Chapitre III Apprendre

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Après cet échec, j'ai mis longtemps avant de pouvoir le regarder en face. Je le voulais, mais je n'osais pas. Je ne voulais pas voir le dégoût sur son visage ni voir son air suffisant me prouvant que j'avais tort.

Quand on a seulement onze ans, on se dit que c'est la fin du monde. Que tout est perdu, que l'on n'arrivera jamais à surmonter cet épreuve, cet échec. Alors on pleure, on pleure toutes les larmes de son corps. Je me souviens qu'à la suite de cette chute, j'étais allée me réfugier à l'infirmerie pour me faire soigner. J'avais fait promettre à Madame Pomfresh de ne jamais rien dire à personne.

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Et personne ne l'a jamais su. Personne. Peut-être qu'elle a agit par pitié envers une gamine. Une enfant seule, sans vrais amis, avec son bras cassé contre elle.

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Mes meilleurs amis ne l'étaient pas encore devenu. Je le sais car ils me jugeaient comme tous les autres, comme une Miss-je-sais-tout, trop parfaite, trop chiante. Je le sais parce que j'étais derrière eux quand je l'ai entendu. Et je me souviens encore plus, de la peine immense que cela m'avais fait. Cela ne suffisait pas d'en avoir déjà perdu un, il fait que les potentiels amis me jugent de la sorte.

J'ai craqué. J'étais à bout, loin de ma famille, seule. Et j'avais mal, mal au bras, mal au coeur, j'avais mal de partout. Je suffoquais et j'avais besoin d'être seule. Encore plus que ce que je ne l'étais déjà. Et c'est là que le Troll est arrivé. Tout le monde connait l'histoire, elle a fait le tour de l'école durant un bon nombre d'années. Mes meilleurs amis m'avaient sauvé. Alors qu'ils venaient de me critiquer ouvertement, ils venaient de mettre en jeu leur propre vie pour me sauver.

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C'est à ce moment là que j'ai appris ce que voulait dire être prêt à donner sa vie pour quelqu'un. Etre prêt à tout pour le secourir, le sauver. Quitte à faire pire que tout, quitte à damner son âme pour lui. Ca aussi je l'ai appris, en voulant le sauver. En voulant tout faire pour voir apparaître un sourire, voir ses démons chassés, oubliés. Je voulais tout faire pour lui, y compris exécuter les pires sorts.

Je me dis que personne ne connaissait réellement la véritable Hermione. Celle qui apprenait les sorts les plus noir, qui préparait les pires potions, qui était capable de causer des dommages irréparables. Au risque d'ôter la vie à quelqu'un.

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Pour être honnête je n'ai jamais pu aller jusqu'au bout. J'avais peur. Peur de ne pas pouvoir revenir en arrière, peur de dépasser cette limite imaginaire, ce fil rouge qui te lie encore à un semblant d'humanité. Et pourtant j'ai failli le faire. Un nombre incalculable de fois. J'ai failli franchir le non-retour. Mais je n'ai jamais pu.

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Est-ce que cela fait de moi une personne bonne pour autant ? Non car j'ai lancé tous les autres sorts de Magie Noire, sans aucun scrupule. Aucun regret. J'ai puni des gens à coup d'Endoloris, d'autres méritaient le sort d'Imperium. Mais aucun ne méritait le sort que je lui ai réservé.

Pour moi, ce sort est pire que la mort elle-même. On est certes toujours envie, mais peut-on encore dire que l'on est nous même ? Que l'on sait qui on est ? Je ne sais pas, pour une fois je n'ai pas la réponse. Et je ne veux pas la connaître.

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J'ai toujours adoré apprendre. Tout ce que je pouvais je l'apprenais. Je me suis toujours dit que peu importe ce que j'apprenais, ça pouvait toujours me servir. Dans n'importe quelle situation.

Mais ce sort, je donnerai tout pour ne l'avoir jamais appris. Pour tout simplement l'oublier. Car il m'a servi, comme toutes les choses que j'ai apprises. Une fois. Il a suffit d'une unique fois pour que je puisse m'en servir. Et je sais que je le regretterai toujours. Jusqu'à la fin. Parce que même si nous sommes liés, si nous sommes marqués l'un par l'autre, il ne voudra certainement plus jamais me voir.

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Après l'histoire du Troll, je suis souvent retournée sur le Stade de Quidditch. Plusieurs nuits, sombres, seule à l'attendre. Je voulais qu'il me donne une seconde chance. Qu'il ait foi en moi.

Et puis une fois il est apparu. Plus sérieux qu'un adulte, du haut de nos onze ans. Il n'a rien dit ce soir là. Mais je savais, je savais qu'il me donnait ce que je voulais, ce que j'espérais. On se regardait, on n'avait pas besoin de parler pour se comprendre. Je voulais lui montrer que j'étais digne de lui.

Alors je fis la seule chose qui me passa par la tête, je voulais lui montrer que je connaissais le monde Sorcier aussi bien que lui. Je pris lui pris sa main et la porta à ma bouche, déposant ainsi un baiser. J'attendais, tête baissée, qu'il comprenne mon geste. Ce que j'essayais de lui faire comprendre, de lui faire savoir. Et comme dans une suite logique, il prit mon visage entre ses mains et embrassa mon front. C'était si naturel, si profond que je savais que l'on était fait pour être ensemble, pour être lié.

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Il y a longtemps, à une époque où le monde sorcier était différent d'aujourd'hui, plus respectueux des traditions, de notre histoire, il y avait un signe. Ce signe. Quand deux personnes se vouaient admiration, respect et confiance mutuellement, il advenait qu'ils en viennent à faire ce signe. Embrasser la main signifiait que la personne était prête à lui vouer une confiance aveugle, un respect et une admiration profonde. Il était prêt à faire tout ce qu'il était en son pouvoir pour aider la personne voulue. Quitte à tuer, à mourir, à torturer pour lui.

Si en retour ladite personne lui embrassait le front, alors son dévouement était accepté. Et elle aussi admirait, respectait et faisait confiance envers l'autre.

Ils étaient alors désormais liés, ensemble. C'était un geste que peu de personnes faisaient, mais que beaucoup honoraient. Pour effectuer et accepter le signe, il fallait une confiance aveugle entre les deux personnes. Un soutien sans faille. Une connaissance l'une de l'autre infinie. C'était le signe éternel entre deux personnes. Aucun sort, aucune magie ou sentiment ne pouvait être plus fort en preuve que celui-ci.

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Une soumission inébranlable. Tout faire pour rester uni, peu importe ce qu'il advienne. C'était et c'est à ce jour, la plus belle preuve que j'ai pu voir. La plus belle chose que j'ai pu apprendre et faire. Et je ne regrette absolument pas mon geste. Au contraire, je suis même fière qu'il m'ait accepté, car en retour, il m'est lié.

On n'avait que onze ans, mais nous étions comme deux adultes, en plein milieu de la nuit, sous les milliers d'étoiles que l'on pouvait apercevoir. Nous étions au même endroit que lors de ma première chance. Et il m'a accepté. Moi Hermione, il m'a accepté entièrement. Moi et mes manières, mes cheveux hirsutes, mes dents un peu trop grandes, moi et mon sale caractère.

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Il m'était dévoué, me faisait confiance. Et c'était tout ce que je voulais à ce moment là.

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Voici la fin du troisième Chapitre, j'espère que cela vous aura plu ! Je sais que j'ai mis un peu de temps avant de le poster, mais en ce moment je passe des concours du coup c'est un peu tendu ...

Bonne semaine à tous :)