Voici donc un nouveau chapitre...


Cela faisait déjà plusieurs mois que j'étais ici : la Préhistoire du temps des dinosaures. Mieux encore, cela faisait plusieurs mois que j'étais coincé ici. Je n'avais jamais voulu me retrouver ici. Je ne voulais qu'une seule chose : rentrer chez-moi. A mon arrivée, le manipulateur de vortex, grâce auquel j'étais arrivé ici, était hors service. Mais heureusement, sa capacité d'autoréparation s'était activée. A présent, je possédais deux autres options qui fonctionnaient : Survie et Encyclopédie du Temps. L'option survie m'a permis de mettre en place de nombreux pièges pour capturer mes repas et de m'avertir lorsqu'une menace approchait, auquel cas je me réfugiai dans une grotte des montagnes. L'autre était davantage un luxe. Elle me permettait d'accéder aux fichiers de tous les dinosaures que j'avais rencontrés pour le moment. Cela s'était tout de même révélé utile car j'ai pu apprendre comment certains prédateurs chassaient, comment les leurrer, les abattre et les éviter. Associé à Survie, Encyclopédie du Temps me permettait de garder la tête froide et de ne pas paniquer.

Parfois je me demandais si le manipulateur ne réparait pas en priorité les programmes qui me seraient utiles à courts termes. Dans ce cas, pourquoi ne réparait-il pas l'option voyage temporel ? La réponse était toute simple, en réalité. Étant une des options les plus importantes du manipulateur de vortex, elle réclamait beaucoup plus de temps pour s'auto-réparer. Pour me maintenir en vie, les options prioritaires à ma survie avaient donc été réparées en premier. Enfin, en partant du principe que le manipulateur de vortex puisse agir ainsi et qu'il possède un mode de réflexion semblable à celui des humains. Si cela se trouve, il réparait les options totalement aléatoirement.

Peu importait, de toute façon. J'étais vivant et j'étais coincé. Mais j'avais également un espoir, désormais. Tôt ou tard l'option voyage temporel serait réparé et je pourrais repartir. De plus, mon séjour dans la préhistoire n'aura pas été vain. J'aurais pu approcher des espèces uniques de dinosaures. J'avais par exemple croisé un Tyrannosaure du nom d'Aviatyrannis et plusieurs archéoptéryx qui m'avaient servis de repas à plusieurs reprises. Grâce au nombre d'espèces croisées, j'ai pu comprendre que j'étais coincé en 150 Ma avant mon époque. Pas vraiment l'endroit rêvé pour partir en vacances, selon moi. Le seul point où j'étais fier de moi, c'était qu'à force d'échapper aux dinosaures, de grimper aux arbres pour ramasser des baies et d'escalader la montagne, j'étais devenu très endurent, beaucoup plus agile et beaucoup plus instinctif. J'imaginais à peine les exploits que je serais capable de faire en rentrant chez moi. Car je refusais de penser que je ne puisse pas partir de cette époque révolue.

Pourtant, ces derniers mois m'avaient semblé relativement simples, comparé à la situation actuelle. Trois heures plus tôt, j'étais sorti de mon abri afin de remplir ma réserve de vivre. L'eau n'était pas un problème, car mon nouveau lieu de résidence était une cave relativement profonde et étroite, et suffisamment humide en profondeur pour former de petites flaques d'eau qui s'étaient révélées tout à fait potable. Le problème majeur avait donc longtemps été la nourriture. Avant, je jouais aux charognards, récoltant œufs, restes de viande... A présent, je pouvais chasser. J'avais réussi à me fabriquer des armes archaïques, certes, mais efficaces. Jusqu'à présent j'avais trois lance en bois très résistantes avec pour bout les pierres et os les plus aiguisées que j'avais trouvé au fil de mes explorations, un arc avec une vingtaine de flèches – ornées des plumes que j'avais prélevé sur mon premier Aviatyrannis – ainsi que plusieurs armes de poing dans le style couteaux et machettes. J'étais donc parti en reconnaissance afin de trouver une proie. Il était encore tôt, le soleil n'allait pas tarder à se lever. Je me sentais donc relativement en sécurité. Peu d'animaux – et les dinosaures n'en faisaient pas partie – changeaient leurs habitudes quotidiennes. J'avais déjà étudié les environs plusieurs centaines de fois, il n'y avait aucun prédateur nocturne dans les environs. Pourtant, aujourd'hui, un nouvel arrivant était venu s'ajouter au survival et venait de s'approprier ce territoire.

- Oh non ! Il manquait plus que ça…

D'après les indices que j'avais récoltés, il devait s'agir d'un carnivore, et probablement plus gros que les prédateurs que j'avais croisé pour depuis mon arrivée! Je n'avais vu aucune trace de cette espèce par ici, auparavant. Il devait probablement s'agir d'un vagabond. Autant éviter de trop m'en approcher tant que je ne saurais pas à quoi m'attendre. J'avais donc commencé à rebrousser chemin, quand un grondement sourd m'avait fait me retourner. Évidemment, il s'agissait de lui. A vue de nez, il faisait facilement dans les quatre mètres de long et pas loin des cents cinquante kilogrammes. Malgré la distance, je voyais que j'étais également dépassé en taille. Il possédait un long cou et une queue encore plus longue. J'étais resté immobile, lui de même. Nous nous étions observé mutuellement, tentant de savoir si le combat serait nécessaire. Finalement, ce fut moi qui avait réagit en premier. Lentement, j'avais pris mon arc, une flèche, et en reculant doucement, avait préparé un tir. Je ne savais pas s'il réagissait au mouvement, ou s'il me considérait d'avance comme de la nourriture. Aussi, je n'avais lâché la flèche que quand je l'avais vu me foncer dessus.

Une centaine de mètres nous séparais à ce moment là. A peine avais-je lâché la première flèche que j'avais recommencé, toujours en reculant. J'avais réussi à tirer quatre flèches en tout : deux s'étaient fiché dans le flanc du carnivore et une autre dans une dans sa queue. La dernière avait raté sa cible. J'avais ensuite eu tout juste le temps de me jeter sur le coté, pour éviter le monstre qui me fonçait dessus en ligne droite. Dans son élan, il m'avait dépassé de plusieurs mètres avant de pouvoir s'arrêter. Durant ce laps de temps, il s'était pris deux flèches de plus dans une cuisse. Il s'était retourné et avait commencé à me tourner autour en poussant des grognements assourdissant. Pourtant, il avait hésité à s'approcher. Il n'avait jamais croisé de proie comme moi auparavant et ses instincts ne savaient pas comment réagir. Les miens, en revanche, m'avaient poussé à me concentrer au delà de mes habitudes. Lors de ce combat, il n'était resté que lui. Le monde entier avait disparu, il ne restait alors que lui et moi. Au moindre de ses mouvements, je tirais une flèche pour interrompre son attaque. Toutefois, cette concentration excessive avait eu pour effet de me vider de mes forces rapidement. Je suais à grosses gouttes et mes jambes tremblaient.

Le combat avait déjà duré plusieurs longues minutes. Il avait fait un nouveau mouvement et j'avais voulu prendre une flèche pour empêcher sa prochaine action. Mais, horreur, j'avais épuisé mon stock de flèches, celles qui restaient, je les avais écrasé en me jetant au sol lors du premier assaut de mon opposant. Il ne me restait plus que des armes de corps-à-corps et mes trois lances. Pourtant, je ne me sentais pas du tout l'envie de l'approcher. Pour preuve, au cours de l'affrontement, j'étais parvenu à mettre une distance de presque dix mètres supplémentaires entre moi et le dinosaure. Voyant que je n'avais pas empêché son action, celui-ci se précipita sur moi. Je n'avais donc pas eu le choix : lâchant l'arc désormais inutile, je pris la première lance et attendis le dernier moment pour sauter sur le coté et la lui jeter. Elle s'était fiché profondément dans son flanc, du même coté que les flèches. Le dinosaure avait pivoté son cou et retirer l'arme avec ses dents, avant de la broyer dans sa mâchoire. Je ne m'étais pas senti rassuré en m'imaginant à la place du pauvre morceau de bois. Prenant une seconde lance, j'avais attendu le nouvel assaut en reculant aussi silencieusement que possible. Lorsqu'il était arrivé, j'avais eu moins de chance qu'auparavant. Ma lance avait raté sa cible car le monstre avait brusquement pilé et tourné sur lui-même. Sa queue m'avait percutée et projetée plusieurs mètres plus loin, me coupant le souffle. Il s'était ensuite jeté sur moi avant d'avoir eu le temps de me relever.

J'avais donc pris ma dernière lance et attendu le moment où sa mâchoire allait s'abattre sur moi pour la placer parfaitement verticalement, un bout collé contre le sol, tel un pilier. Le dinosaure s'était ainsi empalé de toute ses force contre ma lance qui s'était enfoncé dans son cou d'un coté, et dans le sol de l'autre. J'avais tenté de toutes mes forces de soulever la lance qui continuait de s'enfoncer, car ce monstre n'avait pas voulu s'arrêter dans son élan et tentait toujours de me dévorer. Ses pattes avant me lacérèrent mon bras droit à plusieurs endroits. J'avais poussé un hurlement de douleur. Finalement ses mâchoires s'étaient approchées à moins d'une dizaine de centimètres de moi quand, avec l'énergie du désespoir, j'avais pris un de mes couteaux de pierres d'une poche et l'avait enfoncé profondément dans son œil. Il avait hurlé à son tour et avait reculé violemment, brisant la lance toujours enfoncé dans son cou. Je m'étais relevé, haletant, en tentant de trouver une échappatoire.

A présent, l'adrénaline parcourait mon corps, sensation grisante dans d'autres circonstances. Le monstre continuait de s'agiter en hurlant. En titubant, je tentais de retourner chercher la dernière lance, celle qui l'avait loupé. Il s'agissait de ma dernière chance. Si je loupais mon coup, j'y resterais. J'observais rapidement ma blessure au bras : elle n'était pas belle à voir, mais cela ne saignait pas trop, et on ne voyait pas l'os. J'arrivais enfin à l'endroit où la lance était tombé, et je savais alors que c'était terminé. La lance s'était brisé contre un rocher. Je n'avais plus aucun moyen d'empêcher ce dinosaure d'approcher. Celui-ci hurlait toujours, mais avait décidé d'en finir. Il se précipita sur moi. Les secondes ralentirent, du moins il me semblait. Je voyais parfaitement la masse énorme en mouvement, ainsi que tous les détails du paysage. Ma concentration s'était brisée. Je voyais tout ce qui m'entourait, et je profitai une dernière fois de la beauté du monde. Le carnivore s'approchait toujours de moi, arriva à ma hauteur… et s'effondra ? Je le regardais, sans comprendre ce qu'il se passait. Il respirait difficilement. Je voyais un bout de la lance, toujours fiché dans son cou et compris enfin : il se noyait dans son sang. Son corps était parcouru de spasmes d'une violence rare. Le spectacle était si irréaliste que j'en ris aux éclats. J'avais abattu en combat singulier un dinosaure deux fois plus grand que moi et quatre fois plus gros ! Mais mon bonheur s'évanouit rapidement. La bête agonisait. Peu importe qu'elle avait voulu me dévorer, il fallait que j'abrège ses souffrances. Je pris mon dernier couteau, m'approcha doucement de mon ennemi et fracassa son crâne. Il me fallu plus de dix coups, mais finalement, dans un ultime spasme, le dinosaure s'immobilisa. Je m'effondrai ensuite contre lui, épuisé. Je déchirai la manche droite de ma veste et banda du mieux que je pu mon bras blessé. Je ne voulais plus qu'une chose, dormir. Pourtant, je n'étais pas à l'abri ici. Je pris donc mon trophée, une dent de mon adversaire et pris le chemin du retour. Je ne devrais pas avoir d'ennuis. Avec une telle masse de chair à manger, les autres prédateurs se jetteront dessus plutôt que de se contenter de moi.

Enfin arrivé dans mon abri, je m'installai rapidement. Je jetai la dent parmi la vingtaine d'autres, puis m'allongea sur ma couche et m'endormit. A mon réveil c'était la nuit, il s'était donc écoulé au minimum douze heures. Je pris différentes herbes que j'avais récolté durant mon séjour et les écrasai ensemble, produisant un emplâtre. Ensuite, je partis nettoyer mon bras blessé dans une des flaques d'eau de la grotte et revint pour appliquer mon mélange sur les blessures. Heureusement que j'avais pensé à lire le chapitre sur les blessures dans l'option Survie de mon manipulateur de vortex. Pendant que les plantes agissaient, j'entrepris de nettoyer le tissu déchiré qui me servait de bandage, avant de la laisser sécher. Au bout de deux heures, je retirai finalement l'emplâtre et remis le bandage. Le saignement s'était pratiquement arrêté, c'était bon signe. Mais les conditions sanitaires risquaient de déclencher une infection. Je n'y pouvais rien, alors j'évitais d'y penser. Je repensai alors à la dent que j'avais obtenue aujourd'hui. Contrairement aux autres, petites et fragiles, celle- était grande, résistante et tranchante. Je pourrais aller chercher les autres pour m'en faire des armes. Et j'espérais également qu'il resterait un peu de viande sur la carcasse, mais sans trop y croire. J'avais pensé à en prendre un bout, mais cela ne tiendra que deux jours, au maximum. Malheureusement, j'étais trop faible pour reprendre la chasse tout de suite. Alors je me contentai de retourner dormir.

Durant deux longues journées, je suis resté abrité, ne sortant que lorsqu'il n'y avait aucun danger pour récolter les plantes nécessaires à mon emplâtre. Puis, à mon réveil, le troisième jour, l'espoir tant attendu se manifesta. Au début, je ne compris pas tout de suite. Mon manipulateur de vortex s'était mis à biper sans aucune raison. Il me fallut quelques secondes pour interpréter ce que j'avais sous les yeux. Ce signal indiquait qu'une nouvelle application de l'appareil venait d'être réparée. Exaspéré, j'ai rapide jeté un rapide coup d'œil et me figeai en lisant le compte rendu :

Application Voyage temporel opérationnel : 100%
Capacité de déplacement dans le temps : 2000 ans dans le passé ; Indéterminé dans le futur
Possibilité d'activation Voyage temporel : Immédiat
Nombre d'utilisations disponible avant recharge : 1
Ressources utilisables disponibles pour rechargement : 0

Enfin ! Le manipulateur avait enfin réparé l'option Voyage temporel. Mes soucis allaient enfin se terminer. J'allais l'enclencher immédiatement, mais je me ravisais. Autant profiter de ces derniers moments pour aller récupérer quelques autres dents de mon dernier ennemi. J'emballai rapidement mes plantes médicinales et mes trophées dans une peau d'un dinosaure que j'avais dépecé un mois plus tôt. Je vérifiais que je ne laissai aucune trace permettant d'identifier la présence d'un humain à cette époque, puis partit vers le lieu de l'affrontement. Je récupérai au passage le bâton le plus solide que je pus trouver, histoire de ne pas être totalement démuni face à un éventuel danger. Mais il s'agissait seulement d'une mesure de prudence. Les prédateurs de la région étaient pour la plupart plus petits que moi et j'en avais déjà étranglé plusieurs à mains nues. Mais comme cette fois-ci je n'étais pas sûr de pouvoir compter sur mon bras droit, il valait mieux être prudent.

Arrivé à destination, je découvris sans étonnement un squelette parfaitement rongé, là ou s'était trouvé l'Elaphrosaurus – j'avais été cherché son nom dans l'encyclopédie du Temps pendant ma convalescence – bien qu'il restât, éparpillé sur le sol, de nombreux lambeaux de chair. Cela n'avait pas intéressé les plus gros prédateurs, mais les petits charognards, eux, étaient ravis. Ils étaient tellement absorbés par leur repas qu'ils ne faisaient pas attention à moi tant que ne m'approchais pas trop près de leur nourriture. Je remarquai également une ombre qui se déplaçait sur le sol. En levant les yeux je vis une sorte de grand oiseau. Non, pas un oiseau, un dinosaure ! En cherchant dans l'encyclopédie du Temps, j'appris qu'il s'agissait d'un ptérodactyle. Apparemment, il ne s'attaquait qu'au petites bêtes, j'étais donc trop gros pour l'intéresser. Je gardais toutefois une œil prudent sur son ombre.

Arrivé au squelette, je vis mon œuvre. Le crâne avait littéralement explosé. Maintenant débarrassé de sa chair et du sang, je pouvais voir que j'avais vraiment tapé comme si ma vie en dépendait, ce qui n'était plus le cas, à ce moment là. Je prélevais une première dent quand j'entendis un piaillement derrière moi. Le ptérodactyle venait de faire un plongeon et d'attraper un charognard, qu'il avala rapidement avant de reprendre sa ronde au dessus du squelette. J'eus le temps d'en prélever deux autres avant qu'il recommence. Finalement, j'en pris une dernière et m'éloignai du squelette quand il fit un autre plongeon. Sauf que cette fois-ci, il fonçait droit sur moi. Je compris rapidement pourquoi, il s'intéressait à mon sac fait en peau de dinosaure et qui pouvait ressembler de loin à un œuf. Je le frappai avec le bâton en esquivant son plongeon, mais me rendit compte qu'il allait revenir à la charge. Aussitôt, je décidai d'activer le Voyage temporel. Mais naïf que j'étais, je n'avais pas regardé quelles manipulations je devais effectuer. J'entrais rapidement les coordonnées indiquées pour la destination que je souhaitais. Le ptérodactyle fonça une fois de plus sur moi. J'enclenchai le manipulateur de vortex au moment où il allait me percuter et fut aspirer dans le familier vortex du temps…

Tout était exactement comme je m'en souvenais, les couleurs aux nuances inconnues, les sensations absentes. Un vague plaisir me submergea, j'allais enfin rentrer chez moi. Puis les couleurs du temps disparurent et mes sensations revinrent. Je fus éjecté, atterrissant lourdement plus loin. Je cherchais du regard la cause de ma mise au sol mais n'eus pas de mal à trouver. J'entendis un bruit sourd au dessus de moi. Le ptérodactyle m'avait suivi à travers le temps en me touchant au moment de mon transfert. Et il venait de percuter le plafond de l'endroit ou nous étions désormais. En y regardant de plus près, je me rendis compte que nous étions dans un hangar. J'eus un petit sourire, j'étais de retour à mon époque. Mais je n'eus pas le loisir de me réjouir bien longtemps. Le ptérodactyle, volant tant bien que mal, me fonçait dessus une nouvelle fois. Je m'enfuis au plus vite vers la sortie la plus proche. Manque de chance, la porte était fermée. Coup de chance, la porte céda facilement quand je l'enfonçai. Je refermai la porte sans encombre derrière moi et poussa un soupir de soulagement. Le ptérodactyle s'agitait à l'intérieur, mais il ne pouvait plus sortir. De plus, il ne se nourrissait que de petits animaux. Si un humain entrait à l'intérieur, il aurait la peur de sa vie, mais ne risquait pas grand-chose. Et un ptérodactyle, cela pouvait faire un bon dératiseur. Toutefois, par précaution et par flegme, je décidai de ne pas m'éloigner de l'entrepôt dans l'immédiat. Cela me permit de voir l'arrivée de deux hommes, dont l'un habillé d'un grand manteau style militaire comme on en voit parfois dans certains documentaires, quelques heures plus tard. Les revoyant sortir peu après, j'en déduisis que cela s'était bien passé et m'en allai. Un journal traînait sur un banc, un peu plus loin et je le pris. La date me laissa des sueurs froides. J'étais à Cardiff – c'était son quotidien – mais la date n'était pas la bonne. J'avais été aspiré dans la faille spatio-temporelle en 2010, mais, selon le journal, nous étions en 2005. Autrement dit, j'avais été aspiré dans cinq ans. Cela n'allait pas, si je laissais les cinq années s'écouler, comment pourrais-je expliquer mon soudain vieillissement ? Non, il fallait que je trouve une solution pour retourner encore cinq ans dans le futur...


Alors ? Vous en pensez quoi ?