Hello boys and girls (on a le droit de rêver ) !
Non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi avec un nouveau chapitre tout beau tout neuf !
D'ailleurs vous serez ravies d'apprendre que je me suis bien avancé dans l'écriture et j'en suis au chapitre neuf et j'ai encore pleeins d'idées pour la suite (fière, fière xD)
Disclaimer : Tout ce qui vous est familier appartient à Steph Meyer
Merci aux revieweuses et à ma bêta pour avoir corrigé mes vilaines fautes d'orthographe =)
Place au chapitre,
Enjoy !
"Build a fortress and shield your beliefs"
Chapitre III
Demetri avançait à pas mesuré devant moi. Il tenait toujours fermement la manche de ma chemise élimée pour me guider le long du corridor sombre.
- Je ne suis pas doué pour les longues tirades. Pose-moi des questions et je tacherai d'y répondre au mieux, lança t-il de son ténor cristallin.
Je réfléchis quelques secondes. La dernière fois qu'un homme de son espèce m'avait autorisé à lui poser des questions, je m'étais évanouie. Je préférais commencer doucement :
- Quelle va être ma tâche, ici ? murmurais-je, certaine que malgré ce soufflement quasi inaudible, il réussirait à m'entendre.
Il tourna brièvement le regard vers moi pour me sourire, sans s'arrêter de marcher. Ce n'était pas un des rictus carnassiers que ses autres comparses tels que Guiseppe ou Aro m'avaient montrés. Ce n'était pas non plus le sourire bienveillant et protecteur que madame Andreï me réservait parfois mais c'était le premier vrai sourire que je voyais depuis mon arrivée à Volterra.
- Pour ça, tu n'as pas vraiment à t'en faire. Tu devras juste faire des tâches ménagères simples, comme tous les humains présents ici. Non pas que nous ne pouvons pas nous en charger nous-mêmes mais les maîtres estiment que nous sommes de trop haut rang pour ce genre de travaux ingrats.
Je frissonnais légèrement et ce n'était pas à cause de la fraicheur des dédales entre lesquels nous déambulions. Il venait clairement de me faire comprendre que lui et les autres habitants du château n'étaient pas humains. Bien sûr, je m'en étais douté à l'instant même où Guiseppe avait posé pour la première fois ses yeux écarlates sur moi. Cependant, se l'entendre dire était une toute autre chose. Je décidais de renouveler la question que j'avais posé à Guiseppe la veille, attendant cette fois-ci sans hâte, une réponse que je n'étais pas sûre de vouloir.
- Qu'est-ce que vous êtes ?
Il s'arrêta et me fit face. Sa main quitta mon poignet et ses yeux rouges me fixaient désormais d'un air grave. Sa bouche couleur vermeille s'ouvrit en un soupir exaspéré et il commença alors de sa voix mélodieuse, presque enchanteresse, la longue tirade qu'il m'avait assuré ne pas pouvoir faire. Il m'expliqua tout : Pourquoi j'étais ici, qui étaient les gens de son espèce, comment étaient certainement apparus les vampires, quelles étaient leurs aptitudes, qui étaient les trois maîtres auxquels je devais obéissance tout comme tous les autres vampires du château, quels étaient les fameux « dons » que certains vampires possédaient, quel allait être le mien si je rejoignais leurs rangs. Il m'apprit également la hiérarchie qui régnait dans ce manoir des enfers : En premier lieu les trois maîtres : Aro, Marcus, Caïus et leurs épouses. Puis les Gardes : Les jumeaux, Jane et Alec ainsi que Renata, que j'avais aperçu près des trois monarques étaient les plus hauts-gradés. Demetri me dit de me fier à la couleur des capes des Gardes pour connaitre leur place : plus elles tiraient vers le foncé, plus ses propriétaires étaient gradés et donc puissants. Ensuite, venaient les autres habitants du château, ceux qui ne possédaient pas de capes, généralement des vampires sans dons ou sans talents particuliers, d'anciens nomades qui venaient trouver refuge auprès des rois des vampires.
Il m'apprit ce qu'il savait de la Création, me parla de leurs capacités, de leur immortalité, leur donnant le statut de demi-dieux. Mais ils étaient des dieux maléfiques, tueurs et cruels. La seule chose qui les intéressait chez la race humaine était le sang chaud qui coulait dans nos veines. Dans mes veines. Alimentant nos cœurs, nos poumons. Nous étions des vivants, ils étaient morts. Des morts qui n'existaient que pour hanter les hommes. Ils étaient les cauchemars des enfants, les peurs enfouies des adultes. Les légendes les faisaient revivre pour rappeler, d'une menace voilée, la peur que ces êtres avaient toujours inspirée à l'humanité. Je m'enfonçais peu à peu dans le pire cauchemar des hommes et aucune corde salvatrice n'était la pour me rattraper.
Pendant tout son discours, je n'avais cessé de regarder ses yeux, dans lesquels se reflétaient les pâles flammes de la torche dans mon dos. Comme si en fixant ce feu rougi par le sang de ses iris, j'essayais d'atténuer la portée des paroles de cette voix dangereuse. Ces mots qui me blessaient, me piquaient, qui anéantissaient mes rêves de jeune fille, mes espoirs, mes illusions à chaque fois qu'ils sortaient de cette bouche parfaite. Ces mots dévastateurs que j'essayais de brûler, d'évincer en vain, en fixant désespérément le feu de ma perte, à travers les yeux écarlates de celui qui me traçait un destin funeste.
Demetri me fixait toujours, attendant une réaction de ma part mais je n'en avais plus aucune à donner. Tous mes rires, mes émois, mes colères étaient restés sous le soleil de Sardaigne et toutes les larmes de mon corps avaient coulées la veille, quand je quittais le monde rationnel pour rejoindre les enfers. Mes yeux étaient secs, ma bouche inerte, incapable d'esquisser le moindre mouvement. Mes cordes vocales s'étaient tues. J'étais amorphe, seules mes jambes me portaient.
Voyant que je ne réagissais pas, il reprit ma manche dans sa main blanche et se retourna pour que nous continuions à marcher. Avant qu'il ne se retourne, j'avais cru apercevoir un éclair de compassion dans ses yeux mais ce n'était certainement qu'une illusion. Un démon tel que lui ne pouvait pas ressentir de compassion. Je n'étais même pas sûre qu'il puisse ressentir tout court. Les sentiments étaient des caractéristiques propres à l'humanité et il sortait tout droit des enfers.
Soudain, il s'arrêta brusquement. Je doutais que nous soyons déjà arrivés. Certes, on apercevait désormais le ciel étoilé à travers de petites fenêtres mais nous étions toujours dans un couloir. Je commençais à me poser des questions quand une femme, sortie de je-ne-sais-où, se dirigea d'un pas gracieux vers nous. Elle portait une tenue étrange : une longue robe blanche qui semblait aussi légère qu'un voile de mariée et qui volait autour d'elle, lui donnant une allure encore plus dansante que celle qu'elle avait déjà. Ses cheveux bouclés à l'ancienne mode ondulaient derrière elle, tel un voile blond, presque blanc et le reflet de la pleine lune qui passait à travers les vitres accentuait son air fantomatique. Seule sa cape, d'un noir absolu, contrastait avec la blancheur qui émanait d'elle, par ses vêtements, ses cheveux et tous les pores de sa peau diaphane. Elle s'arrêta face à nous. Demetri allait s'agenouiller mais la femme l'en empêcha.
- Maîtresse, j'allais emmener cette humaine dans le dortoir, souffla mon accompagnateur.
Je n'étais plus que « cette humaine » pensais-je, amère.
- Allons, allons, pas de ça entre nous, Demetri, lança t-elle de la voix la plus pure qu'il m'eut été donné d'entendre. Je t'ai déjà dit de m'appeler par mon prénom, rajouta t-elle en un sourire.
Elle se retourna vers moi en souriant :
- Tu dois être Rina, demanda t-elle, d'une voix bienveillante.
J'hochais simplement la tête. J'avais perdu la voix depuis que j'avais appris mon sort.
- Je suis ravie de te rencontrer. On parle déjà beaucoup de toi dans les couloirs, lança t-elle, enthousiaste. Je suppose que tu as déjà rencontré mon époux.
Elle s'approcha de mon oreille et me souffla, comme sur le ton de la confidence :
- C'était le vieux ronchon, sur le trône de droite, rit-elle.
Je vis Demetri réprimer un sourire. La femme prit ensuite congé de nous, sans se départir de son sourire joyeux, qui, sans ses yeux rouges sang, l'aurait presque rendue humaine.
Demetri me pria de le suivre.
- Au fait, Rina ! lança la femme.
Je me retournais pour l'apercevoir, déjà à l'autre bout de la pièce :
- Je m'appelle Didyme, sourit-elle avant de disparaitre, telle une brise légère sous sa cape obscure.
Après cinq autres minutes de marche silencieuse avec Demetri, nous nous arrêtions enfin devant une porte sombre. J'entendais des voix bruyantes qui n'avaient rien à voir avec les voix que j'avais entendues aujourd'hui, hormis celle du cocher qui m'avait amené ici. Demetri sorti une clé en argent de sa cape et ouvrit la porte. Les voix se turent instantanément. La pièce était assez grande. Il y avait une cuisine au fond et des lits le long des murs. J'en comptais une quarantaine. Des filles d'environ mon âge, pour la plupart, étaient éparpillées dans la pièce. Certaines sur les lits des unes ou des autres, d'autres assises par terre et d'autres encore près de l'unique fenêtre qui ne devait pas grandement éclairer la pièce en journée.
- Je vous amène une nouvelle camarade, lança Demetri à l'assemblée pendue à ses lèvres. Je vous laisse lui expliquer ses tâches, rajouta t-il sans plus de cérémonie.
Puis il me jeta un dernier coup d'œil avant de se retourner en fermant la porte à clé derrière lui.
Les filles me toisaient. Certaines étaient bienveillantes, d'autres suspicieuses. Elles portaient toutes une longue robe bleue sombre à l'anglaise qui devait être leur uniforme de travail. Cela me ferait du bien de changer de mon affreuse chemise et de ma jupe longue qui avaient bien peu résisté aux batailles de boue près du port.
- Rina ? demanda une voix faible qui m'était légèrement familière.
Je cherchais des yeux d'où elle provenait avant de la trouver. Elle avait considérablement maigrit et avait des balafres et des bleus sur le visage et le cou, contrairement aux autres filles qui semblaient en assez bonne santé. Ses lèvres étaient gonflées et ses cheveux auparavant d'un brun éclatant étaient désormais ternes et beaucoup plus courts. Elle ne ressemblait que très peu à celle que j'avais vue pour la dernière fois il y avait deux mois de cela. Pourtant, un détail de son physique fit rebattre mon cœur mort. Alors que je n'espérais plus rien, que je m'apprêtais à mourir, déchue de mes rêves et de mes espoirs, ce petit détail, ces deux iris d'un vert profond, unique aspect familier dans ce monde étranger me redonna la vie :
- Gloria, soufflais-je d'une voix rauque.
Désolée pour celles à qui j'avais promis un teaser du coup, j'ai pas eu le temps XD
J'espère que vous avez apprécié et si c'est le cas (et même si ça ne l'est pas, en fait), review ?
