Bonjour bonsoir tout le monde !

De retour du Canada où j'ai passé 6 mois fantastiques et intenses ! J'ai donc naturellement pris du retard sur ce second chapitre mais je suis regonflée à bloc !

Une bonne partie de ce chapitre était écrit avant mon départ mais je l'ai laissé en suspend et l'ai terminé dans l'avion qui m'a ramenée sur le vieux continent ce matin même ^^

C'est donc après avoir fait une bonne sieste de 10 heures (merci le décalage horaire!) et traqué une dernière fois les fautes (même si je sais qu'il en reste -_-') que je poste enfin ce chapitre (et je vais me coucher parce que le travail m'attends demain matin OwO)

Toutefois, je vous remercie de votre patience, aussi bien ceux ayant pris le temps de me laisser un message dans les reviews ou en mp, que les lecteurs de l'ombre qui, bien que discrets, démontrent de l'intérêt pour mon histoire (j'en reviens pas du nombre de personnes qui follow alors que si peu de chapitres sont sortis).

Merci aussi à ceux qui bien voulu participer à mon petit jeu.

Mais malheureusement, personne n'a trouvé la référence à Kaamelott qui était : « Je vais vous découper le gras du cul, ça vous fera ça de moins à trimballer ».

/!\ Message d'utilité publique : Si vous ne connaissez pas Kaamelott, foncez, c'est juste épique (ou plutôt anti-épique) à souhait /!\

Du coup, je pense que c'était un peu trop spécifique et je vais donc simplifier légèrement la chose. Je ne vais dorénavant me fixer que sur des références de films ou de séries assez connus.

Restez à l'affut ;)

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L'universel désir guette comme une proie
Le troupeau des vivants ; tous viennent tour à tour
À sa flamme brûler leurs ailes, comme, autour
D'une lampe, l'essaim des phalènes tournoie.

Heureux qui sans regret, sans espoir, sans amour,
Tranquille et connaissant le fond de toute joie,
Marche en paix dans la droite et véritable voie,
Dédaigneux de la vie et des plaisirs d'un jour !

Néant divin, je suis plein du dégoût des choses ;
Las de l'illusion et des métempsycoses,
J'implore ton sommeil sans rêve ; absorbe-moi,

Lieu des trois mondes, source et fin des existences,
Seul vrai, seul immobile au sein des apparences ;
Tout est dans toi, tout sort de toi, tout rentre en toi !

Nirvana, Louis Ménard, extrait des Rêveries d'un païen mystique

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Le Croc de Lune se glissa le long des quais de pierre.

Shibata et quelques autres jeunes matelots sautèrent aussitôt à terres, agiles comme des singes tandis qu'ils glissaient le longs du flanc bombé, pour attraper les aussières lancées par les hommes placés le long du bastingage et pour les tourner rapidement autour des bittes d'amarrage présentes à intervalle régulier.

De l'autre côté du pont, les ancres secondaires étaient lâchées, traînant leurs lourdes chaînes d'acier pour aller se ficher profondément dans le fond sableux. La maîtresse ancre, quand à elle, resta sagement crochée sur son bossoir.

Surveillant distraitement la manœuvre, Ichigo retenait à grand peine les émotions qui menaçaient de le submerger alors qu'il laissait son regard errer sur la douce colline s'élevant au dessus du port, parsemée de petites habitations rectangulaires dont l'enduit blanc accrochait la lumière de la fin d'après-midi.

Au dessus de sa tête, dans le gréement, les hommes ferlaient les voiles, accompagnés des oiseaux marins qui tournaient autour des mâts, leurs voix se mêlant à celles des hommes, aux grincements des cordages et aux claquements de toile.

Prêtant peu d'attention à ces mastodontes, de modestes bateaux de pêche se faufilaient entre les grands bâtiments à l'amarre dans les eaux plus profondes du port, pour venir se glisser directement le long de quais donnant sur les rues où de nombreux petits gallinacés aux plumage bleu-noir s'amassaient impatiemment en se disputant les restes de poissons.

Certains navires marchands étaient d'ailleurs si imposants qu'ils devaient s'ancrer plus loin dans la baie, le déchargement se faisant par le biais de barges propulsées à la force des rames et dirigées à l'aide de longues gaffes de bois.

Un peu en retrait, Ichigo avisa avec inquiétude deux navires de guerre, racés et puissants, aux couleurs de la marine royale. Il était trop loin pour définir à quel escadre ils appartenaient.

Il inspira profondément en jugulant son angoisse, laissant ses sens se gorger des lieux.

Les bruits, les odeurs, l'ambiance, tout cela faisait remonter les souvenirs, et voir de nouveau la ville qui l'avait vu naître et grandir faisait gonfler son cœur de joie, une joie qui semblait vouloir déborder et l'emporter, à l'image d'une houle puissante.

Le jeune homme se mit à sourire légèrement, offrant son visage au soleil.

Il capta le regard de Renji, qui lui rendit un sourire un peu incertain, crispé. Le grand pirate tatoué avait l'air tendu et parcourait tout ce qui l'entourait d'un regard nerveux. Il semblait presque aux abois, attitude contrastant avec son assurance habituelle.

Ce constat, comme pour contrebalancer son précédent état d'allégresse, provoqua en Ichigo une terrible sensation de tristesse qui fit peu à peu s'estomper son sourire et froncer davantage ses sourcils.

Certes, il était de retour chez lui, mais son présent statut de hors-la-loi lui interdisait de ne jamais plus en arpenter librement les rues. Son insouciance retombée, légèrement mélancolique, le jeune pirate se tourna de nouveau vers la ville et l'examina de nouveau.

La ville avait peu changée en quatre ans, et il laissa ses souvenirs l'emporter le long des rues tortueuses des vieux quartiers, des venelles étroites et des escaliers de guingois escaladant la colline pour déboucher enfin vers les belles et larges rues pavées des quartiers plus aisés au sommet de la ville, jusqu'au manoir du gouverneur, une imposante bâtisse de brique surplombant tout Karakura et la couvant de son ombre protectrice.

En regardant bien, il put toutefois remarquer que de nouvelles habitations festonnaient le haut de la ville, que certains chantiers navals avaient été rénovés et le port agrandi.

La ville se trouvait tout en marge du Royaume de Soul Society et avait toujours nourri une forte indépendance et une identité propre. Malheureusement, elle fut souvent laissée à elle même face aux velléités d'expansion des pays limitrophes, aux attaques de pirates et aux catastrophes naturelles, conséquence d'un fort éloignement des centres de pouvoir.

Tout ceci avait provoqué la montée d'un mécontentement qui avait fini par se muer en colère au fil des années.

Ainsi, quand moins d'un siècle auparavant, la Soul Society s'était retrouvée en guerre avec son voisin direct, les habitants avides de liberté avaient saisi leur chance.

La ville avait alors été le théâtre de violentes insurrections et ses habitants s'étaient soulevés quand l'armée en place avait tenté de remettre de l'ordre dans la situation. Une grande partie de la cité avait été endommagée lors des affrontements mais ses habitants avaient tenus bon, portant haut leur volonté de s'affranchir de tout souveraineté.

Le Roi, souhaitant éviter un bain de sang et ne pouvant mobiliser plus d'hommes pour tenter de sauvegarder une ville présentant peu d'intérêt dans la situation actuelle, avait capitulé.

Ainsi, Karakura avait obtenu gain de cause et était devenue une cité indépendante.

Par la suite, sa position stratégique avait longtemps attisé les convoitises, mais elle avait su se défendre malgré sa position de faiblesse, en combinant jeux d'alliances avec les pays voisins et intelligence dans la nouvelle conception de son port et son potentiel défensif.

Après plusieurs décennies, et après de nombreuses tentatives d'annexion, la cité était convenue à un accord avec la Soul Society qui, après avoir repoussé son agresseur, lorgnait de nouveau sur la cité. Karakura bénéficiait de la protection d'un royaume puissant militairement, en échange de quoi, les ressortissants de la Soul Society pouvaient commercer librement avec Karakura et avoir accès à ses canaux de navigation. La base de la marine royale avait également été maintenue en activité en restait sous l'autorité du Grand Amiral, Yamamoto Genryûsai, et formait de jeunes recrues aussi bien originaires de Karakura que de Soul Society.

La cité restait toutefois libre d'organiser son administration et son système judiciaire comme elle l'entendait et le Gouverneur n'avait aucun compte à rendre au Roi.

Aujourd'hui, et après plus de quarante ans de paix, Karakura avait tout d'une cité de commerce prospère.

Ichigo, en la contemplant, sentit une vague de fierté chauvine parcourir son être. Il aimait profondément cette ville.

Un cri l'avertit que la frégate était enfin à quai.

Sortant de sa rêverie, il dévala avec adresse l'échelle qui avait été installée.

Prenant contact avec la pierre du quai, Ichigo tangua un court instant, ré-apprivoisant la sensation d'un sol stable sous ses pieds.

Signe d'une organisation impeccable, un intendant naval l'attendait déjà, le regardant d'un air sévère par dessus son monocle, un registre à la main.

Nerveux, Ichigo l'observa scruter le Croc de lune, qui bien sûr avait changer de nom, puis l'équipage qui avait endossé des habits ''civils'' pour l'occasion et qui se massait le long du bastingage. Tous n'étaient pas présents et seuls les hommes les plus présentables étaient restés sur le pont, un équipage trop important sur un navire supposé marchand risquant d'éveiller les soupçons. Les autres ne sortiraient qu'à la nuit tombée, en compagnie des femmes de l'équipage dans un soucis de discrétion évident.

Quand enfin le regard de l'intendant se porta sur lui, il se retint de triturer ses mèches rebelles qu'il avait pris le soin de teindre en noir quelques heures auparavant. Il savait que cette coloration lui donnait un air plus dur et le vieillissait suffisamment pour donner le change, toutefois, il n'arrivait pas à être pleinement à l'aise.

Terminant son inspection, le préposé se racla la gorge avant de s'adresser à lui, le visage exempt de toute expression.

- Êtes vous le capitaine de ce bâtiment, monsieur ?

- C'est exact. Je m'appelle John Caffé, comme le café sauf que ça s'écrit pas pareil Ichigo bafouilla en donnant son nom d'emprunt. Il s'en serait donné des baffes s'il n'avait craint d'éveiller davantage les soupçons

Mais l'homme en face de lui semblait trop absorbé par son registre pour relever la nervosité du jeune homme.

Il finit par relever le nez et désigna du doigt le bois éraflé de la coque.

- De ce que je peux voir, monsieur, vous semblez avoir rencontré quelques déboires en route.

Ichigo fixa l'homme une fraction de seconde et, assuré qu'il ne se doutait pour l'instant de rien, il laissa ses traits se détendre légèrement.

- Des pirates. Mais ils se sont frottés à plus forts qu'eux.

- Vous semblez bien armés en effet, et vos hommes ont l'air forts, grâce à Dieu. Puis-je vous proposer, monsieur, de continuer notre conversation à l'office, vous y seriez plus à l'aise.

Bien qu'agacé par la diction soignée et passablement surannée de son interlocuteur, le jeune homme lui sourit légèrement.

- Avec plaisir, terminons ça rapidement.

Ichigo se tourna vers Renji qui venait d'atterrir à ses côtés, et alors que l'autre s'éloignait, il murmura :

- On se retrouve à ''La princesse écarlate'' dans deux heures, si je suis en retard, surtout te laisse pas embringuer par le vieux fou qui lui sert de patron. Pour le reste, tu sais quoi faire.

Renji lui adressa un léger signe de tête, preuve qu'il prenait la suite en main.

Avec un petit soupir, Ichigo se retourna et rattrapa l'intendant à grandes foulées.

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Alors qu'Ichigo disparaissait derrière une pile de caisses et de ballots, Renji et Ishida organisèrent le débarquement.

Après avoir réparti les tours de garde, distribué la solde et vérifié que tous les marins soit vêtus correctement, ils donnèrent les derniers rappels quand au comportement à adopter dans la ville.

Une fois libérés, les hommes se dispersèrent rapidement dans les rues du quartier réservé aux marins, à la recherche d'alcool, de femmes et autres menus plaisirs.

Le soleil allait basculer sous l'horizon quand Karin posa le pied à terre.

Dans un soucis de discrétion, les femmes ainsi que la moitié de l'équipage devaient en général attendre la tombée du jour pour se rendre en ville.

Karin, que sa petite taille et sa carrure fine pouvait aisément faire passer pour un jeune matelot ou un mousse, avait pris le temps de se grimer avant de descendre dans les rues.

Espérant ne pas attirer les regards, elle avait masqué ses formes discrètes à l'aide d'une large chemise tenue par une lourde ceinture reposant sur ses hanches et un ample pantalon de toile. Un bonnet de marin sous lequel était rassemblés ses cheveux et un long manteau venaient compléter sa tenue.

La jeune femme traversa rapidement les alentours plutôt mal-famés, souriant inconsciemment en passant devant les successions d'échoppes colorées, de tavernes bruyantes et d'entrepôts fourmillants d'activité, et remonta les ruelles tortueuses menant vers les quartiers plus résidentiels.

Elle franchit l'imposante arche de pierre surmontée d'une lourde cloche de métal qui perçait le mur séparant le port de la ville à proprement parler.

Karin se fondit dans la foule, évitant habilement les passants peu délicats malgré sa jambe encore douloureuse, portée par la joie qu'elle sentait gonfler en elle.

Enfin ! Enfin, elle allait revoir Yuzu. Sa sœur, sa jumelle, la seconde partie de son âme.

Lors de leur brutale séparation, quatre années plus tôt, Karin n'avait pas pu lui parler pour expliquer son choix, ainsi que celui de son frère, et ce départ avait gardé un goût amer pour la jeune femme. Au fil des semaines, puis des années, elle avait sentit grandir la culpabilité d'avoir provoqué tant de souffrances au peu de famille qui lui restait.

Pourtant, jamais elle n'avait songé à renoncer et quitter son frère. Elle savait pourtant que si elle en faisait la demande, ce dernier n'aurait pas hésité à la laisser partir, peu enclin à la laisser risquer sa vie sur les mers avec lui et désireux qu'elle vive une vie normale.

Mais la jeune femme avait choisi sa voie et ne regrettait pas sa décision.

Soufflant, grimaçant quand sa jambe lui tira, elle arriva au sommet d'un long escalier de pierre qui débouchait sur une route pavée surplombant le port et une partie de la ville.

Le soleil déclinant offrait un spectacle éblouissant aux yeux de la jeune femme. Ses derniers rayons se réfractaient sur l'immensité de l'océan, brouillant l'horizon et habillant les murs d'une lumière flamboyante et irréelle.

Perdue dans sa contemplation, elle laissa ses pieds la porter tout en resserrant les pans de son manteau pour combattre la fraîcheur du soir.

Elle ne remarqua pas la personne qui marchait devant elle s'arrêter brusquement et c'est avec un petit cri de surprise et de douleur mêlées qu'elle la percuta.

Déstabilisée, la jeune femme tenta de se rétablir mais malheureusement, sa jambe blessée tressauta avant de céder sous elle, la précipitant au sol.

Alors qu'elle fermait les yeux, anticipant sa rencontre avec la pierre, elle sentit une poigne ferme la saisir par le bras et la redresser d'une vigoureuse traction.

De retour sur ses pieds, encore un peu sonnée, elle entendit vaguement la voix de l'inconnu, indubitablement masculine, s'adresser à elle.

- Ça va gamin ? Regarde où tu vas la prochaine fois.

La jeune femme se secoua et essaya de distinguer les traits de l'homme vêtu d'un ample manteau de toile. Les ombres qui gagnaient la rue ainsi qu'un capuchon tombant rendait difficile l'observation.

L'inconnu repoussa légèrement le tissu, sans toutefois le retirer complètement, révélant ainsi un visage sérieux teinté d'une pointe d'agacement.

Visage que Karin détailla en fronçant les sourcils, inquiète à l'idée que son travestissement soit découvert. Il était extrêmement mal vu qu'une femme endossât des habits d'homme.

L'homme en face d'elle semblait à peine plus âgé qu'elle et avait les traits doux, fins, mais indéniablement virils, une mâchoire affirmée et volontaire, un nez droit, un front large, tout cela réuni en un ensemble harmonieux.

Ne décelant aucun soupçon sur ses traits, elle le fixa dans les yeux. Elle déglutit devant leur intensité et la couleur presque irréelle des prunelles turquoises, dans lesquelles l'irritation était clairement lisible.

- Hého ! Tu réponds ? J'ai pas que ça à faire.

La voix, grave, posée, sortit Karin de sa contemplation, la faisant sursauter.

Inconsciemment, elle enclencha le mécanisme de défense made in Kurosaki. A savoir, l'attaque.

Et sentit clairement la surprise de l'autre quand elle se dégagea vivement de sa poigne et cracha avec hargne :

- Lâchez moi! Qu'est c'qui vous prend d'vous arrêter comme ça au milieu de la rue !? Et c'est moi qui doit regarder ou je vais ! Elle est pas mal celle là !

L'homme en face d'elle eu un léger mouvement de recul et Karin ne put déchiffrer son expression, elle sembla pourtant détecter dans son regard clair tout autant de curiosité que d'irritation.

Son éclat n'eus toutefois pas grand effet sur l'homme et son flegme désarçonna quelque peu la jeune femme.

- En plus, c'est très malpoli de garder sa capuche quand on parle à quelqu'un.

La jeune femme avait prononcé ces derniers mots en marmonnant, boudeuse, gênée devant le silence de l'autre.

Après avoir laisser passer un instant de silence des plus inconfortable, il parla, soutenant le regard noir et plein de défi de Karin.

- Je ne crois pas que vous ayez la moindre leçon à me donner en terme de politesse, milady.

La jeune femme se figea en sentant ses entrailles se nouer, abandonnant son attitude bravache pour jeter de petits regards nerveux autour d'elle. Heureusement, le dernier mot avait été prononcé à voix plus basse, restant hors de portée d'oreille des passants.

Confuse, elle releva la tête en direction de l'homme qui s'éloignait sans plus faire cas de sa présence.

- Attendez !

L'homme se figea, sans se retourner pour autant, tandis que la jeune femme remontait à son niveau en cherchant ses mots.

- Vous n'allez rien dire, hein ?

L'homme se tourna à demi.

- Qu'est ce que j'aurai à dire selon vous ?

Karin fronça les sourcils. La colère commençait à la gagner et elle ouvrit la bouche pour répliquer mais l'homme la coupa.

- Je ne retirerai aucun intérêt à vous dénoncer, je n'en ferai donc rien soyez rassurée.

La colère de la jeune femme tomba aussi vite qu'elle était montée. Elle détourna le regard et se tordit les mains sous le regard maintenant légèrement amusé de son vis à vis.

- Désolée, je m'emporte facilement et je suis... Enfin, vous avez compris l'idée elle inspira profondément en chassant le début d'embarras que cette situation commençait à installer Reprenons du début ! elle lui tendit la main Je m'appelle Karin, merci de m'avoir retenue.

L'homme fixa la main tendue une fraction de seconde avant de la serrer d'un poigne ferme que Karin apprécia.

- Toshiro Hitsugaya, et de rien Le jeune homme jeta un regard dans la rue, puis le fixa sur la pirate Vous venez du port n'est ce pas ?

La pirate esquissa un petit sourire, soulagée.

- Oui, nous avons débarqués cette après-midi et je m'apprêtais à rendre visite à ma sœur.

Elle le vit hocher la tête.

- Je viens de débarquer moi-aussi. Mais je ne connais pas la ville et il faut que je me rendes au bureau diplomatique de Soul Society.

Karin masqua sa surprise en le dévisageant brièvement mais il semblait parfaitement sérieux. Elle haussa les épaules en prenant un air dégagé.

- Si vous voulez je peux vous y conduire, cela ne me fera pas faire un gros détour.

Le jeune homme sembla considérer la proposition avant d'accepter et de lui emboîter le pas.

Ils marchèrent côte à côte un moment dans un silence complet. Hitsugaya regardait autour de lui afin de mémoriser le chemin et allongea la foulée sans s'en rendre compte. A ses côtés, Karin luttait pour rester à son niveau.

En temps normal, elle n'aurait eu aucun mal à suivre le rythme et c'est en serrant les dents qu'elle masqua sa claudication, sa fièreté lui interdisant de se plaindre.

Toutefois, sa raideur n'échappa pas à son compagnon, et ce malgré l'obscurité du soir naissant.

Il ralentit doucement avant de briser le silence.

- Que vous est il arrivé ?

Karin se mordit la lèvre et croisa les bras sur sa poitrine, hésitant à donner trop d'informations à un parfait inconnu. Elle observa ledit inconnu à la dérobée mais ne vit aucune expression particulière sur son visage calme. Fixant son regard vers l'avant, elle haussa les épaules.

« Qu'est ce que je risque. De toute façon, je vais pas lui annoncer que je suis hors la loi. »

- On a subi un abordage il y a quelques jours et j'ai pris un coup de sabre.

Hitsugaya se retourna pour la regarder, un peu surpris, avant de recomposer son masque d'impassibilité.

- C'est rare de tomber sur des pirates si près d'ici, quel itinéraire avez vous suivi ?

La question, posée en toute innocence, éveilla la méfiance de la jeune femme. C'est en choisissant soigneusement ses mots qu'elle répondit.

- Le capitaine nous a fait longer la côte. C'était plus risqué mais nous avons été déportés par une tempête et il aurait fallu plusieurs jours de plus pour rejoindre notre itinéraire initial.

- Intéressant.

Ce sobre commentaire était loin de rassurer la jeune femme.

« Je d'viens parano »

- Il faut prendre à droite.

- Mhhh

Nouveau silence

- Donc vous savez vous battre ?

La question posée à brûle-pourpoint la fit sursauter.

- Euh, oui.

Elle avait répondu avec circonspection et se rendit compte de le jeune homme l'observait du coin de l'œil. Visiblement, elle avait piqué sa curiosité.

- Et quel grade occupez vous ?

- Simple matelot ! Vous avez encore beaucoup d'questions ? Est ce que j'vous en pose moi !?

Un petit sourire se dessina sur le visage si sérieux.

- Vous venez d'en poser deux il essuya sans broncher le regard noir de la jeune femme et je suis curieux, je ne rencontre pas souvent des femmes matelot. Ça ne doit pas être facile tout les jours.

Karin haussa de nouveau les épaules

- La vie à bord n'est facile pour personne. Et j'sais me défendre.

- Je n'en doute pas.

Le silence s'installa et perdura jusqu'à ce qu'ils débouchent sur une large rue pavée, à présent illuminée par les lampadaires à huile, que des hommes muni de longues torches et d'échelles étaient chargé d'allumer. Seules les rues les plus larges et fréquentées étaient équipées de ce système d'éclairage.

Ils se rabattirent sur le côté de la chaussée pour laisser la place aux fiacres et aux voitures à bras qui circulaient densément en ce début de soirée.

- Le bureau est de l'autre côté de la rue, il va falloir traverser.

Ils s'élancèrent, esquivant voitures, flaques et crottins. La jambe fatiguée de Karin se rappela à son bon souvenir et c'est en trébuchant qu'elle monta sur le trottoir.

Elle fut secourue par une main obligeamment tendue, à laquelle elle s'accrocha avec reconnaissance.

Hitsugaya s'arrêta, lui permettant de s'appuyer à son bras et de récupérer. La douleur finit par s'estomper et Karin s'éloigna du jeune homme, les pommettes un peu roses, en murmurant un petit « Merci ».

Ils arrivèrent devant un bâtiment de trois étages, fait de brique blanche et dont le porche bien éclairé arborait l'emblème de Soul Society. Les fenêtres de rez-de-chaussée étaient encore brillamment éclairées et il semblait fourmiller d'activité malgré l'heure un peu tardive.

Ils s'immobilisèrent face à la porte de bois sombre, fixant le heurtoir de fer noir. Un froissement sur le côté attira son attention.

Hitsugaya avait enfin retiré son capuchon, dégageant complètement sa tête.

La jeune femme resta bouche bée devant les mèches blanches comme la neige qui pointaient dans tout les sens et lui donnait un air à la fois plus sauvage et sérieux à la fois.

Le jeune homme se tourna vers elle et vit son étonnement.

- C'est naturel ?

- Oui.

- Intéressant.

Un micro-sourire courba les lèvres d'Hitsugaya, qui s'approcha de la porte.

- D'habitude, on me dit plutôt « étrange ».

Il abattit le heurtoir et attendit, flegmatique. Toutefois, son regard ne quittait pas celui de Karin.

Des pas retentirent derrière la porte, redirigeant leur attention vers le panneau qui pivota sur une grande femme à la flamboyante chevelure rousse et dont l'imposante poitrine pourrait réduire Orihime au statut de planche à pain.

La rousse, en voyant Hitsugaya, se mit à crier un « Toshiro ! » strident, en enlaçant le jeune homme, manquant de l'étouffer dans son giron.

Il réussit à s'extirper assez rapidement de l'étreinte mortelle en grommelant, ébouriffé et visiblement très irrité de la familiarité dont faisait preuve la belle rousse.

- C'est capitaine Hitsugaya pour toi. Matsumoto, tu as bu ?

Le ton était froid et autoritaire.

« Capitaine ? » Karin fixa le jeune homme toujours aux prises avec ce qui semblait être sa subordonnée, à laquelle il ordonna de se remettre au travail.

Boudant, la dénommée Matsumoto disparut dans le couloir après avoir lancé un clin d'œil à Karin, laissant Hitsugaya seul avec la pirate.

Ce dernier avait radicalement changé d'attitude dès l'ouverture de la porte.

Se tenant bien droit dans la lumière du porche, le regard sombre et le visage sérieux surmonté de cette masse de cheveux blancs, il irradiait de lui tant d'autorité, de maturité et de confiance en lui qu'il en était presque méconnaissable.

Cette prestance nouvelle fit frissonner Karin et quand les prunelles turquoises se fichèrent de nouveau dans les siennes, elle ne parvint pas à s'en détourner.

Hitsugaya se rapprocha d'elle jusqu'à se trouver à une longueur de bras. Il lui tendit la main.

- Je vous remercie de m'avoir guidé, je vous suis redevable. J'espère que vous n'aurez pas de problèmes pour rentrer.

Karin serra machinalement la main du jeune homme, le contact de la paume calleuse et des doigts fins mais forts autour des siens la fit frissonner.

- Je vous en pris et ne vous en faites pas, je connais cette ville par cœur.

Hitsugaya rompit doucement le contact et repartit vers la porte.

Il se retourna une dernière fois et dit avec une indifférence feinte :

- Au revoir Karin, faites attention à vous.

Karin ne réagit pas tout de suite mais alors que le jeune homme allait se détourner, elle répondit enfin.

- Promis, au revoir Toshiro.

Et sans attendre de réponse, elle volta et s'éloigna le long de la rue, prenant la direction de la clinique ou travaillait sa sœur et son père.

Un regard turquoise la suivit jusqu'à ce qu'elle se fonde dans les ténèbres.

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Quand à Ichigo, la nuit était déjà bien installée quand il déboucha dans la rue ou se trouvait la ''Princesse écarlate''.

L'établissement se trouvait en plein cœur du vieux quartier du port, un lieu mouvementé et passablement mal famé.

De là où il se trouvait, il pouvait entendre le tumulte de voix et de rires qui s'en échappait et, à mesure qu'il s'approchait, la mélodie entraînante d'un violon accompagnée des couplets décousus d'une vieille chanson de marins :

« Nous étions quinze sur le coffre à l'homme mort –

Yo-ho-ho ! Et une bouteille de rhum !

La boisson et le diable ont emporté les autres,

Yo-ho-ho ! Et une bouteille de rhum ! »

Il finit par s'arrêter devant un bâtiment à un étage arborant sur sa porte peinte en rouge un grand éventail blanc et vert, lui aussi peint.

Secouant la tête devant l'excentricité du patron, il poussa le battant et pénétra dans la vaste salle principale qui ne semblait pas avoir changée en quatre ans.

L'endroit était bas de plafond, un peu sombre, de grosses poutres soutenaient d'imposants chandeliers desquels gouttait de la cire fondue qui venait s'écraser sur le sol en terre battue recouvert de paille. Paille qui semblait avoir déjà épongé plus d'alcool qu'il ne lui était possible.

De lourdes tables rondes occupaient le centre de la pièce tandis que d'autres, plus petites, étaient repoussées contre les murs dans un gain de place nécessaire car l'établissement était bondé.

Le bar se trouvait au fond de la pièce et séparait la boisson des soûlards pour la plupart déjà en bien triste état. Tout à coté se trouvait une large cheminée où une mixture, probablement un ragoût de poisson, était en train de mijoter dans une large marmite de fonte.

Il régnait dans la pièce une chaleur presque étouffante et quand il s'avança, un cocktail peu ragoutant de relents de sel, de sueur et de musc, mêlées aux effluves d'alcool et de poisson frappa ses narines.

Pourtant habitué à ce genre de lieux, le jeune homme fronça légèrement le nez alors qu'il avisait Renji à une table proche proche du bar et qui avait levé la main en le voyant entrer.

Le pirate traversa la pièce encombrée, esquivant les ivrognes tenant à peine debout, en bousculant certains sans tenir compte de leurs remontrances aussi bancales que leurs démarches. Il finit par se laisser tomber lourdement sur une chaise libérée par son ami et attrapa avec reconnaissance la chope tendue par Chad. Orihime et Kukaku se trouvaient en face de lui et le petit Shibata somnolait contre le bras de Chad, nullement dérangé par l'agitation qui régnait autour de lui.

Il ne vit pas Ishida mais ne s'inquiéta pas, ce dernier avait pour habitude de rester à bord la première nuit passée à l'ancre afin de profiter de précieux moments de solitude qu'il appréciait et que la vie en mer lui interdisait.

Ichigo pris une longue gorgée du liquide tiède et amer en grimaçant, notant les mines tendues de ses amis. N'y tenant plus, Renji finit par demander :

- Alors ? Pourquoi y t'ont gardés aussi longtemps ?

Ichigo pris le temps d'avaler une autre gorgée, s'assurant que le brouhaha ambiant masquerait leur discussion avant de répondre.

- C'est la procédure dans les ports marchands comme Karakura. Nous ne faisons partit d'aucune compagnie marchande et nous ne sommes pas non plus inscrits comme évoluant sur un itinéraire régulier, donc notre arrivée n'était pas prévue dans leurs registres.

- Ahhh, et donc ?

- J'oublie des fois que t'y connaît rien à la marine marchande.

- J't'emmerde ! J'suis un soldat moi, pas un putain d'épicier.

- Heureusement que c'est pas toi le capitaine alors Ichigo ricana, c'était trop facile de faire sortir le grand pirate de ses gonds. Il repris plus sérieusement J'ai du répondre à tout un tas de questions d'usage. C'était long et chiant mais le Croc de lune est maintenant enregistré sous le nom d'Hispaniola, son équipage et sa cargaison déclarés tout à fait officiellement et n'ont pas éveillés les soupçons. Nous porterons nos noms d'emprunts habituels.

Il vit Renji se détendre sensiblement et finir sa propre boisson d'un trait. Puis, il posa la question qui fâche.

- A qui on va revendre nos prises ? Not' cargaison est pas vraiment discrète.

- C'est pour ça que nous sommes là, le patron est un vieil ami de la famille et il est encore plus louche que nous.

Ichigo tourna la tête en direction du bar, repoussant sa boisson encore à moitié pleine.

Une jeune femme à l'air timide et réservé, dont les traits lui étaient vaguement familiers, servait au bar. Derrière elle, un jeune homme aux cheveux roux flamboyants frottait les verres en grommelant, le regard mauvais braqué en direction d'un colosse aux cheveux noirs nattés arborant une imposante moustache. Ce dernier était penché au dessus du feu et remuait le ragoût.

Ichigo reconnut Tessai, qui travaillait dans cet établissement depuis de nombreuses années, mais avant que les noms des deux jeunes gens ne lui reviennent, un mouvement attira son attention vers le coin du bar. Une porte s'ouvrit, laissant apparaître l'excentrique maître des lieux.

La quarantaine, grand, il marchait d'un manière nonchalante en tenant une canne de bois du bout des doigts. Ses cheveux blonds cendrés dépassaient d'un étrange chapeau rayé blanc et vert et il avait vêtu un ample manteau noir par dessus une chemise et un pantalon vert foncé.

Il arborait un petit air conspirateur, un sourire qui laissait entendre qu'il en savait bien plus qu'il ne le devrait était plaqué sur ses lèvres

Bien que le rebord de son chapeau cachât son regard, Ichigo savait qu'il les avaient vus.

Il prit néanmoins tout son temps, s'arrêtant au bar pour glisser quelques mots à Tessai, sortant un éventail blanc de sa manche, jouant avec un instant avant de se décider et de se diriger vers leur table.

- Mah ! Mais qui voilà ? Je suis heureux de voir que vous vous portez bien les enfants.

D'un coup de canne dédaigneux, il fit rouler un poivrot d'une chaise voisine et s'en empara, ignorant royalement ses protestations, avant de venir s'installer entre Ichigo et Renji.

- Urahara Ichigo avait prononcé son nom avec un mélange joie et de consternation Vous n'avez pas changé.

Frottant son menton mal rasé du bout de son éventail, l'homme le dévisagea en souriant.

- Ha ha, pas autant que vous, mes petits, c'est sûr. J'adore ta nouvelle coiffure Ichigo. Mais vu les circonstances, je suppose que c'est de rigueur.

Le jeune homme se renfrogna un peu à cette déclaration lâchée avec tant d'insouciance.

- N'ai pas l'air si sérieux, Ichigo. Tu es toujours trop sérieux Urahara se tourna vers Renji, qui eu un léger mouvement de recul Je connaît toutes ces jeunes personnes mais nous n'avons pas été présentés Il tendit la main au pirate qui la serra, ce dernier méfiant quand à la lueur inquisitrice qu'il voyait s'allumer dans le regard gris Kisuke Urahara, gérant de ce modeste établissement.

- Renji Abarai, premier lieutenant d'Ichigo.

- Abarai, hein ? Enchanté.

Renji lâcha sa main, sans manquer de noter les cals qu'il sentait sous ses doigts et qui ne firent que renforcer sa suspicion. Il n'était pas stupide, selon toute apparence, et il sentait que l'homme en face de lui était loin d'être un simple aubergiste doublé d'un contrebandier patenté.

Ce dernier lui coula un regard plein de malice, comme averti des doutes qui l'agitaient.

Puis il se redressa en repoussant sa chaise, l'éventail déployé et un grand sourire plaqué sur les lèvres

- Bien ! Assez papoté, je me doute que vous n'êtes pas venus ici dans le seul but de boire la pire bière de Karakura.

Ichigo allait ouvrir la bouche pour lui répondre mais Urahara ne lui laissa pas le temps de parler.

- Quand vous aurez fini votre tournée, rejoignez moi derrière. Tessai vous laissera passer et j'aurai l'occasion de vous servir autre chose que cette pisse d'âne quand vous me raconterez votre petite escapade.

Et il quitta la table aussi abruptement qu'il s'y était invité.

Avec un regard qui disait « Je t'avais bien dit qu'il était cinglé » envers Renji, Ichigo termina rapidement sa boisson non sans grimacer.

Il n'avais jamais goûté à la pisse d'âne, mais si il devait en imaginer le goût, ça se rapprocherait effectivement de ce qu'il était en train de boire.

Cela dit, ce n'était pas pire que certaines gnôles qu'il avait eu l'occasion de goûter dans d'obscures ports pirates.

Faisant claquer le verre contre le bois usé de la table, il se leva et tous lui emboîtèrent le pas vers le fond de la salle.

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A suivre


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Voilà ! J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à laisser une petite review ou un mp si vous pensez avoir trouvé la petite référence ;)

Je vous retrouve pour le prochain chapitre qui sortira... quand il sortira car si tout se passe bien, je retourne à Québec pour 3 mois (mais j'essayerai d'être plus productive, promis!)

Gros kiss à tous(tes) !