Bonsoir!

J'espère que vous vous portez bien, que votre vie se passe du mieux que vous pouvez et... OK, d'accord.

*Grande inspiration*

Voilà le chapitre 3! Voici les explications que vous attendiez tant!

Merci encore à ceux qui me suivent et commentent!

Sans attendre, je vous laisse en compagnie de votre programme du soir (ou du matin selon l'heure à laquelle vous lirez ce chapitre ^^)

Disclaimer: FMA ne m'appartient toujours pas.

Enjoy!


Un mois et demi avant la mission « braconniers »

Accident de car mortel, affichait la une du Central Times.

« Quelle horreur… »

Riza était blême. Il s'agissait d'un car qui transportait une quarantaine d'élèves d'un collège de North City et leurs professeurs pour un voyage scolaire à Central. Ils n'y étaient jamais parvenus. Dans un tournant au-dessus du vide, à une cinquantaine de kilomètres de Central, selon les enquêteurs, le chauffeur avait perdu le contrôle du véhicule et quitté la route. Personne n'y avait réchappé. Riza prit une bouchée de sa tartine, mais elle avait perdu son appétit. À cause de cette nouvelle, sans doute, mais sûrement à cause de sa grossesse aussi en partie. Depuis quatre mois, la jeune femme voyait son appétit varier aléatoirement dans la journée et la nuit, la faisant passer d'un état de satiété à une faim de loup. Elle entreprit de ranger le petit-déjeuner et de nettoyer les tasses. Roy était parti au QG depuis plus d'une heure, et elle avait pris trois jours de permission pour aller chez le médecin et s'occuper d'elle, mais la nouvelle dans le journal réveillait un autre écho.

Riza avait remarqué depuis quelques temps les disparitions soudaines de plusieurs personnes rapportées dans le journal et à la radio. Aucune n'avait été retrouvée pour le moment.

La militaire voulait vérifier plusieurs choses, sans en parler à quiconque, et avait pris une décision très dure.

Ella alla tout d'abord chez le médecin, pour une visite de routine pendant sa grossesse. Une fois sortie, elle passa au QG annoncer à Roy son intention d'aller passer sa permission à Central, chez Grumman en tant que petite-fille et non comme militaire. Roy fut déçu, pensant pouvoir passer ces jours plus avec Riza, puisqu'elle ne travaillerait pas jusqu'à une heure tardive le soir. Riza passa un coup de fil sur la ligne privée du généralissime, lui annonçant son arrivée pour le soir. Grumman, lui, fut ravi de son appel et déclara qu'il ferait son possible pour avoir terminé ses dossiers à une heure raisonnable pour pouvoir la voir.

Moins d'une heure plus tard, Riza était dans le train pour Central, et cinq heures après, elle prenait la voiture que lui confiait Grumman pour aller à la morgue où étaient les corps des victimes de l'accident de car. Une fois arrivée, elle demanda à parler au médecin légiste qui s'était chargé d'examiner les corps. Le docteur Andrew Thomson, un homme aux grandes lunettes rondes, d'une quarantaine d'années, les cheveux bruns, fut quelque peu réticent à la laisser les voir, puis lorsque la blonde lui annonça qu'elle voulait seulement des informations sur l'état des corps, il changea d'avis, curieusement assez facilement.

« Je veux savoir si vous avez trouvé des blessures étranges sur eux, quelque chose de suspect. »

Le médecin réfléchit un instant, avant de demander à Riza de le suivre dans son bureau. Il sortit des photos d'un épais dossier marqué CONFIDENTIEL et les étala sur une table laissée par miracle libre dans le bazar qui régnait dans la pièce.

« J'espère que vous ne serez pas trop dégoûtée par leur vue. Certains ont été défigurés par l'accident. Ou du moins par la collision du car avec le sol, parce que après avoir vu certaines blessures, je ne suis plus si sûr que ce soit un accident. Je pense qu'ils étaient déjà morts avant que le car ne quitte la route, mais dans ce cas, je ne sais de quelle manière. »

Riza se pencha sur les photos. Comme Thomson l'avait dit, certains n'étaient pas beaux à voir. Elle plaignit les parents qui avaient dû voir leurs enfants dans cet état. Ça avait dû être encore pire. Son cœur se serra, et elle pria de ne jamais avoir à trouver son enfant défiguré comme ces enfants.

« Quelles sont les blessures qui vous font douter ? demanda-t-elle. »

Thomson désigna dix photos.

« Tous ceux-là ont reçu une blessure qui n'est certainement pas due à l'accident. Ils ont trop saigné. Je pense que ces plaies ont été causées par une lame.

- Une lame ?

- Oui. Une lame de poignard, pas un simple couteau de cuisine. Celui qui tenait l'arme savait ce qu'il faisait : un coup bien placé pour faire saigner. Il a donc visé les artères. Regardez, on voit bien la plaie sur la cuisse de ces six-là, et sur le cou des quatre autres. »

Instinctivement, Riza porta la main à sa cicatrice au cou, trace indélébile d'un jour qui avait fait basculer sa vie et celles de nombreuses autres personnes. Elle savait la douleur que ces quatre enfants avaient subie, et qu'elle devait être encore pire. Ils n'étaient pas militaires, pas préparés à avoir mal. Un détail la frappa soudain.

« Vous avez dit dix blessés par arme blanche ? Personne d'autre ?

- Oui, pourquoi ? »

L'intérêt du médecin était visible. Cette femme officier, enceinte presque jusqu'aux yeux semblait avoir une piste sur ce sur quoi il enquêtait depuis deux jours. Elle lui ordonna d'un ton pressant :

« Donnez-moi une feuille et un crayon. »

Une fois ce qu'elle demandait en main, Riza se mit à dessiner quelque chose.

« Avez-vous quelques connaissances en alchimie ?

- À peine. Je ne connais que des cercles de base.

- Et celui-ci ? »

Riza tendit à Thomson son dessin. Le médecin vit un cercle dans lequel se trouvaient deux pentagones imbriqués l'un dans l'autre. Les endroits où les figures se touchaient étaient entourés. L'homme réalisa : il y avait dix points de contact.

« Quel est ce cercle ?

- Le cercle de transmutation de la pierre philosophale, annonça Riza.

- Comment ça ? »

Riza prit une décision : si le docteur Thomson acceptait d'être impliqué dans quelque chose de plus grand que lui et de devoir en garder le secret, elle lui dirait tout sur les événements qui avaient provoqué ceux du Jour Promis. Elle interrogea donc l'homme, qui déclara qu'il était prêt à tout entendre et à garder le secret, après un moment de réflexion. Riza entreprit donc de lui raconter la vérité sur les origines d'Amestris, sur les homonculus, Bradley, le cercle de transmutation à l'échelle du pays, et ce qui s'était passé le Jour Promis.

« Les récentes disparitions et les accidents qui sont survenus dans la région de Central et dans d'autres villes m'ont parues suspects lorsque j'ai remarqué que le scénario de la disparition était assez semblable à chaque fois. Les accidents suivaient un chemin de l'est vers l'ouest, qui passait par la route où circulait le car transportant ces pauvres enfants. Ayant rencontré ce filon d'âmes, les ravisseurs de tous ces gens ont décidé qu'ils en avaient assez pour faire une bonne pierre philosophale.

- C'est affreux, murmura Thomson. »

Il était choqué. Un groupe de personnes mal intentionnées étaient en train de créer des pierres de vie.

« Pourquoi ? demanda-il.

- Pour l'instant je l'ignore. Sachant que je mène cette enquête de manière indépendante de l'armée et que je dois être la plus discrète possible, sans parler de mon état, je ne peux pas me renseigner aussi bien que je le voudrais. Je n'ai que des suppositions, alors je ne peux rien dire. »

Riza prit congé de Thomson, emportant des copies des photos et promettant au médecin de le mettre au courant de l'avancement de son enquête.

Sa destination suivante fut le cinquième laboratoire, ou du moins ce qu'il en restait. Plus aucun militaire ne le gardait, puisque le lieu n'avait plus de réelle valeur aux yeux de l'armée. Seule une barrière interdisait aux curieux d'entrer dans le site. Pourtant, à l'endroit le moins exposé aux regards, Riza trouva une grande entrée créée par alchimie et de taille suffisante pour faire passer un véhicule de grande taille. Elle poussa pour l'entrouvrir de façon à pouvoir passer avec son ventre et entra. Un chemin avait été tracé et une sorte d'abri, un nouveau bâtiment s'élevait au milieu des ruines. L'alchimie avait été très pratique dans cette situation, mais, paradoxalement, son utilisation était suspecte. Quelqu'un avait eu besoin d'accéder au cercle de transmutation qui se trouvait au cœur même de ces ruines. Et au vu des traces récentes sur le sol, il n'était pas venu seul. Ce qui signifiait sûrement qu'il n'avait pas copié ce cercle. Il l'avait utilisé. Riza formula cette hypothèse en s'avançant dans le tunnel, sa lampe torche allumée. Plus elle avançait, plus elle se sentait oppressée. Une odeur qu'elle connaissait trop bien s'imposa, se fortifia au cours de sa progression. L'odeur métallique du sang. Riza fini par déboucher sur une grande salle creusée dans les décombres. D'épais piliers soutenaient le plafond bas, dont la hauteur ne permettait pas aux hommes tels que Armstrong de se tenir droits. Plutôt que le plafond, ce qui intéressait Riza était le sol. La blonde put voir à la lumière de sa lampe le cercle de transmutation de la pierre philosophale, et dix flaques de sang très récentes car à peine sèches. Son hypothèse se confirmait donc. Toutes les personnes disparues et les victimes du car du Nord s'étaient retrouvées enfermées toutes ensemble dans cette salle et y étaient mortes, leurs âmes assemblées en une pierre philosophale. L'odeur de sang se fit soudain insoutenable, et Riza eu un haut-le-cœur. Elle s'appuya contre un pilier pour vomir le peu qu'elle était parvenue à manger au cours de la journée.

« Ce n'est pas la meilleure chose pour toi, bébé. Je suis désolée, murmura-t-elle en caressant son ventre. »

Elle se nettoya la bouche et but un peu pour chasser le mauvais goût qui s'était installé, puis elle fit le tour de la salle, cherchant tout ce qui pouvait être un indice. Les empreintes dans la poussière étaient trop nombreuses et mélangées, donc inexploitables. Il n'y avait pas de douilles. Si les personnes présentes ici pour garder les prisonniers avaient eu des armes à feu, ils ne s'en étaient pas servies. Riza ne trouva rien qui puisse prouver la présence de plus de soixante personnes dans cette salle. Mais dans un coin, à l'écart des autres empreintes mêlées les unes aux autres, une se distinguait. Les traces étaient orientées vers l'emplacement où devaient avoir été les prisonniers, mais se retournaient au bout de quelques mètres. Un des jeunes, au vu de la taille des empreintes, avait réussi à s'enfuir et se cacher. Riza suivit les traces jusqu'à une grille d'aération mal ajustée à un mètre du sol. Elle l'enleva et éclaira l'intérieur du conduit. Une forme tremblante était recroquevillée un peu plus loin. Il s'agissait d'un jeune garçon, que Riza appela, tentant de le réveiller pour qu'il sorte. Ses cris finirent par porter, et le garçon se redressa, les yeux fermés à cause de la lumière trop forte, que Riza baissa.

« Tu n'as rien à craindre de moi, déclara-t-elle. Je suis là pour t'aider.

- Vous n'allez rien me faire ? demanda le collégien, sur la défensive.

- Seulement prendre soin de toi. Tu as besoin d'être en sécurité, de boire et de manger. »

Le garçon recula dans le conduit, et Riza l'aida à sortir et le soutint lorsqu'il mit le pied à terre. Il devait avoir 14 ans, et ses cheveux châtains cachaient ses yeux.

« Qui êtes-vous ? demanda-t-il.

- Je m'appelle Riza Hawkeye, je suis colonel au QG de East City. »

Il nota alors le ventre de Riza. Elle ne portait pas d'uniforme et était enceinte jusqu'aux yeux. Que faisait-elle dans cet endroit ?

« Vous êtes militaire ?

- En permission. Comment t'appelles-tu ?

- Jack… Jack Victor. Vous pouvez me dire ce que vous faites ici ? Comment avez-vous su que j'étais là ?

- Je vais tout te dire, pendant que tu mangeras. Mais pour l'instant sortons d'ici. »

Riza et Jack sortirent de la salle et du tunnel, retrouvant l'air pur et respirable de mai. Riza gardait un stock de barres de céréales de ration militaire dans sa voiture en cas de creux. Elle en proposa à Jack, et pendant qu'il reprenait quelques forces, elle lui raconta la raison de sa présence dans le laboratoire n°5. Lorsqu'ils eurent terminé, Riza déclara :

« Je vais t'emmener chez quelqu'un de confiance. Là tu me raconteras ce qui t'es arrivé. Tant que tout ceci n'aura pas été résolu, tu devras passer pour mort.

- Pendant combien de temps ?

- Je l'ignore. Je ne suis qu'au début de mon enquête, et personne de l'armée n'est au courant.

Riza démarra la voiture.

« Personne ? Pas même votre supérieur ?

- Pas même le général Mustang.

- Mustang ? Vous êtes aux ordres directs du Flame Alchemist ? Jack réfléchit un instant, faisant le lien entre les noms. Ah mais oui ! C'est vous l'œil du Faucon ! Et vous êtes sous les ordres du Héro d'Ishbal ! Quand on a étudié la guerre d'Ishbal en histoire, mon prof a parlé de vous.

- C'est toujours sympa de se voir cités comme exemple d'assassins… soupira Riza. Le problème, c'est que cette réputation nous suivra jusqu'à la fin. »

Un silence gêné s'installa dans la voiture.

« Je suis désolé si je vous ai embarrassée, dit finalement Jack. C'est vrai qu'il nous a parlé seulement de votre adresse au tir et de vos nombreuses victimes.

- Quoi que nous ayons fait après la guerre, nous sommes des criminels de guerre, et lorsque la démocratie sera installée à Amestris, nous serons jugés pour nos actes et condamnés.

- Mais !

- Ce sera aux jeunes de prendre le relais pour faire de ce pays un endroit où il fait bon vivre et travailler, en paix avec ses voisins et qui n'opprime pas les peuples qui le composent. Nous avons fait le sale boulot, à vous de réparer et améliorer. »

Riza se souvint de cette soirée où elle avait raconté Ishbal à Edward Elric. Elle lui avait dit exactement la même chose. En cinq ans elle n'avait pas changé sa pensée. Roy, elle et tous ceux qui étaient devenus des meurtriers de masse pendant la guerre étaient responsables. Il faudrait seulement que son enfant comprenne qu'ils pourraient bien un jour être séparés.

La voiture était arrivée dans la banlieue résidentielle de Central, délaissant les immeubles pour les pavillons avec jardin. Riza se gara finalement devant une maison identique à ses voisines, à cela près que le jardin était mal entretenu. Elle sonna à la porte, Jack derrière elle. Un visage que la militaire connaissait bien s'encadra dans l'ouverture.

« Bonjour docteur Knox, vous allez bien ?

- Colonel Hawkeye ? Vous n'êtes pas à East City ? Qui est ce jeune garçon ?

- Je viens pour quelque chose de grave. »

Knox fronça les sourcils.

« J'ai l'impression que chaque fois que vous avez besoin de moi, c'est parce qu'il se passe quelque chose d'important et de dangereux, grommela de médecin. Vous allez me faire vieillir plus vite que prévu. Entrez. »

Il s'effaça pour laisser entrer Riza et son jeune protégé. Ils s'installèrent dans le salon pendant que Knox préparait le thé. Lorsqu'il revint, un plateau avec trois tasses fumantes à la main, Riza fit les présentations.

« Jack, voici le docteur Knox, un médecin légiste qui nous a bien aidé il y a cinq ans. Docteur, voici Jack Victor, le seul rescapé de l'accident de car qui a eu lieu ce matin tôt. Je l'ai trouvé au cinquième laboratoire.

- Qu'est-ce que je disais… Au cinquième laboratoire ? Que s'est-il passé ?

- Je vais laisser Jack raconter ce qui lui est arrivé depuis son départ en voyage scolaire. Je sais qu'il va être difficile pour toi de revivre ces événements, mais nous avons besoin de ces informations. Te sens-tu prêt à nous en parler ?"

Jack hocha la tête. Il avait parlé librement avec Riza dans la voiture. La future mère avait réussi à l'éloigner un peu de ce qu'il venait de vivre, mais le souvenir restait présent, trop vivace. Il devait pourtant l'exhumer et raconter ce qu'il avait vécu.


Le seconde partie de ce long flash-back explicatif, avec n retour au présent arrivera sous peu, ne vous inquiétez pas. J'espère que vous avez trouvé des réponses à certaines de vos questions.
Au chapitre 4!