Chapitre 2
Edward se dépêcha d'atteindre son bureau, situé au troisième étage du FBI. Il avait reçut un message vocal de son chef tôt ce matin et devait ramener ses fesses le plus vite possible.
Les bureaux du troisième étages étaient des pièces fermées mais des fenêtres recouvraient la partie supérieur des murs entre les bureaux et le couloir. Il vit son collègue et son chef discuter à travers la vitre et entra.
« Enfin, tu es là. Fit Emmett. Ta mission est compromise, j'en ai bien peur.
« Merde ! Souffla Edward.
Il pensait qu'elle ne réussirait pas à atteindre le moindre ordinateur. Il regretta de n'avoir pu les prévenir, Eric et Raphaël l'avaient collé toute la nuit et n'avait pu avoir accès à un téléphone dont il était sûr que James ne mettait pas sur écoute.
« L'individu est entré par la remise du premier étage, les vitres ont été cassés mais de l'extérieur vers l'intérieur, il n'y a aucune empreinte et il a tenté de consulter ton dossier.
« Elle. Corrigea Edward.
Emmett et Jasper le regardèrent, perplexes.
« James a chargé une fille de vérifier qu'il n'avait pas de taupe dans sa troupe. Expliqua Edward. Je n'ai pas pu vous prévenir, Eric et Raphaël ne m'ont lâché que ce matin. Elle est sans doute aller au commissariat de Port Angeles aussi.
« Jazz, appelle le commissariat.
Jasper acquiesça et se dirigea vers son bureau situé dans l'un des coins de la pièce, Emmett, lui, allait vers le sien, situé à l'angle opposé.
Edward rédigea son rapport sur tout ce qu'il avait vu et entendu pendant qu'il infiltrait le gang de James.
Il déposa le rapport sur le bureau d'Emmett, qui hocha la tête tout en parlant au téléphone. N'ayant rien à faire, Edward décida de se rendre au second étage pour rendre une visite à l'un de ses amis.
Jacob Black était arrivé l'année précédente, ce fut Edward qui l'avait formé et ils étaient restés amis.
« Salut Jake. Le salua-t-il en entrant dans son box.
Il salua les coéquipiers de son ami d'un signe de tête.
« Salut, j'ai appris pour ta couverture, c'est la poisse.
« Ouais, tout ça pour rien, c'est rageant. Fulmina-t-il.
Jacob se leva et frappa l'épaule d'Edward.
« T'en verras d'autre.
« Ouais. Grommela-t-il. Sur quoi tu bosses ?
« Sur un mec disparu qui n'est plus disparu, on l'a retrouvé, mort.
« Putain, à croire que les hommes n'ont que ça à foutre que de s'entre-tuer.
Du haut de ses 23 ans et après 4 ans de services pour le FBI, Edward avait toujours un goût amer en découvrant les côtés sombres de l'humanité.
« Je patauge grave sur cette affaire. Se plaignit Jake. Tu veux pas m'aider ? Peut-être que tu verras un truc que moi je n'ai pas vu.
« Bien sûr, de toute façon, je n'ai rien de mieux à faire pour l'instant.
Jacob alluma l'écran plat et fit défiler les photos en même temps qu'il expliquait l'affaire à Edward.
« Marc Varner, agent immobilier bien sous tout rapport, déclaré disparu il y a trois jours, c'est sa femme, Aline Varner, qui nous a appelé en disant que son mari n'était pas rentré de la nuit, il y a cinq jours de ça. Il a été découvert hier par des chasseurs, en pleine forêt, à quelques kilomètres de la villa dont il devait en faire la visite à une certaine Mademoiselle Swan mais le dossier qu'avait fait l'agent immobilier a disparu, nous n'avons que son nom de famille et une vague description : brune, peau pâle, yeux sombres. Il y a de grande chance pour que Swan soit un faux nom parce que d'après mes recherches, aucune fille du nom de Swan, âgée d'une vingtaine d'année n'existe.
« C'est bien possible, en effet. Approuva Edward.
« C'est là que ça commence à être bizarre, on a retrouvé le 4x4 de Varner en plein milieu du chemin mais d'après le trou que tu vois à l'avant, il serait rentré dans un arbre ou quelque-chose d'assez gros, ça me paraît impossible qu'il ait pu continuer de rouler après ça.
Jake passa les photos suivantes qui montrait le cadavre de Marc avachit contre le volant, la portière avait été arrachée. Une traînée de sang séché sur le front, on apercevait une blessure sur son cou.
« Les airbags ne se sont pas déclenchés ? Demanda Edward.
« J'ai pensé à ça tout de suite, moi aussi mais d'après l'expert, ils étaient défectueux comme sur la plupart de ces modèles là, la concession automobile avait rappelé les véhicules et après vérification, Varner avait rendez-vous après-demain pour régler ça.
Jake passa la photo suivante qui montrait la blessure du cou en gros plan, Edward grimaça de dégoût.
« C'est encore plus bizarre, il semble avoir reçut plusieurs coup de couteaux au même endroit mais tiens-toi bien, ça a été fait post-mortem et seulement après que son sang n'ait été vidé.
Edward écarquilla les yeux face à la révélation. Il vivait dans un monde de dingue.
« Comment c'est possible ? Demanda-t-il.
« D'après le légiste, les coups de couteaux sont là pour camoufler la trace qu'aurait laisser la seringue de transfusion.
« Bordel de merde... y a vraiment des malades.
« Je te le fais pas dire. Soupira Jake.
« As-tu vérifier si quelqu'un avait besoin d'une transfusion du même groupe que Varner ou d'un groupe compatible ? Peut-être que l'hôpital manque de sang et que la suspecte voulait sauver quelqu'un qui compte pour elle. Si c'est le cas, le tueur est ou a été en lien avec le médical.
« Putain, c'est une bonne idée !
Jake sauta sur son téléphone et appela le médecin légiste.
« Ici, le légiste. Répondit-elle au bout de la ligne.
« C'est Jake, dis-moi, as-tu pris le groupe sanguin de Marc Varner ?
« Bien sûr, heureusement qu'il lui restait du sang sur le front, il est A négatif.
« Ok, merci.
Il raccrocha.
« A-, il est donc compatible avec le groupe A- et AB-.
« Ça réduit les recherches, déjà. Je pense que tu peux commencer par les patients ayant le groupe A-, ceux qui sont AB- pouvant recevoir de quatre groupes différents, ça m'étonnerait que l'hôpital manque autant.
Jacob donna les directives à ses coéquipiers et tous deux se mirent au travail.
« Tu as pensé à la possibilité d'un tueur en série ? S'enquit Edward.
« Mais on n'est tombé que sur un meurtre dans ce genre.
« Tu as vérifié dans les autres états ?
« Euh... non, je n'y ai pas pensé. Fit Jacob, penaud.
Le portable d'Edward sonna, le portable que James lui avait donné. Il répondit.
« Masen. Dit-il en décrochant.
« Edward, c'est James, ça y est, je sais qui est la taupe.
Edward était nerveux mais n'en laissa rien paraître.
« Et qui est cet enfoiré ? Demanda-t-il, calmement.
« Franck, ce putain d'enfoiré s'appelle Harry Clearwater.
« Je ne me souviens pas de lui. Déclara Edward.
« Ouais, il était nouveau, il remplaçait Tom, on avait plus d'informaticien puisque Tom est mort accidentellement.
Edward savait que James l'avait fait tuer parce qu'il comptait changer de patron.
« Qu'est-ce qu'on fait pour Franck ou peu importe son nom ? Demanda Edward.
« T'inquiète, je vais régler ça, je voulais juste te prévenir de te méfier de lui au cas où il prendrait contact avec toi avant que je ne m'occupe de son cas.
« Ok, à plus tard. Fit Edward en raccrochant.
Il se dépêcha de monter au troisième pour informer son équipe.
« J'ai du nouveau. Affirma-t-il en entrant dans le bureau.
« On t'écoute.
« James vient de m'appeler.
« C'est peut-être un piège. Intervint Jasper.
« Ouais, peut-être. Il affirme que la taupe c'est Franck, il s'appellerait Harry Clearwater.
« Ok, je rappelle le commissariat de Port Angeles pour savoir si ce nom leur dit quelque-chose. Déclara Jasper.
« En parlant de ça, ça a donné quoi ? S'enquit Edward.
« D'après eux, ils n'ont pas été visité.
« Alors c'est un piège si elle n'a été qu'ici.
« De toute façon, quelle raison aurait-elle de ne pas te dénoncer si c'était son boulot ? Fit Jasper en masquant le micro du combiné.
« Commissariat de Port Angeles. Répondit la standardiste.
« Bonjour, encore Jasper Withlock du FBI, passez moi le commissaire, s'il vous plaît.
« Veuillez patienter un instant.
Il patienta.
« Commissaire Hale, je vous écoute, monsieur Withlock.
« Vous serait-il possible de venir à Seattle ? Demanda-t-il.
« J'ai du travail. Répliqua-t-elle, froidement.
« Une vie est en danger, peut-être quelqu'un avec qui vous bossez. Insista-t-il.
« Bon, je viens, si c'est vraiment nécessaire. Il me faudra quelques heures.
« Bien, on vous attend. Confirma-t-il.
Edward redescendit voir l'avancée de Jacob en attendant.
« Ah, te revoilà, la piste de l'hôpital n'a rien donné mais des cas similaires ou presque dans plusieurs autres états.
« Je t'écoute. Fit Edward.
« En Alabama, ils ont retrouvé six corps vidé de leur sang l'année dernière, six meurtres en quinze jours, pas d'entailles de couteaux mais une morsure au niveau du cou. Ils n'ont jamais retrouvés l'assassin. Dans le Minnesota, il y a eu plusieurs autres cas du même genre mais c'était il y a une quarantaine d'années, aucun suspect non plus à cette époque là et notre suspecte n'était sûrement pas née.
« On n'a pas vraiment de suspecte non plus, on ne sait pas à quoi elle ressemble exactement et aucune preuve. Remarqua Edward.
« Tu parles d'un bordel, ça va être comme l'affaire de l'incinérateur.
Edward se renfrogna, il avait bossé sur ce tueur en série qui cramait ses victimes. Il y avait eu pas mal de cas, ils n'avait jamais trouvé de coupable. Aucun lien entre les victimes, aucune similarité non plus, du moins, pour celles qu'ils avaient réussis à identifier quand il restait des morceaux de dents non réduits en cendres. Ce fut la première affaire sur laquelle Edward avait bossé et la seule qu'il n'avait pas pu résoudre.
« Peut-être qu'il y en a deux. Fit Edward, pensif.
« Deux tueurs en série ?
« Peut-être que celui d'il y a quarante ans a donné les rênes à un successeur.
« Et cette fille ou un autre serait son successeur ?
« C'est plausible mais je ne dis pas que c'est ça.
« Au moins, on en a plus que ce matin. Souffla Jacob.
« Ouais... bon, je remonte, tu me tiens au courant ?
« Okey, pas de soucis.
Le commissaire Rosalie Hale frappa à la porte du bureau de l'équipe d'Emmett. Il lui indiqua d'entrer d'un signe de la main. Rosalie avait une chevelure blonde digne des publicités pour shampoing, elle portait une jupe de tailleur grise qui lui arrivait au dessus des genoux et une chemise bleu ciel qui mettait ses yeux bleus en valeur.
« Emmett. Se présenta-t-il en lui tendant la main.
« Rosalie. Fit-elle en retour en plaçant sa main dans la sienne.
« Edward et Jasper qui vous a téléphoné.
« Bien, pourquoi j'ai dû faire autant de route ? Demanda-t-elle d'emblée.
« Connaissez-vous Harry Clearwater ? Est-ce qu'il travaille pour vous ?
Rosalie semblait perdue.
« Effectivement, il est en mission d'infiltration, est-ce qu'il est arrivé quelque-chose ? S'inquiéta-t-elle.
« Pas encore mais ça ne saurait tarder. Nous ne pouvions pas vous le dire par téléphone, ça aurait été trop dangereux mais sa couverture a sauté.
Rosalie parut horrifiée.
« Vous en êtes certain ?
« Nous avons un agent infiltré, nous aussi, Turner l'a appelé pour lui annoncer qui était la taupe. Nos bureaux ont été visités, il est possible que les vôtres aussi.
« Mais votre agent ?
« On ne le renverra pas là-bas, si votre agent a été dénoncé, le notre aussi. Peut-être qu'il fait comme s'il ne savait pas pour s'en prendre à lui au prochain rendez-vous.
« C'est probable, effectivement. Merci pour l'info, j'espère qu'il n'est pas trop tard, on va le coincer ce fumier.
« Si je peux me permettre, nous sommes déjà dessus.
Rosalie lui lança un regard glacial.
« C'est mon agent. Lui fit-elle remarqué.
« Je sais et croyez-moi, je sais ce que vous éprouvez mais nous nous occupons de ça. Laissez-nous faire, ok ?
Rosalie s'en alla, plus furieuse que jamais.
Edward finit par quitter son lieu de travail sur les coups de 19h. Il se rendit directement chez sa sœur, Alice qu'il n'avait pas vu depuis un moment à cause de sa mission.
Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle lui sauta au cou. Alice était beaucoup plus petite que lui, elle avait teint ses cheveux châtains foncés en noir qu'elle avait récemment coupés en dessous des oreilles, les pointes partaient dans tous les sens.
« Tu te rappelles enfin d'avoir une sœur. Lui reprocha-t-elle en le lâchant.
« J'adore ta nouvelle coupe.
« Joli changement de sujet. Répliqua-t-elle. Mais merci.
Alice avait deux ans de plus qu'Edward et travaillait à domicile, ce qui était mieux pour elle. Elle avait toujours été perçue comme quelqu'un de spécial mais pas dans le bon sens du terme. Elle avait souvent le regard ailleurs, concentrée sur une chose qu'elle semblait être la seule à voir. Elle avait su assez tôt qu'elle ne devait pas partager ce qu'elle voyait à d'autre sous peine d'être prise pour une folle.
« Tu recommences. Fit Edward alors qu'Alice avait le regard perdu vers le plafond.
Elle avait vu une silhouette féminine debout sur le toit d'un immeuble, l'image était trop sombre pour qu'elle ne distingue plus de détails.
Elle pivota légèrement la tête pour regarder Edward dans les yeux.
« Désolée. Fit-elle avec un sourire d'excuse. As-tu fais de nouvelles rencontre ces derniers temps ?
« Pas vraiment. Répondit-il.
« Oh, allez, tu as bien dû rencontrer une fille, non ?
« Je n'ai pas de petite-amie, si c'est ce que tu veux savoir.
« Je ne parlais pas forcément de petite-amie. Comment se passe le boulot ?
« Ce n'est pas terrible.
« À cause d'une fille ?
« Alice. La réprimanda-t-il.
« Tu veux boire une bière ? Demanda-t-elle, mettant le sujet de côté.
« Ouais, je veux bien.
Elle sortit deux bières du frigo et lui en tendit une. Ils discutèrent longtemps à propos du travail d'Alice, Edward ne pouvant pas raconter le sien.
Ooo
Bella va avoir chaud aux fesses, non ?
On la retrouve d'ailleurs dans le prochain chapitre. :)
