Me revoilà, j'hésitais beaucoup à poster cette dernière partie et pourtant... Voici la fin.

Je ne sais pas encore si j'en ai totalement finit avec cette histoire et il est encore possible que je recommence tout à zéro et que je reprenne encore certains détails...

Voici en tout cas cette version finale de mini-fic !


Tu te rappelles des premiers jours de marche éreintant ? La saleté, la fatigue, la faim ? Les premiers stops en voiture, l'attente le long des glissières d'autoroutes et les arrêts dans les petits villages ?

Tu te rappelles la manche dans les petites villes, le sorties de messes que tu ne voulais jamais faire et que je me tapais toute seule parce que les églises ça te faisais faire des crises d'angoisses, les bains-douches publics qu'on ne pouvait jamais prendre ensemble alors qu'on détestait se séparer plus d'une minute ou deux?

Tu te rappelles des journées dans la forêt, des heures perdues à se chercher un endroit où dormir dans les bras l'un de l'autre à l'abri du vent, des regards, des gens ?

Tu te rappelles quand on s'embrassait le soir, nos corps qui s'apprenaient un peu par cœur ? Les surnoms débiles que j'inventais et les souvenirs d'enfance qu'on se racontait ? Tu te rappelles de la peur des petits bruits que j'avais, de mes sursauts, de toi qui te réveilles parce que j'ai les pieds trop froids et de tes frissons quand mes mains descendaient le long de ton torse ?

Tu te rappelles des rencontres avec les milices de petits facho en mal d'aventures et qui s'amusaient à dézinguer du clodo comme ils aimaient nous le dire? Les Mangemorts qu'on a rencontrés en rentrant en Bretagne et leur chef qui n'avait pas de nez ? Notre frayeur quand ils nous ont pris en chasse, ce qui nous a obligé à stationner dans un refuge pour SDF absolument immonde et où on n'a pas tellement été plus en sécurité au vue de la dégaine qu'on se payait ? Quand on squattait le plus proche possible des commissariats et qu'on espérait une garde à vue pour leur échapper ?

Tu te rappelles des gens qui voulaient nous aider quand on leur faisait penser à leurs mômes ou à eux-mêmes ? Cette famille Longdubas qui nous a et laissée assez de nourriture pour tenir trois jours et qui voulait accueillir le chien?

Tu te rappelles les rapines dans les jardins, les champs, les hypermarchés et les coopératives de quartiers ? Tu te rappelles des regards suspicieux des vigiles dès qu'on entrait quelque part ? Tu te rappelles des œillades torves des passants et des gendarmes quand on se posait sur le pavé d'un village perdu et qu'on tendait la main ? Notre manière de favoriser le commerce local en dépensant l'argent des habitants dans leur propre village et leurs propres commerces?

Tu te rappelles des jeunes qu'on fascinait dans leur ennui de campagnards un peu zonard et sans avenir réels dans leurs trous respectifs, qui voulait partir avec nous, qui tombait amoureux du chien, de ta dread ou de mes boucles brunes ?

Tu te rappelles encore des heures passées en silence, à mettre un pied devant l'autre, la fatigue qui nous aveugle, la faim qui nous tenaille ? Tu te rappelles de ton sourire sur les photos quand on arrivait à charger l'appareil le temps d'en prendre une ou deux, de mon rire sur les vidéos, des vols de cartes mémoires dans les commerce de proximité ou dans les grandes villes qu'on réussissait à rejoindre ? Tu te rappelles de nos rituels pour les conserver ces fameuses cartes mémoires, emballées, scellées comme des trésors et rangées dans une boîte hermétique ? Tu te rappelles des détours pour allonger la route, pour ne pas arriver à bon port, de ma soif de marcher toujours plus, de m'éloigner de notre but pour te garder entièrement à moi un peu plus longtemps ? Tu te rappelles du froid, des nuits passés à grelotter, des disputes quand je dépensais l'argent de ma bouffe pour aller me laver et que toi tu achetais des croquettes avec la tienne ?

Tu te rappelles des coussinets de Draco qu'il fallait masser tous les soirs, des jours où on marchait de nuits et où on le portait à tours de rôle ? Tu te rappelles de la première fois où il m'a défendu contre un de ces putains de Mangemorts qui voulait notre peau, cette émotion qui nous a empêchés tous les deux de parler pendant quelques minutes, cette sensation de former une famille qui ne nous a plus quittés?

Tu te souviens de ta garde à vue pour outrage à agent ? Le gendarme qui t'as laissé partir par dépit quand il a compris qu'on n'aurait jamais l'argent pour la caution et qu'on ne comptait pas rester dans le périmètre ? Tu te rappelles des dealeurs qui nous harcelaient, nous proposer leurs merdes à des tarifs préférentiels, quand tu me regardais dans les yeux et que tu t'accrochais à moi pour résister ? Tu te rappelles des économies de bouts de chandelles pour acheter une boîte de capote ou une bière un peu chère, les festins de fruits et de pain un peu rassis qu'on faisait quand on dormait en ville? Tu te rappelles de la tête des vigiles quand ils nous fouillaient et qu'on avait juste nos achats dans les sacs, qu'ils s'excusaient platement et nous reprenait assez vertement sur la présence de petit-Drake dans leurs locaux pourraves ? Tu te rappelles des courses-poursuites dans la boue, des bains dans des lacs glacés, des étoiles que tu comptais et des petits cailloux que j'adoptais ? Tu te rappelles comment le chien attendrissait toutes les ménagères les plus endurcie et qu'elles nous filaient des fois des petits rabais pour lui ? Tu te rappelles des boulangères qui hallucinaient de nous voir commander des pains au chocolat ou des éclairs à la vanille en fin de journée quand les prix baissent pour écouler le stock et des beignets qu'une nous a offert un soir ? Tu te rappelles du goût des pâtisseries assit par terre ? Tu te rappelles des odeurs des restaurants qui nous creusaient le bide et qui nous remémoraient un peu trop nos conditions précaires de vie ? De ceux qui nous donnaient des sandwichs en fin de journée quand ils apercevaient ton visage famélique ? Tu te rappelles de toutes ces merveilleuses choses qu'on voyait dans les panoramas, les vitrines des magasins et sur les pubs pour agences de voyages ? Des chevaux dans les prés et de ma main dans la tienne ? Tu te rappelles de nos pires disputes, des journées de galères, des maux de dents et de ventre ? Tu te rappelles de mes problèmes de filles qui ont virés à l'apocalypse dans la forêt ? Tu te rappelles des heures à faire l'amour sur de la mousse, des pierres, des aiguilles de pins et des feuilles séchées ? Tu te rappelles quand Draco a bouffé de la viande avarié ? Tu te rappelles du fermier qui nous a poursuivis, des murs pleins de tessons des vergers, des jolies pierres, des beaux couchers de soleils, des arbres qu'on a escaladés ? Tu te rappelles des contrôles de polices, des insultes, des sarcasmes, des fouilles ? Tu te rappelles quand je te coupais les cheveux avec des cisailles de jardinage qu'on empruntait le temps d'une nuit dans une cabane de jardin d'un anonyme ? Tu te rappelles quand tu me ramenais du chocolat blanc combien c'était la fête ? Tu te rappelles de nos fous-rires, des heures à s'attendre l'un l'autre quand on ne pouvait pas monter dans la même voiture ou quand les trains étaient en retard, des automobilistes flippants, des connards qui nous jettent au milieu de nulle part en pleine nuit parce qu'ils en avaient marre de nous avoir dans la caisse ? Tu te rappelles des odeurs qui ne nous ont plus gênés à un moment donné ? Tu te rappelles des âneries de Draco pour te dérider ou pour t'énerver, quand on se liguait contre toi pour te faire céder ? Tu te rappelles quand il courrait dans la forêt, tout heureux de ne pas avoir de laisse, qu'il cherchait à attraper sa queue et à soumettre tous les chiens qu'on croisait ?

Tu te rappelles des groupes de marcheurs, des familles tirées à quatre épingles, des randonneurs qui bouffaient leur guide du petit routard tous les matins et qui s'étouffaient de nous voir avancer à moitié au visu, de nomades, des caravanes, des clochards qui nous tenaient compagnie ? Tu te rappelles de leurs fascinations pour la longueur de mes cheveux et pour tes immenses mains ? Tu te rappelles des filles qui nous draguaient, des propositions indécentes, des tentatives de nous déshumaniser et de notre mantra pour préserver notre dignité ? Tu te rappelles des petites vieilles qui avaient peur de toi et qui ne comprenaient pas comment ta voix pouvait être aussi douce alors que tu étais tellement grand et effrayant ?

Tu te rappelles des paysages, des promesses, des projets, des regards, des déclarations, des chansons qu'on chantait pour se donner du cœur au ventre et des petits objets qu'on fabriquait pour essayer de les vendre et qu'on finissait en général par balancer?

Je me rappelle pour ma part des vêtements que tu me volais ou m'achetais pour que je me sente belle ou pour que je puisse avoir chaud. Putain ce que j'ai pu me les geler… Toutes ces heures à me serrer contre toi pour me réchauffer … Je me rappelle des combats dans la nuit quand un zonard devenait trop insistant. Je me rappelle de ma peur quand tu tardais à revenir de certaines opérations commando que tu montais tout seul, de mon soulagement quand le chien accourait vers moi et que tu suivais, ton long manteau au vent. Je me rappelle des repas inventés sur un feu ou froids, des trucs avariés, des fruits frais, de la langue du chien sur ma joue le matin, de tes mains glacées dans mon pull quand le soleil se lève et de la sensation des pierres sous mes pieds nus quand on marchait au bord de l'eau. Je me rappelle des coups de vents, de la rosée glaciale qui raidissait mes cheveux, de la pluie qui nous trempait jusqu'à l'âme et des lessives à la main dans les rivières. Je me rappelle des courses avec Draco et des dialogues sans mots. Je me rappelle de ta bouches, de tes gencives qui saignent, des mots durs qu'on pouvait se balancer sans aucune pitié, quand tu accélérais le pas pour ne plus archer à côté de moi ou que je refusais de parler. Je me rappelle de la fois où c'est partie tellement loin que j'ai mis une semaine à te retrouver et encore. Tu m'avais attendu. Je me rappelle de ma peur toute seule sur les routes, de ma lame que je ne lâchais pas. De mon sommeil haché, des bagarres dans le noir pour me préserver. Je me rappelle que cette semaine-là avait été la pire de ma vie mais qu'elle m'avait beaucoup appris. Au moins à être un peu indépendante sur la route. Maintenant je sais que je peux m'en sortir seule au moins et c'est aussi ça qui motive mon départ. J'ai récupéré assez de force et accumulée assez de savoir pour réussir à me protéger un minimum et subvenir à mes besoins.

Je me rappellerais toujours de ton regard quand tu me disais que tu m'aimais.

On aurait peut-être pu continuer comme ça indéfiniment, qui sait. On aurait pu marcher vers nulle part, vers le Sud, vers la frontière, vers la mer, vers l'océan, vers le ciel ou vers n'importe où pour toujours. Certains matins je voulais être partout sauf sous la pluie, les idées noires nous rattrapaient quand on ne marchait pas assez vite, on était sales, exclus, marginaux, ta rage de dents t'empêchait de parler certains jours et pourtant… On attrapait des vieux bâtons, on les appelait nos baguettes magiques et on se lançait des sorts dans les sous-bois, il y avait des petits animaux qui se posaient sur toi quand tu méditais et le chien grandissait. Tu me racontais des vieilles légendes celtes, tu me chantais des chansons et tu me racontais des grandes batailles. Tu étais mes livres, ma musique, ma radio, ma carte et ma boussole. J'ai appris avec toi à lire une carte, à reconnaître des bonnes baies de celles empoisonnées. Je t'ai appris à voler discrètement, à être sobre et à se shooter en respirant un peu fort pour rigoler. Je te montrais des trucs stupides d'enfants et tu m'apprenais à dresser un chien.

On se levait tous les matins avec une possibilité infinie de chose à faire. Tu me disais « choisis » et je donnais une ville sur la carte vers laquelle on se dirigeait alors.

C'était le pire et le meilleur chaque jour. L'inconnu si excitant, fatiguant, oppressant, libérateur et vaste. C'était des découvertes et des rencontres. J'étais heureuse. L'ombre des médicaments s'éloignait. L'ombre de tes parents ne t'oppressait plus, tu respirais librement. Libérés du monde, on ne rencontrait que des éléments qui nous ressemblaient. Sensation du vent sur nos peaux et refuge dans les arbres pour échapper aux charges des sangliers. Notre lien s'affermissait au soleil.

Tu avais hâte de me montrer la zone, de m'apprendre le marché à prix libre et l'échange de bons procédés. Ton trousseau de clés inconnues s'alourdissait de jour en jour. C'est étonnant d'ailleurs le nombre de clés qu'on peut trouver dans la nature et par terre quand on est assez attentif. Clés de cadenas, clés de serrures, trousseaux entiers perdus par un enfant, porte-clés à l'appui. Clés rouillées, enterrées, brillantes, mattes, de porte blindée ou de placard à gâteaux. En aluminium, en acier, en nickel, en fer.

Clés de carnets secrets, minuscules et difficiles à trouver.

Toutes accrochées à ta taille, clinquant, tintinnabulant, musique de notre trajet. Tu les enlevais quand la discrétion était de mise, tu les testais sur certaines serrures pour nous faciliter certains accès. Clés universelles, meilleure amie du voleur.

Drôle de lubie, envahissante et bruyante. Originale et bizarre. Tout à fait adapté à ta personnalité.

Moi je dessine ou j'écris sur ce que je trouve, murs comprit. Toi tu ramasses ou tu voles des clés.

Mais il a fallu que tout s'écroule bêtement. Le plus bêtement du monde. Moi et mes difficultés respiratoires on a réussi à faire s'écrouler notre fragile équilibre. Je suis tombée malade. Une grippe ou un rhume, stupide petit virus qui s'infiltre sous les couvertures humides, qui échappe au regard de la pleine lune et qui s'installe dans mon corps. Qui s'aggrave, au fur et à mesure que j'attends qu'il passe. Réaction enfantine et stupide de laisser mon état se détériorer et de ne pas m'en inquiéter outre mesure. Commence la dégringolade. Respiration difficile. Esprit qui divague. Pieds de plombs.

Impossible de te suivre, impossible de te parler, impossible de comprendre où je suis.

Je toussais à m'en expulser un poumon de la cage thoracique, je suffoquais. Bronches encrassées, poumons épuisés. Cette sensation d'étouffer quand je prenais une trop grande inspiration, ce poids en permanence sur ma poitrine, l'impossibilité de démêler le délire de ma fièvre et tes mots.

On ne marchait plus. Finit les chaos de la route sur ton dos, le bruit de tes pas. Il n'y avait plus que la sensation du pavé sous mon dos endoloris, plus que l'odeur des voitures et de la vie qui continuait autour de moi.

J'étais glacées jusqu'aux os en permanence, tu craignais que je ne perde mes dents à force de les claquer. Je voyais maman qui me criais de m'en aller et Harry qui me souriais tranquillement, je m'inquiétais de ne pas avoir rendue mes fiches de Travaux Dirigés, de ne pas avoir compris mon dernier cours magistral, de devoir être hospitalisée en cours d'année. Aux crises de fièvres se sont mêlées des angoisses, des vieux souvenirs, les monstres sous le lit, les crocodiles dans la baignoire, les cauchemars sans maman pour me consoler, les poupées maléfiques et les railleries de mes camarades de classes quand je ne donnais jamais la bonne réponse au bon moment.

Entre deux flots. Je mangeais ce que tu me donnais. Passive.

Harry me criait que je n'étais rien, que je ne devais pas espérer que tu restes, tu me frappais les joues pour me ramener à la réalité. Le sang battait mes tempes en permanence. J'ai eu l'impression que cela durait des semaines entières. Cet état n'a duré que quelques jours. Après je me suis enfoncée dans la fièvre. Plus aucun souvenir. Pour moi qui les collectionne, cette absence de réminiscences est un genre de tragédie. Tu n'as jamais voulu me raconter ce qui 'étais arrivé à ce moment la ni comment tu m'en avais sortis. Je n'avais pas à m'en inquiéter. Tu m'as dit avoir pris contact avec un médecin sans plus de détails.

Je sais juste que je me suis réveillée sous une hutte en tôle ondulée.

On était finalement arrivés à bon port. Comment ?

Mystère.

La vie au camp alternatif a commencé.

Corvée d'eau. Corvée de vaisselle. Participation au repas. Garde des enfants pendant que les autres allaient batailler contre le Ministère. Rencontre avec l'organisateur des combats. Il se faisait appeler « Directeur », son vrai nom était Severus. En y repensant, moi aussi avec un prénom pareil je me serais inventée un surnom badass.

Badass.

Un mot à toi mon amour.

Mon amour.

Ne pas pleurer en écrivant, j'écris assez mal pour en plus tout rendre illisible en gondolant le papier et en faisant baver mon bic.

Je passais la plupart de mon temps avec la dizaine d'enfants qui vivaient sur notre portion de campement. J'ai appris qu'il y en avait plusieurs. Durmstrang n'était qu'une infime partie de l'immense carte de Pré-au-Lard. Ici ils luttent contre l'installation d'un énorme aéroport. Ce sont des rêveurs écologiques, ils s'installent et occupent. Ils se battent contre la police pour créer un espace de vie respectueux. Ils ont amenés des enfants pour aider un nouveau monde à se bâtir. Enfin c'est ce qu'ils disent. Moi je leur trouve encore quelques défauts de violence et de drogue. Et puis bon, les mômes ne sont pas encore en âge d'aller à l'école pour la plupart mais quand ça sera le cas, pas sûre que les chers bambins apprécient le fait d'être les bouseux de leur école. Mais c'est tout de même une belle idée. Moi j'en ai marre des tâches assignée je veux marcher. Mes angoisses me rattrapent et toi tu es de plus en plus calme. Tu as trouvé une maison et moi je ne fais qu'escale. Cet immobilisme, cette odeur de weed et de feux de camps, de tambouilles … Ca me rends dingue, je n'en dors plus, je ne bouge tellement plus que le sommeil ne vient plus. Ca me fait craquer tout doucement je le sens au plus profond de moi.

Demain soir je prendrais le large, avec donc mes affaires et quelques trucs que j'ai piquée en ville. Je te souhaite de vivre heureux et de toujours garder le tatouage que tu as sur la clavicule et que j'ai aussi. Une toute petite lune ronde sans nuage et avec trois étoiles. Toi, moi et Draco. Vous êtes ma famille. Ma vraie famille. Je vous veux heureux, gais, en bonne santé et avec de bonnes fréquentations. Ne replonge plus. Plus jamais. Crois en ce que tu es. Tu es merveilleux. Le plus merveilleux des Hommes. Tu m'as redonné espoir en l'humanité et en la vie. Tu m'as appris tellement…

Je suis en train de m'étaler inutilement, je te connais tu vas détester la fin. C'est brutal, irraisonné et surtout c'est lâche de ne pas te proposer de me suivre car tu serais d'accord je pense. Tu es toujours d'accord de me suivre. Mais la route est longue. Et je ne sais pas où je vais. Je ne peux pas te proposer de devenir un clochard en ma compagnie ce serait ridicule. Tu as mis trop de temps à te sortir de la rue pour que je t'y remette. J'ai ça dans le sang, depuis toujours, cette envie de partir et de m'enfuir très loin. Là où personne ne pourra m'atteindre. Je crois que je cherche le pays imaginaire et ça personne ne peut me l'offrir. Je me l'offre à moi-même, cette possibilité de fuite vers l'infini.

Je ne t'oublierais jamais, j'espère pouvoir te revoir. Le lien est là. Quel que soit le nom qu'on lui donne il ne partira jamais. Où que je sois ma vie sera liée à la tienne et je resterais fidèle aux principes et aux promesses que je t'ai faites. Pas de drogue, pas de danger, reste sain dans ta tête et dans ta vie. Les tentations sont nombreuses et attrayantes les soirs d'hivers mais je te jure que quand tu n'as pas les pupilles dilatées et que ton cœur bat de son rythme lent et tranquille habituel, ton sourire et tes mots réussissent à combler tous les manques d'une vie. Je compte sur toi.

C'est l'appel de la route. Notre dernière journée sera la plus banale de toute mais aussi la plus belle.

End.