Chapitre 2 : Should I give you my heart ?

Lisa allongea sa fille sur la table à langer posa les vêtements qu'elle avait choisis à côté. Celle-ci tenait dans ses petites mains un petit nounours. Lisa l'observa attentivement et se rendit compte qu'elle n'avait jamais vu cette peluche avant.
-C'est une belle peluche que tu as là, qui te l'a donnée ?
Rachel ne savait pas bien parler et ne voulais pas se fatiguer à essayer elle sourit, regarda vers la porte de la salle de bain et tendit son doigt vers celle-ci.
-Je vois, tu l'aimes bien cette peluche j'ai l'impression… il a bien préparé sa visite à ce que je vois, ajouta-t-elle pour elle-même en souriant.
Une fois Rachel prête elle la posa dans un petit transat qu'elle réservait pour la salle de bain, quand elle se préparait pour ne pas laisser Rachel seule. Le soleil était au rendez-vous, après s'être rafraîchie, elle enfila donc une robe toute simple mais qui mettait efficacement ses formes en valeur, bleue ciel pour faire ressortir la couleur azur de ses yeux, pas trop serrée pour être à l'aise et changer un peu des jours de travail. Elle se sécha les cheveux sans trop chercher à les dompter ou à les lisser, le naturel y'a que ça de vrai après tout ! Un peu de mascara et un rouge à lèvre discret et elle était enfin prête. Elle prit Rachel dans ses bras. Au sortir de la salle de bain, l'odeur du café lui chatouilla les narines lui faisant fermer les yeux pour mieux sentir cette délicieuse odeur qu'est celle du café prêt le matin. Elle respira un bon coup et s'avança vers le salon.
-Pile à temps… dit Lucas avant de se retourner.
-J'ai eu peur que vous m'attendiez !
Il se retourna pour lui faire face avant de répondre mais fut coupé voyant la beauté dévastatrice de cette femme qui se tenait là, non loin de lui. Elle lui faisait perdre ses moyens, il ne pensait plus à rien mais, si au moins il avait pu voir sa tête, il se serait ressaisit voyant le manque de discrétion dont il faisait preuve. Il se tenait debout, à côté de la table, théière à la main, les yeux écarquillés devant le corps de la belle, un sourire béat inscrit sur son visage laissant croire qu'il était au paradis. Lisa aimait voir cette expression sur son visage, elle se sentait belle, belle comme quand House la détaillait. Mais avec Lucas c'était encore autre chose, c'était… pas comme House, plus doux certainement quoique House l'était quand il la détaillait mais Lucas avait un air si innocent, ça paraît insensé mais c'était ça, il était romantique. House lui était sarcastique, comme son regard. Cependant lorsque celui-ci la détaillait il était franc, c'est clair, toutes ses pensées se lisaient dans ses yeux et elle aimait la façon dont House la détaillait mais il paraissait beaucoup moins délicat que Lucas. Bref elle décida de mettre fin à la rêverie ne voulant pas avoir droit au café froid. Elle s'approcha de lui, se mit en face, prit la théière de sa main.
-Le café va être froid, ce serait dommage vu le mal que vous vous êtes donné pour le faire !
Elle alla reposer la théière dans la cuisine. Et alors qu'elle revenait Lucas lui répondit.
-Du mal, oh oui je m'en suis donné ! Vous savez que vous êtes spéciale ?
-Ah oui ? Je suis très heureuse de l'apprendre mais en quoi ? Dit-elle en s'asseyant devant sa tasse de café qui dégageait de la fumée.
-Vous ne rangeait pas vos affaires de la même façon que les autres femmes, en principe le café n'est pas très loin de la cafetière, en tout cas toutes les femmes que je connais le mettent à côté…
-Toutes les femmes que vous…
-Je parle de ma mère et des quelques petites amies que j'ai eu…
-Hum hum dit-elle songeuse.
-Mais je n'en ai pas eu beaucoup, à vrai dire elles devenaient paranoïaques, elles avaient l'impression que je surveillais leurs moindres faits et gestes…
-Hum hum répéta-t-elle.
-…Ce qui n'était pas le cas… évidemment !
-Hum hum…
Il se sentait gêné, il se disait vraiment boulet parfois mais là, il s'en voulait… Elle le savait et jouait de ça… Elle le testait, sadique, oui elle l'était mais c'était tellement drôle de le voir réfléchir pour essayer de se rattraper. Elle prit une gorgée de café et empêcha de justesse Rachel de renverser le contenu de la tasse.
-Non Rachel on ne touche pas, c'est chaud. Tu vois il y a de la fumée…
-Fffff, souffla la fille.
-Oui on souffle quand c'est chaud ma puce… Mais tu vas te brûler les doigts si tu touches et tu risques de te faire très mal. D'accord ?
Sa fille hocha vivement la tête.
-Merci pour la peluche Lucas, tu as dit merci Rachel pour la peluche ?
-Oh mais ce n'est pas la peine elle tient à peine debout alors…
-Mais elle sait dire merci… Dis merci chérie.
-Ssssssi…Dit Rachel en hochant la tête en direction de Lucas.
Ils rigolèrent et Rachel secoua sa peluche en laissant échapper le rire de bébé qui nous fait tous fondre.
-Rachel est très expressive avec sa tête, elle la hoche à chaque fois qu'elle dit merci et à chaque fois qu'elle veut montrer qu'elle est d'accord. Elle a déjà adopté le nounours, c'est marrant parce que elle ne s'attarde pas tant que ça sur les peluches d'habitude, j'avais essayé de lui donner un doudou mais finalement elle ne le prenait pas… Bizarre. Elle dort avec un hochet, je ne comprends toujours pas pourquoi, le problème c'est que, ça fait du bruit et avant de s'endormir elle le secoue…Et quand elle se réveille aussi d'ailleurs.
-Elle est comme vous, spéciale.
-Pourquoi êtes-vous revenu ? Pour House ? Non d'abord, pourquoi êtes-vous parti ?
-Oh euh… les affaires…
-Les affaires… Ne me dites pas qu'il n'y a pas un homme à Princeton qui se demande si sa femme le trompe et vice-versa, Princeton serait-elle la ville parfaite des couples harmonieux ?
-Non… J'avais juste une grosse enquête ailleurs…
-Une enquête qui a duré presque un an… Vous ne savez vraiment pas mentir !
-Ne m'en voulez pas mais je ne sais pas si je peux vous le dire…
-Ça me concerne ?
-Je ne sais pas non plus si je peux le dire…
-Donc ça me concerne. De près ou de loin ?
-Bon okay, j'ai demandé à House s'il voulait que je m'efface et il m'a dit oui. Par pitié plus de questions là-dessus… Je suis revenu en partie pour House mais je dois avouer que si ça n'avait été que pour lui je me serais contenté d'appeler… En fait je voulais vous revoir… J'avais passé un agréable moment au café du coin avec vous même si tout n'était qu'une fumisterie… Je n'ai pas oublié votre sourire, et puis… Vous êtes belle et intelligente mais ça vous le savez déjà…
- Ça me va…
-Quoi c'est tout ? Tout ça pour… ça ?
-Oui, ça me va… Dites-moi, avez-vous peur de House ?
-Quoi ? Nooon !
-Alors pourquoi êtes-vous revenu au moment où House ne peut pas vous voir ? De toute évidence Wilson va lui dire que vous êtes venu…
-Non, j'ai fait un arrangement avec lui, très longue Histoire, il me devait quelque chose en rapport avec House…
-Vous restez jusque quand à Princeton ? Dit-elle d'une voix à peine audible…
-Jusque quand vous voudrez ! Dit-il sans réfléchir.
Elle afficha un superbe sourire, elle était heureuse, il était là pour elle et il lui demandait son avis, si elle voulait qu'il parte… Moment de panique. Elle avait sa fille, elle n'avait pas le droit à l'erreur… Et ça allait dans les deux sens, Rachel avait besoin d'un père, de quelqu'un qui s'occupe d'elle comme un père et pas juste d'un homme de passage quelques jours à la maison, et Lisa avait des besoins de femme à assouvir et ça devenait urgent parce que depuis déjà pas mal de temps son vagin et son utérus étaient désespérément déserts…

Voyez chers lecteurs, cette femme a déjà donné son coeur à sa fille et sa fille a fait de même pour rendre la pareille. Une mère doit donner de l'amour sans concession à sa fille et vice-versa car si la mère n'en donne pas, la fille ne peut pas en donner... Il y a un double sens. Si vous avez un parent qui ne vous aime pas, il vous est impossible d'aimer car vous savez que vous n'aurez rien en échange et à quoi bon aimer quelqu'un qui ne vous montre pas son amour, qui ne fait pas le moindre petit geste pour vous prouver qu'il tient à vous ? Chaque parent se doit de donner l'amour sans concession à son enfant. Mais parfois l'amour n'est pas à double sens, et je ne parle pas de l'amour parental non, de l'autre sentiment d'amour, le sentiment amoureux lui-même. Il arrive que vous aimiez quelqu'un mais parfois, même en lui montrant, vous n'avez pas de retour... pourquoi ? Parce que parfois vous êtes seul à aimer et les règles de l'amour dans ce cas ne sont pas les mêmes que l'amour au creux d'une famille... Voilà pourquoi on hésite à déclarer sa flamme à l'élu, alors qu'on n'hésite pas à choyer ses enfants quand on les aime... Donner son coeur ou ne pas le donner, à qui, sous quelles conditions... Telle est la question.