Harry les conditions de la force du Cobra. Pendant un instant il se tut : l'air était dense et chargé de magie, de magie noire.

« Harry attention ! »


Il se jeta sur le susnommé et le plaqua à Terre alors qu'un éclair vert frôla sa tête. Quelqu'un venait de les attaquer, quelqu'un voulait leur mort.

Dans un buisson dense, une femme aux yeux de sang pesta :

« Raté. »


Voilà un autre chapitre d'écrit ^o^