Résumé : Ce chapitre se déroule sur quatre jours. Plus d'informations sur Cassandre sont données, comme par exemple qui sont ses parents. Vous allez aussi découvrir à quoi elle ressemble. Le chapitre tourne principalement autour d'une information qui est révélée au début du chapitre, sur le métier de Cassandre, Auror, et sur sa relation avec Sirius.

Sirius et moi avions vécu plusieurs mois dans une caverne avant d'emménager dans une petite maison, à la campagne, loin de tout. J'avais quelque chose à lui annoncer et j'avais peur de sa réaction. Très peur.

- Sirius ?

- Oui ?

- Il faut que je te dise quelque chose...

- Je t'écoute.

- Voilà... Je suis enceinte.

Je vis son visage se décomposer. Il devint pâle et évita un instant mon regard.

- Cassandre, je suis un fugitif...

- Je sais. Mais ça ne t'empêche pas d'avoir une famille... Tu sais que j'ai toujours voulu avoir des enfants...

- Je sais mais...je ne veux pas mettre l'enfant en danger. Je t'ai déjà mis dans une position délicate et tu as failli perdre ton travail.

- Tu savais très bien que Kingsley et Alastor ne laisseraient pas le Ministère me virer.

- On ne sait jamais. J'ai besoin de réfléchir.

- D'accord.

Le lendemain matin, il était parti, ne laissant qu'un mot derrière lui.

« Cassandre,

Ne le prend pas mal mais j'ai besoin de m'éloigner pour réfléchir. Je ne veux pas te blesser et je ne veux pas t'obliger à fuir en permanence. Je veux que notre enfant puisse aller à l'école mais avec un père comme moi, j'ai peur qu'il ne puisse pas vivre comme les autres enfants.

Je t'aime,

Sirius. »

J'étais triste mais les larmes stockées dans mes yeux refusaient de couler. C'est sans parvenir à évacuer ma tristesse que je partais au Ministère. Une fois arrivée là-bas, je croisais Tonks. Celle-ci m'arrêta et m'entraîna dans un couloir vide.

- Cassandre, quelque chose ne va pas ?

- Bonjour, Tonks.

- Cassandre, je vois bien que tu n'es pas dans ton état normal.

- Je suis enceinte, c'est peut-être pour ça.

- Quoi !?

- Tu m'as bien entendu, je suis enceinte.

- Et Sirius est le père je suppose...

- Oui.

- Et qu'est-ce qu'il en dit ?

- Il réfléchit. Bon, et si on allait travailler un peu ?

Sans lui laisser le temps de répondre, je lui tournais le dos pour aller dans mon bureau. Sur mon chemin, je croisais Arthur Weasley.

- Cassandre !

- Bonjour Arthur.

- Tu n'as pas l'air dans ton assiette...

- Ça se voit tant que ça ?

- Dis moi ce qui se passe.

- Je suis enceinte...

- De Sirius... Et si tu es dans cet état c'est que soit il ne veut pas de cet enfant, soit...soit je ne sais pas.

- Il ne veut pas que nous soyons obligés de fuir en permanence. Il veut que notre enfant ait une vie normale.

- C'est très noble de sa part.

- Il a dit qu'il allait réfléchir...

- Tu devrais venir manger à la maison ce soir, Charlie est revenu pour le Tournoi.

- D'accord. Ça me fera du bien de vous revoir.

- Tu veux qu'on se retrouve devant mon bureau ce soir ?

- Je veux bien, merci...

Après lui avoir donné mon adresse, je me glissais dans mon bureau pour être enfin tranquille. Mais ce moment de tranquillité fut de courte durée car Kingsley entra dans mon bureau.

- Comme Alastor n'est pas là, tu viens avec moi en mission. Tu as vu la Coupe du Monde de Quidditch ?

- J'ai vaguement entendu parler de ce qu'il s'y était passé.

- Vaguement ?

- Écoute, j'ai eu une semaine assez mouvementée...

- Cassandre, tu as failli être renvoyée...

- Je suis enceinte, Kingsley.

- Je... Qu-Quoi !?

- J'attends un enfant.

- De... ?

- Oui, de Sirius.

- Bon... Euh... On doit aller rejoindre les deux autres équipes présentes sur le lieux pour les aider à recueillir les témoignages des personnes présentes.

- Tu n'es pas censé protéger le Premier Ministre Moldu ?

- Il n'a pas besoin de moi pour le moment. Il a assez de gardes du corps, il peut se passer de moi. Bon, allons-y.

Je passais la journée avec Kingsley pour essayer d'obtenir des informations sur ce qu'il s'était passé lors de la Coupe du Monde de Quidditch. Ce moment passé avec lui me permit d'apprendre qu'il pensait depuis longtemps que Sirius était innocent et qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour empêcher le Ministère de la Magie le retrouver. A la fin de la journée, alors que nous étions rentrés au Ministère, il me convoqua dans son bureau.

- Cassandre, combien de personnes savent que tu es enceinte ?

- Euh... Tonks, Arthur, toi et ce soir, Molly et Charlie seront eux-aussi au courant.

- Ne le dis qu'à ces personnes là. Si cette information tombe entre les mains du Ministre, il pourrait s'en prendre à toi parce qu'il sait qu'il y a quelque chose entre Sirius et toi. J'ai réussi à faire en sorte à ce que tu sois épargnée jusqu'à maintenant et j'aimerais qu'il en reste ainsi.

- D'accord, je ferais très attention.

- Je ne dis pas ça pour t'embêter tu sais... Je fais ça pour ton bien.

- Je sais... Et je t'en suis très reconnaissante. A demain.

- A demain.

Je quittais son bureau et, après avoir vu qu'il me restait 2 heures à attendre avant mon rendez – vous avec Arthur, je décidais donc de rentrer pour me changer. Un hibou m'attendait devant ma porte, un rouleau de parchemin dans le bec. Je le faisais entrer et lui donnais une friandise avant de lire le message. Il s'agissait d'une convocation pour un interrogatoire au sujet de Sirius. Celui – ci avait lieu dans deux jours, au Département des Mystères et je serais interrogée par le Ministre, Cornelius Fudge, en personne. Je posais la convocation sur la table de la salle à manger avec le courrier. Je laissais le hibou partir puis allais prendre une douche bien chaude. Alors que l'eau brûlante se déversait sur mon corps froid, je pensais à Sirius qui était sûrement caché dans une grotte, hésitant à revenir. Je savais que j'avais fais le bon choix en lui annonçant ma grossesse mais, j'avais peur de le perdre définitivement car soit cet enfant renforcerait notre couple, soit il nous séparerait pour toujours. Je sortais de la douche au bout d'une demie heure et enfilais rapidement une robe bleue foncée, évasée à partir de la taille et des escarpins noirs. Je passais rapidement mes doigts dans mes cheveux roux, si caractéristiques chez les Weasley. Bien qu'ils soient très courts, leur couleur ne laissait aucun doute sur mes origines.

Ma mère était une cousine éloignée d'Arthur Weasley et elle s'appelait Lysandra Weasley, ou tout simplement Liz. Elle avait 13 ans de plus que lui mais ils avaient toujours été très proches. Elle est morte en même temps que mon père, Alexander Smith, quand j'avais 15 ans. C'est Arthur et Molly qui se sont occupés de moi alors qu'ils venaient de se marier. Je fus, un peu, comme leur premier fille. Ils s'étaient occupés de moi comme si j'étais leur propre fille. Aujourd'hui encore, je suis très proche d'eux, même si après l'arrestation de Sirius nous ne sommes pas vu très souvent.

Je me dépêchais de partir en voyant l'heure qu'il était. J'allais finir par être en retard. Arrivée devant le bureau d'Arthur, je vis que celui-ci m'y attendait déjà.

- Au moins, il y a des choses qui ne changent jamais. Peut être qu'un jour, tu arriveras à l'heure.

- J'espère !

Je lui souriais.

- En tout cas, tu es très belle.

- Merci.

Nous quittâmes l'enceinte du Ministère et transplanâmes au Terrier. Charlie nous attendait devant devant l'immense bâtisse.

- Bonsoir, tu es toujours aussi ravissante Cassandre.

Ça faisait des années que je n'avais pas vu Charlie et je dois avouer qu'il était devenu très séduisant.

- Merci Charlie, tu n'es pas mal de non plus. Tu es rentré depuis longtemps ?

- Il y a deux mois. Je suis là pour le Tournoi des Trois Sorciers, ils ont besoin de moi pour l'une des épreuves. Et je suis arrivé à temps pour assister à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch.

- Tu as vu ce qu'il s'y était passé ?

- Oui, c'était affreux. Les gens courraient dans tout les sens. Tout le monde était paniqué...

- J'enquête sur ce qu'il s'est passé avec Kingsley.

- Vraiment ? Et vous avez découvert quelque chose ?

- Seulement que c'est l'œuvre de Mangemorts. Et c'est très inquiétant. On a toujours pensé qu'après Sa mort, tout s'arrêterait mais il semble que les Mangemorts aient décidé de continuer à semer la zizanie.

C'est à ce moment là que Molly sortit de la maison.

- Cassandre, ma chérie ! Ne restes pas dehors !

Je rentrais dans la maison des Weasley, bientôt suivie par Arthur et Charlie. Nous nous installâmes d'abord dans le salon. Je leur annonçais donc ma grossesse. Comme je le pensais, Molly sembla presque choquée par la nouvelle. Après tout, j'étais un peu comme sa fille. C'était comme si Ginny lui annonçait qu'elle était enceinte. Charlie eut une réaction très étrange, son regard devint sombre, indéchiffrable. Il se leva et s'appuya au rebord de la fenêtre.

- Depuis quand ?

- Deux mois environ.

- Je vois...

Il commença à faire les cent pas dans la pièce, cherchant sûrement comment réagir.

- Et qui est le père ?

- Sirius.

- Et où est – il ?

- Je ne sais pas...

- Il t'a abandonné ?

- Non ! Il a simplement besoin de réfléchir. Il est considéré comme un criminel, il a peur de ce qu'il pourrait nous arriver. Même si c'est sûrement trop tard pour ça, le Ministère m'a convoqué pour un interrogatoire.

Arthur se redressa dans son siège.

- Oui, j'en ai entendu parler. C'est dans deux jours c'est ça ?

- Oui... Et je serais interrogée par notre cher Ministre en personne.

- C'est rare qu'il aille au Département des Mystères... Fait très attention à ce que tu lui dis et si il te propose quoi que ce soit, refuse. Il pourrait essayer de te faire prendre du Veritaserum

- Mais pour quelle raison est-ce qu'il ne m'interroge que maintenant ?

- Je ne sais pas, il a peut-être entendu dire que tu étais enceinte...

- Mais je ne l'ai dis qu'à vous trois, Tonks, Kingsley et Sirius !

- Tu sais, Tonks est très maladroite...

- Elle sait garder un secret.

- Tu lui as dis qu'il s'agissait d'un secret ?

- Non... Parce qu'au début ce n'était pas censé en être un...

Molly se leva.

- Bon, il est temps de manger. Charlie et Arthur, mettez la table. Cassandre et moi nous allons finir de préparer le dîner.

Je suivais Molly dans la cuisine mais bien sûr, elle ne me laissa pas l'aider.

- Comment se passent les études de Ginny et des garçons ?

- Ginny est une brillante élève. Ron n'a pas de très bonnes notes... Fred et George n'en parlons pas !

- Et Bill et Percy ?

- Percy travaille au Ministère. Et Bill travaille à la Banque Gringotts...

- Et Charlie ?

- Il était en Roumanie, il étudie les dragons. Mais il a été appelé ici parce qu'on avait besoin de son aide à Poudlard. Il y a des dragons dans la première épreuve. Nous allons la voir pour soutenir Harry, tu pourrais venir avec nous.

- Harry ? Mais il n'a que 14 ans. Tous les concurrents doivent avoir au moins 17 ans non ?

- Oui... Mais son nom est sortit de la Coupe.

- Quelqu'un l'a forcément mis dedans...

- Oui, mais il est obligé de participer. Pauvre enfant...

Arthur passa la tête par l'encadrement la porte de la cuisine pour nous annoncer que la table était mise. Molly me força à les rejoindre et je m'asseyais en face de Charlie, juste à côté de Molly. Arthur s'essaya à côté de son fils, en face de sa femme. Molly nous apporta l'entrée. Nous mangeâmes en silence. Charlie passa la plupart du temps à jouer avec sa salade tout en me regardant. Moi, j'avais le nez dans mon assiette, faisant tout pour éviter son regard. Quand arriva le moment du dessert, quelqu'un toqua à la porte. Arthur se leva et accueilli le nouveau venu. Il s'agissait de Kingsley.

- Cassandre, on a du nouveau.

Molly se leva à son tour et conduisit Kingsley jusqu'à la table.

- Venez manger un peu de gâteau avec nous, vous pourrez raconter tout ce que vous avez appris à Cassandre après avoir mangé !

Kingsley se sentit un peu obligé d'accepter l'invitation et s'installa à côté de moi. Molly nous servi sa fameuse tarte aux pommes et au caramel. Après avoir mangé, nous nous installâmes, Kingsley et moi, dans le salon pour discuter.

- Cassandre, j'ai appris que tu avais été convoquée et je voulais d'abord te dire pourquoi. Une personne a été arrêtée il y a trois jours et elle aurait dis t'avoir vu avec Sirius.

- C'est impossible, nous avons été très prudents.

- Je te crois. Et je pense que cette personne n'existe pas et que Cornelius a inventé toute cette histoire pour te faire craquer.

- Ça ne m'étonne pas vraiment de lui...

- Moi non plus. Mais je ne suis pas seulement là pour ça. Je suis aussi venu pour notre enquête. Nous avons trouvé une personne qui a formellement identifié un des Mangemorts présent.

- Qui ?

- Severus Snape.

- Quoi !? Severus ne ferait jamais ça ! Tu le sais très bien ! Il est de notre côté !

- Severus a toujours été entre les deux camps, tu le sais bien. Mais ce n'est pas ça qui m'inquiète, Severus est intelligent. Le fait qu'il soit retourné vers les Mangemorts est un mauvais signe, il se passe quelque chose. Quelque chose de gros.

- Rien n'est moins sûr. Dumbledore lui a peut-être simplement demandé d'enquêter.

- Pourquoi est-ce qu'il ferait ça ?

- Parce qu'il a senti que quelque chose est en train de se passer.

- Donc tu es d'accord avec moi ?

- Oui. Il se passe quelque chose. Mais non, Severus n'est plus un Mangemort.

- Si tu le dis.

Il se leva et me regarda.

- Tu veux que je te raccompagne ?

- Je veux bien, merci.

- Allons – y alors.

- D'accord.

Je me levais à mon tour et rejoignais la famille Weasley.

- Je vais y aller.

Molly s'approcha de moi.

- Déjà ?

- Je commence tôt demain.

Je détestais mentir, surtout à Molly, mais il fallait vraiment que je rentre maintenant si je voulais être en forme pour interroger Severus demain. Il ne me devait pas d'explications mais j'aimerais savoir pourquoi il était là-bas. Je considérais Severus comme un ami. Peut-être pas lui mais pour moi c'était quelqu'un d'important.

- Cassandre ? Tu m'écoutes ?

- Excuse moi, j'étais perdue dans mes pensées. Tu disais ?

- Que tu pouvais revenir quand tu voulais. Tu fais partie de la famille. Tu es comme notre fille. Et si jamais Sirius ne revient pas, n'hésite pas à nous demander de l'aide.

- D'accord. Merci beaucoup, Molly.

- C'est normal, Cassandre.

Nous partîmes, Kingsley et moi, peu de temps après et il me laissa devant chez moi. Alors que je m'avançais vers la porte, je découvris avec surprise que la porte d'entrée était entrouverte. Je poursuivais lentement mon chemin et entrais prudemment dans la maison. Peut-être que Sirius était revenu. Ou peut-être pas. Vu l'état de la maison, ce n'était certainement pas lui. Toutes les pièces avaient été retournées. Toutes, sans exceptions. Je découvrais ensuite deux Détraqueurs dans la chambre à coucher. Ceux-ci s'approchèrent de moi, lévitant à quelques centimètres du sol.

- Expecto Patronum !

Les deux Détraqueurs partirent sans demander leur reste. Je restais un moment sans bouger, surprise par la présence de ces Détraqueurs. Peut-être y en avait-il d'autres dans la maison. Sans bruits, je fouillais chaque pièce, chaque recoin me demandant sur quoi j'allais tomber. Mais à chaque fois, seul le silence m'attendait. Je retournais dans ma chambre et cherchais des indices dans l'espoir de découvrir la raison de la présence de ces Détraqueurs. Au bout de deux heures, je me résignais. Ils n'avaient certes rien emporté mais ils n'avaient pas non plus laissé d'indices. Comment savaient-ils que je ne serais pas là ce soir ? Est-ce que le Ministère me faisait surveiller ? Je descendais et m'installais dans le salon, au cas où ils décident de revenir. Je finissais par m'endormir au bout d'un peu plus d'une heure de surveillance, assise dans un fauteuil.


Le lendemain matin, le réveil fût difficile. Entre les nausées dues à la grossesse, le manque de sommeil et le mal de dos causé par la position dans laquelle j'avais dormi, la journée allait être longue. Je me levais et partais pour Poudlard sans même prendre le temps de déjeuner. Une fois arrivée là-bas, j'aperçus Alastor en compagnie d'Harry. Étrangement, au lieu d'être contente de voir l'Auror, je fus soudainement emplie d'un sentiment de méfiance. Je rentrais dans la bâtisse, tentant d'ignorer cette impression. Je me dirigeais directement vers le bureau de Severus et toquais à la porte.

- Entrez.

J'ouvrais la porte et découvrais Severus, dos à moi, en train de ranger une étagère pleine d'étranges flacons.

- Que voulez-vous ?

- Te parler.

Il se tourna vers moi, surpris.

- Cassandre ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je te l'ai dis, il faut qu'on parle.

- Comme tu veux.

Il m'invita à m'asseoir dans un canapé et s'installa en face de moi, dans un fauteuil.

- De quoi est-ce que tu veux parler ?

- De la Coupe du Monde de Quidditch.

- Tu sais que je n'ai jamais aimé le Quidditch.

- Oui. Mais ça n'explique pas ce que tu faisais là-bas avec les Mangemorts.

Une nouvelle fois, il sembla surpris.

- Qu'est-ce qui te dis que j'y étais ?

- Un témoin t'a vu.

- Oui, j'y étais.

- Pourquoi !?

- Tu sais très bien pourquoi Cassandre.

- Je sais que tu n'es pas avec eux. Tu ne peux pas être avec eux. Pas après ce qu'il a fait. Pas après qu'il ait tué Lily.

Il me fixa longuement sans rien dire puis changea complètement de sujet.

- Pourquoi est-ce qu'il y avait des Détraqueurs chez toi ?

- Pardon ?

- Pourquoi est-ce que tu as été attaquée par des Détraqueurs ?

- Je crois que le Ministère me surveille.

- Pourquoi ?

- Ça doit avoir un rapport avec Sirius, a priori, quelqu'un nous aurait vu ensemble.

- Je vois.

Je regardais à nouveau Severus.

- Pourquoi est-ce que tu es retourné avec les Mangemorts ? Voldemort est mort.

- Crois moi, les ennuis ne vont pas tarder à recommencer.

- Comment ça ?

- Tu verras bien.

Brusquement, ma vision devint trouble et mon corps se mit à trembler. Je n'avais pas mangé alors c'était peut – être dû à ça. Le regard de Severus se teinta d'inquiétude.

- Cassandre ? Tout va bien ?

- Oui oui, ne t'en fais pas.

- Tu n'as vraiment pas l'air bien, Cassandre.

Ne supportant plus de rester assise, je me levais. Trop vite visiblement car je me sentis partir en avant puis tout devint blanc.

Lorsque j'ouvris les yeux, la première chose que je vis fut le visage inquiet de Severus.

- Ça va ?

Je tentais de me redresser mais il m'en empêcha.

- Reste allongée.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Tu t'es évanouie.

J'essayais à nouveau de me lever mais il me retint encore.

- Non. Ne te lève pas.

- Pourquoi ?

- Parce que.

Il détourna la tête, visiblement embarrassé. Sachant que Severus n'était pas quelqu'un qui pouvait être gêné facilement, je me doutais qu'il y avait quelque chose. Je soulevais donc légèrement la couverture qui me recouvrait et découvrais, non sans surprise, que j'étais nue. Mon visage vira au rouge.

- Espèce de sale pervers !

Ma main atterrit sur sa joue avec un claquement sonore. Il resta silencieux un petit moment avant de tourner la tête vers moi.

- Ce n'est pas moi qui t'ai déshabillé.

- Quoi !?

- J'ai attendu devant la porte et Mlle Weasley est passée par là alors je lui ai demandé de le faire.

Ginny s'avança timidement dans la pièce.

- Bonjour Cassandre...

- Ginny !

J'allais me lever pour la prendre dans mes bras mais me rappelais brusquement ma nudité. Je collais la couverture contre ma poitrine et regardais la cadette des Weasley.

- Comment vas – tu ?

- Bien... Et toi ?

- Ce n'est rien, ne t'en fais pas. Juste une petite baisse de tension ou peut-être ma gross... !

Je me taisais soudainement. J'avais promis de ne rien dire au sujet de ma grossesse à Kingsley et je venais juste de tout déballer. Severus me regarda avec de grands yeux. Je crois qu'en 25 ans, je ne l'avais jamais vu aussi surpris.

- Tu es... !?

- Oui...

- Mlle Weasley, voulez-vous bien sortir un moment s'il vous plaît ?

- Oui, bien sûr, professeur.

Ginny quitta la pièce et Severus se plaça face à moi, une expression indéchiffrable dans le regard.

- Tu es enceinte et tu oses dire que ce malaise n'était rien !? Est-ce que tu aurais perdu la tête ?

Je ne l'avais jamais vu aussi en colère depuis bien longtemps. Depuis nos études je crois.

- Severus... Je... Je suis sûre que ce n'est pas grand chose... Je n'ai rien avalé depuis hier soir alors j'ai peut-être fais une crise d'hypoglycémie... J'en faisais toujours quand on était élèves.

- Ce n'est pas une raison !

Je baissais la tête, penaude. Je n'avais absolument pas pensé aux conséquences que mes actes pouvaient avoir sur la santé de l'enfant que je portais.

- Je suis désolée...

- Bon, au moins tu as compris la leçon. Je vais demander à Mlle Weasley d'aller chercher Madame Pomfresh. Tu ne bouges pas.

- J'ai au moins le droit d'avoir des vêtements ?

- Euh... Oui, bien sûr... Je vais te prêter des vêtements à moi.

Il se dirigea vers une sorte de placard et revint avec une longue robe noire qu'il me tendit. Je le regardais droit dans les yeux.

- Si tu te retournes, ce n'est pas une gifle que tu te prendras, c'est moi qui te le dis.

- Je te crois. Même si la gifle n'était pas justifiée.

- J'étais nue comme un ver sous un drap et tu étais la seule personne que je voyais ! Ça me semble suffisant comme raison !

- Si tu le dis.

Il se détourna et j'en profitais pour enfiler la robe. Elle était immense et j'avais l'impression de ressembler à une gamine qui essaye de mettre la robe de sa mère.

- Tu n'as rien de plus petit parce que je ressemble à une méduse là...

- Je vais voir mais je ne pense pas.

Il retourna fouiller dans son placard mais revint les mains vides.

- C'est la plus petite taille que j'ai. Je n'ai pas mieux que ce que tu portes.

- Tant pis... C'est déjà mieux que rien.

- Oui. Je vais voir Mlle Weasley.

Il quitta la pièce et revint une dizaine de minutes plus tard avec Madame Pomfresh. Elle demanda à Severus de partir et ne commença à m'examiner qu'après qu'il fut partit. L'infirmière de Poudlard m'ausculta en silence. Au bout d'un moment, elle se redressa.

- Je n'ai rien trouvé d'inquiétant. Évitez juste de sauter des repas.

- D'accord. L'enfant va bien ?

- Je vous l'ai dis. Je n'ai rien trouvé d'inquiétant.

- Merci.

Elle hocha simplement la tête et laissa sa place à Severus. Celui-ci s'installa sur le canapé où j'étais encore allongée.

- Que tu le veuilles ou non, tu mangeras avec nous ce midi.

- Avec nous ?

- Avec tout le monde. A la table des enseignants.

- Mais...

- Il n'y a pas de mais. Le seul problème sera la tenue...

- Il n'y a pas de professeure qui fasse à peu près ma taille ?

- Si. Le professeur Sinistra doit faire à peu près ta taille.

- Le professeur Sinistra ?

- Oui, elle enseigne l'astronomie.

- Je vois...

- Je vais aller la voir pour qu'elle te prête une robe.

- Merci...

Il s'en alla à nouveau et revint un bon moment plus tard. Au moment où il entra dans la pièce, mon estomac fit un bruit assourdissant. Severus esquissa un vague sourire.

- Je vois que j'arrive au bon moment.

- Rhooo ! Ça va ! Donne moi cette robe qu'on puisse aller manger !

- Tu n'es pas trop stressée à l'idée de manger à la table des professeurs ?

- Tu sais, je ne suis plus une élève. C'est moins stressant de manger avec les enseignants qu'avec les élèves.

- Oui. Sauf que tu n'enseigne pas ici. Tu sera un peu une intruse.

- Je sais.

- Donc tout le monde parlera de toi et sera en train de te regarder.

- Tu n'essayerai pas de me stresser par hasard ?

- Moi ? Pas du tout. Maintenant, enfile ça. Sinon on va être en retard.

- Retourne toi.

Il soupira puis se tourna de sorte à ce qu'il ne puisse pas me voir. Je me changeais rapidement et le rejoignais.

- On peut y aller.

- D'accord.

Alors que l'on descendait les grandes marches de marbres, une question s'imposa à mon esprit et avant d'avoir pu m'en empêcher, elle m'échappa.

- Au fait, pourquoi est-ce qu'il a fallu me déshabiller ?

Il s'arrêta et me regarda, visiblement surpris par ma question si soudaine.

- Après que je t'ai allongé, tu t'es mise à remuer. Tu avais beaucoup de fièvre et je n'arrivais pas à la faire baisser. Au bout d'un moment, elle est partie. Toute seule. Sauf que tu avais beaucoup transpiré. Je ne voulais pas que tu attrapes froid.

- Merci.

Nous recommençâmes à marcher et arrivâmes devant la Grande Salle. Plusieurs professeurs étaient déjà là et me regardèrent avec curiosité. Je remarquais rapidement Alastor, à l'écart des autres. Je le rejoignais, abandonnant Severus quelques instants.

- Bonjour Alastor.

Il me regarda, surpris. Il ne m'avait pas vu arriver.

- Bonjour.

Son ton était froid, distant, presque méfiant. Un silence pesant et étrange s'installa. Heureusement, Severus vint à ma rescousse.

- Cassandre, nous devrions y aller.

Je me tournais vers lui.

- J'arrive.

Je reportais mon attention sur Alastor.

- Au revoir.

Comme il restait silencieux, je le laissais et suivais Severus à l'intérieur de la Grande Salle. Alors que je marchais aux côtés du directeur de la maison Serpentard, je pouvais sentir le regard de l'ancien Auror sur ma nuque. J'accélérais légèrement le pas, mal à l'aise, et rejoignais la table des professeurs. Quelques minutes plus tard, les élèves arrivèrent à leur tour. Dumbledore laissa aux élèves le temps de s'installer avant de se lever.

- Silence s'il vous plaît.

Il attendit que la salle soit silencieuse pour reprendre la parole.

- J'aimerais vous présentez quelqu'un. Voici Cassandre Smith, elle travaille au Ministère en tant qu'Auror tout comme le professeur Maugrey.

Le directeur me désigna d'un geste du bras et je me levais avant de saluer l'assemblée, essayant de refouler ma timidité.

- Bonjour...

Je m'asseyais et laissais le professeur Dumbledore continuer son discours.

- Mlle Smith restera parmi nous pendant quelques temps. Si elle le veut bien, vous pourrez lui poser des questions sur le métier d'Auror.

- Oui, bien sûr.

- Bien, vous pouvez manger.

Le silence se brisa aussi rapidement qu'il s'était installé. Une fois le repas terminé, nous quittâmes la Grande Salle et le directeur m'invita à suivre Alastor Maugrey, l'actuel professeur de Défense contre les Forces du Mal. Je suivais l'ancien Auror et me retrouvais avec des élèves de quatrième année. Je leur expliquais rapidement en quoi consistait mon métier. Ils semblaient intéressés. Certains plus que d'autres évidemment. A la fin du cours, Alastor m'ignora royalement et s'enferma dans son bureau. Je quittais la salle de classe et me dirigeais vers le bureau de Severus. Alors que j'allais toquer à la porte, quelqu'un m'interpella.

- Cassandre Smith ?

Je me retournais, surprise d'entendre mon prénom, et me retrouvais face à Rita Skeeter, une journaliste.

- Que puis-je faire pour vous Mme Skeeter ?

- J'aimerais vous posez des questions sur le fugitif, Sirius Black. Et aussi, sur le Professeur Snape.

- Pour ce qui est de Sirius Black, je vous conseille de vous adresser directement au Ministère, ils vous fourniront de meilleures informations que moi. Je ne connais que les rumeurs qui circulent à son sujet. Et pour ce qui est du Professeur Snape, vous n'avez qu'à les lui poser directement, il est juste derrière vous.

Elle se retourna, surprise, et offrit à Severus un grand sourire, faux bien entendu.

- Professeur, je vous attendais.

- Mme Skeeter, vous m'excuserez mais j'ai du travail.

- Et moi j'aimerais faire le mien.

- Votre torchon peut attendre. L'éducation de ces enfants non.

Il contourna la journaliste et entra dans son bureau après m'y avoir entraîné, lui fermant la porte au nez.

- Qu'est-ce que tu veux Cassandre ?

- J'aimerais qu'on discute Severus.

Je m'asseyais sur le bureau et le regardais droit dans les yeux.

- Pourquoi es-tu retourné vers les Mangemorts ?

- Pourquoi est-ce que ça t'intéresse ?

- Je te considère comme un ami. Et je n'ai pas envie de voir un ami être amené à Azkaban.

- Je ne suis pas ton ami.

- Tu es vraiment têtu. Tu n'as pas envie d'avoir des amis ?

- Non. Les amis ça ne sert à rien.

Je soupirais. Cet homme avait le don de me faire perdre patience.

- Tu m'énerves Severus, vraiment. Tu es un idiot.

Il fronça les sourcils, visiblement agacé.

- Ne t'en fais pas, c'est réciproque.

- Alors pourquoi est-ce que tu m'as fais rentrer ? Tu aurais pu me laisser avec cette langue de vipère.

- En parlant d'elle, qu'est-ce qu'elle te voulait ?

- Elle voulait des informations sur Sirius et sur toi.

- Sur moi ?

- Oui. Tu as l'air de l'intéresser.

Il s'assit derrière son bureau, affichant un visage impassible.

- Tu lui as dis quelque chose ?

- Rien qui lui permette de faire un article.

- C'est à dire ?

- Absolument rien, je ne lui ai rien dis. Tout ce qu'elle pourra faire c'est spéculer dans son coin.

- Très bien.

Il ne dit rien de plus et laissa planer un silence pesant.

- Severus, tu ne trouves pas qu'Alastor est bizarre ?

- Je ne sais, je ne l'ai jamais rencontré avant la rentrée.

- Vraiment ?

- Oui.

- C'est étrange, il avait l'air de plutôt bien te connaître...

- Comment est-ce que tu peux savoir ça ?

- Je te rappelle que c'est mon travail d'étudier le comportement des gens pour évaluer leur degré de dangerosité pour la Communauté des Sorciers. Et il te regardait comme on regarde un vieil ami.

- Mmm... Pourtant c'est bien la première fois que je le rencontre.

Je regardais l'heure qu'il était et soupirais.

- Il va falloir que je rentre, je dois me préparer pour mon interrogatoire.

- Ton interrogatoire ?

- Je sais que tu peux voir les souvenirs des gens en lisant dans leur esprit alors je suis sûre que tu as vu cette convocation.

- Je n'ai pas vraiment fais attention. Et lire dans l'esprit des gens s'appelle la Legilimancie.

Le silence s'installa à nouveau.

- Bon je vais y aller. Fais attention à cette journaliste.

- Ne t'en fais pas pour moi. Ce n'est pas moi qui vais me faire interroger demain.

- Personnellement je préfère me retrouver face au Ministre que face à Rita Skeeter.

- Moi aussi.

Je descendais de la table et le regardais.

- Tu pourrais surveiller Alastor pour moi ?

- Si tu veux...

Je quittais le bureau du professeur de potions et parvenais à éviter Rita Skeeter. Je retournais ensuite chez moi. Une fois arrivée, je découvrais que ma maison avait été une nouvelle fois fouillée. Je faisais rapidement le tour des pièces sans trouver qui que ce soit. Je me dirigeais vers la cuisine et préparais mon repas pour le soir. Vers 18h, je sortais de la cuisine pour prendre une longue douche bien chaude. La journée avait été longue et riche en émotions. Je restais un moment sous le jet d'eau brûlante, perdue dans mes pensées. Je sortais de la douche et après m'être séchée, j'allais dans ma chambre pour enfiler mon pyjama. Je retournais ensuite dans la cuisine pour manger. Pendant que je mangeais, je pensais à Sirius. Il me manquait. Une fois mon repas terminé, je faisais rapidement le tour de la maison pour m'assurer que j'étais bien seule. Cela fait, j'allais à nouveau dans ma chambre et me couchais. Je mettais un certain temps à m'endormir, me remémorant cette longue journée que je venais de passer. Le sommeil finit par prendre le dessus et je m'endormais profondément.


Le lendemain matin, je me réveillais tôt. Dès le réveil, une boule d'angoisse me noua l'estomac et, malgré les recommandations de Severus, je partais au Ministère sans avoir mangé. Une fois arrivée, je prenais l'ascenseur pour descendre au Département des Mystères. Je n'étais entendue que comme témoin, pas comme accusée, je n'avais donc pas droit aux Détraqueurs. Enfin, normalement. Je m'asseyais sur un banc, attendant sagement mon tour. Au bout d'une demie heure, le Ministre en personne vint me chercher, Cornelius Fudge lui-même.

- Mlle Smith, je vous en prie, suivez moi.

Je me levais en silence et suivais le Ministre. Même si je travaillais pour lui depuis qu'il était arrivé à la tête du Ministère de la Magie, je n'arrivais toujours pas à le cerner. Il semblait étrange, comme s'il était toujours sur ses gardes. Nous traversâmes quelques couloirs de marbre noir avant de nous arrêter devant une porte. Il m'invita à entrer et pénétra dans la pièce. Je m'asseyais sur une chaise et il s'assit en face de moi, devant un bureau.

- Mlle Smith.

- Monsieur le Ministre.

- Vous savez pourquoi vous avez été convoquée n'est-ce pas ?

- J'ai mes idées sur la raison pour laquelle je suis là.

- Parlons un peu de Sirius Black.

- Que voulez savoir sur lui ?

- Où est-il ?

- Je n'en ai aucune idée. Et même si je le savais, je ne vous le dirais pas.

- Vous savez ce que vous risquez ?

- Oui.

- Nous savons que vous entretenez des relations intimes depuis le milieu de vos études à Poudlard.

- Oui, c'est vrai. Mais ce n'est un secret pour personne.

- Vous étiez à Poudlard lors de son évasion, je me trompe ?

- Non, vous ne vous trompez pas.

- Et vous avez disparu en même temps que lui pendant un certain temps. Étiez-vous avec lui ?

- Oui.

Il sembla surpris. Peut-être s'attendait-il à ce que je mente.

- Oui, j'étais avec lui.

- Que s'est-il passé ensuite ?

- Nous nous sommes installés dans une maison à la campagne.

- Et puis ?

- Et puis, il a disparu. Il est partit. Il a juste laissé un mot pour m'expliquer qu'il voulait me protéger.

- Et vous ne l'avez pas revu depuis ?

- Non.

- Est-ce vrai ?

- Oui.

- Je vois...

- Je peux partir ? J'ai du travail qui m'attend.

- Oui, bien sûr.

Je me levais et m'apprêtais à sortir de la pièce quand il m'interpella.

- Une dernière chose. Est-ce que c'est vrai que vous êtes enceinte ?

Je me figeais sur place et me tournais vers lui.

- Pardon ?

- Il y a une rumeur qui circule au Ministère. Une rumeur qui dit que vous êtes enceinte de lui.

- Si j'étais enceinte, vous seriez le premier au courant.

- Je n'en doute pas.

Je quittais la salle et laissais le Ministre derrière moi. Alors que je prenais à nouveau l'ascenseur, je réalisais que je tremblais. Si Fudge savait pour ma grossesse alors presque tout le Ministère devait être au courant.