Bonjour à tous.

Je publie ce nouveau chapitre, juste après le passage de la loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe. Que les homophobes partent sur le champ, je ne me soucie même pas de leur point de vue de bigots, ni de leurs réactions qui masquent une crainte illogique. Qu'ils ne s'embêtent pas à laisser de messages, je ne les lirais pas et n'apporterais aucune réponse.

La lutte contre l'intolérance, la peur et la haine irrationnelle est un combat permanent, ainsi je veux rendre hommage à tous les défenseurs de la liberté et de l'égalité.

Voici ce nouveau chapitre, qui contiendra des relations intimes entre femmes, mais aussi une touche de domination et de fétichisme.

Vous êtes prévenus, vous lisez en votre âme et conscience.

Bonne lecture et j'attends vos reviews.

Disclaimer : Pokémon appartient à Game Freak, Nintendo et les ayants-droits respectifs. Hélène est à moi.


Chapitre 3 : Ma passion est ma souffrance

Hélène, comme tant d'autres dresseuse avant elle, savait qu'accomplir le célèbre voyage initiatique était loin d'être une promenade de santé.

Gravir des montagnes abruptes, errer dans des forêts luxuriantes et humides, explorer des grottes sombres, traverser des mers houleuses et courir de ville en ville faisaient le quotidien mouvementé des nombreux dresseurs ayant choisi volontairement ce style de vie. Beaucoup se rangeaient une fois adultes, lorsqu'il se consacraient à une passion ou qu'ils se mettaient en couple pour fonder une famille.

Cependant, il y en avait qu'une partie qui accomplissait le célèbre voyage. Beaucoup renonçaient devant l'immensité de cette éprouvante tâche. Certains malchanceux décédaient, poussant leur corps au-delà du raisonnable, ou même en ne prenant pas conscience du danger et en s'exposant à la vindicte de pokémon sauvages trop forts pour eux.

Hélène avait suivi sa propre voie, suivant sa propre version du voyage, qu'elle concevait comme une quête personnelle. Ce voyage était nécessaire, à la fois pour se forger sa personnalité, mais aussi pour se former et devenir forte et respectée.

La dresseuse rousse avait fixé ses propres objectifs, voyageant dans différentes régions et affrontant certains champions lorsqu'elle le pouvait, se créant une collection hétéroclite d'une douzaine de badges.

Ces combats n'avaient été que des quêtes annexes, elle n'avait jamais perdue de vue ses objectifs. Elle avait travaillé et souffert pour cela, mettant tout ce qu'elle pouvait dans cette quête.

Ses efforts avaient fini par payer, elle avait réussi son pari.

Grâce à sa récente victoire contre la dresseuse de dragons de Johto, elle n'était plus au même niveau que tant de dresseurs ordinaires qui gagnaient irrégulièrement leur vie en fonction de leur réussite en combat. Elle avait été secrètement initiée à l'ordre du culte ancestral des dragons.

Ces dresseurs étaient les membres respectés, voire craints, d'un ordre très fermé, un groupe d'élite dont beaucoup se réclamaient. Cependant, parmi tous ceux qui s'affirmaient comme dracologues, peu d'entre eux étaient vraiment dignes de ce titre et les porteurs de badges contrefaits étaient aisés à repérer. Un véritable dracologue pouvait en écraser aisément une vingtaine à la suite, puisqu'il savait oser toutes les stratégies et utiliser des pokémon rares et puissants.

La championne d'Ebenelle savait que la nouvelle venue dans l'ordre devait revendiquer fièrement son titre acquis après de nombreux efforts, consacrant son parcours. Elle devait se démarquer des autres. Ce signal visuel devait être fort et cela passait par des habits autrement plus impressionnants que ceux qu'elle portait. Son pantalon de jean, son chemisier blanc et ses chaussures de randonnée étaient très pratiques pour se déplacer, mais ils étaient également très communs. Il y avait beaucoup de dresseurs qui avaient ce même look et elle ne devait plus passer inaperçue, les gens devaient se retourner sur son passage.

Sandra soupira, se pinçant le nez devant Hélène, qui la fixait avec étonnement.

- Ca ne va pas du tout, déclara t-elle en observant la rousse d'un regard agacé. Il te faut vraiment d'autres vêtements. Je vais te trouver quelque chose de plus valorisant. Suis-moi, dit-elle d'un ton impérieux, habituée à être obéie.

Hélène la suivit docilement, marchant dans ses pas en direction de la maison traditionnelle située près de l'antre des dragons. L'ensemble de la résidence de la championne était construit sur des fondations de pierre, tandis que les murs de bois typiques s'élevaient en plusieurs ailes, reliées par des tours aux toits pentus pour éviter l'accumulation de la neige qui tombait souvent en hiver.

Les deux femmes franchirent le portail solennel, cheminant calmement à travers le jardin japonais dont les bambous étaient plantés irrégulièrement en une construction soigneusement désordonnée. Les chaussures de la rousse claquèrent sur le petit pont de bois qui enjambait un ruisseau gonflé par les récentes ondées, à l'inverse des bottes de Sandra qui crissaient légèrement à chacun de ses pas. Suivant le modèle de la maîtresse des lieux, Hélène laissa ses chaussures à l'entrée, comme l'exigeait la tradition.

La dresseuse aux cheveux bleus la conduisit à travers un dédale de couloirs couvert d'un parquet ciré, avant d'arriver jusqu'à sa chambre.

C'était une pièce de grande taille, meublée richement et avec tout le luxe qu'un champion d'arène pouvait s'offrir. Une bibliothèque couverte d'ouvrages s'étendait sur un mur entier, contenant des manuels d'élevage et des livres rares. Une grande armoire à pharmacie contenait tout le nécessaire pour ses pokémon, alors qu'une autre porte dissimulait la salle de bain et la penderie.

- Voici ma chambre, déclara Sandra en lui montrant cette pièce. Je te demanderais de ne pas fouiller dans mes affaires, ajouta la dresseuse aux cheveux bleus avec un ton bien plus sérieux.

Hélène était stupéfaite. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas dormi dans un endroit qu'elle considérait comme chez elle, cela faisait près de cinq longues années qu'elle avait quitté la maison de ses parents sise sur un archipel perdu, une bicoque froide et venteuse, à peine deux fois plus grande que les quartiers de Sandra.

Tandis que Sandra s'esquivait, Hélène était concentrée sur le cadre accroché sur le mur. La photographie datait un peu et montrait une femme âgée, à l'air bienveillant, entourée d'une petite fille et d'un petit garçon. Au vu de la couleur de leurs cheveux, ainsi que de la forme de leur visages encore enfantins, la rousse les identifia rapidement comme étant Sandra et Peter.

Sandra revint quelques instants avec plusieurs vêtements faits d'une matière étrangement lisse et brillante, enveloppés dans une longue étoffe de tissu rouge sombre. Devant le regard curieux de la rousse, elle se sentit obliger d'ajouter une petite excuse.

- La cape est un accessoire indispensable, déclara t-elle avec sérieux. Sans elle, tu ne seras pas crédible.

- C'est vrai, répondit spontanément Hélène, tu étais belle avec. Enfin, rougit-elle en tentant de se rattraper, je voulais dire forte.

- Vraiment ? demanda la championne avec un petit sourire. Alors, essayes donc ces vêtements.

La rousse rougit, cherchant un paravent pour se dissimuler, mais elle ne trouva rien pour se cacher du regard de l'autre femme. Gênée, elle se tourna vers Sandra, mais celle-ci se contenta de glisser sa main sur l'épaule de son amie, avant de sourire dangereusement.

- Tu n'as rien à craindre, chuchota t-elle avec un sourire éclatant et une voix hypnotique. Il n'y a rien que je n'ai pas déjà vu, dit-elle en retirant sa propre cape pour se mettre plus à l'aise.

Ecarlate, la jeune fille tremblante déboutonna son chemisier avec des gestes maladroits, avant de retirer son pantalon. A peine vêtue de ses sous vêtements, elle s'approcha des habits que Sandra lui avait apportée. La dresseuse à la longue chevelure bleue sourit davantage, glissant ses mains autour de l'autre dresseuse timide.

- Tu serais bien mieux sans, dit-elle avec un regard très intéressé sur la petite poitrine de la nouvelle initiée.

Hélène rougit, retirant son soutien-gorge en tremblant et révélant ses petites formes à contrecœur. Elle était adulte, cela se voyait à la forme de ses hanches et à la touffe rousse sur son pubis, mais sa petite poitrine était semblable à celle d'une enfant pré-pubère. Elle complexait beaucoup dessus et détestait se montrer.

Sandra se lécha les lèvres, alors que Hélène tentait de se dissimuler, serrant les jambes par pudeur tout en saisissait les vêtements du bout des doigts. Ils étaient fait d'une matière étrange et extrêmement douce au contact. L'odeur enivrante de cette étrange robe lisse chatouilla le nez de la rousse, la faisant haleter d'appréhension. Tâtant le latex sous ses doigts, elle regarda le vêtement sans vraiment savoir comment le mettre.

- Veux-tu de l'aide ? demanda Sandra avec un air supérieur, alors qu'elle faisait glisser ses gants sur le dos dénudé de la rousse, la faisant légèrement frissonner.

Hélène rentra la tête entre ses épaules, fixant le sol en hochant légèrement de la tête.

La championne avait bien compris que la rousse était légèrement timide et elle se fit une joie de se coller à Hélène, se délectant de sa gêne. D'une main, elle se saisit de la robe bleutée à la forme étroite et commença par la faire glisser autour du visage de la rousse. Celle-ci se sentit à l'étroit, comme étouffée par ce matériau, alors que le latex s'écartait pour passer autour des épaules de la plus jeune.

Une fois enfilée, l'étrange tenue retrouvait sa taille originelle, enserrant le corps de Hélène en moulant ses formes à la perfection, depuis ses aisselles jusqu'au haut de ses cuisses. La tenue étroite tenait toute seule, adhérant tellement à son corps qu'elle n'avait même pas besoin de bretelles pour ne pas glisser.

Sandra se saisit alors de la cape écarlate, dont le tissu sombre était relié à trois colliers fait de la même matière. Le plus large se bouclait autour du cou de la rouquine, tandis que les deux autres se fermaient sur ses bras, juste avant ses aisselles, la longueur du tissu permettait même de réaliser d'amples mouvements sans craindre d'être gêné en un geste malencontreux qui pourrait déchirer le tissu.

Hélène regarda les boucles et constata que le latex était serré, surtout vu comment Sandra avait tiré sur les sangles. Hélène ne pouvait pas faire bouger les trois colliers autour de sa peau, qui l'enserraient sans pour autant être désagréables. La sensation de gêne disparaissait très vite, laissant même une sensation agréable de chaleur qui gagnait le bas de son ventre.

La championne d'Ebenelle présenta rapidement les derniers accessoires complétant la tenue de la rousse, à savoir les gants atteignant les aisselles et les cuissardes.

La rousse enfila ses gants rapidement, se sentant toute émoustillée par la sensation douce mais serrée de ces atours qui remontaient très haut, ne laissant que quelques centimètres de peau visible entre la partie suivante de sa tenue flexible.

Au début, la plus timide des deux avait du mal à plier ses doigts, peu habituée à l'épaisseur de ses gants, mais elle s'habitua vite à la curieuse sensation de ne rien ressentir en touchant des surfaces de natures et de textures différentes. Tout ce que ses doigts sentaient étaient la douceur du caoutchouc, alors qu'elle saisissait ses hautes bottes.

Les cuissardes étaient serrées et Hélène se dandina maladroitement sous le regard amusé de Sandra, essayant de tirer ses bottes très serrées. La rousse perdit vite patience, tandis qu'elle tira un peu trop fort et glissa malencontreusement sur le tapis de la chambre de Sandra, avant de tomber sur son postérieur.

La dresseuse aux cheveux bleus rit, tandis que ce son clair et cristallin résonnait aux oreilles de la rousse qui sourit niaisement en entendant ces accords. Elle capta ensuite le regard inquisiteur de Sandra, avant de froncer les sourcils.

- Que regardes-tu donc avec tant d'insistance ? demanda t-elle. Tu espères que je vais solliciter tes services encore une fois ?

Sandra sourit davantage, ses joues plissées arboraient même une légère teinte de rouge, alors que Hélène commençait à comprendre. La dresseuse baissa le regard, passa sur ses jambes écartées qui révélaient le dessous de sa robe bleutée. Sa robe constituait d'ailleurs son unique vêtement pour dissimuler sa nudité.

Hélène vira à l'écarlate, refermant précipitamment les jambes avant de se recroqueviller, faisant sourire la championne d'Ebenelle.

- Allons, ne te dissimules pas, ajouta Sandra avec une voix suave, tout en descendant de son lit en glissant comme un serpent et en regardant la dresseuse de dix-sept ans. Laisses-moi t'aider.

Hélène n'osa pas dire un mot, laissant les mains gantées de Sandra glisser sur ses longues jambes, la faisant frissonner d'extase.

Avec douceur, la plus âgée saisit l'une des bottes et la fit lentement glisser, avec des gestes langoureux pour chasser tout l'air et mouler à la perfection la jambe de la rousse. Pendant toute cette opération, elle n'avait pas cessé de fixer le dessous de la robe d'Hélène, qui rougissait devant ces yeux céruléens tellement inquisiteurs.

Lorsqu'elle eut fini, Sandra releva la rousse qui était toujours aussi gênée. Ses cuissardes ne s'arrêtaient qu'à quelques centimètres de son sexe, mais lorsqu'elle se regardait, elle avait l'impression que ses vêtements montraient tout son corps. S'il n'y avait que peu de peau exposée, le latex moulant suggérait sans problème les formes de sa poitrine et de ses fesses.

- Voilà, sourit Sandra, dominatrice. C'est bien mieux comme ça.

Hélène était partagée. Elle était horriblement gênée de s'exposer aussi impudiquement, mais elle était terriblement excitée par le crissement de ses vêtements, ainsi que par le fait que ses habits tiraient sur sa peau en une délicieuse et excitante gêne.

- Maintenant, ajouta Sandra, il ne reste plus qu'à officialiser ton statut, en gravant ton nom sur la stèle centrale au centre du village. Suis-moi, dit-elle en lui tendant sa main gantée.

- Comme ça ? balbutia la rousse effarée. Mais, je ne peux pas ...

- Pas de jérémiades, coupa Sandra en balayant ses plaintes d'un revers de main et en la tirant vers elle. Ce ne sera pas long.

Hélène balbutia, arguant qu'elle n'avait rien sous sa robe, ce qui fit sourire Sandra. La championne caressa le dos de la rousse, murmurant à son oreille qu'elle avait intérêt à ne pas se baisser si elle ne voulait pas que ça se sache.

Hélène savait que Sandra jouait avec elle, mais elle n'avait pas le courage de la contredire. En plus, ces sensations nouvelles étaient si intenses, qu'elle ne savait pas si elle voulait réellement que tout s'arrête ici.

Lors de leur passage en ville, il n'y eut que peu de monde sur leur chemin, mais la rousse était extrêmement gênée à chaque fois que quelqu'un la regardait. Elle remerciait sa longue cape en s'enroulant dans le tissu, pour ne pas avoir à se dévoiler.

Elle se sentait fière d'elle même et de son stratagème, elle avait réussi à battre Sandra à son petit jeu pervers. Elle était ravie et gloussait intérieurement.

Lors de la cérémonie, Hélène perdit toute envie de rire, lorsqu'elle comprit le piège machiavélique dans lequel Sandra l'avait invitée. Elle devait graver son nom sur une stèle de bois dur, à l'aide d'un outil métallique. Le problème résidait dans le fait qu'elle devait graver une planche de grande taille, ce qui l'obligeait d'abord à être sur la pointe des pieds, puis à se baisser avant de s'accroupir, pour le plus grand bonheur de Sandra qui était au premier rang.

Lorsqu'elle eut fini, Hélène retourna chez Sandra, rouge de honte. Elle serrait les cuisses, ce qui lui donnait une démarche étrange, suscitant de petits rires de la championne. Ce n'est qu'une fois à l'abri du monde extérieur, dans la chambre de la dresseuse aux dragons, qu'elle se laissa aller.

- Pourquoi tu m'as fait ça ? balbutia la rousse qui était à deux doigts de pleurer d'humiliation.

- Arrêtes de geindre, chuchota Sandra à l'oreille d'Hélène. J'ai bien vu que malgré ta gène, ton corps à adoré ça !

La rousse était semblable à un radis avec un mauvais coup de soleil. Elle se sentait partagée, piégée entre deux sentiments, comme si elle ne savait pas ou se trouver dans cette relation naissante, faite d'une soumission forcée mais en même temps tellement désirée.

Sandra entoura la rousse avec ses bras, glissant son visage dans le cou de la plus jeune.

- Tu sens bon, chuchota t-elle en grignotant le lobe de l'oreille de la plus jeune. Ta peau est douce, dit-elle en la couvrant de baisers et laissant sa marque dans le creux du cou et de la clavicule.

Hélène gémit, se relâchant et se laissant aller à ces sentiments inconnus, tandis qu'elle sentait son cœur pulser plus rapidement et sa respiration accélérer. Sandra faisait glisser ses doigts sur le corps de l'autre, chatouillant sa peau et entraînant de curieuses sensations, malgré le latex qui la couvrait.

- Tu es toute mouillée, rit Sandra en faisant glisser sa main sous la courte robe de la rousse.

Hélène gémit, laissant les doux doigts gantés de son amie glisser lascivement entre ses lèvres, caressant lentement le bouton sensible qui se cachait entre les pétales de sa fleur.

Cette sensation inédite foudroya la dresseuse, qui ne put retenir un feulement de jouissance, sous le regard inquisiteur de la dresseuse aux cheveux bleus.

- Tu as bon goût, ajouta t-elle avant de pousser Hélène sur le grand lit, la dominant de toute sa stature, en une ombre dangereuse mais paradoxalement rassurante. Maintenant, ajouta t-elle en grignotant ses lèvres, détends toi.

Hélène n'eut pas le temps de demander plus de détails sur ce qui allait suivre, que Sandra se reculait, glissant son visage sous la robe de la rousse aux cuisses ouvertes.

La rousse gémit de plaisir, tandis que celle qui était désormais son amante, faute d'autre terme, montrait qu'elle était plus expérimentée dans ce domaine en titillant les zones érogènes du corps d'Hélène.

Vraiment, Sandra avait des trésors d'imagination, songea la plus novice en s'effondrant dans les draps immaculés.

Lorsqu'elle ouvrit lentement ses yeux, elle se rendit d'abord compte de l'état de son corps, couvert d'une fine pellicule de sueur salée. Son sexe et sa poitrine étaient encore le théâtre d'un bouillonnement de sensations agréables. Gémissant, la rousse se rendit compte qu'il y avait quelque chose chatouillant ses mamelons roses.

Hélène regarda le rideau de cheveux bleutés qui caressaient sa peau entièrement nue, saisissant une mèche en les faisant glisser entre ses doigts, avant de sentir le parfum d'herbe coupée et de lavande qu'ils conservaient encore.

Sandra était allongée au milieu des draps froissés, comme une odalisque qui exposait impudiquement ses charmes, son visage appuyé contre le nombril de la rousse, une main glissée dans le dos de son amante.

La dresseuse d'Ebenelle se leva très lentement, avant de se rappeler des événements de la nuit dernière, qui lui revinrent instantanément au moment ou elle croisa les yeux brillants de sa relation d'un soir.

- Bonjour, sourit-elle en embrassant Hélène sur la bouche.

Cette dernière lui rendit cette preuve d'amour, avant de fuir le regard de Sandra. Elle ne semblait pas seulement gênée, elle avait peur.

- Qu'est-ce que ça représente pour toi ? demanda Hélène avec un faux sourire qui ne masquait pas sa tristesse et son inquiétude. Je veux dire ce qu'on a fait. On n'est pas amies, je suis pas ta petite amie. Je suis quoi pour toi ?

Sandra ne sut que répondre. Elle venait de séduire une dresseuse, alors qu'elle était championne d'arène. Elle avait beaucoup de devoirs et ne pourrait pas se concentrer sur Hélène, ni se dévouer entièrement à sa conquête. Elle aurait bien aimé la tenir contre elle pour toujours, mais elle serait forcer de composer avec les impératifs de sa charge.

- Tu ... veux bien que je restes à tes cotés ? demanda timidement la rousse.

Pour seule réponse, Sandra la serra dans ses bras, enfouissant son visage derrière le rideau de cheveux rouges de son amante, murmurant des paroles réconfortantes à son oreille.

- J'aimerais que tu restes avec moi, ajouta t-elle de sa voix hypnotique. Hélène, tu veux bien rester avec moi ?

Hélène sourit, déposant un chaste baiser sur les lèvres de sa nouvelle petite amie.

- J'en serais ravie. Pour une raison inexplicable, j'ai envie de sortir avec toi. Je me sens apaisée à tes côtés et j'aimerais beaucoup partager ce bonheur avec toi.

- Merci, murmura Sandra. Voudrais-tu que nous, comment dire, sortions ensemble ?

La rousse sourit, avant de proposer à Sandra de sortir dehors pour s'offrir un moment de détente.

- Je veux bien, ajouta la championne. Sauf que si tu sors comme ça, tout le monde te regardera. Déjà que je me retiens de te sauter dessus.

Hélène baissa le regard et vit qu'elle était encore nue. Cherchant ses vêtements, elle remarqua qu'ils étaient dispersés au sol, pêle-mêle avec ceux de Sandra. Ecarlate, elle se cacha le sexe avec ses mains, en un réflexe pudique dérisoire.

- Tu sais, ça ne me gênerais pas, ajouta Sandra avec un regard lubrique. Mais, je serais un peu jalouse, avoua t-elle en faisant glisser un doigt sur l'une des auréoles brunes de la rousse, lui tirant un gémissement. Tu devrais prendre une douche, dit-elle en se reculant, laissant une pointe de frustration germer dans le ventre de la rousse.

- Tu me rejoins ? dit la rousse avec un petit sourire étrange sur son visage mutin.

Rejetant une mèche ébouriffée derrière son oreille, Sandra sourit. Elle n'allait vraiment pas rejeter une si intéressante proposition. Ce serait grossier.

Hélène et Sandra restèrent ensemble pendant des semaines, apprenant à se connaître lentement.

A ce moment, Hélène s'était convertie au style vestimentaire de sa nouvelle petite amie.

Elle n'était pas la seule à partager ce fétichisme, cette mystérieuse attirance pour le latex, car nombre de dresseurs appréciaient cette matière élastique et confortable. Les champions d'arène étaient des originaux et à voir les tenues d'Alizée de Cimetronelle ou de Morgane de Safrania, cette attirance érotique était partagée.

Il y avait toujours des gens aux goûts plus classiques qui observaient cette dépravation d'un œil mauvais, mais les concernées n'en avaient que faire. Même la timorée Erika de Céladopole avait un fétichisme pour les kimonos de soie, ne portant rien sous ses tenues qui chatouillaient son corps.

Un beau jour, les deux dresseuses toujours vêtues de leurs habits rasant leurs courbes, décidèrent de sortir en ville. Même si Ebenelle était assez isolée, il y avait toujours la possibilité de se faire une belle promenade dans les étendues arborées.

Il ne manquait qu'une chose, c'était la possibilité de manger ensemble sur une terrasse, comme elle l'avait déjà fait en été, au dernier étage du centre commercial de Doublonville.

Sandra aimait bien voir le regard extatique de sa petite amie qui découvrait cet environnement sauvage pour la première fois. On aurait dit une enfant hyperactive et avide de découvrir le monde, qui regardait partout pour voir si elle ne trouverait pas un nouveau pokémon.

Tout était parfait pour elles, alors que le doux murmure du vent caressait leurs visages en agitant leurs longs cheveux. Leurs journées étaient paisibles, surtout qu'il n'y avait plus de concurrents devant les portes de l'arène en raison de la fermeture de l'actuelle session du tournoi de la ligue pokémon.

Pourtant, malgré ces périodes de bonheur, Hélène semblait cacher quelque chose. Son air contrit n'échappait pas à Sandra, qui tenait toujours la main gantée de sa nouvelle petite amie.

- Tu n'as pas l'air d'aller bien, dit calmement Sandra, brisant le lourd silence qui s'était établi alors qu'elles observaient le village en contrebas, assises sur ce banc près d'un sentier poussiéreux.

Hélène ne répondit rien, respirant profondément l'air frais et pur de la montagne, tout en évitant de croiser le regard perçant de la grande dresseuse de dragons.

- J'ai ... j'ai peur, dit-elle avec une voix faible. Je veux être avec toi, mais je crains les réactions des gens. J'avais pour projet de revoir ma mère après avoir réussi à devenir une grande dresseuse, mais maintenant, j'ai peur. C'est idiot, mais je crains qu'elle ne me rejette.

Sandra glissa sa main sur le dos d'Hélène, la rapprochant d'elle en un geste protecteur avant de l'enlacer. La rousse ne résista pas, se laissant lentement glisser pour que sa tête tombe sur les jambes de la dresseuse aux cheveux bleus.

Avec tendresse, la plus âgée caressait les cheveux éclatants de sa petite amie, faisant courir un doigt sur le visage de l'autre, la faisant frissonner de désir au contact des gants caoutchouteux.

- Si tu crains tant sa réaction, écris à ta mère que tu as rencontré quelqu'un et nous irons la voir ensemble, pendant nos petites vacances.

- Je ne sais pas, hésita Hélène.

- Tu sais, interrompit Sandra, il faudra bien crever l'abcès un jour ou l'autre et se cacher pour toujours n'arrangera rien. En plus, étant donné ton obstination, je te pensais plus forte que ça. Me serais-je trompée sur toi ?

Hélène trembla, craignant de ne pas être à la hauteur de sa petite amie, ni même d'être à la hauteur en tant que dracologue.

- Je ... je vais le faire, dit-elle d'une voix tremblante, mais qui laissait poindre un peu de force.

- Ca, c'est l'esprit ! acclama fortement l'autre et avec un sourire triomphant. Tu n'as pas à avoir peur, je serais toujours là pour toi !

- Je sais, je veux te faire confiance, mais tout est allé tellement vite entre nous. Je veux dire, six semaines, c'est court.

Sandra hocha la tête. Elle savait que ses sentiments étaient profonds à l'heure actuelle, mais allaient-ils réellement durer ? Que se passerait-il si le sentiment d'amour qui l'envahissait s'étiolait ? Qu'arriverait-il si Hélène était rejetée par sa famille, puis qu'elle abandonnait la rousse à son tour ? Que deviendrait Hélène, si jamais elle était brisée au point que les dégâts en deviennent irréparables ?

Sandra avait peur.

Elle ne craignait pas d'assumer sa relation, mais elle craignait le futur et elle craignait surtout pour sa petite amie.

Les deux femmes hésitèrent à partir, mais elles décidèrent finalement de voyager vers l'île Nyoron, là ou résidaient les parents de la rousse.

Vu l'éloignement géographique de cette île située près des tropiques, le trajet en pokémon volant prenait deux journées entières. Heureusement, il y avait plus facile que le voyage aérien, il y avait le ferry.

La première solution obligeait à passer deux jours et une nuit en vol, à devoir veiller pour ne pas tomber. Si le temps était clément et peu venteux, il faudrait transpirer sous le soleil. Généralement, les gens arrivaient transis de froid à cause de la pluie et de l'humidité.

La seconde solution, plus onéreuse, se révélait plus confortable. On pouvait aisément profiter du navire de luxe quand on en avait les moyens, qui offrait de quoi satisfaire les plus exigeants touristes, même si le voyage était plus long.

Et puis, c'était bien plus facile d'avoir une relation charnelle dans un grand lit, plutôt qu'à dos de Dracolosse.

Cinq jours après, lorsque les deux femmes débarquèrent, de nombreux souvenirs remontèrent à l'esprit de la rousse. Il y en avait des bons et des mauvais, alors que le souvenir de sa faiblesse émergeait de nouveau.

Elle se souvint de l'atroce sensation de dégoût qui la gagnait, tandis qu'elle était détestée de ses camarades, ignorée et victime d'humiliations, tandis que les habitants la méprisaient. Son regard se voila, alors qu'elle comprenait qu'elle ne regrettait pas son départ et qu'elle ne qualifiait pas cette île comme étant son foyer.

Une brume de tristesse passa dans ses yeux orageux. Il n'y avait aucun endroit dans lequel elle se considérait comme chez-elle, épanouie et en sûreté. Elle n'avait jamais compris ce sentiment de mélancolie qui la gagnait dans les coups durs, pas même après son départ lorsque les angoisses du lendemain dépassaient l'euphorie qui l'avait gagnée.

- Je te suis, déclara Sandra, n'ayant jamais mis un pied dans ce lieu pittoresque.

Si Sandra se sentait totalement étrangère, Hélène se sentait pourtant étrangement nostalgique.

En passant dans les grandes rues menant à la criée, elle croisa des inconnus aux visages familiers. Malgré cinq ans, certains de ses anciens camarades étaient encore très reconnaissables, en particulier les brutes qui déchargeaient des caisses sur le port.

Hélène guida sa petite amie dans les ruelles, voyant que les choses avaient très peu changées. Ses souvenirs se rappelaient d'une réalité similaire, mais tout semblait plus propre, sans cette impression de misère qui la prenait à la gorge et qu'elle avait tenté de chasser de ses souvenirs, l'impression de pauvreté qu'elle avait tenté d'oublier se rappelant plus violemment à elle. Les maisons étaient plus dégradées qu'avant, tandis que les rues goudronnées étaient ornées de nouveaux nids de poule.

Hélène regarda l'une des maisons, dont les murs défraîchis voyaient leur enduit se lézarder. Le petit jerdin était entourée d'une barrière de bois pourri, tandis que le vieux pot de géraniums était toujours posé en équilibre devant un petit vasistas. Plus que quelques pas et elle se tiendrait sur le paillasson défraîchi et humide, situé sur le pas de la porte dont la peinture bleutée s'écaillait, tandis que de petits morceaux tombés se dispersaient sur le chemin de dalles lézardées.

Hélène approcha de la porte et inspira, comme pour se donner du courage, avant de frapper.

Quelques instants plus tard, le porte s'ouvrit sur une femme aux yeux bleus cernés de pattes d'oie et à la chevelure rousse ornée de quelques mèches grisonnantes, tirée en un chignon serré. La femme vêtue d'un tablier graisseux les regarda suspicieusement, surtout leurs habits extravagants qu'elle désapprouva intérieurement.

Son regard méfiant se métamorphosa rapidement, alors qu'elle comprenait que l'identité de ces deux étrangères brisant sa routine, ne lui étaient pas inconnues.

- Bonjour Maman, déclara la petite rousse.

Une seconde plus tard, Hélène était serrée dans les bras de sa mère, en un geste ferme qui montrait qu'elle avait attendu ce moment depuis longtemps.

- Comme tu as grandi, ma chérie ! dit-elle en passant ses doigts sur les pommettes de son enfant, comme pour s'assurer de la réalité. Entrez donc ! ajouta t-elle en s'interrogeant tout de même sur l'identité de la personne qui accompagnait sa fille.

Les deux femmes entrèrent dans la petite maison, passant dans le couloir dont la tapisserie rayée était ornée de nouvelles tâches de moisissure. Les deux dresseuses s'installèrent dans la cuisine qui sentait le poisson en train de cuire, tandis que la mère d'Hélène débarrassait la table de tous les abats en passant un rapide coup d'éponge sur la nappe plastifiée.

- Alors, demanda la femme âgée dont le visage avait souffert du passage des années conjugué à la solitude, présentes-moi ton amie. Cela fait longtemps que je ne t'ai pas vue, tu dois avoir beaucoup de choses à me raconter.

Hélène commença à tout lui raconter, détaillant ses aventures aux quatre coins du monde, ainsi que sa victoire sur Sandra.

- Tu es devenue forte, ajouta sa vieille mère avec un sourire, lui resservant une tasse de thé. Je suis heureuse, je me rappelle toujours le passé, lorsque tu nous as tous prouvé que tu pouvais être puissante. Nicolas ne l'a toujours pas digéré, il espère encore t'affronter dans un match retour.

A cette époque, Hélène était si fragile et sa mère avait bien remarqué que l'adolescente souffrait en silence pour ne pas la peiner. Il lui avait fallu du temps et de l'énergie, mais Hélène s'était battue pour arriver à le vaincre.

- C'est le passé, coupa Hélène en se souvenant de toutes les humiliations qu'elle avait vécu et qui avaient été près de la briser.

Plusieurs fois, elle avait sérieusement envisagé de se jeter depuis la falaise dans l'anse en contrebas, parsemée de récifs et de rochers affleurant à la surface de l'eau.

Sandra les regarda, sentant bien qu'elle était de trop dans ces retrouvailles. Elle savait que venir ici à deux était une mauvaise idée, elle aurait du laisser la rousse retrouver sa mère sans qu'il n'y ait personne pour les déranger.

- Je sais que tu me caches quelque chose, poursuivit sa mère en plaçant une main sur l'épaule de sa fille, alors que les rides de ses lèvres se creusaient avec son sourire bienveillant.

Même après tout ce temps, elle était toujours aussi perspicace. Il était vraiment vain de tenter de lui cacher quelque chose.

- Je dois t'avouer que j'ai rencontré quelqu'un, dit-elle en rougissant et en se tordant un doigt, reprenant involontairement son tic d'enfance.

Sa mère sourit en poussant un soupir amusé. Elle s'en doutait, il y avait forcément une histoire de cœur. Elle était pareille au même âge, lorsque garçons et filles se voyaient en catimini, se limitant à de chastes baisers et attendant le mariage pour découvrir leurs corps.

- Alors, qui est l'heureux élu ? demanda t-elle avec insistance.

- C'est dur à dire, avoua t-elle en baissant les yeux. Il s'agit d'un champion d'arène. Pour être honnête, il s'agit ... de Sandra.

Immédiatement, sa mère serra les poings. Son visage se tendit, n'ayant plus la moindre trace de chaleur et de bienveillance, alors qu'elle se retournait et observait l'extérieur par la petite fenêtre au verre poussiéreux.

- Sors d'ici, ordonna t-elle glacialement, sans même regarder sa fille qui la décevait et la dégoûtait.

Hélène sursauta, tandis que son regard s'écarquillait et que des larmes commençaient à briller sous ses prunelles. Elle avait sûrement mal entendu. Sa mère ne pouvait pas la jeter ainsi. C'était une blague, n'est-ce pas ?

- Maman, balbutia t-elle, sans pouvoir faire de phrase cohérente.

- Tu es sourde en plus d'être tarée ? cracha t-elle avec dégoût. Prends ton amie malade avec toi et sors de chez moi. Ne remets plus les pieds ici, cracha t-elle, je ne veux plus te voir sous mon toit, tant que tu n'auras pas soigné ton anormalité.

Hélène ne put même pas se lever, tant ces mots ignobles la blessaient. Les jambes tremblantes, Sandra dut la lever et la guider lentement pour l'empêcher de trébucher. La rousse titubait comme un automate défectueux, les yeux embrumés par les larmes. Elle ne disait rien, fixant ce qu'il y avait devant elle, comme si elle était déconnectée, ne prêtant plus la moindre attention à ce qui l'entourait.

Son regard vide ne s'intéressa ni à sa mère qui refusait de la regarder, ni à Sandra qui la soutenait sur son épaule. La championne d'Ebenelle fixa une dernière fois la vieille chouette avec un regard meurtrier.

Sandra traîna sa petite amie durant plusieurs minutes à travers les ruelles désertes, jusqu'à ce qu'elle trouve un petit coin de verdure isolé du reste de la ville. Désormais, alors qu'elle était seule, Hélène pouvait pleurer tranquillement, sans craindre d'attirer les regards.

De toute façon, elle se moquait bien de sembler pitoyable.

Hélène était anéantie.

Elle s'était battue pour devenir forte et se prouver à elle même qu'elle n'était pas une ratée. Néanmoins, elle s'était aussi entraînée pour être reconnue, afin que sa famille soit fière d'elle et que ses compatriotes voient en elle autre chose qu'une enfant banale et sans intérêt.

Et voilà le résultat. Elle avait réussi, mais à quel prix ?

Elle avait laissé ses pulsions la guider et s'était lancée dans une relation que certains esprits obtus et bornés qualifiaient de contre-nature. Même sa propre mère ne voulait plus d'elle.

Et puis, était-elle devenue vraiment forte ?

Hélène savait que non, son masque était trop fragile.

Dans le cas contraire, la rousse ne serait pas restée prostrée contre sa petite amie, blottie en position fœtale, comme si elle craignait d'être blessée davantage, recherchant un peu de sécurité en Sandra.

La championne aux cheveux bleus ne savait pas s'il y avait quelque chose à dire, ou bien à faire, pour la réconforter.

Que pouvait-elle dire ?

Lui mentir en lui disant que sa mère changerait d'avis très bientôt ?

Lui dire la vérité, confirmant le fait que sa famille homophobe ne voudrait plus d'elle ?

Sandra détestait l'impuissance.

Surtout, elle exécrait le fait que Hélène restait dans les bras de Sandra, à pleurer, n'ayant que pour seul retour le triste silence de sa petite amie.