Hey ! Voici enfin un nouvel OS, depuis le temps que j'en avais pas posté... Je m'essaye à l'angst donc je sais pas ce que ça va donner, je vous laisse juger ! C'est psychologiquement violent, je trouve, donc si vous n'êtes pas à l'aise avec ça vous devriez juste sauter ce chapitre, de toute manière il est court et ne sert pas à grand chose. Sur ce, bonne lecture~


Est ce que les gens du Sanctuaire sont tous tes ennemis ?
C'est l'endroit que servait ton frère. De tout son cœur. Celui en quel il croyait. Celui qu'il aurait du diriger. Celui qu'il a trahi.
Il y a quelque chose qui sonne faux, ici, tu l'entends, n'est ce pas ? Est ce parce que tu te rends compte que les hommes sont mauvais, or que les Chevaliers sont des hommes ? Ou est-ce parce que ton frère n'y est plus ? Parce que l'incorruptible a été corrompu ?
Je peux comprendre. Après tout, si lui mentait, si lui n'était pas digne de confiance, alors qui pourrait l'être ? C'est étrange, n'est ce pas, de voir toutes ses croyances s'effondrer ? De petit à petit perdre confiance en tout ce qui nous entoure ? Oui, ça fait mal, n'est ce pas ? N'est ce pas ?
Et ça te fait encore plus mal, toi qui t'accroche vainement à ta fierté et tes principes. Ici, ils sonnent dans le vide. Ici, personne ne les écoute. Personne n'y croit. Parce que personne ne te croit.
Tu n'es pas digne de confiance. Tu n'es pas digne de ton armure. Tu n'es digne de rien. Tu es désobéissant, impulsif, tu es fier, passionné, et pourtant tu es aussi froid, et dur, tu es en colère, et en même temps tu serre les dents et tu te tais. Tu encaisse. Mais pourquoi ? Pourquoi encaisser, quand tu peux te battre ? Pourquoi encaisser, quand tu peux rendre les coups ? Qui te le reprochera ? Tu ne décevra personne, voyons, puisque personne n'attends plus rien de toi. Personne n'attends rien d'une ombre. Parce qu'une ombre prends la forme de ce qui lui bloque la lumière. Parce qu'une ombre ne fait rien. Elle suit. Tu es l'ombre de ton frère. L'ombre de sa mort.
Qu'essaie tu encore de prouver ? Contre quoi essaie tu encore de te battre ? Au nom de quel espoir lève tu le poing, si ce n'est celui, égoïste, enfoui au fond de ton cœur que la lumière t'atteigne à nouveau ? C'est triste, mais personne n'est là pour te plaindre. Personne ne versera de larmes pour toi. Et toi tu te refuse le droit de pleurer. Un peu de maturité, voyons, tu n'es plus un enfant. Arrête de te borner. Tu te fait juste du mal. Et personne n'est là pour te soigner.
Tu es seul, et tu n'existe que par ta solitude. Ta peine. Ta rage. Regarde toi dans un miroir. Regarde les sentiments qui t'animent. Rancune. Orgueil. Révolte. Ténacité. Jalousie.
Tu es un monstre.
Un monstre persistant, certes, peut-être est-ce là ta seule qualité.
Mais est-ce une qualité de maintenir l'existence de quelque chose comme toi ?
Ne détourne pas les yeux. Regarde toi.
Tu es si beau pourtant. Un corps d'athlète grec. Des muscles parfaitement dessinés. Des jambes longues, un torse large, des épaules puissantes. Une peau bronzée, lisse, marquée par l'entraînement. Des boucles châtains, petites et rondes, toutes douces, comme le pelage d'un animal. Un visage aux traits forts. Et des yeux, oh, des yeux tels des miroirs, des livres, ô, ce que tu es facile à lire ! Le bleu se mêle au vert, comme l'eau d'un immense lac.
Mais même ça, ça n'est pas à toi. Ton frère est né avant toi, il te ressemble, et pourtant il est bien plus beau. Son corps rayonne. Son esprit illumine.
Toi tu n'es que le reflet sale d'un miroir dont on ne s'est pas occupé depuis trop longtemps.
Dis moi, ça t'as plu de grandir dans l'insouciance ? Dans sa lumière ? C'était bien, de boire sa bonté, sa bienveillance, d'empiéter sur sa perfection, de tenter de la lui prendre ? C'était bien, de lui monopoliser ses sourires, d'essayer de les imiter, c'était bien, de le souiller de ta présence, de le toucher, de le traîner à terre avec toi alors que ses ailes auraient pu l'emmener aux cieux, bien au dessus des Dieux ? Je sais que tu as aimé ça. Je sais, je l'ai vu dans chacune de tes expressions.
De ton sourire d'enfant à ta douleur adulte. De la sale graine au monstre.
Mais tu sais, moi j'ai pitié de toi.
Moi je compatis.
Moi je sais ce que tu endure.
Moi je sais ce que c'est de naître imparfait, biscornu et laid. Je sais ce que c'est de côtoyer la perfection et croire qu'on peut l'atteindre. Je sais ce que c'est de vouloir être à tout prix un héros, et au fond, n'être que la plus dégoûtante des créatures.
Je sais. Je sais. Toi aussi tu sais. Nous le savons tous les deux.
Tu as de si jolis yeux. Ils pourraient être les tiens.
Tu n'a pas besoin de leur couleur, pas besoin de cette couleur.
Tiens, ferme les.
Si, si, fait moi confiance. Ferme les. Voilà. Doucement. Ils sont fermés. Regarde. Je met mes mains pour être sûr que tu ne voit rien. Tu sens ? C'est froid.
La chaleur est réservée aux beaux humains. Toi aussi tu es froid. Encore plus que moi.
Bien. Non, non, ne bouge pas. Reste là. Immobile. Tu n'as pas besoin de bouger. Laisse moi faire. Je sais... Je sais...
Je sais tout de toi... Je lis tout en toi... Je t'ai vu grandir, je t'ai vu et à ma manière je t'ai façonné.
Je sais qui tu es. Personne ne le sais mieux que moi. Pas même toi. Après tout, tu n'es rien, et tu ne sais rien. J'ai pitié de ton ignorance, de ta stupidité. En plus de naître monstre, tu es né aveugle, sourd et débile. Alors ne bouge pas de toi même. Ecoute moi. Je saurais te dire ce que tu dois faire.
Jamais tu ne t'élèvera. Tu ne peux pas. On ne peut pas.
Mais tu peux devenir une ombre plus étendue.
Tu peux apprendre à détester.
Tu peux apprendre à haïr.
Tu peux apprendre à lever le poing. A frapper. Tu peux apprendre tout ça... Je peux te l'apprendre... Te donner quelque chose à toi...
Regarde, je vais te montrer...
J'enlève mes mains... Regarde, tu peux ouvrir les yeux !
Voit... Voit le nouveau toi... Tes yeux ont perdu la couleur de ton frère, non, maintenant ils ont leur propre couleur...
C'est le rouge... Regarde... N'est elle pas magnifique ? Oh, quels beaux yeux tu as maintenant...
C'est la couleur de la haine et de la violence... Ta couleur maintenant...
Oh, et dit moi ?
Est ce que les gens du Sanctuaire sont tous tes ennemis ?

Non, non, tu n'as qu'un seul ennemi, et il s'appelle Aiolia...