Ce troisième chapitre est, contre toute attente, pour le moment le plus long que j'ai écrit (ouais, ce n'est pas important mais bon...).
Retour à l'Académie Ninja...
... ou comment Iruka recommence à désespérer, pendant que Naruto et Karin montrent leur bonne relation de frère et sœur pour le meilleur comme pour le pire.
« Nii-san, je ne veux pas retourner à l'académie, ttebayo !
— Moi non plus ! C'est nul, l'académie ! »
À la plus grande consternation de Naruto et Karin, Nagato se contenta de sourire doucement face aux protestations de son frère et de sa sœur.
Actuellement, il leur tenait la main, Naruto à sa droite et Karin à sa gauche, alors qu'il les menait à l'Académie Ninja à la place de son père et de sa mère, qui étaient tous deux occupés.
Généralement, c'était Kushina qui les emmenait à l'Académie mais, exceptionnellement, Nagato s'était proposé parce que, pour une des rares fois où cela arrivait, il n'avait pas de mission avec son équipe et pouvait donc se permettre de profiter d'un peu de temps avec son frère et sa sœur avant de rejoindre ses coéquipiers.
« Vous savez, vous dites toujours pareils mais vous êtes toujours ravis en revenant le soir à la maison, taquina Nagato.
— Même pas vrai ! protesta Naruto en grimaça. On a jamais fait ça, pas vrai Nee-chan ?
— Naruto-kun a raison, affirma Karin en hochant la tête. Tu dis des bêtises, Nii-san.
— L'on verra cela, répondit Nagato.
— De toute manière, les cours c'est nul... grommela Naruto.
— Et les autres sont tous stupides... poursuivit Karin de la même manière que son frère.
— Dis-tu cela parce que l'on se moque de tes lunettes, Karin-chan ? demanda doucement Nagato – qui savait que sa jeune sœur était facilement blessée par les propos des autres.
— Ne t'en fais pas, Nee-chan ! Je ne laisserai personne se moquer de tes lunettes ! déclara Naruto.
— Même pas vrai ! T'es toujours trop occupé à te battre avec Sasuke-san pour faire attention à autre chose, répliqua Karin.
— T'as qu'à m'appeler et je viendrais t'aider !
— J'en veux pas de ton aide, baka !
— T'es pas gentille, ttebayo ! Dans ce cas, t'as qu'à demander de l'aide à ton Sasuke-san et viens pas pleurer après, Karin-chan ! »
Les deux enfants se foudroyèrent du regard avant de se tourner la tête, boudeurs. Nagato, aux premières loges de cette dispute enfantine, soupira.
Le reste du trajet fut calme, aucun des Uzumaki ne prononçant le moindre mot puisque Naruto et Karin continuèrent de se faire la tête sans raison tandis que Nagato profita d'un instant de repos, sans cris ou autre. Ils n'entendirent que l'agitation matinale habituelle des rues de Konoha.
Et puis, finalement, ils arrivèrent devant l'Académie où, à l'entrée, se trouvait Iruka Umino, l'instituteur de la classe dans laquelle étaient Naruto et Karin. Il accueillait les élèves, tentant tant bien que mal de leur donner plus d'entrain devant les mines d'enterrements qu'ils affichaient, et ne fit pas exception en voyant arriver Naruto et Karin après avoir salué les trois Uzumaki.
« Eh bien, Naruto, je te pensais plus motiver que ça ! s'exclama Iruka en regardant le jeune blondinet. Je croyais que tu voulais prouver que tu n'avais pas besoin d'aller à l'école avec une méga-technique-secrète. Tu ne veux plus me la montrer ?
— Pff, tu as des mégas-techniques-secrètes, toi maintenant ? railla Karin en croisant les bras, après avoir lâché la main de son ainé.
— Ouais, mais je ne peux pas en parler, défendit Naruto. Parce que justement c'est super secret et personne doit le savoir, ttebayo !
— Dis plutôt que tu n'as pas de technique secrète, baka !
— Tu dis ça car tu es jalouse car t'as pas de technique secrète toi, Nee-chan !
— Je ne suis pas jalouse d'un menteur ! »
Iruka et Nagato soupirèrent en cœur alors que Karin et Naruto recommençaient à se disputer. L'enseignant se tourna donc vers le ninja, préférant ne pas s'immiscer dans la dispute des deux enfants.
« Ils sont entre de bonnes mains, ne t'en fais pas. Je ne voudrais pas te retenir trop longtemps, Nagato-san.
— Tu t'en vas déjà, Nii-san ? s'écrièrent en cœur Naruto et Karin qui, d'une manière surprenante, s'étaient soudainement stoppés dans leurs cris et protestations incessantes.
— Tu ne veux pas venir en cours avec nous ? proposa Naruto.
— Bien sûr que non, baka ! Il a fini l'école depuis longtemps, Nii-san !
— Je t'a rien demandé, Nee-chan ! C'est à Nii-san que je parlais, ttebayo !
— Mais tu poses des questions idiotes !
— Même pas vrai ! »
Iruka soupira. Qui aurait crû que de tels enfants seraient ceux du vénérable (et calme, très calme) Yondaime Hokage ? Mais bon, ils n'étaient que des enfants, impossible de leur en vouloir pour leur comportement enfantin qui, d'après le sourire discret de Nagato, était attendrissant. L'ainé des enfants Uzumaki ébouriffa les cheveux de son frère et de sa sœur.
« Amusez-vous bien. Et ne rendez pas Iruka-sensei fou, ordonna gentiment Nagato. D'accord ?
— Hai, Nii-san ! » répondirent en cœur Naruto et Karin.
Iruka les vit clairement croiser les doigts dans leur dos, mais ne dit rien.
Promesse ou pas promesse, de toute manière, Naruto et Karin trouveraient le moyen de faire entendre parler d'eux dans la journée, il n'y avait aucun doute à cela.
.
Il fallut beaucoup d'effort pour tirer Naruto et Karin loin de Nagato, le temps que celui-ci parte en leur disant au revoir. Mais une fois cela fait et quelques larmes de crocodiles versées par un Naruto qui se plaignait de devoir aller à l'école, réprimander à une Karin qui était énervée de ses jérémiades, Iruka parvenu à les faire entrer en classe sans (trop) trainer des pieds, et avec la certitude qu'ils ne tenteraient pas de s'enfuir par les fenêtres de la classe (enfin, ça, c'était surtout pour Naruto qui s'en était fait une spécialité.)
Et finalement, après avoir accueilli tous les élèves – parce qu'Iruka était un professeur très soucieux des garnements auxquels il enseignait – le cours put enfin commencer, dans le calme et la bonne humeur.
Enfin, calme et bonne humeur étaient de grands mots. Certes, ce n'était pas vraiment un brouhaha, mais de nombreuses disputes commencées avant le début du cours, se continuèrent – notamment entre Sakura Haruno et Ino Yamanaka concernant laquelle était digne de s'assoir à côté du beau et (involontairement) populaire Sasuke Uchiwa : tandis que les deux jeunes filles se lançaient des éclats de mort, le pauvre garçon, place entre les deux, paraissait très ennuyé de la situation actuelle.
Quelques places derrières, Naruto trouvait cela très drôle et ricanait doucement, un grand sourire béat sur le visage. À côté de lui, Karin semblait très ennuyer par son comportement. Son air blasé (ou peut-être agacé ?) le prouvait très bien.
« Arrête de ricaner, baka. Tu vas nous faire remarquer par Iruka-sensei.
— Même pas vrai, Karin-chan ! Pas avec Sakura-chan et Ino-san qui se disputent devant. Pauvre Sasuke-kun qui est pris entre elles, ttebayo !
— Pourquoi tu te moques de lui ? Je croyais que toi et Sasuke-san vous étiez amis ?
— Oui, on est potes, mais c'est drôle quand même.
— Mais tu ne veux pas intervenir pour l'aider ? si c'est ton ami.
— Et subir les foudres de Sakura-chan ? Jamais ! Tu es folle, Karin-chan.
— Bonjour l'ami...
— T'es pas mieux, Nee-chan ! Toi aussi, tu es amoureuse de Sasuke-kun, mais tu ne fais rien pour l'aider.
— ... Je ne suis pas suicidaire. »
Karin ne l'admettrait jamais, mais elle ne voulait pas subir la colère de Sakura et Ino. Ces deux-là, sans être particulièrement terrifiantes, étaient extrêmement bruyantes et violentes lorsqu'elles étaient en colère. Naruto en avait déjà fait les frais quelques fois en sortant une remarque stupide et Karin ne voulait pas finir avec une bosse sur la tête comme son frère.
Dommage que Naruto refusait de frapper une fille, tout de même... Maudite éducation donnée par Otousan.
Et puis, Sasuke n'en valait pas la peine. Certes, elle l'aimait mais, contrairement à Sakura Haruno ou Ino Yamanaka, ce n'était pas parce qu'il était beau – enfin, pas que. Oui, Sasuke Uchiwa était un très joli garçon mais Karin n'en était pas tombée amoureuse aussitôt qu'elle l'avait vu. Elle n'avait pas eu immédiatement le coup de foudre pour lui, quand son père a voulu que ses enfants rencontrent les différents clans de Konoha, notamment celui des Hyûga et des Uchiwa, les deux plus puissants de Konoha.
À cette époque, qui n'était pas si lointaine après réflexion, Sasuke Uchiwa était encore un petit garçon timide et très souriant. Naruto, Karin et Sasuke, puisqu'ils avaient le même âge, s'étaient aussitôt bien entendu tandis que les adultes discutaient et, après avoir joué ensemble toute la journée, s'étaient déclarés amis.
Par la suite, ils se virent régulièrement, notamment grâce à Nagato qui était proche de l'ainé des fils Uchiwa, Itachi Uchiwa. Du coup, il ne refusait jamais les demandes incessantes et récurrentes de Naruto et Karin pour rendre visite à Sasuke, sachant qu'il ne s'ennuierait pas en discutant avec Itachi Uchiwa.
Puis, plusieurs mois plus tard, un drame était survenu dans le domaine Uchiwa et un massacre horrible fut évité de peu grâce au Yondaime Hokage.
Naruto n'avait jamais bien compris ce qui s'était passé, et Karin non plus mais elle savait que cela concernait un crime très grave des dirigeants du clan Uchiwa et qu'Itachi avait déjoué, évitant de peu de devenir lui-même un criminel par l'arrivée in-extrémis du Yondaime et des ANBU.
Après cela, non seulement Sasuke n'avait plus jamais été le même – sans pourtant devenir tout son opposé – mais Itachi s'était grandement rapproché de la garde personnel de l'Hokage, apparemment pour « rembourser sa dette » envers leur père. Cette histoire était étrange mais pour le peu qu'en savait et comprenait Karin, le pire avait été évité de peu.
C'était à cet instant qu'elle était tombée amoureuse de Sasuke, le jeune garçon qui aurait pu rester très traumatisé par un évènement atroce et devenir quelqu'un de cruel et méchant mais qui, finalement, restait au fond de lui le garçon aimable et gentil qu'il fut toujours, bien que plus sérieux. C'était le Sasuke intérieur dont Karin était tombée amoureuse, pas juste le garçon ténébreux et fort extérieur.
Autant dire que, Naruto et Sasuke étant amis et donc se côtoyant beaucoup, Karin avait parfois du mal à cacher son attirance pour lui. Et Naruto s'en moquait beaucoup, sans grande méchanceté bien sûr, mais suffisamment pour que tous les deux se disputent fréquemment à ce sujet.
Mais qu'importe combien Karin aimait Sasuke, elle n'était pas encore folle pour tenter de s'interposer entre Sakura et Ino. Elle tenait à la vie.
« Naruto-kun ?
— Oui, Nee-chan ?
— Tu fabriques quoi encore ?
— Tu verras, ttebayo ! »
Karin roula des yeux – elle sentait la mauvaise idée. Naruto venait de sortir de son horrible sweat orange (il disait que l'orange était sa couleur fétiche parce que c'était le mélange du jaune, donc d'Otousan et du rouge, Okaasan. Karin trouvait cela ridicule et affreux pour les yeux, mais bon...) un kunai. Sauf que ce n'était pas un simple kunai mais un à trois branches, avec une poignée jaune avec diverses inscriptions.
Elle le reconnaissait sans peine, ce kunai : c'était l'un de leur père, qui lui permettait de se déplacer extrêmement rapidement d'un lieu à un autre, pratiquement comme de la téléportation. Ces kunais ne faisaient que prouver que leur père était le meilleur ninja du monde.
Par contre, qu'est-ce que Naruto allait en faire, c'était un autre problème.
Probablement une bêtise, pour changer.
Non pas qu'elle allait l'empêcher d'agir.
Lorsqu'Iruka eut le dos tourné, écrivant au tableau, Naruto se leva légèrement, kunai en main. Tenant l'arme entre son coupe et son index, il le balança légèrement d'avant en arrière, de plus en plus rapidement et, d'un coup sec, l'envoya à toute vitesse avec force.
Le kunai se planta devant le bureau du professeur Iruka qui, toujours retourné, ne l'entendit pas s'enfoncer dans le bois – le bruit de l'impact du kunai atténué par les jérémiades des élèves qui bavardaient ou se disputaient –, au contraire de nombreux élèves qui remarquèrent le manège de Naruto mais se turent, attendant de voir la suite des évènements.
« Naruto-kun, qu'est-ce que tu fiches ? marmonna Karin à voix basse.
— Tu verras ! » répéta son frère.
Karin roula des yeux. Elle sentait la mauvaise idée qui se terminerait mal, très mal. Elle croisa les bras en soupirant, regarda Naruto qui lui envoya un regard narquois avant que son frère ne disparaisse dans un nuage de fumée. Elle s'y attendait et ne fut pas surprise en le voyant apparaitre silencieusement devant le bureau d'Iruka.
Sauf que, ce que Naruto n'avait pas prévu, c'était que le professeur Iruka se retourna vers sa classe. Accroupis devant le bureau, Naruto se raidit, espérant que le chûnin ne le remarque pas. Sauf qu'avec ses cheveux blonds qui dépassaient légèrement, à ne pas douter, il serait vite repéré et son plan, qu'importe ce qu'il était, tomberait vite à l'eau.
« Alors, quelqu'un peut-il me dire la réponse de ce que j'ai marqué au tableau ? demanda Iruka à sa classe, n'ayant pas encore vu Naruto devant son bureau. Oui, Karin ?
— Je ne vois pas bien ce que vous avez écrit au tableau, Iruka-sensei. Vous pourriez le réécrire, s'il-vous-plait ?
— Oh, bien sûr ! Mes excuses, mon écriture n'est pas très jolie. »
Naruto soupira silencieusement en remarqua qu'Iruka se retournait pour écrire au tableau. Il leva le pouce en direction de sa sœur, qui se contenta de secouer la tête d'un air exaspéré.
Les élèves virent Naruto poser quelque chose qui ressemblait vaguement à un magazine sur le bureau du professeur Iruka et, aussitôt, le garçon attrapa son kunai et disparut de nouveau dans un cercle de fumé, réapparaissant à sa place, tout au fond de la salle.
Tandis que certain tentaient vainement de se hausser pour voir en contrebas ce qui était posé sur le bureau de leur instituteur, Karin se tourna vers son frère – qui récupérait un autre kunai de leur père qu'il avait planté sur le bois – grommelant :
« Tu n'as vraiment rien de mieux à faire, Naruto-kun ?
— Les cours sont ennuyeux. Faut bien les rendre un peu plus intéressant, ttebayo !
— Dire que t'es le fils de l'Hokage...
— Je te ferais remarquer que toi aussi t'es sa fille, Nee-chan !
— Ouais, mais moi je ne joue pas les plaisantins en classe au lieu d'utiliser mes techniques à bon escient.
— Pff, jalouse.
— D'un baka ? jamais. »
Même si elle ne disposait pas des mêmes compétences en ninjutsu que son frère, Karin n'avait rien à lui envier : très bonne élève, possédant de bonnes compétences sensorielles, elle était également très forte en Fûinjutsu, l'Art des Sceaux étant un talent réputé chez le clan Uzumaki et qu'elle avait appris aux côtés d'Okaasan, en plus des bases que ses parents biologiques lui avaient déjà appris.
Donc, même si elle n'avait pas hérité de la vitesse incroyable de l'Éclair Jaune de Konoha – au contraire de Naruto qui s'était beaucoup appliqué à développer ces compétences pour être aussi talentueux que son père –, elle s'était plutôt spécialisée dans les compétences des sceaux enseignées par l'Habanero la Sanguinaire, leur mère. Et encore, Okaasan la ménageait et ne lui enseignait que ses compétences les plus basiques, considérant que ses enfants ne devaient pas se mettre en danger en voulant apprendre des techniques ninjas de plus haut niveau.
Sauf que Karin, au contraire de son frère, préférait se servir de ses techniques à des fins sérieuses, et non pas pour jouer le trouble-fête contre leur professeur.
« Eh, Nee-chan ! chuchota Naruto en se penchant vers sa sœur.
— Quoi encore ?
— Je voulais te remercie pour m'avoir aidé. Sans toi, Iruka-sensei m'aurait eu, ttebayo ! » s'exclama Naruto en souriant bêtement.
Karin se contenta de croiser les bras.
« J'allais pas te laisser avec des ennuis, tout de même. Mais c'est la dernière fois que je te viens en aide, c'est clair ?
— Hai, Karin-chan ! »
Même si elle disait ça, Karin savait que si son frère s'attirait encore des problèmes, elle lui viendrait en aide. Après tout, c'était son frère, pour le meilleur et pour le pire. Et entre frère et sœur, on s'entraidait, dans les bons moments comme dans les galères (c'était d'ailleurs bien plus souvent dans les emmerdements qu'autre chose).
« Iruka-sensei ? Vous allez bien ?
— Je... »
BAAM !
Naruto et Karin se retournèrent à temps pour voir leur professeur tomber en arrière en criant, tandis que du sang s'écroulait de son nez. Alors que Naruto se mit à s'esclaffer fortement, suivit par de nombreux élèves qui comprirent enfin ce que le blondinet avait fait, Karin soupira.
Naruto n'avait vraiment rien de mieux à faire ?
Je pense qu'il n'est pas très difficile à comprendre quel genre de magazines Naruto a posé sur le bureau d'Iruka, n'est-ce pas ? Et sinon, je me suis rendu compte que j'ai donné pas mal d'informations dans ce chapitre, notamment sur le clan Uchiwa (qui du coup, n'a pas été massacré, hein) et quelques compétences des personnages. Ce n'était pas prévu à la base, mais bon...
