Allez zou, la suite! ^^
Merci infiniment pour vos reviews, ça me fait très plaisir. (:
Shesagenious: contente que l'idée du chat t'ait plu!
haydee.27: je suis vraiment contente que tu apprécies les touches d'humour! ^^ Oh et tu as mal présumé pour le prénom de ce cher DI, mais c'est vrai qu'il s'appelle souvent Gabriel dans les fics!
Uglycarp: merci pour ce compliment! Te voilà exaucée, la suite arrive! ;)
SHbbc: Oh je te comprends, moi aussi je me désespère de voir si peu de fics SherLes (comme je les appelle)... Ravie que la mienne te plaise! :)
PARTIE III
Lestrade sortit d'un pas hésitant de la voiture. Il avait beau se répéter que ce n'était que de la déformation professionnelle, il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir comme une atmosphère de traquenard. Il avait même imaginé pendant une minute que Watson était dans le coup et que son texto n'était que du vent. Il trépigna quelques secondes sur le pas de la porte avant de se décider à entrer.
Arrivé à l'étage, il trouva l'entrée de l'appartement ouverte, comme la plupart du temps. Il s'attarda sur le seuil, attendant que Sherlock veuille bien délaisser son violon. Le détective était près d'une fenêtre et lui tournait le dos. Finalement, Lestrade s'éclaircit la gorge et frappa sur la porte, tout en sachant que son hôte avait dû l'entendre arriver. Ce dernier posa son instrument sur le bureau voisin et fit face à l'inspecteur, le gratifiant d'un large sourire, légèrement inapproprié de sa part mais malgré tout énigmatique.
« - Gregory! Eh bien, entrez. »
D'accord. Lestrade avança posément et se gratta inconsciemment la joue.
« - Depuis quand vous m'appelez par mon prénom? »
Le sourire de Holmes se voulut plus innocent mais le regard pétillant de malice avec lequel il détaillait son vis-à-vis n'évoquait pas franchement la pureté.
« - Il paraît que c'est ce que les gens font quand ils apprennent à mieux se connaître.
- Hem... Je ne vois pas trop où vous voulez en venir.
- Au canapé.
- Hein?
- Asseyez-vous, je nous ai servi du vin. »
De mieux en mieux. Ce « nous » dans la bouche de Sherlock avait quelque chose de perturbant. Le détective lui souriait toujours et désigna les verres d'un geste élégant de la main en signe d'encouragement muet. Après avoir posé son manteau sur un fauteuil, Lestrade accepta l'invitation en pensant que le vrai Holmes allait réapparaître d'une seconde à l'autre et que ses dernières semaines de célibat lui faisaient tout voir de travers. Se saisissant du verre posé devant lui, il contempla la robe du vin avant qu'une voix chaude à sa droite ne le fasse sursauter.
« - Ça va vous changer de vos bières.
- Mais comment... Oh, peu importe. »
L'inspecteur n'était pas sûr de ce qui se tramait, mais n'était certainement pas d'humeur à écouter une nouvelle démonstration du génie de son cadet. Il but quelques gouttes d'alcool avant de se tourner vers Sherlock.
« - Maintenant vous pourriez peut-être me dire ce que je fais là? »
Holmes se cala contre l'angle formé par l'accoudoir et le dossier. Il croisa les jambes et laissa ses mains jointes reposer sur son ventre. Il inspira profondément et Lestrade ne put s'empêcher d'observer le soulèvement de son buste. Sherlock surprit le regard de son aîné qui jugea bon de reprendre un peu de vin.
« - Vous connaissez ma propension à l'ennui. L'absence actuelle d'énigme à résoudre m'a conduit à expérimenter une nouvelle occupation. »
Bien, assez de vin pour ce soir. Gregory lâcha un rire gêné et cramponnait son verre.
« - Je ne suis pas sûr de bien comprendre, Sherlock.
- Greg, lui répondit ce dernier avec un petit sourire condescendant, je sais que la capacité de déduction de notre police est limitée mais il me paraît évident que je cherche à observer ce qui pousse les gens à chercher de la compagnie.
- Et... qu'est-ce que... j'ai à voir là-dedans? »
Pour toute réponse, Sherlock offrit un haussement de sourcils suffisamment équivoque pour faire se lever Lestrade, qui commença à tourner en rond dans la pièce en se passant nerveusement la main dans les cheveux.
« - Vous plaisantez! Je veux dire, c'est vous, vous n'êtes pas... Et moi, hein, je ne vois vraiment pas... »
Il s'interrompit face au sourire entendu de son hôte.
« - Attendez, vous... vous savez que je suis...
- Gay? Je vous en prie, en cinq ans je ne vois pas ce qui aurait pu m'échapper à votre sujet. »
Le policier en resta les bras ballants, planté au milieu salon. Il poussa un soupir résigné.
« - Évidemment. Impossible d'avoir une vie privée avec vous, pas vrai? »
Holmes se leva, visiblement amusé. Il contourna la table basse mais n'approcha pas d'avantage.
« - Voilà une réflexion qui pourrait être intéressante, à condition de lui donner le sens adéquat.
- Sherlock, répondit Lestrade en regardant la bouteille de vin abandonnée, en supposant que tout ça soit censé être... un... rencard... rien de tout ça ne colle avec vous.
- Je vous ai déjà donné une raison. Et nous savons tous les deux que l'idée d'un « rencard », comme vous l'appelez, ne colle pas non plus avec vous. Au sens sentimental ou... romantique du terme, précisa le plus jeune avec une petite moue dégoûtée.
- Ne me comparez pas à vous. Vous vous décrivez vous-même comme un sociopathe. Moi, je suis un être humain. Et j'ai... besoin des autres.
- Et c'est précisément pour ça que je vous ai choisi. »
Le détective fit quelques pas vers Lestrade et leva les yeux en signe d'exaspération, comme lorsqu'il devait expliquer ses analyses aux gens trop lents. Enfin, aux gens en somme.
« - L'activité criminelle est inintéressante depuis quelques jours. Je n'ai strictement rien pour travailler, mais sans le savoir mon colocataire m'a rappelé qu'il y avait une petite énigme que je n'avais jamais pris le temps de résoudre. À savoir, pourquoi les gens gaspillent-ils autant de temps à s'employer à avoir une vie sexuelle? Si c'était purement médical, ils pourraient se débrouiller tous seuls. Non, ils cherchent toujours un partenaire. »
Gregory ouvrit alors la bouche mais n'eut pas le loisir d'aller plus loin.
« - Non, ne m'ennuyez pas avec des histoires de complicité ou de tendresse. Personne n'a à aller jusque là pour oublier sa peur idiote de la solitude. Je vous parle bien de l'acte en lui-même. »
Il croisa les bras et fixa intensément Lestrade, qui était tout bonnement ahuri par ce qu'il venait d'entendre. Si c'était ça la méthode de drague de Sherlock Holmes, il était urgent qu'il révise ses classiques en la matière. Se demandant s'il n'aurait pas mieux valu que son cadet retouche à la cocaïne pour tromper son ennui, il trouva enfin quelque chose à dire.
« - Vous savez que... vous pourriez simplement payer pour...
- Ce n'est pas ce que je recherche. Ces gens font leur boulot. Ce ne sont pas les mêmes conditions. Je voudrais comprendre les motivations de ceux qui n'ont justement rien à y gagner. »
Rien... Il avait décidément raison de se qualifier de sociopathe. Mais cette dernière phrase de Sherlock résonna dans la tête de l'inspecteur. Il repensa à tout ce qui avait été dit.
« - Attendez, vous ne figurez tout de même pas que je vais vous servir de cobaye? Comme vous n'êtes pas franchement calé en relations humaines, je me permets de vous préciser que ce genre de chose ne fonctionne pas en appuyant sur un bouton!
- J'en conviens, mais j'ai plusieurs fois eu l'occasion de constater que tout déficient social que j'étais, je ne laissais pas toujours les gens indifférents. Et je ne crois pas me tromper en vous citant comme exemple. »
Lestrade sentit le rouge lui monter aux joues sans qu'il ne puisse rien y faire. Inutile de nier face à un type pareil. Il l'avait toujours trouvé très attirant, c'était un fait. C'était même en partie pour ça qu'il l'avait laissé se mêler des affaires du Yard, la première fois.
« - Alors, Inspecteur, reprit Sherlock en réduisant encore la distance qui les séparait, on retourne s'asseoir? À moins que vous ne soyez prêt à passer à la chambre. »
Greg le dévisagea, incrédule. Holmes ne se distinguait pas uniquement grâce à son intellect. Son arrogance était elle aussi hors norme. Néanmoins, le sourire amer de son invité écailla quelque peu sa superbe.
« - Vous ne doutez jamais de rien... Mais vous savez quoi? Vous qui aimez être surpris, je vais vous donnez un scoop: les gens qui vous entourent ne sont pas des objets à votre disposition. »
Il récupéra son imper et se dirigea vers la sortie mais, arrivé sur le palier, fit volte-face. Holmes, qui n'avait pas bougé, le fixait en silence, une moue d'enfant vexé au visage. Se doutant que Lestrade allait lui lancer une dernière pique, il ne desserra pas les dents.
« - Vous n'avez qu'à réfléchir à ça si vous craignez tant que votre brillant cerveau ne s'encroûte. Bonne nuit. »
Le policier disparut d'un pas rageur dans l'escalier et la porte claqua violemment quelques secondes plus tard.
Sherlock regarda encore quelques secondes l'entrée du salon. Il fulminait intérieurement. Voilà pourquoi il avait choisi de se passer des autres autant que possible. Gérer leur amour propre lui semblait impossible, et Sherlock détestait se sentir stupide. Il se laissa tomber dans un fauteuil et tapota nerveusement l'accoudoir. Lestrade allait se venger en le rendant indésirable à Scotland Yard, au moins pendant quelques temps. Il ne pouvait pas prendre le risque de voir tous les policiers de Londres lui mettre des bâtons dans les roues.
Messages envoyés – Gregory Lestrade
Revenez. Tôt ou tard, vous aurez besoin de moi sur le terrain. En attendant, inutile de ruminer comme un adolescent déçu. SH
Il déposa doucement son téléphone sur l'accoudoir. Il s'écoula moins d'une minute avant que le bip ne retentisse. Il saisit l'appareil d'un geste prompt.
Messages reçus – John Watson
Juste au cas où tu espérais que je revienne te préparer à souper: je ne rentre pas. Bonne nuit!
Sherlock laissa échapper un grognement. L'idiot! L'insulte s'adressait plus à lui qu'à Watson. Il se morigénait pour s'être mis dans cette situation. Et, pis encore, il commençait à ressentir quelque chose d'étrange. Comme si la réaction de Lestrade le dérangeait, mais pas uniquement parce qu'elle avait avortée son expérience. Il ne savait pas ce que c'était, mais ça n'avait rien d'agréable.
Eh oh vous ne pensiez tout de même pas que ce serait si simple? Vous savez j'ai un petit côté sadique, alors il faut bien faire durer le plaisir... Rendez-vous au prochain numéro! ^^
