Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Je sais que mes publications sont un peu aléatoires mais je n'ai pas vraiment le choix...

Bien. Passons au chapitre du jour. Il porte très bien son nom, le petit ! C'est pas un chapitre joyeux, joyeux mais c'est pas le plus triste non plus. Je l'avoue, j'aime être un peu méchante, mouahahah. M'enfin, bref. Je ne vous en dis pas plus, seule votre lecture saura donner du sens à ce titre.

Pause réponse aux reviews

Yurippe-chan : Merci pour ta review ! Hem et bien, à vrai dire, je ne sais pas. Pour le moment, je poste déjà ces trois chapitres introductifs. Après, je pense que ça sera surtout en fonction du réseau internet et de mon avancée. J'ai pas envie de poster toutes les semaines… Toutes les deux semaines peut-être ? Je ne peux rien promettre, désolée. Encore merci :D

Remercions encore et toujours Hiro Mashima pour son génie immense.

Enjoy ;)


BLACK JACK

- chapitre 0 -

Le virage

Il ne comprend pas. Il ne comprend rien. On ne lui explique rien. Luxus est seul, son père est parti. Le maître, son grand-père, vient de le lui annoncer. Il lui a simplement dit que les dernières actions de son père ne lui avaient pas laissé le choix. Quelles actions ? Quel choix ? Luxus ne comprend pas. Ou ne veut pas comprendre. Car il sait très bien ce que son père a fait. Trahison, violence, incompétence… Le garçon est encore bien jeune mais il a très bien vu ce que son père tentait de lui cacher. Et il ne comprend pas. Il n'arrive pas à saisir pourquoi son père a fait cela. Pour le pouvoir ? Pour la guilde ? Pour lui ? Luxus a toujours admiré son père et son grand-père. Il a toujours aimé les voir assis côte à côte sur le comptoir du bar de la guilde, l'un fumant la pipe, l'autre riant de bon cœur. Pourquoi tout ce bonheur volerait-il en éclat ? Pourquoi les deux personnes qu'il admire le plus sont-elles devenues si éloignées ?

Maintenant, Luxus doit choisir. La voie de son grand-père et Fairy Tail ou la voie de son père et le pouvoir. Sauf qu'il n'a pas envie de choisir. Pour le moment, le maître le garde à la guilde, pour sa sécurité qu'on lui a dit. Il est encore trop jeune pour partir mener sa propre vie. Et puis, il n'en a pas vraiment envie. Il aime bien Fairy Tail. La guilde est chaleureuse, animée, vivante. Il n'a pas envie de partir, il a encore tant de chose à apprendre, il doit devenir un mage puissant pour combattre les plus forts.

Maître Makarov lui promet de toujours bien s'occuper de lui et Luxus se contente de cela. Son cœur est encore très affecté par le départ de son père et même s'il dit le contraire, Luxus est triste. Et plus que sa tristesse, c'est sa fierté qui en prend un coup. Sa fierté qui, au fur et à mesure des années, va prendre de plus en plus d'ampleur.

Ce virage pris à pleine vitesse sera le plus grand drame de sa vie. Mais il ne s'en doute pas, pas encore. Il ne pouvait pas savoir, à son âge, qu'un jour, il serait très fort, beaucoup plus fort que ce qu'il imagine, et qu'il serait épaulé par trois compagnons fidèles qui ne se connaissent même pas encore. Car si l'histoire de Luxus vient de prendre un tournant décisif, celle des Raijin n'est même pas embryonnaire.

Car l'histoire des Raijin est bien plus complexe qu'elle ne le laisse croire.

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Lorsqu'il rentre de l'école, ce soir là, Fried sent que quelque chose est différent. La bonne n'est pas à la porte d'entrée pour l'accueillir et la maison est beaucoup trop calme. Il referme la porte derrière lui et déclare :

- Bonsoir. Je suis rentré.

Personne ne vient le saluer. Bon, habituellement non plus il n'y a personne qui se précipite à sa rencontre. Mais tout de même, il y a quelque chose qui ne va pas. Fried pose son manteau dans l'entrée et se rend en cuisine. La bonne n'est pas en train de préparer son goûter. De toute façon, il n'a pas faim. Lentement, il monte à l'étage. Des chuchotements attirent son attention. Il passe devant sa chambre, y lance son cartable et poursuit son chemin. Au bout du couloir, il y a la chambre de sa mère. La porte est inhabituellement entrouverte. Alors qu'il n'est qu'à quelques pas de la porte, celle-ci s'ouvre et la bonne apparaît. Elle a les yeux rouges et elle tient un grand mouchoir blanc entre ses doigts tremblants. Dès qu'elle le voit, elle ne peut s'empêcher de pleurer.

- Oh, mon petit Fried, murmure-t-elle en le prenant contre sa poitrine.

- Que se passe-t-il, Rose ? tonne une grosse voix depuis l'intérieur de la chambre.

Fried sait que c'est son père qui vient de parler. Alors, son cœur se serre si fortement dans la poitrine qu'il en a le souffle coupé. Fried n'a que 9 ans mais il a parfaitement compris ce qui se passe derrière cette porte. C'est sa mère.

- Monsieur, Fried est rentré de l'école.

- Ne le laissez surtout pas entrer Rose !

La maladie a emporté sa mère.

- Mais, monsieur. Fried a peut-être envie de…

- Faites ce que je vous dis, Rose ! tonne la voix de monsieur Justin en apparaissant dans l'encadrement de la porte de la chambre.

La bonne étouffe un sanglot dans son mouchoir blanc. Fried lève son regard d'enfant vers son père. Il le regarde fixement sans esquisser le moindre frémissement. Son visage est d'une neutralité presque effrayante. La bonne pose sa main sur ses épaules et l'entraîne doucement en arrière. Fried ne lâche pas son père du regard et marche à reculons, lentement. Il ne tente pas de regarder à l'intérieur de la pièce, il n'avait de toute façon plus le droit de voir sa mère depuis quelques mois tant la maladie était à un stade avancée. Fried n'est pas triste. Il est juste dégoûté par l'attitude de son père.

Soudainement, Fried devient rouge écrevisse. Il sent une colère irrépressible monter en lui, comme un orage trop longtemps resté coincé dans un petit nuage. L'orage devient vite incontrôlable. Monsieur Justin fronce les sourcils à la vue de ce changement physique chez son fils. Il s'approche d'un pas mais le garçon le stoppe net dans son élan.

- Je vous déteste, père.

Il ne sait pas pourquoi il a dit cela. Ces quatre mots sont sortis tous seuls alors qu'il y en a des milliers sous son crâne. Mais cette simple phrase le délivre d'un seul coup. Fried détourne la tête et courre s'enfermer dans sa chambre. Là, il enfonce sa tête dans un oreiller et se met à pleurer toutes les larmes qu'il y a dans son petit corps.

Lorsqu'il sort de sa chambre, une heure plus tard, pour saluer le cercueil dans lequel sa mère est enfermée pour toujours, la colère de Fried n'est pas vraiment tombée. Le garçon, debout sur le pallier, bien droit dans ses vêtements d'enfant sage, serre fermement les mâchoires pour ne pas craquer. À ses côtés, la bonne a posé sa main sur sa tête et lui caresse affectueusement les cheveux. Fried a toujours eu les cheveux lisses et vert, comme sa défunte mère. Au moment où le cercueil disparaît dans la cage d'escalier, Fried pousse un soupir. Sous ses doigts, Rose sent une petite bosse. Alors qu'elle retire sa main pour laisser le petit Fried regagner sa chambre, la bonne remarque que deux épis viennent d'apparaître dans la chevelure parfaitement lisse du garçon. La colère de Fried est retombée mais il reste sur son crâne deux antennes, indices de cet orage inavoué.

Quelques semaines après le décès de sa mère, Fried est envoyé en pension par son père, très loin du domicile familial. En arrivant devant sa nouvelle demeure, le garçon de 9 ans lit parfaitement sur la devanture de l'établissement : orphelinat.

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Ses parents lui ont dit qu'ils partent en mission. Il se demande ce que peut bien signifier "partir en mission" lorsqu'on est vendeur de jouets. Mais il ne cherche pas à leur poser la question, trop heureux d'avoir, pour un jour entier, son père et sa mère tous les deux à la maison.

- Tu sais, maman, c'est bientôt mon anniversaire !

Sa mère lui sourit en courant dans la salle de bain. Elle est en train de préparer sa valise et elle a peur d'oublier quelque chose. Bixrow a bientôt 9 ans. Dans une semaine exactement. Son père lui a donné un gros paquet qu'il lui a interdit d'ouvrir avant le jour J. Et Bixrow a promis qu'il n'y toucherait pas. En attendant, il regarde ses parents s'affairer à leurs préparatifs.

Pour fêter leur départ, Bixrow a préparé un petit spectacle avec ses peluches dans le salon. Il a fait comme un théâtre de marionnette et a même rédigé un scénario. C'est l'histoire de deux personnes qui se promènent et qui croisent un mage puissant qui leur offre une partie de son pouvoir. Les deux personnes deviennent alors des mages à leurs tours et sont très heureuses toute leur vie. Le spectacle est un franc succès. Le garçon ne comprend pas vraiment pourquoi mais, lorsque le rideau tombe sur la table du salon, sa mère se précipite sur lui et le serre fortement dans ses bras.

Le lendemain, ses parents quittent la maison de très bonne heure. Son père lui a laissé le gros paquet et sa mère, un mot sur la table lui disant de faire attention et lui rappelant que c'est la voisine qui s'occupera de lui pendant leurs deux semaines d'absence. Bixrow est tout content. Il est tout seul chez lui pour quelques jours et la voisine est une personne adorable. Elle lui prépare à manger tous les soirs et passe chaque matin vérifier qu'il est bien levé et prêt pour l'école.

Le jour de son anniversaire, il ouvre le cadeau laissé par son père. C'est un très gros ours en peluche. Heureux, Bixrow décide d'improviser un petit spectacle pour l'occasion. Ni une ni deux, il sort ses jouets et les étale dans le salon. Il monte son petit théâtre et se met à réfléchir à son histoire. C'est alors qu'il se produit une chose étonnante. Bixrow était en train d'imaginer le gros ours se promenant avec le tigre, lorsque les deux peluches se mettent à bouger toutes seules, reproduisant la scène avec exactitude. Effrayé, le garçon se met à crier comme si la foudre venait de s'insinuer en lui. La voisine, qui venait justement de rentrer, accourt, pensant à un accident. Elle se met à rire en voyant le garçon effrayé par ce pouvoir.

- C'est de la magie, Bixrow, explique calmement la brave femme. C'est toi qui fais ça.

Le garçon est bien incapable de dire quoi que ce soit. Il croit à une farce et reprend la boîte dans laquelle l'ours en peluche était emballé. Au fond du paquet, Bixrow trouve une lettre. C'est une lettre de son père lui expliquant la magie de possession humaine dont il est l'héritier. Bixrow apprend ainsi que son grand-père possédait cette vieille magie et qu'il y avait de forte chance qu'il la possède lui aussi. Cette magie, écrit son père, se déclare vers les 9 ou 10 ans de son possesseur et a de très grands avantages. Bixrow se demande quels sont ces avantages car, à part ranger sa chambre deux fois plus vite, il ne voit pas comment cette magie peut lui être utile. Sa voisine s'approche et lui explique :

- Le problème de la magie, mon petit, c'est qu'elle est très liée à son propriétaire. Il va donc falloir te familiariser avec ton pouvoir afin qu'il puisse t'être utile. C'est toi qui décide de ce que tu vas faire avec ta magie.

- Je ne comprends pas tout.

La voisine sourit en embrassant le front du garçon. Il a toute la vie pour élaborer sa propre vision de la magie. Ce soir là, Bixrow donne le plus beau spectacle de peluches de tous les temps. C'était l'histoire la plus drôle et émouvante qu'il n'ait jamais inventée. Ce fût également la dernière.

La semaine suivante, Bixrow attend ses parents. La semaine d'après, la voisine lui annonce que ses parents ont disparus lors de leur mission et qu'il va être envoyé dans un foyer pour enfants. Bixrow ne sait pas que ses parents ont été assassinés par des mages noirs qui voulaient obtenir les secrets de la magie de possession humaine. Il ne sait pas non plus que ses parents avaient prévu leur fuite et que s'il se retrouve loin de son village natal, c'est volontaire.

Trois jours plus tard, Bixrow se présente au fameux foyer pour enfants. En soupirant, il passe le portail en fer forgé au-dessus duquel il y a l'inscription : orphelinat.

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Le soleil traverse les rideaux et lui caresse doucement la joue. Elle sent sa douce chaleur et se met à sourire. Elle se redresse dans son tout petit lit et descend doucement, sans faire de bruit. À pas feutrés, elle se rend dans la pièce principale, grimpe sur une chaise, s'assied et soupire :

- J'ai faim.

Mais la vieille dame n'est pas encore réveillée. Il n'y a personne pour l'entendre. Alors, Evergreen croise ses petites jambes et elle attend.

Elle ne se souvient pas trop comment elle est arrivée ici. Il y a quelques temps encore, elle était chez un oncle qui grognait tout le temps. Un peu plus tôt encore, elle buvait son biberon dans un des fauteuils du salon. Elle a beaucoup changé de maison, n'ayant pour elle qu'une petite valise avec ses vêtements et sa poupée. Il y a quelques jours, elle était dans le train. Qui sait où elle sera demain. Elle se demande où sont ses parents. Elle ne se souvient d'eux que sous forme de vagues souvenirs : un biberon plein, une main floue, une voix forte. Ce dont elle se souvient, c'est des nombreux changements dans sa vie, les voyages en train toute seule sur la banquette, les nuits froides dans des maisons pas très accueillantes, les visages qui passent et défilent devant ses yeux d'enfant. Elle ne sait plus vraiment d'où elle vient. La seule chose dont elle est certaine c'est qu'elle s'appelle Evergreen, qu'elle a 4 ans et qu'elle a peur de l'orage. Elle a été abandonnée mais ça, elle est encore trop petite pour le deviner.

Un bruit la fait sursauter. C'est la vieille dame qui se lève. Evergreen n'a pas bougé de sa place et attend toujours. La femme entre dans la cuisine et lui offre un sourire froissé. Elle pose sa grosse main sur la tête de la petite fille et prépare le petit déjeuner. Evergreen la regarde faire avec attention. Elle aime beaucoup cette vieille dame. Elle est gentille, souriante et elle lui a raconté une histoire hier soir. C'était une histoire de fées, Evergreen l'avait adorée.

- Aujourd'hui, nous allons chez un ami. Il t'emmènera ailleurs, dit la vieille dame le dos tourné.

Ailleurs ? Evergreen se demande si c'est loin et si elle va devoir prendre le train. Mais elle ne dit rien, la vieille dame lui sert un bol de lait chaud. Evergreen l'avale sans discuter. Puis, elle descend de sa chaise et va s'habiller.

Plus tard, alors que la fillette est en train de fermer sa petite valise, la vieille dame s'approche. Elle a toujours ce sourire qui fissure son visage et, dans ses mains, elle tient un livre.

- Evergreen, souffle-t-elle. Y a-t-il une petite place dans ta valise pour ce livre ? Je vois bien qu'elle n'est pas très grande mais je voudrais te l'offrir. Tu l'aimes beaucoup n'est-ce pas ?

Elle ne sait pas quoi répondre. Lentement, elle ouvre sa valise et tente de tasser ses robes comme elle peut. La vieille dame pose le livre. La valise ne ferme pas. Alors, Evergreen enlève sa poupée et la valise enferme le livre sans craquer.

- Merci beaucoup madame.

Evergreen ne peut dire que cela. Alors qu'elle quitte la maison de la vieille femme, la fillette songe à ce livre qui pèse lourd dans sa valise. Heureusement que la femme ne marche pas bien vite, Evergreen peut souffler de temps à autre.

Le soleil est orange lorsque la vieille dame lui annonce qu'elles sont arrivées chez son ami. Un grand homme les reçoit. Il prend Evergreen et sa valise dans ses gros bras et l'emmène à l'intérieur d'une carriole. La fillette aperçoit à peine la vieille dame derrière la fenêtre sale que le véhicule se met en branle, la secouant dans tous les sens. Elle s'en va, ailleurs. Elle ne sait pas si cet ailleurs est loin alors, elle s'allonge sur la banquette, pose sa tête sur sa valise et s'endort. Elle rêve qu'elle vole.

L'arrêt de la carriole la réveille. Est-ce qu'elle est arrivée ? Evergreen n'a pas le temps de se poser la question, la porte s'ouvre et le grand homme apparaît. Il la prend dans ses bras. Evergreen n'aime pas ces gros bras, ils lui font peur.

- Tu as bien dormi fillette ?

Elle n'ose pas lui répondre. Elle hoche simplement la tête. L'homme prend la petite valise dans sa grosse main et referme la porte. Puis, il se dirige vers un grand bâtiment et passe le portail si rapidement qu'Evergreen n'a pas le temps de voir ce qui l'entoure.

Le grand monsieur l'a déposée là et est reparti. Il lui a murmuré mais elle l'a bien entendu. Cet ailleurs où elle est, a un nom : orphelinat.

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C'est là, à l'orphelinat, que tout a commencé. Ils ne se connaissent pas encore, ils n'ont pas vraiment de points communs et sont d'âges différents mais tout est là. Et c'est là, que l'histoire commence vraiment.


NdZ Oula, ce chapitre était vraiment long ! J'espère qu'il était aussi long qu'intéressant... Alors, voilà ! Je viens d'amorcer l'orphelinat. Parce que je vois les choses comme ça, dans un orphelinat. Le prochain chapitre sera donc le premier chapitre de la partie 1 et cette partie s'appelle, sans surprise : l'orphelinat ! *bravo Zuzu pour ton sens de l'imagination* Tous mes chapitres ont des titres, j'aime bien faire des titres. Bon par contre, je l'avoue. Je fais parfois des titres un peu nazes mais bon. Cette aventure commence à prendre forme, j'espère que ça vous plaira ! *coeur*

Pour les reviews, c'est juste dessous :)