Je suis un peu nerveuse par rapport à ce chapitre-ci, donc n'hésitez pas à me dire ce que vous en penserez, c'est très important pour moi.

Titre : Rehab

Résumé : Ses souvenirs, elle avait envie de les vomir. Tirer la chasse d'eau, se sentir un peu mieux. Et lui, qui s'amusait à marquer sa vie, à tracer de nouveaux horizons dans sa peau meurtrie... ça ne pouvait que mal finir.

Raiting : M

Disclaimer : Tout appartient à Kubo.

Un petit fight, ça vous dit ?


Rehab

Chapitre 3


"Tu sais que tu n'as pas à affronter le reste du monde toute seule ?"

- Skam

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Holding On To You x Twenty One Pilots

« Bonne chance, Kuchiki-fukutaïcho ! » clamèrent ses hommes lorsque Rukia traversa à pas hâtifs la cour d'entraînement de la Treizième division, et celle-ci leur retourna un sourire anxieux. Les pans de son shikahusho noir volaient à chacune de ses enjambées. Du coin de l'oeil, elle avisa, amusée, Grimmjow terroriser leur bande de recrues, occupées à faire des tours des terrains, à coups de « plus vite les feignasses » et de « si vous vous bougez pas le cul, j'vous jure que je dégaine Pantera ! », et la chevelure verte de Yume Nakamura secouée par le vent, devenue troisième siège depuis peu, à qui la lieutenante avait confié les rênes de la division en son absence.

Si Rukia ne revêtait pas – du moins pas encore – le haori blanc caractéristique aux capitaines du Gotei 13, c'était tout comme aux yeux de ces shinigamis. Ils l'aimaient tendrement, cette fille pas toujours simple dont la tristesse veineuse, le cheveu noir et les yeux améthyste gorgés de cils épais donnaient une petite allure d'actrice de ces films noirs des années 50, et l'admiraient pour la force de caractère, la bravoure et la puissance dont elle avait fait preuve au cours du sauvetage d'Orihime Inoue dans le Hueco Mondo. C'était la digne porteuse de l'héritage d'Ukitake-taïcho.

En arrivant dans les quartiers luxueux de la Première division, elle croisa la route de Coyote Stark. Comme elle s'était toujours montrée amicale avec celui qui avait été le plus puissant membre de l'Espada d'Aizen, il l'aimait bien. Ses lourds cheveux bruns retenus en un chignon bordélique à l'arrière de sa tête, très leste dans son uniforme shinigami, il leva une main à l'adresse de la lieutenante, celle où, au dos, le chiffre 1 y était tatoué.

« Comment tu te portes, Rukia ? » articula-t-il d'une voix endormie.

« Pas trop mal. Dis-moi, où sont les shinigamis supposés te surveiller ? »

Comme son titre de Primera avait tendance à effrayer, Yamamoto le faisait surveiller en permanence par deux ou trois sous-fifres supposés veiller à ce que l'Arrancar n'attaque personne ni ne détruise les locaux. Une absurdité, quand on savait combien le tempérament de Stark était en réalité doux.

Un rictus entendu tira les lèvres minces de l'homme, et elle saisit automatiquement qu'il était en train de chercher un endroit où se tapir afin d'y dormir en paix. Rukia retint un rire avant de désigner sa gauche. « Il y a un placard dans le local derrière les cuisines, je doute qu'ils t'y trouveront. »

« Ah, je savais que je pouvais compter sur toi. » sourit Stark en se volatilisant d'un Sonido hors pair.

Une fois seule, Rukia secoua la tête et continua son chemin. Dans la salle réservée aux réunions quotidiennes, le Soutaicho et trois capitaines l'attendaient – Shinji Hirako, en train de se gratter négligemment l'oreille sous l'oeil rapace et exaspéré de Soi Fon, et Gin Ichimaru, tout sourire. Evidemment, parce que ça n'aurait pas été drôle sinon.

« Ah, vous voilà Rukia Kuchiki. » Yamamoto asséna un petit coup de bâton entre ses pieds. « Nous pouvons donc commencer. »

Elle s'inclina, respectueuse. « Que dois-je faire, Yamamoto-taïcho ? »

« Vous allez nous prouver vos compétences, incluant corps à corps, shikai, bankai et force mentale, en affrontant en duel l'un de ces capitaines. »

Hirako renifla, arrogant, tandis que Soi Fon rétractait ses prunelles perçantes et qu'Ichimaru lui adressait un petit coucou de la main. Qu'importe de qui il s'agira, je serais en miettes d'ici la fin de l'examen.

Rukia se racla la gorge. « Je ne peux pas combattre en ces lieux, Yamamoto. »

Cela tira alors un haussement de sourcils intrigué de la part du Commandant de la Soul Society. « Et pourquoi cela ? »

Ses yeux mauves et déterminés affrontèrent sans ciller le regard sévère du vieil homme. « Je ne veux attenter ni à l'état de ce bâtiment ni à la vie de hommes. Car, disons que mon bankai ne fait pas dans la dentelle. »

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Plantés dans une des immenses forêts désertés du Rukongai, ils attendaient que le Soutaicho désigne le capitaine qui combattrait Rukia. Celle-ci, anxieusement, caressait de la pulpe de ses doigts le fourreau nacré de Sode No Shirayuki.

Mais finalement, l'un d'eux se porta de son propre chef, fidèle à lui-même, finalement volontaire.

« Ça va, je vais le faire. » ricana Gin Ichimaru en s'avançant souplement. Instinctivement, Rukia fut en premier lieu saisie d'un mouvement de recul face à la carrure décidément gigantesque de cet homme, mais ses pieds demeurèrent vissés dans le sol tandis qu'elle dressait fièrement le menton.

« Très bien, le capitaine Ichimaru va donc déterminer si vous êtes digne ou non du titre de capitaine de la Treizième division. » annonça Yamamoto. « D'ici une heure, revenez aux quartiers de la Première division pour en déterminer. »

Ne pas trahir sa peur. Ne pas reculer, ne serait-ce que d'un moindre pas. Ne pas implorer pour sa vie. Ces trois règles, il s'agissait de les mettre une à une en pratique au cours de ce combat. « Je peux sentir le volcan du reiatsu qui bouillonne en toi, Rukia-chan », et le sourire s'étendit autant qu'il était encore possible, son expression jusque-là simplement amusée se faisant alors des plus carnassières. « notre petit duel s'annonce décidément savoureux. »

Du coin de l'oeil, Rukia aperçut Yamamoto, Soi Fon et Hirako abandonner prudemment ce qui deviendrait d'ici quelques secondes un champ de bataille, et elle n'en fut que soulagée. Après tout, avec la puissance dévastatrice de son bankai, elle craignait de blesser malencontreusement quelqu'un, quand bien même il s'agisse du Soutaicho, de la Commandante des Services d'Espionnage et du leader des Vizards. Sode No Shirayuki avait toujours été un pouvoir ardu à manier et toujours plus imprévisible dans sa maîtrise.

« Ichimaru-taïcho. » Comme l'exigeait leurs deux rangs, Rukia inclina légèrement la tête avant de tirer son katana au clair. Une politesse qu'Ichimaru ne lui retourna pas, mystérieusement fantomatique dans la blancheur de son haori secoué par la faible brise.

« Prête, Rukia-chan ? Nous n'avons malheureusement pas toute la journée pour nous… » et, la fraction de seconde suivante, son wakizashi goutait aux défenses argent de Sode No Shirayuki. Si vif… songea la jeune fille, affrontant d'un œil stratège le sourire démoniaque un peu trop proche de son propre visage à son goût, un seul clignement de paupières et je l'aurais manqué, une simple inattention et j'aurais déjà mangé la poussière. Seuls ses heureux réflexes d'officier l'avaient protégée de ce premier coup.

Menée par son instinct de combattante expérimentée, une de ses jambes se plia en arrière et, maintenant sa lame en place, propulsa de toutes ses forces le plat de sa sandale contre les côtes d'Ichimaru. Reculant d'un pas sous l'attaque, ce dernier en profita pour se saisir de la cheville offerte, mais Rukia renversa à nouveau la balance en prenant son élan et envoyant cette fois-ci son autre pied lui cogner sauvagement le menton. La poigne du capitaine la relâcha tandis qu'elle roulait dans l'herbe et se redressait tout aussi sec.

« Bien, bien. » ricana l'homme aux cheveux d'argent sans que son rictus ait abandonné sa bouche. Il frotta machinalement sa mâchoire endolorie, la considérant visiblement avec un peu plus au sérieux. « Je vois que tu joues dans la cour des grands, à présent. Il va falloir que je cesse de te considérer comme une toute petite chose, sinon quoi tes petits bras de moineau ne tarderont à causer ma fin. »

Sans pouvoir s'en empêcher, Rukia haussa un sourcil dans une expression de défi. Placée de profil, Sode No Shiraku dressée à deux mains au-dessus de son épaule, elle l'attendait et, sous ses yeux se rejouait ce vieux souvenir – lorsque ses longs doigts d'araignée l'avaient maintenue par son collier de chien à genoux dans la poussière de la Colline, que, quelques instants plus tard, c'était de sa lame qu'elle avait manqué de périr, sans compter le corps de Byakuya qui volait à son secours, et ce sang, tout ce sang inutile. Un soleil de plomb écrasait ses épaules déjà chétives, le sable sous ses ongles, l'humidité de ses yeux ouverts sur un chaos le plus total. Si faible était-elle à l'époque, affaiblie, complètement terrorisée, persuadée qu'Aizen allait réduire en morceaux de chair et d'os tous ceux qui tenteraient de la secourir, tous ceux qu'elle aimait… Le deuil, la guerre et la souffrance l'avaient rendue plus froide, Grimmjow lui avait appris comment transformer sa hargne en une arme. Je suis plus forte que je ne l'ai jamais été. Ichimaru n'a pas le bénéfice de m'impressionner, pas plus que je ne suis sa proie. Je n'ai rien à craindre de lui ni de personne.

Et l'ordre d'Aizen lui revenait constamment en tête, prononcé d'une voix si chaude. « Gin, tue-la. »

La réponse la glaçait toujours plus aujourd'hui. « Avec grand plaisir ». Comme si tout cela, le Hogyokou, Ichigo, Renji, Komamura jetés à terre tels de vulgaires poupées, tout cela n'était qu'un jeu, que sa propre vie n'avait aucune valeur à ses yeux. Et pourtant, il a été le premier à se précipiter me sauver ce soir-là. Il m'a soumis les premiers soins, m'a enveloppée dans ses bras et bercée de futilités. Un doute traversa ses yeux violets. Essayerait-il de se racheter ?

« Transperce-la, Shinzo. » Encore des mots trop familiers à son goût. Si Rukia n'avait pas été accoutumée à affronter Grimmjow, à savoir ex-Sexta Espada et bête assoiffée de sang sur le champ de bataille, elle n'aurait pas été en capacité de voir venir la prochaine attaque d'Ichimaru. La lame rétractable du plus traître des zanpakutos qu'ait jamais connu la Soul Society siffla à ses oreilles, proche, trop proche tandis qu'elle s'aplatissait au sol pour éviter de perdre sa tête. Tout aussi souple et rapide que l'était le wakizashi, la jeune fille demeura tout juste une demi-seconde à genoux, avant de s'élancer vers le capitaine en clamant d'une voix claire : « Danse, Sode No Shirayuki ! Tsugi No Mai : Hakuren ! ». Et, sur ce, une vague scélérate de glace fondit à la gorge d'Ichimaru.

D'un coup de jambes, Rukia se recula sous les branches d'un arbre en fleurs, satisfaite de son petit effet, mais perdit aussitôt son petit sourire en découvrant qu'il avait, en réalité, échappé de peu à sa deuxième danse. « Bien joué, Rukia-chan mais… » Avec horreur, elle ne saisit que trop tard. L'incroyable longueur de la lame de Shinzô avait profité de ces quelques secondes d'inattention pour effectuer un arc de cercle. Le tronc, situé à moins de deux mètres dans son dos, céda dans un craquement sourd, tranché par l'épée diabolique qui l'enfermait dans un disque des plus mortels. « … tu ferais mieux de ne jamais baisser ta garde en ma présence. »

Il n'est jamais trop tard, Rukia – lui revint en tête l'un des conseils favoris d'Ukitake-taïcho.

Habituée aux situations périlleuses, elle garda l'esprit clair, se refusant de céder au piège que lui tendait ouvertement le capitaine, l'attirant délibérément vers lui afin qu'elle reçoive le coup de grâce. La pointe de son katana traça, précise, un cercle sous ses semelles. « Some No Mai : Tsukihiro. » Aussitôt, et avant que Shinzô n'ait pu la cueillir à la façon d'un gros chat qui choppe un lapin entre ses crocs, une tour d'ivoire se dressa sous son poids, la transportant d'un éclos de fleur vers les nuages. L'instant suivant, le zanpakutô d'Ichimaru découpait à sa racine la fondation de glace sans remord mais Rukia avait prévu le coup, alors que, à une hauteur d'environ huit mètres de haut, elle bondissait au-dessus de la tête de son adversaire pour atterrir de plein fouet dans son dos.

Vite. Pas une seconde à perdre.

« Tsugi No – »

« Tu m'auras pas deux fois, t'sais ça ? » Avant qu'elle n'ait pu cligner des paupières, une douleur cinglante incendia sa peau. Oh putain. Putain. Pu-tain. Il l'avait finalement attrapée, sans même avoir besoin de se retourner pour la viser correctement, l'acier de son arme déchirant sans remord la manche de son haori et s'en allant savourer à pleines dents la chair de la hanche de la lieutenante. Et elle s'était laissée prendre comme une idiote, car c'était ce même coup qui avait mis Aizen hors d'état de nuire pour ne serait-ce qu'une volée de minutes, qui avait inscrit en grosses lettres le nom de Gin Ichimaru dans l'histoire du Gotei 13.

Si naïve de penser qu'elle parviendrait à prendre par surprise l'un des plus puissants capitaines du moment… Putain…

Avec des yeux emplis de haine et de souffrance mêlées, elle regarda, sans fard sur son visage tordu le capitaine de la Troisième division pivoter sur ses pieds. Du sang imbibait son uniforme, tandis que la lame demeurait enfouie sous sa peau, qu'elle grignotait peu à peu sa volonté.

Le sourire d'Ichimaru demeurait à glacer le sang.

« Je dois admettre que tu t'es plutôt bien défendue, ma p'tite Rukia. Mais de là à devenir capitaine… ? »

« Ce n'est pas terminé. » siffla-t-elle en tentant de retirer le wazikashi hors de son corps, mais en vain.

« Oh ? Tu es sûre ? » Un sourcil narquois se dressa, tandis qu'il rétractait lentement son épée, Rukia complètement empalée dessus. La jeune fille chercha à batailler quelques instants, ses sandales se plantant désespérément dans le sol, mais elle était trop légère, trop faible… et Shinzô s'apprêtait, malgré ses débattements d'animal blessé, à la donner en pâture à son maître.

Tu n'as plus le choix à présent, Rukia-sama. Gèle-lui le coeur, qu'il perde son maudit sourire… murmura d'une voix acérée Sode No Shirayuki dans un coin de sa tête. Alors Rukia céda, au détriment de la douleur, de l'angoisse de décimer des innocents par erreur, des railleries qui jaillissaient en cascade hors de la bouche de l'homme aux cheveux gris.

Son zanpakutô au creux de son poing, elle hurla alors à s'en casser la voix : « J'ai dit que ce n'était pas terminé ! BANKAI : Hakka No Togame ! »

Et le monde devint blanc.

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Une trentaine de minutes plus tard, Gin Ichimaru l'acculait contre l'arbre où il l'avait catapultée, Shinzô appuyé contre sa gorge tendre. Il avait perdu son fameux sourire, mais ses paupières closes ne s'étaient soulevées que trop rarement au profit de ce regard pâle qu'il abritait continuellement derrière une expression glaçante. Certes, Rukia avait perdu ce duel des plus titanesques, entre végétation totalement givrée, arbres tranchés net, terre fissurée et tourelles de glace qui s'étiraient vers le ciel, mais elle était parvenue à porter de jolis coups sauvages au capitaine. Il affichait une arcade sourcilière ensanglantée, des coupures profondes à l'épaule, et des cheveux en bataille, mais c'était à peu près tout.

Quand bien même, j'ai percé la défense de l'Homme aux Milles Couteaux.

Son kimono précieux, tout comme la blancheur immaculée de sa chevelure et le calme serein qui l'avait habitée tout le long de cette manche du combat fondirent comme neige au soleil. Vidée des trois quart de son reiatsu, elle adressa cependant un regard fier à son adversaire.

Shinzô disparut dans son fourreau, et le sourire s'en retourna à sa bouche.

« Ma parole, dans quel état tu te trouves… » Il était inutile de préciser que son ton n'avait rien de préoccupé, juste de la franche ironie. Sa main lui fit signe d'approcher. « Regarde-moi ce désastre. » soupira-t-il théâtralement en inspectant le visage écorché de part et d'autre de la jeune fille, son uniforme en lambeaux, les plaies qui creusaient son corps, là où Shinzô l'avait traversée encore et encore, reptile, tandis qu'elle ne ressentait à cet instant-là pas du tout la douleur, son Bankai faisant dévaler sa température corporelle au point 0. Toute la souffrance emmagasinée au cours de ses combats sous sa forme ultime, elle se la prenait toujours de plein fouet après être retournée à son état normal. Les doigts froids, un contact qui l'avait toujours répugnée au plus au point, tapotèrent sa pommette douloureuse, puis il abaissa sa bouche jusqu'au creux de l'oreille de Rukia, la faisant violemment tressaillir de dégoût pour y susurrer : « Quel dommage que ce joli minois appartienne à quelqu'un qui désire si fort se donner la mort. »

Autant que le lui permettait ses membres atrophiés de fatigue, elle se dégagea et recula d'un bond, sa main enroulée autour du manche de Sode No Shirayuki.

« Je vous demande pardon, Ichimaru-taïcho ? » feula-t-elle.

Il lui adressa un sourire des plus innocents. Sa tête s'abaissa un tantinet sur le côté. « Quoi, c'est pas vrai ? On dirait que je t'ai outragée. »

« C'est le cas. » Et pour la première fois de sa vie, elle tint verbalement tête à Gin Ichimaru, folle de rage, sans en craindre le moins du monde les conséquences. « Un nombre incalculable de fois au cours de nos rencontres, vous m'avez outragée, comme vous le dîtes si bien. Je vous ai craint plus que de raison durant des décennies et des décennies, parce que vous vous amusiez à m'étrangler avec votre reiatsu à l'insu de Nee-san. Parce qu'avec votre sourire désinvolte, vous avez laissé miroiter sous mes yeux une chance de survivre alors que j'avais accepté d'en finir avec ma vie, que, quelques heures plus tard, c'est toujours avec ce sourire que vous avez manqué de me tuer. Je vous déteste ! »

Ichimaru se contenta de ricaner. « T'oublies un dernier détail et pas des moindres, Rukia-chan. C'est aussi moi qui ai façonné les couloirs de Las Noches de façon à ce qu'Aaroniero-kun vienne à ta rencontre dans ce labyrinthe. Eh oui. »

A cet instant-ci, elle aurait pu le haïr autant qu'il était encore possible de le faire. Mais rien ne vint – parce que le combat contre l'Espada, elle l'avait gagnée de peu et qu'il avait permis de sceller la tragédie qu'elle avait connu en mettant fin aux jours de Kaien-dono. C'était stupide mais elle resta indifférente à l'information. Pourquoi me déteste-t-il autant pour avoir mis tant de stratagèmes en place visant ma mort ?

« Ichimaru-taïcho ? » La jeune fille fronça les sourcils. Sa voix était plus sereine, dépossédée de toute trace de la hargne qui l'habitait un instant plus tôt. « A quoi jouez-vous ? »

« Disons que je suis intrigué par tes états-d'âme, petite Rukia. » Ces mots, émergés de la bouche d'une autre que celle de Gin Ichimaru, auraient pris une tournure plus tendre. Mais ce n'était que de la moquerie à son égard, une fois de plus. « Pleurer à la mort d'Ichigo-kun est une chose, mais ranger son arme et rester prostrée dans l'attente de servir de dîner à un Hollow de pacotille en est une autre. »

Mais Rukia se refusa de rentrer dans son jeu. Elle ne confesserait pas les secondes, les minutes, les mois, interminables, où elle avait vécu un enfer intime dont personne n'avait pu l'extraire. Alors elle riposta, davantage peinée que cruelle :

« Je sais que vous aimiez Rangiku Matsumoto, et que sa mort vous a ravagé, quand bien même votre attitude est demeurée la même les jours suivants. Un colosse aux pieds d'argile voilà ce que vous êtes, et moi je ne suis pas aveugle contrairement à ce que vous semblez croire. »

Alors elle assista à une réaction inattendue. La bouche s'affaissa, les paupières se soulevèrent sur ce bleu inouï voire surréel qui transperça ses yeux mauves quelques secondes durant, tandis que chacun des traits du visage du capitaine se tordaient en une expression de douleur inhumaine. Mais ça ne dura qu'à peine un instant, avant que le masque ne revienne étirer les yeux attristés en fentes et les lèvres pincées en un rictus en coin, la laissant sans voix. Et Rukia comprit que ce qu'elle venait d'entrevoir, c'était l'humanité déchirante de Gin Ichimaru.

« Assez bavardé, je me dois de rendre mon rapport à Yamamoto. » débita de sa voix narquoise le capitaine tout en lui tournant le dos comme si de rien n'était. « Tu sais comment est le vieux, par conséquent… bye-bye, Rukia-chan. Ce fut un plaisir de converser avec toi. »

Alors, il se volatilisa.

And I'll fall down

And I'll break down

And I'll fake you out

All I wanna

It's the same game today as it always is

I don't give you space to speak my name explaining this

And the wrists of my mind have the bleeding lines

That reminds me of all the times...

I have committed dirty crimes that are perfectly form-fitted

To what I've done and what I'm doing


Ce n'est pas par hasard que j'ai inclus un bout de Fake You Out à la fin du chapitre (parce que, oui, je suis en train de me refaire tout Vessel à l'heure qu'il est). Les paroles collent vraiment à l'histoire pour moi, et la poésie de Twenty One Pilots me fend toujours plus le coeur.

Encore une fois, n'hésitez pas à laisser une review !

Lybeah.