CHAPITRE 3
Ils arrivèrent en transplanant à proximité du Terrier. Fudge était avec eux, ils étaient allés le chercher au ministère.
—J'espère vraiment que ça en vaut la peine, Albus! Je suis très occupé!
—Je le sais bien, Cornélius. Je ne vous dérangerais pas pour rien.
—Il y a intérêt. Et vous, qui êtes-vous exactement? dit-il en regardant Harry dans les yeux.
—Moi, euh…
—Il a beaucoup de mal avec cette question, répondit Minerva.
—Je vous présente Henry Diggle, notre futur professeur de défense contre les forces du mal.
Harry devrait le remercier pour ce coup là.
—Quoi? s'écria Rogue. Vous me refusez le poste, à moi, et vous le donnez à ce parfait inconnu?
—Qui vous dit que c'est un inconnu? dit le directeur.
—Mais… Rogue s'arrêta. Il préférait faire ça sans le Ministre.
—Cette information doit absolument rester secrète, pour le moment. Je vous fais suffisamment confiance pour vous le dire à tous les trois dès maintenant, ainsi qu'aux Weasley, d'ailleurs, mais n'allez pas raconter cela à quiconque.
Le sérieux que prit Dumbledore les fit tous hocher de la tête sans hésiter.
—Mais pourquoi, Albus? tenta le Ministre.
—Vous le saurez bien assez vite.
Ils arrivaient devant le Terrier. Molly sortit et se précipita dehors.
—Qu'est-ce qui se passe? demanda-t-elle affolée. Mes enfants vont bien? Charlie…
—Tout va bien, Molly, tout va bien.
—Mais… Monsieur le Ministre? Que faites-vous là?
—Je n'en ai aucune idée. C'est cet homme qui nous a fait venir.
Fudge pointait Harry du doigt, et Molly le dévisagea. Il n'avait pas l'air bien méchant. Surtout qu'il la regardait avec un sourire étrange, mais sympathique.
—Et vous êtes?
—Henry Diggle, Madame. Je vais enseigner à Poudlard, l'année prochaine.
—Oh, je vois… En fait non, mais… Entrez boire le thé, tout le monde.
Ils entrèrent dans la fameuse maison toute biscornue. Harry était aux anges, ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas revu cette maison. Depuis ce soir là.
—Les enfants, descendez! On a des invités!
Les jumeaux arrivèrent en premier, en courant bien sûr.
—Qu'avez-vous encore fait, vous deux, pour que le Ministre et Dumbledore viennent ici?
—Mais rien! Je suis outré! dit Fred.
—Oui, enfin, tout dépend de la raison de leur venue… finit George.
Harry éclata de rire. Les jumeaux étaient… égaux à eux-mêmes.
Percy arriva, s'étonna de voir ses professeurs chez lui, mais s'arrêta net en voyant le Ministre.
—Mon… Monsieur…
—Oui, bonjour, dit Fudge agacé. Bon que fait-on ici?
Les nombreuses tasses de thé arrivèrent sur la table juste quand Ginny descendait les marches.
Harry reçut un coup de poignard en plein cœur. Il savait que ce n'était pas sa Ginny, d'ailleurs celle-ci n'avait que dix ans. Il savait, en retournant dans le passé, qu'il ne retrouverait pas vraiment ses amis. Mais voir Ginny… Ca lui faisait mal.
—Bonjour, dit-elle d'un air timide, clairement impressionnée par la troupe devant elle.
Ils voulurent répondre, mais Ron arriva en courant dans les escaliers.
—Ron! Arrête de courir!
Mais en voyant Dumbledore, il s'arrêta net, obéissant de fait à sa mère.
—Bonjour, Ron.
—Bonjour…
Harry le regarda attentivement. Il faisait si jeune!
—Tu rentres à Poudlard cette année, n'est-ce-pas? demanda-t-il. Je te souhaite bon courage. A toi aussi, pour l'année prochaine, Ginny.
Ginny rougit très vite, Molly les regardait d'un air attendri.
—Bon, dit Fudge presque en criant, que fait-on là? A part boire le thé de Miss Weasley, qui est fort bon, d'ailleurs?
—Je vous laisse la parole, Henry, dit le vieux sage.
—Merci, Professeur. Avant tout, j'ai appris que tu avais un rat, Ron, tu pourrais me le montrer?
Tout le monde ferma les yeux légèrement.
—Non mais c'est pas vrai! s'écria Fudge.
—Croûtard? répondit Ron.
—Oui, tu pourrais aller le chercher, s'il te plaît?
Ron regarda sa mère, qui, bien qu'elle ne comprenne pas non plus, lui fit signe d'y aller.
—Bien.
—Mais qu'est-ce-qui se passe? demanda Arthur qui venait d'arriver derrière eux.
—Ah Arthur, vous avez eu mon message? lui demanda le Ministre.
—Oui, mais…
—Vous saurez tout bientôt, Monsieur Weasley. Henry Diggle, enchanté, lui dit-il en avançant sa main.
Arthur la serra sans hésitation. Harry adorait Arthur. Comme tous les Weasley, d'ailleurs.
—Voilà Ron, dit George.
—Lui c'est Croûtard.
—Merci, Ron. Tu peux le déposer sur la table? fit-il en prenant discrètement sa baguette.
Rogue le vit et fit la même chose.
—Petrificus Totalus!
Le rat ne bougeait plus.
—Mais enfin, c'est n'importe quoi! s'emporta Fudge.
—Une minute, Monsieur le Ministre. Professeur, pourriez-vous révéler sa vraie nature à cet animagus?
Le silence était venu d'un seul coup. On entendait les mouches voler.
—Pardon? dit Molly.
—Impossible, dit Percy. Croûtard est dans notre famille depuis…
—Une dizaine d'années? Ca fait long pour un rat…
Severus ne put qu'acquiescer.
—Hum… Dumbledore prit sa baguette, et sans dire un mot, visa la créature sur la table.
—Attendez, fit Harry en le déposant plutôt par terre. Je suppose que Molly tient à son service à thé.
Dumbledore sourit puis leva sa baguette, murmura une formule, et un sort vint frapper l'animal.
Il gonfla tout de suite, se transformant en humain, sous les yeux médusés de l'assemblée.
L'homme étant pétrifié, et sur le ventre, personne ne le reconnut.
—Laissez-moi le retourner, fit le directeur, en levant encore sa baguette.
Son visage fut visible de tous. Seuls les plus âgés le reconnurent, bien sûr.
—Oh par Merlin! fit Arthur.
—Non, c'est… commença Minerva.
—Qui c'est, demanda Ron?
—Peter Pettigrow, répondit Rogue.
Le Ministre était choqué, il ne pouvait plus parler. Comme tout le monde, d'ailleurs.
Harry s'agenouilla devant l'ex-rat, le regarda dans les yeux, et lui dit:
—Alors, Peter, devine qui va finir à Azkaban finalement?
Harry souriait franchement. Il avait tellement souhaité, la première fois, qu'il ne s'échappe pas… Tout aurait été différent. Cette fois ce sera différent.
Il se releva, reprit son sérieux, et fusilla le Ministre du regard.
—Monsieur le Ministre, je crois qu'un innocent voudrait sortir de prison, maintenant. Le plus vite possible serait le mieux, et, sans vouloir vous commander bien sûr, des excuses de la part de la Nation seraient… bienvenues.
Fudge le considéra, jeta un coup d'œil à Peter, et releva la tête.
—Et si vous voulez une preuve supplémentaire, regardez sa main.
—Il lui manque un doigt, fit Rogue, impressionné.
—Et alors? demanda Ron.
—Tout ce qu'on a retrouvé de lui était… un doigt, lui répondit sa mère.
Fudge se détendit, respira un grand coup, et regarda Harry:
—Ceci est… acceptable, finit-il, dépité. Après vérification au Veritaserum, évidemment, essayant de reprendre l'avantage.
—Naturellement, dit Dumbledore.
—Le thé était vraiment très bon, Molly, fit Harry en espérant détendre un peu l'atmosphère.
Mais non, ça ne marcha pas.
—Comment l'avez-vous su? fit Rogue.
—Oh, euh, par une lettre anonyme. J'ai vérifié deux ou trois détails, et voilà…
—Je ne suis pas convaincu.
—Je n'en doutais pas, cher collègue.
—Humphfr…
—Cher ami, fit Dumbledore en regardant Fudge, les questions peuvent attendre, Sirius Black, lui, ne peut pas. Allons tout de suite au ministère régler tout ça.
Rogue tiqua à la mention du nom de Sirius.
—Je suis d'accord. Monsieur Diggle, vu les circonstances, je ferai mon maximum.
—Merci, Monsieur.
—Maman, c'est qui Sirius Black? demanda Ginny à sa mère.
—C'est… c'est un homme qui a été… accusé de meurtres… injustement... de douze personnes. Et de ce Peter.
—Ainsi que d'avoir trahi ses meilleurs amis…
—Oui, il y a ça aussi, dit Fudge… Allez, allons-y. Arthur, restez avec votre famille, d'accord? Demain, il fera jour, comme disent les moldus.
Harry vint se poster devant Ron, s'accroupit, et le regarda dans les yeux.
—Je suis désolé, Ron, vraiment. J'espère que tu ne m'en veux pas trop…
—Vous rigolez? Si ce type est la moitié de ce que vous dites, il mérite Azkaban à vie! Non, merci, Monsieur, au contraire.
Ils se serrèrent la main. Cela fit chaud au cœur à Harry.
—Oh, les enfants, vous reverrez Monsieur Diggle, il sera le professeur de défense contre les forces du mal l'année prochaine à Poudlard, expliqua Albus tout en faisant léviter l'ex-rat.
—Cool, dirent les jumeaux ensemble.
—J'ai encore plus hâte, dit Ron.
—Et moi donc, finit Harry.
Même Ginny souriait maintenant. Percy également, avoir une telle aventure avec des gens si importants était un bon ticket d'entrée dans les hautes sphères.
—Mais que cette information ne quitte pas cette pièce, il ne faut en aucun cas le dire à qui que ce soit.
—Pourquoi ça? demanda Arthur.
—Rassurez-vous, moi-même je ne le sais pas, répondit Fudge.
Molly se leva.
—Les enfants? C'est compris? On ne dit rien. Fred? George? Vous avez entendu, vous deux?
—Votre confiance nous touche, Mère, dirent-ils en chœur.
—Vous venez, Henry? demanda Dumbledore.
—Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais aller à Azkaban, pour aller chercher Sirius. Dès que j'ai votre aval, bien sûr, dit-il en regardant Fudge.
—Eh bien, je dirais que vous avez gagné ce droit. Vous l'avez connu ce Sirius?
—Je n'aime pas les injustices, voilà tout.
—Je vois. A bientôt à Poudlard alors, et je fais au plus vite pour Monsieur Black.
—Merci.
Fudge, Dumbledore, et Peter partirent.
—Merci pour tout, la famille Weasley, dit Harry.
—Qu'est-ce que vous racontez, dit Molly, c'est à nous de le faire. Merci, dit-elle en le prenant dans ses bras.
—De rien.
Puis tout le monde lui serra la main.
—Je viens avec toi, dit Severus.
—Moi aussi, fit Minerva.
Harry sourit.
—C'est d'accord.
