Retrouvaille mouvementée

Ludwig avait pris sa voiture pour rejoindre l'Italie. Histoire de ne pas se faire attraper sur le fait, il était passé par la France avec la bénédiction de Francis. Celui-ci avancerait qu'il était distrait quand la nation allemande avait pénétré sur son territoire, il n'aurait donc rien senti d'anormal.

L'avantage de rejoindre l'Italie par le Nord, plutôt que de prendre un bateau pour débarquer par le Sud, était que seul Feliciano serait au courant de son intrusion.

Une fois la frontière entre la France et l'Italie dépassée, il poussa sa voiture à toute vitesse pour rejoindre Feliciano. Connaissant l'Italien et sa propension à la fuite rapide et efficace, il avait toutes les chances de le louper. Seulement, il ne désespérait pas de trouver une solution pour le trouver ou même l'appâter.

Arrivé à Florence, il gara son automobile en bas de l'appartement de Feliciano. Il se heurta immédiatement à un garde. Un garde italien n'était pas un souci majeur.

« Si tu ne me dis pas où est ta nation, j'étripe toute ta famille.

- Ma nation est toute ma famille ! »

Oh, non ! Un orphelin ! Ludwig avait oublié que Feliciano ne s'entourait pour sa garde personnelle que de personnes sans attaches.

« Il n'est pas là, c'est tout ce que je peux vous dire. Rentrez chez vous ! »

Feliciano avait dû partir précipitamment pour sa maison de campagne ou pour Rome. Ou alors… Ludwig savait par expérience que les Italiens pouvaient mentir comme des arracheurs de dents et étaient retors quand ils le désiraient vraiment. Feliciano serait capable de lui faire retourner toute la campagne italienne des environs en se planquant chez lui.

« Annoncez-moi à lui.

- Je vous dis qu'il n'est pas là.

- Je ne vais pas menacer votre famille, c'est votre vie que je vais menacer. Je sais qu'il est là ! »

Ludwig empêcha le garde de siffler dans un instrument et il le bouscula pour entrer.

Il monta les marches quatre à quatre en essayant de faire le moins de bruit possible. Arrivé devant la porte en bois massif, il fut heureux que le garde l'eût suivi.

« Ouvrez la porte !

- Ma nation n'est pas présentable.

- Je m'en fiche. Je l'ai déjà vu dans des états pitoyables. J'ai fait un long trajet pour pouvoir lui parler, sans compter tous les ennuis que cela m'apportera. Je veux le voir !

- Parlez moins fort, chuchota le garde. Il a la gueule de bois. »

Pour qu'une nation eût la gueule de bois, il fallait qu'elle eût fini ivre morte. Feliciano n'était pas très agréable quand il avait bu. Autant il pouvait être joyeux en temps normal, autant il avait l'alcool triste.

« Je vais m'occuper de lui. Allez, acheter des pâtes fraîches, du basilic, des tomates… Je vais vous faire une liste.

- Je suis garde, pas coursier.

- Votre nation est comme votre famille, non ? Alors, on va s'assurer qu'il ait le ventre plein et heureux, après avoir passé une mauvaise nuit.

- Oui, monsieur.

- Et n'avertissait son jumeau sous aucun prétexte !

- Mais…

- Ça risque de mal se terminer sinon, pour tout le monde.»

Le garde lui ouvrit enfin la porte et Ludwig pénétra dans l'appartement de Feliciano. Feliciano, contrairement à son jumeau, était quelqu'un d'ordonné. Donc, tout ce bordel dans sa maison était vraiment très mauvais signe.

Ludwig dépassa l'entrée en évitant les manteaux, le parapluie et les chaussures. Il jeta un coup d'œil dans la chambre, mais pas trace de son italien dans ce désordre. Il ne s'était pas planqué dans les toilettes, non plus. Il avança jusqu'à la pièce à vivre.

La fameuse mèche de Feliciano, dans sa forme la plus simple, dépassait du canapé. Avec tout le boucan qu'il avait fait, il ne s'était même pas réveillé.

Ludwig s'approcha en évitant de tomber en marchant sur les bouteilles.

Feliciano dormait profondément. Il n'avait même pas pris la peine de s'enrouler dans une couverture et il était même habillé, alors qu'il ne supportait pas ses vêtements au lit.

Ludwig hésita à le réveiller. Si Feliciano avait été debout, il aurait su immédiatement quel accueil lui réservait l'italien. Alors que là, Feliciano lui semblait fragile et il avait peur de dire ou de faire ce qu'il ne fallait pas. Seulement, il n'était pas égoïste au point de voir Feliciano et de s'en aller sans lui avoir parlé. Il n'était pas mauvais au point de le laisser dans cette situation, sans soutien.

Il ramassa toutes les bouteilles pour les mettre dans un sac. Autant éviter un malheureux accident.

Ludwig s'assit ensuite à côté de Feliciano.

Il resta un moment à le contempler, heureux de voir son visage familier, puis il avança sa main pour caresser sa joue. Il la retira assez vite, se rendant compte que ce n'était pas un geste que ferait un simple ami.

Feliciano râla dans son sommeil, fronça les sourcils avant d'ouvrir ses yeux. Il y eut d'abord de la surprise, un bref instant de douceur, puis de la peur.

« RFA, qu'est-ce que tu fais chez moi ? Va-t'en ! »

L'Italien se redressa brusquement et il tenta de s'enfuir. Ludwig le retint par la manche et il l'empêcha de crier à l'aide.

« Je ne te veux pas de mal. Calme-toi, Italia ! J'ai fait un long voyage pour pouvoir te parler, alors tu vas rester tranquille ! »

Feliciano arrêta de se débattre et Ludwig put le poser à terre.

« Quel que soit le sujet dont on parlera, on va s'étriper ! Donc, il vaut mieux que tu repartes… Je n'accepterai plus aucune alliance avec ton pays. Je ferai toujours pression sur mon gouvernement pour éviter qu'on soit de nouveau mêlé à tes rêves de conquêtes ! Plus jamais !

- J'ai complètement abandonné l'idée même de conquérir un autre pays, réfuta Ludwig.

- Oh, ça va te revenir ! Et plus vite que tu ne le penses ! Tu aimes être le plus puissant, quitte à faire du mal !

- Non, ça ne me reviendra pas. Pas après ce que j'ai fait !

- Je suis toujours en colère contre toi !

- Justement, je voulais en parler avec toi !

- Je ne veux pas en parler !

- Tu me mets à la porte ?

- Si… »

Après avoir autant élevé la voix, Feliciano parut hésitant et Ludwig en profita pour s'imposer.

« Laisse-moi me reposer avant de reprendre la route. Je suis certain que Francis m'attend à la frontière.

- Tu n'es pas venu en avion !, s'affola Feliciano.

- Suisse m'aurait canardé sans aucun remord et il aurait visé juste. »

Il vit Feliciano frissonner devant une telle perspective.

« Tu n'aurais pas dû venir. On va avoir des ennuis. De graves ennuis, l'avertit l'Italien.

- Les frontières sont valables aussi dans les airs. Je n'ai franchi que celle de Francis. Si je t'assomme avant de partir devant ton garde, tu n'en auras pas.

- Je suis déjà assez assommé par l'alcool. J'ai mal à la tête. Tu cognes trop fort. De toute façon, je ne te donne pas la permission de me toucher !

- D'accord…. »

Il avait déjà outrepassé cette permission et il essayait de ne pas penser au fait que Feliciano n'allait pas rechercher un contact physique. C'était trop bizarre de sa part. Ludwig fit un tour d'horizon de l'endroit avant de faire remarquer.

« Ton appartement est dans un sale état.

- J'ai fait une fête, vee, tenta de l'en persuader Feliciano.

- Bien sûr. »

Ludwig commença à ramasser les détritus et le linge sale, ce qui mit mal à l'aise Feliciano.

« Tes invités ont l'air de faire ta taille, lui dit-il pour l'embêter.

- Simple coïncidence. Vee ! Il y a beaucoup de gens qui font ma taille en Italie, contrairement en Allemagne. Vee ! »

L'Allemand comprit qu'il ne devait pas chercher plus loin. Feliciano devait avoir honte de son laisser-aller. Ludwig se souvint que la dernière fois qu'ils s'étaient vus n'avait pas été tendre. Il avait abreuvé d'insultes Feliciano. Depuis, il n'avait même pas pu lui envoyer une lettre et il était persuadé que Romano dressait de lui un portrait très négatif de sa personne. Ludwig lâcha les affaires de Feliciano dans un sac avant de se tourner vers lui.

« Je suis venu te voir pour m'excuser en personne.

- Tu aurais pu me faire passer une lettre par l'intermédiaire de Romano. C'était moins risqué.

- Je n'étais pas sûr qu'elle arrive à destination.

- Romano ne me ferait jamais une chose pareille, décréta Feliciano.

- Ce qu'il pense de moi me le faisait craindre. Je ne suis pas là pour parler de ton frère.

- Je sais ce que Romano t'a dit à propos de mes sentiments envers toi. Je dois te dégoûter, alors va-t'en ! Tu ne devrais pas être là ! »

Ludwig put alors constater que Feliciano avait vraiment peur de lui. Sa mèche de cheveux ne faisait que changer de formes dans n'importe quel sens. Ludwig n'avait vu ce dérèglement que lorsque leurs vies avaient été véritablement en danger. Feliciano appelait souvent à l'aide pour des raisons complètement stupides, mais il était rarement dans un tel état de panique quand Ludwig arrivait. Feliciano jouait un peu la comédie à ces moments-là, pour déplacer les troupes allemandes à des endroits inadéquats. Feliciano était un stratège de la défaite, de la débandade, de la retraite et de la reddition. Jamais il n'avait véritablement peur quand il devait agiter un drapeau blanc ! En ce moment, ce devait être une forte instabilité émotionnelle dont il était la cause principale. De la peur, mais pas que de la peur.

« Je peux tout à fait comprendre que tu aies pu m'aimer à une certaine époque et que je t'ai terriblement déçu depuis. Je n'arrive même pas à faire la liste des tords que j'ai pu te causer. Je sais que, par rapport à ce que j'ai fais, mes excuses ne valent quasiment rien, mais je tiens à te les adresser.

- Effectivement, ça ne vaut pas le sang d'encre que je me suis fait à propos de toi, à propos des autres et à propos de moi-même. Je n'ai jamais été aussi terrifié de ma vie !

- Je ne me suis jamais senti aussi coupable et aussi honteux de toute mon existence. Je voulais aussi te remercier pour m'avoir sauvé la vie et donner une chance de laver mon honneur.

- Je n'ai fait cela que pour éviter une prolongation de la guerre et l'écartèlement de l'Allemagne. Ce n'était pas pour toi ! Tu étais déjà mort pour moi ! J'ai sauvé ce qu'il restait de ta nation ! »

Ludwig ne dit rien, blessé. Il n'en avait pas le droit après tout. Il savait déjà que Feliciano n'était pas un homme idiot. L'Italien faisait des choix courageux pour lui et pour sa nation. Il pouvait le recouvrir de reproches, Ludwig ne s'en défendrait pas. Le résistant qui avait mis sa vie en péril, c'était Feliciano. Ludwig ne connaissait pas le moyen de lui dire de manière diplomate qu'il était heureux de n'avoir jamais su pour ses agissements. Il ne savait pas ce qu'il aurait été capable de lui faire.

Ludwig lui tendit un verre d'eau et de l'aspirine avant de retourner au ménage de l'appartement. Son ancien ami le regardait faire avec un air suspicieux. Il devait être encore sacrément imbibé pour ne pas se sentir de le jeter dehors.

Quand le garde sonna pour apporter les courses, Feliciano lui ouvrit et le réprimanda plus pour la forme que pour le fond.

« Ludwig, j'ai entendu tes excuses. Est-ce que tu pourrais faire moins de bruit ?

- Je ne suis pas responsable de ton mal de tête. »

Feliciano donna un coup de poing violent dans le mur et Ludwig comprit que, oui, quelque part il en était responsable. Il préféra ne pas y penser et il s'acharna sur la tâche de rendre habitable cet endroit.

Ludwig finit par cuisiner pour Feliciano. Le silence ne lui avait jamais semblé aussi pesant. D'habitude, quand il y avait un problème entre eux, Feliciano disait une bêtise, parlait du beau-temps, s'extasiait devant la première chose venue ou même se rabattait sur le sujet des pâtes. Bien qu'elles fussent en train de cuire, Feliciano ne desserra pas les dents sur le sujet.

L'homme qui se tenait là n'était pas le Feliciano que tous connaissait, c'était la part de Feliciano que Ludwig commençait à peine à appréhender. L'homme responsable et valeureux, celui qui se cachait derrière un sourire de circonstances quand tout allait mal. La personne à laquelle Ludwig aurait aimé que Feliciano ressemble un peu plus. Calme, posée, réfléchie. Finalement, il avait sous ses yeux ce qu'il avait toujours attendu de Feliciano et il le regrettait. Il aurait bien aimé dire que l'homme insouciant, au drapeau blanc, cueillant des fleurs et se roulant dans les pelouses avec des chats était le véritable Feliciano. Ou, alors était-ce un tout ? Ludwig avait juste soulevé un pan secret de la personnalité de Feliciano, à force de le pousser à bout. Il ne faisait que s'interroger à ce sujet depuis qu'ils ne s'étaient revus. Connaissait-il vraiment son meilleur ami ? Ludwig n'avait même pas été capable de s'apercevoir que Feliciano était amoureux de lui.

« Il me semble que c'était ton plat préféré. Tes goûts ont peut-être changé depuis ?

- Non. J'aime toujours les pâtes comme ça. Vee !

- Ah, ça me rassure.

- Je ne les mangerai pas pour autant. Vee !

- Comment ça ? Feliciano ? On ne gâche pas des pâtes ! C'est toi-même qui le dis tout le temps.

- Je ne pense pas que tu sois venu jusqu'ici pour seulement t'excuser, me faire le ménage et me faire à manger. Tu m'en veux, toi aussi. J'ai peur de toi, de ce que tu pourrais me faire.

- Je ne t'en veux plus du tout. Au contraire !

- Ce n'est pas l'impression que tu donnais au procès. »

Ludwig n'aimait pas qu'on lui parlât de ce fichu procès. Il contint sa colère de nation et d'homme. Il était normal que Feliciano abordât le sujet épineux.

« Je me suis mal comporté envers toi, ce jour-là et je m'en excuse. »

XXXXX

Feliciano ne voulait pas des excuses de Ludwig. Il ne cessait de s'interroger sur la raison de sa visite en Italie. Pour le voir, lui, mais encore ? Ils ne s'étaient pas vus depuis trois ans. Feliciano avait l'impression que cela faisait des siècles et qu'il ne reconnaissait plus Ludwig. C'était son visage, c'était lui, mais ce n'était plus le même homme que durant la guerre. Ça le troublait de retrouver son meilleur ami.

Pouvait-on vraiment se relever de cette WWII en sachant que l'on a été un meurtrier à grande échelle ?

Ludwig jouait les durs et cachait ses remords. Du moins, Feliciano l'espérait. Le voir s'occuper de lui et juste lui dire qu'il s'excusait le mettait hors de lui. Feliciano ne pouvait pas se défendre et encore moins le forcer à partir. Il avait voulu une garde allégée pour que ses hommes ne le voient pas dans un état lamentable. Il avait fallu que Ludwig choisisse ce jour précis pour venir en Italie. Son homme de main avait appelé le reste de sa garde personnelle. Son père Rome lui avait toujours dit de ne jamais baisser sa garde. En particulier, dans son propre territoire.

Ludwig ne devait pas lui avoir pardonné de l'avoir trahi.

« C'est prêt ?

- Empoisonné, vee !

- Italia… J'ai déjà eu de nombreuses occasions de t'empoisonner avec les pâtes, ça ne m'a jamais effleuré l'esprit. Tu te jettes tous le temps dessus, comme un affamé. Ce ne serait pas bien difficile. »

Feliciano se maudit d'avoir le ventre qui gargouillât à ce moment-là. Il n'avait avalé que du vin depuis la veille et il ne dirait pas non à quelque chose de solide avant de faire la sieste. Seulement, Ludwig était chez lui. Il n'était donc pas tranquille du tout.

« Feliciano, je ne pouvais pas partir après t'avoir vu comme ça. J'aurais dû juste m'excuser et retourner en Allemagne. Je voulais juste que tu saches à quel point je tenais à ton amitié. Tu n'as pas l'air d'aller bien. Je me fais du souci et…

- Notre amitié n'a plus de raison d'être, dit Feliciano, préférant être honnête. Je ne supporte plus ta présence. Pourquoi je te parlerai de mes problèmes ?

- J'ai l'impression d'être l'un de tes problèmes. »

Feliciano se sentit atteint en plein cœur. Non, il n'était plus attaché à Ludwig ! Il préférait le repousser et oublier le temps insouciant passé avec lui autant que les moments désagréables.

« Tu as eu l'impression d'être trahi par moi. De mon point de vue, tu as trahi l'homme que tu étais, celui pour lequel j'avais de l'estime et plus encore, murmura Feliciano.

- Je l'ai compris. Tu n'as pas à en t'en vouloir que les choses se soient passés de cette façon. Tu as fait les bons choix. »

Ludwig lui posa son assiette sur le comptoir et prit sa veste. Il y a un temps, Feliciano l'aurait retenu et l'aurait prié de ne pas le laisser seul avec sa détresse. Seulement, Ludwig le faisait sentir encore plus mal que la veille sans s'en rendre compte. Se doutait-il qu'il cauchemardait encore de ces instants à dissimuler ses activités, de ces moments de haine pure envers lui, des derniers jours de la guerre dans une odeur de mort et de désolation ? Il ne devait même pas en avoir la moindre idée.

« Feliciano, je te conseille de faire un tour du côté de ton parti démocrate-chrétien et d'écouter les idées de Spinelli, lança-t-il dans le couloir.

- Ne te mêle pas de ma vie politique interne, s'énerva Feliciano. N'approche pas mon Président du Conseil De Gasperi !

- Si ça ne me concernait pas, je fermerai les yeux là-dessus. On ne peut pas prévoir les élections à l'avance, mais j'ai l'intuition que nos dirigeants auront de grandes affinités.

- Je ne serai plus ton allié ! Si tu crois pouvoir manipuler les italiens avec de belles paroles, tu te trompes. Tu as peur d'une guerre que tu pourrais perdre !

- Tu devrais en avoir peur aussi.

- Elle est inévitable. On se tape dessus, on se remet debout et on se retape dessus. J'en ai assez ! On fait de plus en plus de morts et de dégâts ! Je déteste cette vie de nation qui ne consiste qu'à prendre ses armes contre les autres et à se faire du mal à la première occasion. La guerre, toujours la guerre !

- Certains hommes politiques pensent qu'une solution à ces conflits est possible. Dans nos pays, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg et au Royaume-Uni.

- Ça t'arrangerait bien.

- D'ici quelques années, je vous aurais tous dépassé au niveau économique.

- Efficacité allemande, râla Feliciano. Tu seras sur pied avant nous tous, comme d'habitude. Tu ne devrais pas me le dire et laisser mes espions m'en faire le rapport.

- Je fais en sorte de le cacher de mon mieux.

- Alors pourquoi me le dire ? Je vais le répéter aux autres.

- Je pense que tu sauras manier cette information avec sagesse. Mes prochaines élections vont être décisives.

- J'espère bien que tu vas avoir quelqu'un de sensé à ton gouvernement ! ça te ferait du bien ! Me menacer sous mon propre toit, tu ne manques pas de culot !

- Ce n'était pas une menace, Feliciano. Je veux juste éviter une nouvelle guerre », soupira Ludwig.

Feliciano regarda par la fenêtre en occultant la présence de Ludwig et en lui faisant signe de sortir. Il avait entendu les discours de certains de ses hommes politiques. Spinelli et De Gasperi. Leur idée d'une nouvelle Europe basée sur la culture et l'économie pour une paix durable le touchait beaucoup. C'était ce dont il rêvait depuis toujours, mais il n'y croyait pas vraiment. Pas après ce qu'il avait vu d'aussi près. Comment les hommes pouvaient-ils aimer leurs semblables alors qu'ils pouvaient les haïr avec autant d'intensité ? Ludwig n'était là que pour préserver sa nation de nouvelles atrocités. C'était purement stratégique. Toutes les nations européennes se ligueraient contre lui, s'il faisait mine de se relever avant les autres. Il venait de lui donner de quoi l'abattre d'une simple affirmation sur son état économique. Pourquoi faisait-il cela ? S'en voulait-il au point de précipiter sa chute ? Chute que Feliciano avait évitée avec toute sa volonté.

« Tu es quelqu'un de cruel, Ludwig. Je n'aurais jamais voulu connaître cette part de toi.

- Je fais ce qu'il doit être fait. Cette fois-ci, c'est tout à fait réfléchi. Je ne prends mes ordres de personne. »

Feliciano lui jeta un regard désabusé puis dériva vers les pâtes.

« Elles vont être froides, c'est bien dommage, vee ! »

Il se dirigea vers le plat et commença à manger tranquillement. Ludwig n'avait pas intérêt à lui faire du mal, parce que Francis savait qu'il était ici dans son appartement. Son grand-frère avait eu une drôle d'idée de se mêler de ce qui ne le regardait pas. Retomber dans l'insouciance, même quelques secondes, le déchargeait de tout ce qu'il n'acceptait pas dans ce monde.

« Feliciano… Je suis vraiment désolé d'avoir gâché notre amitié et de t'avoir fait autant de mal. J'espère pouvoir te revoir.

- Tu n'es plus le bienvenu ici. Merci pour le coup de main dans mon appartement, vee !

- Je t'enverrai des lettres. »

Le téléphone sonna dans son appartement. Feliciano le prit dans ses mains. Il reconnut la voix de son chef de garde.

« ça peut aller. Disons que j'aimerais bien que vous montiez, j'ai quelques instructions à vous donner. »

Feliciano savait qu'America et/ou Russia avait mis sur écoute son téléphone. Dire que Ludwig était dans son appartement équivaudrait à lui créer de graves ennuis à lui et à Francis.

Pour l'instant, il n'avait pas détecté de caméra ou de micros chez lui, mais ça viendrait. Une nouvelle guerre mondiale s'annonçait et allait fragiliser l'Europe.

« Tu ferais mieux de partir maintenant Ludwig. Tu profites beaucoup trop de mon hospitalité.

- Même si tu ne réponds pas à mes lettres, je t'en enverrai.

- Je demanderai à Romano de les déchirer. Va-t'en.

- Au revoir, Feliciano.

- Adieu. »

Il entendit les pas précipités de Ludwig dans l'escalier. Une vague de soulagement l'envahit et il pleura de l'avoir revu sans y être préparé. Il voulait encore attendre avant de le revoir. Leurs retrouvailles étaient inévitables. Même en étant prévoyant, Feliciano aurait fini par le croiser. Il ne savait que penser de Ludwig.

Quand les gardes remontèrent dans son appartement, il leur donna des instructions pour sa sécurité bien plus stricte qu'auparavant. Durant ces trois ans, Feliciano s'était bien trop laissé aller. Il avait simplement aidé à la reconstruction de son pays qui se faisait difficilement et il ne s'était que très peu occupé des affaires étrangères. Il était temps qu'il se remette dans le bain pour comprendre ce dont quoi Ludwig lui parlait.

Il allait également se procurer une ligne sécurisée pour certains appels. Feliciano n'aimait pas peser ses mots à chacune de ses conversations téléphoniques. Ce qu'il se passait entre les USA et la Russie n'allaient pas se mêler de sa vie privée.

Feliciano téléphona à Francis, histoire de l'enguirlander avec ses idées malvenues.

« Mon petit Feli, comment vas-tu ?

- J'ai eu une très mauvaise surprise au réveil. Vee !

- Ah ? De quel ordre ?

- Ne fais pas l'idiot, vee. Si tu pouvais éviter de m'envoyer des cadeaux surprise, ce ne serait pas plus mal. Les fleurs n'ont pas tenu la route.

- Pardon… Enfin, tu vois… Je pensais que ça pourrait t'égayer.

- Non, en fait.

- Je suis désolé. De mon côté, ça va plutôt bien. Je suis en train de faire le tour de mes politiques. Une idée comme ça.

- Une idée comme ça, demanda Feliciano presque certain que Ludwig y était pour quelque chose. Tu devrais faire attention, Francis. Il ne faut pas toujours écouter les racontars d'autres nations.

- J'écoute mes hommes politiques, c'est important. Je ne vais pas te raconter ce que j'ai appris d'intéressant au téléphone. Est-ce que je pourrais venir te voir, d'ici une quinzaine de jours ou peut-être un mois ?

- Donne-moi une date assez tôt pour que je puisse m'organiser.

- Ce sera le week-end, une visite de courtoisie. Rien de politique.

- Ça fera plaisir à Romano, vee ! Je ferai du tiramisu. Tu n'as rien contre les pâtes ? »

Discuter nourriture avec son frère lui sembla comme une bouffée d'air frais après la visite de Ludwig. Francis tint la discussion jusqu'à être sûr qu'il se sentait mieux et il l'en remerciait.

Une petite review ? J'ai l'impression de quémander. ça doit autant vous énerver que moi-même. J'aimerais avoir votre avis sur la question. Est-ce que je ne rentre pas assez dans le lard ? Les personnages vous semblent-t-ils respectés, malgré mon parti pris de faire un Feliciano plus mâture ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Avez-vous envie de lire la suite ? Ou cela vous laisse-t-il indifférent parce que vous savez déjà comment ça va se terminer grâce à l'Histoire ?

Je prend le point de vue des nations qui voient leur petit monde être chamboulé. Est-ce que ça vous semble crédible ? Je m'arrange pour coller autant que possible à l'Histoire.

Si vous avez bien vu dans ce chapitre, deux noms ont été cités : les pères italiens de l'Europe. ;) Francis parle de quelqu'un en particulier également qui agit dans l'ombre pour le moment. Qui est-ce ?

Je m'étais lancée dans cette fanfiction en me disant : Oui, j'ai le temps de la faire et ça m'entraînera à traiter un sujet difficile ! Seulement, c'était les vacances de Noël. Je me suis un peu emporté. Mon rythme de parution va en être sûrement affecté à partir de maintenant. J'en suis désolée.