James avait décrété que la famille Potter avait trois règles primordiales.

Premièrement, tous les Potter devait briser les règles. C'était dans les gènes, à ce qu'il paraissait. On ne pouvait pas lutter contre et même quand on voulait le respecter, on finissait toujours par enfreindre le règlement.

Deuxièmement, un Potter se devait de jouer au Quidditch. Et il devait être excellent dans le domaine. Voler sur un balai était aussi dans le sang de la famille.

Et enfin troisièmement, et c'était probablement la plus ridicule de toutes les règles qui pouvaient exister, un Potter devait épouser une rousse. James Potter premier du nom avait eu Lily Evans et Harry Potter avait Ginny Weasley.

Mais, alors qu'il avait les yeux plongés dans sa marmelade de citrouille, Albus ne put s'empêcher de se poser une question. S'il jouait au Quidditch, il respectait l'une des trois règles des Potter, non ? Donc il ne brisait pas les règles, ce qui ne répondait pas au premier commandement. Il aurait pu se casser la tête durant encore un long moment si Rose ne s'était pas mise à lui hurler dans les oreilles :

« Mais qu'est ce que tu fais, Al ? On doit être en cours d'histoire de la magie dans dix minutes et tu n'as pas encore fini ton petit déjeuner ! »

Ah … l'histoire de la magie. Albus ne pouvait déjà plus s'en passer. Il s'endormait chaque fois que le professeur Binns commençait à parler. Il avait beau lutter, c'était plus fort que lui. Ce qui lui avait valu les remontrances de Rose. Le cours était ennuyant à mourir. D'ailleurs, Binns était peut-être mort d'ennui à force d'entendre le son de sa voix, mais ça, personne ne pouvait le prouver. Son père l'avait prévenu mais il ne le croyait pas vraiment. Un cours ne pouvait pas être aussi ennuyant que ça, non ? Et bien si.

A l'inverse du cours du professeur Binns, celui du professeur Londubat était beaucoup plus intéressant. Mais Albus essayait de ne pas trop croiser le regard de Neville de peur que celui-ci se mette à lui demander des nouvelles de sa famille et pire encore, leur transmettre ses amitiés. Il ne pouvait décemment pas parler de ses parents à un professeur ! Lui, non mais Rose, si. Elle était décidée à bien se faire voir par l'ensemble de ses professeurs et elle ne manquait jamais une occasion pour se montrer brillante. Ce qui, bien sur, enfonçait un peu plus Albus. Comment pouvait-elle savoir tant de choses ? L'oncle Ron ( s'il avait été là ) lui aurait probablement dit : « C'est dans les gènes ! » Mais Albus savait que c'était plus dans les gènes de sa tante Hermione que dans ceux de l'oncle Ron.

Flitwick, qui était aussi le sous-directeur, était, quant à lui, égal à lui-même. Sa voix fluette faisait toujours et encore bourdonner les oreilles d'Albus plusieurs minutes après qu'il ait quitté la salle.

Pour son premier cours de Défenses Contre les Forces du Mal, il était prêt comme jamais. Il avait du papier vierge, de l'encre neuve et il avait nettoyé sa baguette. Il s'attendait à un cours passionnant, pleins de nouveaux sortilèges et surtout vivant ( pas comme ceux du professeur Binns ). Mais lorsqu'il vit le professeur et surtout sa première heure, sa joie retomba aussitôt. L'homme était immense, froid comme de la glace et parlait d'une voix si grave qu'il fallait se concentrer pour l'entendre ( Albus regrettait presque le ton fluet de Flitwick ). De plus, il n'avait fait que parler de mages noirs que personne, absolument personne de connaissait. Ursula la Sombre ? Ernest le Maudit ? Jamais entendu parlé. Tous les élèves attendaient avec impatience le cours sur Voldemort bien que le professeur ne daigne pas en parler. Mais, des rumeurs circulaient dans les couloirs. On disait que le professeur Corvus ne resterait pas plus d'un an. Lorsqu'Albus avait demandé pourquoi à un élève de troisième année, il avait éclaté de rire :

« Mais enfin, tout le monde sait que le poste est maudit ! Regarde, je suis en troisième année et j'ai eu trois professeurs de Défenses Contre les Forces du Mal. Il paraît que Voldemort aurait jeté un sort sur ce poste car Dumbledore a refusé de lui accorder la place ! Et même s'il est mort, la malédiction continue. Je me demande bien qui assurera le cours, l'année prochaine … »

Mais cela ne remontait pas le moral d'Albus. Il avait quand même un an à faire avec Corvus et cette perspective ne lui plaisait guère.

Mais le cours qu'Albus préférait était sans aucun doute la métamorphose. Le professeur Dulcia était la femme la plus étrange qu'il ait jamais rencontré. Et il connaissait Luna Lovegood. Ce n'était pas peu dire. Elle avait d'énormes lunettes rondes qui lui dévoraient la moitié du visage et un visage joufflu, toujours rose suite à un sort qui avait mal tourné. Elle mettait tout et n'importe quoi dans ses cheveux qui était tellement long qu'elle s'en servait parfois comme d'un coussin. Une fois, après avoir cherché pendant une bonne dizaine de minutes, elle avait sorti tout un matériel de couture, puis elle s'était mise à raccommoder son chapeau. Rose, à la différence de tous les autres élèves, n'aimait pas son cours. Elle le trouvait « déstructuré », « sans fil conducteur » ou alors « farfelu ». Pourtant, elle était la seule à prendre des notes au mot près prononcés par Dulcia. D'ailleurs, c'était elle la directrice de la maison Gryffondor.

Albus s'attendait au pire avec le cours de Potion. Son frère lui avait raconté les horreurs que leur avait fait subir le professeur Seos à lui, à Godric et aux jumeaux Finnigan ( mais on disait aussi que ceux-ci ne cessaient de lancer des vannes stupides aux Serpentards avec qui toutes les première année de Gryffondor partageaient le cours ). Mais à sa grande surprise, il se révéla être un excellent élève et Seos semblait même l'apprécier. Il avait été le seul avec Seth Bishoptree à réussir leur potion pour faire pousser les cheveux ( Rose était d'ailleurs furieuse ). James lui avait alors dit que c'était parce qu'il s'appelait Albus Severus Potter et que cet idiot de professeur devait avoir une admiration sans borne pour Rogue, le plus grand maître des potions. Ce qui lui avait valu des regards méprisants de la part des Serpentards. Alors comme ça, même le directeur de leur maison aimait bien ce Potter ? Une honte !

Mais bien que les cours ne soit pas très amusant, Albus aimait apprendre et ses professeurs n'avaient pas de rancune particulière contre lui. A la différence de Scorpius Malefoy.

Les professeurs ne manquaient jamais une occasion pour le regarder de travers où de pincer les lèvres lorsque leur regard croisait celui de Scorpius. De plus, les élèves ne l'appréciaient pas vraiment. On l'avait enfermé dans le placard des potions deux fois en une semaine et lors du cours de métamorphose, une certaine Rose Weasley avait ensorcelé son aiguille pour qu'elle le pique toutes les trois minutes. Il n'avait pas arrêté de se retourner pendant une heure en cherchant qui pouvait bien le harceler comme ça.

Lors du repas de vendredi soir, après avoir fait ses devoirs tout l'après-midi avec Rose ( qui c'était révélée encore plus impitoyable qu'elle ne l'était déjà ), Albus avait observé Scorpius subir une nouvelle humiliation commise par son frère James. Le pauvre Malefoy avait subi le sortilège d'Assurdiato, si bien qu'avec ses oreilles bourdonnantes, il n'entendait plus rien.

« Mais regarde moi cet imbécile ! Il ne sait même pas comment s'en débarrasser ! Et bien, Monsieur le Sang-Pur, on ne réplique pas ? Mais j'oubliais, tu n'entends même pas ce que je te dis ! »

Arnold ( à moi que cela ne soit Renold ) s'était esclaffé si bruyamment que toute la Grande Salle devait l'avoir entendu. Rose pouffait et James continuait de rire.

« Laisse le tranquille. »

Albus s'était levé et affrontait pour la première fois son frère. Il s'était alors arrêté de ricaner.

«_Qu'est ce que tu viens de dire, petit frère ? Je crois que je n'ai pas entendu.

_J'ai dit : Laisse le tranquille.

_Ah oui ? Alors comme ça, tu défends un Serpentard ?

_Ce n'est pas un Serpentard, James ! C'est un Gryffondor !

_Toute sa famille a été cher Serpentard, cette salle maison de sales traître ! Je ne comprends même pas pourquoi Poudlard ne l'a pas dissoute ! Le sang des lâches coule dans ses veines ! Son père a failli tuer le notre, comment oses-tu le défendre ? Je suis sur que le Choixpeau s'est trompé ! »

James était livide. Il avait débité tout cela d'une traite et ses yeux bruns envoyaient des éclairs.

« Que crois-tu que notre père dirait s'il te voyait sympathiser avec l'ennemi ? Moi je crois qu'il penserait à une trahison ! »

Albus serra les poings.

«_Et moi je crois que ce n'est pas un ennemi, James. Scorpius est un Gryffondor pas un Serpentard. Je crois aussi que tu te trompes sur le sort des Serpentards. Ceux qui sont là n'ont rien demandé à personne, ils n'étaient pas là pendant la Bataille Finale !

_Oui, mais ceux qui sont partis en abandonnant l'école derrière eux sont leurs parents !

_Tu n'en ai même pas sur ! Et quant bien même ils seraient leurs parents, eux, ils n'ont rien à voir là-dedans ! »

Rose avait les yeux écarquillés. Elle n'avait jamais vu Albus si énervé. James bouillonnait de rage. Que pouvait-elle bien faire ? Scorpius, lui, regardait la scène avec de grands yeux ébahis. Que pouvaient-ils bien dire ? Il n'entendait absolument rien avec ce bourdonnement. Mais il savait que les deux frères étaient en train de se hurler dessus.

Albus et James se toisèrent avec un air de défi puis, le second fils d'Harry contourna la table et partit à grands pas. Rose était pétrifiée. Que devait-elle faire ? Le suivre ? Rester ? Mais ses jambes décidèrent pour elle et elle se lança à sa poursuite. Scorpius qui avait fini par comprendre, les suivirent également.

« Je crois que je commence à aimer ton frère, James … » avait murmuré Euphrasia alors que les trois jeunes laissaient la Grande Salle derrière eux.

Heureusement, ils n'entendirent pas le juron qu'avait craché le sorcier.

« Al ! Attend moi ! » soufflait Rose alors qu'elle lui courrait après.

Albus pénétra dans la salle commune de Gryffondor et s'effondra sur le canapé. Sa cousine et Scorpius rentrèrent également après un instant d'hésitation.

Il était sur d'avoir fait une erreur. Se battre contre son propre frère à propos de Scorpius Malefoy ? Il le connaissait à peine ! Il commençait vraiment à regretter son emportement. Et bien sur, Rose en rajoutait une couche.

« Merci. »

Albus, qui avait plongé sa tête dans ses mains, releva le nez vers le fils de Drago.

« Merci de m'avoir défendu. »

Rose n'en croyait pas ses oreilles. Il venait juste de le remercier ? Le remercier de s'être battu contre son frère ?

« C'est plutôt à moi de m'excuser. Mon frère est un idiot quelquefois. Bon d'accord, souvent. Mais il n'est pas méchant. »

Alors là, c'était le pompon. Rose allait de surprises en surprises.

« Ce n'est pas de ta faute, je suis habitué aux insultes, alors ce n'est pas bien grave. »

Sa voix était amère, sourde et froide. Il avait beau dire que sa allait, il n'était pas immunisé contre les pics qu'on lui lançait à longueur de journée. Une pointe de culpabilité transparut sur le visage de Rose mais elle l'effaça aussitôt. Elle se persuada alors que ce qu'elle venait d'éprouver était de la pitié.

Des pas résonnèrent dans le couloir. Albus se leva aussitôt. Il ne voulait pas voir son frère maintenant. Alors qu'il commençait à s'enfuir dans le dortoirs des garçons, le portrait pivota, le figeant sur place. Mais heureusement, ce n'était que Kwiat et Espérance Redgcombe. Celle-ci bafouilla deux mots incompréhensibles qui devaient surement être « Bonne nuit » avant de filer dans l'escalier en colimaçon. Euphrasia, elle, les regardait avec un drôle de sourire.

« Vous feriez bien de monter vous couchez, James ne va pas tarder. »

Elle tourna les talons et murmura « Quel idiot … » avant de disparaître à la suite d'Espérance.

Il n'en fallait pas plus à Albus qui lâcha :

« Bonne soirée ! »

Avant de se précipiter dans le dortoir. Il se jeta sous les couvertures. Scorpius monta sans dire un mot et se glissa dans son lit. Au bout de quelques instants de silence, un brouhaha monta de la salle commune et Albus se douta que James venait de rentrer. Il fit semblant de dormir, de peur que son frère ne monte le voir et continue la dispute. En bas, il l'entendit rire et il était même sur de l'avoir entendu prononcer son prénom d'une voix menaçante.

Il avait fait une erreur monumentale.

Le lendemain matin, il s'était levé au aurores pour ne pas croiser James au petit déjeuner. Après une nuit hantée par des cauchemars, il s'était glissé à pas de loup hors de la salle commune. Alors qu'il referma le portrait, heureux de n'avoir réveillé personne et soufflant de soulagement, il se retourna. Pour se retrouver nez à nez avec sa cousine. Il fit un bond en arrière et hoqueta de surprise.

« J'en étais sure ! Tu aurais osé partir sans moi ? Je n'y crois pas ! »

Il marmotta deux ou trois excuses :

« Mais enfin, je n'aurais pas pu aller te chercher, si Jacinthe Thomas m'avait entendu dans le dortoir des première année, elle m'aurait arraché la tête. »

Elle releva la tête et prit son petit air vexé.

«_Tu aurais au moins pu m'attendre dans la salle commune.

_Et si James était descendu avant toi ? »

Rien que d'énoncer la perspective d'une telle hypothèse le faisait trembler. Il aurait peut-être même préféré se retrouver face à face avec la préfète alors qu'il tentait de pénétrer dans le dortoir des filles. Rose haussa les épaules.

« Je t'en voudrais peut-être jusqu'à ce soir. Je considère cela comme un abandon. »

Albus voulut se défendre mais elle le coupa net :

« Allons manger, je meurs de faim. Et puis tu sais, c'est une bonne chose que nous nous soyons levés tôt. Nous allons pouvoir nous avancer pour les deux semaines à venir et même apprendre des leçons en avance pour le cours d'enchantements. Ah et aussi, et cela n'est pas un avantage mineur, nous aurons toutes les pâtes à citrouille que nous voulons. »

Rose avait un faible pour les pâtes à citrouille.

Ils arrivèrent presque les premiers dans la Grande Salle où seuls quelques Serdaigles et Serpentards commençaient leur repas du matin. Comme Albus s'y attendait, sa cousine bourra ses poches de ses friandises préférées. Quelquefois, il avait peur qu'elle devienne énorme comme l'oncle Dudley.

Mais alors qu'ils finissaient tranquillement leur petit déjeuner, des dizaines de grands ducs laissèrent tomber les journaux quotidiens à différents endroits stratégiques de chaque grande table. Un hibou tout déplumé laissa d'ailleurs s'écraser La Gazette du Sorcier en plein dans l'assiette, heureusement presque vide, d'Albus. En lettres grasses s'étalait le gros titre :

« UN ELEVE DISPARAÎT A DURMSTRANG ! »

Fugue ou kidnapping ? Rodrig Snieg a disparu dans la nuit du 10 au 11 septembre. L'élève se serait évaporé alors que lui et quelques amis avaient décidé d'aller s'amuser près du lac non loin de l'école. Durmstrang est sur ses gardes. »

En dessous de l'article, un garçon d'environ quatorze ans fixait Albus de ses yeux gris. Derrière lui, Rose souffla :

« Encore un qui a fugué. »

Il haussa les épaules et reposa le journal. Aujourd'hui avait lieu le premier entraînement de Quidditch aux vues du prochain match qui opposerait Gryffondor à Serdaigle.

Albus prit garde à ne pas croiser son frère tandis qu'il arpentait les couloirs avec Rose. Il faisait des tours et des détours et finirent par se retrouver perdus dans l'immense château. Ils mirent un temps fou à retrouver leur chemin et quand ils arrivèrent enfin au stade, les deux maisons emplissaient déjà les gradins. Même si ce n'était qu'un entraînement, le Quidditch provoquait toujours un engouement et ce, pour tous les sorciers. Tous les joueurs de Serdaigle étaient déjà en place, équipés et remontés à bloc. En face, chez Gryffondor, Jacinthe Thomas, qui était la dernière des trois poursuiveurs, Heath Thomas et Euphrasia Kwiat étaient présents. Ils fixaient avec des yeux furibonds l'entrée des vestiaires. Enfin, après de longues minutes d'attente, James, Godric et les jumeaux firent leur apparition.

«_Vous êtes en retard, fit remarquer la préfète d'un air mauvais.

_Les héros savent se faire attendre ! Grinça le frère d'Albus.

_On a assez entendu comme ça ! S'écria un Serdaigle à l'autre bout du terrain, commençons ! »

Une rumeur monta des bancs des spectateurs. Jacinthe fut la première à enfourcher son balai avant de s'envoler suivie de près par son frère. Des gradins, Albus vit Kwiat jeter un regard méprisant à James avant de s'élever dans les airs. Avec un sourire en coin, James donna un coup de pied puissant dans le sol et se mit à suivre la gardienne.

« Bon ! Hurla Jacinthe, c'est un match amical pour se remettre dans le bain ! Vous êtes prêts … C'est parti ! »

Le Souaffle vola de main en main si vite qu'Albus avait du mal à le suivre des yeux. Il ne distinguait même plus où était son frère parmi toutes les capes rouges qui tourbillonnaient sous le soleil aveuglant. Pour le match amical, le Vif d'Or n'était pas de sorti et les deux attrapeurs se contentaient de faire des pointes de vitesse, des freinages brusques et de suivre un caillou bien moins rapide que le Vif d'Or qu'avait ensorcelé le chef d'équipe des Serdaigle. Kwiat tournaient autour des buts comme un faucon et chaque fois que le Souaffle était lancé dans sa direction elle le renvoyait d'une frappe digne d'un troll vers les Poursuiveurs de son équipe. Chaque but faisait monter une ovation. Albus devait l'avouer, James était vraiment un excellent joueur, quand il ne faisait pas l'idiot avec Godric.

Le match se déroulait très bien jusqu'à ce qu'un Cognard échappe à la vigilance de Renold. La balle fonça vers Jacinthe qui passait devant lui à ce moment précis. Arnold fila comme une fusée et tenta de dévier le Cognard dans sa direction. La préfète se retourna, alors qu'elle venait de marquer un but et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle vit la balle noire lui arriver dessus. Elle plongea vers le sol et vola en rase-motte pour tenter d'éviter la furie. Des glapissements et des « Oh ! » d'effroi retentissaient parmi les spectateurs. Albus regardait la scène qui se déroulait avec des yeux effrayés. Après deux minutes de course poursuite, le Cognard percuta de plein fouet la préfète. Elle tomba de son balai et roula sur l'herbe.

« Jacinthe ! »

Son frère se précipita à côté d'elle. Tous les élèves s'étaient levés de leur banc pour voir se qu'il se passait.

« Allez chercher Madame Pomfresh ! » beuglait Heath.

Euphrasia fila à toute vitesse vers l'école. Tous les membres de l'équipe de Gryffondor et de Serdaigle entourait la préfète.

« Jacinthe, ça va ? Répond moi ! Est-ce-que tu m'entends ? »

La pauvre fille gémit en se tenant la cheville qui faisait un angle étrange.

« Je crois que … Je crois que ma cheville est cassée. »

Elle tenta de le bouger mais glapit.

« Arrête de la tordre ! Madame Pomfresh va arriver, détend toi. »

Renold avait un air désolé et confus sur le visage. Il s'était approché de la blessée et avait la bouche ouverte comme un poisson mort.

L'infirmière précédée d'Euphrasia arriva en courant. Elle examina rapidement la joueuse et prononça son diagnostic, les sourcils froncés :

« Cheville brisé. Plus de Quidditch pendant deux trimestres. »

Elle la plaça dans un brancard puis le fit léviter. Renold et Heath la suivirent.

«_Mais Madame Pomfresh … La potion pour faire repousser les os … glapit-t-elle d'une voix faible.

_Ça ne va pas être une partie de plaisir, je te préviens.

_Mais je pourrais rejouer une fois que ma cheville sera …

_Pas question, jeune fille. Tu voudrais peut-être qu'elle se brise à nouveau ? »

La préfète baissa les yeux. Renold bégaya :

«_Je suis désolée, Jacinthe, je … j'ai relâché mon attention …

_Ce n'est pas grave, Renold, c'est bon, ça va aller. Mais promettez moi une chose.

_Tout ce que tu veux.

_Gagnez la coupe. Avec ou sans moi, gagnez la ! Et c'est un ordre de la préfète et de la chef d'équipe de Quidditch de Gryffondor !

_Mais sans un troisième poursuiveur …

_Trouvez-en un. »

Albus n'en croyait pas ses yeux, il avait déjà vu un match de Quidditch à la télévision et il avait joué avec son père, sa mère et son frère mais jamais il n'avait cru qu'un Cognard puisse faire aussi mal. La pauvre Jacinthe était contrite de douleur et il était même sur d'avoir aperçu des larmes.

James, encore au centre du terrain, leva la tête vers les spectateurs de sa maison et prononça avec sa voix magicalement amplifiée :

« Les Gyffondors ! Beugla-t-il, vous voulez gagnez la coupe de Quidditch ? »

Des hurlements montèrent des rangs.

« Vraiment ? »

La tumulte redoubla.

« Et bien, il va nous falloir un nouveau poursuiveur, alors tous à vos balais ! Le recrutement commence Lundi en fin d'après-midi ! »

Des « hourra ! » retentirent.

Les paris étaient lancés.

Qui serait le prochain poursuiveur de Gryffondor ?