-1Sitôt rentré, le quotidien a repris ses droits, comme si la mort de Duo n'avait pas de conséquence, et c'était vrai, même si Quatre ne l'aurait pas admis sous la torture

Trowa rayonnait en chef de famille, il incarnait le père idéal, patient, autoritaire sans être dur, aimant mais ferme. Il excellait dans le rôle de mari, attentionné malgré sa réserve, passionné sous le calme qu'il affectait. Quatre aussi, en père un peu maman aussi. Complètement schizophrène aussi, mais pas dans le même lieu alors ce n'était pas très grave. Un de ces traits les plus marquants est qu'il refuse de voir quand cela le touche émotionnellement. Quatre a toujours refusé l'inévitable, et c'est pour cela qu'il a survécu, à ses propres drames. Quatre, qui s'il n'avait pas ses millions serait juste un type bien. Quatre a aimé Duo plus que moi, plus que quiconque. Il ne la pas aimé de la même manière que Trowa, mais il l'a aimé plus nous, assez pour ne pas accepter, pour ne pas se résigner, pour se battre. Il n'a pas voulu le voir tel qu'il était. Il croit aussi qu'il protège Trowa, qu'il compense ses maux, ses meurtrissures anciennes. Il ne voit pas que Trowa n'a pas besoin de protection, Trowa n'a aucune culpabilité, il prend ce qu'il veut, il fait ce qu'il veut. Il aime Quatre, il aime cette vie qu'il a choisi, tout ce qui se mettrait en travers de sa route sera éliminé…sans le moindre remord.

Je pensait que j'aimerais avoir cela aussi, d'abord quelqu'un qui m'aimerais et que j'aimerais, puis des enfants aussi…Mais je ne me sens pas encore prêt, on m'avait pris mes 15 premières année, j'avais besoin de temps et le temps passe vite quand on est heureux.

Je suis retourné sur L4 deux années plus tard. L4 est loin de la Terre et j'étais le seul à pouvoir faire le voyage, Quatre et Trowa ne voulant pas laisser les enfants trop longtemps.

Quand la navette s'est posée, je les ai vite repéré, m'attendant sur le tarmac avec impatience. Ils se sont jeter sur moi et j'avoue que cela m'a fait vraiment plaisir ! Je n'ai pas compter les bisous et les étreintes. J'ai rattrapé un peu ces deux dernières années.

Cette fois là j'ai commencé à apprendre l'escrime à Solo et l'informatique. Quatre dit qu'il ressemble à Duo, c'est vrai pour le physique, les même yeux, les mêmes cheveux que quatre refuse de couper alors que je pense que cela gène solo plus qu'autre chose, mais pas pour le reste. Solo ne ressemble pas à duo pour moi, c'est un enfant calme, paisible. Sociable mais avec peu de monde. Il est doux et déterminé à la fois. Il donne beaucoup sans le montrer. Mais je suis avec lui, je ne pense pas à Duo. Je n'ai jamais partagé avec lui ces moments, insignifiants pour les autres, mais si importants pour nous, ces moments que nous garderons toujours en nous, dans notre cœur. Ces moments qui seront les souvenirs de ma vrai vie, les seuls souvenirs qui compte pour moi. Ma vie d'avant je veux qu'elle s'éloigne, je veux qu'elle ne soit plus qu'un vieux cauchemar, palissant peu à peu, et aussi irréel que les rêves.

Les moments que je passe avec ma famille, je les chérit. Et cette complicité particulière que j'ai avec Solo n'est pas le fruit du passé, c'est une découverte merveilleuse et nouvelle. J'aime son sourire, j'aime sa douceur, j'aime ces nouveaux sentiments qu'il fait naître en moi. C'est une nouvelle relation qui n'est pas avec moi le soldat, le héros de la guerre, c'est une relation juste pour moi.

Trowa dit que je n'arrête pas de sourire, il a raison, je crois que je suis heureux.

Je reviens après ce voyage, mon chien est mort, cela me fait de la peine, ce bon compagnon. On m'a proposé un autre chiot, que j'ai d'abord accepté par peur d'être seul mais je m'y suis attaché, j'apprends que l'amour de se réduit pas quand on le partage mais au contraire grandit.

Je me suis levé un matin, j'ai eu envie de d'enseigner, puisque j'aimais ce contact avec les autres, j'aimais enseigné. Cette idée s'est imposée naturellement. Avec mes compétences je n'ai pas eu trop de difficultés à trouver un emploi d'enseignant dans un collège et lycée technique. Je suis avec des petits groupes d'adolescents et ça fonctionne plutôt bien. Ma vie prend un nouvel envol, c'est un nouveau pas vers une vie normale.

Les jours prennent un nouveau rythme, je me lève le matin et quatre fois par semaine, je prend ma moto pour aller à la ville voisine distante de 40 kilomètres. Je retrouve mes collègues pour un premier café, puis ses mes cours, et je ne pense plus qu'à mon cour d'informatique ou de physique et bien sûr à mes étudiants. Mes collègues sont sympas, ils ne se doutent pas de mon passé. De toute manière un enseignant de 24 ans ce n'est pas remarquable. Ma discrétion passe pour de la timidité. Le grand public n'a jamais connu nos véritables visages.

J'ai l'impression que le destin me donne une deuxième chance

Le temps vous file entre les doigts quand on est heureux, j'ai des crises de boulimie de connaissances, de sensations. Je me lève et les jours se transforment en mois et les mois en années.

Cette année je me suis laissée convaincre de passer Noel avec Quatre et Trowa et les enfants. Ils n'y croient pas mais adorent couvrir les enfants de cadeaux. J'ai fait les courses avant de partir pour L4, il a fallut tout mon entraînement pour résister à ces hordes déchaînées, prêtes à vous lyncher pour le nounours rose; J'ai eu le plus grand mal à arracher le logiciel que je voulais offrir à solo mais la plus grande lutte fut pour la montre « miss univers » que m'a conseillé la vendeuse pour d'Iria! J'ai faillit y perdre la tête; Mais me voilà enfin emmitouflé, les bagages bien en sécurité dans la soute.

La porte de la maison toute décorée et illuminée à peine ouverte, j'ai eu les bras plein d'enfants me couvrant de bisous et de caresses. Dernière se tenait Trowa et Quatre rayonnants, et devant eux solo me regardait timidement. Je lui est tendu les bras et il est venu en souriant, c'est un grand garçon maintenant; je l'ai serré très fort comme pour le protéger.

La fête était superbe, depuis que les cadeaux sont ouverts, je suis avec solo sur le pc. Les plus petits sont endormis, quatre et trowa les ont couchés, les portant jusqu'à leurs chambres.. Ils m'ont présenté leur petit dernier, un beau poupon aux joues roses, blond comme les blés au yeux verts prénommé Quentin. La douce petite Clara a quand même un peu protesté, mais ses yeux se fermaient d'eux même. On dirait une poupée de porcelaine avec ses couettes bien nettes, sa petite robe rose en lainage avec ses chaussures assorties. Elle est très proche de Quatre, elle est toujours collée à lui, voulant lui plaire et recherchant des caresses. Elle est servie ! Trowa semble davantage incarné l'image du père, elle en a plus peur. Quatre s'amuse de cette situation, je crois qu'au fond le rôle de la maman lui convient bien.

Il me fait part de son inquiétude vis-à-vis de Solo qu'il trouve bien trop calme. Je lui dit que je trouve seulement calme et réfléchit mais qu'en nous sommes ensemble à jouer sur une console et à faire de l'escrime, il est très dynamique, réactif et même très combatif. Et comme je m'en doutais, Quatre reparla de Duo. Je lui dit que Solo n'était pas Duo. Même si pour Quatre c'était admettre que Duo mourrait une deuxième fois.

Solo s'est endormi dans mes bras, je l'ai emmené dans sa chambre, puis je l'ai regardé dormir quelques instants. Je lui ai donné un baiser sur le front et je suis redescendu. Trowa et Quatre m'attendaient dans la cuisine pour un dernier verre. Je les ai remercier pour la soirée. Quatre est heureux et cela se voit. Il m'a fait la remarque que j'appréciait beaucoup solo comme j'appréciais son père. Pour un raison inconnue cela m'a contrarié, oui énervé. Non je ne ressent rien à l'égard de solo qui puisse se comparer à ce que j'éprouvait pour Duo. Je n'ai rien dit, mais cette conversation est restée en moi.

Depuis ce Noël j'ai pris l'habitude de passer les fêtes de fin d'année avec eux tous les deux à trois ans.

L'été est là, il fait chaud, étouffant même. Je viens d'apprendre que Sally a demandé le divorce. Elle a dit qu'il l'a battait, qu'il était irrécupérable. Ils ont trois enfants, trois filles. Wufei ne pas jamais contacté après la guerre et répondait peu lui-même. Il est parti, on ne sait pas où il est. Sally dit que ce n'est pas grave, wufei était incapable de travailler, ils vivaient surtout grâce à des revenus de médecin. Quatre était effondré en m'annonçant la nouvelle, encore un pan de son beau rêve qui s'écroule. Je ne ressent pas grand-chose, je n'ai guère de relations avec eux, mais quand même les petites me font de la peine.

Deux ans ont passé, comme en un instant. On vient de retrouver Wufei dans un asile sur L2. Il a été ramasser dans la rue complément ivre, débitant des propos incohérents. N'ayant rien pour l'identifier, ni papier ni argent, et méconnaissable, personne ne voyant dans cette loque un pilote de gun dam ils l'ont enfermé dans un hôpital psychiatrique. Ses coups de colère lui ont valu d'être constamment drogué. Ni Sally ni les filles ne veulent plus entendre parler de lui. C'est le deuxième d'entre nous qui s'est foutu en l'air. C'est égoïste de dire ça mais ce n'est finalement pas moi qui aurait craqué, et ça c'était pas gagné au départ. Le revoir dans cette état me fait replonger des années en arrière, dans ce passé que je veux oublier, avec ses souffrances, ses destructions.

Il se réveille, il ne semble pas me reconnaître dans un premier temps, puis comme dans un éclair de lucidité, il m'appelle mais à l'instant d'après il crie, il parle de l'attaque d'Oz, de Treize et c'est l'éternelle diatribe sur la justice, qu'il récite comme un robot. Wufei réveilles toi, sort du passé. Mais je ne peux rien faire, j'ai même l'impression que ma présence le conforte dans son délire.

J'en parle avec son médecin traitant. Je lui donne des indications pour que l'équipe puisse fonctionner sans craintes des capacités guerrières de Wufei.

J'explique à Quatre qu'il ne faut pas chercher à voir Wufei maintenant. Il comprend. Trowa, lui est resté impassible, extérieur à tout cela, voire un peu agacé car ça peine Quatre.

Je veille au loin, aidant et payant une partie des frais médicaux pour qu'il ne tombe pas dans la misère. Je ne sais s'il s'en sortira.

Mais cette nouvelle vie m'a appris aussi l'espérance.