Chapitre 2 : À travers le temps
Dans un monde beaucoup moins civilisé que le nôtre, sur une colline, se tenait une jeune femme aux yeux bruns chocolat, aux cheveux ébènes attachés en queue de cheval, deux mèches retombant sur ses épaules puis se rattachant à la queue de cheval. Elle portait un kimono, dont le haut était blanc, et le bas, rouge. C'était une miko, son visage reflétait l'inquiétude. D'étranges créatures blanches volaient autour d'elle. Elles avaient une tête reptilienne et des yeux rouges, de petites pattes pointues en dessous de la tête, et le reste de leur corps allongé se terminait en pointe. La jeune miko descendit de la colline et se dirigea vers un village situé un peu plus loin. Les créatures la suivirent pendant quelque temps, puis la laissèrent seule : encore quelques mètres, et elle serait au village. Entre le village et la colline, le terrain était à découvert, mais la jeune femme s'en moquait : elle était ailleurs. Arrivée au village, elle alla se coucher sans un mot. De toute façon, tout le monde était dans sa maison respective, personne ne remarqua donc l'absence de la miko et la présence des shinidamashus…
Quelques kilomètres plus loin, un jeune homme aux longs cheveux argentés regardait la pleine lune en fronçant les sourcils. Il avait des yeux dorés, et son regard était soucieux,. Il avait des oreilles pointues et deux marques violettes sur les joues - deux de chaque côté - et sur son front, un croissant de lune bleu scintillait. Il avait une queue blanche, qui faisait le tour de son bras droit, puis redescendait. Il n'avait plus de bras gauche. Ses griffes et sa main étaient tachées de sang. Il porta sa main à sa bouche et lécha le sang pour l'enlever. Il portait un kimono blanc orné de quelques motifs floraux mauves. A sa hanche gauche pendaient un sabre et une épée. Quand sa main fut propre, il s'en alla, laissant les corps derrière lui…
Dans un endroit inconnu de tous, un homme, aux longs cheveux noirs ondulés, se réveilla en sursaut, le cœur battant. Ses yeux rouges regardaient dans tous les sens. L'homme se releva et porta la main à son cœur. Le cauchemar qu'il avait fait était horrible, et pourtant si réel. Il se concentra, mais ne sentit pas de présence. Il prit en main un gros morceau de la perle de Shikon. Celui-ci pendait toujours à son cou. Le gros morceau de la perle luisait faiblement d'une lueur démoniaque. Entre ses mains, le morceau de la perle était maléfique. Comme il avait hâte de rassembler tous les morceaux ! Après, il deviendrait invincible et pourrait se débarrasser de tous ses sentiments. Il n'aurait alors plus rien à craindre d'Elle. Il se calma, mais resta en alerte : ce cauchemar avait un sens, il en était certain…
Dans une maison d'un village situé une cinquantaine de kilomètres plus loin, un garçon aux longs cheveux argentés dormait. Il avait d'étranges oreilles pointues sur la tête, comme un chien, et il avait également des griffes. Entre ses bras se trouvait un sabre. Il portait un kimono rouge. A côté de lui, il y avait un petit garçon aux cheveux roux attachés en queue de cheval par un ruban bleu, portant un kimono, dont le haut de couleur bleue portait des motifs de grain de café, et par-dessus, un gilet de fourrure beige et un dessous bleu foncé. Il avait des pattes et une queue de renard. De l'autre côté du feu, se tenait un moine aux cheveux bruns courts attachés par une petite queue. Dans un lit se tenait une jeune femme aux longs cheveux bruns, ses yeux étaient légèrement maquillés de rouge, et dans ses bras reposait une petite chatte beige jaune. Elle possède deux queues, et sa fourrure est noire au niveau des pattes, de la queue et des oreilles. Elle a également une rayure noire sur le front.
Tout ce petit monde dormait profondément, mais en haut d'une colline se tenait une vieille miko aux yeux noirs et aux longs cheveux gris attachés en queue de cheval. Elle priait près d'un petit autel, car elle avait senti qu'Elle était de retour après tant d'années. La miko était à la fois inquiète et soulagée. Pourquoi après 57 ans était-Elle de retour ? Qu'est-ce que cela signifiait ? La miko frémit de peur se rappelant ce qui s'est passé pendant toutes ces longues années…
Les jeunes filles, après avoir mangé et regardé un film, allèrent au lit. La mère de Kagome avait préparé un futon pour Aryel dans la chambre de Kagome. L'une d'entre elle dormait profondément, mais l'autre murmura tout bas :
-Bientôt, bientôt, je serai revenue pour accomplir à nouveau ma tâche et cette fois, je réussirai.
Kagome mangeait une pomme sur le chemin de l'école. A ses côtés, Aryel restait silencieuse. Elle n'avait ni mangé ni parlé de toute la matinée.
-Mais qu'est-ce qu'elle a ? pensa Kagome
-Dis, il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda-t-elle inquiète.
-Hein ? Quoi ?
Aryel était plongée dans ses pensées, et la voix de Kagome l'avait tirée de sa rêverie.
-Non, non… Tout va bien, s'empressa d'ajouter Aryel avec un léger sourire.
Aryel se mit à courir. Kagome s'arrêta et regarda Aryel. Ses longs cheveux ébène flottaient au vent. Elle repensa à la journée d'hier. C'était la première fois qu'elle s'était aussi bien entendue avec quelqu'un. Elle aurait aimé passer encore une journée en sa compagnie, mais elle devait retourner à l'époque Sengoku pour chercher d'autres morceaux de la perle. Elle jeta sa pomme dans la poubelle et se mit à courir après Aryel, qu'on ne voyait déjà plus.
La journée fut monotone et Kagome remarqua qu'Aryel était constamment absorbée dans ses pensées. Quand l'école fut terminée, la jeune fille s'approcha d'Aryel.
-Aryel… je… je… ne serai pas à la maison aujourd'hui et… dit la jeune fille gênée.
-Tu n'as pas de temps à me consacrer ! compléta Aryel. Ce n'est pas grave Kagome ! Bon, ben à demain.
Aryel prit son sac et s'en alla à toute vitesse. Kagome, un peu déboussolée par la réaction de son amie, se mit en route vers le temple où elle vivait. Elle alla déposer son sac scolaire dans sa chambre, prit un gros sac jaune et se rendit près du puits dévoreur d'os. Elle prit appui sur le rebord et se laissa glisser à l'intérieur. Une lumière violette l'entoura et elle disparut.
Aryel mangeait une bonne glace sur le chemin du temple où vivait Kagome. Arrivée en haut des longs escaliers du temple, la jeune fille s'approcha du gros arbre sacré, déposa sa main sur le tronc, et murmura tout bas :
-Goshinboku…
Elle resta ainsi quelques instants, puis se dirigea vers le puits familial. Elle regarda le puits pendant quelques secondes et sauta à l'intérieur. Une lumière violette l'entoura également et elle disparut à son tour.
-Voilà, j'ai fait tout ce que je pouvais.
-Nous ne pourrons jamais assez vous remercier Kikyo-sama. Ce yôkai tuait deux villageois par semaine. Sans vous, nous étions perdus !
La jeune miko sourit doucement et remonta sur son cheval bai. Elle se mit en route pour le prochain village. Les villageois lui avaient offert le gîte et le couvert. Ils lui avaient même proposé de devenir la miko du village. Mais elle refusa, car elle était à la recherche de son meurtrier…Naraku. Le cheval de la prêtresse filait comme le vent, quand soudain elle eut une étrange sensation. Elle arrêta brusquement sa monture qui se cabra, mais Kikyo tint bon et regarda autour d'elle. Cette sensation… elle l'avait déjà ressentie, mais c'était il y a si longtemps. La sensation persistait, mais elle savait qu'un yôkai n'en était pas la cause, elle en était sûre et certaine. Pourtant, la sensation finit par s'estomper. La jeune miko fut à la fois soulagée et inquiète. Elle dirigea le cheval vers la droite et le lança au galop.
Sesshomaru se figea sur place et regarda furtivement autour de lui, sortant légèrement son épée du fourreau. Il sentait une présence, à la fois proche et lointaine. Cette aura, il la connaissait. Mais c'était impossible, car cette personne était morte, et depuis plusieurs années déjà. Désorienté, il se remit en marche. Il devait vérifier : son instinct ne le trompait jamais. Son malaise d'hier le reprit. Il ferma les yeux et se concentra, mais l'aura avait disparu. Il s'arrêta et rebroussa chemin. Il devait savoir. Oui, il devait en être sûr.
Naraku affublé de son déguisement de singe, courrait furtivement d'arbre en arbre, se souvenant encore de son rêve de la veille. Ce matin, il avait senti la même présence que la nuit dernière. Il devait savoir si Elle était revenue. Mais…c'était impossible. Il l'avait tuée il y a 194 ans de cela. Ça ne pouvait pas être elle. Non, cela ne se pouvait pas. Tourmenté, il accéléra.
Inu yasha, le hanyô, rentra au village avec Kagome. Il l'avait attendue près du puits pour pouvoir rapidement partir à la recherche des morceaux de la perle. Sango, la chasseuse de yôkais, Miroku, le moine, et Shippo, le yôkai-renard, étaient sur Kirara. Kirara, la yôkai-chatte, avait pris sa véritable apparence : elle était plus grande et des flammes entouraient ses pattes et ses queues. Sango portait sa tenue de combat, elle avait les cheveux attachés en queue de cheval, portait un masque et avait en bandoulière dorsale un gigantesque boomerang. Sa tenue était moulante et totalement noire, à part un petit ornement floral doré. Elle arborait des protections rose rouge aux épaules, aux coudes et aux jambes, ainsi qu'une protection ventrale. Une sorte de ruban rouge lui ceignait les hanches. Kagome les salua.
Kaede, la miko, s'approcha discrètement d'Inu yasha et lui demanda de la suivre. Inu yasha, curieux, la suivit. Ils s'éclipsèrent sans que personne ne le remarquât.
-Inu yasha… la nuit dernière, j'ai ressenti une présence qui ne m'était pas inconnue.
-Kerps ! grogna le hanyô. C'est seulement de ça que tu voulais me parler ? Une présence ! Tu aurais pu le dire devant tout le monde, au lieu de m'amener loin des autres.
-Justement non Inu yasha. Cette aura…cette puissance… Je…je suis inquiète pour Kagome et…Kikyo.
En entendant le nom de ses bien-aimées, le hanyô regarda intensément la vieille miko.
-Que veux-tu dire ? demanda le garçon, une nuance de crainte dans la voix.
-Je…je crois que cette personne va prendre les pouvoirs de Kagome et de Kikyo, et ensuite voler le Shikon no Tama.
Le hanyô regarda la miko avec effarement.
-Les pouvoirs de Kagome et Ki…kyo. Non, aucun yôkai n'est assez puissant pour faire une chose pareille, surtout à Kikyo. Kagome…pour elle, cela reste possible, mais… pas pour Kikyo. Elle…elle est beaucoup trop puissante.
Le hanyô tremblait légèrement. C'était la première fois qu'il tremblait. Lui qui d'ordinaire ne dévoilait aucune de ses émotions. Mais, pour l'instant, il s'en fichait éperdument, il était trop inquiet. Kagome était en sécurité avec les autres, mais Kikyo… Il continua :
-Un…un être plus puissant que Naraku… Je…de qui parles-tu ? A quoi ressemble-t-il ?
Kaede hocha négativement de la tête.
-Inu yasha…je ne parle pas d'un yôkai. Mais d'une…d'un être humain. Je…moi et Kikyo l'avons rencontrée, il y a des années de cela. Je…je croyais qu'elle était morte, mais…je me suis visiblement trompée. Hier et…ce matin, j'ai ressenti sa présence. J'ignore même si elle est toujours humaine.
-U…une femme !
Inu yasha rit nerveusement.
-Je…je ne comprends pas, continua-t-il. Kikyo est la femme… l'être humain le puissant que j'aie jamais vu. Je ne peux pas croire qu'il puisse exister un être plus puissant que Kikyo. C'est…c'est impossible. A moins que… Mi…Midoriko ? Mais…
Le hanyô sentit un danger et s'arrêta de parler. Il prit la miko et sauta en bas de la colline où ils étaient. Tous les arbres sur la colline furent détruits. Une personne se tenait sur la colline, ses cheveux argentés flottaient aux vents.
