Si la première partie était la Genèse,

La deuxième partie est la Charnière de toute mon histoire !

Une sorte de pivot central qui fera basculer le tout vers les parties suivantes.

Et je me devais de passer par là !

N'allez pas croire que je suis sadique…

Mais tout est calculé d'avance !

Attention, ce chapitre contient des scènes un peu plus crues… Les chapitres suivants aussi.

Je me calme dans la troisième partie…

Bonne lecture…

Message pour Skarine : puisque je ne sais pas répondre à tes reviews, je le fais par le biais de mes publications. Merci pour tes petits mots, ça fait plaisir. Je ne sais pas si c'est à ça que tu pensais mais vu qu'il n'y a pas 36 solutions… Je ne suis pas sadique mais j'aime ménager un peu le suspense et il ne faut pas que je publie plus vite que je n'écris ! Je vais essayer d'être régulière dans les envois ! A+

Chapitre 13 : Descente aux enfers

Hélène gisait nue sur le lit de son beau-père. Un de ses bras était immobilisé par une chaîne reliée à des menottes et l'autre avec une corde. Un bâillon enfoncé dans sa bouche l'empêchait d'émettre le moindre son ! Il y avait du sang sur les draps, beaucoup trop à mon goût. Je sentis la bille me monter dans la gorge ! Oh le salaud ! Et moi, j'étais arrivé trop tard, bien trop tard ! Et ça allait me peser sur la conscience ce retard ! Je poussai un cri de rage !

Quand elle me vit entrer elle leva la tête. Ses yeux étaient comme fou ! Je me précipitai vers elle, enlevai mon manteau, couvris sa nudité et cherchai mon petit couteau de la poche pour couper le lien en corde. Pour les menottes, je devrais forcer la serrure, mais je savais comment faire. Le plus important était de lui retirer le bâillon pour la laisser respirer, le reste serait pour après.

- Oh mon Dieu Hélène… Qu'est-ce que ce salaud à oser vous faire. Il le paiera, je vous le garantis !

Une fois que j'eus ôté le morceau de tissu qui obstruait sa gorge, je l'entendis reprendre son souffle. Elle avait sans doute failli s'étouffer. Sa respiration était saccadée et ses yeux, rouges d'avoir pleurés, allaient dans tous les sens. Elle essaya de me parler mais en pure perte.

- Je vais vous libérer Hélène… vous aider… je m'occupe de tout.

De la voir se débattre ainsi me mis les larmes aux yeux. Après un traumatisme pareil, elle serait cassée à vie. J'étais arrivé trop tard ! Impardonnable à mes yeux !

- Si je tombe sur ce fils de pute ! criais-je la rage au ventre. Je le tue de mes propres mains !

- N'insultez pas ma mère monsieur Holmes ! fit une voix dure. Vous ne la connaissez même pas !

Au son de la voix je me retournai. Un homme se tenait dans mon dos, révolver à la main. Ce porc s'était caché dans l'armoire du docteur Roylott en m'entendant entrer dans le manoir !

Première grosse erreur de ma part : je m'étais précipité au chevet d'Hélène et je n'avais pas pensé une seule seconde à fouiller la pièce ! J'étais parti du principe qu'une fois son méfait commis, il s'en était allé. Piégé, car moi, je n'avais pas d'arme !

Je le détaillai de la tête aux pieds : roux, pas beau, plus petit que moi, mince, plus ou moins le même âge… Il avait l'arcade sourcilière fendue, le nez bien amochée et une dent manquait devant ! Il zozotait un peu de ce fait. La résistance avait été héroïque mais vaine. Voilà l'explication du sang…

- Percy Armitage, je suppose ? dis-je du même ton. Le charmant fiancé ?

- Pour vous servir ! dit-il avec un rictus. Mais j'ai comme l'impression que ma douce et tendre fiancée ne voudra plus de moi après cette nuit de noce un peu spéciale. Je pense même que le mariage sera annulé ! Grâce à vous Holmes ! Ou à cause de vous ! Oh ! J'y pense, voilà que nos deux tourtereaux sont réunis ! Comme c'est charmant ! Vous célébrez votre union quand ?

- Quoi ? fis-je étonné devant ce qui m'apparaissais comme le délire d'un fou.

- Je vous attendais plus tard monsieur Holmes ! fit-il comme s'il n'avait pas entendu mon interrogation. Elle vous avait dit treize heures non ? Le carillon de l'église vient de sonner le quart de onze heures ! Deux heures d'avance ? Vous me gâchez mon plaisir. Je comptais encore m'amuser avec elle une fois ou deux… Je ne suis là que depuis neuf heures…

- Vous êtes un salaud de la pire espèce ! sifflais-je entre mes dents. Votre propre fiancée ! Vous me dégouttez !

- C'est vous qui me dites ça ? hurla-t-il. Alors que hier, en traînant près de la gare de Waterloo, qui vois-je ? Ma fiancée qui hèle un cab ! Aux petites heures de l'aube ! Je la suis et oh surprise ! Cette chienne sonne à une porte et entre chez vous ! Elle en ressort des heures plus tard ! Je décide de la suivre toujours ! Elle prend le train pour rentrer à la maison… et quelques heures après, je la vois courir vers deux hommes. Vous et un autre. Vous rentrez au manoir, et en repartez au bout d'un certain moment. Vous revenez tous les deux à la nuit tombée ! Par la fenêtre de la chambre, comme des voleurs, vous vous êtes introduit ! Ma fiancée fait rentrer deux hommes la nuit ! Et je dois rester calme ?

- Mais vous êtes malade vous ? dis-je sur un ton toujours froid. Votre fiancée est venue demander notre aide parce que son beau-père a essayé de la tuer ! Comme il avait déjà tué sa sœur aînée. D'ailleurs, c'est lui maintenant qui est mort ! Si vous aviez prêté une oreille attentive à ce que votre fiancée essayait de vous dire, elle n'aurait pas du aller chercher de l'aide ailleurs !

- Pour mon beau-père ? éructa-t-il. Mon oeil oui ! Cette petite pute a voulu que vous fassiez une enquête sur moi ! La garce ! Alors vous êtes au courant qu'ils m'ont viré à la banque en octobre ? Pour vol et détournement de fonds ? Et mon vrai nom ? Vous l'avez trouvé aussi ? J'étais sûr d'avoir endormi sa méfiance pourtant… Sale garce ! Si vous aviez vu sa tête quand j'ai déboulé à neuf heures ! Et oui ! L'ouverture des serrures, c'est mon aussi mon domaine ! Blanche qu'elle est devenue ! La terreur à l'état pur ! Mais son nouveau prince charmant n'était pas là pour la défendre ! Pas vrai m'sieur Holmes ?

- Vous délirez mon gars, fis-je sur un ton plus calme. Je ne suis pas son prince charmant, juste le détective qui l'a aidé ! Alors comme ça vous, en plus d'être un voleur, vous exercez la profession de salaud ?

- Tu peux parler toi ! fit-il de manière choquée. Le voleur ici, c'est toi ! Toi ! Tu voles la fiancée d'un autre ! Tu voulais la mienne ? Prends la maintenant ! Percy Howard te l'offre ! (Merci de m'avoir donné ton vrai nom connard !) C'est presque encore du premier choix…

- Mais de quoi vous parlez ?

- Tu crois que j'vous ai pas vu ce matin, devant la porte ? Il faisait noir mais la lune donnait d'la clarté ! La salope ne voulait plus d'moi quand tu lui as dit que j'étais viré pour vol ? Alors là-dessus elle se jette dans tes bras… Bien manœuvré ! Mais j'vais t'le faire payer ! J'avais besoin d'elle pour faire un beau mariage et me refaire une respectabilité ! Les revenus qu'elle allait toucher m'auraient permis de m'la couler douce ! Son beau-père m'avait donné le montant de sa rente : plus de mille livres par an ! De quoi bien vivre et se la jouer grand seigneur ! T'as tout foutu en l'air salopard ! Tu la voulais pour toi ? Tiens, je t'la donne ! Mais sa vertu, c'est moi qui l'ai eu !

Quand il s'énervait, son accent des bas fonds de Londres revenait à la surface. Le cas était plus grave que l'on pensait. Un fiancé voleur, coureur de dot, violent et brutal. Armé qui plus est ! Je retournais le problème dans tous les sens, mais pour l'instant, je n'y voyais pas d'échappatoire. Si seulement il pouvait se rapprocher de mon pied ! Je pourrai le désarmer. Peut-être que si je l'amenais à s'énerver…

- Si vous aviez eu un comportement exemplaire envers votre fiancée, lui dis-je, jamais on ne vous aurait suspecté de quoi que ce soit ! Et si vous aviez fait votre travail à la banque sans convoiter l'argent facile, rien ne serait arrivé ! De plus, son beau-père était comme vous… Il voulait lui aussi tous les revenus ! Pour éviter d'en perdre lors du mariage de ses belles-filles il avait décidé de les tuer. Il avait réussi pour la première mais j'ai empêché le meurtre de la deuxième ! Quant à vous… Ils m'ont brossé un charmant portrait de vous à la banque. Sous vos faux airs respectable… De la merde déguisée en gentlemen, ça reste toujours de la merde ! Vous puez !

Je vis ses narines frémir sous le coup de la colère et sa main trembler légèrement. Je jetai un coup d'oeil rapide à Hélène. Son corps tremblait – froid ou terreur ? – malgré le manteau. Vu que le feu avait été allumé dans la cheminée, ce devait être de terreur. Je sentis mon cœur se serrer. Fallait sortir de ce pétrin le plus vite possible. Et faire en sorte que lui, ne s'en sorte pas ! Juste sortir les deux pieds devants… Je repris :

« Vous ne vouliez pas qu'elle aille vous saluer à la banque pour éviter qu'elle n'apprenne que vous en aviez été viré… Mais la pire chose que vous ayez faites, c'est de débarquer l'autre jour à l'improviste, quand le docteur était absent pour la surprendre et tenter de la forcer à avoir des relations charnelles avec vous. C'est ce qui l'a fait se détourner de vous ! Si vous vous étiez tenu à carreau… »

Je ne pu terminer ma phrase. Ce type était sans doute dérangé dans sa tête, mais il se mit à vociférer des injures à l'adresse de sa fiancée et à la mienne. Pire qu'un charretier ! Il en oublia toute prudence et se rapprocha de mon pied. Encore quelques centimètres…

Mon pied partit, j'y mis toute ma puissance, et, vu le craquement, je lui brisai le genou. Sa tête bascula en arrière quand il hurla de douleur et j'en profitai pour lui décrocher un coup dans la mâchoire. Le porc bascula en arrière. Je me précipitai pour ramasser le révolver. J'avais envie de le battre comme un plâtre. Mais il y avait plus urgent ! Vu qu'il était sonné je me tournai vers le lit. Délivrer Hélène le plus vite possible.

- Hélène ? Vous m'entendez ? Je vous détache et je lui règle son compte ensuite. Ça va aller, je vais m'occuper de vous.

Un petit hochement de la tête fut sa seule réponse. Ses dents claquaient. Lorsque le bruit d'un révolver qu'on arme claqua derrière moi, je su que je venais de commettre ma deuxième erreur. Ma tête tourna lentement et la gueule du canon d'une autre arme me fit face.

- Tu t'es planté mon gars ! Celui que tu tiens n'est pas chargé ! Le mien oui !

La sueur froide me coula le long du dos. Je ne fis pourtant pas l'erreur de baisser les yeux pour vérifier le barillet de l'arme. Je pressai la détente, mais à chaque fois, le percuteur rencontra le vide. J'avais envie de hurler. Ironique, il m'avait tenu en joue avec un révolver vide ! Et maintenant il avait le chargé.

- Je t'ai bien eu ! ricana-t-il tout en changeant de place. Le chargé était dans ma poche, prêt à être dégainé si tu faisais mine de venir vers moi ! C'est maintenant qu'on va s'amuser tous les trois !

Un gémissement accompagné d'un sanglot m'indiquèrent qu'Hélène était consciente et avait tout entendu. Lui demander pardon ne servirait à rien. Le salaud se tenait maintenant de l'autre côté du lit, à droite d'Hélène. Il me fit reculer dans le coin gauche de sorte que le lit constitue un obstacle, et caressa Hélène. Je la vis tressaillir et tenter de se dégager.

- Fous toi à poil ! me dit-il avec un sourire railleur.

- Ça ne va pas la tête ?

La suite se passa tellement vite que c'est après que j'ai compris ce qu'il avait fait. Il leva son bras gauche et j'entendis une sorte de sifflement, et puis Hélène se cambra en hurlant de douleur. Une cravache ! Il avait du la cacher dans son dos car je ne l'avais pas vue. La jambe d'Hélène saignait là où il l'avait touchée. Me menaçant toujours de son arme, il entreprit de la caresser avec la cravache.

- Alors ? Tu crois qu'elle va supporter combien de coups ? Moi, en tout cas, ça m'excite à fond. Tu veux la preuve ?

Je délaçai mes chaussures, enlevai chaussettes, pantalon, caleçon, chemise… Tout. Si il croyait m'humilier en faisant ça, il se foutait le doigt dans l'œil ! Quand je fus nu, je me tins bien droit devant lui, bras croisé sur ma poitrine pour lui signifier tout mon mépris.

- Regarde sale pute ! Voilà le type qui t'a serré dans ses bras ce matin. Admire-le bien, tu ne le reverras sans doute plus après… Ou alors dans l'autre monde…

Il partit dans un ricanement et de la pointe de sa cravache obligea Hélène à tourner les yeux vers moi.

- Il a du muscle ton prince charmant mais pas une très grande.

- Vous êtes content ? Je ne vous arrive sans doute pas à la cheville… fis-je sarcastique. Et puis, il fait froid dans la pièce…

- Tiens, Holmes, vous êtes juif ? Cela expliquerais pourquoi vous me voliez ma fiancée… Toujours à convoiter les biens des autres vous les juifs ! J'aurais jamais dit que tu en étais un, t'as pourtant pas le physique …

Pendant une fraction je me demandais ce qu'il voulait dire. Puis je compris :

- Non, lubie de ma mère à ma naissance ! Je suis anglais, croyant, plus trop pratiquant, mais pas juif. Rien à voir avec la religion !

- Tant mieux ! Elle en a de la chance ma traînée de fiancée ! Je n'étais pas assez bien pour elle ! Mais maintenant, je vais m'amuser…

Je n'aimais pas le ton de sa voix et je me demandais ce qu'il allait encore trouver. Je fus vite fixé quand il accrocha une paire de menottes pourvue d'une longue chaîne au montant métallique du lit.

- Menottes spécialement trafiquée sur demande de ma part ! Tu as beaucoup de chance, le lit est pourvu d'une barre horizontale, tu auras une plus grande amplitude sale chien ! Regarde ta pauvre petite Hélène, elle n'a pas ta chance elle ! Les montant verticaux ne lui donne pas beaucoup de libertés de mouvement… Je vais reculer et toi, tu vas passer de ce côté ci et t'accrocher la menotte au poignet, le gauche ! Ne traîne pas surtout !

Je m'exécutai et fermai le bracelet de mauvaise grâce à mon poignet gauche. Il se tenait loin de ma portée. Il faut dire qu'il avait morflé ! Il grimaçait de douleur chaque fois qu'il devait bouger. Son genou en avait pris pour son grade. Quand à sa figure, n'en parlons pas !

Ensuite, je m'assis sur le bord du lit. Mes jambes menaçaient de me faire défaut. Menotté au lit, plus aucun espoir de mettre fin au calvaire d'Hélène. Son flan était tout contre moi et je la sentais trembler.

Percy s'approcha de moi et me dit :

- Debout sale chien !

Je m'exécutai et il en profita pour faire claquer sa cravache sur mon torse. Le coup me fit à peine sursauter et je rivais mon regard dans le sien. Même pas mal ! Cela le déstabilisa un peu. Je me rassis et restai bien droit, mon regard le fixait méchamment. Mais il se reprit vite :

- Puisque ce matin tu t'es vautré dans les bras de ma fiancée, je vais te donner l'occasion de t'y vautrer un peu plus !

Je fermai les yeux pour tenter de me concentrer sur ma respiration qui avait tendance à accélérer un peu trop. Surtout ne pas donner à ce porc le contrôle de la situation !

- Baise là maintenant ! Et n'aie pas peur de te répandre en elle surtout ! Comme ça si elle tombe enceinte, elle ne saura pas qui est le père.

Il partit dans un grand éclat de rire, tira la chaise vers lui et s'assis. Je n'étais plus un danger en étant attaché ainsi ! Il ne nous regardait même plus. Je posai la main attachée sur le lit et agrippai le matelas de toutes mes forces ! N'importe quoi mais qu'il ne voie pas mes mains qui tremblaient. Une sueur glacée me coulait entre les omoplates. Il ne pouvait de toute façon pas me forcer… Je fis le vide en moi, repris un peu le contrôle de mes mains et de mon esprit, inspirai et expirai un bon coup et lui rétorqua :

- Tu peux forcer une femme mais pas un homme ! Tu pourrais encore me battre pendant des heures, si je n'ai pas envie… Rien ne se passera…

Le rictus qui apparu sur ses lèvres ne présageait rien de bon.

- Tu crois que je n'avais pas anticipé un refus ? Je sais que si tu ne bandes pas, je ne saurai pas t'y contraindre. Mais réfléchis bien ! Je t'offre de passer un peu de bon temps avec elle avant que je ne vous envoie tout deux ad patres… Au moins une fois… Si tu ne veux toujours pas prendre Hélène comme il se doit, alors c'est moi qui m'en occuperai… Regarde comme elle a bon rien que d'y penser.

Je n'eus qu'à tourner un peu la tête vers elle pour voir son regard. Fou de terreur. Elle essayait de se dégager de ses entraves mais sans espoir.

Comme je restais silencieux, ce sadique tendit la main vers son sac et sortit un long poignard, il le sortit de son étui en métal et continua :

« Imagine que je commence par introduire mon poignard là où tu penses… Avec l'étui au début… Ensuite je pourrais enchaîner sans la gaine… Tiens, admire sa douleur rien que d'y penser ».

- Vous êtes encore pire que je pensais ! m'exclamais-je dégoûté. Vous ne croyez pas qu'elle a souffert assez ?

- Non ! J'aime m'amuser avec les femmes. Et toi, si tu coopère pas, vois ce qu'il l'attend et admire la conception de la chose !

Se levant péniblement il traîna sa jambe jusqu'à une mallette qu'il ouvrit. Ensuite il la souleva et la posa sur la chaise. L'objet qu'il en sortit me fit frémir des pieds à la tête.

- Tu vois la forme qu'il a ? dit-il en caressant amoureusement l'objet. Tu devines bien où j'le fou ? Déjà qu'a l'entrée, elles gueulent de douleur, mais à la sortie… les crochets griffent toute la paroi…

La sueur froide me coulait partout. Si je n'étais pas assis je me serais effondré ! J'avais devant moi l'objet qui avait mutilé deux prostituées au mois de novembre et avait entraîné leur mort par hémorragie interne. Tout avait été arraché et mutilé à l'intérieur. La police m'avait juste demandé de jeter un coup d'œil sur les rapports d'autopsie et sur le livre codé trouvé à leurs côtés. Les pauvres filles avaient eu le temps de se voir mourir et du hurler jusqu'à épuisement.

Leur meurtrier se trouvait devant moi ! Et il correspondait au profil physique et mental que j'avais établi : un sauvage que la violence et la souffrance de l'autre excitait au plus au point.

- J'te prie de croire qu'il a servi il y a quelques temps, m'explique-t-il tout fier, sans savoir que je connaissais l'histoire. J'ai refroidi deux putes avec cet engin. La deuxième a eu le temps de voir comment serait sa mort. Jouissif j'te l'dit. Ces deux petites putes, que je fréquentais régulièrement, devaient m'apporter un bouquin contenant les noms de gros bonnets qui fréquentent régulièrement le même bordel. Y paraîtrait qu'la patronne consigne en code les noms et les exigences de ses clients, des fois qu'un s'amuserait à lui faire des misères. Je pique le livre dans le coffre, avec la complicité des deux putes, et arrivé à notre repaire je me met à l'œuvre, je sue pour déchiffrer le code. Et ces p'tites putes voulaient que je les paie tout d'suite ! Je n'savais toujours pas décoder ce qu'il y avait dans le bouquin ! Et elles voulaient leur fric ! De toute façon, j'avais déjà décidé depuis l'départ de les buter pour ne pas les payer. Et les morts ne parlent pas, en plus… T'as pas participé à l'enquête avec Scotland Yard ? Non ? Dommage… Pourtant j'avais vaguement l'impression que j'avais déjà vu ta tête quelque part… Je les ai liées pour qu'elles me foutent la paix. Mais après avoir mis trois jours pour trouver le code, je constate qu'il y a rien d'exploitable dans l' livre ! La patronne est roublarde et le coffre ne contenait rien qu'un leurre ! Alors j'ai passé ma rage sur ses deux salopes qui m'avaient dérangé pour rien ! Le livre a du rester à côté de leurs cadavres…

Effectivement, Scotland Yard avait découvert deux cadavres aux côtés d'un livre. J'avais participé juste un peu à cette enquête. Lestrade avait surtout besoin de mon aide pour déchiffrer le livre de comptes. Il était trop bête pour casser le code ! Il m'avait fallu deux minutes. Je lui avais suggéré que le meurtre était la conséquence du vol, sans doute un règlement de comptes entre le voleur et ses deux complices. Qu'il devait orienter son enquête sur le propriétaire du livre et aller l'interroger pour savoir si les filles avaient travaillé pour lui, etc. Je lui avais mâché le travail.

Mal m'en avais pris ! Si j'avais su à ce moment là que le faux livre de compte avait été mis exprès dans le coffre en tant que leurre, car la légitime propriétaire – ma vieille connaissance, celle que Watson n'aimait pas – se doutait qu'un vol se préparait et voulait piéger le ou les voleuses pour les confondre et les virer… Je n'aurais jamais envoyé Lestrade chez elle. Mon amie m'avait remonté les bretelles ensuite…

Heureusement, j'avais rattrapé le coup, à sa demande, ce qui avait fait bondir Watson d'indignation… De toute façon, ce n'était pas elle qui les avait tué, ni personne de son entourage. Le crime était trop sauvage, et du fait d'un homme. J'en avais informé Lestrade mais il était déjà passé à une autre enquête. Il avait bouclé celle là sans suite car ce n'était que deux prostituées… Le meurtrier pourrait courir en toute quiétude ! Ironie du sort, il était devant moi ! Que faire ? Et si je ne faisais pas ce qu'il demandait, c'est à Hélène qu'il ferait subir ce supplice…Et la mort serait atroce !

Comment arriverai-je à faire une chose que je ne désirais pas du tout faire dans ses conditions là. Ce matin, lorsque l'on s'était embrassé, j'avais eu l'impression qu'un incendie me consumais de l'intérieur tellement j'avais eu envie d'elle. Mais ici, et dans cette situation, aucune chance. Dans ma tête se bousculaient des tas de souvenirs pas agréables, je revoyais les cadavres mutilés des filles. Je n'y arriverais jamais avec ça en tête ! Et ce salaud allait la tuer comme il avait fait avec les deux autres. Oh que diable ! Fallait que je trouve une solution.

- Alors, tu t'décides connard ? Tu la baises ou tu préfères que je m'en occupe moi-même ? D'abord moi et puis ensuite mon jouet à crochets…

- Salaud, lui dis-je d'une voix lasse et résignée. Ton coup était bien prémédité ! Quoi que je fasse, tu la tueras quand même et moi avec. Dans l'état d'esprit où je suis, faudra pas compter sur moi …Oublie-moi…

Le cri de désespoir qu'Hélène poussa derrière moi me tordit les entrailles.

- Pitié monsieur Holmes, me dit-elle d'une voix larmoyante. S'il vous plaît… pas lui…pitié… je préfère cent fois vous qu'une seule fois lui… me laissez pas tomber… je ne veux pas mourir…

Un sanglot déchirant mit fin à sa phrase. Je n'avais pas trop le choix… Il allait falloir faire abstraction de tout et penser à des choses plus agréables.

- J'vais pas y passer la nuit moi ! Tu t'décides ? Elle acceptera p'tet même que tu la lui foute dans sa bouche. Moi, je n'ai pas osé, trop peur qu'elle m'la morde. Toi, t'es son p'tit chéri, t'as moins d'risques.

- Amène moi la bassine d'eau et un drap, lui répondis-je sans relever son sarcasme.

- Hé ! J'suis pas ton esclave ! Et puis pour quoi faire ?

- Ta gueule fils de pute ! lui hurlais-je au bord de l'implosion. Apporte-moi la bassine d'eau et ferme ta putain de gueule ! Tu veux que je le fasse ? Alors fait ce que je te dis !

Il en fut abasourdi ! Cela me conforta dans mon idée qu'il était un lâche qui doit faire étalage de sa force pour se faire respecter. Il s'attaquait aux faibles pour mieux asseoir sa domination. Et il dominait avec la violence. Si je lui parlais comme à un laquais cela lui ferai perdre ses moyens. Il avait l'habitude de voir les gens le supplier à genoux quand il leur faisait subir ce genre de traitements. Pas moi !

C'est avec prudence qu'il déposa la bassine sur une chaise à côté du lit. J'étais enchaîné mais il avait la trouille que je lui fasse un mauvais coup. Je ne me privai pas pour le regarder dans les yeux et lui exprimer tout mon mépris. Après l'avoir posée, il se recula aussi vite que le lui permettait son genou. Je me décalai un peu plus pour pouvoir me tourner vers elle.

L'eau était propre. Je trempai le morceau de tissu dedans et demandai à Hélène tout doucement si elle avait soif. Un hochement de bas en haut me répondit. Alors je pris le tissu gorgé d'eau et le lui tint devant ses lèvres. Elle entrouvrit lentement la bouche et je laissai l'eau s'écouler. Après avoir répété l'opération quelques fois elle me fit signe qu'elle n'en voulait plus. Je retrempai le morceau et lui badigeonnai délicatement le visage.

- Bon sang ! fit Percy exaspéré. Tu vas quand même pas la laver maintenant !

Je me tournai alors vers l'autre et lui dit d'une voix autoritaire :

« Maintenant, je ne veux plus entendre le son de ta voix ! Pas un seul mot ! Pas un seul commentaire ! Je fais comme il me plaît ! Comment veux-tu que j'y arrive si la pauvre est dans cet état ! Si toi, ça t'excite, moi pas ! Et vas te foutre loin derrière ! Hors de question que tu te retrouve dans son champ de vision ou dans le mien ! C'est clair ? T'as intérêt à te faire tout petit et surtout te faire oublier ! Et tu me laisses tout le temps que je veux ! T'as compris ou bien je dois me répéter ? »

- Non, me répondit-il d'une voix tremblotante, comme celle d'un enfant qui se fait gronder par son père. C'est d'accord ! Je me mets loin et je dis rien.

Il tira sa chaise le plus loin possible et se posta près de l'armoire. Bien, en faisant abstraction de ce con et de tout le reste, j'allais peut-être savoir me concentrer. Je lavai tout son visage. Elle se laissa faire sans broncher, cela lui faisait du bien. J'enlevai toutes les traces de larmes, de sang… Au fur et à mesure je reprenais le contrôle de ma respiration et de mon rythme cardiaque. Je sentis qu'elle s'apaisait un peu malgré tout. Sa tête se releva et elle vit l'autre salaud au bout de la pièce. Il allait falloir la mettre dans un bon état d'esprit elle aussi sinon…

- Hélène, lui chuchotais-je. Ne le regardez pas ! Faites comme s'il n'était pas là.

- Je ne peux pas… monsieur Holmes, j'ai peur ! Pas de vous, mais de ce qui arrivera ensuite…il va nous tuer…

- Chuut ! lui murmurais-je au creux de son oreille. On va tenter de gagner du temps… Peut-être que d'ici là j'aurai trouvé une porte de sortie…Sinon, nous mourons ensemble…. Mais ne pensons pas à ce genre de scénario. Laissez-vous aller et pensez à autre chose. Oubliez-le ! Imaginez-vous sur un lit de satin, avec… qui vous voulez. Ou sur une plage de sable fin avec l'homme que vous aimerez… Ne pensez à rien d'autre ! Surtout pas à ce qui nous arrivera après… Sans votre aide, je n'y arriverais pas. Ce genre de scénario ne m'excite pas, que du contraire ! Et avec vos mains liées ainsi cela restreint les possibilités.

- Je ferai tout ce que vous me direz de faire monsieur Holmes…

- Alors appelez-moi Sherlock et laisser tomber le vouvoiement. Ce sera plus facile pour moi que si vous dites « monsieur ».

- Oui, mons… heu oui Sherlock, comme tu veux.

Je fis le vide total dans mon esprit. Le fait d'avoir appris les arts martiaux allait me faciliter le travail : j'avais appris à faire le vide autour de moi et de ne plus penser à rien ou au contraire à me focaliser sur une seule chose. Que choisir ? Sa peau douce ? Son joli visage éclairé d'un sourire ? Sa poitrine qui se pressait contre moi ce matin ? Le tout… Pourquoi pas ? Pour ne pas la crisper je restai assis à côté. Il serait encore temps ensuite de me coucher sur elle. Surtout fallait éviter de la brusquer.

Je respirai un grand coup. Il allait me falloir toute ma concentration…Je n'avais pas trop le choix, même si la mort nous attendait au tournant. Autant gagner du temps… Je trouverais peut-être une solution pour nous sortir de ce guêpier…Sinon…

Ma main libre caressa son visage, ses cheveux, descendis le long du cou… Je la sentis frémir de peur sous mes doigts. Ses lèvres tremblaient toujours. La terreur se lisait au fond des yeux. Dans ces conditions, c'était foutu. Ma résignation du se lire dans mes yeux car le regard d'Hélène changea un peu. Ma main resta posée sur elle sans bouger, quelques instants passèrent. Hélène me fit un petit signe d'assentiment et soupira un bon coup. Elle devait avoir compris que sans son assistance je n'arriverais à rien, à part à nous précipiter vers la mort. Je retentai une approche avec ma main, comme la première fois et je ne la sentis pas trembler de peur comme avant. Mais je ne m'aventurai pas plus bas que le nombril.

En prenant appui sur ma main menottée je me penchai vers elle, l'embrassai sur le front pour commencer, descendis le long de ses arcades sourcilières, l'embrassai sur le coin de l'œil, senti le goût salé de ses larmes. Sa respiration s'était accélérée, mais pas comme ce matin sous le porche où j'avais senti son désir. Ici, la peur était latente. J'aurais aimé qu'elle me caresse, sentir ses mains sur moi m'aurait bien aidé…Impossible avec ses entraves.

Ma bouche descendit et je lui mordillai le lobe de l'oreille, le cou et tout doucement je remontai jusqu'à ses lèvres. Le baiser ne fut pas passionné… Elle ne me répondait pas, ses lèvres étaient fermées. Tout son corps tremblait. Je ne pouvais pas lui en tenir rigueur, sa première fois n'avait pas été des plus agréable. Délicatement je lui caressai son front moite.

- Hélène, lui chuchotais-je pour ne pas qu'il m'entende, si vous voulez que ce soit moi et pas lui, il va falloir m'aider. Pour que j'y arrive il faut que j'aie une … érection. Et pour ça, il faut que je sois excité…Nous sommes tous égaux sur ce point…

- Comme ce que vous m'expliquiez ce matin ? me souffla-t-elle dans un murmure. Comme lui, vous devez avoir…

- Oui, comme ce matin… (Si elle savait l'effet qu'elle m'avait fait ce matin !) Je suis obligé… Sans cela, je n'y arriverai pas…Parce que si je dois le faire maintenant pour gagner un peu de temps, il faut m'aider. Faites semblant si vous voulez même…mon orgueil n'en sera pas blessé…

- J'ai du mal à visualiser la plage et tout le reste… me dit-elle angoissée.

- Alors pensez à notre dérapage du matin et imaginez que ce soit la suite…Mais en plus romantique que maintenant…Je sais, pas facile dans ces conditions…

Je lui caressai les cheveux et lui fit un pâle sourire qui s'agrandit lorsque je vis que elle aussi me souriait timidement. Un bref hochement de la tête m'indiqua qu'elle avait compris. Ma main continua de lui caresser les cheveux et le visage pendant quelques minutes puisque ça l'apaisait.

Après un certain temps, je redescendis vers ses lèvres et l'embrassai tout doucement. Je sentis qu'elle répondait timidement à mon baiser. Lorsque je descendis vers son cou, sa respiration changea un peu vers la bonne direction. Au moins, avec mon corps mit ainsi, je cachai ses émotions à l'autre connard derrière.

Son téton touchait mon torse, ma main descendit vers sa poitrine et je la lui caressai. Un tout petit soupir s'échappa de ses lèvres. On y arriverait peut-être… Nous étions comme seul et j'évitais de penser à l'autre con et à notre sort ensuite.

Il me fallu beaucoup de caresses et beaucoup de temps pour l'amener sur le bon chemin. Sa respiration saccadée m'indiqua que le désir montait en elle. Je changeai de position et m'assis à califourchon sur elle. Le salaud ne verrait que mon dos ! Mes mains caressèrent son corps, du moins ce qui m'étais accessible avec mes entraves. Heureusement le main droite était libre elle. De la sentir sous moi, sa peau douce, sa poitrine… tout cela fit naître le désir en moi. Tout mon être s'ouvrit au désir qui montait de plus en plus.

Maintenant, à quatre pattes au dessus d'elle, nos bouches ne faisaient plus qu'une ! Ses baisers étaient un petit peu plus passionnés et sa bouche s'était aventurée dans mon cou, me faisant frissonner tout entier. J'en oubliais tout ! Mon esprit était focalisé sur elle, sur des souvenirs lointains, sur mes envies d'être en elle et je me sentis durcir de plus en plus fort. Ma main droite lui caressa le sexe humide. Le mien était tendu tout contre son bas-ventre. Le désir était en elle aussi. Je me redressai un peu et me penchai à son oreille :

« Je vais y aller tout doucement rassurez-vous ».

Elle porta son regard vers son ventre, où mon sexe était érigé, et à sa vue elle frémit.

« Pas de panique, lui dis-je, je ferai en sorte de ne pas vous faire mal ».

J'espérais juste qu'elle ne soit pas trop étroite ou trop tendue, sinon je lui ferais mal. Pour éviter ce genre de désagrément je pris encore un peu mon temps et ondulai sur elle. Je le mis là où ça lui ferait le plus du bien et quand je la sentis prête j'entrai en elle le plus doucement possible. Elle tressauta quand même un peu lorsque je m'enfonçai lentement en elle. Je restai immobile quelques secondes puis me mis en mouvement, très lentement pour en profiter le plus longtemps possible. Ce serait sans doute notre première et dernière fois. Mes yeux étaient plongés dans les siens. Nos bouches se frôlèrent de nouveau et je la sentis onduler sous moi. Pas très fort, mais elle suivait le mouvement. Mes mains passèrent dans ses longs cheveux et je sentis une épingle à cheveux contre mes doigts ! De surprise je m'arrêtai net ! Ses yeux étonnés me demandèrent « pourquoi » et je lui fis un petit signe discret de ne pas s'inquiéter. Pour ne pas éveiller les soupçons, je continuai mon va et vient, ma main dans ses cheveux, tenant l'aiguille ! Juste ce qu'il fallait pour ouvrir une menotte ! Délicatement pour ne pas lui faire mal, je laissai ma main droite dans ses cheveux. Elle était accrochée et si je tirai, elle crierait. Elle du me sentir désordonné et la tête ailleurs parce que lorsqu'elle m'embrassa dans le cou elle me murmura :

« Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi tu laisses ta main dans mes cheveux ? »

Mes lèvres se posèrent sur les siennes pour la faire taire. Après un baiser je mis mes lèvres contre son oreille et lui chuchotais :

« Tu as une épingle qui est restée dans tes cheveux, et c'est juste ce dont j'ai besoin pour crocheter ma menotte. Je vais essayer de la retirer sans t'arracher les cheveux… »

- Pas grave, si je crie, il pensera que c'est parce que j'ai mal. C'est peut-être notre porte de sortie…Vas-y…

Je fis semblant de faire une pause et de l'embrasser comme un fou. Mes deux mains étaient dans ses cheveux et je sentis l'épingle venir. Pour l'extraire, ce ne fut pas facile. Je lui fis mal, mais comme elle l'avait deviné, l'autre ne broncha pas. J'avais maintenant l'épingle dans ma main droite ! Alors, l'esprit plus léger je repris mes mouvements en elle. Au bout de longues minutes, je sentis sa respiration devenir plus haché, son corps bouger plus vite sous le mien et se cambrer un peu plus. Ses petits cris étouffés ne laissaient planer aucun doute : elle allait avoir un orgasme. Au moins, elle aurait eu du plaisir. Elle cambra les reins plus fort et je sentis ses jambes se serrer plus fort autour de ma taille. Le frisson la parcourut tout entière et un soupir de satisfaction s'échappa de ses lèvres. En espérant que Percy derrière n'aie rien entendu, sinon il n'apprécierait pas du tout que je me permette de donner du plaisir à son ex-fiancée. Au moins, je n'avais pas perdu la main…

Je plongeai ma tête dans son cou et y passai mes lèvres et ensuite ma langue. Mon excitation était à son comble et je savais que je ne me retiendrais plus très longtemps. Je m'occuperais de crocheter la serrure des menottes ensuite, dans cette position c'était trop difficile. Je mis ma bouche contre son oreille et lui chuchotais-je :

« Je viens aussi. Ensuite, laisse moi rester sur toi encore un peu, le temps de m'occuper de cette saloperie de menotte. »

La vitesse de mes mouvements augmenta et je sentis que je partais, un cri de volupté s'échappa malgré moi de mes lèvres. J'eu l'impression que ça explosait en moi ! Dieu du ciel, j'en avais presque oublié que c'était si bon. Ma semence s'écoula en elle et je poussai un cri de soulagement. La petite mort s'empara de moi, me laissant dans un état de fatigue intense. Le souffle court et le cœur qui battait à tout rompre. Je la fis frissonner une dernière fois en l'embrassant dans le bas du cou et en remontant lentement jusqu'au lobe de son oreille. Dommage que notre première fois ce soit déroulée de cette manière… Mais qu'est-ce qui m'arrive ces derniers temps moi ? Voilà que mes pensées déraillaient complètement : il n'y aurait jamais eu de première fois entre nous ! Pourtant, j'en avais rêvé ce matin quand je l'avais tenue entre mes bras… Mais pas de cette manière. Il le paierait au centuple !

Le silence régnait toujours dans la pièce, je me retirai d'elle délicatement. Ensuite, doucement je pris l'épingle, toujours cachée dans ma main droite et à tâtons j'essayai de crocheter la serrure comme je l'avais fait si souvent pour m'entraîner à trouver le point faible de ces petits bracelets de métal.

- Bien ! dit Percy d'une voix sourde où l'on sentait toute se frustration. Fini de vous amuser vous deux ! Espèce de salaud, tu ne t'en es pas privé hein ? Il a fallu que tu lui donnes ce que moi je n'ai pas su… Félicitations salopard ! En plus de te permettre de voler les fiancés des autres tu te permets aussi de leur donner du plaisir ! D'après ce que j'ai vu de là où je me trouvais, la nature n'a pas été chienne avec ta virilité… Allez, tire-toi du corps de MA fiancée !

Je me relevai et alla m'asseoir de l'autre côté du lit. Il n'était pas large, mais cela me permettrait de faire mon travail discrètement. Ma chaîne n'était pas trop courte, j'avais de la chance qu'elle soit attachée au montant horizontal du lit, ce qui me permettait de voyager un peu plus. Et comme la barre supérieure faisait aussi le montant sur le côté, cela me donnait la possibilité d'aller plus loin. Il ne faut jamais donner trop de mou à la laisse du chien… Tiens, si je m'asseyais par terre, mes mains seraient hors de sa vue… Aussitôt dit, aussitôt fait. Je fis coulisser la chaîne le long du montant qui avait la forme d'un rectangle sans la base et m'assis dans le coin.

- Pourquoi tu te fou dans le coin sale chien ? me demanda-t-il en s'énervant. J'te fou la trouille maintenant ? T'as peur de crever ?

Je baissai la tête en signe de soumission. Il en fut satisfait et je pu regarder un petit peu mieux cette foutue serrure. Hum, il me faudrait du temps pour celle là. J'introduisis l'épingle et cherchai le petit loquet à soulever pour me libérer.

Ce que je n'aimais pas, c'est quand faisant cela, je laissais Hélène sans défense, à la merci d'un coup de ce type.

- Alors sale petite pute t'as eu bon ? Si je n'avais pas eu ta vertu, j'aurai presque parié que tu l'avais déjà fait avec lui !

« Toi Holmes, reprit-il hargneusement, c'était pas ta première fois ! J'ai bien vu que tu savais comment y faire… T'as même fait le délicat quand tu l'as pénétrée pour pas qu'elle ait mal… Moi aussi j'ai joui du spectacle ! Avec qui tu l'as fait avant ? Allez ! Des noms ! Une fiancée peut-être ? Partie avec un autre ensuite ? Allez ! Avec qui ?

- Personne ! lui répondit-je rageur.

- Menteur ! dit-il, un rictus sadique sur le visage. Donne moi plus de détails ou je lui entaille son joli visage… Une jolie cicatrice comme les pirates… Donne son nom !

Il avait dégainé son poignard et la pointe acérée se trouvait fort près de la joue d'Hélène qui n'en menait pas large la pauvre… Comme je ne répondais pas, il approcha de plus en plus, l'air déterminé. Je n'avais pas envie qu'Hélène garde une bien vilaine cicatrice alors je capitulai :

« Oui, il y a eu une femme dans ma vie, lui dis-je à contrecœur.»

- J'te d'mande son prénom sale chien ! hurla-t-il, le couteau contre la gorge d'Hélène. Trop dangereux de me foutre de lui pour le moment… il était comme fou…

- Christine, répondit-je la rage au ventre.

- Et combien de temps tu t'es amusé avec la dame ? Pas de connerie Holmes, sinon je la transforme en pirate !

- Je suis resté avec elle pendant cinq ans…

- Et pourquoi t'es plus avec ? Partie avec un autre ?

Si mes menottes avaient été enlevées, je lui aurais sauté à la gorge ! En peu de temps il avait fait remonter à la surface des tas de souvenirs que j'avais mis de temps à enfouir au plus profond de moi. Ce que j'avais tenté d'oublier avec de la morphine revenait au grand galop. Après tout ça, la mort me semblerait douce…

- Oui et non… répondis-je dans un murmure. En quelque sorte si on veut…

- C'est oui ou c'est non ? cria-t-il tellement fort qu'il nous fit sursauter.

Le couteau se rapprocha dangereusement de la gorge d'Hélène et je lâchai de nouveau du lest :

- Oui ! lui répondis-je hargneusement.

Je dus me faire violence pour ne pas me laisser submerger par les émotions… Sinon, je ne saurais plus rien faire si je plongeais dans l'abîme des souvenirs douloureux.

Attends mon gaillard, tu perdais rien pour attendre ! Mon seul but était de me libérer et de te faire la peau. De te battre jusqu'à ce que tu en crève… Mon démon était revenu, il grondait au plus profond de moi et je savais bien que si j'attrapais Percy, plus personne ne pourrai m'arrêter. Le diable serait un enfant de cœur à mes côtés ! Sa facture à lui sera longue comme un jour sans pain !

- Bien, brave toutou ! dit-il tout fier. Mais baisse les yeux devant moi et fait un regard plus doux si tu veux que je sois magnanime avec elle.

Mes talents d'acteur m'étaient souvent utiles, et ici, ils le furent encore plus. Je pris donc une mine contrite et baissai les yeux sur mes mains. Me détacher le plus vite possible et lui faire rentrer sa fierté dans la gorge…

- Bon sang, j'ai l'impression qu'un jour je t'ai croisé ! dit-il plus pour lui-même que pour moi. Je ne savais pas qui tu étais, loin de là… Mais quand je te vois… Mais où était-ce ? Et ça ne fait pas longtemps en plus… juste après que j'aie buté les deux putes… et oui ma chérie, la fidélité, ce n'était pas ma tasse de thé. Je sais aussi ce que tu penses des hommes qui vont voir les putes… Pour toi c'est des porcs… Mais pas ton petit Sherlock adoré !

Puisqu'il était occupé avec ses pensées, je continuai mon travail. La serrure était plus costaude que celles de Scotland Yard et l'épingle n'était pas le rossignol parfait. Surtout ne pas s'énerver et casser l'épingle. Mon estomac était noué. Si j'échouais, plus jamais je n'aurais le bonheur de me tromper… La mort nous attendait au tournant.

Soudain je l'entendis se taper dans les mains. Je levai la tête et je vis le triomphe étalé en grand sur sa gueule. Il riait à gorge déployée et se tapait la main sur la cuisse. Méfiant, je laissai un peu mon crochetage en plan.

- Oh oui ! s'esclaffa-t-il. Je sais où je t'ai vu Holmes ! C'est ton prénom en fait que j'ai entendu prononcer ! Et c'est en le disant à l'instant même que ça vient de me revenir ! Hélène va s'en étrangler de dépit quand elle le saura ! Tu vois ma chérie, ton prince charmant qui t'as fait l'amour si délicatement et qui ce matin te serrait bien fort entre ses bras… et bien c'est au bordel que je l'ai croisé ! Au Blue Lagon, chez lady Amélia ! Et oui ! Lui aussi fréquente les bordels et pas n'importe lesquels en plus ! Le bordel de luxe ! Fouettage en tout genre !

Il m'avait tellement surpris que je fus incapable de rester impassible. Le regard que me jeta Hélène était éloquent. « Dis-moi qu'il affabule » semblait dire ses yeux. Mais je n'eu pas le temps de nier les faits ou de faire le choqué : elle avait vu la tête que je faisais et avais compris qu'il ne mentait pas. Elle balança sa tête de gauche à droite dans une grimace de dégoût et cela me fit mal au cœur. Elle pensait vraiment que j'étais comme lui… Si elle savait… Rien avoir avec ce qu'elle pensait…

- Oui ! reprit Percy. Chez les putes ton Holmes ! Oh que je savoure cet instant… L'idole qui chute de son piédestal… Mais ma chérie, laisse moi tout te raconter dans les détails ! Ainsi, lorsque tu laisseras échapper ton dernier souffle ce sera en le haïssant de tout ton être. Regard-le, il ne peut même pas le nier !

Il prit la chaise et s'assit confortablement. Hélène avait les larmes qui coulaient.

- Vois-tu, reprit-il avec jubilation, au mois de novembre j'ai buté deux putes. Elles avaient travaillée chez cette « dame » avant de se mettre à leur compte, si on peut dire. Un bordel de luxe je t'assure ! Pas dans les moyens du modeste ouvrier. La spécialité du lieu ? Des putes qui te flagellent, quelques unes qui aiment se faire fouetter ou d'autre qui te rabaisse au niveau le plus bas… Il y a des hommes qui aiment ça…Surtout les puissants ! Mais il y a aussi des putes qui font le même boulot que les autres dans la rue, mais dans de beaux draps de soie ! Fréquenté par une clientèle qui a les moyens. Vois-tu, fin novembre, après avoir détroussé un riche passant, j'eu envie d'y retourner pour essayer de savoir ce qui se disait sur le meurtre des deux anciennes. Me voici assis sur le banc à attendre mon souffre-douleur préféré quand j'entends de l'animation dans le couloir. Je me penche discrètement et je vois deux autres prostituées qui attendent dans la hall central : c'est Meredith et une autre que je ne connais pas. Mais ce sont celles qui font parties de la garde rapprochée de la patronne. Et voilà ton Holmes qui entre dans le hall et nos deux putes se précipitent vers lui. C'est à celle qui lui sautera dessus la première ! Embrassades, accolades, ils se serrent dans les bras l'un l'autre et une lui pince même les fesses. Ça l'amuse ton prince charmant ! Admire le maintenant ! Il est moins fier ! Il n'ose même plus lever les yeux du sol tellement il a honte !

Je n'avais honte de rien, juste qu'Hélène le croit. Au moins pendant qu'il causait, il me laissait sans surveillance et je sentais que la serrure allait répondre à ma demande… Sans se soucier plus de moi, il poursuivit son récit, qui était exact c'est vrai.

- Ce qui a surtout retenu mon attention, sinon je l'aurais oublié, c'est que le portier est arrivé par une autre porte. C'est un colosse de muscles, qui ne sourit jamais et te regarde méchamment. Le service d'ordre c'est lui. Et là, quand il voit ton chéri dans le hall, son visage s'éclaire et il se précipite vers lui, bras grands ouverts ! Il le serre bien fort dans ses bras et lui dit « tu leur manques beaucoup tu sais ! T'as rendez-vous avec la patronne ? ». Imagine mon étonnement ! Ce mec capable de sourire et d'être gentil ! A cet instant, la patronne descend l'escalier du premier et elle aussi sourit de toutes ses dents lorsqu'elle voit ton chéri ! Elle lui tend les bras et c'est lui qui s'y précipite ! Moi dans mon alcôve je me dis « tiens, un chéri de la patronne ». Parce que il faut savoir que la patronne ne prend plus de client… Et lui, il la serre dans ses bras et ensuite, bas-dessus bras dessous, ils montent au premier, dans le bureau de la patronne. A cet instant, ma pute arrive et je lui demande si elle connaît le type qui est monté avec la patronne en haut. Elle me répond que les seuls qui peuvent y monter sont : le portier, le sodomite de service et sa garde rapprochée, autrement dit les deux filles dans le hall. Si un autre y monte, alors c'est un sale flic qui vient fouiner. Je lui précise qu'ils se sont étreints avant de monter. Alors elle me répond « qu'à part un ancien client bourré de fric » elle ne voit pas qui montrerait d'autre. T'as quelque chose à dire pour ta défense Holmes ?

Un léger déclic salvateur me rendit espoir ! Oui ! La menotte s'entrouvre et je vais pouvoir me libérer. Et surtout me venger !

- Tu restes bien silencieux ! enchaîna-t-il. T'as perdu ta langue ? Elle était bien pendue tout à l'heure !

- Fermes ta gueule, dis-je d'un ton posé et froid en me levant. Toi aussi tu déduis tout de travers ! Tu n'es qu'un assassin et un sale violeur. Je n'aime pas les types de ton espèce !

Il repoussa violement sa chaise et se traîna jusqu'à moi. Je me tins bien droit, les mains dans le dos pour ne pas qu'il voit la menotte détachée dans ma main. Mais il n'était plus si con et il se tint à distance respectable de moi et de mes pieds. Quel froussard !

- C'est toi qui va la fermer Holmes ! dit-il en me désignant rageusement de son index. Et pour l'éternité en plus ! Tu vas voir ce que je vais lui faire à cette pute ! Parce que si on y pense bien, Hélène, c'est une pute comme toutes les femmes…