Chapitre 2: Un client pas comme les autres

Mon client était arrivé. Je me précipitais de le rejoindre. J'avais besoin de travailler et il ne fallait pas qu'il parte. Arrivée à sa hauteur, je ralentis ma cadence et me penchais sur sa fenêtre. Elle était fermée, c'était déjà mauvais signe. Je toquai et il la baissa aussitôt.

- Tu cherches quelqu'un, beau brun ? Fis-je d'une voix aguicheuse.

- Non, je cherche simplement une station essence. Vous pouvez m'indiquer la direction ? Me demanda-t-il.

- Bien sûr, ce sera cinq billets ! Lui répondis-je.

Autant gagner de l'argent un peu plus, cela servirait toujours.

- C'est ridicule ! Lâcha-t-il.

- Ça vient de passer à dix ! L'informai-je.

Qu'avait-il à perdre avec moi ? Non, sérieux, soit il partait, soit il restait et je pencherais plutôt pour cela, vu mon physique avantageux.

- Un renseignement, ça ne se fait pas payer, dit-il.

- C'est comme je veux, où je veux et quand je veux ! Moi, je ne suis pas perdue, je sais où je suis, lui annonçai-je.

- Dix dollars, d'accord ! Vous avez gagné, j'ai perdu, céda-t-il, vaincu.

Je le savais. J'étais forte, n'empêche. J'ouvris la portière et montai.

- Vous avez de la monnaie sur vingt ? S'enquit-il.

- Pour vingt, je fais la visite guidée, le volai-je, en prenant les billets.

Quand on grattait de la tune, autant le faire à fond.

- OK, abdiqua-t-il.

- Super ! Descendez la rue et tournez à droite.

Mon client démarra enfin et suivit la direction indiquée. Tout le long du trajet, je ne pouvais m'empêcher de le reluquer. Qu'il était plutôt bel homme ! Mais il ne valait mieux pas perdre de vue mon rôle. J'étais là pour bosser, rien de plus !

- J'ai chaud, vous ne trouvez pas qu'il fait chaud ? Le draguai-je en posant une jambe sur le tableau de bord, dévoilant mon sous-vêtement.

- S'il vous plaît !

- Quoi ? La vue ne vous plaît pas ? Continuai-je.

- Arrêtez ! M'ordonna-t-il.

- Si vous voulez attendre, il n'y a aucun problème, lui dis-je, repliant ma jambe.

- Ce n'est pas cela, je... Je ne peux pas, m'avoua-t-il.

- Je vous fais honte ? Je vous dégoûte, c'est ça hein ? Compris-je enfin.

- Non, mais je... Je ne vous ai pas pris pour... Enfin, vous voyez !

- Non, mais vous allez m'expliquer, exigeai-je.

- Mon premier but n'était pas de coucher avec vous, voilà ! Débita-t-il, soudainement.

- Oh !

- Je suis désolé, s'excusa-t-il.

- Hum hum !

J'étais morte de honte. Il ne m'avait pris que pour lui indiquer le chemin, que par pure pitié.

- C'est de la super bagnole, tentai-je, pour changer de sujet.

- Elle est... Elle est un peu caractérielle.

- Caractérielle, hum ? C'est la vôtre ?

- Non, non ! Réfuta-t-il.

- Volée ?

- Non, pas exactement ! S'entêta-t-il.

- Louée ?

- Non plus, je...

- Ben alors..., m'impatientai-je, n'y comprenant plus rien.

- Elle est à mon père !

À son père ? Cette voiture était à son putain de père ! Encore un fils à papa coincé. Génial ! J'avais toujours lez chic pour trouver des fils d'hommes fortunés et qui plus est, coincés.

- Comment vous vous appelez ?

Je regardais mon client droit dans les yeux. Venait-il de me demander mon prénom, ou je rêvais ? Aucun client n'avait fait cela avant, jamais. Il était différent des autres, finalement.

- Comme cela vous fera plaisir ! Fis-je, simplement, détournant mon regard vers la fenêtre.

En vérité, j'étais plus qu'étonnée de la situation. Je n'avais pas l'habitude de cela.

- Ne jouez pas à cela avec moi... Alors ?

- Anastasia, mais je préfère Anna !

- Anastasia, c'est joli ! Ce prénom vous va bien. Me complimenta-t-il.

- Merci, rougis-je.

- Moi, c'est Christian, se présenta-t-il, sa main droite tendue vers moi.

Je le fixais, avant de la saisir.

- Tout droit et la première à droite, lui intimai-je.

- Mais je vous ai dit que...

- J'ai envie de baiser et ce soir, nous allons baiser, le coupai-je.

Il s'exécuta, sans rechigner.

- Arrêtez-vous !

Christian continua son chemin.

- Arrêtez-vous, j'ai dit !

Il obéit, mais laissa le compteur tourner.

- Coupez le moteur !

Christian ne fit rien.

- Vous êtes sourd ou quoi ? Coupez-moi ce putain de moteur.

- Pourquoi ?

- Faites ce que je vous dis, insistai-je.

Il le fit, mais aussitôt qu'il eut fini, je me jetais littéralement sur lui. J'étais complètement à sa merci, j'aimais diriger.

- Pourquoi êtes-vous à califourchon sur moi ?

- Christian, cessez de poser des questions et laissez-vous faire. Je sais que vous en avez envie, je le sens.

Et c'était vrai. J'avais senti son érection contre mon sexe, ce qui m'excita encore plus. Ces moments-là étaient rares. Bien souvent, je simulais, mais avec lui, je savais déjà que ce ne serait pas le cas.

- Anna, je... Je crains que ce ne soit pas une bonne idée.

Christiant me faisait quoi là ? Non, il fallait qu'il se laisse faire, il fallait qu'il me laisse travailler.

- Relaxe, le rassurai-je simplement.

Et comme pour mêler l'action à la parole, j'entrepris de défaire mon haut, toujours sous l'œil envieux d'Damian. Je le voyais qu'il me désirait, qu'il mourrait d'envie de me voir me déhancher sur lui, mais il n'osait pas le révéler.

- Woh, trouva-t-il simplement à dire.

J'étais contente, j'avais raison. Je lui plaisais et... Il ne me laissait pas indifférente non plus. J'attrapai son col et fis glisser mes doigts sur sa chemise, que je me hâtais de déboutonner. Je pus avoir un aperçu de ses jolies tablettes. Qu'il était bien foutu le client, n'empêche !

Sans perdre une seconde de plus, je défis sa braguette, enfin tentai, car il m'arrêta dans ma lancée, en posant sa main sur la mienne.

- Anastasia...

- Anna, le corrigeai-je.

- Anna, je crains que ce ne soit pas, une...

Je ne le laissais pas finir et massais son sexe, par-dessus son vêtement. Il ferma immédiatement les yeux, ce qui prouvait qu'il aimait. Très vite, je glissai ma main dans son boxer et libérai son membre. À un moment donné, je réussis même à l'entendre gémir. Cela dit, le voir comme ça, me faisait envie. Je relevais ma jupe, agrippais sa main, que je me dépêchais de la poser sur mon intimité. Il fut gêné, mais moi, c'était l'extase, car dès qu'un client me touchait à cet endroit, je fondais littéralement.

- Anna, commença-t-il.

- J'ai envie de toi, le coupai-je.

Et c'était vrai. Rares ont été les fois où un client me faisait vraiment envie ou même me plaisait. Je continuais tout de même à nous caresser, car il n'avait pas cessé de le faire, à travers moi. Plus tard, je sentis la délivrance approcher, mais avant que cela n'arrive, je cherchai une capote dans mon sac et lui enfilai. Je m'installais sur lui. Qu'il était bon et chaud. J'adorais cette sensation.

Je bougeai sur lui, au rythme de nos respirations. Plus j'étais proche de jouir, plus j'accélérais. Mais à la fin, c'était l'apothéose et ça, c'était..., absolument fabuleux. Mais je devais me rendre à l'évidence, ce n'était qu'un coup, une tête de plus à mon tableau de chasse, un client parmi tant d'autres.

PDV Christian

Mon père m'avait prêté sa voiture. Ce soir avait lieu la soirée d'inauguration des nouveaux médecins dans le centre. Il faut dire que j'étais plutôt heureux d'avoir réussi. Cela dit, pour une question de simplicité, ma voiture étant complètement foutue, monsieur Moore père m'avait proposé sa voiture pour la soirée. Lui, désirait partir avec ma mère. Mais quand la cérémonie toucha à sa fin, je fus tout de même content de rentrer chez moi.

Néanmoins, je n'avais pas prévu avoir une panne d'essence, car, ne connaissant pas les environs, j'ai cherché comme un fou le chemin du retour. Du coup, j'ai vidé le peu d'essence qu'il me restait. Impossible de mettre la main dessus. Pas facile à trouver, quand on roule. Il fallait donc que je m'arrête et c'est ce que je fis, deux minutes plus tard.

Pour autant, je n'avais pas pensé me faire accoster par une prostituée. Je ne voulais pas m'envoyer en l'air avec une fille, car je n'en éprouvais pas le besoin. Je n'en avais jamais éprouvé le besoin, enfin pas vraiment, mais ce soir, elle en avait décidé autrement. J'étais content, cela dit, qu'elle eut été là, car j'ai passé un agréable moment en sa compagnie, mais cela n'était rien de plus que du sexe. Je l'avais compris.

J'avais tenté de la repousser, en vain. Elle était plus têtue que moi. Cependant, quand sa main toucha mon membre, je crus sauter au plafond, tellement la sensation était bonne. J'ai apprécié ce petit moment, mais une fois notre ébat fini, elle se rhabilla et s'assit sur son siège. Elle regarda droit devant elle et me demanda cent dollars, pour son petit cadeau. Je fus déçu, mais aussi vexé. Anastasia avait changé une chose en moi, une chose dans ma vie. J'étais puceau, mais ce soir, elle avait fait de moi un homme, un vrai.

Voilà pour le chapitre deux. Des questions ?