Bonsoir et merci pour ces reviews auxquels je vais répondre :
Kiki : Non, ce n'est pas un OS ^^ l'histoire comportera 3 à 4 chapitres ! Merci pour ton passage =)
Sephora4 : Merci bien ! ^^
Une vieille légende raconte que lorsque la Lune est rouge sang, c'est qu'elle saigne. Elle en veut à ces Hommes, sur qui elle veille et qui commettent des ignominies à n'en plus finir. Alors à force de voir du sang, telle une mère à ses enfants, elle s'est mise à saigner et à pleurer aussi, dans l'espoir d'attiser ne serait-ce qu'un grain de pitié chez eux et de les pousser à arrêter ce spectacle immonde.
Ce soir-là, la Lune avait probablement dû succomber et mourir.
2 – inside-out(1)
« Je me fiche de savoir que vous pourriez trouver ça égoïste, mais un doute plane chez moi, m'avoue-t-il, toujours accoudé à la vieille rambarde.
— Vous savez, je vous trouve ingrat, téméraire, égoïste et asocial depuis le début de notre conversation, répliqué-je. Mais je vous en prie, faites-moi donc part de vos questionnements, nous sommes un peu là pour ça.
— Quel est le pire ? Se rendre compte que l'on a jamais rien eu ou alors… Avoir tout eu un jour et puis tout perdre d'un seul coup… ?
— Je pense que dans le premier cas, affirmé-je, on vit dans la frustration d'être entouré de ceux qui ont ce qu'on désire, ou même le quart de cela. Alors que dans le second cas, on est rongé par un souvenir que l'on trouve soudainement utopique durant toute sa vie. J'ai cru comprendre que vous parliez de vous et moi… Et honnêtement, je ne sais pas quoi vous répondre. J'espère simplement que ma vision des choses vous aidera dans votre réflexion durant les quelques instants qu'il vous reste à vivre. »
L'adolescent ne répond pas, soupire et sort un paquet de cigarettes de sa poche de jean. Il en prend une, la porte à ses lèvres et se fige avant de se résigner. Il la remet à sa place et soupire à nouveau.
« Je n'oserais vous dire que c'est malsain de fumer, remarqué-je non sans une pointe de moquerie dans ma voix devenue un peu rauque.
— Je vais mourir dans très peu de temps d'une manière bien plus efficace et rapide, et puis de toute manière je ne vous ai pas demandé votre avis » souffle-t-il avec lassitude.
Le silence s'installe entre nous, durant lequel aucun ne daigne à bouger. Cependant, j'observe du coin de l'œil chez mon compagnon de fin de vie un très léger mouvement des lèvres, comme s'il se décidait à dire quelque chose et qu'il s'y résignait ensuite. Ce qui d'ailleurs m'étonne de lui, que j'ose définir comme quelqu'un qui ne mâche pas ses mots… Chose se révélant parfois être bien fortuite et involontaire.
Il m'a vue l'observer plus intensément et fronce les sourcils comme si désormais, il n'avait plus le choix que de se taire ou de parler.
« Moi je pense que si le bonheur nous fuit depuis le début de notre existence… Il faut le poursuivre quand même, finit-il par admettre.
— Expliquez-vous.
— Votre vie, comme j'ai pu le comprendre, vous échappe et votre mal-être se base sur le fait que vous vivez une fausse vie… Celle que vos parents vous ont donnée. Pas celle que l'on donne naturellement, mais celle que l'on a volé à quelqu'un pour la conférer à une autre personne. Une vie malsaine. Vous portez le même nom, vous avez le même physique, le même ADN que Sakura Haruno. Pourtant vous n'êtes pas elle, et vous avez été forcée de faire comme si c'était faux. Je pense que le but d'une vie n'est pas d'accumuler des points bonus afin d'avoir son quota devant soi lorsque vient le moment de quitter ce monde. La vraie plénitude de vie, selon moi, c'est celle de vivre dans l'espoir que tout aille mieux. Même si on sait avoir très peu de chance de voir cela s'arranger, même si l'on se doute qu'au final, on n'aura peut-être rien et les que autres auront peut-être tout, encore une fois. La vie n'est pas un chemin plus ou moins rectiligne vers un but ultime, mais un circuit semé d'embûches, de belles choses, de déceptions, de facilités. Une ellipse ou un cercle plus ou moins régulier, parfois vertueux, parfois vicieux. On a l'impression de vivre à chaque fois une épreuve différente, mais en fait, ce sont toujours les mêmes qui se répètent dans un contexte assez différent pour nous leurrer… Tel un obstacle que l'on franchit plusieurs fois dans un circuit si grand qu'on ne s'en souvient jamais.
— Fan de course automobile ? deviné-je.
— Je n'irai pas jusqu'à dire que oui. Mon frère l'était, en revanche, et c'était même un pilote exceptionnel la course automobile restant chère à un public restreint, son nom est plus célèbre pour le crime qu'il cache que pour ses exploits. C'est lorsque je l'ai vu concourir pour la première fois – à ses seize ans – que cette image de circuit de vie m'est apparue d'abord vaguement et m'est restée depuis, se précisant et se façonnant au fil des années. Même après tout ce qu'il a fait et ce que j'ai vécu. Même après sa mort.
— Pourquoi tentez-vous de me convaincre de tout cela ? soupçonné-je.
— Oh vous savez moi je m'en fiche, lâche-t-il avec dédain, mais votre situation et ma basse nature humaine me poussent à essayer de vous faire comprendre. Et apparemment, je risque d'y parvenir, puisque mes paroles semblent vous incommoder grandement, finit-il par se vanter.
— On était censés se conter nos malheurs et se suicider ensuite. Pas tenter de convaincre l'autre qu'il a encore une raison de vivre. Et c'était votre idée !
— Que vous viviez ou non, je m'en contrefous. Et je sais que vous aussi vous vous fichez de mon sort, me convainc-t-il. Pendant que vous réfléchissez à tout ça, c'est à moi de vous montrer comment tout a commencé.
Du haut de mes huit ans, j'étais plus impressionné que jamais. C'était à cet instant-là que je m'étais rendu compte qu'un spectacle grandeur nature valait mille télédiffusions. J'étais sagement assis aux côtés de ma mère. Quant à mon père et à Itachi, je ne les voyais pas… Probablement en train de fignoler le bolide dans lequel allait concourir mon aîné. Nous étions tous les deux serrés comme des sardines dans les gradins, avec d'autres spectateurs – pour la plupart excités comme des puces. Ma mère, voyant mon ahurissement et mon léger effroi, m'entourait d'un bras et quelques-unes de ses longues mèches anthracite venaient chatouiller ma nuque et ma joue.
« Tout ira bien, Sasuke, riait-elle. Il n'y a pas de quoi être aussi anxieux ! »
Je me contentais d'hocher la tête en silence, lui adressant un sourire que je voulais rassurant et elle m'en rendit un radieux. Je fus un peu plus serein après cela.
Une voix tonitruante retentit alors dans tout le stade, tellement bruyante que je n'avais saisi mot de ce qu'elle nous disait. Ce que je constatais en revanche, c'était que même sans comprendre, le public était en folie. Quant à moi, je me contentais de sourire timidement, encore impressionné.
Les voitures de course se mettaient en place une à une, le vrombissement de leur puissant moteur parvenant parfois à mes oreilles.
« Regarde, Itachi va concourir dans la quatrième voiture en partant de la droite » m'indiquait ma mère en pointant la voiture blanche rayée de bleu et de noir. J'hochai la tête en silence et recentrai mon attention sur ce qu'il se passait sur la piste. Rapidement, les feux de départ s'allumèrent sur le rouge. La foule se mit à crier de plus belle, la voix monstrueuse à parler avec encore plus d'enthousiasme, et mes tympans s'endolorissaient à chaque fois un peu plus. Je ne pus m'empêcher de m'étourdir légèrement, en laissant alors échapper une partie de ma concentration. J'avais du mal à suivre Itachi du regard, le confondant parfois avec un autre pilote encore sur la piste.
Au bout de quelques minutes, mon frère était à présent dans son engin et tout était fin prêt. Les spectateurs étaient toujours aussi excités dans les gradins, et je m'étourdissais de plus en plus au point de ne plus vraiment entendre ce que me disait ma mère par moments. Soudain, un coup de feu vint ajouter son bruit sec et tonitruant à celui de la foule et les voitures partirent à toute vitesse.
J'observais celle d'Itachi en dépasser certaines par moments, se faire doubler par d'autres et ainsi de suite… Mais à chaque fois qu'il revenait au point de départ pour démarrer un nouveau tour de piste, il était à une position différente de la précédente. Premier, second ou même cinquième. A chaque fois, il usait d'une tactique différente pour doubler ses adversaires, parfois en les serrant un peu trop, parfois en envisageant un espace plus large entre lui et ses concurrents. Chaque tour de piste lui permettait de se corriger afin de progresser dans sa course et d'aspirer à arriver premier.
J'étais fasciné par tant de technique. Il ne suffisait pas seulement de maîtriser la voiture il lui fallait aussi maîtriser sa progression et son calme. Je trouvais cela remarquable.
Après cette course, où mon aîné fut finalement arrivé en seconde position in extremis, cette image ne me quittait plus. A aucun moment la compétition ne m'avait ennuyé mieux encore, chaque tour de piste me semblait totalement différent du précédent. Ce n'était plus de la fascination mais une véritable obsession. J'adulais ce principe et je cherchais à l'appliquer à tout ce que je savais, sans vraiment chercher de cohérence avec la réalité. Cette image me plaisait tellement qu'à présent je voulais la dessiner sur tout ce que je voyais et apprenais, et tout comprendre grâce à elle. Je ne voulais rien voir d'autre que cela.
Rien n'avait jamais ébranlé cette vision du monde que j'avais – c'était ainsi que je l'appelais lorsque je fus un peu plus vieux et mature – rien… Sauf lorsque la course s'était finalement arrêtée, désignant un vainqueur.
Et un perdant.
« Une course macabre », deviné-je.
Le jeune homme garde le silence, après sa longue tirade. Je dois avouer que le début de son histoire m'intéressait peu, mais plus il avance dans son récit, plus son visage se crispe, et plus je suis captivée. Je connais bien sûr l'issue de cette malheureuse aventure – il me suffit de l'observer, lui, au bord du suicide pour la deviner – mais il me faut connaître son cheminement.
« Avant que vous ne poursuiviez, j'ai une question, continué-je.
— Allez-y.
— Est-ce que vous avez démarré une nouvelle course, après ça ?
— … Oui.
— Est-ce qu'elle doit s'arrêter aujourd'hui ?
— Oui » admet-il.
Il semble attendre un commentaire quelconque de ma part mais je suis satisfaite et n'ai plus rien à ajouter. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il obtiendra une réponse un peu plus tard… Je prépare ma petite vengeance en silence et tout en l'écoutant je me vengerai parce qu'il a ébranlé mes pensées en l'espace de quelques minutes…
« Je vous en prie, continuez »
Outre mes élucubrations qui avaient le mérite de tuer l'ennui lorsqu'il s'emparait de mon esprit, les années passèrent et Itachi progressait aussi bien dans les palmarès des courses que dans sa renommée, qui devint d'abord nationale, puis internationale, puis mondiale. Itachi Uchiha, le plus jeune champion de course sur piste. Notre famille commençait à jouir des avantages et à subir les inconvénients de sa célébrité. Quant à lui, il était resté fidèle à lui-même. Il n'avait pas changé.
De toute manière, même lorsqu'il n'était pas aussi reconnu, il n'avait jamais eu énormément de temps à me consacrer et mon chagrin devant cette constatation avait fini par devenir habitude et s'estomper. J'étais quand même heureux heureux de le voir s'entraîner dur, de le voir déterminé, le voir tout donner sur le circuit lors des compétitions. La réussite lui allait bien. Moi, je me demandais si la merveilleuse course que devenait notre vie devait avoir une fin ou non. J'étais lucide : chaque course, même s'il fallait faire le tour du circuit à de nombreuses reprises, avait une fin j'étais alors persuadé – tout comme pour mes autres comparaisons absurdes, en dehors de cela – qu'il devait y avoir une fin. Mais peut-être était-elle loin, loin devant nous, si loin que nous n'aurions pas le temps de la découvrir.
Mais peut-être était-ce une belle fin.
J'avais vite accordé moins d'importance à une chose aussi incertaine et aléatoire et j'avais même oublié cette facette de ma vision qui ne me plaisait pas vraiment. C'était l'avantage lorsqu'on était jeune adolescent on commençait à comprendre mais pas pour suivre le mouvement imposé pour remanier les choses, changer les pensées, changer notre monde intérieur.
Rien n'était impossible.
Pourtant, ce que j'avais vu ce soir-là, soir dont la nuit si particulière arborait les sublimes et rares reflets de la lune rougeâtre, ne m'avait jamais semblé envisageable. Tout s'était arrêté. Le temps. Le monde. La vie.
Tout.
« Pourquoi avez-vous ensuite décidé de démarrer une nouvelle course ? Pourquoi n'aviez-vous pas continué la précédente ?
— Parce qu'elles étaient différentes… La première, c'était celle de la vie, c'était celle de mon frère. La seconde, c'était celle de la mort, c'était la mienne. Je l'ai gagnée ! Mon frère est mort et je ne tarderai pas à le rejoindre. Après le drame, j'avais compris que je me plantais depuis le début.
— A propos de quoi ?
— A propos du but de la course. J'ai su qu'il fallait viser un but prévisible, et non une issue parfaite. Quoi que ce soit, si le but est connu à l'avance, on ne risque pas de perdre. Je ne voulais pas perdre une seconde fois, alors j'ai choisi l'issue qui convenait à la situation. C'était ça, la différence avec les véritables compétitions, et c'est ce qui d'ailleurs me fascinait encore plus ; dans le monde réel, nous avons le droit de choisir notre but. Il faut gagner, oui, mais ce que nous seuls avons décidé de mettre en jeu. J'ai opté pour ma mort. Oh bien sûr, pas immédiatement après le massacre. Mais je l'ai mise en ligne de mire, même si c'était difficile à concevoir au début… Je l'ai acceptée et poursuivie.
— Sortez un peu de cette compétition contre vous-même… Arrêtez-vous pour faire une révision de l'engin. »
J'ai finalement pris goût à ses comparaisons aussi farfelues qu'intéressantes et me suis faite à son raisonnement. Et pour cause : il affiche pour la première fois depuis notre conversation une mine légèrement étonnée, les sourcils un peu levés, la bouche entrouverte et ne semble plus se ficher royalement de ce que je pouvais bien lui dire.
« Je suis étonnée, je vous pensez moins stupide que cela.
— Allez vous faire f…
— Vous savez bien que les pilotes ne sont pas toujours sur circuit » coupé-je.
Silence. Je suis satisfaite, je peux continuer.
« Vous avez fait votre course et vous l'avez perdue. Au lieu de chercher à prendre votre revanche de quelque manière que ce soit, tirez-en des leçons. Il est probablement trop tard, certes, vous vous êtes vengé, vous êtes sur le point de mourir. Et je trouve ça très stupide. Croyez-vous que tous les perdants ont un jour la chance de se venger, de concourir à nouveau et surtout de gagner ? Là, vous la voyez, l'absurdité de votre raison ? Faites un temps mort. Vous êtes complètement épuisé, complètement détruit par vos desseins. Reposez-vous. Entraînez-vous à ouvrir les yeux sur le monde, et pas uniquement le vôtre. Et lorsque vous saurez enfin faire cela, vous serez alors fin prêt pour démarrer une nouvelle course avec un vrai but, une vraie victoire. Non, le suicide n'est pas une victoire. Arrêtez de vous voiler la face… Je suis idiote de vous dire tout ça, je sais très bien que vous ne m'écouterez pas et que vous allez tout de même vous jeter de ce foutu pont…
— Fermez-la un moment. »
Je n'ai même pas le temps de m'offusquer que je l'entends ajouter un « s'il vous plaît… » dans un murmure.
Les évènements qui ont suivi me laissent alors complètement sceptique. Durant quelques minutes, la scène se fige. Je n'ose bouger, lui non plus Sasuke a les yeux dans le vide mais cette fois, son regard s'était perdu dans les infimes remous de l'eau verdâtre du canal au lieu de l'horizon. Puis soudain, il se redresse et s'en va.
Je ne l'ai pas interpellé. Il s'est mis à marcher d'un pas vif vers le bout du pont puis s'est arrêté net, se rendant probablement compte que ce qu'il fait n'a aucun sens, ou alors qu'il a déjà oublié la raison pour laquelle il a tourné les talons.
Un sourire mélancolique naît sur mon visage. Je me mets alors à marcher lentement pour le rejoindre, les jambes un peu endolories par tant d'inactivité. Il ne semble pas m'entendre arriver derrière lui en revanche, moi, je l'entends laisser échapper un sanglot, un seul, sans rien d'autre qu'un reniflement discret et un soubresaut à peine perceptible. Je ne sais pas pourquoi j'ai entouré sa taille de mes bras et pourquoi je me suis mise à écouter sa respiration saccadée en posant ma tête contre son dos. Je sais encore moins pourquoi il m'a laissée faire. J'ai très envie de pleurer, moi aussi. Mais je souris.
Je souris parce que l'envie de tout relâcher, de laisser libre cours aux larmes, d'espérer les voir nous débarrasser de notre désarroi nous revient à tous les deux.
C'est aussi temporaire que notre étreinte nous sommes ensuite revenus en silence à notre place. Chacun veut connaître la suite du récit de l'autre.
« Notre marché tient toujours. »
J'acquiesce silencieusement et décide de reprendre mon récit afin de lui laisser le temps de se remettre de ce petit intermède, de redevenir acerbe et froid, de retourner dans sa carapace. Personne ne peut l'en empêcher. Elle est tout ce qu'il a pour sa défense.
Un peu fatiguée, je décide de m'asseoir à même le sol.
Cette photo m'a hantée.
J'haïssais l'obsession qu'elle provoquait chez moi, obsession que je n'avais même pas su nommer à l'époque à peine réussissais-je à l'oublier un peu que l'un de mes parents m'apparaissait et faisait resurgir en moi cette simple et unique question : Comment ?
Naruto refusait de m'expliquer quoi que ce soit. Je l'avais sermonné, j'avais pleuré devant lui, je l'avais frappé sans qu'il se défende, je ne lui avais plus adressé la parole… J'allais même jusqu'à me liguer avec les autres enfants contre lui. En vain.
Cela avait duré plusieurs années, durant lesquelles j'avais fait la connaissance d'Ino.
Ino était le genre de personne à ne jamais rencontrer dans une vie. Elle était, derrière ses airs de leader, attentionnée, douce, compréhensive, patiente. J'étais celle qu'elle voulait protéger. Je n'oubliais pas mon obsession pour autant, non. Mais une amitié se créait et des souvenirs, des rires, du bonheur, tous ces sentiments agréables me revenaient et prenaient le dessus. Elle était, malgré ça, celle qui m'avait ouvert les yeux.
J'étais alors telle une non-voyante à qui on avait enfin rendu la vue mais qui, trop ignorante et utopiste, était horrifiée par le visage hideux du monde qu'elle découvrait.
C'était le début de la fin.
(1) « Inside-out » est le nom d'une technique d'étude cellulaire. Ca n'a bien sûr pas été utilisé à tout hasard en tant que titre, mais je ne cherche pas vraiment à faire comprendre son sens – même s'il est décelable avec un peu de réflexion… Disons que c'est une note publique à moi-même.
