Hello. J'avais envie d'écrire un nouvel OS à ce recueil. Mais, bien évidemment, l'inspiration vient seulement quand elle le désire. Elle est donc arrivée aujourd'hui, cet après-midi, alors que je passais gaiement tout pleins d'articles à ma caisse en disant bonjour et au revoir à tout plein de gens et en notant discrètement des idées sur un bout de papier.
Et puis j'ai passé la soirée à écrire cet OS. Qui est un peu long, et qui m'a fait frissonner de long en large et en travers. Bon j'ai réussi à le relire et à le corriger, mais j'ai quand même encore des satanés vilains feels. C'est malsain d'écrire des scénarios comme ça, je vous le dit. Alors je vous en veux pas si vous préférez vous arrêter là et vous contenter d'Ellie, de la saison 12 à venir, tout en acceptant très bien le fait qu'il y a 0.00000001% de probabilité que Ziva revienne dans la série.
Et je comprends aussi très bien le fait qu'il y ait de moins en moins de monde sur ce site, qu'il y ait de moins en moins de fic sur cette série. C'était à prévoir, néanmoins ... c'est triste. Parce que je vous aime beaucoup. Partez pas !
Bref, je m'égare. Dans cet OS, il y aura du Tabby. Et puis c'est tout ce que je dirais sinon vous n'aurez même pas besoin de lire.
Bonne soirée à tous les retardataires !
Ah, et, merci énormément pour vos reviews: DG, Aliiks, JenAbs, Amy et Craquotte ... ravie de voir que vous partagez mes feels :)
Il était presque 18h quand Abby sortit du NCIS sous le prétexte d'aller se chercher un Caf pow. Elle descendit le grand trottoir aligné à l'avenue située à côté du bâtiment, ayant pour but de prolonger sa marche jusqu'au parc un peu plus bas.
Aujourd'hui, le 1er octobre 2014, le temps était capricieux. Il oscillait depuis le matin entre nuages gris et pluie, et la laborantine resserra contre elle les pans de son long manteau noir en frissonnant.
Tandis qu'elle marchait, ses pensées convergeaient vers ce qui l'avait préoccupée toute la journée. Aujourd'hui, cela faisait jour pour jour un an que Tony était revenu d'Israël. En y laissant quelqu'un dont ils n'avaient eu que de rares, très rares nouvelles depuis. Quelqu'un qui avait laissé son empreinte dans leur vie à tous, et dont le jour présent rappelait cruellement la disparition.
Pourtant, ça avait été une journée comme toutes les autres. Arrivés ce matin, Gibbs et son équipe avaient bouclés les derniers détails d'une affaire résolue la veille, tout en échangeant comme d'habitude blagues, piques et complicité. Du moins, en façade.
A peine avait-elle posé un orteil dans l'open space qu'Abby avait senti la tension qui régnait dans le lieu. Presque impalpable, pour quelqu'un qui ne connaîtrait pas son équipe comme elle la connaissait. Quand elle s'était approchée de Tony, elle avait vu derrière les traits rieurs et derrière le sourire de son ami bien d'autres sentiments. Dont un plus puissant que les autres. La mélancolie.
Il avait arrêté de sourire en croisant son regard. Il savait, de toute façon, qu'il ne pouvait faire semblant avec elle. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, elle le connaissait bien trop pour savoir qu'aujourd'hui, il n'allait pas bien. Et que peut-être, demain non plus, il n'irait pas bien.
Elle aurait voulu effacer cette date. Cet anniversaire, qui n'en était pas un. L'oublier, passer directement au jour d'après. Mais, d'un autre côté, cela leur donnait une occasion, à tous, de se rappeler d'elle. Ziva. Alors, après avoir échangé ce regard avec le coéquipier qui était davantage, à ses yeux, un grand frère qu'un ami, Abby avait posé une question.
- Qu'est-ce qu'elle est en train de faire, d'après vous ?
Et tous s'étaient tu. Abby avait glissé sur ses lèvres un sourire teinté de mélancolie, et ses yeux s'étaient plongés dans le vide, dans ses souvenirs.
- Peut-être qu'elle court. Avait commencé Tony.
- Là-bas, il est 17h, avait ensuite indiqué Tim après avoir jeté un œil à la grande horloge murale. Peut-être est-elle au travail.
Abby s'était assise à califourchon sur une chaise vide et avait posé sa tête sur ses bras, croisés sur le dossier.
- Quel genre de travail ? Avait-elle demandé d'un ton rêveur.
- Ballerine. Avait proposé Gibbs avec un léger sourire.
La laborantine avait étouffé un léger rire.
- Hmm, je l'imagine bien travailler dehors. Dans la nature. Pas enfermée. Avait-elle dit.
Du coin de l'œil, elle avait vu Tony hocher légèrement la tête.
Puis le silence était retombé entre eux. L'italien avait ouvert une page sur internet et avait fait mine de chercher quelque chose, échappant aux regards. Gibbs et McGee avaient suivi. Et Abby était retournée dans son Labo, le cœur serré et presque au bord des lèvres. Elle avait pris une de ses photos de Ziva et l'avait accrochée sur un de ses murs, entourée des cartes postales qu'elle avait reçues de la jeune femme depuis qu'elle n'était pas revenue, il y a un an.
Elle s'était assise pour regarder son mur pendant quelques secondes. Puis s'était elle aussi remise au travail, les pensées ailleurs.
Elle avait laissé échapper un rire, toute seule, en repensant à un souvenir, au moment même ou Tony était arrivé dans son labo.
« - Ton spectromètre de masse a dit une blague ? S'enquit-il enquit en la faisant sursauter.
Elle se retourna d'un bond, il regardait les photos qu'elle avait épinglées sur le mur.
- Non, je pensais au Noël d'il y a deux ans. Répondit-il en souriant.
- Hmm, quel moment, quand elle est arrivée dans sa robe de soirée et que je lui ai dit qu'elle avait grossi ou quand j'ai regardé le dernier cadeau sous le sapin en disant, « tiens, il n'est destiné à personne … Oh, c'est bizarre, il fait tic-tac » et qu'elle s'est jetée dessus ?
- Je pensais surtout aux quelques secondes après ce moment là, quand elle s'est rendue compte que ce n'était pas vrai, répondit Abby en riant.
Ils échangèrent tous deux un franc sourire.
- C'était peut-être drôle pour vous mais pour moi un peu moins !
- Tu l'avais cherché !
- Qui aime bien châtie bien.
La laborantine leva les yeux au ciel en reportant son regard sur la photo épinglée.
- Elle me manque. Dit-elle un ton plus bas.
Tony détourna son regard du mur et des souvenirs qu'ils impliquaient pour essayer de se focaliser sur autre chose. Ses yeux rencontrèrent alors le petit drapeau israélien placé dans un pot à crayon. Puis, alors qu'il changeait encore d'horizon, il vit une écharpe bien connue posée sur le dos d'une chaise. Et finalement, à n'importe quel endroit où il plaçait son regard, il voyait son fantôme. Devant l'ordinateur, il la voyait parler avec Abby. Devant l'écran plat, elle remettait en place une mèche rebelle. Puis elle passait les portes coulissantes. Elle s'asseyait sur une chaise. Elle attrapait une éprouvette entre ses mains. Elle jetait un coup d'œil interrogatif au spectromètre de masse et à ses vrombissements.
Elle était là. Partout.
Il déglutit en choisissant finalement de porter son regard vers un lieu plus réconfortant, et le plongea dans les yeux verts d'Abby.
- Tu penses à elle ? Demanda la jeune femme.
- Encore plus aujourd'hui que d'habitude. Sûrement parce que tout le monde autour de moi y pense aussi. Simultanément.
- On est tellement reliés qu'on ressent tous la même chose. Conclut Abby avec un sourire.
Il hocha légèrement la tête et regarda à nouveau la photo.
- Sûrement. Tu crois qu'elle aussi ?
- Qu'elle pense à nous ?
Il ne répondit pas. Abby prit une profonde inspiration en se rapprochant du mur pour repositionner une des cartes postales.
- J'en suis sûre. Répondit-elle finalement. Elle doit regretter d'être partie.
- Je ne pense pas. C'est ce qu'elle voulait.
Tony se détourna et fit quelques pas, grimpant sur un des tabourets molletonnés d'Abby, attrapant la pochette d'un nouveau CD.
- Et toi, c'est ce que tu voulais ?
Il regarda un point au-dessus du CD qu'il tenait entre ses mains.
- Non, Abby. Bien sûr que non.
- Tu le lui as dit ?
Il ferma les yeux une seconde. Il n'avait pas parlé de ce qu'il s'était passé en Israël. Il y était resté assez longtemps pour avoir des choses à raconter. Mais à son retour personne ne lui avait posé de questions. De toute façon, il n'aurait pas voulu y apporter de réponses.
Maintenant, une année s'était écoulée. Il regarda Abby, droite devant lui. L'amour, l'amitié, la compassion qu'elle lui portait, tout cela rayonnait autour d'elle comme un halo.
- Oui. Mais elle avait pris sa décision. Elle … elle m'avait dit de te dire quelque chose. Lâcha-t-il enfin.
Il la vit écarquiller légèrement les yeux. Il put presque sentir les pulsations de son cœur augmenter en puissance. Les images de la scène qu'il avait vécue à l'aéroport dansèrent à nouveau devant ses yeux. Il pouvait répéter mot pour mot ce que Ziva lui avait dit à cet instant.
- Elle m'avait dit, reprit-il en inspirant, de te dire qu'elle honorait Gibbs. Elle voulait qu'il soit fier. Il lui a appris à suivre son cœur, et elle savait qu'elle devait … faire ça seule. Partir. Elle savait qu'elle devait tout laisser, ou elle serait attirée là où elle avait commencé. Elle m'avait dit de te dire ça, que tu comprendrais … je dois t'avouer que je n'ai pas eu le courage de le faire avant. Je n'avais pas envie de te répéter ça. De répéter ce genre de paroles.
Il reposa le CD sur la table. Le regard de son amie pesait lourd sur lui. Sur ses épaules. Quand il releva la tête, il vit que ses yeux verts brillaient.
- Abs, je-
- Je comprends, le coupa-t-elle. Vraiment. Je n'ose pas imaginer ce que ça a dû être de la laisser sur ce tarmac.
- Elle l'avait choisi. Répliqua-t-il d'un ton plus vif qu'il ne l'aurait voulu.
- Je sais, Tony. C'était son choix. J'espérais juste que, quand elle disait qu'elle devait partir … Ce n'était pas pour de bon. Je pensais que c'était un « je dois partir pour assumer ce que j'ai fais, j'ai besoin d'être seule quelque temps », et pas « j'ai besoin de changer de vie ». Je ne pensais pas que c'était si … définitif. J'ai mis du temps à l'accepter, Tony.
Les larmes formées par ses yeux menacèrent de franchir la barrière de ses cils. Elle serra les lèvres et fit quelques pas sans but.
- J'aurai dû vous le dire. Dit Tony. Etre plus clair, peut-être.
- Tu n'avais pas envie de revivre ça, et je suis la seule à avoir espéré. Les autres avaient compris. Gibbs avait compris depuis le début. Timmy aussi le savait. Je voulais … je voulais juste y croire.
Sa voix se fit incertaine et elle se tut après avoir presque murmuré ses derniers mots.
- Elle avait besoin de partir. Dit Tony.
- Et tu penses qu'elle avait aussi besoin de ne plus nous voir ?
- Ca ne l'aurait pas aidé à suivre ses nouveaux souhaits, j'imagine. Elle ne pouvait pas effacer son passé, elle voulait essayer de l'oublier, ou de l'appréhender différemment … et je pense qu'on lui rappelle trop … ce qu'elle était avant.
- Mais c'était elle ! Ziva a toujours été elle-même ! Elle ne pourra pas changer qui elle est !
Tony esquissa une ombre de sourire.
- Peut-être en est-elle réellement capable, qui sait. Elle a bien réussi à évoluer d'une façon qu'on n'aurait jamais pu deviner.
Abby s'arrêta de marcher et s'assit, s'efforçant de calmer son cœur et de sécher ses yeux. Elle darda son regard sur Tony, qui continuait de sourire légèrement dans le vide. Un sourire triste mais sincère.
- Tu lui en veux ? Demanda-t-elle.
Il mit quelques secondes à réfléchir à la question.
- Oui. Un peu. Elle ne nous a pas donné de chance de l'aider à démarrer une nouvelle vie. Mais c'était peut-être nécessaire à son bonheur. Et je ne veux que ça. Alors, peu importe si je lui en veux ou non.
Il regarda Abby et continua.
- L'essentiel c'est qu'elle ait ce qu'elle voulait et que cela lui convienne.
Au lieu d'être tranquillisé, le cœur de la laborantine se craquela un peu plus. »
Tandis qu'elle continuait de descendre en direction du parc, une larme orpheline roula avec délicatesse le long de sa joue rosie par le vent froid. Elle fut rapidement séchée et disparut sans laisser de trace. Abby traversa rapidement la grande avenue et ressortit du café où elle était entrée, quelques minutes plus tard, avec un gobelet fumant entre les mains.
Un banc en bordure du parc l'accueillit. La laborantine resserra à nouveau les pans de son manteau et aspira une gorgée du liquide bienvenu. Autour d'elle, personne ne semblait remarquer que le 1er octobre était un jour spécial. La vie continuait comme si de rien n'était. Son attention se porta sur un groupe de 7 jeunes enfants qui jouaient avec un ballon de foot, dans l'enceinte du parc. Tournée vers eux, elle s'amusa à les observer quelques temps. Ils devaient avoir une dizaine d'années à peine et hurlaient à pleins poumons ou éclataient de rire dès que l'un d'eux marquait un but ou s'approchait trop près d'un adversaire.
Le bruit de ces enfants insouciants lui fit quelques peu oublier le poids sur son cœur, et elle sourit en regardant l'un d'eux mettre son tee-shirt sur sa tête en levant les bras au ciel.
- JOFFREY ! Marque ! Hurla un gosse à celui qui paraissait être le capitaine –ou le propriétaire du ballon.
Le Joffrey en question, le plus grand d'entre eux, slaloma agilement entre deux garçons et tira vers le but adverse : deux arbres situés assez proche l'un de l'autre. Mais l'arbitre fut plus fort et retint le tir en se jetant sur le ballon, grimace de douleur à l'appui.
Des grognements de mécontentement retentirent et le jeu reprit de plus belle. Abby s'amusait à suivre leurs passes du regard. Puis l'un d'eux donna un violent coup de pied dans la balle et elle partit à vive allure en direction de l'avenue.
Joffrey fit quelques pas en courant vers le bord de la route puis s'arrêta net. Il observa tour à tour la grande avenue, puis le terrain vague, juste derrière, là où leur balle de foot venait d'aller se perdre. Son champ de vision fut coupé à plusieurs reprises par des voitures et des camions, témoignant de l'importance du trafic routier à cette heure de fin de matinée.
Il se retourna ensuite vers sa bande de copains.
- Cap ou pas cap d'aller la chercher ? Lança-t-il soudainement à un blondinet du même âge.
Il plissa les yeux, toisant son camarade de jeux de toute sa hauteur dans l'attente d'une réponse. Derrière eux deux, les autres membres de la petite bande se tenaient debout, silencieux, les uns le regard posé sur le ballon, les autres attendant impatiemment une réponse.
- Heu …
Le petit garçon blond fronça les sourcils en regardant le terrain vague où leur balle venait de se perdre. Puis il déplaça à nouveau son regard vers Joffrey.
- Alors ? Cap ou pas cap ? Réitéra ce dernier.
Le souffle d'Abby se coupa brusquement tandis que la scène venait la frapper avec intensité. Soudain, devant ses yeux se matérialisa la silhouette de Joffrey. Les mains sur les hanches, il la fixait avec force, sourcils froncés. Et répéta la phrase qu'il venait de dire à son ami.
- Cap ou pas cap d'aller la chercher ?
- Non … souffla-t-elle.
En face, le petit garçon blond avait pris sa décision. Il se posta face à un large et long passage piéton, et observa la masse de voitures. En position, il se mit à courir dès qu'il jugea la voie libre, et courut de toute la puissance de ses jambes jusque de l'autre côté, avant de disparaître dans le terrain vague.
Ses amis, postés derrières Joffrey, regardaient avec impatience et inquiétude, tous immobiles. Il avait traversé un territoire dangereux, bravé un interdit, et se retrouvait maintenant dans un territoire qu'il ne connaissait pas, à la recherche d'un bien qu'ils avaient perdu et qu'ils voulaient retrouver. A la recherche d'une part de ce qui faisait leur unité.
Le cœur d'Abby se remit à battre lorsque le blondinet réapparut, riant de soulagement, les joues rouges. Il brandit le ballon au-dessus de sa tête et ses amis crièrent de joie. Il se posta face au passage, et avec la même prudence, attendit que la voie soit libre pour passer en courant. Les garçons l'accueillirent avec des cris de joie et ils retournèrent jouer comme avant.
Devant les yeux de la laborantine, la silhouette de Joffrey s'effaça. Pour être remplacée par une autre. Lointaine. Qui disparut un instant avant de réapparaître au loin, dans le terrain vague. Une silhouette qu'elle connaissait, et qu'elle n'avait pas vue depuis un an.
Abby se leva et jeta son gobelet dans une poubelle proche. Elle prit le chemin du NCIS.
ooo
La froideur de la capitale avait été remplacée brusquement par une chaleur presque étouffante. Abby aéra légèrement son tee-shirt du mieux qu'elle le put et continua sa route.
Ziva ne se cachait pas. Du moins, elle ne se cachait plus. Le danger avait été écarté de sa vie, et elle-même s'était écartée de Tel Aviv pour s'installer plus loin, à Be'er Sheva. La laborantine avait eu assez du temps du vol pour situer l'israélienne, et savoir où elle pouvait se trouver actuellement. Elle en avait déduit qu'elle était retournée dans cette ville.
Tony et les autres n'étaient pas au courant de son voyage. Elle avait pris sa Hot Rod directement en rentrant du parc, et avait juste pris le temps de passer chez elle prendre son ordinateur portable et quelques affaires. Puis elle avait « emprunté » un moyen de locomotion de la Marine le plus rapide possible, pour les « besoins d'une enquête. »
Et maintenant, Abby était là, foulant le sol sableux d'une oliveraie. Elle ne savait pas trop où elle se dirigeait depuis ces 30 minutes où elle avait commencé son périple, mais elle savait que cela la mènerait quelque part. Elle ne savait pas non plus ce qu'elle ferait, quand elle aurait retrouvé Ziva. Tout ce qu'elle savait était qu'elle avait besoin de la voir. Ici, le matin du 2 octobre se levait tout juste. Le soleil se dressait entre une ligne de montagne au loin, en drapant d'un liseré rouge et or la cime des oliviers.
Fatiguée, la jeune femme se laissa soudainement tomber sur le sol. Assise sur la terre sableuse, elle en prit une poignée et l'effrita entre ses mains, humant l'odeur si particulière de l'air. Elle prit conscience qu'elle avait quitté le NCIS depuis longtemps déjà, peut-être même trop longtemps pour que Gibbs trouve ça normal. Ils avaient sans doute essayé de la joindre.
Elle se demanda ce qu'ils faisaient, en ce moment-même, quasiment de l'autre côté du monde. Elle pencha la tête en pensant à Tony, et se dit que c'était lui, le dernier à être venu ici. Et à en être revenu. Elle se releva en s'aidant du tronc rugueux d'un des arbres et continua sa route.
Après une nouvelle vingtaine de minutes, elle arriva à la frontière de la ville. Quelques centaines de mètres en bas de la légère colline où elle se trouvait, les premières maisons naissaient du désert, bientôt suivies par d'autres, puis, jusqu'au point le plus loin où elle pouvait porter son regard, Abby eut un regard d'ensemble sur la grande ville qui s'éveillait sous ses yeux.
Le sable autour d'elle ruisselait d'or. Elle dut fermer les yeux pour résister à la chaleur et l'intensité du soleil levant, face à elle, qui embrasait la ville. Elle ne pouvait distinguer les contours de Be'er Sheva qui semblait s'étendre à l'infini, depuis l'endroit où la laborantine se trouvait jusqu'aux confins du désert, dans toutes les directions. Abby se sentit soudain si petite face à cette immensité qu'une pointe de désespoir l'envahit. Elle était partie, seule, sur un coup de tête, et se retrouvait face à cette ville dont les milliers d'habitants, les ruelles, les mœurs et les monuments lui étaient totalement étrangers.
Puis ses jambes décidèrent de prendre le relais et elle descendit la colline, entourée d'oliviers qui semblaient lui dresser une haie d'honneur. Les premières maisons étaient excentrées, éloignées de la ville, et éloignées les unes des autres. La seule chose dont Abby était sûre, c'est qu'il lui fallait commencer ses recherches par là.
Le crissement du sable et les premiers bruits des insectes commencèrent à meubler davantage le silence. Puis une première silhouette apparut. Abby se dirigea droit en sa direction, flottant sur le sol. Debout à côté d'un olivier, la silhouette étendait un fil et y posait des vêtements. De dos, elle ne pouvait voir Abby qui se rapprochait, le cœur battant.
Puis un nom résonna sous le soleil levant d'Israël. Un seul mot qui leva le silence posé par la nuit, qui fit se taire des insectes matinaux. Un des premiers sons humains qu'entendaient les oliviers verdoyants depuis que cette journée avait commencé.
- Ziva.
La silhouette retint son geste, et un long frémissement s'empara de la colline toute entière, glissant le long des feuilles, caressant les grains de sable. Il s'empara d'Abby toute entière, qui s'immobilisa sans un bruit de plus.
Une jeune femme brune se tourna lentement, offrant son visage et sa personne à la vue de celle qui venait de l'appeler.
Les iris bruns comme la façade de la longue bâtisse, perdue entre le désert et la ville, rencontrèrent alors les iris égalant le vert des olives et de l'espoir entourant le lieu.
*bats des paupières* Ah bon sang je m'émeut moi-même.
Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Réellement ?
