Lucy, ma petite Lucy aux yeux gris, si tu savais combien tu me manques. Un jour je te raconterai tout ce que j'ai fait durant ces dix années passées à parcourir le monde, un jour peut-être. C'est vrai j'aurai pu profiter de ces quelques jours passés en Inde à tes côtés pour t'en parler, mais je ne voulais pas briser ce moment hors du temps. Y a bien des moments où j'ai pensé le faire, mais les mots venaient s'échouer contre mes lèvres sans jamais arriver à franchir l'émail de mes dents. Weasley, Weasley toujours, on n'a jamais été doués pour dire les choses dans cette famille.
Et Lucy tu te souviens de comment c'était avant ? A l'ombre du grand chêne au fond du jardin de chez papi et mamie il y a une balançoire qui nous attend toujours, tu t'en souviens du vieux chêne Lucy ?Si j'avais su que pendant dix ans on ne se verrait plus, que durant sept ans je chercherai à te joindre sans succès je ne serais jamais parti. Le temps des remords est passé et pourtant j'ai encore ces regrets qui me hantent et font me sentir coupable. Et ma jolie Lucy me pardonnes-tu d'être parti sans toi ?
Y a bien longtemps que tout cela à eut lieu, en tout cas suffisamment pour gommer le fossé entre nous.
Ma petite Lucy aux cheveux noirs.
Je suis tellement heureux de t'avoir revue. Si tu savais combien je suis soulagé de voir que rien n'a changé entre nous. Et pourtant, pourtant je sais bien qu'en écrivant cette phrase je me leurre. Je ne peux pas effacer le passé. Oublier cette fuite que j'ai faite il y a de cela dix ans. Ce périple que j'ai entamé sans toi a créé une cassure entre nous. Je la sens, je peux la toucher du doigt tellement elle est encrée en moi, en toi. En dix ans on change forcement. Depuis ce jour où je t'ai laissée derrière moi j'ai grandi, j'ai apaisé mes rancoeurs. Toutes ces choses qui font de moi quelqu'un de différent. Quelqu'un à la fois similaire et différent de l'ancien Louis Weasley. J'ai changé et toi aussi tu as évolué et ce même si je ne veux pas le voir.
Mais tu comprends pour toi (moi ? ) tu as toujours été ma petite Lucy aux yeux gris. Ma petite Lucy qui aimait tant regarder le monde. Et je ne veux pas effacer cette vision que j'ai de toi. Je sais, je suis égoïste à raisonner comme ça.
Mais peut-être que tu me pardonneras si je t'avoue que c'est parce que j'ai peur. Peur qu'une partie de mon enfance, de ce qui a fait ce que je suis maintenant s'envole avec toi. Si tu te brises c'est une partie de moi que tu emporteras avec toi dans la tombe.
Tu le sais bien Lucy que tu as toujours été plus qu'une cousine. Avec toi tout est plus simple, c'est seulement en ta compagnie que je peux être totalement moi-même. Il y a toujours eu toi, moi et les autres. Et j'ose espérer que rien de tout cela n'a changé malgré le temps.
Alors que je viens juste de te quitter je me prends à imaginer ce que tu fais. Tu es sans doute retournée chez toi dans les monts d'Arrées. Je t'imagine en train d'écrire assise sur ton ponton qui s'élance dans le vide. Je vois tes cheveux aussi noirs que les ailes des corbeaux danser dans le vent. Tes yeux gris contemplent le ciel comme ils l'ont toujours fait alors que tes doigts fins caressent le parchemin rugueux sur lesquels tes mots courent en une écriture déliée.
J'aimerais être là pour te regarder, pour contempler avec toi les merveilles de cette Bretagne sauvage qui se déroule sous tes pieds.
Mais au lieu de ça j'entame mon pèlerinage. Sur les traces de mon passé je profite de mes vacances avant de retourner à mon chantier de fouilles en plein Colorado. Mes pas m'ont mené de Londres jusqu'à l'académie Hérodote. C'est là-bas que j'ai trouvé ma voie, là-bas qu'après une année de cours par correspondance j'ai rencontré celle qui est devenue ma mentor, Astoria Greengrass.
Sans toi je n'aurais jamais réalisé mon rêve Lucy, sans toi je n'aurai jamais eu le courage de m'opposer à mes parents pour faire le métier de mes rêves.
Tu as toujours été là pour moi Lucy, et j'espère que l'inverse est aussi vrai. Si tu as besoin dis le moi et peu importe l'endroit j'accourais.
Par la suite je suis retourné en forêt Amazonienne. C'est dans cette forêt immense que j'ai fait mes premiers pas sans personne à mes côtés.
Au fait tu sais qui j'ai croisé ? Alyssum Thomas. Tu imagines la fille de Dean et Pansy en pleine forêt Amazonienne. Je l'ai revue par la suite dans le Colorado. Tu savais qu'elle est devenue botaniste ? Neville a toujours été un bon mentor. Bref passons.
La prochaine fois j'espère que tu seras à mes côtés pour ce pèlerinage que j'ai effectué. Je te montrerai tous les lieux dans lesquels j'ai vécu. Tous ces endroits qui sont une pièce en plus dans le puzzle de mon existence. Et j'espère pouvoir aussi avoir la chance d'en voir plus sur la mosaïque qui fait de toi la personne que tu es. Tu es magnifique Lucy ne doute jamais.
Tu es parfaite pour moi, si tu savais combien je t'aime. De cet amour pas totalement fraternel. Non tu es bien plus que cette petite cousine que j'adore. Tu es ma muse, mon âme soeur.
Tu es la lune là où je suis le soleil. Tu t'en souviens de cette phrase avec laquelle tu signais avant nos correspondances ? « Tu es Louis le soleil là où je suis Lucy la lune. » C'était il y a longtemps et pourtant cette phrase restera à jamais gravée en moi.
Le soleil aime la lune, mais pourtant à la fin ce sont les étoiles qu'il choisit. C'est ce que je me répète à chaque fois que je pense à toi. Je t'aime comme le soleil aime la lune. Sans toi je ne pourrais plus briller, je ne peux pas vivre. Tu m'es aussi indispensable que l'eau ou la nourriture.
Et pourtant, pourtant à la fin le soleil choisit toujours les étoiles.
