Chapter 3 : Sorrow made you

Je me réveille, non pas sans difficultés, vers 9h ce matin, et me rappelant ce qu'il s'était passé la veille, je me dirige vers mon salon pour vérifier si tu es toujours là ou si j'ai juste rêvé. Et tu es bien là, allongé sur le canapé, toujours habillé, comme un enfant ayant veillé trop tard. Pourquoi étais-tu si inquiet ? Pourquoi es-tu encore là ? Je caresse ta joue presque inconsciemment et admire le si bel homme que tu es. Je remets en place quelques mèches de tes cheveux si noir et légèrement ondulés tombant sur ton visage endormi, et je pense encore à ce baiser que tu m'as volé sur scène, ainsi qu'à celui que je t'ai volé plus tard dans le bus. Je suis tellement absorbé par mes pensées que je ne m'aperçois pas que tu t'es réveillé.

"- Bonjour Ruwa."

Surpris par ta voix si douce, je sursaute et tombe en arrière. Je dois avoir violemment rougis pour que tu ris et souris si tendrement. Tu te levas et me tendis généreusement la main pour m'aider à me relever.

"- Eh bien, je fais si peur que ça ?

- Non.. Non non ! Je.. J'ai juste été surpris. Pardon..

- Pardon ? De quoi donc ?

- Euh de.. Euh.. Eh bien.."

Tu as du sentir ma gêne puisque tu me souris encore et reprends la parole comme pour ne pas me laisser ainsi :

"- Tu as bien dormi sinon ?

- Oui, très bien. Je.. Merci pour le repas d'hier, et pour ta présence. Je me sens un peu mieux maintenant."

- Pas de quoi, je t'avais dit de m'appeler si ça n'allait pas. D'ailleurs, tu ne veux toujours pas me dire ce qui t'as rendu malade ?"

Je baissai la tête sans dire un mot, ce qui ne te fit pas plaisir, je suppose, vu ton expression contrariée. Tu soupiras et tourna les talons pour aller préparer le déjeuner, tandis que je vais te déposer quelques affaires à la salle de bain. Quand je revins à la cuisine pour t'aider, je fus surpris par un tendre brun ténébreux qui m'attrapa par le bras pour me mettre face à lui et me parla de sa plus douce voix d'une façon qui se veut rassurante.

"- Tu veux que je reste un moment ici avec toi ? Je ne pense pas que seul, tu te prendras en main. Alors si tu veux, je peux t'aider. Je suis ton ami Uruha. Et je veux être là pour toi."

Je crois que j'ai atteint mes limites. Après m'être isolé dans le noir dans mon appartement, à ne plus pouvoir manger tant la peur qui me prenait à l'intérieur était douloureuse, je craque et fond en larme dans tes bras, frappant faiblement ton torse.

"- Pourquoi Aoi ? Pourquoi ça fait si mal ? Pourquoi tu es là ?"

C'est vrai Aoi, pourquoi tu es là ? Tu ne te rends pas compte du mal que ça me fait de t'avoir si près, comme un ami ? C'est ce que tu as dit. Nous ne sommes que des amis. Et nous ne serons jamais plus que ça. Tu me serres un peu plus contre toi, ce qui ne fait que continuer à me partager entre le bien et le mal. Tu passes ta main dans mes cheveux et chuchota de façon attendrissante :

"- Ne t'en fais pas, ça va aller, je suis là pour toi Ruwa."

Et ce "Ruwa". Il n'y a vraiment que toi pour me surnommer ainsi. Pourquoi est-ce que tu tiens tant à t'occuper de moi ? J'ai besoin de toi Aoi.. Mais pas comme tu veux être là pour moi.

Après avoir pleuré un moment, je me calmai et me repris en main.

"- Je.. Je t'ai préparer quelques affaires à la salle de bains si tu veux.. Et.. Je veux bien que tu restes ici.. S'il te plaît.."

Bordel mais pourquoi je te dis ça ? Je ne sais même pas ce que je veux. Je veux que tu sois là, près de moi, mais je veux que tu partes. Je te veux. Mais toi, tu ne veux pas.

"- Alors je vais rester un peu. Merci pour les affaires, je vais aller prendre une douche."

Tu me souria encore tendrement puis t'éloigna pour aller à la salle d'eau, me laissant seul de nouveau. Dis, Aoi, pourquoi tu agis de façon si tendre et si douce avec moi ? Ton comportement n'est pas le même. Tu es bien plus proche de moi que d'habitude. Les sourires encore, c'est pas nouveau, mais ce baiser sur mon front et toute les petites attentions.. Est-ce que toi aussi, tu ne cacherais pas quelque chose au final ? L'eau.. J'entends l'eau de la douche. Je peux imaginer les goûtes d'eau dévaler son corps, et..

"- Uruha ! Viens voir !"

Et merde ! Qu'est-ce qu'il a ? Pourquoi il faut que j'y aille ? Et je ne peux même pas faire genre 'oh non, je suis gêné gnagna'. On se connaît depuis presque 10 ans, et ce n'est pas la première fois qu'on partage une salle de bain.. Et puis nous sommes amis, et..

"- RUWA !

- Oui !"

J'ouvre lentement la porte et entre le plus discrètement possible comme pour ne pas me faire remarquer.

"- Que.. Qu'est-ce qu'il y a, Aoi ?"

Tu sortis la tête de la douche pour me parler et je pu voir une partie de ton corps. Tes cheveux mouillés, si noir, recouvrent tes épaules. Ton dos et tes bras musclés dont perle l'eau jusque tes f..

"- Ton portable. Tu l'as oublié ici. Et comme il a sonné deux fois, je me suis dit que c'était peut-être important.

- Je.. Euh.. Oui, d'accord. Merci !"

J'attrapai le fameux téléphone et me retournai aussitôt pour quitter la pièce. Encore une fois c'est sans compter sur..

"- Tout va bien ?"

Toi. Tu as terminé ta douche et en est sorti, une serviette autour de ta taille. J'ai pu sentir mon cœur louper un battement, pour s'affoler ensuite. Tu ne m'avais jamais fait autant d'effet jusqu'aujourd'hui. Pourtant, ce n'est pas la première fois que je te vois ainsi, et mes sentiments ne datent pas d'hier. Avant je savais te regarder en cachette, l'air d'un ami. Mais depuis que tu m'as embrassé, je n'y arrive plus. Le simple fait d'entendre ton nom, de partager une pièce avec toi, de te voir vêtu d'une simple serviette, toute ces choses pourtant simples, sont une véritable torture pour moi..

"- Uru ?

- Euh.. Oui ! Oui ça va.

- T'es sûr ? Tu transpires et..

- Ca va Aoi. Il fait juste super chaud ici..

- Normal, je viens de prendre une douche !

- Justement.."

La ferme Uruha, la ferme merde !

"- He ?

- Euh.. Oublie ça. J'ai besoin de prendre l'air..

- Attends Uruha !"